Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

08 octobre, 2011

Le chiffre du jour : 100 000

Si l’ajout de fonctionnaires était garant d’une société bien gérée et efficace, nous serions parmi les champions du monde. Les effectifs du secteur public – tous niveaux de gouvernements, de sociétés d’État et d’administrations locales confondus – ont augmenté d’environ 100 000 personnes au Québec entre 2000 et 2009. Est-ce que cela paraît dans le niveau et l’efficacité des services rendus ?

07 octobre, 2011

Le mythe du laissez-faire des gouvernements

Le mythe voulant que la crise financière qui a débuté en 2007 soit la conséquence d’un laissez-faire des gouvernements ne veut pas mourir. Il est entretenu par des économistes, chroniqueurs et bien-pensants qui font l’apologie de l’interventionnisme étatique au profit des politiciens et aux dépens des libertés individuelles.

Dans un long texte, Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu, respectivement président du conseil de l'IGOPP (Institut sur la gouvernance des institutions privées et publiques) et professeur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, publié dans le Devoir, affirment :

La déréglementation des marchés financiers, apothéose du néolibéralisme triomphant, a conduit directement à la crise financière de 2007-2008, laquelle faillit faire basculer l'économie mondiale dans une profonde dépression économique.

Mais sur quelle planète vivent-ils? Ne sont-ils pas au courant que l’origine de la crise est l’effondrement de la bulle du marché immobilier? Cette bulle provient des politiques interventionnistes du gouvernement américain : taux d’intérêt maintenus artificiellement bas; loi obligeant les banques à prêter à des familles qui ne satisfaisaient pas les critères minimums; obligation imposée à Fannie May et Freddy Mac de refinancer les prêts hypothécaires les plus risqués.

Si les politiciens américains n’étaient pas intervenus pour biaiser les règles de fonctionnement du marché immobilier il n’y aurait pas eu de bulle immobilière et donc pas de crise financière.

Je n’ai pas la prétention d’être un expert en économie. Je laisse donc à d’autres, plus compétents que moi, le soin d’éclairer les lanternes des adeptes de l’idéologie étatiste. Il existe une littérature abondante sur le sujet, mais je me permets de suggérer tout particulièrement le livre The housing boom and bust, de Thomas Sowell. La revue du livre par Emmanuel Martin est disponible ici.

Le problème des crises financières découle du fait que les politiciens passent plus de temps à intervenir dans l’économie à des fins électoralistes qu’à protéger et défendre la démocratie : la liberté, la sécurité et la justice. Le résultat, l’une et autre sont en très mauvais état.

La réflexion du jour

La rémunération n'est que le sommet de l'iceberg. Chaque maire d'arrondissement a son propre cabinet, chaque arrondissement a sa direction des communications, sa direction du « développement social », des « travaux publics », de l' « urbanisme »... ainsi de suite et alouette !--- Lysiane Gagnon

Le chiffre du jour : 103

Pourquoi 103 conseillers municipaux à Montréal, quand il n'y en que 44 à Toronto, 15 à Calgary, 51 à Los Angeles et 51 à New York ?

06 octobre, 2011

Immobilier américain : le boom et le krach

Revue de livre par Emmanuel Martin
Thomas Sowell The housing boom and Bust, Basic Books, 2009.
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Immobilier américain : le boom et le krach

L’économiste et politologue américain Thomas Sowell a signé un autre ouvrage décapant sur la politique américaine. Il s’attaque dans « The housing boom and bust » (le boom et le krach immobilier) à de nombreux mythes propagés par la classe politique et certains idéologues, à propos des origines de la crise immobilière américaine. De nombreux commentateurs francophones seraient bien inspirés de lire cet ouvrage, assez simple d’accès, qui démonte l’histoire « officielle » de la crise.

