Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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31 mars, 2015

La réflexion du jour

Le service de la dette coûte chaque année 11 milliards. Le désendettement massif de l’État est impérieux. Les jeunes devraient en être les premiers conscients, mais étrangement, ils se portent à la défense d’un modèle social qui les désavantage. Une certaine gauche est parvenue à leur faire croire que la crise des finances publiques serait une invention funeste d’idéologues néolibéraux.--- Mathieu Bock-Côté

30 mars, 2015

Comment explique-t-on le succès de Singapour?

“The government was kept small, efficient and honest”

When it started life as an independent, separate country in 1965, Singapore’s prospects did not look good. Tiny and underdeveloped, it had no natural resources and a population of relatively recent immigrants with little shared history. The country’s first prime minister, the late Lee Kuan Yew is credited with transforming it. He called one volume of his memoirs, “From Third World to First”.

Why did Singapore become an economic success?

First, its strategic location and natural harbour helped. It is at the mouth of the Malacca Strait, through which perhaps 40% of world maritime trade passes. It was an important trading post in the 14th century, and again from the 19th, when British diplomat Sir Stamford Raffles founded the modern city.

Now it is at the heart of one of the world’s most dynamic regions. Under Mr Lee, Singapore made the most of these advantages. 

Second, under Mr Lee, Singapore welcomed foreign trade and investment. Multinationals found Singapore a natural hub and were encouraged to expand and prosper.

Third, the government was kept small, efficient and honest—qualities absent in most of Singapore’s neighbours. It regularly tops surveys for the ease of doing business.

But the island city is not ideal. Although clean and orderly, it has harsh judicial punishments, a tame press and illiberal social policies. Homosexual acts, for example, remain illegal. Protest demonstrations are rarely permitted.

Mr Lee saw his authoritarian style of government as an essential ingredient in Singapore’s success, emphasizing the island’s vulnerability in a potentially hostile neighbourhood.

But younger people now question whether Singapore really is that fragile, and resent the restrictions on their freedom.


La réflexion du jour

Le budget Leitao ressert des mêmes vieux trucs éculés: l’équilibre est pour l’an prochain, les baisses d’impôt pour dans trois ans, les hausses toujours immédiates... et saupoudrées comme du perlimpinpin qui empêche de compter: une pincée dans l’alcool, l’électricité, les loisirs, l’essence, le permis de conduire...

En 2019, année électorale, il promet un répit; il me prend pour une cruche! Une fable conclut: «Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise»... Elle s’ébrèche déjà!--- Myriam Ségal

28 mars, 2015

La réflexion du jour

Cette psychose, que l’on pourrait qualifier de stratégique, frappe souvent les «victimes» de l’austérité. Les médecins et les artistes sont particulièrement vulnérables à cette pathologie qui brouille le gros bon sens.

Certains y laissent leur crédibilité et d’autres vont même jusqu’à se ridiculiser en public. Des gens biens, sensés, talentueux perdent la tête devant la possibilité de la moindre compression, sans même savoir si compression il y aura.--- Lise Ravary

27 mars, 2015

Le mythe du salaire minimum

Le premier mai 2015, le salaire minimum au Québec sera porté à 10,55$, une augmentation de 0,20$. Environ 260 000 personnes bénéficieront de cette hausse de salaire en mai, dont 163 000 femmes.

Pour l’histoire

En 1940, le gouvernement du Québec, dirigé par le chef du parti libéral, Adélard Godbout, présente la première loi sur le salaire minimum. Selon le premier ministre, cette mesure a pour objectif de maintenir le pouvoir d'achat des bas salariés, de redistribuer la richesse et de valoriser le travail des femmes rémunérées au salaire minimum en plus grand nombre que les hommes.

Mais contrairement aux prétentions du premier ministre, cette mesure était avant tout électoraliste. En effet, le 18 avril 1940 l’Assemblée législative avait adopté le projet de loi autorisant le vote des femmes. En adoptant la loi du salaire minimum, il espérait ainsi obtenir majoritairement leurs votes. Mal lui en prit, car à l’élection générale suivante, le parti conservateur de Maurice Duplessis pris le pouvoir. Les partis passent, mais malheureusement les lois demeurent.

Le mythe du salaire minimum

Bien sûr, cette mesure est un symbole important de lutte contre la pauvreté, mais dans les faits, elle a peu d'effets sur les inégalités de revenus et sur le nombre de personnes pauvres. 

Selon Stephen Gordon, professeur au Département d'économie de l'Université Laval, dans le meilleur des cas, elle n’aura pas d’effet négatif sur la pauvreté :

«C'est une perte de temps, en ce qui concerne la pauvreté. L'effet net est pratiquement nul. Et si une augmentation aide une famille, c'est par pur hasard»

Dans les pires cas, le salaire minimum a comme effet d'accroître le chômage et la pauvreté.

Salaire minimum et emploi

Depuis près de vingt ans, le salaire minimum tourne autour de 45 % du salaire moyen des travailleurs payés à l'heure. Selon une étude de l'économiste Pierre Fortin, chaque hausse de 1 % du rapport entre le salaire minimum et le salaire moyen, entraîne une baisse  approximative de 8000 emplois.

La raison est que si le salaire minimum est trop élevé, les employeurs doivent compenser le manque à gagner soit en coupant les heures travaillées, soit en supprimant des emplois, soit en augmentant les prix.

Le 1er avril prochain, les employeurs de Seattle devront graduellement relever le salaire minimum à 15$ l’heure. Cette mesure irresponsable frappe de plein fouet l’industrie de la restauration. Déjà plusieurs restaurants ont fermé ou ont annoncé leur fermeture et ce n’est qu’un début.

Les entreprises de plus grande envergure se tournent vers l’automatisation pour contenir l’augmentation de coûts découlant de l’imposition du salaire minimum. Les étudiants, les travailleurs à temps partiel, les chercheurs d’un premier emploi seront les premiers pénalisés.

Une constante chez les socialistes

Dans le langage socialiste, un salaire minimum décent c’est une sorte de premium à la dignité. Ce discours est peut-être valable pour ceux qui bénéficieront du salaire minimum, mais qu’en est-il de ceux qui ne seront jamais embauchés parce que le salaire minimum excède leur valeur économique : les étudiants qui désirent se payer un peu de bon temps, quelqu’un qui cherche une activité à temps partiel pour se désennuyer, un apprenti, un handicapé léger qui vit chez ses parents, etc.

Personne, moi le premier, prétend que quelqu’un peut vivre décemment avec un revenu de 5 $ de l’heure. L’argument selon lequel il n’est pas possible de vivre avec un salaire en deçà d’un certain niveau est valable, mais cela ne justifie pas l’imposition d’un salaire minimum. Il existe bien d’autres façons moins dommageables économiquement et socialement d’assurer à chacun le minimum vital. Ceux qui préconisent une telle mesure ignorent les coûts invisibles de cette politique et rendent un bien mauvais service à ceux qu’ils prétendent défendre, ce qui est une constante chez les socialistes.


La solution durable, la productivité

Il n’existe qu’un moyen de diminuer la pauvreté, augmenter la productivité, c’est-à-dire la valeur de chaque heure travaillée. Toujours selon l’économiste Pierre Fortin, à moyen et à long terme les salaires augmentent dans un rapport de un pour un avec la productivité. La croyance que les salaires sont déterminés en fonction de l'arbitraire d'un patron est un mythe entretenu par la gauche syndicale.

