Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

Le gouvernement augmente le coût des cigarettes pour qu’on arrête de fumer. Alors, quand il hausse les impôts, est-ce pour qu’on arrête de travailler ?--- Michel Beaudry

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16 juin, 2014

Mœurs de province

Revue de livre par Joanne Marcotte

Denise Bombardier avait raison. Lire le dernier essai de François Ricard, Moeurs de province, rend heureux.
Comme je ne suis pas une critique littéraire, je vous réfère plutôt à l’article de Daniel Lemay ou encore au passage de Madame Bombardier à l’émission Culture Club avec René-Homier Roy.

Je vais toutefois me faire plaisir en vous confiant que François Ricard m’a fait sourire, réfléchir et surtout fait jalouser les élèves du département de littérature de McGill qui ont pu jouir de son enseignement.

Je termine ce livre avec une nouvelle curiosité et avec une appréciation de la générosité qui caractérise une écriture aussi claire, limpide et fluide que la sienne. Les chapitres "Ego trip", "Une soirée de lecture à la maison" et "Le sexe des anges" ne m’ont pas seulement fait sourire mais ont provoqué chez-moi l’absolue nécessité de partager l’expérience avec l’insatiable lecteur qu’est mon conjoint, impatient de le lire à son tour.

Observateur sans complaisance ni indulgence de la scène québécoise, Ricard traite avec un humour épicé de pointes d’ironie les phénomènes dont les médias ont fait grand cas ces dernières années: les vitres givrées du YMCA, le phénomène "Occupy", le printemps 2012 dont "certains, sans craindre l’abus de langage, ont osé appeler "le printemps érable"", le phénomène "Indignez-vous", l’hypothétique "anti-intellectualisme",etc.

Bien qu’une province jouisse du luxe "de ne pas se trouver aux commandes du monde", (comme l’exprime le 4e de couverture du livre), Ricard s’interroge néanmoins sur l’avenir de la langue française et de la littérature québécoise. Le passage sur le concept de "responsabilité de la littérature" est particulièrement intéressant.


Enfin, la dernière partie du livre intitulée "Rencontres" nous fait pénétrer dans l’intimité de Ricard qu’on aimerait bien rencontrer davantage par le biais de textes subséquents qu’il pourrait publier sur Internet qu’il a dû se résoudre à apprivoiser. En réponse à Lettre sur la petite vieillesse, j’ai envie de lui dire qu’il n’est pas assez vieux pour qu’on se passe du plaisir de le lire et à regarder notre vie de provinciaux à travers la lorgnette de son implacable, mais tout de même, délicieuse lucidité.
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