L’histoire officielle, c’est bien évidemment que de méchants banquiers et « mort-gage brokers » ont roulé des tas de gens par avidité et que le système de libre marché a conduit le monde à la catastrophe. De Rocard à Sarkozy, les hommes politiques ont relayé le message. Sauf que, comme le montre Sowell, la réalité est tout autre. Bien sûr les banquiers et Wall Street ont une part de responsabilité. Mais peut-être pas si grande en comparaison avec d’autres. Le « libre marché » n’est pas le coupable idéal : en réalité, il faut s’intéresser à la politique et à ses méandres pour parvenir à lire le dessous des cartes de cette crise sans précédent.

D’abord comment expliquer le boom immobilier américain, qui n’était pas national mais localisé dans certaines agglomérations ? Les politiques foncières restrictives, bloquant le marché, ont fait grimpé les prix. Parallèlement, la politique monétaire a favorisé des taux d’intérêt très bas, Bush a poussé pour une réduction de l’apport personnel, les banques, avec l’accord de la régulation publique, ont proposé des prêts à taux variablesEconomiquement le boom s’explique donc très bien par cette conjonction de facteurs… politiques.

Depuis des années les politiciens américains sont obsédés par le « logement abordable » et ont fait pression de diverses manières pour faire avancer cet objectif. Plutôt que de financer directement des logements sociaux, ils ont préféré abaisser les standards des dossiers de demande de prêt pour que les pauvres puisse emprunter pour acheter, et ont utilisé Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants – privés mais supervisés par l’administration américaine – du refinancement hypothécaire (45% du marché juste avant la crise). Des hommes politiques comme Barney Frank ont poussé pour la prise de risque excessive par ces agences, de manière à couvrir des ménages emprunteurs qui n’auraient pas dû l’être selon des critères de risque habituels de marché. Le livre a plusieurs passages croustillants sur la manière dont ces hommes politiques tentent d’échapper à leur responsabilité.

L’ouvrage est très éclairant aussi sur les mouvements anti-discrimination et leurs connexions politiques. Ces mouvements, comme le célèbre ACORN, ont exercé des pressions sur les banques pour qu’elles prêtent à des ménages des minorités qui ne satisfaisaient pas les standards de prêts. L’arme de la « discrimination raciale » a fonctionné à plein. Surtout avec un ministre de la justice comme Janet Reno sous Clinton, qui imposait littéralement des quotas raciaux aux banques pour leurs prêts. Il faut comprendre que des tas d’autorisation, comme l’ouverture d’une branche, dépendait du « bon comportement » des banques en la matière… Vous avez dit « libre marché » ?Les exemples s’amoncellent et Sowell démontre comment les mécanismes de marché d’évaluation du risque ont été délibérément court-circuités par les hommes politiques. Le problème c’est que la responsabilité de tout le système a été court-circuitée, avec un mécanisme de titrisation des dettes des ménages qui s’est transformé en jeu de la patate chaude. La conjonction de ces politiques de taux d’intérêt faible, de réduction de l’apport personnel, de garantie de prêts hypothécaires dangereux, de restrictions foncières a logiquement donné lieu à une spéculation. Mais quand le marché s’est retourné…

Sowell analyse alors le jeu de la désignation des boucs émissaires par les hommes politiques. Mais il n’y a en fait rien de nouveau sous le soleil : depuis des décennies les hommes politiques interviennent sur les marchés, prétendant « solutionner » un problème mais ne font en réalité qu’empêcher les marchés de s’ajuster et créent donc un nouveau problème… qu’il faudra encore « solutionner ». C’est tout la dynamique interventionniste fondée sur la correction d’erreurs, qui génère de nouvelles erreurs, qui appellent de nouvelles interventions etc. Un effet boule de neige en somme. Mais la rhétorique officielle blâme les marchés, qu’on empêche de s’ajuster, pas les interventions politiques.