Les lois ne pourront jamais obliger les entreprises à payer leur main-d'œuvre au-delà de sa valeur réelle. Si le travail produit rapporte moins que ce qu'il coûte, l'emploi va nécessairement disparaître et l’employé rejoindra les cohortes des chômeurs et des assistés sociaux. Pas exactement un moyen efficace de lutte à la pauvreté.

Conclusion

En fait, une hausse du salaire minimum n’a aucun impact sur la productivité et n’a donc aucun impact sur le niveau des salaires à moyen et à long terme. C’est l’amélioration de la productivité qui permet d’améliorer la rémunération. Donc, la lutte à la pauvreté passe par la création d’un environnement propice à l’entrepreneuriat et aux investissements.

Hausser le salaire minimum est politiquement rentable, mais néfaste pour les travailleurs. En définitive, l’imposition d’un salaire minimum c’est comme enlever les deux premiers barreaux d’une échelle, les moins débrouillards ne pourront jamais l’escalader.


La réflexion du jour

Ces services devraient être mieux encadrés, mais les règles doivent être modernisées pour tenir compte des nouvelles technologies, souligne Noah Zon, coauteur d'un récent rapport sur l'économie du partage. « C'est l'occasion pour les gouvernements de réviser leurs règlements, en pensant aux consommateurs et à l'intérêt public, en cherchant à stimuler la concurrence et l'innovation, tout en assurant aux travailleurs des revenus décents et de bonnes conditions », dit-il. --- La Presse

26 mars, 2015

La réflexion du jour

Aujourd’hui, avec 50% de leurs revenus engloutis par la multitude de taxes et impôts, les Québécois sont les plus taxés au Canada après les Terre-Neuviens. Le citron a été pressé jusqu’à la dernière goutte et l’équilibre budgétaire ne peut donc en aucun cas justifier un alourdissement du fardeau fiscal.--- Nathalie Elgrably-Lévy

25 mars, 2015

Le mythe des coupes en éducation

Malgré une réduction constante du nombre d’élèves, les coûts des systèmes d’éducation des provinces canadiennes augmentent sans cesse.

Les syndicats mentent honteusement lorsqu’ils prétendent que les gouvernements coupent les budgets de l’éducation.

L’étude, Education spending in Canada : What’s Actually Happening?, est disponible au Barbara Mitchell Centre for Improvement in Education.


La réflexion du jour

C’est connu, documenté et répété encore aujourd’hui: les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord, et plus que les citoyens de la plupart des pays occidentaux. Ici, taxes et impôts sont plus élevés qu’ailleurs, mais un regard sur le Québec d’aujourd’hui montre qu’on n’en a pas pour notre argent...--- Michel Hébert

24 mars, 2015

La réflexion du jour

Selon le dernier budget, le Québec consacre cette année 10,8 milliards au service de la dette sur des dépenses totales de 97,4 milliards, soit 11,1% du total. Si son niveau d'endettement était similaire à celui des autres provinces, son service de la dette ne serait que de 7,2 milliards ; 3,6 milliards de moins! Cela aurait été assez pour éliminer le déficit et mettre fin d'un coup à l'austérité. Mais il aurait fallu y penser avant.--- Alain Dubuc

23 mars, 2015

La Chine dominera le 21e siècle

Alors qu’on s’enfarge dans des réglementations d’un autre âge, les Chinois innovent et avancent. Il nous a fallu 15 ans pour accoucher du CHUM. Les Chinois construisent des gratte-ciel au rythme de trois étages par jours. Je vous laisse deviner qui des Chinois ou des Occidentaux domineront le 21e siècle!


La réflexion du jour

L’histoire (ndlr la grève étudiante), en gros, c’est un groupe formé de simili-frustrés, d’extrémistes-gauchistes anti-capitalistes déconnectés et d’une clique de manifestants professionnels qui essaient de déchirer leurs chemises sur les thèmes du pétrole et de ce que les adultes syndicalistes appellent l’austérité.--- Dominic Maurais

21 mars, 2015

La réflexion du jour

Les militants environnementalistes imposent depuis trop longtemps leur dictature en faisant bien peu de cas des dommages des campagnes anti-tout, et surtout anti-emplois et anti-développement économique qu’ils mènent au nom de leur religion.--- Jean=Jacques Samson

20 mars, 2015

Les sacs de plastique, victimes innocentes des écologistes

Pour éviter un affrontement avec les groupes écologistes, les grandes chaînes d’alimentation ont mis fin à la gratuité des sacs de plastique pour favoriser l’emploi des sacs réutilisables. Pourtant, les consommateurs aimaient les sacs de plastique parce qu’ils les réutilisaient entre autre pour les besoins de leur chien et les déchets de cuisine. Maintenant, ils doivent acheter des sacs encore plus néfastes pour l’environnement.

Les sacs réutilisables  

Les sacs réutilisables ne sont pas aussi écologiques qu’on le croit. Ils sont une source énorme de pollution. Ils ne sont pas recyclables, consomment du pétrole, et sont une source de contamination bactériologique.

Les sacs réutilisables ont une durée de vie relativement courte et la plupart ne sont pas recyclables. Ils sont munis de poignées faites de matières non recyclables. Il faut les enlever avant de les mettre au recyclage, ce qui est rarement fait.

Au final, l’utilisation des sacs réutilisables donne bonne conscience aux consommateurs, mais contribue à polluer l’environnement.

Les sacs de plastique recyclables

Jusqu’à maintenant, les sacs de plastique étaient considérés comme des déchets nuisibles à l’environnement et non recyclables. Aujourd’hui, presque tous les sacs de plastique sont recyclables en billes de résine. Il est donc  possible de leur donner une deuxième vie en les transformant en d’autres produits de plastique.

Trente sacs d’épicerie produisent suffisamment de résine pour fabriquer un pot à fleurs. On peut aussi fabriquer des matériaux de construction comme par exemple des drains agricoles.

Questionnement face aux sacs réutilisables

Vaut-il mieux utiliser des sacs réutilisables, mais non recyclables ou consommer des sacs de plastique qui sont complètement recyclables? On est en droit de se demander lequel des deux sacs laisse l’empreinte écologique la moins importante.

Mais la foi écologiste ne tolère pas le doute? Dans la religion écologiste, comme dans toutes les religions d’ailleurs, ce qui compte c’est le symbole. Si en plus, les groupes écologistes en retirent des avantages financiers, c’est la cerise sur le gâteau.

Selon Protégez-vous, les revenus générés par la vente des sacs de plastique sont redistribués aux nombreux groupes écologistes qui polluent le Québec :

  • Archambault verse les recettes de la vente de ses sacs au Jour de la Terre. 
  • Les quincailleries Rona réinvestissent l’argent dans des projets écoresponsables gérés par des groupes écologistes.
  • Les supermarchés Loblaws, Provigo et Maxi, versent les recettes à l’organisme WWF-Canada.
  • Metro, Super C et Marché Richelieu, contribuent au financement des Fonds Éco École du Québec et de l’Ontario.


Pourquoi abandonner maintenant?

Forts du succès de leur campagne en faveur des sacs réutilisables, les écologistes militent maintenant pour le bannissement pur et simple de tous les sacs de plastique. On a la foi ou on ne l’a pas. Espèrent-ils y trouver une nouvelle source de financement, une ristourne sur la vente des sacs réutilisables, par exemple?

