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27 janvier, 2023

20 citations de Margaret Thatcher sur le socialisme

Par Lawrence Reed.


Un article de The Foundation for Economic Education

Cet automne marquera le trentième anniversaire du départ du 10 Downing Street de Margaret Thatcher, première femme à la tête du gouvernement britannique et Premier ministre qui sera resté le plus longtemps à ce poste au XXe siècle. Quels mandats stupéfiants !

 

De la dépendance à l’autonomie

En 1979, la Dame de fer est devenue Premier ministre d’un pays tourmenté par des conflits sociaux, bloqué par la stagflation et ruiné par des décennies d’État-nounou. La Grande-Bretagne se débattait sur tous les fronts et était l’homme malade de l’Europe.

Pour l’essentiel, Thatcher n’a pas proposé de résoudre les grands problèmes par de petits ajustements comme le suggéraient certains politiciens peureux ou manquant de conviction. Elle s’est mise en campagne, selon ses propres mots, pour faire « reculer les frontières de l’État ». Elle voulait relancer le pays en rétablissant une culture d’entrepreneuriat et de respect de la propriété privée. Elle a rappelé ces objectifs à la nation au cours du deuxième de ses trois mandats, lorsqu’elle a déclaré :

Je suis arrivée au pouvoir avec une intention délibérée : faire passer la société britannique de la dépendance à l’autonomie – d’une nation de quémandeurs à une nation d’entrepreneurs. Une Angleterre qui se lève et agit, plutôt que se rasseoir en attendant que d’autres agissent.

Femme de convictions, elle pensait que des dirigeants sans principes méritaient de tomber car ils étaient trop peureux pour défendre leurs idées. Elle préférait faire ce qu’elle pensait être juste plutôt que ce qui était politiquement acceptable, comme elle l’a montré dans cette réflexion bien connue :

Pour moi, le consensus semble être la voie de l’abandon de toutes les convictions, principes, valeurs et politiques et la poursuite de quelque chose en quoi personne ne croit, mais auquel personne ne s’oppose.

Lors d’une réunion politique mémorable, elle a sorti de son sac un exemplaire de La constitution de la liberté de F.A. Hayek et l’a jeté sur la table en déclarant : « Voilà ce en quoi nous croyons ! ». Une autre fois elle fait remarquer que « les marxistes se lèvent tôt le matin pour faire avancer leur cause. Nous devons nous lever encore plus tôt pour défendre notre liberté. »

Elle a défié les idées reçues au sujet du plafond de verre auquel les femmes étaient confrontées dans le monde politique britannique. Et elle comprenait les difficultés rencontrées par les gens ordinaires, expliquant lors d’une interview :

J’ai débuté dans la vie avec deux grands avantages : pas d’argent et de bons parents.

 

Avec Margaret Thatcher : déréglementation et progrès

En commençant dans la douleur, sa politique a arraché le pays à son apathie pour l’amener dans une nouvelle ère de progrès et de confiance. Ses onze années à la tête du pays ont prouvé qu’un programme énergique de privatisation, de déréglementation et de réduction d’impôts est un antidote efficace au collectivisme désastreux.

Elle était de plus en plus sceptique envers l’Union européenne, en partie à cause des penchants de celle-ci pour la bureaucratie et la réglementation, en partie à cause des tentatives de gommer les particularités de chacun des pays.

Thatcher est décédée en 2013 mais si elle avait vécu sept ans de plus elle aurait probablement applaudi le Brexit qui a finalement eu lieu le mois dernier. Elle a déclaré à la Chambre des communes en 1991 :

Notre souveraineté ne vient pas de Bruxelles – elle nous appartient de plein droit et nous en sommes les héritiers.

Dans son livre de 2002, Statecraft: Strategies for a Changing World, elle déclare :

L’Europe, hormis au sens géographique, est une construction totalement artificielle. Cela n’a aucun sens d’agglomérer Beethoven et Debussy, Voltaire et Burke, Vermeer et Picasso, Notre Dame et St Paul, le bœuf bouilli et la bouillabaisse, et de les dépeindre comme les éléments d’une réalité musicale, philosophique, artistique, architecturale ou gastronomique européenne. Si l’Europe nous enchante, comme elle m’a si souvent enchantée, c’est précisément par ses contrastes et ses contradictions, et non par sa cohérence et sa continuité.

Elle n’était bien entendu pas parfaite et elle a fait des compromis lorsqu’elle a senti qu’il le fallait. Mais elle avait raison concernant une vision d’ensemble, en particulier à propos des vices du socialisme et des vertus de la liberté. Comme je l’ai écrit en 2013 lors de son décès dans l’hommage intitulé « Le mal des idées malsaines » :

Les socialistes l’ont détestée parce qu’elle les a affrontés, qu’elle a mis en doute leur compassion feinte, qu’elle a osé montrer l’étatisme comme la secte absurde et déshumanisante qu’elle est.

Elle a symboliquement arraché le gant de velours de la main de fer et elle a parlé du socialisme de l’État-providence comme d’un loup déguisé en agneau. Toutes choses que les adorateurs de l’État ne peuvent supporter.

Alors que se déroule cette année l’élection présidentielle en Amérique, je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que Margaret Thatcher penserait de nos politiciens et de leurs promesses. Nul doute qu’elle critiquerait les mauvaises habitudes bipartisanes de Washington de dépense et d’endettement.

Je pense toutefois qu’elle conserverait un mépris particulier pour ces démagogues qui achètent des votes et se complaisent dans la lutte des classes et toutes les nuances de socialisme. Je la vois bien gronder Bernie Sanders en des termes comme : « Nous avons déjà essayé ce que vous prônez et cela a lamentablement échoué. Devenez adulte, trouvez-vous un vrai boulot pour changer et retenez les leçons de l’histoire et de l’économie ! »

 

Sa vision du socialisme

Vous n’avez pas besoin de me croire sur parole. Je vous propose ici certaines des citations les plus incisives de Margaret Thatcher au sujet du socialisme qui semble séduire tant d’Américains ces temps-ci. Elles s’étalent sur plusieurs décennies de sa vie publique.

1. « Il est bon de se souvenir comment nous avons conquis notre liberté dans ce pays – pas par de grandes campagnes abstraites, mais par le refus d’hommes et de femmes ordinaires de se faire prendre leur argent par l’État. Au début, des gens se sont alliés pour dire au gouvernement de l’époque : vous ne prendrez pas notre argent avant d’avoir réparé les préjudices qui nous sont faits. C’était leur argent, leur bien, qui était la source de leur indépendance vis-à-vis de l’administration. »

2. « La raison philosophique pour laquelle nous sommes contre les nationalisations et pour l’entreprise privée, c’est que nous croyons que le progrès économique vient de l’inventivité, des compétences, de la détermination et de l’esprit pionnier d’hommes et de femmes extraordinaires. S’ils ne peuvent pas mettre en pratique cet esprit ici, ils iront ailleurs dans un autre pays de libre entreprise qui progressera alors plus que nous sur le plan économique. Nous devrions plutôt encourager les petites entreprises et les petites sociétés parce que le degré d’innovation issue de ces entreprises est fantastique. »

3. « On m’a attaquée pour avoir mené un combat d’arrière-garde en défendant les intérêts de la classe moyenne… Eh bien si les valeurs de la classe moyenne sont d’encourager la diversité et le libre-arbitre, de mettre en place des incitations et de justes récompenses pour les compétences et le travail, de maintenir des barrières efficaces contre l’abus de pouvoir de l’État et de croire à l’accès le plus large à la propriété privée, alors ces valeurs sont bien celles que je tente de défendre. Ce n’est pas une lutte pour des privilèges, c’est une lutte pour la liberté – la liberté pour chaque citoyen ».

