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Vaut mieux en rire!

24 novembre, 2016

L’ART ET LA PENSÉE DE L’ART


Par Louise V. Labrecque

 

                                                                                                                
L’Art

Il est urgent de faire quelque chose, il est urgent de ne pas être prudent. L’art nous invite à aller plus loin dans la capacité de penser, à aller au-delà, à transgresser quelque peu, quitte à voir le doute s’installer, là, dans les sentiments, comme dans l’écriture.  Également, c’est aussi comme un personnage sympathique, la pensée de l’art, qui refuse de faire la guerre aux autres, qui choisit la désertion ou plutôt l’évasion.  Cependant, point de fuite, puisque la paix revenue, il réapparaît au grand jour. Ainsi, la pensée de l’art, c’est un chapitre aussi simple que l’amour, comme « la femme qu’il aima » le tout a une saveur d’espérance. C’est pourquoi nous aimons à en faire le thème principal de cet article, puis, plus tard, de ce livre. L’art vit avec nous de manière intime, il est emmitouflé, enraciné et fort. C’est par un pur hasard, parfois, que l’œuvre dépasse tout le reste, va plus loin, qu’elle se cache dans la nature, simple et juste, dans un isolement étrange, afin de fuir le monde, et cette guerre, qui n’est pas la sienne. En somme, l’art et la pensée de l’art, c’est l’appel d’un grand vide. Il faut que notre histoire commence là, me disais-je, car tous les jours nous pensons à la mort, à cause du cimetière, en face, et nous serions bien tentés de dire que toute cette nature, faite d’eau, de bois, de verdure, de fleurs, de neige, est aussi un peu comme une œuvre d’art. C’est l’appel de l’invisible, de l’espace infini, du grand vide, oui, c’est cela le mystère de l’art; il n’y a pas de mort, car nous y sommes dedans, dans une perpétuelle renaissance : la mort, pour traverser la vie. Nous n’avons ainsi pas peur de la mort, et de l’inconnu, après. Nous savons que nous sommes ignorants et dépassés.  L’ensemble marque un rapport très net aux arts et à la pensée de l’art,  comme un bon roman psychologique.