Le bannissement des sacs de plastique est un sujet qui revient périodiquement dans l’actualité. Il s’agit d’une solution simpliste à laquelle les médias, souvent par manque de rigueur journalistique, prêtent de fausses vertus. Selon Recyc-Québec, les sacs de plastique représentent moins de 2 % de l’ensemble des matières résiduelles générées annuellement. Par contre, la paille d’un contenant individuel de jus de fruit contient plus de plastique qu’un sac d’épicerie.

Le 4 mars dernier, la Ville de Montréal a annoncé la tenue d’une consultation publique sur l’avenir des sacs de plastique. Ballon politique ou réelle intention?

Les édiles municipaux n’ont-ils pas d’autres priorités? Les nids de poule ou devrais-je dire les cratères qui rendent nos rues impraticables, voire dangereuses, les infrastructures d’aqueduc qui laissent fuir en pure perte 40% de l’eau traitée, la signalisation routière aléatoire, etc. Ces mégas problèmes auraient-ils tous été éliminés sans que personne ne s’en aperçoive? Ou plutôt serait-ce pour amadouer le puissant lobby des écologistes?

Conclusion

Le lobby écologiste québécois a un tel pouvoir médiatique que rares sont les politiciens qui osent les confronter, mais nombreux sont ceux qui propagent son discours dans la plus pure tradition des idiots utiles. Malheureusement, le coup de gueule du maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui a osé accuser Greenpeace de fauteur de trouble, est une trop rare exception.

Les groupes écologistes sont une nuisance considérable au développement social et économique du Québec. Il faudra bien un jour mettre fin aux abus et surtout au financement public d’organisation dont le but non avoué est de ramener le Québec au moyen-âge.


La réflexion du jour

Je ressens par contre une immense admiration pour ces gens d’affaires. Leurs réalisations sont grandioses et ces créateurs de richesse ont contribué, et contribuent encore, à améliorer la vie à de très nombreux Québécois, la plupart n’en ayant malheureusement pas conscience du tout.--- Bernard Mooney

19 mars, 2015

La réflexion du jour

C’est chronique. Le Québec est le champion des déficits. Au cours des 40 dernières années, 34 budgets présentés par le Québec ont été déficitaires. Seulement six ont été équilibrés! Dans un test scolaire, la moyenne du Québec serait de 15 %. Wow!--- Pierre Couture

18 mars, 2015

La prospérité pour réduire la pauvreté

Des dirigeants d'entreprises se prononcent sur leur définition de la prospérité au Québec. Pour plus d'information, nous vous invitons à visiter le blogue : http://www.prosperite.quebec ainsi qu'à partager votre vision d'un Québec plus prospère!


La réflexion du jour

Les dépenses du gouvernement par habitant sont passées de 6 358 dollars en 1997-1998 à 11 643 dollars par habitant en 2013-2014 — en hausse de 83 %. Depuis 2008, la croissance des dépenses du Québec est plus rapide que la croissance de son économie.--- Pierre Duhamel

17 mars, 2015

La réflexion du jour

«En raison des conventions collectives, il en coûte 250 000 $ pour monter une éolienne au Québec tandis que, partout ailleurs, c'est plutôt une moyenne de 150 000 $.»

Bref, nous dépensons une fortune pour produire de l’énergie éolienne inutile que le gouvernement nous oblige à acheter à fort prix.--- Richard Martineau

16 mars, 2015

Les enverdeurs enfin dénoncés

Débat avec Jasmin Guénette, VP de l'IEDM, à propos des compagnies forestières au Saguenay, suite à un commentaire du maire Jean Tremblay. Diffusé le 11 mars 2015, dans le cadre de l'émission À la Une sur les ondes du canal ARGENT, avec Lynn Saint-Laurent.


La réflexion du jour

Équilibre financier, libération des besoins de santé, qualité des soins, système plus égalitaire, qu’attendons-nous pour copier le système hollandais et rendre notre système de santé beaucoup plus efficace par l’introduction de payeurs multiples au lieu d’un payeur unique, même si celui-ci reste le véhicule de paiement pour certaines maladies ou certains publics ? --- Bernard Zimmern

14 mars, 2015

La réflexion du jour

C’est la beauté de l’interventionnisme économique.

Qu’importe les besoins réels de la province, si le gouvernement décide que c’est bon pour telle ou telle région d’acheter tel ou tel produit, on va en acheter, point.

C’est ce qu’on appelle maintenir une industrie sur respirateur artificiel.--- Richard Martineau

13 mars, 2015

La spécialisation et le commerce pour sauver l’environnement

La crise économique a pour effet de ramener à l’avant-scène un réflexe vieux comme le monde, le protectionnisme. Selon ses défenseurs, il suffirait de fermer les frontières et l’économie redémarrerait comme par enchantement.

Quiconque connaît un tant soit peu l’histoire sait que la croissance économique est directement liée à la liberté de commercer. Toutes les économies qui, par réflexe protectionniste ou pour d’autres raisons politiques, se sont repliées sur elles-mêmes ont périclitées : l’ex-URSS, la Chine de Mao, la Corée du Nord, etc.

Les bénéfices du commerce

Dans un marché libre les prix des biens et services sont déterminés par les acheteurs et les vendeurs. Grâce à la spécialisation et la concurrence que se livrent les vendeurs, les prix des produits et services tendent à diminuer et leur qualité à s'améliorer pour le bénéfice du consommateur. Le commerce permet de multiplier les bienfaits de la concurrence au-delà de son village, de sa région et de son pays.

Essentiellement, le commerce permet de produire plus de biens et services à moindre coût, c’est-à-dire en utilisant moins de ressources. Donc, en augmentant les biens et services disponibles le commerce favorise la croissance du niveau de vie des individus et des sociétés qui le pratiquent.

À titre d’exemple, supposons que le Québec désire exporter plus de produits d’aluminium aux États-Unis et que les Américains demandent d’exporter plus de produits laitiers au Québec (1). À court terme, les prix des produits laitiers québécois subiront des pressions à la baisse. Les producteurs devront s’ajuster pour survivre. Les producteurs d’aluminium américains subiront un sort similaire. Toutefois, cette situation forcera le transfert de ressources d’une industrie inefficace vers une industrie plus efficace dans chacune des économies. Ainsi, pour une même quantité de ressources utilisées les Québécois obtiendront plus de produits laitiers et les Américains plus de produits d’aluminium. Ainsi, les Québécois et les Américains se seront mutuellement enrichis.

Le lobbying

Le commerce menace la rentabilité, voire l’existence, des industries inefficaces. Pour se protéger elles demandent l’intervention des gouvernements.

Le libre commerce subit présentement des pressions politiques et culturelles en faveur de l’adoption de politiques d’achat local. Les adeptes du protectionnisme prétendent qu’en consommant des produits locaux nous favorisons les emplois locaux. Les groupes écologistes recommandent la consommation de produits locaux pour réduire les volumes de gaz à effet de serre (GES) générés par le transport des produits importés. Dans un cas comme dans l’autre ils font fausse route.

Pour prendre un exemple évident, des tomates Savoura produites en serre au Québec génèrent considérablement plus de GES que des tomates des champs produites au Mexique et transportées au Québec. Donc, tant du point de vue économique qu’environnemental il est préférable d’importer les tomates du Mexique. D’ailleurs, malgré une aide gouvernementale considérable, le producteur de tomates en serre Savoura est au bord de la faillite.

