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14 septembre, 2015

Les 1500 milliards du lobby climatique

Les lobbies écologistes ont surtout un intérêt financier à défendre.

Revue de livre par Paul Driessen

Pas de réchauffement depuis 18 ans, aucun ouragan de catégorie 3 à 5 n’ayant ravagé les États-Unis depuis 10 ans, une montée des eaux atteignant à peine 15 cm en un siècle : les modèles informatiques et les discours hystériques sont sans cesse contredits par les faits du monde réel.

Alors, comment la Maison Blanche, l’EPA, l’ONU, l’UE, le lobby Vert, le lobby éolien, les médias gauchistes, et même Google, GE et les officiels du ministère de la Défense justifient-ils leur fixation sur le changement climatique considéré comme la plus grande crise à laquelle doit faire face l’humanité ? Comment justifient-ils le contrôle par l’État de notre système énergétique, de notre économie et de presque chaque aspect de nos vies, décidant quels emplois seront protégés et ceux qui seront détruits, et même qui doit vivre et qui doit mourir, le tout au nom de la sauvegarde de la planète ? Qu’est-ce qui motive cette intensité idéologique ?

La réponse est simple. L’industrie des énergies renouvelables et du changement climatique est devenue un business de 1500 milliards par an ! C’est l’équivalent de l’activité économique de l’ensemble du secteur américain à but non lucratif, ou toutes les économies générées depuis 10 ans par l’utilisation des médicaments génériques. En comparaison, les revenus annuels tant décriés de Koch Industries s’élèvent à environ 115 milliards de $ et ceux d’Exxon Mobil autour de 365 milliards de $.

Selon un rapport de 200 pages du Climate Change Bussiness Journal, le complexe industriel du climat peut se diviser en neuf secteurs : énergie renouvelable et faible teneur en carbone ; capture et stockage du carbone ; stockage d’énergie, comme les batteries ; efficacité énergétique ; bâtiments écologiques ; transports ; commerce du carbone ; adaptation au changement climatique ; consultation et recherches. Le conseil est une activité qui génère à elle seule 27 milliards de $ par an par la « gestion de la réputation » des entreprises en essayant de relier événements météorologiques, pénuries alimentaires et autres problèmes liés au changement climatique. La recherche comprend l’ingénierie R&D et les études climatiques.

Le chiffre de 1500 milliards semble exclure la plus grande partie de l’industrie de l’environnement (le Big Green) qui réalise 13,4 milliards par an aux États-Unis seulement. La fondation MacArthur vient de donner 50 millions de $ à des groupes alarmistes sur le réchauffement climatique. L’ancien maire de New-York Michael Bloomberg et Cheasepeake Energy ont donné 105 millions de $ au Sierra Club pour déclarer la guerre au charbon. Peu de temps auparavant, le Sierra Club s’était engagé dans la guerre contre le gaz naturel et Chesapeake Energy, dans ce que certains voient comme une justice poétique. Warren Buffet, de nombreuses fondations « progressistes », les amis de Vladimir Poutine et d’innombrables entreprises donnent également des millions sans compter pour le Big Green.

Nos impôts sont également partiellement inclus dans le décompte du CCBJ. Comme le fait remarquer Larry Bell, professeur, auteur et chroniqueur, dans son nouveau livre,Scared Witless (sous-titré : Prophètes et profits du catastrophisme climatique), le gouvernement des États-Unis a dépensé plus de 185 milliards de $ entre 2003 et 2010 sur les questions de changement climatique et cette frénésie de dépenses s’est encore aggravée dans les années qui ont suivi sous la présidence d’Obama. Nous payons pour la réalisation d’études frauduleuses sur le réchauffement de la planète, la recherche de technologies liées au climat, des prêts et des allègements fiscaux pour Solyndra et autres entreprises qui font faillite, et pour aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique.

Ne sont pas non plus inclus dans le total les salaires et les pensions des milliers de salariés de EPA, NOAA, des ministères de l’Intérieur, de l’énergie et autres fonctionnaires fédéraux qui consacrent des heures interminables à élaborer et imposer des règlements pour les plans d’énergie propre, interdire les forages et l’exploitation minière, installer l’énergie renouvelable et les innombrables documents de Crise climatique et compagnie. Une partie importante des 1900 milliards de $ représente ce que les entreprises et les familles paient chaque année pour se conformer aux montagnes de règlements fédéraux basés sur les présupposés du chaos climatique.

Ajoutons les bureaucrates, règlements et restrictions de ces programmes au niveau local et des États, et l’on voit qu’il s’agit d’une sérieuse question financière. Il y a également le prix plus élevé de l’électricité pour les familles et les entreprises au sein des États qui veulent montrer leur engagement climatique.

L’impact sur les entreprises et les emplois se trouvant hors du secteur climatique est énorme et va croissant. Pour chaque emploi créé dans le secteur du climat et des énergies renouvelables, de 2 à 4 emplois sont supprimés dans d’autres secteurs de l’économie, selon des études réalisées en Espagne, Écosse et d’autres pays. Les effets sur la santé et le bien-être des personnes, et sur la qualité de l’environnement, sont également importants et étendus.