4. « Notre défi consiste à créer le contexte économique qui permet à l’initiative privée et à l’entreprise privée de s’épanouir au bénéfice du consommateur, du salarié, du retraité et de la société dans son ensemble… Je crois que nous devrions juger les individus selon leur mérite et non selon leur profil. Je crois que la personne prête à travailler le plus dur devrait en retirer les plus grands bénéfices et les conserver après impôt. Que nous devrions soutenir les travailleurs et pas les tire-au-flanc ; qu’il est non seulement permis mais louable de vouloir faire profiter votre propre famille de vos propres efforts. »

5.  « Je crois profondément – vraiment avec une foi fervente – aux vertus de l’autonomie et de l’indépendance de l’individu. C’est sur elles que se fonde la défense d’une société libre, par l’affirmation que le progrès humain s’obtient bien mieux en offrant l’espace le plus libre possible aux développements des talents individuels, ce qui est conditionné uniquement par le respect des qualités et de la liberté des autres… Pendant de nombreuses années il y a eu une érosion subtile des vertus essentielles de la société libre. L’autonomie a été moquée comme si c’était une prétention absurde de banlieusards. Économiser a été assimilé à de l’avarice. Le désir des parents de choisir et de se battre pour ce qu’ils considèrent eux-mêmes comme la meilleure éducation pour leur enfant a été méprisé. »

6.  « Je ne crois pas, malgré tout cela, que les gens de ce pays ont abandonné toute foi dans les qualités et les caractéristiques qui ont fait d’eux un grand peuple. Pas une seconde. Nous sommes toujours le même peuple. Tout ce qui s’est passé c’est que nous avons temporairement perdu confiance en nos propres forces. Nous avons perdu de vue les étendards. Les clairons ont sonné avec hésitation. Il est de notre devoir, de notre raison d’être, de brandir ces étendards, afin que tous puissent les voir, et de faire sonner les clairons fort et clair, afin que tous puissent les entendre. Ils rallieront tout simplement ceux qui s’y reconnaissent vraiment. »

7. « Je ne cesserai jamais de combattre. Je veux que ce pays survive, prospère et soit libre… Je n’ai pas combattu les forces destructrices du socialisme pendant plus de vingt ans pour m’arrêter maintenant, alors que la phase critique du combat nous arrive dessus. »

8. « Quelles sont donc les leçons que nous avons tirées des trente dernières années ? D’abord, que la poursuite de l’égalité en elle-même est un mirage. Ce qui est plus souhaitable et plus facile que la poursuite de l’égalité c’est la poursuite de l’égalité des chances. Et la chance ne veut rien dire sauf si elle inclut le droit d’être inégaux et la liberté d’être différents. Une des raisons pour lesquelles nous valorisons les individus c’est non parce qu’ils sont identiques, mais parce qu’ils sont tous différents. Je crois qu’il y a un dicton dans le Middle West : Ne coupez pas les coquelicots les plus hauts. Laissez-les grandir. Je dirais : laissez les enfants grandir et certains seront plus grands que les autres s’ils ont en eux-mêmes la capacité de le devenir. Car nous devons construire une société dans laquelle chaque citoyen peut développer tout son potentiel, à la fois pour son propre bénéfice et pour la société dans son ensemble, une société dans laquelle l’originalité, la compétence, l’énergie et l’économie sont récompensées, dans laquelle nous encourageons plutôt que nous ne  restreignons la variété et la richesse de la nature humaine. »

9. « Permettez-moi de vous donner ma vision. Le droit pour un homme de travailler comme il le veut, de dépenser ce qu’il gagne, de posséder des biens, d’avoir l’État à son service et non pas comme maître, telle est la tradition britannique. C’est l’essence d’une économie libre. Et de celle-ci dépendent tous nos autres libertés. »

10. « Certains socialistes semblent croire que les gens devraient être des numéros dans un ordinateur de l’administration. Nous croyons qu’ils devraient être des personnes. Nous sommes tous inégaux. Personne, grâce au ciel, n’est pareil à un autre, contrairement à ce que peuvent prétendre la plupart des socialistes. Nous croyons que chacun a le droit d’être différent mais pour nous chaque être humain est d’une importance égale. »

11. « Les socialistes nous disent que telle industrie génère des profits énormes et qu’ils ne devraient pas aller aux actionnaires – mais que le public devrait engranger les bénéfices. Des bénéfices ? Quels bénéfices ? Lorsque vous faites entrer dans le giron de l’État une industrie rentable, les bénéfices ont tôt fait de disparaitre. La poule aux œufs d’or fait la tête. Les poules d’État ne sont pas de grandes pondeuses. L’industrie de l’acier a été nationalisée il y a quelques années dans l’intérêt public – et pourtant le seul intérêt qui reste aux gens est d’assister au spectacle déprimant de leur argent jeté par les fenêtres au rythme de millions de livres par jour. »

12. « Il en est qui nous alertent non seulement au sujet de la menace venue de l’extérieur, mais aussi au sujet de quelque chose de plus insidieux, qu’on ne perçoit pas immédiatement, quelque chose qui n’est pas toujours intentionnel, qui se produit ici chez nous. Que nous montrent-ils ? Ils nous montrent l’expansion régulière et sans scrupule de l’État socialiste. Mais personne ne prétend que la majorité des socialistes est inspirée par autre chose que des idéaux humanitaires et de bonnes intentions. En même temps je pense que bien peu nieraient à présent qu’ils ont créé un monstre qu’ils ne peuvent contrôler. Inexorablement, l’État que les socialistes ont créé devient de plus en plus hasardeux quand il tente de dispenser une justice économique et sociale qu’il tente de dispenser, de plus en plus étouffant par ses effets sur les aspirations humaines et l’initiative, de plus en plus politiquement sélectif dans sa défense des droits des citoyens, de plus en plus gargantuesque dans son appétit – et de plus en plus désastreusement incompétent dans ses résultats.  Par-dessus tout, il représente une grave menace, quoique non intentionnelle, envers la liberté de ce pays, car il n’y pas de liberté lorsque l’État contrôle totalement l’économie. La liberté individuelle et la liberté économique sont inséparables. On ne peut pas avoir l’une sans l’autre. On ne peut pas perdre l’une sans perdre l’autre. »

13. « Une de nos principales et constantes priorités, lorsque nous serons revenus au pouvoir, sera de rétablir les libertés que les socialistes ont usurpées. Qu’ils sachent que ce n’est pas le rôle de l’État de posséder le plus possible de biens. Ce n’est pas le rôle de l’État de saisir tout ce qu’on lui laisse prendre. Ce n’est pas le rôle de l’État d’agir en dompteur, de faire claquer le fouet, de dicter le fardeau que nous devons tous porter ou de dire jusqu’où nous devons monter. Tout cela c’est la philosophie du socialisme. Nous la rejetons totalement car, même avec de bonnes intentions, elle mène dans une seule direction : l’érosion et finalement la destruction du mode de vie démocratique. »

14. « Il n’existe pas de socialisme sans danger. Si c’est sans danger ce n’est pas du socialisme. Et si c’est du socialisme ce n’est pas sans danger. Le chemin du socialisme nous entraîne vers le bas, vers moins de liberté, moins de prospérité, nous abaisse vers plus de confusion, plus d’échec. Si nous le suivons à destination, nous mènerons ce pays à la ruine. »

