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Vaut mieux en rire!

17 août, 2016

La fin du « modèle vénézuélien » ?

Tous les concepts théoriques dont on parle en économie ne sont plus de simples théories pour les Vénézuéliens : ils expérimentent tragiquement la fausseté du socialisme.
Par Emmanuel Bourgerie.
D’habitude, lorsque l’on parle d’économie, c’est souvent très théorique, très abstrait, avec des explications basées sur des courbes et des logiques qui peuvent être contre intuitives. Face à cela, le socialisme a une rhétorique très vendeuse : il y a les ennemis, la classe qui possède, les patrons, face aux pauvres et face à ceux qui n’ont pas le pouvoir ; et la solution est toujours plus de contrôle, plus d’État.

L’exemple pratique de l’effondrement du Venezuela

Pourtant, nous avons un cas très pratique de régime socialiste sombrant devant nos yeux, alors qu’il nous avait été présenté comme modèle durant des années. Après le décès d’Hugo Chavez, il y avait eut un ballet étrange de personnalités politiques, d’éditorialistes, et même de certains économistes qui nous expliquaient que le Venezuela était un miracle économique, et (enfin !) la preuve que le socialisme pouvait fonctionner.
Or aujourd’hui, le Venezuela est au bord de la famine et de la guerre civile, et tous les anciens défenseurs du régimes sont muets sur ce qu’il s’y passe. Tous les concepts théoriques dont on parle en économie ne sont plus de simples théories pour les Vénézuéliens. Ils en sont aujourd’hui rendus à tuer leurs animaux de compagnie pour se nourrir. Comment est-ce que cela a pu se produire ?
Premièrement, il a fallu sortir la planche à billets pour financer tous les cadeaux électoraux, tous les programmes sociaux, et tous les services gratuits que les élus ont promis. Sans surprise, les prix des produits importés a explosé, car aucune entreprise étrangère n’accepte d’être payée avec des billets de Monopoly. L’argent n’est pas la richesse, c’est un outil d’échange. Imprimer des billets ne produit pas de richesses, il la dilue.

Et le pétrole vint à manquer

Ensuite, le Venezuela, l’un des pays les plus riches en pétrole du monde, n’arrive même pas à s’auto-alimenter en énergie. Certains accusent la spéculation, mais celle-ci n’explique que la chute des exportations, cela n’a rien à voir avec l’incapacité d’utiliser le pétrole présent dans leur propre sol. C’est tout simplement dû à la réalité des économies planifiées : le gouvernement n’est pas bon à gérer l’économie. Sans compétition, aucune entreprise ne cherche l’efficacité.
Et enfin, le gouvernement a imposé toute une série de prix pour lutter contre les profits des entreprises étrangères. Nourriture, médicaments, papiers toilette : tout y passe. Bonne idée, non ? Sauf que les entreprises ne sont pas des associations caritatives. Si elles ne peuvent pas réaliser de profits sur leurs ventes, elles vont cesser leur activité. Quand on limite le prix d’un produit, on augmente pas sa production, on ne fait que créer des pénuries.
Mais ce n’est pas pour autant la fin du socialisme. Chaque révolution a eu ses défenseurs inconditionnels. Pensez Venezuela, mais pensez aussi URSS, Cuba ou la Chine maoïste. Tour à tour, ils ont été vendus comme le nouveau “modèle”, avant qu’on ne se rende compte des horreurs qui s’y déroulaient. Maintenant, les apologistes nous expliquent que ce n’était pas du “vrai socialisme”. Quand va-t-on accepter le fait que toutes les expérimentations socialistes tournent systématiquement en dictatures sanglantes ?

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