Bien sûr, Savoura emploie des travailleurs pour produire des tomates québécoises. Toutefois, le Mexique n’ayant plus les revenus associés à l’exportation de ses tomates réduira d’autant ses importations de produits québécois. Ainsi, les emplois maintenus au Québec pour produire des tomates de serre seront perdus par d’autres entreprises québécoises. À la fin, les consommateurs québécois et mexicains seront les grands perdants de cette politique d’achat local.

Poussée à l’extrême, une politique d’achat local est une recette qui mène à la faillite des économies qui la pratiquent. La piètre performance de l’économie cubaine est un bon exemple des effets pervers d’une économie fermée sur elle-même. Le fait que ce soit le blocus américain qui impose cette politique aux Cubains ne change en rien la conclusion.

Le cas particulier de l’industrie agricole

L’’industrie agricole est la cible de prédilection des défenseurs des politiques d’achat local. Ils sont secondés dans leur démarche par les écolos qui prétendent que le transport des produits agricoles génère d’importante quantité de GES.

Il est certain que le transport des denrées alimentaires entre les différentes régions du monde produit des GES. Cependant, cela ne permet pas de conclure que les produits agricoles locaux sont plus respectueux de l’environnement que ceux en provenance du Chili, du Mexique ou de la Californie.

Une étude de l’université Lincoln en Nouvelle-Zélande a calculé qu’une tonne de viande d’agneau produite en Angleterre génère 2 849 kgm de CO2. Le même agneau élevé en Nouvelle-Zélande et transporté sur une distance de 18 000 km, en génère 4 fois moins, soit seulement 688 kgm.

Une étude de Christopher L. Weber et H. Scott Matthews publiée dans Division of Labour conclut :



En général, la consommation de plantes au lieu de viande, en particulier les viandes rouges, procure plus de bénéfices pour l’environnement que la substitution de légumes locaux par des légumes transportés sur de longue distance.

Il serait fastidieux de calculer la pollution générée par chacune des étapes de production de l’ensemble des denrées que nous consommons. Toutefois, il est raisonnable d’affirmer que la pollution associée à la production d’un produit donné est proportionnel à son prix. C’est normal puisque le prix est proportionnel à la quantité de ressources requises pour le produire. Donc, généralement le consommateur qui achète le produit le moins cher protège l’environnement tout en améliorant son niveau de vie.

Malheureusement, les subventions aux producteurs locaux et les tarifs à l’importation faussent les prix et sèment la confusion chez les consommateurs. Ainsi, un consommateur, conscient des enjeux environnementaux, croira bien faire en achetant un produit local moins dispendieux. Cependant, il aura été berné par les tarifs à l’importation d’un produit équivalent ou par des subventions aux producteurs locaux. Seul le libre marché est en mesure d’établir le « juste prix » d’un produit et de guider objectivement le consommateur dans ses choix.

L’agriculture au Québec

Supposons que dans le but louable de sauver la planète, les Québécois décident d’acheter exclusivement des produits agricoles locaux. Cela augmentera la demande des produits locaux et du même coup les besoins en ressource. Cette décision n’est pas sans conséquence. Elle implique que, pour une même quantité de biens et services, le Québec utilisera plus de ressources qu’il en faudrait dans un régime économique favorisant la spécialisation et le commerce. Ainsi, les ressources utilisées inefficacement par l’industrie agricole ne seront plus disponibles pour d’autres industries qui en auraient fait une meilleure utilisation. Donc, l’économie du Québec sera moins efficace que si elle commerçait librement.

Cette conclusion est particulièrement valable pour l’industrie agricole québécoise. Le climat froid qui prévaut au Québec augmente les coûts de production bien au-delà des coûts de transport des denrées en provenance des pays du sud.

Premièrement, notre courte saison de croissance limite les fermes à une seule récolte annuelle. Donc, pour produire une quantité donnée de denrées, nous devons utiliser 2 ou 3 fois plus de terres arables qu’une région ou on produit plusieurs récoltes annuelles.

Deuxièmement, la rareté de la main-d’œuvre oblige les agriculteurs à utiliser plus d’équipements mécaniques. Ces équipements coûtent cher et leur utilisation génère de grande quantité de GES.

Troisièmement, nous utilisons plus d’engrais chimiques pour compenser la pauvreté des sols et la courte saison de croissance. Ces engrais polluent l’environnement et l’énergie nécessaire à leur production génère beaucoup de GES.

Quatrièmement, le climat impose des coûts d’opération élevés. Les agriculteurs utilisent des bâtiments chauffés, éclairés et ventilés pour protéger les animaux. Ces infrastructures énergivores sont une source non négligeable de GES.

Finalement, les cultures maraichères et horticoles requièrent l’utilisation de serres chauffées et ventilées. Une politique qui favorise ces cultures va à l’encontre d’un objectif de développement durable.

Le Québec est l’une des régions du monde ou l’industrie agricole est la moins efficace. Elle est artificiellement maintenue en vie par un régime de gestion de l’offre et par des subventions qui coûtent des centaines de millions annuellement aux consommateurs québécois.

Conclusion

La science économique démontre que le commerce enrichit ceux qui le pratiquent. Toutefois, les opposants argumentent que la création de richesse n’est pas la finalité de l’homme. Ils accusent le libre marché de tous les maux, notamment de détruire l’environnement.

Cependant, ils occultent sciemment le fait que pour une production donnée le commerce permet de réduire le gaspillage de ressources rares et limitées. Donc, indirectement, le commerce en favorisant l’économie des ressources, réduit les émissions de GES et protège l’environnement. Au contraire, les politiques d’achat local amplifient les problèmes que les groupes d’intérêt et les écolos prétendent vouloir résoudre. Comme c’est souvent le cas, les bonnes intentions ne suffisent pas.

Il est évident qu’au Québec une politique stricte d’achat local en agriculture est irréaliste et dommageable pour l’économie et l’environnement. Les régimes de gestion de l’offre, les subventions et les tarifs douaniers nuisent au développement économique du Québec. Ils favorisent une agriculture locale inefficace au détriment des consommateurs.

(1) Il est sous-entendu que l’industrie québécoise de l’aluminium est plus efficace que celle des États-Unis et vice-versa dans le cas de l’industrie laitière. Le but de ce texte n’est pas de démontrer la véracité de cette hypothèse, mais plutôt d’utiliser cette hypothèse pour démontrer les avantages du libre commerce.

(2) Traduction libre du texte : We find that although food is transported long distances in general (1640 km delivery and 6760 km life-cycle supply chain on average) the GHG emissions associated with food are dominated by the production phase, contributing 83% of the average U.S. household's 8.1 t CO2e/yr footprint for food consumption. Transportation as a whole represents only 11% of life-cycle GHG emissions, and final delivery from producer to retail contributes only 4%. Different food groups exhibit a large range in GHG-intensity; on average, red meat is around 150% more GHG-intensive than chicken or fish. Thus, we suggest that dietary shift can be a more effective means of lowering an average household's food-related climate footprint than "buying local." Shifting less than one day per week's worth of calories from red meat and dairy products to chicken, fish, eggs, or a vegetable-based diet achieves more GHG reduction than buying all locally sourced food.