15. « La réussite économique du monde occidental est le produit de sa philosophie morale et de sa pratique. Les résultats économiques sont meilleurs car sa philosophie morale est supérieure. Elle est supérieure car elle part de la personne, avec sa singularité, sa responsabilité et sa capacité à choisir. C’est à coup sûr infiniment préférable à la philosophie socialiste-étatiste qui met en place un système économique centralisé auquel l’individu doit se conformer, qui le domine, qui le dirige et qui lui dénie le droit de choisir librement. Le choix est l’essence de l’éthique : s’il n’y avait pas de choix il n’y aurait pas d’éthique, pas de bien, pas de mal ; le bien et le mal n’ont de sens que dans la mesure où l’homme est libre de choisir. »

16. « Dans notre philosophie le sens de la vie de l’individu n’est pas d’être le serviteur de l’État et de ses objectifs, mais de tirer le meilleur parti de ses talents et de ses qualités. Le sentiment d’être autonome, de jouer un rôle dans la famille, de posséder des biens en propre, de tracer son propre chemin, font tous partie du bagage spirituel qui stabilise le citoyen responsable et qui fournit les assises solides depuis lesquelles les gens regardent autour d’eux pour voir ce qu’ils pourraient faire de plus, pour les autres et pour eux-mêmes. Voilà ce que nous appelons une société morale ; pas une société dans laquelle l’État est responsable de tout et personne n’est responsable de l’État. »

17. « Une fois que vous avez mis dans la tête des gens que tout peut être fait par l’État, et que c’est d’une certaine manière un pis-aller ou même dégradant de le laisser faire à des personnes privées, alors vous commencez à priver les êtres humains d’une des composantes essentielles de l’humanité – la responsabilité morale individuelle. Vous allez, de fait, tarir en eux la source de la gentillesse humaine. Si vous permettez aux gens de transférer toute leur responsabilité personnelle à l’État, le moment viendra – et c’est vraiment pour bientôt – où ce que le contribuable sera disposé à fournir pour le bien de l’humanité s’avèrera être beaucoup moins que ce que l’individu était disposé à donner par amour pour son prochain. Alors ne soyez pas tentés de confondre la vertu avec le collectivisme. Je me demande si les services de l’État auraient fait autant pour l’homme tombé dans le fossé que ce que le bon samaritain a fait pour lui ? »

18. « Le capitalisme populaire, qui est l’expression économique de la liberté, se révèle être un moyen bien plus séduisant pour diffuser le pouvoir dans notre société.  Les socialistes crient « le pouvoir au peuple » et lèvent le poing serré en disant cela.  Nous savons tous ce que cela signifie vraiment – le pouvoir sur le peuple, le pouvoir à l’État. Pour nous les conservateurs, le capitalisme populaire ne ment pas : le pouvoir par la propriété à l’homme et la femme de la rue, donné avec confiance et la main ouverte. »

19. « Je pense que nous avons traversé une période où trop d’enfants et d’adultes  ont été bercé de « j’ai un problème, c’est le boulot de l’administration de s’en occuper ! » ou encore « j’ai un problème, je vais demander une aide pour y faire face ! Je suis à la rue, l’administration doit me loger ! »  Et donc ils se déchargent de leur problème sur la société et c’est qui, la société ? Cela n’existe pas ! Il n’y a que des individus hommes et femmes et des familles, l’État ne peut rien faire sans les gens et les gens s’occupent en priorité d’eux-mêmes. Il est de notre devoir de prendre soin de nous-mêmes et ensuite d’aider à prendre soin de notre voisin ; la vie est une affaire de réciprocité et les gens pensent beaucoup trop à leurs droits sans penser à leurs devoirs. La société, cela n’existe pas. Il existe une mosaïque vivante d’hommes et de femmes et de gens, et la beauté de cette mosaïque et la qualité de nos vies dépendent de combien chacun de nous est prêt à se prendre en charge, combien chacun de nous est prêt à regarder autour de lui pour aider par ses propres forces ceux qui sont dans le malheur. »

20. « Je suis partie en campagne pour détruire le socialisme parce que je sentais qu’il était en opposition avec le caractère du peuple. Nous avons été le premier pays au monde à faire reculer les frontières du socialisme, et ensuite à faire avancer les frontières de la liberté. Nous avons récupéré notre héritage ; nous le renouvelons et nous le prolongeons. »

Traduction par Contrepoints de Margaret Thatcher on Socialism: 20 of Her Best Quotes 

19 mars, 2022

20 citations de Margaret Thatcher sur le socialisme

 Par Lawrence Reed.

Un article de The Foundation for Economic Education

Cet automne marquera le trentième anniversaire du départ du 10 Downing Street de Margaret Thatcher, première femme à la tête du gouvernement britannique et Premier ministre qui sera resté le plus longtemps à ce poste au XXe siècle. Quels mandats stupéfiants !

De la dépendance à l’autonomie

En 1979, la Dame de fer est devenue Premier ministre d’un pays tourmenté par des conflits sociaux, bloqué par la stagflation et ruiné par des décennies d’État-nounou. La Grande-Bretagne se débattait sur tous les fronts et était l’homme malade de l’Europe.

Pour l’essentiel, Thatcher n’a pas proposé de résoudre les grands problèmes par de petits ajustements comme le suggéraient certains politiciens peureux ou manquant de conviction. Elle s’est mise en campagne, selon ses propres mots, pour faire « reculer les frontières de l’État ». Elle voulait relancer le pays en rétablissant une culture d’entrepreneuriat et de respect de la propriété privée. Elle a rappelé ces objectifs à la nation au cours du deuxième de ses trois mandats, lorsqu’elle a déclaré :

Je suis arrivée au pouvoir avec une intention délibérée : faire passer la société britannique de la dépendance à l’autonomie – d’une nation de quémandeurs à une nation d’entrepreneurs. Une Angleterre qui se lève et agit, plutôt que se rasseoir en attendant que d’autres agissent.

Femme de convictions, elle pensait que des dirigeants sans principes méritaient de tomber car ils étaient trop peureux pour défendre leurs idées. Elle préférait faire ce qu’elle pensait être juste plutôt que ce qui était politiquement acceptable, comme elle l’a montré dans cette réflexion bien connue :

Pour moi, le consensus semble être la voie de l’abandon de toutes les convictions, principes, valeurs et politiques et la poursuite de quelque chose en quoi personne ne croit, mais auquel personne ne s’oppose.

Lors d’une réunion politique mémorable, elle a sorti de son sac un exemplaire de La constitution de la liberté de F.A. Hayek et l’a jeté sur la table en déclarant : « Voilà ce en quoi nous croyons ! ». Une autre fois elle fait remarquer que « les marxistes se lèvent tôt le matin pour faire avancer leur cause. Nous devons nous lever encore plus tôt pour défendre notre liberté. »

Elle a défié les idées reçues au sujet du plafond de verre auquel les femmes étaient confrontées dans le monde politique britannique. Et elle comprenait les difficultés rencontrées par les gens ordinaires, expliquant lors d’une interview :

J’ai débuté dans la vie avec deux grands avantages : pas d’argent et de bons parents.

Avec Margaret Thatcher : déréglementation et progrès

En commençant dans la douleur, sa politique a arraché le pays à son apathie pour l’amener dans une nouvelle ère de progrès et de confiance. Ses onze années à la tête du pays ont prouvé qu’un programme énergique de privatisation, de déréglementation et de réduction d’impôts est un antidote efficace au collectivisme désastreux.

