Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

La différence entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que les oiseaux s'arrêtent par moments de voler --- Coluche

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19 décembre, 2014

Le monopole du taxi ne résistera pas à l’assaut d’Uber

Le ministre Poëti et le maire Coderre s’entendent comme larron en foire pour tuer dans l’œuf le service de covoiturage UberX. Je crois qu’ils devraient y penser à deux fois. Les usagers pourraient bien leur en faire payer le prix aux urnes, car le service est très populaire.

Voici comment fonctionne le service de taxi à Montréal : je me pointe sur la rue et j’espère qu’un taxi arrivera rapidement. S’il pleut ou neige, mes chances sont nulles. J’espère que le chauffeur ne sera pas désagréable si la course est trop courte, trop longue ou dans la mauvaise direction. Je dois lui expliquer le chemin dans les moindres détails. Si je suis chanceux, l’auto sera en bonne condition et ne sentira pas la cigarette ou le vomit. Dans tous les cas, il s’attend à un généreux pourboire. Il compte là-dessus pour boucler ses fins de moi.

Maintenant, voici comment fonctionne le service de taxi Uber : j’ouvre mon téléphone, j’actionne un bouton et mon téléphone s’occupe du reste. J’obtiens l’emplacement de la voiture la plus près, le nom et la photo du chauffeur, le délai approximatif, les commentaires des clients et combien coûtera la course incluant le pourboire. Le conducteur est courtois et l’auto est impeccable. Les frais de la course sont automatiquement débités à ma carte de crédit.

Sans surprise, l’industrie du taxi crie au scandale, à l’injustice et demande aux politiciens d’intervenir pour protéger leur monopole. Depuis le 1er décembre, les propriétaires de taxis montréalais doivent payer 5$ par mois par voiture, afin d'alimenter un fonds géré par le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi. En février 2015, cette contribution sera réduite à 2$ par mois. Le Comité compte utiliser l'argent récolté auprès des propriétaires de taxi pour faire peur aux utilisateurs d’Uber. Un comité de bureaucrates aveugles qui n’ont rien vu venir.

Vraiment ces gens-là n’ont rien appris! Est-ce que les protestations et les demandes de protection de l’Union des artistes a permis de protéger l’industrie de la musique? Est-ce que les protestations des écrivains et des éditeurs a ralenti la popularité du livre électronique? Est-ce que les protestations et le lobby de l’industrie de l’hôtellerie nuisent à la croissance du très populaire service Airbnb?

De tout temps et dans tous les domaines, les meilleurs produits et services finissent toujours par triompher. La technologie qu’utilise Uber est bien supérieure à celle de l’industrie du taxi et le service est très populaire. Dans le mode de covoiturage (UberX) les frais sont de 20 % à 30 % moins chers que le taxi. Le modèle d’affaire du taxi montréalais qui dépend de la réglementation pour protéger son monopole est condamné à disparaître. Il a fait son temps.

La stratégie du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi qui consiste à taxer les chauffeurs pour financer une campagne de peur est vouée à l’échec. Les chauffeurs s’opposent à cette cotisation. Ils doivent déjà trimer 12 heures par jour pour un salaire minable. La dernière chose dont ils ont besoin est une ponction additionnelle, si minime soit-elle. Une campagne de peur sera peu crédible compte tenu de l’état plutôt délabré des chauffeurs et des voitures de taxi. Si je me fie à l’adage : parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en, cette campagne profitera surtout à Uber. Rappelez-vous la grève des taxis en Europe. Les inscriptions au service Uber ont explosé.

Le lobby de l’industrie n’aura pas plus de succès auprès des politiciens. La popularité du service les rend particulièrement frileux à l’idée de favoriser l’industrie du taxi. Les autorités de la ville d’Ottawa tentent d’enrayer l’application covoiturage en imposant des amendes salées aux participants (845 $). Ce stratège peut ralentir la croissance du service, mais c’est une bataille d’arrière-garde qui, compte tenu de sa popularité, risque de coûter cher aux élus municipaux. D’ailleurs, le maire de Toronto, John Tory, l’a bien compris. Il a invité ses confrères à éviter la judiciarisation du dossier.
Les autorités fédérales sont plus pragmatiques. L’Agence fédérale chargée de promouvoir la concurrence s’est prononcée en faveur du service Uber. Elle propose même aux élus de favoriser l’essor du covoiturage pour le plus grand bien des consommateurs.

Je conçois facilement la détresse des propriétaires de taxis qui ont payé 200 000 $ pour acquérir une licence qui demain ne vaudra rien. C’est à ce problème qu’il faut s’attaquer. D’ailleurs, la publication de l’IÉDM, Les applications de covoiturage commercial et l'avenir du transport urbain, offre des pistes de solutions intéressantes à ce problème. Le dragon, Alexandre Taillefer, propose une autre solution.


Je vous propose de visionner l’excellente entrevue avec Jasmin Guénette, vice-président de l'Institut économique de Montréal, à propos des applications de covoiturage et des solutions possibles pour compenser les chauffeurs de taxi propriétaires de leurs permis, diffusé le 21 novembre 2014 sur les ondes du canal Argent.
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