La réflexion du jour

Mais tenter de couper dans les services sans remettre en question le fonctionnement de l’appareil bureaucratique – les conventions collectives érigées en système de gestion –, c’est comme espérer maigrir en mangeant moins de malbouffe; c’est s’adresser au symptôme, plutôt qu’à la cause du mal.

Parce que la source du bobo, c’est le système...--- Benoît Aubin

12 mars, 2015

La réflexion du jour

Les exemples surréalistes de cette fonctionnaire qui touche un an de salaire en encaissant des congés de maladie au moment de prendre sa retraite, et du ministre de l’Éducation qui passe à la caisse en quittant son emploi suggèrent, justement, qu’il y a quelque chose qui cloche des deux côtés de la médaille.--- Benoît Aubin

11 mars, 2015

Piketty au piquet : enquête sur une imposture

Est-ce pour souligner la légèreté du travail accompli par Piketty que l’auteur de cet essai a choisi ce titre ?

Revue de livre par Bernard Zimmern

Est-ce par dérision que l’auteur de cet essai, par ailleurs solide, a choisi ce titre, digne d’une punition d’école primaire ? Est-ce pour souligner la légèreté du travail accompli par Piketty malgré les tonnes de chiffres sous lesquels il prétend nous enterrer ? Le sous-titre – « enquête sur une imposture » – nous donne clairement l’objet du livre.

Ce n’est pas parce qu’il nous cite que nous avons été conquis par cet opuscule qui se lit très facilement. La plume y est alerte et le style incisif. L’auteur a su ne pas se laisser aller à de grandes démonstrations pour experts mais toucher là où cela fait mal. Qu’on en juge.

Nous n’avons pas vérifié mais je cite :

« Manichéen à l’extrême et prêt à faire feu de tout bois pour signifier que le riche est nuisible par nature, l’auteur du Capital au XXIème siècle va aussi jusqu’à confondre réalité et fiction. C’est ainsi qu’un certain Caledon Hockley a droit à son petit couplet. Qui est donc cet individu ? L’héritier d’une immense fortune qui s’est illustré lors du naufrage du Titanic en graissant la patte d’un officier afin d’embarquer en priorité sur un canot de sauvetage. (…) Seul problème, le sinistre Caledon Hockley n’a jamais existé. Sorti tout droit de l’imagination du cinéaste James Cameron… »

Autre « imposture » dévoilée en page 818 :

« Piketty parle de la violence des années 1930 en accusant les élites économiques et financières qui se sont enrichies en conduisant le pays à la ruine. (…) C’est dans ce contexte qu’arrive Roosevelt qui relève fortement le plafond du taux marginal de l’impôt sur le revenu abaissé à 25% sous la désastreuse présidence Hoover, et qui passe à 63% dès 1933… Le seul problème est que ce relèvement date de 1932 et pas 1933 et n’est donc pas l’œuvre de Roosevelt, mais de… Hoover, lui-même. »

La liste des erreurs de Piketty est longue et nous pourrions en donner un très long compendium qui pourrait être aussi volumineux que son ouvrage à succès. L’auteur lui donne cependant des excuses en rappelant que ses parents étaient à Lutte Ouvrière et qu’il est en fait, selon lui, un militant de gauche, drapant son idéologie sous l’habillage de la statistique.

Mais l’ancien rédacteur en chef adjoint de L’Entreprise est allé sur des terrains plus cruciaux que la seule crédibilité de Piketty et a déniché des sources sérieuses sur l’un des aspects importants des revenus aux États-Unis : ce qu’on appelle la mobilité, le fait que ceux qui sont au sommet de la pyramide y restent rarement longtemps. Alors que Piketty affirme qu’il n’existe pas de rapport conclusif sur cette mobilité, les professeurs Mark R. Rank et Thomas A. Herschel ont suivi un groupe d’Américains entre 25 et 60 ans afin d’observer l’évolution de leurs revenus sur une période de 44 ans. Leur découverte ? « Les trois quarts d‘entre eux se sont retrouvés à un moment de leur vie professionnelle parmi les 20% des revenus les plus élevés (et plus de la moitié dans le décile supérieur) (…) 54% ont flirté au moins une fois avec le seuil de pauvreté… En trouvant peu à peu une place dans la société, la plupart de ses occupants ont fini par sortir de la misère… »

Frédéric Georges-Tudo, l’auteur de l’essai, s’étonne à de multiples reprises que les médias aient pu reprendre et présenter comme des vérités des informations qui sont au mieux des erreurs, au pire des malhonnêtetés intellectuelles. Il explique clairement que cet essai est tombé à pic aux États-Unis pour permettre à un président Obama, en déroute électorale, de lancer le thème qui, depuis Abel et Caïn, avec l’intérim de Karl Marx, est un des grands moteurs de la politique.

Mais l’avertissement que lance l’auteur à la fin de son essai n’en est pas la partie la moins intéressante. L’essai se conclut par cette forte déclaration :

« Maintenant qu’il a l’oreille des médias du monde entier, Thomas Piketty ne manquera pas d’intensifier son activisme militant (…) sa doctrine distille l’idée que le monde est sclérosé, que les classes populaires sont par définition condamnées à rester clouées au sol (…) Voilà pourquoi il nous semblait très imprudent de négliger le pouvoir de nuisance de ce personnage à l‘apparence si bienveillante. Révéler ses escroqueries intellectuelles, expliquer ses erreurs d’analyse, mettre en garde contre ses recommandations désastreuses et enfin dénoncer son militantisme d’extrême gauche maquillé en recherche scientifique, c’est ce qu’a tenté d’accomplir « Piketty au piquet. »

Frédéric Georges-Tudo, Piketty au piquet, Éditions du Moment, février 2015, 219 pages.


La réflexion du jour

Comment peut-on inviter tout un chacun à se serrer la ceinture, prôner la rigueur budgétaire et accorder aux parlementaires des augmentations de salaire hors normes. À coût nul, prédit le premier ministre Couillard.

Par expérience, rien n’est à coût nul quand les politiciens s’en mêlent. Et l’Assemblée nationale n’a jamais été exemplaire sur le plan budgétaire.--- Michel Hébert

10 mars, 2015

La réflexion du jour

Le scandale, le vrai, celui qui ruine la province et impose une cure d’austérité, vient de la prolifération de la bureaucratie, de sa rigidité, de son inefficacité, de sa complaisance, et de son refus de se remettre en question.--- Benoît Aubin

09 mars, 2015

Les Nord Coréens découvrent lentement les bienfaits du capitalisme

Même en Corée du Nord il existe des preuves que le capitalisme est largement supérieur au communiste.


La réflexion du jour

Que ce soit à la «Coalition pour la survie des services publics» ou à la «Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics», il n’est jamais question de BONS services publics. Ce ne sont pas les résultats qui importent, mais que les services soient offerts par le secteur public.