Elle était de plus en plus sceptique envers l’Union européenne, en partie à cause des penchants de celle-ci pour la bureaucratie et la réglementation, en partie à cause des tentatives de gommer les particularités de chacun des pays.

Thatcher est décédée en 2013, mais si elle avait vécu sept ans de plus elle aurait probablement applaudi le Brexit qui a finalement eu lieu le mois dernier. Elle a déclaré à la Chambre des communes en 1991 :

Notre souveraineté ne vient pas de Bruxelles – elle nous appartient de plein droit et nous en sommes les héritiers.

Dans son livre de 2002, Statecraft: Strategies for a Changing World, elle déclare :

L’Europe, hormis au sens géographique, est une construction totalement artificielle. Cela n’a aucun sens d’agglomérer Beethoven et Debussy, Voltaire et Burke, Vermeer et Picasso, Notre Dame et St Paul, le bœuf bouilli et la bouillabaisse, et de les dépeindre comme les éléments d’une réalité musicale, philosophique, artistique, architecturale ou gastronomique européenne. Si l’Europe nous enchante, comme elle m’a si souvent enchantée, c’est précisément par ses contrastes et ses contradictions, et non par sa cohérence et sa continuité.

Elle n’était bien entendu pas parfaite et elle a fait des compromis lorsqu’elle a senti qu’il le fallait. Mais elle avait raison concernant une vision d’ensemble, en particulier à propos des vices du socialisme et des vertus de la liberté. Comme je l’ai écrit en 2013 lors de son décès dans l’hommage intitulé « Le mal des idées malsaines » :

Les socialistes l’ont détestée parce qu’elle les a affrontés, qu’elle a mis en doute leur compassion feinte, qu’elle a osé montrer l’étatisme comme la secte absurde et déshumanisante qu’elle est.

Elle a symboliquement arraché le gant de velours de la main de fer et elle a parlé du socialisme de l’État-providence comme d’un loup déguisé en agneau. Toutes choses que les adorateurs de l’État ne peuvent supporter.

Alors que se déroule cette année l’élection présidentielle en Amérique, je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que Margaret Thatcher penserait de nos politiciens et de leurs promesses. Nul doute qu’elle critiquerait les mauvaises habitudes bipartisanes de Washington de dépense et d’endettement.

Je pense toutefois qu’elle conserverait un mépris particulier pour ces démagogues qui achètent des votes et se complaisent dans la lutte des classes et toutes les nuances de socialisme. Je la vois bien gronder Bernie Sanders en des termes comme : « Nous avons déjà essayé ce que vous prônez et cela a lamentablement échoué.  Devenez adulte, trouvez-vous un vrai boulot pour changer et retenez les leçons de l’histoire et de l’économie ! »

Sa vision du socialisme

Vous n’avez pas besoin de me croire sur parole. Je vous propose ici certaines des citations les plus incisives de Margaret Thatcher au sujet du socialisme qui semble séduire tant d’Américains ces temps-ci. Elles s’étalent sur plusieurs décennies de sa vie publique.

1. « Il est bon de se souvenir comment nous avons conquis notre liberté dans ce pays – pas par de grandes campagnes abstraites, mais par le refus d’hommes et de femmes ordinaires de se faire prendre leur argent par l’État. Au début, des gens se sont alliés pour dire au gouvernement de l’époque : vous ne prendrez pas notre argent avant d’avoir réparé les préjudices qui nous sont faits. C’était leur argent, leur bien, qui était la source de leur indépendance vis-à-vis de l’administration. »

2. « La raison philosophique pour laquelle nous sommes contre les nationalisations et pour l’entreprise privée, c’est que nous croyons que le progrès économique vient de l’inventivité, des compétences, de la détermination et de l’esprit pionnier d’hommes et de femmes extraordinaires. S’ils ne peuvent pas mettre en pratique cet esprit ici, ils iront ailleurs dans un autre pays de libre entreprise qui progressera alors plus que nous sur le plan économique. Nous devrions plutôt encourager les petites entreprises et les petites sociétés parce que le degré d’innovation issue de ces entreprises est fantastique. »

3. « On m’a attaquée pour avoir mené un combat d’arrière-garde en défendant les intérêts de la classe moyenne… Eh bien si les valeurs de la classe moyenne sont d’encourager la diversité et le libre-arbitre, de mettre en place des incitations et de justes récompenses pour les compétences et le travail, de maintenir des barrières efficaces contre l’abus de pouvoir de l’État et de croire à l’accès le plus large à la propriété privée, alors ces valeurs sont bien celles que je tente de défendre. Ce n’est pas une lutte pour des privilèges, c’est une lutte pour la liberté – la liberté pour chaque citoyen ».

4. « Notre défi consiste à créer le contexte économique qui permet à l’initiative privée et à l’entreprise privée de s’épanouir au bénéfice du consommateur, du salarié, du retraité et de la société dans son ensemble… Je crois que nous devrions juger les individus selon leur mérite et non selon leur profil. Je crois que la personne prête à travailler le plus dur devrait en retirer les plus grands bénéfices et les conserver après impôt. Que nous devrions soutenir les travailleurs et pas les tire-au-flanc ; qu’il est non seulement permis mais louable de vouloir faire profiter votre propre famille de vos propres efforts. »

5.  « Je crois profondément – vraiment avec une foi fervente – aux vertus de l’autonomie et de l’indépendance de l’individu. C’est sur elles que se fonde la défense d’une société libre, par l’affirmation que le progrès humain s’obtient bien mieux en offrant l’espace le plus libre possible aux développements des talents individuels, ce qui est conditionné uniquement par le respect des qualités et de la liberté des autres… Pendant de nombreuses années il y a eu une érosion subtile des vertus essentielles de la société libre. L’autonomie a été moquée comme si c’était une prétention absurde de banlieusards. Économiser a été assimilé à de l’avarice. Le désir des parents de choisir et de se battre pour ce qu’ils considèrent eux-mêmes comme la meilleure éducation pour leur enfant a été méprisé. »

6.  « Je ne crois pas, malgré tout cela, que les gens de ce pays ont abandonné toute foi dans les qualités et les caractéristiques qui ont fait d’eux un grand peuple. Pas une seconde. Nous sommes toujours le même peuple. Tout ce qui s’est passé c’est que nous avons temporairement perdu confiance en nos propres forces. Nous avons perdu de vue les étendards. Les clairons ont sonné avec hésitation. Il est de notre devoir, de notre raison d’être, de brandir ces étendards, afin que tous puissent les voir, et de faire sonner les clairons fort et clair, afin que tous puissent les entendre. Ils rallieront tout simplement ceux qui s’y reconnaissent vraiment. »

7. « Je ne cesserai jamais de combattre. Je veux que ce pays survive, prospère et soit libre… Je n’ai pas combattu les forces destructrices du socialisme pendant plus de vingt ans pour m’arrêter maintenant, alors que la phase critique du combat nous arrive dessus. »

8. « Quelles sont donc les leçons que nous avons tirées des trente dernières années ? D’abord, que la poursuite de l’égalité en elle-même est un mirage. Ce qui est plus souhaitable et plus facile que la poursuite de l’égalité c’est la poursuite de l’égalité des chances. Et la chance ne veut rien dire sauf si elle inclut le droit d’être inégaux et la liberté d’être différents. Une des raisons pour lesquelles nous valorisons les individus c’est non parce qu’ils sont identiques, mais parce qu’ils sont tous différents. Je crois qu’il y a un dicton dans le Middle West : Ne coupez pas les coquelicots les plus hauts. Laissez-les grandir. Je dirais : laissez les enfants grandir et certains seront plus grands que les autres s’ils ont en eux-mêmes la capacité de le devenir. Car nous devons construire une société dans laquelle chaque citoyen peut développer tout son potentiel, à la fois pour son propre bénéfice et pour la société dans son ensemble, une société dans laquelle l’originalité, la compétence, l’énergie et l’économie sont récompensées, dans laquelle nous encourageons plutôt que nous ne  restreignons la variété et la richesse de la nature humaine. »