Sowell décortique avec une grande finesse toute cette rhétorique politique qui habille ces décisions et maquille les processus réels. Il revient à cet égard sur le mythe du New Deal qui aurait sorti l’Amérique de la Grande dépression. Il montre chiffres à l’appui, que le New Deal de Roosevelt a en réalité prolongé cette dernière, tout comme les politiques similaires de Hoover avant 1933. Le parallèle avec les plans de relance actuels est alors saisissant. Mais Sowell va plus loin : les « réformes » et nouvelles institutions crées à l’occasion d’une grande crise sont-elles décidées pour solutionner la crise ou pour pérenniser, à l’occasion de la crise, certains mécanismes politisés ? Si on regarde le plan de relance américain qui a été voté dans la plus grande hâte et dans un climat de peur, empêchant ainsi toute opposition, alors que ses effets seront diffusés lentement, on peut effectivement se poser la question.

Les réflexions de Sowell sortent des sentiers battus et ont l’avantage de démêler les nœuds de la rhétorique habituelle sur la crise. En débusquant les mécanismes politiciens à l’œuvre derrière certaines décisions, la face cachée de la crise s’éclaire. Ce livre doit impérativement être lu par ceux qui veulent un travail sérieux sur les mécanismes qui ont conduit à la crise. Ce type d’ouvrage fait malheureusement encore défaut en langue française. Quelque éditeur serait bien inspiré de le faire traduire.

Thomas Sowell The housing boom and Bust, Basic Books, 2009.

La réflexion du jour

Ensuite, parce qu'il confère à l'État l'autorisation de fouiller dans nos assiettes, de gérer nos habitudes de vie et d'imposer ses règles, comme si nous étions des abrutis incapables de réfléchir par nous-mêmes. La guerre contre les calories, c'est le prolongement de l'idéologie collectiviste selon laquelle les comportements individuels sont l'affaire de tous et particulièrement de l'État.--- Nathalie Elgrably-Lévy

Le chiffre du jour : 63 %

De 2001 à aujourd'hui, le prix minimum d'un litre de lait 3,25 % a augmenté de 63 % alors que, pendant la même période, l'inflation n'a été que de 22 %. Cette hausse est attribuable à deux facteurs : (1) la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec qui fixe le prix minimum du lait de consommation sans réellement se soucier de l'impact sur les habitudes de consommation des Québécois, et (2) la Commission canadienne du lait (CCL) qui impose un système de gestion de l'offre depuis une quarantaine d'années. Or, ce système vise à limiter délibérément la production de lait afin d'en faire augmenter le prix. Ce n'est pas tout : la CCL a également obtenu l'application de tarifs douaniers de l'ordre de 200 % à 300 % afin d'éviter que des produits étrangers ne viennent rivaliser avec la production locale.

05 octobre, 2011

La faillite appréhendée du modèle économique québécois

L’excellent texte de Takis Michas résume brièvement le pourquoi de la faillite du modèle économique grec. À moins d’un sérieux coup de barre à droite, dans moins de dix ans on pourra reprendre ce texte et remplacer l’État grec par l’État québécois.

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La faillite du modèle économique grec
Takis Michas – Le 23 septembre 2011. Il ne faudrait pas considérer la débâcle de l'État grec simplement comme le résultat de statistiques budgétaires frauduleuses ou de quelques années de dépenses effrénées. Elle signifie plutôt l'effondrement d'un modèle de développement économique qui, depuis sa création au 19ème siècle, a toujours placé la politique au-dessus des marchés.

Le principe central d'organisation de la société grecque a toujours été le clientélisme politique, un système dans lequel le soutien politique est fourni en échange d'avantages matériels. Dans ce contexte, le rôle de l'Etat en tant que principal fournisseur de prestations à divers groupes et individus devient primordial. Pour l’historien grec socialiste Kostas Vergopoulos, « la structure fondamentale de la Grèce n'a jamais été de la société civile, mais l'État. Depuis le milieu du 19ème siècle rien ne pouvait être fait en Grèce, sans nécessairement passer par la machine de l'Etat ».

Dans le monde anglo-saxon, l'État était principalement considéré comme le protecteur de certains droits Lockéens, en particulier le droit de propriété privée. Ce concept va de pair avec l'existence d'une classe dirigeante ayant des intérêts dans des grandes propriétés.