La Pensée de l’art

Il fallait choisir, dans un premier temps : l’art ou la pensée de ? Pour ce faire, il faut regarder du côté de ce qui ne change rien : l’art, comme nuit jamais froide.  Le regard ainsi est dehors, tout à fait absorbé à sa pensée ; on pense à tout hasard, et puis voilà qu’elle contient à elle seule  presque tous les fantômes, tous les morts-morts, en même temps que tous les morts-vivants, puis, les vivants-vivants. Nous ne sommes plus agrippés aux bacchanales, toutefois, ni aux prosélytismes et proxénétismes; nous dépassons l’état humain, trop humain.  La pensée de l’Art ainsi vécue est un espion naïf, qui s’adapte facilement, pas malheureux du tout, témoin de l’idéal de la faune sauvage parmi laquelle il vit ses jours; c’est une pensée qui inspire, pas comme un petit bonhomme bavard, mais comme les images de la vie. Bien sûr, chez un artiste comme Dumoux, peintre et graveur français trop méconnu encore, hélas, la rencontre entre la pensée de l’art et l’art lui-même est telle une balance, un équilibre parfait. Il faut visiter et s’attarder sur ses ateliers, via  son blog « Via Pictura « ,   afin de comprendre mieux. De la même manière,  il faut aller le visiter chez lui, assister à un de ses vernissages; il a exposé en France, sur les murs des vieilles églises romanes, dans des galeries, notamment à New-York.  Plusieurs autres artistes inspirent également fortement cette pensée,  toujours neuve.  Chez Boivert, par exemple, nous y avons vu là des œuvres dépassant le talent lui-même. À chaque fois que nous les revisitons, à nouveau, elles gagnent en sensibilité, en intensité, et en vérité; tous nos préjugés sur l’art se dissolvent alors peu à peu. Le génie ainsi s’exprime et lâche les ficelles, pour devenir une liberté définitive, au-delà des jouets de circonstances et parmi les autres œuvres, d’un moindre niveau, et qui font ce qu’elles peuvent.  De cette pensée de l’art, nous sommes loin des visions réductrices , tant le mouvement de la pensée est indissociable de l’ironie du sort; puis, il y a de l’atmosphère, quelque chose d’unique, comme le visage acétique du vieillard, devant le feu de la cheminée, un regard vaguement ailleurs et d’une intensité claire, émouvante. C’est qu’il est ouvert sur un rêve, une contemplation perpétuelle, une inspiration à la fois euphorique et calme, et qu’il livre, d’une voix confidentielle, et dans le menu détail. Pour en révéler un peu le secret, il faut aborder l’aspect technique, puisqu’il s’agit, par exemple chez Dumoux, d’un travail ancestral : les pigments colorés sont puisés à même la nature, et sont liés, puis fixés avec l'oeuf (le blanc et le jaune), comme liant. C'est très important car ce sont les bases de toute l'Histoire de la peinture Occidentale et de la Renaissance, en particulier chez Botticelli et Mantegna. Pour ce qui est de la toile, comme telle, il s'agit de colle de peau, en somme de la colle extraite des peaux de lapin, ou ce que l'on appelle la gélatine, pour encoller tous les supports de papier de toiles ou de bois, avant de peindre. C'est la colle « miracle » de toute la peinture, de toutes les préparations jusqu'au 19iéme siècle, début 20iéme. Bref, nous vous parlons de la colle de tous les manuscrits, de tous les retables et tableaux, des plus anciens, jusqu'aux impressionnistes. Pouvez-vous ainsi imaginer le travail laborieux, véritable « travail de moine », colossal, que cela représente ? À côté d’un ouvrage aussi précieux et rigoureux, toutes les autres œuvres des artistes plus ou moins patentés paraissent un merveilleux mensonge. Ainsi, comment expliquer tant d’indifférence face à cet artiste grandiose, qui détone, qui ne rassure pas, et questionne le passé, le présent et l’avenir, dans une majestueuse Fresque de l’Humanité en peinture ?  Cela renvoie aussi au mépris, ces voleurs d’intérêt, triple facette d’une même face, qui trouveront acceptable une telle absence de reconnaissance, notamment parce que l’Histoire abonde de cas de figures célèbres, allant dans ce continuum, tant chez les peintres, les écrivains, les poètes, que les compositeurs de musique classique, qui furent bafoués, répudiés, de leurs vivants, mais connurent tous, sans exception, la gloire de la célébrité, de manière posthume. Est-ce normal, d’après vous, un tel état de fait ? Comment ne pas crier au scandale et à l’injustice, comment ne pas remettre en question le sérieux du monde, notamment du monde l’art,  et la lâcheté des élites, voire de la population, dont la bêtise et la médiocrité semblent faire loi. Sans parler des artistes sans scrupule, vicieux, qui aiment à se vendre au plus offrant. Oui, ces œuvres  passeront à n’en point douter un jour à l’Histoire, certes, mais en attendant, puisque son élection n’est pas survenue, encore, à ce jour, nous nous rangeons, pleins de tendresse, du côté de la force tranquille. Nous savons à qui nous avons affaire : des artistes de génie, vivant souvent de manière frugale, parfois dans la campagne profonde, avec de vieilles granges délabrées, sans chauffage, en guise d’ateliers. Tout le reste n’est que littérature. Qu’importe cette chose obscène que le mépris, cette petitesse sans nom que l’indifférence; qu’importe que le matin, s’ils mangent, puis qu’ils évacuent, tous ces bonzes satisfaits, oui, c’est simple comme bonjour: le talent, il est là, et quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils disent,  l’œuvre, elle est là, plus forte, plus vivante, que tous les anciens mensonges.  Ainsi, la pensée de l’art est naturellement salvatrice, non seulement pour l’artiste et pour la muse,- les deux se confondant-, mais pour la somme des parties : l’art lui-même, et, par extension, à toute la société du spectacle. Ainsi, sans faire de bruit, l’œuvre « marche », elle avance, tranquillement, un pas devant l’autre, vers sa destinée glorieuse. De la même manière, l’artiste n’est point touché par cette non-reconnaissance, non pas qu’il s’y soit habitué, mais il a pris le temps de mûrir son œuvre, et sa muse « pour tous les goûts » a aussi compris le but de la littérature, en découlant. Après, elle pourra révéler aux autres des messages inspirants, étoile splendide, guidant les peuples. Si d’aventures, plus folle encore que la précédente, vous savez que la haine, ce faux mépris, sera toujours au rendez-vous, refermez pour un temps vos cahiers et vos chevalets et répétez après moi : il y a de la grâce chez tous les êtres. Un jour, ceux-ci seront également touchés. Le vrai talent, c’est aussi le don de faire partager ses chefs-d’oeuvres, en  temps et lieu, sans contraintes; c’est à cela que l’on reconnaît, dans tous les domaines, l’artiste noble.