9. « Permettez-moi de vous donner ma vision. Le droit pour un homme de travailler comme il le veut, de dépenser ce qu’il gagne, de posséder des biens, d’avoir l’État à son service et non pas comme maître, telle est la tradition britannique. C’est l’essence d’une économie libre. Et de celle-ci dépendent tous nos autres libertés. »

10. « Certains socialistes semblent croire que les gens devraient être des numéros dans un ordinateur de l’administration. Nous croyons qu’ils devraient être des personnes. Nous sommes tous inégaux. Personne, grâce au ciel, n’est pareil à un autre, contrairement à ce que peuvent prétendre la plupart des socialistes. Nous croyons que chacun a le droit d’être différent mais pour nous chaque être humain est d’une importance égale. »

11. « Les socialistes nous disent que telle industrie génère des profits énormes et qu’ils ne devraient pas aller aux actionnaires – mais que le public devrait engranger les bénéfices. Des bénéfices ? Quels bénéfices ? Lorsque vous faites entrer dans le giron de l’État une industrie rentable, les bénéfices ont tôt fait de disparaitre. La poule aux œufs d’or fait la tête. Les poules d’État ne sont pas de grandes pondeuses.  L’industrie de l’acier a été nationalisée il y a quelques années dans l’intérêt public – et pourtant le seul intérêt qui reste aux gens est d’assister au spectacle déprimant de leur argent jeté par les fenêtres au rythme de millions de livres par jour. »

12. « Il en est qui nous alertent non seulement au sujet de la menace venue de l’extérieur, mais aussi au sujet de quelque chose de plus insidieux, qu’on ne perçoit pas immédiatement, quelque chose qui n’est pas toujours intentionnel, qui se produit ici chez nous. Que nous montrent-ils ? Ils nous montrent l’expansion régulière et sans scrupule de l’État socialiste. Mais personne ne prétend que la majorité des socialistes est inspirée par autre chose que des idéaux humanitaires et de bonnes intentions. En même temps je pense que bien peu nieraient à présent qu’ils ont créé un monstre qu’ils ne peuvent contrôler. Inexorablement, l’État que les socialistes ont créé devient de plus en plus hasardeux quand il tente de dispenser une justice économique et sociale qu’il tente de dispenser, de plus en plus étouffant par ses effets sur les aspirations humaines et l’initiative, de plus en plus politiquement sélectif dans sa défense des droits des citoyens, de plus en plus gargantuesque dans son appétit – et de plus en plus désastreusement incompétent dans ses résultats.  Par-dessus tout, il représente une grave menace, quoique non intentionnelle, envers la liberté de ce pays, car il n’y pas de liberté lorsque l’État contrôle totalement l’économie. La liberté individuelle et la liberté économique sont inséparables. On ne peut pas avoir l’une sans l’autre. On ne peut pas perdre l’une sans perdre l’autre. »

13. « Une de nos principales et constantes priorités, lorsque nous serons revenus au pouvoir, sera de rétablir les libertés que les socialistes ont usurpées. Qu’ils sachent que ce n’est pas le rôle de l’État de posséder le plus possible de biens. Ce n’est pas le rôle de l’État de saisir tout ce qu’on lui laisse prendre. Ce n’est pas le rôle de l’État d’agir en dompteur, de faire claquer le fouet, de dicter le fardeau que nous devons tous porter ou de dire jusqu’où nous devons monter. Tout cela c’est la philosophie du socialisme. Nous la rejetons totalement car, même avec de bonnes intentions, elle mène dans une seule direction : l’érosion et finalement la destruction du mode de vie démocratique. »

14. « Il n’existe pas de socialisme sans danger. Si c’est sans danger ce n’est pas du socialisme. Et si c’est du socialisme ce n’est pas sans danger. Le chemin du socialisme nous entraîne vers le bas, vers moins de liberté, moins de prospérité, nous abaisse vers plus de confusion, plus d’échec. Si nous le suivons à destination, nous mènerons ce pays à la ruine. »

15. « La réussite économique du monde occidental est le produit de sa philosophie morale et de sa pratique. Les résultats économiques sont meilleurs car sa philosophie morale est supérieure. Elle est supérieure car elle part de la personne, avec sa singularité, sa responsabilité et sa capacité à choisir. C’est à coup sûr infiniment préférable à la philosophie socialiste-étatiste qui met en place un système économique centralisé auquel l’individu doit se conformer, qui le domine, qui le dirige et qui lui dénie le droit de choisir librement. Le choix est l’essence de l’éthique : s’il n’y avait pas de choix il n’y aurait pas d’éthique, pas de bien, pas de mal ; le bien et le mal n’ont de sens que dans la mesure où l’homme est libre de choisir. »

16. « Dans notre philosophie le sens de la vie de l’individu n’est pas d’être le serviteur de l’État et de ses objectifs, mais de tirer le meilleur parti de ses talents et de ses qualités. Le sentiment d’être autonome, de jouer un rôle dans la famille, de posséder des biens en propre, de tracer son propre chemin, font tous partie du bagage spirituel qui stabilise le citoyen responsable et qui fournit les assises solides depuis lesquelles les gens regardent autour d’eux pour voir ce qu’ils pourraient faire de plus, pour les autres et pour eux-mêmes. Voilà ce que nous appelons une société morale ; pas une société dans laquelle l’État est responsable de tout et personne n’est responsable de l’État. »

17. « Une fois que vous avez mis dans la tête des gens que tout peut être fait par l’État, et que c’est d’une certaine manière un pis-aller ou même dégradant de le laisser faire à des personnes privées, alors vous commencez à priver les êtres humains d’une des composantes essentielles de l’humanité – la responsabilité morale individuelle. Vous allez, de fait, tarir en eux la source de la gentillesse humaine. Si vous permettez aux gens de transférer toute leur responsabilité personnelle à l’État, le moment viendra – et c’est vraiment pour bientôt – où ce que le contribuable sera disposé à fournir pour le bien de l’humanité s’avèrera être beaucoup moins que ce que l’individu était disposé à donner par amour pour son prochain. Alors ne soyez pas tentés de confondre la vertu avec le collectivisme. Je me demande si les services de l’État auraient fait autant pour l’homme tombé dans le fossé que ce que le bon samaritain a fait pour lui ? »

18. « Le capitalisme populaire, qui est l’expression économique de la liberté, se révèle être un moyen bien plus séduisant pour diffuser le pouvoir dans notre société.  Les socialistes crient « le pouvoir au peuple » et lèvent le poing serré en disant cela.  Nous savons tous ce que cela signifie vraiment – le pouvoir sur le peuple, le pouvoir à l’État. Pour nous les conservateurs, le capitalisme populaire ne ment pas : le pouvoir par la propriété à l’homme et la femme de la rue, donné avec confiance et la main ouverte. »