En Grèce, cependant, le groupe social qui prît la tête du pays après la libération du joug Ottoman, était constitué de notables locaux dont le pouvoir ne résidait pas dans leur propriété sur la terre, mais dans le fait qu'ils avaient été des collecteurs d'impôts pour leurs dirigeants ottomans. Ainsi, en Grèce, la classe dirigeante qui a émergé après l'indépendance voyait l'État non comme un instrument pour la protection des biens déjà existants, mais comme sa principale source de revenu.

Dans le même temps, le contrôle de l'appareil d'État est devenu le principal mécanisme pour la distribution des récompenses et des avantages matériels. Le plus important de ces avantages a été la mise à disposition d'emplois dans la fonction publique. À la fin des années 1880, la Grèce avait déjà l'une des bureaucraties d’État les plus importantes d'Europe: pour 10.000 habitants, il y avait 200 fonctionnaires en Belgique, 176 en France, 126 en Allemagne et 73 en Grande-Bretagne. En Grèce, leur nombre était de 214. Comme le français Arthur Gobineau l’avait observé à l'époque:

« En Grèce, toute une société semble fonctionner sur la devise que dans la mesure où seul l'État a de l'argent, il faut profiter de ce fait et travailler en tant que fonctionnaire. »

Beaucoup d'eau a évidemment coulé sous les ponts depuis ce temps-là. La Grèce a connu guerres, occupation, dictatures, révolutions, tremblements de terre etc. Pourtant, une chose est demeurée constante: le clientélisme politique comme doctrine première de la gouvernance.

Aujourd'hui, il existe trois types de prestations que l'Etat fournit aux divers groupes et individus clients. La première prestation, et la plus convoitée, est une sinécure dans la fonction publique. Environ un million de personnes, soit un actif grec sur quatre, sont employées par l'Etat. Plus de 80% des dépenses publiques va vers les salaires, traitements et pensions de ces travailleurs du secteur public.

La deuxième façon dont fonctionne le système d’avantages est par l'octroi de privilèges à divers groupes professionnels, comme les avocats, les notaires, les propriétaires de camions, de chargeuses sur les marchés, les pharmaciens, les opticiens, créant effectivement des professions fermées qui limitent la concurrence au profit des internes.

La troisième catégorie d’avantages sont les redevances imposées sur les opérations diverses au profit de groupes qui ne sont pas partie à la transaction. Par exemple, si vous démarrez une entreprise en Grèce, vous devez payer 1% du capital de départ à la caisse de retraite des avocats. Chaque fois que vous achetez un billet de bateau, 10% du prix va à la caisse de retraite des travailleurs du port. Si vous vendez des fournitures à l'armée, vous aurez à payer 4% de l'argent que vous recevez à la caisse de retraite des officiers de l'armée. Curieusement, des prélèvements sont parfois effectués au profit de groupes qui n'existent plus. Tel est le cas avec les éclaireurs sur l'île de Santorin. La profession de ces opérateurs de bateaux est depuis longtemps éteinte. Or, une partie du prix des billets des passagers des navires qui accostent au port de Santorin profite encore à l'association des éclaireurs (inexistante). Personne ne sait où va l'argent.

La conséquence de ces mécanismes, plus de 70% de la population grecque reçoit son revenu totalement ou partiellement de taxes ou de prélèvements. Cela implique des luttes acharnées pour la répartition des avantages - ce que les économistes appellent « la recherche de rentes ». Ainsi, une quantité considérable de ressources, qui pourraient être utilisés pour générer richesse et revenus, est perdue dans la lutte pour des tranches d'un gâteau économique qui va s'amenuisant.

Malheureusement, aucune étude économique ne s’est penchée sur combien d'argent est gaspillé dans la recherche de rentes. Mais nous pouvons nous faire une idée en regardant ce que les restrictions économiques coûtent en production perdue. Par exemple, certaines études universitaires suggèrent que si la Grèce ouvrait ses professions fermées son PIB augmenterait de 1%, et si elle éliminait les restrictions sur les différents marchés, elle augmenterait sa production de 2%. Si elle alignait les coûts bureaucratiques pour faire des affaires en Grèce avec le reste de l'Union européenne, cela entraînerait une augmentation de 3,5% du PIB.

