Revue de livre par Louise V. Labrecque
SIMON BRAULT : Facteur C, Montréal, éditions Voix Parallèles, 166 p.
Réfléchir à l’émergence des préoccupations culturelles dans l’arène publique, voilà ce que propose l’auteur Simon Brault avec son livre FACTEUR C. Dans ce vibrant plaidoyer pour « la culture pour tous », l’auteur interpelle tant les artistes, les entreprises culturelles, les gens d’affaires, les journalistes, les politiciens, que l’ensemble des citoyens, afin de réfléchir tous ensemble à l’importance de la culture.
L’avenir passe par la culture : ce constat est le fruit de plusieurs années d’expérience, d’observation et de réflexion de la part de l’auteur. La culture n’est plus cette maladie honteuse, dont la superficielle existence (et pertinence) avait, jadis, servis d’alibi à tous les gens imperméables à sa beauté. En effet, nous assistons aujourd’hui au retour des esprits éclairés, capables d’associer la culture au capitalisme, sans pour autant la dénaturer dans sa nature essentielle. Le problème avec les préjugés, clichés et autres clivages, c’est qu’ils rendent l’être humain incapable de penser librement et avec intelligence réelle. L’être humain ne devient purement et simplement qu’un tube digestif, ramenant tout à lui-même et à sa conception toute personnelle du monde. Dans cet esprit, le fumeux « concept de réalité » est qu’il existe autant de réalités qu’il y a d’individus, ce qui est là, précisément, toute la beauté de l’affaire.
Aussi, Simon Brault pousse plus loin le raisonnement, en renvoyant la culture comme « projet commun ». Ce n’est pas un hasard si Montréal se souhaite solidement « ville culturelle », si la place du « vivre ensemble » se loge au cœur de cette réinvention. Utopie ou pas, cela a le mérite d’allumer les esprits forts et de favoriser une ouverture digne de ce nom, pour le meilleur des deux mondes, à l’intérieur d’un projet de société évolutif. En effet, le lien entre culture et économie n’est plus à faire. Il nous faut maintenant regarder le monde autrement, presque à l’envers. La culture rends plus fier, incapable de lâcheté ou de bassesses, fidèle à ses idées, bref, elle n’a rien d’un assis. Au contraire, l’auteur met tout de suite le lecteur au parfum avec sa mise en garde sur la culture servant de « hameçonnage » aux produits de consommation.
L’art ne doit pas demeurer dans un au-delà désincarné, élitiste et … il ne gagne rien en nourrissant un tel sentiment d’exclusivité. En effet, blottie tout au fond de sa barque, en quoi la culture est-elle agent de changement, promoteur de la liberté? Le livre de Simon Brault est un acte de courage, dans ce monde de fous, où il faut payer ou s’en aller. Cet homme, on le sent presque partir en voyage, dans certains passages où il décrit, comme un paysage intérieur, cette chère culture comme l’incarnation de l’universalisme, opposé de ce fait au relativisme culturel. L’art, ce n’est pas payer cher, car payer cher c’est l’humiliation. Au contraire, la culture sert à donner du cœur, et des moyens, en se rendant accessible à tous, pour tous, et cela dans un souci d’éducation, afin d’agir, d’émouvoir, de construire. En effet, il est inhumain de mutiler les vivants et de les laisser se débattre dans leur impuissance.
La culture invite donc à « penser global », à s’attarder sur nos points communs, au lieu de s’acharner sur nos différences, à entendre de la musicalité dans nos dysharmonies, et surtout à se concevoir, se penser, se créer plus vivants, plus intelligents, et plus humains : un chemin quasi impossible à emprunter pour certains.
Bref, il est urgent d’amorcer le retour à la vie, par des discussions, des témoignages, et surtout, par une réelle participation collective : pas de place pour les « fractures socioculturelles », dans nos villes.
L’État québécois devrait se concentrer sur ses responsabilités premières : définir les politiques, tel l’accès universel aux services, établir des normes et des standards, établir les règles du jeu et contrôler la qualité des prestations. Il doit par contre confier la livraison des services à des opérateurs qualifiés, publics ou privés, dans un contexte d’émulation, et de flexibilité et de qualité.--- Focus Stratégique
Vaut mieux en rire!
C'était l'histoire de ce ministre qui rencontrait son sous-ministre pour la première fois et qui lui tenait un long discours sur la nécessité de toujours lui fournir les chiffres dont il avait besoin afin de servir ses concitoyens au meilleur de sa connaissance. Pour tester le sous-ministre, il lui demandait s'il était fort en chiffres et le mettait à l'épreuve immédiatement. — 2 + 2, ça fait combien? Le sous-ministre réfléchit pendant un moment puis il répondit: — Ça dépend. Combien voulez-vous que ça fasse, Monsieur le Ministre?--- Lise Payette
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30 juin, 2011
La réalité des choses
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