19. « Je pense que nous avons traversé une période où trop d’enfants et d’adultes  ont été bercé de « j’ai un problème, c’est le boulot de l’administration de s’en occuper ! » ou encore « j’ai un problème, je vais demander une aide pour y faire face ! Je suis à la rue, l’administration doit me loger ! »  Et donc ils se déchargent de leur problème sur la société, et c’est qui, la société ? Cela n’existe pas ! Il n’y a que des individus hommes et femmes et des familles, l’État ne peut rien faire sans les gens et les gens s’occupent en priorité d’eux-mêmes. Il est de notre devoir de prendre soin de nous-mêmes et ensuite d’aider à prendre soin de notre voisin ; la vie est une affaire de réciprocité et les gens pensent beaucoup trop à leurs droits sans penser à leurs devoirs. La société, cela n’existe pas. Il existe une mosaïque vivante d’hommes et de femmes et de gens, et la beauté de cette mosaïque et la qualité de nos vies dépendent de combien chacun de nous est prêt à se prendre en charge, combien chacun de nous est prêt à regarder autour de lui pour aider par ses propres forces ceux qui sont dans le malheur. »

20. « Je suis partie en campagne pour détruire le socialisme parce que je sentais qu’il était en opposition avec le caractère du peuple. Nous avons été le premier pays au monde à faire reculer les frontières du socialisme, et ensuite à faire avancer les frontières de la liberté. Nous avons récupéré notre héritage ; nous le renouvelons et nous le prolongeons. »

04 février, 2022

Le secret de la paix et de la prospérité selon la plus ancienne république du monde

 Par Lawrence W. Reed.

Un seul pays au monde peut se vanter d’avoir davantage de voitures que d’habitants à l’intérieur de ses frontières – une augmentation stupéfiante de 25 %, selon les statistiques les plus récentes.

Pouvez-vous deviner de quel pays il s’agit ? Je vais vous donner quelques indices supplémentaires…

Le PIB par habitant de cette fascinante enclave est l’un des plus élevés de la planète, presque aussi élevé que celui des États-Unis. Elle prétend, de manière crédible, abriter le plus ancien État souverain existant ainsi que la plus ancienne république constitutionnelle. Pendant la majeure partie de ses 17 siècles d’existence, elle a été l’un des pays les plus libres et les plus tolérants du monde.

Rappelant la République romaine d’il y a plus de deux millénaires, ce pays a non pas un, mais deux chefs d’État. Ils sont élus par l’assemblée législative, sont égaux dans leurs pouvoirs plutôt limités et sont soumis à la limite de mandat la plus stricte au monde. Les remplaçants sont élus tous les six mois. Plus de femmes ont été chefs d’État dans ce pays que dans n’importe quel autre.

Lors des Jeux olympiques d’été de 2020 à Tokyo, deux athlètes de cette nation ont remporté des médailles de bronze et d’argent, devenant ainsi le plus petit pays à marquer des points dans les compétitions cette année-là.

Le pays auquel je fais référence est… (roulement de tambour) – San Marino pour les Italiens, Saint-Marin pour les francophones !

Son nom officiel est la République très sereine de Saint-Marin. Elle ne compte que 61,19 km2 et environ 33 000 habitants. Je l’ai traversée en voiture il y a quelques années en moins d’une heure, y compris un arrêt pour un café et un souvenir. Enclavée et entourée par l’Italie, elle est située sur les pentes du Monte Titano (mont Titan) dans les Apennins, dans la partie nord-est de la péninsule italienne.

L’histoire de Saint-Marin

Saint-Marin tire son nom d’un tailleur de pierre chrétien nommé Marinus, né en Croatie en 275 après J.-C. Alors qu’il travaillait dans la ville italienne de Rimini à l’âge de 20 ans, ses prédications occasionnelles ont attiré l’attention des autorités romaines païennes. Il a été contraint de fuir et s’est réfugié au sommet du mont Titan. Pendant qu’il s’y cachait, il a formé une chapelle et a fini par construire un monastère. À l’époque, le mont était une propriété privée (d’une femme de la ville voisine de Rimini), qui finit par en faire cadeau à Marinus. Il a déclaré l’État indépendant le 3 septembre 301 de notre ère et, à ce jour, la fondation du pays est célébrée chaque année à cette date.

Étonnamment, Marinus et sa minuscule république ont survécu à la grande persécution (des chrétiens) de l’empereur romain Dioclétien, dont le règne a pris fin en 305. Marinus a non seulement survécu à la décriminalisation du christianisme par l’empereur Constantin en 313, mais il a survécu à Dioclétien de plus d’un demi-siècle, mourant en 366 à l’âge avancé de 91 ans.

Le célèbre explorateur, archéologue et historien anglais James Theodore Bent a écrit un livre sur Saint-Marin en 1879 qui portait le titre provocateur de A Freak of Freedom. Il révèle que lorsque Marinus et un ami se sont installés sur la montagne, « ils ont planté une croix au sommet du rocher, sur laquelle était inscrit le seul mot « liberté », et se sont taillé des lits en dessous, que l’on peut voir encore aujourd’hui derrière le maître-autel d’une petite église consacrée à leur protection…« .

Mille ans plus tard, le pape Boniface VIII dépêcha un émissaire pour en savoir plus sur cette curieuse parcelle de territoire appelée Saint-Marin. Bent raconte que lorsque l’émissaire demanda aux Saint-Marinais ce qu’ils entendaient par la « liberté » qu’ils proclamaient si fièrement, on lui répondit ce qui suit :

Les hommes s’appartiennent parce qu’ils ne doivent hommage à personne parmi eux, mais seulement au Maître de toutes choses.

C’est sous le pontificat de Boniface VIII (1294-1303) que Saint-Marin a été condamné à deux reprises à payer un tribut à l’Église catholique. Si le pays avait eu un roi, peut-être aurait-il craché l’argent comme tant d’autres monarques de l’époque étaient heureux de le faire. Mais les républicains de Saint-Marin ont refusé de payer. Les représentants de l’Église ont fait marche arrière les deux fois. Bent écrit :

Au fur et à mesure que la prospérité augmentait sous l’atmosphère bienveillante de la liberté de nombreux regards envieux se tournaient vers le mont Titan.

Par deux fois, l’indépendance de longue date du pays est brièvement interrompue. Les forces de Cesare Borgia, fils du pape Alexandre VI, ont envahi et occupé Saint-Marin pendant six mois en 1503. Le successeur de son père, le pape Jules II, a ordonné à Borgia de partir et de laisser la petite enclave tranquille. Lorsqu’un autre seigneur de guerre cupide a occupé Saint-Marin en octobre 1739, le pape Clément XII a forcé son expulsion quatre mois plus tard.

Napoléon Bonaparte a menacé d’envahir le pays à la fin des années 1790, mais il a été dissuadé par l’un des deux principaux hommes politiques de Saint-Marin (les consuls coéquipiers connus sous le nom de capitaines-régents). Le dictateur français a même proposé d’étendre le territoire de Saint-Marin à l’Adriatique, mais la république a poliment refusé. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce petit pays est si apprécié dans la région. Il s’occupe de ses propres affaires.

Une autre raison est son rôle de refuge pour les opprimés. Il a accueilli de nombreuses personnes en danger lors des conflits liés à l’unification de l’Italie au XIXe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a ouvert ses portes à 100 000 réfugiés, un chiffre plusieurs fois supérieur à celui de sa propre population.

Saint-Marin n’est pas membre de l’Union européenne, bien qu’il partage une frontière ouverte avec l’UE et utilise l’euro comme monnaie. Une proposition d’adhésion à l’UE a été présentée lors d’un référendum national en 2013. Il a échoué en raison d’un taux de participation trop faible pour atteindre le quorum requis de 32 %.