Ces dernières années en particulier, la gauche soutient que le principal inconvénient du capitalisme est qu'il met soi-disant « les marchés au-dessus des gens ». C'est pourquoi elle estime que l'intervention politique est nécessaire pour apprivoiser les marchés et redonner aux gens la place qui leur revient en tant que « maîtres » et non « esclaves » du marché.

Le modèle grec offre la réalisation parfaite de cette vision. La Grèce a toujours placé les « gens », c'est-à-dire des « clients », au-dessus des marchés, avec les conséquences tragiques que nous voyons aujourd'hui.

M. Michas est journaliste à l’Eleftherotypia, un quotidien grec. Cet article est une traduction d’un article paru dans le Wall Street Journal, avec autorisation de l’auteur. Première parution en 2010.

La réflexion du jour

Non, le but de ce billet était plutôt de nous alerter à l'existence d'un problème. On ne peut comprendre ni essayer de résoudre un problème (ndlr : la pauvreté relative des Québécois) tant qu'on en nie l'existence. Au-delà des querelles de chiffres et de méthodes, cette différence entre le «pep talk» patriotique et le désir d'alerter, a toujours été au coeur de mes échanges, sur cette question précise, avec Jean-François Lisée. --- Martin Coiteux

Le chiffre du jour : 60 %

Cette situation (ndlr : la pauvreté relative des Québécois) ne serait pas trop préoccupante si au moins ces écarts étaient en train de se résorber. Mais comme le montre l'analyse présentée dans ce billet, cette résorption ne semble être à l'oeuvre qu'au niveau des deux quintiles les plus pauvres. Elle écarte donc 60% de la population.

04 octobre, 2011

Subventions : les perles du 24 au 30 septembre 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle cette semaine est une subvention de 671 220 $ à l’industrie du caoutchouc. Le secteur du caoutchouc fait apparemment face à une rareté de main-d’œuvre hautement qualifiée en matière de polymères et d’équipements. Vous saviez qu’il existe une industrie du caoutchouc? Une autre industrie marginale qui dépend des subventions pour survivre.

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15 000 $

À l’Association des plus beaux villages du Québec

L’Association des plus beaux villages du Québec est un réseau de municipalités à caractère rural dont une partie du territoire renferme un ou des noyaux villageois ou hameaux représentatifs de l’occupation humaine sur le territoire du Québec. Le réseau compte 35 villages ruraux dans 11 régions touristiques du Québec.

22 000 $

Au Groupe Solidarité Jeunesse de Victoriaville !

La subvention est versée pour l’Événement Normand-Maurice, un événement de sensibilisation environnementale ayant lieu dans 27 municipalités des MRC d’Arthabaska et de l’Érable et visant à encourager la collectivité à améliorer la qualité de la récupération et incluant des activités dans des écoles.

1 million $

Pour la coproduction internationale

La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a annoncé que le CALQ a mis en œuvre une nouvelle mesure d’aide à la coproduction internationale destinée aux organismes artistiques et littéraires, globalement dotée d’un million de dollars en 2011-2012.

500 000 $

Au programme Plateformes et réseaux numériques

Ce programme encourage l’utilisation des technologies numériques afin de favoriser la mise sur pied de plateformes et de réseaux numériques permettant la réalisation de partenariats et l’émergence de projets dans le domaine des arts et des lettres dont les retombées auront un effet structurant. Le programme Plateformes et réseaux numériques s’adresse aux organismes et aux collectifs d’artistes, d’écrivains, de conteurs et d’artisans-créateurs qui sont admissibles aux programmes du CALQ.