Ainsi, je n’en reviens pas de ce projet de livre d’art, et, même, dans une moindre mesure, de cet article, lequel exprime bien sûr des évidences, comme des bonjour/comment ça va; les gens, surtout, ils ne veulent pas vraiment savoir, pourtant cela devrait être simple, au fond, la reconnaissance, surtout celle d’une œuvre de génie, que cela soit en art pictural, en littérature, en musique, mais nous avons trop bonne conscience devant le malheur des autres. Il nous faudrait pourtant pouvoir raisonner devant la déchéance humaine, ou pour le dire autrement,  l’absence de génie, la vulgarité, la bêtise.  Les machines répondent aux machines. Il nous faut regarder contre les œuvres, afin de voir vivre les personnages, les paysages, les formes (ou l’absence de formes) et les couleurs (ou l’absence de couleurs), à l’intérieur, puis, à l’extérieur; les transposer au dehors, ensuite, jusqu’à se l’enfoncer sur les épaules afin de la porter vers son futur d’artiste, et, pourquoi pas comme d’un idéal social, éthique, voire même, politique. Moi, je suis du côté de Foviolain, d’Ignace  et de Juvu.  Et puis, comme tous les artistes, nous laissons d’innombrables éléments dans l’ombre. Cela est vrai en art, comme dans la vie. Par exemple, je n’ai pas lu Joe Carbone, je l’achèterai demain, plus tard, peut-être, mais, je le lirai pour mon plaisir. C’est cela, l’essence de la pensée de l’art. Pareillement, sa violence, à l’artiste, elle lui paraît généreuse; elle raconte tout ceci avec une verve et un appétit; ainsi, les voleurs d’intérêt, avec le plaisir et l’esprit créateur, deviennent le trio rocambolesque et passionnant. Et puis, toujours ce besoin de créer, comme pour sauver notre monde; en effet, il nous semble bien qu’il existera toujours, ce peintre génial, cet écrivain inspiré et inspirant,  ce musicien sympathique, l’enfant doué qui ira loin, très loin. Celui qui sait regarder, libre, a  l’imagination sérieuse et qui comprends le langage de la Grâce. Et, nous le suivons, comme on suit l’étoile. Avec Juvus, nous nous gavons d’œufs, avec Foviolain, nous voulons le venger, notamment de toutes ces insultes gratuites, odieuses, vulgaires, et sans fondement; je répète : un artiste  est un homme bienveillant et aimant,  qui comprends qu’il y a de la grâce chez tous les êtres. Il y a donc quelque chose d’obscène, de répugnantissime, à cette faune curieuse de tout et de rien, ramenant tout à soi, incapables d’avoir l’œil véritablement ouvert, et cela sans parler du cœur. Ainsi, aucune parcelle de génie possible chez ces grands et petits bourrues ; ils sont méchants, car laids et la remontrance sans humour et tendresse est tout ce dont ils sont capables. Une caresse dans les cheveux ? N’y pensez même pas. Toute beauté chez eux est comme un vieux monsieur disgracié et qui ne pèse pas lourd dans la société. C’est une tragédie personnelle.