Aujourd’hui, le taux d’imposition des sociétés du pays est inférieur à celui de l’Italie et à la moyenne de l’UE, ce qui en fait un paradis pour les entreprises européennes. En outre, le taux d’imposition des plus-values n’est que de 5 %, soit un tiers du taux américain. Dans l’indice « Ease of Doing Business » de la Banque mondiale, Saint-Marin se classe en moyenne à la 92e place sur les 190 pays classés. Son économie est dominée par la finance, l’industrie manufacturière et le tourisme. C’est un pays très convivial et accueillant.

Le rapport 2021 Freedom in the World de Freedom House félicite Saint-Marin pour sa protection des droits fondamentaux, notamment la liberté de culte et de réunion, la propriété privée et la presse, mais souligne la nécessité de lutter contre la corruption dans le système judiciaire. Freedom House classe Saint-Marin au 12e rang des pays les plus libres du monde.

Regardez cette fascinante vidéo d’une demi-heure (ci-dessus) sur le lieu et vous verrez non seulement de magnifiques paysages de Saint-Marin, mais vous apprendrez aussi l’existence d’une mafia locale du pain qui a utilisé ses relations politiques pour escroquer les contribuables avant d’être démantelée.

Félicitations à Saint-Marin -une république libre durable, un endroit où les gens vivent et laissent vivre. Ils le font depuis plus longtemps que n’importe quelle autre nation sur la planète. Inscrivez-moi pour être le prochain ambassadeur américain à Saint Marin, s’il vous plaît. Je le ferai gratuitement.

02 février, 2022

Pourquoi la séparation de la banque et de l’État est si importante

 Par Lawrence W. Reed.

La plupart des amoureux de la liberté et des marchés libres défendent la séparation de l’État (politique et politiciens) de beaucoup de choses – l’église, la famille, les affaires, l’éducation, etc. Peut-être que si la Constitution des États-Unis avait expressément interdit la création par le gouvernement fédéral d’une banque nationale, les Américains auraient été épargnés des méfaits sans fin de ses diverses itérations dans notre histoire.

Peut-être que si la création monétaire de la Réserve fédérale continue à alimenter l’inflation des prix, les vieux débats sur la séparation de l’État et des banques reviendront sur le devant de la scène. Pour ma part, je l’espère.

En attendant, il peut être instructif d’explorer ce que l’histoire nous offre sur la question des États et des banques. Voici une histoire que vous ne connaissez peut-être pas car, malheureusement, elle est largement oubliée. C’est une histoire de séparation de l’État et des banques si remarquable et si complète qu’elle mérite d’être dépoussiérée et racontée à nouveau.

Le pays était la République de Gênes, connue également sous le nom de République ligure, dans ce qui est aujourd’hui le nord-ouest de l’Italie. À la fin du Moyen Âge et avant l’unification de l’Italie au XIXe siècle, Gênes était l’une des plus fascinantes des nombreuses « républiques maritimes » qui jalonnaient la Méditerranée. Les autres étaient Venise, Pise, Amalfi, Ancône, Gaète et, de l’autre côté de l’Adriatique, l’incroyable République de Raguse.

La République de Gênes est très intéressante, mais en tant qu’économiste et historien du marché libre, je trouve qu’une institution financière située dans ses frontières l’est bien plus. Elle était connue sous le nom de Bank of St. George (l’Office de Saint Georges). Considérez cette description étonnante tirée du livre de James Theodore Bent, Genoa : How the Republic Rose and Fell, publié en 1881 :

L’Office de Saint Georges, sa constitution, son bâtiment et son histoire constituent l’un des vestiges les plus intéressants de l’activité commerciale médiévale… Ailleurs qu’à Gênes, nous cherchons en vain un parallèle avec l’existence d’un corps de citoyens distinct du gouvernement – avec ses propres lois, ses magistrats et son autorité indépendante – un État dans un État, une république dans une république. Tous les rapports avec le gouvernement étaient volontaires de la part de la banque. Sur leurs délibérations [de la banque], le gouvernement et les sénateurs génois ne pouvaient exercer aucune influence, ni interférer avec leurs assemblées générales sans violer les serments les plus stricts, et sans détruire la base même de la constitution.

La fondation officielle de la banque a eu lieu en 1407, lorsqu’elle a pris son nom et que son statut d’entité indépendante – essentiellement un État dans l’État – a été établi. Mais pendant les deux siècles précédents, ce qui est devenu l’Office de Saint Georges était une fédération peu structurée d’hommes d’affaires et de créanciers qui jouissaient d’un grand respect de la part des Génois. En effet, en 1371, l’un d’entre eux a renfloué l’État et le pays par un don généreux. Bent explique le contexte :

À cette époque, la détresse était si grande que le gouvernement en était réduit à imposer des taxes sur certaines des choses les plus scandaleuses, comme les cadavres, etc. Aucune possession, aucune industrie, aucun trafic n’était exempt de taxes ; les charrettes de sable et d’ordures ne pouvaient être emportées sans taxe ; un homme ne pouvait même pas balayer la neige sur le pas de sa porte sans payer… À ce moment critique, un homme digne de ce nom s’est avancé pour sauver son pays, un nom presque perdu pour l’histoire [mais] revendiquant des mérites bien plus élevés en tant qu’homme d’État et patriote que beaucoup de ceux dont la vie a réclamé des volumes.

Cet homme était un certain Francesco Vivaldi, un homme d’affaires et prêteur d’argent très prospère et riche. Voyant Gênes et son gouvernement endettés et au bord de la faillite, Vivaldi a fait don de ses actions bancaires au trésor public à condition que leur valeur soit utilisée pour assainir les finances du gouvernement et réduire la dette et les impôts. Cela a fonctionné. Le don de Vivaldi a inspiré la confiance et une générosité similaire de la part d’autres personnes à Gênes.

Lorsque l’Office de Saint Georges a été officiellement ouverte en 1407, c’était dans un contexte de reconnaissance publique de ce que les dirigeants de son précurseur avaient fait pour Gênes plus de 30 ans auparavant, ainsi que de la nécessité, une fois de plus, que quelqu’un vienne renflouer l’État. La banque allait s’avérer être le fondement des 400 années suivantes de commerce, de prospérité et d’empire génois. Bent observe,

Le gouvernement de Gênes a toujours respecté les libertés de la banque, et la banque a toujours fait de son mieux pour aider le gouvernement en cas de détresse pécuniaire. Et tandis que l’État était convulsé par des révolutions continues de l’intérieur et des tyrannies de l’extérieur, l’Office de Saint Georges a toujours gardé un cap égal, n’a jamais dévié de ses voies de justice, a grandi en richesse et en crédit – bref, a été le cœur de la République ligure (génoise).

À plusieurs reprises, lorsque le gouvernement de la République s’est retrouvé en grande difficulté financière, il a utilisé ses possessions d’outre-mer comme garantie pour des prêts de la banque. Pendant des années ensuite, la banque a gouverné ces territoires jusqu’à ce que la République paie ses dettes.

La gestion et les pratiques de prêt de la banque étaient solides. Bent note, par exemple, qu’elle « n’émettait que du papier pour les pièces qu’elle possédait réellement ». L’inflation n’a jamais été un problème tant que l’Office de Saint Georges existait. Pour renforcer son indépendance, elle adopte en 1528 une politique selon laquelle aucune personne ayant servi dans le gouvernement génois ne peut occuper de poste au sein de la banque.