5 millions $

Aux musées

Décidément très active cette semaine, la ministre de la Culture a annoncé le prolongement de deux ans du programme d’aide financière aux expositions permanentes des institutions muséales. Cette année, 31 musées dans 12 régions du Québec se partageront près de 7 M$ pour favoriser la réalisation, l’actualisation ou le renouvellement d’expositions permanentes.

671 220 $

À l’industrie du caoutchouc

Un soutien financier est accordé au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec pour la formation de 166 travailleurs. Le secteur du caoutchouc fait apparemment face à une rareté de main-d’œuvre hautement qualifiée en matière de polymères et d’équipements.

La réflexion du jour

Pour l'ensemble de la période considérée, le Québec s'est donc classé au dernier rang de la croissance des revenus nets d'impôts du quintile le plus riche (ex-aequo dans ce cas avec l'Île-du-Prince-Édouard), au dernier rang de la croissance des revenus du deuxième quintile le plus riche, à l'avant-dernier rang de la croissance du quintile du milieu et finalement, au huitième rang sur dix en ce qui concerne la croissance des revenus des deux quintiles les plus pauvres.


Je ne me prononcerai pas ici sur les raisons pouvant expliquer ces retards. Je me contenterai seulement de souligner que le Québec semble avoir un problème de croissance de la richesse et que ce problème se répercute, dans le contexte égalitaire qui est le sien, sur toutes ses classes de revenus. Cela aussi doit nourrir notre réflexion. --- Martin Coiteux

(NDLR : Donc nous sommes plus égaux dans la pauvreté.)

03 octobre, 2011

Personne n'en parle!

Louise V. Labrecque

Ils parlent tous du contexte… Le contexte dans lequel ils ont grandi, par exemple. « Très jeune, je voulais devenir écrivain », pour reprendre du même souffle : « l’école – c’est-à-dire la société -, ne semblait pas répondre à ce rêve ». Les multiples fois où j’ai entendu cette phrase… pour expliquer les nombreux manuscrits qui dorment là… qu’ils disent avoir ébauché, dans ce « monde pourri », cette « société poubelle », « cruelle », « fédéraliste »…En même temps qu’ils s’autoflagellent à qui mieux mieux, ils se la jouent au maximum, avec les habits du poète de service : un formalisme bête à pleurer, un pseudo marxisme tout droit sorti d’un taudis du 18e siècle ou d’un vieux loft sale du Plateau. Bref, tous plus guenillous les uns que les autres – on devine cependant la recherche poussée de ce look déjanté, pour prouver au monde actuel des vues propres sur l’actualité culturelle, un amalgame entre poésie et contexte socio-politique.

Pas forcément apathiques, capables de perfectionnisme, tel Gauguin qui, s’il peignait une toile qui n’était pas à sa convenance, en peignait une autre par-dessus , ils sont aussi capables de se glisser dans la peau d’un personnage réactionnaire, par exemple en imposant l’idée de l’indépendance du Québec comme étant LA solution à tous les maux imaginables. Ils sont d’ailleurs capables de gloser très longtemps sur ce même thème. De plus, pour garnir leurs imaginaires, ils sont capables d’insulter tout le monde ne partageant pas leurs idées, de voir des complots et des « idoles fédéralistes » partout, ou pire, d'aller chier sans remords sur une tombe illustre.

Les plus cyniques parmi eux ont fait un doctorat en « création littéraire » à l’université du coin, ce qui les amène à croire qu’il est légitime que cette éducation très poussée leur donne tous les droits de lèse-personne. Faut les voir brandir leur fausse humilité, qui se détache comme une sorte de hors d’œuvre du plat de bêtises qu’ils s’apprêtent à nous servir si nous avons des opinions politiques qui diffèrent des leurs, et si en plus nous avons le malheur d’aimer la langue française au point de ne pas forcément chercher à s’exprimer en joualisant, et qui plus est, nous n’avons pas de foulard qui vole au vent et le joint de pot dans les poches.