La  Langue

La langue est un outil. L’art lui-même un matériau de celle-ci, elle dépasse l’imaginaire. Nous sommes du même pays, dans la création. Il disait « Mon Pays, c’est la Vie »; j’ai une vision du monde déformée, comme de tout le monde;  l’artiste transforme, en la remettant encore plus déformée, à sa manière. C’est cela, l’imaginaire. Certes, j’aime beaucoup la langue : c’est la forme naturelle de l’écrivain.  Elle se dit « bien contente », la langue,  lorsqu’elle ne s’impose pas avec autorité, lorsqu’elle est maternelle.  C’est là, d’ailleurs, que l’artiste s’attache, à l’intérieur, à son spectacle.  Il n’offre pas de vérité, il est comme elle : ils luttent contre le fait qu’on avale les vérités de tout le monde. Ainsi, l’art possède son propre message, et invite, par son langage propre, à l’autonomie de son propre message.  C’est une initiative d’autonomie, à travers le comique, cette peinture des relations humaines. Nous ne sommes pas modernes, ainsi, la langue est comme le marbre du sculpteur. Nous avons l’apparence de souplesse, notre époque-robot offre des modèles sociaux trop violents et autres modèles de pancartes; du futile. Ainsi, l’artiste s’attache, je répète, à l’intérieur du spectacle. C’est pourquoi la langue est tellement importante : elle est la trame de fond. Nous n’allons pas contaminer l’œuvre qui se dessine avec les questions politiques ; l’histoire, les personnages, les couleurs, mais…. la modernité ? Nous n’en sommes pas.  Ainsi,  je préfère me dire à moi-même : « je suis sortie marcher dans les rues paisibles et calmes, un dimanche matin; je me suis arrêtée à la terrasse fleurie d’un café, et j’ai été éblouie par le soleil. »  Nous ne voulons pas de camarades, nous ne voulons pas les salons de la bassesse, notre langue appelle à un renouvellement, en même temps que nous souhaitons retrouver demain, du pain sur la table. Nous sommes attachés au passé car les ressemblances sont remarquables avec notre aujourd’hui. L’artiste ne souhaite pas être différent, mais il l’est, c’est comme ça. Il n’a pas décidé qu’il nous fallait une littérature typique, son engagement n’est pas volontaire, il n’a pas subi d’influence, il n’a fait que remarqué les ressemblances. L’artiste ne fait pas exprès de créer, tout son être s’y retrouve, sa pensée prend un risque énorme, mais c’est comme pour l’amour.  Parfois, on ne sait pas trop bien où se situe la frontière du rêve, tant la réalité amoureuse, merveilleuse, de l’art et la pensée de l’art,  lui suffit; par exemple, souvent, je rêve d’un ballon rouge. Je ne sais pas ce qu’il vient faire là, dans mon imaginaire, je ne sais pas, comme l’étranger, ses préoccupations et ses intérêts. Ce sont les impressions du moment, qui me font craindre de perdre cette liberté, celle du ballon, apte à s’élever dans l’air; c’est presque impossible de ne pas être pris par l’histoire qui s’écrit, la toile qui se peint, l’œuvre en question : s’y prendre, c’est un peu comme perdre sa liberté, parce qu’il faut savoir se détacher soi-même, s’effacer devant l’œuvre, ses personnages, ses couleurs, sa vie fulgurante. Cela exige une espèce d’humilité. Ainsi, pour protéger son intégrité, le peintre peint des toiles, comme d’autres écrivent des fables, comme d’autres font de la politique ou des affaires.  C’est un homme talentueux, très sérieux, aussi un artiste qui produit beaucoup et semble avoir en main tous les arguments pour y arriver; or, il n’y arrive pas. C’est qu’il est, comme ce mal de notre siècle qu’est la modernité, en contradiction face aux grilles d’analyse et les visions étroites du monde de l’art. Ce n’est pas un scandale nécessaire, il lutte lui aussi contre le fait qu’on avale les vérités de tout le monde. Cela est faux de dire que c’est un problème sporadique, car ils agissent sur le thème de la désaliénation de l’individu; un artiste, par définition, se passe de toutes définitions.  