L’Office de Saint Georges et l’un de ses directeurs, Benedetto Centurione, ont ouvert la voie à des siècles de croissance économique lorsqu’ils ont recommandé, en 1447, que les partenaires commerciaux européens adoptent un étalon-or pour les transactions internationales.

En 1768, le gouvernement de la République de Gênes a vendu son île de Corse à la France. Quelques mois plus tard, un garçon nommé Napoléon Bonaparte est né sur l’île. Si sa naissance avait eu lieu alors que la Corse était génoise, il ne serait peut-être jamais devenu citoyen français, et encore moins empereur de France. Quelle ironie que ce soit un Napoléon envahisseur qui mette l’Office de Saint Georges en faillite en 1805. Pour un tyran qui veut tout contrôler, une banque privée qui refuse de lui donner de l’argent est une gêne constante.

Des personnalités historiques que la plupart des amoureux de la liberté reconnaîtront attestent de l’excellente réputation de l’Office de Saint Georges.

Thomas Babington Macauley, dans son History of England, la mentionne en ces termes élogieux, ainsi que la Bank of Amsterdam de la Hollande :

Les immenses richesses dont disposaient ces établissements, la confiance qu’ils inspiraient, la prospérité qu’ils avaient créée, leur stabilité, mise à l’épreuve par les paniques, les guerres, les révolutions et qui s’est révélée à l’épreuve de tous, étaient des sujets de prédilection. L’Office de Saint Georges avait presque achevé son troisième siècle. Elle avait commencé à recevoir des dépôts et à faire des prêts avant que Colomb eût traversé l’Atlantique, avant que Gama eût tourné le Cap, quand un empereur chrétien régnait à Constantinople, quand un sultan mahométan régnait à Grenade, quand Florence était une République, quand la Hollande obéissait à un prince héréditaire.

Le philosophe écossais des Lumières David Hume, dans Essays : Moral, Political, and Literary, a noté le contraste frappant entre l’Office indépendante de Saint-Georges de Gênes et le gouvernement de la République de Gênes :

Car tandis que l’État était toujours plein de séditions, de tumultes et de désordres, l’Office de Saint Georges, qui était devenue une partie considérable du peuple, a été dirigée, pendant plusieurs âges, avec la plus grande intégrité et sagesse.

Même le philosophe italien Niccolò Machiavelli a fait l’éloge de l’Office de Saint Georges. Il la mentionne dans Istorie Fiorentine :

Cet établissement présente un exemple de ce que dans toutes les républiques, décrites ou imaginées par les philosophes, on n’a jamais pensé à faire : exposer dans la même communauté, et parmi les mêmes citoyens, la liberté et la tyrannie, l’intégrité et la corruption, la justice et l’injustice. Car cet établissement préserve dans la ville de nombreuses coutumes anciennes et vénérables ; et s’il arrive (comme cela peut facilement arriver avec le temps) que la [Banque de] San Giorgio prenne possession de toute la ville, la république deviendra plus distinguée que celle de Venise.

En 2017, Matteo Salonia, de l’université de Liverpool, a rédigé un petit volume riche en informations, intitulé Genoa’s Freedom : Entrepreneurship, Republicanism and the Spanish Atlantic. Il attribue la liberté relative de la République au fonctionnement de la banque :

En effet, les Génois ont montré une tendance à limiter les effets perturbateurs des conflits entre factions et des dépenses publiques incontrôlées, afin de préserver leur idée dynamique, orientée vers les affaires et pragmatique de la libertà [liberté]. Ils y parviennent, du moins en partie, grâce à la création de l’Office de Saint Georges, une association unique de créanciers qui acquiert rapidement des pouvoirs politiques, fiscaux et diplomatiques.

La chute de Constantinople aux mains des Turcs ottomans en 1453 a sonné l’alarme dans toute l’Europe chrétienne. Pour les Génois, cela signifiait des pertes humaines et matérielles dans la région, ainsi qu’une menace imminente pour les colonies de la République en Méditerranée orientale et dans la mer Noire. La réaction des Génois pourrait vous surprendre. Comme l’explique Salonia,

Dans cette situation d’urgence, face à l’une des crises les plus dramatiques de l’histoire de la république, les Génois ont refusé de confier plus de ressources financières ou plus de pouvoir au doge [le personnage politique suprême]. L’idée de lever un impôt d’urgence ou de permettre au gouvernement d’emprunter plus d’argent n’a jamais effleuré l’esprit des Génois.

Les marchands engagés dans le commerce de la Méditerranée orientale, sous la direction de l’Office de Saint Georges qui finançait ce commerce, assumèrent la défense des colonies génoises menacées. Indépendamment du gouvernement, note Salonia, ils acceptèrent entre eux de « garantir l’argent nécessaire à la défense des colonies et de se charger des délicates relations diplomatiques. »

Cet épisode remarquable est une preuve supplémentaire de l’inclination génoise « à protéger l’État de droit, à limiter le pouvoir du doge, à créer une autonomie financière et à préserver la prospérité économique. » Peut-être sous-estimons-nous aujourd’hui la puissance de l’initiative privée dans le domaine important de la défense, souvent considéré comme le devoir monopolistique du gouvernement.

L’économiste Douglass C. North a écrit dans The Journal of Economic Perspectives en 1991 : « Un marché des capitaux implique la sécurité des droits de propriété dans le temps et n’évoluera tout simplement pas là où les dirigeants politiques peuvent saisir arbitrairement des actifs ou modifier radicalement leur valeur. » En imposant des limites au pouvoir des politiciens de Gênes, la Banque a effectivement assuré les conditions nécessaires à l’épanouissement d’un marché des capitaux.

Gênes devint ainsi l’un des plus importants prêteurs d’Europe et un lieu sûr où même les gouvernements européens pouvaient ouvrir des comptes et déposer des fonds. Parmi les clients de la banque figurent les monarques Ferdinand et Isabelle d’Espagne, qui empruntent à la banque pour financer des projets tels que les explorations du plus célèbre de tous les Génois, Christophe Colomb.

Peu avant de partir pour son quatrième voyage, Christophe Colomb a écrit une lettre aux gouverneurs de l’Office de Saint Georges. Son appréciation de leur bon travail était tout à fait évidente :

Bien que mon corps soit ici, mon cœur est toujours près de vous. Notre Seigneur m’a accordé la plus grande faveur qu’il ait jamais accordée à quelqu’un d’autre que David. Les résultats de mon entreprise se font déjà sentir et brilleraient considérablement si les ténèbres du gouvernement ne les dissimulaient pas. Je repartirai aux Indes au nom de la Sainte Trinité et j’en reviendrai bientôt. Mais comme je suis un mortel, j’ai ordonné à mon fils Don Diego de vous donner chaque année, pour toujours, le dixième de tous les revenus obtenus, en paiement de l’impôt sur le blé, le vin et les autres provisions.

L’Office de Saint Georges a supervisé les finances de la famille Colomb pendant des décennies jusqu’au XVIe siècle.

Qui peut se rappeler le nom d’un seul dirigeant politique de la République de Gênes ? Un nom, celui d’Andrea Doria, n’est retenu que par une poignée d’historiens. Mais le mandat d’un homme aussi sage et célèbre que Doria n’a été qu’un moment éphémère.

Pendant des siècles, l’influence et la prospérité extraordinaires de la minuscule République de Gênes n’ont pas été le fait d’un dirigeant politique, mais d’une banque privée bien gérée et des limites de l’État qu’elle a contribué à maintenir.

Et c’est un État étranger – celui du dictateur Napoléon Bonaparte – qui a mis fin à tout cela. Quelle honte !