Ces œillères-là, qui coûtent cher, n’ont plus aucune raison d’être aujourd’hui.--- Youri Chassin

07 mars, 2015

La réflexion du jour

Un film qui vient de sortir, Kingsman, Services secrets, indique que le point de basculement culturel est atteint. Il est désormais sûr et commercialement rentable pour l’industrie du cinéma de se moquer de la croyance au réchauffement climatique. L’intrigue est l’histoire d’un méchant milliardaire du nom de Richard Valentine persuadé que les humains, responsables du réchauffement climatique, sont des virus qui tuent la planète. Pour faire cesser le phénomène, il entreprend de tuer une grande partie de l’humanité. Son plan diabolique, qui correspond sensiblement aux rêves du mouvement des Verts, est contrecarré par des personnes qui présentent bien et aux manières impeccables.--- David Archibald, Contrepoints

06 mars, 2015

L’économie, un jeu complexe qui exige des règles claires

Tous les jeux d’équipe (hockey, football, soccer, baseball, etc.) requièrent des règles du jeu connues et stables. Dans le cas contraire, l’efficacité des instructeurs et des joueurs serait réduite à néant et le jeu perdrait tout intérêt.

C’est la même chose en économie. Mais dans ce cas, le jeu est beaucoup plus complexe dû au nombre de joueurs et aux nombreuses règles (lois et règlements) qui régissent son bon fonctionnement.  Toutefois, cela ne justifie en rien des règles  imprécises et changeantes. Bien au contraire,  plus le jeu est complexe plus les règles doivent être précises et stables.
Prenons l’exemple de l’industrie minière québécoise. Depuis quatre ou cinq ans, les minières savaient que les règles du jeu seraient modifiées, mais les politiciens n’arrivaient pas à s’entendre sur les nouvelles règles.

Le gouvernement libéral déposa un projet de loi qui visait principalement à protéger l’environnement et à bonifier le régime de redevances. Suite à l’élection du gouvernement minoritaire péquiste, la ministre du Développement économique concocta un nouveau projet de loi plus exigeant. Après de longues et ardues négociations, une version diluée de ce projet de loi fut finalement approuvée grâce à la coopération de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Malheureusement, l’incertitude persistait. La possibilité de l’élection d’un gouvernement majoritaire péquiste laissait entrevoir des temps difficiles pour l’industrie. Enfin, après quelques années de tergiversation, l’élection du Parti libéral du Québec (PLQ) mit fin à l’incertitude.

Le résultat : pendant cette longue période d’incertitude, de nombreux projets furent retardés ou abandonnés au détriment de la croissance économique du Québec.

L’industrie des énergies fossiles vivote dans un environnement encore plus kafkaïen que celui de l’industrie minière. Les dommages causés à l’économie du Québec sont énormes et ses effets négatifs se feront sentir encore pendant plusieurs années, voire une décennie ou plus.

L’incertitude est l’ennemie numéro un des entreprises. Déjà qu’elles font face à de multiples variables difficiles à contrôler : comportement des clients, des fournisseurs, des concurrents, et des autres agents qui influencent positivement ou négativement leur réussite, des règles du jeu imprécises et changeantes peuvent facilement faire déborder un verre déjà plein. Alors, ils retarderont une décision ou pire, déménageront leurs pénates sous des cieux plus cléments.

Malheureusement, il y a pire. Plusieurs entreprises concluent, malheureusement avec raison, que la meilleure façon de faire face à l’incertitude est de contrôler directement les conditions économiques dans lesquelles elles évoluent. Elles vont donc chercher à obtenir des privilèges auprès de l’État afin de réduire l’incertitude.

Elles investiront des ressources considérables pour convaincre les politiciens et la haute fonction publique de modifier les règles du jeu en leur faveur. Les concurrents, moins riches ou plus scrupuleux, seront désavantagés ou même évincés du marché, non parce qu’ils sont moins compétents, mais parce que, faute de moyens, ils n’ont pas pu obtenir les faveurs de l’État.

La collaboration entre l’État et les entreprises bénéficiant d’un préjugé favorable de la part des politiciens peut parfois atteindre un tel niveau que  les deux se confondent. Les entreprises privilégiées embaucheront d’anciens hauts fonctionnaires et autres technocrates, en guise de remerciement pour les privilèges reçus ou dans l’espoir de futurs privilèges. Elles investiront dans des projets électoralistes chers aux politiciens. L’histoire récente des entreprises oeuvrant  dans les secteurs minier et énergétique sont des exemples probants de ce phénomène.

Des règles du jeu imprécises et changeantes justifient un rapprochement malsain entre les entreprises et l’État et engendrent un capitalisme de connivence particulièrement favorable à la collusion et la corruption. Il suffit d’écouter les audiences de la Commission Charbonneau pour s’en convaincre
.
Mais s’il est possible de contrôler à l’intérieur de limites raisonnables la corruption, ce n’est pas la fin de l’histoire. Ces entreprises influenceront le contenu des lois et règlements touchant leur domaine d’activité. Si les intérêts de ces entreprises et ceux des contribuables/consommateurs coïncident, tant mieux, mais c’est rarement le cas. Cette grande proximité entre les fleurons de Québec inc. et les politiciens non seulement favorise la corruption, mais, coûte cher au trésor public. Ce qui est encore plus grave, ce capitalisme de connivence mine la confiance des Québécois envers nos institutions.

Donc, pour éviter les dangers inhérents à des règles du jeu floues et changeantes, celles-ci doivent être rédigées de façon à réduire, sinon éliminer, l’arbitraire et à assurer leur pérennité. Si cela s’avère impossible, alors il est généralement préférable que le gouvernement s’abstienne d’intervenir.

En utilisant l’exemple du football, le professeur Steve Horowitz explique pourquoi et comment des règles incertaines affectent négativement la société, l’économie et nos vies.


La réflexion du jour

Par "capitalisme d'État", le ministre entend un gouvernement dont l'approche consisterait, par exemple, à créer un programme de soutien aux entreprises auquel les entreprises devraient s'adapter, sous peine d'en être exclues. Tandis que le modèle qu'il revendique consisterait plutôt à créer un programme qui sait s'adapter aux besoins et aux réalités des entreprises.--- Jacques D'Aoust, ministre de l'Économie

05 mars, 2015

La réflexion du jour

Cela fait plus de 40 ans que j'observe les affaires du monde et je constate que l'industrie de la peur est une des plus florissantes. Les gouvernements en mal de faire passer une décision, les groupes de pression désireux d'imposer leurs idées, les ONG soucieuses d'attirer l'attention sur une affaire n'hésitent jamais à accentuer le négatif afin de convaincre l'opinion publique de la justesse de leur cause et de l'urgence d'agir.--- Jocelyn Coulon

04 mars, 2015

Le Mystère du Capital: le capitalisme et l’informalité.

Revue de livre par Le Minarchiste

« The Mystery of Capital : Why Capitalism Triumphs in the West and fails Everywhere Else », par Hernando De Soto, 2000, 228 pages.

*Notez que les statistiques citées dans cet article datent de l’époque de publication du livre.

L’économiste péruvien Hernando De Soto s’est posé une question fort simple, mais combien intéressante : pourquoi certains pays sont riches alors que d’autres sont pauvres? Selon lui, la différence de richesse entre l’Occident et le reste du monde est bien trop grande pour être explicable que par les différences culturelles ou par un manque d’épargne. Même dans les pays les plus pauvres, les gens épargnent. En fait, la valeur de ces épargnes est estimée à un multiple de 40 fois toute l’aide étrangère reçue par ces pays depuis 1945. Et ces pays regorgent d’entrepreneurs créatifs et débrouillards.

Cependant, cette épargne est détenue sous forme non-productive : des maisons construites sur des terrains dont la propriété est mal définie ainsi que des entreprises non-incorporées et informelles, voire illégales. 