Mais tous ces effets indésirables sont soigneusement ignorés par les profiteurs de la crise climatique et par les faux prophètes du malheur planétaire qui manipulent les données, exagèrent et fabriquent des catastrophes imminentes, dans le but de créer un fondement pseudo-scientifique à la régulation de l’énergie et aux industries à base de carbone.

Un exemple flagrant : une personne possédant une simple plume de pygargue à tête blanche, l’aigle emblématique des États-Unis, peut être condamnée à une amende allant jusqu’à 100.000 $ et subir une peine de prison d’un an. Mais les opérateurs de l’éolienne qui a tué l’aigle échappent à toute poursuite. Bien pire, le service US Fish & Wildlife aide activement le lobby éolien à dissimuler et à minimiser l’hécatombe annuelle de millions de rapaces, d’oiseaux et de chauves-souris. Il a donné aux opérateurs éoliens une exemption générale de 5 ans des lois sur la protection des aigles, sur les oiseaux migrateurs et sur les espèces en danger. Le FWS a même proposé de donner au lobby une exemption de 30 ans.

Heureusement, la cour du District de San José a récemment statué que le ministère de l’Intérieur et le FWS violaient la loi sur la politique nationale de l’environnement et d’autres lois, en publiant des règlements accordant à ces entreprises une licence de 30 ans pour tuer les aigles protégés. Mais le taux de décès continue d’augmenter.

Perspicace et provocateur, le livre du professeur Bell, résultat de recherches approfondies, examine la prise de pouvoir tentée par le lobby vert, les étatistes et les affairistes de la crise climatique. En 19 brefs chapitres, il examine le prétendu consensus scientifique sur le réchauffement climatique, les modèles scientifiques et informatiques aussi secrets que spéculatifs utilisés pour « prouver » que nous sommes confrontés à un cataclysme, la collusion permanente et le mensonge utilisés par les régulateurs et les militants, l’obsession de la taxe carbone, et les fausses crises climatiques : la fonte des glaciers, l’élévation du niveau des mers, l’acidification des océans, la disparition des espèces et la diminution de la biodiversité. Ses articles et ses chroniquessont dans la même veine.

Scared Witless met aussi à nu les véritables raisons de ce fanatisme climatique, au-delà des poches bien remplies. Comme un homme politique de premier plan, puis un bureaucrate de l’ONU ou de l’EPA l’ont proclamé ouvertement et avec fierté, leur « véritable ambition » est de mettre en place « un nouvel ordre mondial », une « gouvernance mondiale », une « redistribution des ressources de la planète  », mettre un terme à « l’hégémonie du capitalisme » pour une « transformation profonde des attitudes et des modes de vie », des « systèmes énergétiques » et du « modèle global de développement économique ».

En d’autres termes, ces bureaucrates, des États-Unis, de l’UE et de l’ONU, non élus et irresponsables, veulent un contrôle total sur nos industries ; sur tout ce que nous faisons, achetons, mangeons et transportons ; et sur tous les aspects de nos vies, de nos moyens de subsistance, modes de vie et libertés. Et ils ont l’intention de « surfer sur la question du réchauffement climatique » pour parvenir à ce contrôle total, « même si la théorie du réchauffement est mauvaise », « même s’il n’y a aucune preuve scientifique pour étayer l’effet de serre », « même si la science du réchauffement planétaire est entièrement erronée. »

Si des millions de personnes perdent leur emploi dans le processus, si des millions de retraités meurent d’hypothermie car ils ne peuvent chauffer correctement leur maison, si des millions d’Africains et d’Asiatiques meurent faute d’accès à une électricité fiable et abordable à base de carbone, qu’il en soit ainsi. Crise climatique & Cie ne s’en soucie pas.

Les principes du libre marché doivent être abandonnés. Cette industrie mondiale du réchauffement survit et se développe uniquement grâce à la prétendue science climatique opaque ; par la collusion constante entre les régulateurs et les groupes de pression ; par un flux régulier de politiques gouvernementales, de règlements, de préférences, de subventions ; et par des impôts et des pénalités pesant sur les concurrents. La CCC (Crise climatique & Cie) se montre généreuse à l’égard des politiciens qui maintiennent le convoi sur la bonne voie, tandis que ses chiens de garde bien payés attaquent rapidement, énergiquement et violemment tous ceux qui osent défier son orthodoxie ou son financement.

Le changement climatique a été une « réalité » tout au long de l’histoire de la Terre et de l’humanité, avec des phases successives, parfois soudaines, parfois destructrices. Il a été provoqué par le soleil et par d’autres causes, par l’interaction de forces naturelles complexes et puissantes que nous ne comprenons pas encore pleinement… et qu’il est impossible de contrôler. Il a peu ou rien à voir avec le dioxyde de carbone qui permet aux plantes de croître vite et mieux, et qui est aussi émis par l’utilisation de combustibles fossiles ayant considérablement transformé et amélioré notre environnement et notre condition humaine.

Crise climatique & Cie est un monstre riche et puissant. Mais c’est aussi un château de cartes. Soyons informés. Impliquons-nous. Défendons-nous. Et ayons des représentants élus qui aient le courage de le faire.

Larry Bell, Scared Witless : Prophets and profits of climate doom, Stairway Press, 2015, 268 p.


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