Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

05 septembre, 2014

Risque zéro, déresponsabilisation et immobilisme

Le 28 août dernier, un bambin de treize mois, laissé quelques minutes sans surveillance, est tombé dans la piscine. Il survivra, mais il est possible qu’il ait subi des dommages irréversibles au cerveau.

Le même jour les coroners Me Andrée Kronström et Dr Philippe Nobécourt, publiaient leurs rapports au sujet des décès de Nathan Lessard-Hamel et Émile Poulin, respectivement survenus à Magog et à Saint-Georges. Tous deux sont décédés par noyade dans une piscine résidentielle à l'âge de 3 ans.

La mort accidentelle d’un enfant est toujours une tragédie pour la famille et les proches. Personne ne devrait vivre un tel drame. J’imagine le désarroi et le sentiment de culpabilité des parents impliqués.

Ceci dit, je dénonce l’hystérie collective de tous les adeptes du risque zéro qui, suite à de telles tragédies, déchirent leur chemise sur la place publique et réclame toujours plus de mesure de sécurité.

Cette habitude bien québécoise de vouloir éliminer tous les risques à grands coups de lois et de règlements m’exaspère. Les coroners sont particulièrement imaginatifs et n’hésitent pas à recommander des mesures qui pénalisent l’ensemble de la population pour éliminer les sources de risques même les plus improbables. Faudra-t-il un jour installer deux rangées de clôtures, des caméras de surveillance et des détecteurs de mouvement sonores autour de nos piscines pour éliminer tous les risques de noyade?

Les coroners ne sont pas les seuls à vouloir nous protéger contre nous-mêmes. S’il n’en tenait qu’à Jean-Marie De Koninck, président du Conseil de la sécurité routière et Suzanne Lareau, présidente de Vélo Québec nous devrions tous nous déplacer en charrette et en vélo. Mais ils ne sont pas les seuls. Les écologistes, les nutritionnistes, les conseils de toutes sortes, etc., s’emploient à proposer toujours plus de lois et règlements sous prétexte de nous protéger et de nous garder dans le droit chemin.

Remarquez qu’ils ne sont pas les seuls à blâmer, car on en redemande.

La société québécoise souffre d’une forme particulièrement aiguë d’interventionnisme étatique. Sous prétexte que le « bon sens des uns » n’est pas le « bon sens » des autres, les politiciens s’arrogent le pouvoir de tout diriger, prévoir, savoir, taxer, subventionner, réglementer. L’État s’immisce outrageusement dans la vie de tous les jours.

Les conséquences de cette maladie sont multiples et souvent dramatiques tant du point de vue social qu’économique.

L’omniprésence de l’État dans la vie de tous les jours favorise la déresponsabilisation des individus. En effet, pourquoi se soucier de notre sécurité, de notre santé, de l’éducation de nos enfants, de notre retraite, de notre endettement, de nos concitoyens puisque l’État s’est engagé à le faire pour nous. De plus, trop de règlements inapplicables, à plus forte raison s’ils sont nuisibles ou inutiles, sont ignorés par la plupart des Québécois. Malheureusement, pour un nombre grandissant d’individus, cette situation débouche sur le non-respect de tous les lois et règlements même ceux essentiels au bon fonctionnement de la société.

Où la déresponsabilisation des individus s’arrêtera-t-elle?

L’individu qui évolue dans une société où il n’y a pas d’adéquation entre l’action et ses conséquences se déresponsabilise irrémédiablement. Alors, en voulant tout réglementer et contrôler, l’État produit toujours plus d’individus déresponsabilisés. Plus il y a d’individus déresponsabilisés plus l’État réglemente et contrôle. Ainsi de suite, jusqu’à ce que la société soit entièrement immobilisée.

Quelle est la source de ce phénomène?

La déresponsabilisation des individus est un processus de longue date et bien ancré dans la culture politique québécoise. Personnellement,  je crois que c’est le résultat naturel de plus de quarante ans de gouvernemaman et de nivellement par le bas. 
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