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23 février, 2015

« Changer Bercy pour changer la France » de Bernard Zimmern

Bernard Zimmern montre, chiffres à l’appui, l’imposture de l’idéologie égalitariste.

Revue de livre par Francis Richard

Bernard Zimmern, avec l’assistance de Dominique Mercier et Valérie Pascale, vient de publier un livre à contre-courant des économistes en vogue, des égalitaristes tels que Joseph Stiglitz ou Thomas Piketty, qui, obsédés par la chasse aux inégalités, ne comprennent rien au processus de création de richesses et induisent en erreur ceux qui se laissent séduire par leurs thèses basées sur l’envie.
Pour ces prétendus économistes, le riche, surtout américain, voilà l’ennemi, surtout le très riche, et, davantage encore, le très très riche, qui serait un rentier, un profiteur des richesses créées par d’autres. Or, manque de chance, ces très très riches, ces milliardaires américains, sont en grande proportion des entrepreneurs dont les aïeuls étaient pauvres ou sans fortune notable.
Bernard Zimmern montre, chiffres à l’appui, l’imposture de ces prétendus économistes. En effet ils voient que la croissance des revenus des très riches est plus rapide que la moyenne, mais ne voient pas que ce sont ces très riches qui font la croissance en créant des richesses et des emplois.
Ces prétendus économistes ne voient pas non plus que, si la croissance est toujours plus forte aux États-Unis qu’en Europe et que le chômage y est moindre, c’est qu’aux États-Unis il y a davantage de milliardaires en proportion qu’en Europe, et que ces milliardaires y sont, en outre, en plus grande proportion des entrepreneurs.
Ceux qui créent le plus d’emplois, ce sont toutefois les millionnaires, donc les très riches, qui, aux trois quarts, sont des entrepreneurs individuels et représentent plus de la moitié de la fortune industrielle et de l’investissement américains. Parce que ces entrepreneurs, qui risquent leur fortune personnelle, sont mis à l’index par l’administration Obama, et menacés par les dirigeants démocrates, et parce qu’ils sont écoeurés, la reprise américaine est plus lente et plus hésitante qu’elle n’aurait pu l’être…
Vous avez dit risque ? « Le concept de risque est totalement étranger à des professeurs d’université dont la paie est assurée jusqu’à la fin de leurs jours. » C’est pourtant le risque, souvent considérable, que prennent les entrepreneurs qui fait la force d’une économie et qui peut être aussi bien à l’origine de leur fortune que de leur chute. Quand ces prétendus économistes parlent de justice sociale, ils oublient justement le risque pris par les entrepreneurs, qui se traduit pour eux par une plus grande instabilité de revenu que celle d’un salarié : un entrepreneur a certes plus de chances qu’un salarié de grimper l’échelle des revenus, mais il a aussi plus de chances de la dégringoler.

Qui sont-ils ces économistes, ces égalitaristes ? Ils sont tous fonctionnaires : « Ils réalisent le rêve de tout fonctionnaire : appartenir au secteur public et conserver la garantie de l’emploi, mais avec les avantages du secteur privé. »…

Si ces égalitaristes promeuvent la redistribution, celle-ci n’améliore pas pour autant réellement les conditions d’existence des plus pauvres et des plus déshérités. Ils n’en perçoivent qu’une partie en espèces, tandis qu’une petite minorité, appartenant au secteur public, perçoit la plus grande partie de la redistribution en nature…
Pour étayer leurs propos sur les inégalités croissantes en France, ces égalitaristes trichent avec les statistiques et ne retiennent que les éléments qui vont dans le sens de leurs thèses. Ainsi ils ne tiennent pas compte par exemple dans l’évolution des revenus de la redistribution, ou ils y intègrent au contraire les bénéfices non distribués. Quand ces égalitaristes font des comparaisons de patrimoine, ils ne prennent pas en compte l’âge des détenteurs, de même qu’ils ne tiennent pas compte des capitaux correspondant aux rentes de retraites versées ou des autres prestations sociales perçues, lesquelles réduisent pourtant les inégalités entre riches et pauvres.
Il n’est pas besoin d’être Einstein pour comprendre qu’en démocratie les voix des pauvres sont plus nombreuses que celles des riches et qu’en conséquence la redistribution sous forme d’avantages en espèces ou en nature, est le moyen le plus efficace pour se faire une clientèle électorale. La redistribution est aussi un alibi moral pour les étatistes, qui présentent ce vol des uns pour remplir la poche des autres sous les traits vertueux de la justice sociale, et qui, en fait, substituent l’immorale solidarité forcée des programmes étatiques à la philanthropie volontaire des anglo-saxons.
Bercy est une forteresse imprenable et l’instrument implacable de la redistribution. Le donjon de cette forteresse, c’est la Direction de la Législation Fiscale. C’est cette dernière qui décide de la politique fiscale du pays et l’impose au Parlement qui n’a pas les moyens de s’y opposer. D’autant que ses contrôleurs sont tous issus de Bercy… Quant à la Cour des Comptes, ses membres sortent de la même école que ceux qu’ils examinent… Comment apprécier la valeur des fonctionnaires de Bercy ? Comme il n’existe pas d’instrument de mesure au sein de cette entité, un moyen simple de les jauger est de voir ce qu’ils donnent quand ils dirigent des entreprises privées. Là, les contre-performances des Pierre-Yves Haberer, Jean-Marie Messier, Michel Albert ou autres Alain Minc sont éloquentes et se passent de commentaires… Bercy décide donc en fait du sort de 63 millions de Français. Le malheur est que les agents de Bercy ne connaissent rien à l’entreprise, pour la bonne raison qu’ils n’y ont jamais travaillé. Aussi toutes les mesures qu’ils cogitent depuis trente ans pour favoriser l’emploi – formation, insertion etc. – sont-elles surtout créatrices de chômage. Parce que, selon Bernard Zimmern, ils ne savent pas notamment que seules les entreprises nouvelles créent des emplois…

Pour terminer, Bernard Zimmern raconte toutes les batailles pour l’emploi et pour les Business Angels qu’il a menées de 2002 à 2012 sous un gouvernement dit de droite. Toutes ont été des échecs, parce qu’il n’est pas acceptable pour Bercy d’« encourager les riches à s’enrichir »… Or il ne sert à rien de chercher à réduire la dépense publique si, parallèlement, on ne favorise pas justement la création d’entreprises nouvelles… Selon l’auteur, il faut donc que Bercy accepte d’aider les riches à devenir plus riches et accepte de ne pas taxer les plus-values de capital à l’impôt sur le revenu. Dans cet ordre d’idée, exempter tout investissement dans une entreprise de moins de 50 salariés et de moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires d’impôt sur les plus-values serait bénéfique pour l’emploi et ne coûterait rien puisque « toutes les données chiffrées montrent que cette « dépense fiscale » retourne dans les caisses de l’État avant d’en être sortie ».
Même si les mesures préconisées par Bernard Zimmern sont discutables, elles iraient dans la bonne direction en cas d’adoption. Tant il est vrai que la libération de l’économie est la seule voie qui puisse conduire à la prospérité et que « la voie de l’égalitarisme est celle qui mène à la pire forme d’inégalité : le chômage ».

§  Bernard Zimmern, avec l’assistance de Dominique Mercier et Valérie Pascale, Changer Bercy pour changer la France – Les riches sont la solution, pas le problèmeTatamis, 2015, 196 pages


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