Ces actifs sont du « capital mort ».

Comme les droits de propriétés de ces actifs ne sont pas adéquatement documentés, ils ne peuvent être transformés en capital productif, par exemple faisant l’objet d’un prêt hypothécaire qui pourrait servir à investir dans une entreprise. En fait, le crédit hypothécaire est la plus grande source de capital pour démarrer une entreprise aux États-Unis.

Le capital est un concept intangible, et comme plusieurs autres concepts intangibles – comme la musique ou le temps – l’humain a dû inventer des systèmes pour les représenter, les mesurer et les utiliser productivement (la notation musicale, l’horloge, le calendrier…). C’est la même chose pour le capital : le système légal gérant droits de propriété est le système qui donne vie au capital et lui permet de libérer son potentiel productif.

Quelle est l’ampleur du « capital mort »?

De Soto et son équipe sont allés sur le terrain au Caire, à Lima, à Manille, à Mexico et à Port-au-Prince. Ils ont constaté que dans ces endroits, personne ne sait vraiment qui est propriétaire de quoi que ce soit. Aux Philippines, plus de 60% des gens vivent dans des habitations dont les droits de propriétés sont indéfinis; ce pourcentage atteint 97% en Haïti rurale.

Ils ont aussi mesuré que le temps et l’argent requis pour enregistrer une propriété et démarrer une entreprise sont excessivement longs. Par exemple, démarrer une petite entreprise au Pérou leur a pris 289 jours et coûté $1,231 soit 31 fois le salaire minimum mensuel. Pour obtenir l’autorisation de bâtir une maison en Haïti il vous faudra d’abord obtenir l’autorisation de louer le terrain auprès du gouvernement, ce qui prend 2 ans. Après 5 ans de location, il vous faudra une douzaine d’années pour obtenir l’autorisation d’acheter le terrain, pour un total de 19 ans de procédures pour une simple habitation.

Conséquemment, en raison de ces barrières infranchissables, la majorité des habitants de ces pays choisissent de rester dans le secteur informel. Ces pays bourdonnent d’entrepreneurs, mais leur capital est « mort », prisonnier d’un flou administratif, d’une forme de socialisme kleptocratique. Selon l’International Labor Organization, entre 1990 et 2000, 85% des emplois créés en Amérique Latine se retrouvent dans l’économie informelle.

En Haïti, l’immobilier informel vaudrait $5.2 milliards, soit 4 fois la somme totale des actifs des entreprises légales opérant dans ce pays, 9 fois la valeur des actifs appartenant au gouvernement et 158 fois la valeur de l’aide étrangère reçue par ce pays.

Au Pérou, ces actifs valent $74 milliards, soit 5 fois la valeur de la bourse de Lima avant la débâcle de 1998 et 14 fois la valeur de tous les investissements directs étrangers de son histoire.

Aux Philippines, c’est $133 milliards, soit 4 fois la valeur des 216 entreprises domestiques listées à la bourse, 7 fois la somme des dépôts bancaires du pays, 9 fois le capital total des entreprises d’État et 14 fois la valeur de tous les investissements directs étrangers qui y ont été effectués à ce jour.

La somme est encore plus imposante en Égypte, soit $240 milliards, ce qui représente 30 fois la capitalisation boursière locale et 55 fois les investissements directs étrangers.

Si on extrapole ces chiffres à l’ensemble du Tiers-Monde, on obtient une valeur de $9.3 billions, soit deux fois plus que la masse monétaire en circulation aux États-Unis (à l’époque de la rédaction du livre)! C’est environ la somme des capitalisations boursières des bourses de New York, Tokyo, Londres, Frankfort, Toronto, Paris, Milan, le Nasdaq ainsi qu’une douzaine d’autres places boursières combinées. C’est plus de 20 fois la somme des investissements directs étrangers au Tiers-Monde et anciens pays communistes durant la décennie 1989-99, 46 fois la somme des prêts octroyés par la Banque Mondiale au cours des trois dernières décennies et 93 fois la somme de l’aide étrangère envoyée à ces pays par les Occidentaux.

L’un des gros « bidonvilles » visité par De Soto avait été mis sur pied par le conseil municipal pour permettre aux familles de 7,000 employés gouvernementaux d’avoir un logis. En fait, même la résidence officielle du chef de l’État ne détenait pas de titre de propriété en règle!

Les bienfaits d’un système adéquat de droits de propriété

Selon De Soto, il est inutile d’amener les pays du Tiers-Monde à adopter les façons de faire des pays développés (devise stable et flottante, libre-échange, privatisations, etc) si à la base il n’y existe aucun système de droits de propriétés efficace et accessible.

Grâce à un système de droits de propriété formel, une grande usine peut être la propriété de centaines de personnes, qui peuvent à un moment ou un autre vendre leur investissement sans affecter l’intégrité de l’usine physique.

Dans les pays en développement, on constate que les terres agricoles héritées sont divisées entre les enfants, ce qui engendre un véritable morcellement et résulte en une production inefficace. Un système de droits de propriété bien définis permet aux enfants de vendre ou acheter des parcelles de manière à qu’une industrie plus consolidée et à plus grande échelle puisse émerger, ce qui augmente la productivité.

Un système légal adéquat permet une meilleure division du travail puisqu’il permet aux entrepreneurs d’opérer à plus grande échelle plutôt que dans un petit cercle informel. Plus le marché a de l’ampleur, plus la division du travail sera raffinée et donc plus l’économie sera productive.

Un système légal déficient favorise les inégalités sociales, puisque les seuls qui puissent avoir accès à la propriété et, par conséquent, au capital créateur de richesse, sont ceux qui ont les moyens de payer les avocats, les lobbys et les pots-de-vin nécessaires à l’obtention des permis et des autorisations. Les pauvres se retrouvent dans l’impossibilité de lever des capitaux pour investir et produire davantage. L’accès à la richesse leur est bloqué par le « ruban rouge ». De Soto affirme qu’un entrepreneur oeuvrant dans l’économie informelle doit payer environ 10% à 15% de son revenu annuel en pots-de-vin pour rester en opération.

L’un des phénomènes que De Soto a observé dans le monde est l’urbanisation des populations rurales. Les gens quittent les campagnes pour aller en ville pour obtenir de meilleures conditions de vie. Face à cette migration, les gouvernements ont cherché à lui mettre des bâtons dans les roues. Une forme de discrimination fut alors mise en place de manière à ralentir, voire décourager la migration urbaine (comme par exemple le système des « hukous » en Chine). Cette discrimination s’est entre autres manifestée par des obstacles légaux bloquant l’accès à la légalité. Devant l’impossibilité d’accéder aux mécanismes de propriété légaux, ces migrants se sont réfugiés dans l’informalité.

Dans les pays Européens des 16e et 17e siècles, le nombre d’habitants « extralégaux » devint si grand qu’il en vint à déstabiliser l’ordre politique et mercantiliste de l’époque. Ces gens en sont venus à considérer l’État comme un ennemi, qui préfère les persécuter plutôt que d’adapter son système légal à leur réalité. Cela a non seulement retardé le développement économique, mais a en plus causé de la violence, allant même jusqu’à des révolutions (France et Russie).

L’exemple des États-Unis

Il a fallu plus d’un siècle pour que le gouvernement américain adopte des lois qui ont intégré et formalisé les systèmes de droits de propriété. Une fois toutes ces règles informelles locales intégrées en un système cohérent à l’échelle nationale, le pouvoir de création de richesse de cette économie fut déclenché.

