Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

Dommage que le marathon de Montréal soit annulé. C’était le moyen le plus rapide pour se déplacer à Montréal.--- Michel Beaudry

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02 juin, 2014

Contrôle des finances publiques, c’est mal parti

Le 23 mai dernier, Mario Dumont soumettait sa liste de dix principes essentiels au succès du régime d’austérité annoncé par le gouvernement Couillard.

Il recommandait de prêcher par l’exemple, de dénoncer les symboles du gaspillage, d’éviter les reculs, d’écouter la classe moyenne, de réévaluer chaque programme, d’instaurer un cran d’arrêt, de contrôler les fonctionnaires, d’agir rapidement, de prioriser les finances  publiques et de se méfier du biais négatif des médias.

Tous ces principes sont importants, mais le gouvernement doit avant tout gagner la bataille de l’opinion publique. Le premier ministre et ses ministres devront accorder une attention particulière aux hauts fonctionnaires et aux groupes d’intérêts.

Les sous-ministres et les sous-ministres adjoints sont vraiment ceux qui gèrent l’État québécois. Les ministres passent, eux demeurent. Ils n’hésiteront pas à  manipuler l’opinion publique pour torpiller une réforme qui ne leur convient pas. Les trucs pour y arriver sont simples, mais efficaces : rapports biaisés, coulages inopportuns, informations incomplètes, délais indus, etc.

Dès son élection, le gouvernement Couillard a mis les freins et demandé que toutes les dépenses soient gelées afin d’en évaluer la pertinence. Il n’en fallait pas plus pour que les matamores de la fonction publique envoient un message clair au gouvernement.

La première victime a été la ministre de la Famille, Francine Charbonneau. Les fonctionnaires de son ministère n’étaient pas sans savoir qu’en retenant les permis d’exploitation des CPE prêts à recevoir les enfants, la levée de boucliers serait instantanée. La ministre a dû corriger la bévue de son ministère ce qui a laissé l’impression qu’elle reculait. Elle aurait plutôt dû exiger que son sous-ministre explique publiquement son manque de jugement.

C’est un exemple de ce que peuvent faire les fonctionnaires pour discréditer leur ministre. J’ose espérer que la ministre a semoncé sévèrement son sous-ministre et qu’il sera muté à la première occasion. Il lui faut envoyer un message clair aux fonctionnaires, sinon elle perdra rapidement le contrôle si ce n’est pas déjà fait.

Si les fonctionnaires peuvent torpiller les efforts de réforme de leur ministre, les groupes d’intérêts peuvent en faire autant. Toutefois, le gouvernement n’exerce pas une autorité directe sur leurs représentants. Il est donc plus difficile de les neutraliser.

Dès le discours inaugural du premier ministre Couillard, les commissions scolaires ont manœuvré dans le but évident d’intimider le nouveau ministre de l’Éducation, des Loisirs et des Sports, Yves Bolduc.

Alors que les compressions annoncées par le nouveau gouvernement ne sont pas encore définies et que le premier ministre jure qu’elles ne toucheront pas les services aux citoyens, la Commission scolaire de Montréal a annoncé l’abolition de 25 postes d’orthopédagogues et de psychologues.

C’est un acte évident de manipulation de l’opinion publique. Le ministre Bolduc se devait de dénoncer le plus sévèrement possible ce geste d’intimidation. Cela était d’autant plus facile que les commissions scolaires ne jouissent pas d’une grande faveur dans l’opinion publique.

Il devait rappeler aux commissaires de la CSDM que leur propre existence dépendait de leur capacité à gérer le réseau scolaire pour le plus grand bénéfice des élèves. Malheureusement, le ministre a manqué une belle occasion de rappeler à la population que cette fois-ci ce ne serait pas les groupes d’intérêts qui géreraient le gouvernement.

Ces deux cas de manipulation et d’intimidation augurent mal pour l’avenir. En ne dénonçant pas ces comportements inacceptables, le gouvernement s’est placé dans une position de faiblesse. Si le même scénario devait se multiplier au fil des semaines, le gouvernement perdra la bataille de l’opinion publique, comme ce fut le cas en 2003. Le gouvernement devra alors renoncer à contrôler des finances publiques à la dérive.

Cette fois-ci les conséquences seront dramatiques. Les agences de cotation n’attendent que ça pour abaisser la cote du Québec. Les frais d’intérêt vont exploser ce qui ne facilitera pas le retour à l’équilibre budgétaire.


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