Je caricature, mais à peine. Nous sommes pris avec cette culture-là, au Québec. Tous l’observent, s’en attristent, mais peu en parlent, avant de se résigner devant la télévision, le dimanche soir. Le culte de nos vedettes, d’ailleurs, a de quoi laisser pantois. « Moi, j’ai la chance de vivre dans mes rêves », me confiait un jour un écrivain extraordinaire, qui se situe bien au-dessus des questions politiques. Il est pourtant ostracisé par le clan dit des « vrais poètes et écrivains » – c’est-à-dire des écrivaillons nationalistes qui avaient vu en lui un drapeau à brûler à tout prix. On n’embrigade pas facilement les esprits libres et les artistes dignes de ce nom ne se laissent pas aisément domestiquer. Ils ne se sentent pas outrés si l’auteur ne leur raconte pas d’histoires lorsqu’ils achètent un roman, ils ne cherchent pas à tout prix à faire simple pour épater la galerie lorsqu’on parle de grand art, et, aussi, ils sont capables de recherche dans la langue, qui est un matériau vivant, plus que jamais international, qui évolue et qui commande une recherche d’ouverture à l’autre, par des créations vivantes, même si cela inclut des doutes et des contradictions.

Parfois, il me semble que les tenants de l’indépendance à tout prix sont d’un fanatisme désespérant. Comme s’il fallait que l’ensemble des œuvres publiées répondent à leurs goûts politiques exclusifs et excluant ceux qui ne pensent pas comme eux. Or, on le sait, le fanatisme est dans le continuum de l’obsession. Pourtant, même si on le tait trop souvent, le fanatisme cache des traits schizoïdes. Ce type de poètes, qui aiment se dire « poètes de brousse », existe bel et bien. Par le fait même, ils font exister une vision du monde où priment la médiocrité, l'intolérance et la haine. En réalité, ce type d’individu constitue une honte pour tous les poètes, écrivains et artistes dont la sensibilité puise sa source dans le respect et dans la dignité humaine.

Comme me revient en tête cette citation de Martin Luther King : « Une seule parcelle de lumière chasse l’obscurité à jamais; une seule parcelle d’amour chasse la haine à jamais», je sais, moi aussi, comme l’a si bien écrit le poète Tony Tremblay, dont je ne cherche pas à découvrir les opinions politiques : « Le jour où nous serons libres, vivants à l’intérieur d’un même poème, tous ensemble, ce jour-là, nous pourrons célébrer, sans chapelle des damnées, la vie ».

La réflexion du jour

La collusion n'est pas viable à long terme à moins que des facteurs en favorisent le maintien. La législation procure parfois cet encadrement. C'est le cas, au Québec, des régimes de contingentement de l'offre dans le poulet ou le lait. --- Léon Courville

(NDLR : WOW, et vlan les interventionnistes.)

Le chiffre du jour : 347 M$

L’Unité anticollusion dirigée par Jacques Duchesneau a mis 18 mois à dresser le portrait consternant de la collusion qui mine l’industrie des grands travaux routiers. Une poignée d’enquêteurs chevronnés, souvent d’anciens officiers supérieurs, ont mené 2 500 heures d’entrevue avec 500 témoins. Les travaux de l’UAC ont coûté 2,2 millions $. De l’argent bien placé, puisque déjà on observe que les entrepreneurs sont devenus moins voraces. Généralement, le montant total des soumissions retenues par le ministère des Transports sur une année était inférieur de 1 à 2 % par rapport au montant estimé par le MTQ. Or, en 2010, les plus basses propositions ont été en moyenne inférieure de 17,2 % par rapport à l’estimation gouvernementale, permettant à l’État de sauver 347 millions $, estime Jacques Duchesneau.

01 octobre, 2011

La réflexion du jour

Il n'est pas nécessaire de réussir à l'école pour obtenir un diplôme ou un certificat du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

(NDLR : Le nivellement par le bas est-il une valeur québécoise ou simplement la conséquence naturelle d'un monopole d'État?)

Le chiffre du jour : 8 000

Le ministère de l'Éducation a diplômé depuis 2008 plus de 8000 élèves qui n'ont même pas réussi le premier cycle du secondaire.