En Amérique coloniale, les gens étaient coincés dans le carcan inflexible des lois britanniques. Au 17e siècle, une grande partie de la population vivait en « squatteurs » sur des terres où aucun droit de propriété formel n’était défini. Même les soldats, brûlant leurs cabanes, ravageant leurs champs et détruisant leurs clôtures, n’arrivaient pas à les éradiquer.

Dans le Midwest, on observa même des « Claims Association », qui étaient en fait des systèmes légaux parallèles servant à définir et protéger les droits de propriété informels dans une région donnée. Des organisations similaires apparurent en Californie pour gérer les droits de propriétés lors de la ruée vers l’or.

Graduellement les «  lois d’occupation » ont été adoptées par les gouvernements. Au Kentucky, les revendications territoriales représentaient 3 fois la superficie de l’État au début du 19e siècle! Une décision de la Cour Suprême en 1823 (Green vs Biddle) vint alors éliminer les droits de propriété des propriétaires informels dans cet état. Cependant, cette décision engendra une immense révolte politique au niveau national.

Conséquemment, entre1834 et 1856, onze états ont adopté des lois d’occupation similaires à celle invalidée par la cour au Kentucky. Entre 1830 et 1841, le Congrès a mis en place et renforcé des lois de « préemption » permettant aux propriétaires informels d’acheter une terre de 160 âcres pour $1.25/âcre (Homestead Act). La vaste majorité des terres ainsi achetées étaient déjà occupées par les squatteurs qui les ont achetées, elles ne furent pas achetées par de nouveaux arrivants. Cette loi ne fut donc qu’un subterfuge pour intégrer les squatteurs au système officiel, ce qui fut très bénéfique.
En 1866, les législateurs adoptèrent des lois reconnaissant les contrats conclus hors du système légal officiel. En 1872, une loi minière vint consolider les acquis des mineurs quant à leurs organisations extralégales. Dès 1880, les États-Unis avaient réussi à intégrer les systèmes de propriété informels en un système cohérent qui allait mettre la table pour l’incroyable croissance économique qui allait suivre.

Comment mettre en place un tel système?

Le problème n’est parfois pas l’absence d’un système de propriété, mais plutôt l’accès à ce dernier, qui n’est souvent réservé qu’à l’élite dans les pays du Tiers-Monde. De Soto parle même d’un « Apartheid » économique. Pourquoi est-ce que ces pays n’arrivent pas à augmenter l’accès au système légal? De Soto voit 5 raisons :
  • Parce que le gouvernement s’imagine que l’informalité est un moyen d’économiser des impôts (en fait, l’informalité coûte plus cher que l’impôt).
  • Parce qu’ils considèrent que la propriété des actifs immobiliers ne peut être reconnue légalement car ils n’ont pas été enregistrés sur une cadastre officielle (c’est faux comme nous le verrons plus loin).
  • Parce qu’ils négligent de considérer les coûts associés à la conformité à la loi (qui sont souvent prohibitifs), ainsi que les délais encourus durant le processus. Il faut réduire le « ruban rouge ».
  • Parce que lors de l’établissement d’un nouveau système légal, les gouvernements considèrent que les arrangements informels existants peuvent être simplement ignorés. Il faut plutôt trouver un moyen de les intégrer au nouveau système.
  • Parce qu’ils manquent de volonté politique pour affronter les élites qui bénéficient du système et enrayer les fonctionnaires corrompus qui perçoivent les pots-de-vin.
Lorsqu’il décrit les moyens permettant de mettre en place un système de droits de propriété efficient dans les pays en développement, De Soto raconte une anecdote intéressante. Alors qu’il traversait un champs divisé en diverses propriétés agricoles informelles, il était facile de savoir qu’il changeait de propriété même si aucune cadastre n’existe. Il ne fallait qu’écouter quel chien aboie! Les chiens (tout comme les paysans de cette communauté) connaissaient très bien les limites du terrain de chacun. À petite échelle, les droits de propriété informels sont facile à documenter. Il suffit de se rendre sur le terrain et de parler aux gens….et d’écouter les chiens qui aboient!

Des réformes possibles?

Au Pérou, vers la fin des années 1980s, De Soto a proposé des réformes du système légal. Des sondages indiquèrent que la population approuvait ces changements à 90%. Ils furent donc adoptés par le Congrès avec le support de tous les chefs de parti (Fujimori, Vargas Llosa et Garcia).
Pour De Soto, se construire une nouvelle maison dans l’informalité est équivalent à tenter de mettre des bas après avoir mis ses souliers. Il faut d’abord trouver un espace libre et l’occuper personnellement. On construit une tente rudimentaire dans laquelle on commence à accumuler des biens et du mobilier. On renforcit ensuite graduellement la structure de manière à ce que le logis devienne plus habitable. Au fil du temps, la cabane rustique en vient à ressembler à une petite maison. On finit ensuite par obtenir l’électricité et possiblement l’aqueduc.

L’élite entrepreneuriale (et non gouvernementale) devrait adhérer à des réformes du système légal puisque cela en viendrait à élargir considérablement le marché commercial, ce qui serait profitable pour eux. Les avocats quant à eux ont été une force de résistance au changement, ayant une tendance profondément inculquée à préserver le système tel qu’il est. Ils sont aussi bien implantés au sein du gouvernement et contrôlent donc les leviers leur permettant de maintenir le statu quo. Pour De Soto, ils sont la clé du changement.

De Soto pense que les économistes et politiciens occidentaux ont oublié ce qui a causé le succès du capitalisme : un système efficient de droits de propriété. Ils ne sont donc pas enclins à mettre en place un tel système dans les pays en voie de développement, préférant plutôt leur balancer de l’aide financière et des « ajustements structurels » (voir ceci).

Conclusion

Cela faisait un bon bout de temps que j’avais entendu parlé de ce livre, mais je n’avais jamais pris l’initiative de le livre, me disant que son contenu m’apparaîtrait évident. Ce fut une erreur; j’aurais dû le lire il y a longtemps!

En fait, je me suis posé la même question de De Soto dès 2010. C’est alors que j’ai entrepris la publication d’une série d’articles intitulés Diagnostic Pauvreté (voir les liens au bas de l’article). Le premier article de la série, qui concerne le Bangladesh, est le deuxième article le plus lu de l’histoire de ce blogue. Si De Soto avait visité le Bangladesh dans le cadre de ses recherches, il y aurait trouvé un exemple on ne peut plus typique de sa thèse. Toutes les recherches que j’ai effectuées dans le cadre de cette série d’articles corroborent le contenu de « Mystery of Capital ».

J’ai d’ailleurs publié deux articles concernant l’inutilité de l’aide étrangère aux pays en voie de développement (ici et ici). L’aide internationale aux pays du Tiers-monde a totalisé plus de $600 milliards en 50 ans. De telles dépenses auraient dû conduire à des améliorations dans le développement, mais ont en réalité seulement servi à enraciner le système corrompu dont les politiques entravent le développement.

D’une certaine manière, la thèse de De Soto a été confirmée par le Printemps Arabe, qui a été déclenché par un marchand informel Tunisien qui s’est désespérément immolé après avoir été persécuté par les autorités. On verra si ce changement mènera à des réformes bénéfiques…