Alors, le ballon rouge n’est peut-être pas rouge, mais bleu, jaune, ou vert. Il est peut-être tout blanc, noir,  mais… quoi qu’il en soit, l’artiste le sait : il est transparent, et de par toutes ces couches de transparence, il est encore, de plus en plus, transparent.  La vie, la mort, l’art et la pensée de l’art : nous sommes intarissables. L’art, c’est quelque chose d’agréable; il n’y a aucune vérité qui soit indispensable. Ainsi, la langue devient essentiellement elle-même.  Comme vous le savez, j’aime écrire; d’ailleurs, je goûte de la lecture, comme vous le faites vous aussi en ce moment, les yeux posés sur les mots. Ainsi,  j’ai le souvenir de « la maudite galette » (1970-1971), de Denys Arcand, qui laisse deviner ce genre de liberté, une plénitude de la langue, de l’art et de la pensée de l’art. Même et/ou malgré notre monde actuel, je pense également au bon père Ernest Gagnon, ce professeur-animateur remarquable. Ce sont eux, avec Dumoux, avec Boisvert, et plusieurs autres, qui marquent le mieux le monde actuel de l’art global. Il disait, le père Gagnon : « un esprit ouvert est celui qui favorise l’épanouissement de ses élèves « ; ainsi, l’artiste élabore une méthode de travail où l’histoire attend d’être écrite. Ce moment inouï, sublime, où cette (sur)impuissance et cette souffrance infinie, n’est plus, cela même si l’œuvre, l’histoire, l’art et la pensée de l’art ne s’en est jamais remis; l’artiste, lui, s’en remets toujours, bien qu’il puisse parfois avoir horreur de cela.  Bref, le génie ne suffit pas, c’est une discipline attentive, comme Balzac, lequel peaufinait rigoureusement son plan, avant d’écrire, à tous les jours. Nous ne parlons pas ici d’écriture automatique ou alimentaire, du désir de durer, du refus de mourir, de la peur de vivre; pas besoin de cadre. C’est ainsi : ça vient d’une traite, souvent, l’inspiration, il y a de ces hasards, comme ce livre sur l’art, qui vit encore, actuellement, en bonne partie, dans un autre monde. J’ai parfois du mal à m’exprimer, ainsi je préfère écrire,  c’est plus facile. Bientôt, vous en aurez la suite, car il est beau le temps de l’écriture. Si le juste mot m’échappe, cela n’est pas grave, car j’y reviendrai après. Vous avez pu me lire jusqu’ici, cela servira donc à réfléchir ensemble. Nous sommes maintenant toutes et tous liés dans cette pensée de l’art. Soyez bienvenue dans cette cité nouvelle, la Cité de l’Énergie ! C’est vrai que le soir, en me couchant, j’aurai désormais une pensée pour vous, ma chambre orientée vers l’ouest. Que vois-je ? Il faut que l’image devienne aussi nette qu’une photographie. Oui, il faut lire cette œuvre tout d’un trait. C’est aussi comme une berceuse, la pensée de l’art, qui semble vouloir se manifester en témoin des ambivalences humaines. Elle ne lutte pas, non, ce n’est pas cela, malgré les apparences; elle ignore tout de cette lutte intérieure, elle ne cherche pas de « pourquoi » ou de « pour qui » écrire. Seul l’art « ici et maintenant » force le retour sur soi, sur la critique, sans sortir de son contexte, avec sincérité, sans faire de différences essentielles, entre les manifestations de la langue et celles de l’élan de création. C’est de l’artisanat, en somme. De la même manière, tout le monde aurait pu, nous semble t’il, être peintre, auteur ou sculpteur; et cette pensée, très franchement, fait chaud au cœur.


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