Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Celui qui a découvert que tout ce qui monte doit redescendre n’a sûrement jamais été taxé au Québec.--- Michel Beaudry

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31 janvier, 2012

Subventions : les perles du 21 au 27 janvier 2012

Chaque semaine, le blogue de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle des perles cette semaine est une subvention de 7 987 253 $ au Parc-Aventure Mont-Citadelle. L’entreprise a fait faillite quatre mois après l’encaissement de la subvention. Si cela ne vous semble pas suspect, c’est que vous êtes un interventionniste dogmatique.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les promoteurs font de nouveau appel au gouvernement pour sauver le projet. Et pourquoi pas, ce n’est que l’argent des cochons payeurs!

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8 M$

Au Parc-Aventure Mont-Citadelle

EN FAILLITE APRÈS 4 MOIS D’ACTIVITÉS

On se demande comment un désastre pareil peut se produire de nos jours.

Le Parc-Aventure Mont-Citadelle, situé à Saint-Honoré-de-Témiscouata, a fermé ses portes en octobre dernier après seulement quatre mois d’activités.

Le projet avait reçu 7 987 253 $ en subvention du gouvernement du Québec.

Ouvert le 29 juin 2011, Mont-Citadelle s’est retrouvé en faillite technique dès l’automne avec des créances de cinq millions de dollars, conséquence, apparemment, d’un manque de contrôle et d’évaluations irréalistes.

Le projet du centre de plein-air de 12 M$, dont la vedette est le Fantasticable, une tyrolienne géante de 1 150 mètres, unique en Amérique du Nord, devait être financé au 2/3 par le gouvernement du Québec et au 1/3 par les promoteurs.

Or, la construction du site a entraîné des dépassements de coûts de 2 M$, attribuables à des dépenses sous-évaluées.

Pour payer sa quote-part de 3 993 638 $, Citadelle devait contracter une créance hypothécaire et aller chercher 1,5 M$ dans le milieu. La campagne de financement a atteint 600 000 $, enregistrant un manque à gagner de près d’un million.

Si cet objectif était atteint et qu’il n’y avait pas de dépassement de coûts, le Ministère des Affaires municipales s’engageait à verser 2 M$. Le MAMROT a évidemment sa subvention.

Enfin, le site a accueilli 40% moins de visiteurs que prévu : à peine 12 000 à sa première saison.

Voilà les ingrédients d’un désastre.

Le comité des fournisseurs créanciers (74 entreprises) a établi un plan d’affaires pour tenter de relancer le projet. On estime qu’il faudrait une mise de fonds de plus d’un million de dollars pour redémarrer le dossier. Et vous l’aurez deviné, on pense que la solution devrait impliquer à nouveau le gouvernement du Québec.

500 000 $

Pour l’Héritage 1

Nos collègues de l’hebdo Le Saint-Laurent Portage ont appris en exclusivité que la Compagnie de navigation des Basques recevrait une subvention de près de 500 000 $ pour la remise aux normes de son traversier l’Héritage 1 qui assure la navette entre Trois-Pistoles et Les Escoumins. Le gouvernement fédéral serait appelé à verser un montant similaire à celui du gouvernement du Québec. La Compagnie de navigation des Basques aurait de son côté à assumer la balance de la facture, soit un peu plus de 375 000 $. Pour répondre aux normes de Transport Canada, un traversier doit aller en cale sèche aux 4 ans. La soumission de Méridien Maritime de Matane pour exécuter les travaux s’élève à 1 368 000 $.

90 000 $

À La contrée en montagnes

Une aide financière est accordée pour soutenir la réalisation du projet de gouvernance territoriale partagée La contrée en montagnes dans Bellechasse. Le projet de gouvernance territoriale partagée regroupe les paroisses de Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland, de Saint-Léon-de-Standon, de Saint-Nazaire-de-Dorchester et de Saint-Philémon. Il a été élaboré selon le modèle français de l’intercommunalité, lequel est fondé sur la préoccupation du développement complémentaire de chacun des partenaires territoriaux. Selon ce modèle, chaque partenaire veille à la promotion de ses avantages et de ses forces tout en mettant en valeur les ressources des autres collectivités et s’applique au développement du territoire commun.

1 065 632 $

Pour la transformation de produits marins

Québec appuie les projets de quatre entreprises de transformation de produits marins situées sur la Côte-Nord et en Gaspésie : Les Crabiers du Nord (462 127 $), Dégust-Mer (53 305 $), Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan (225 750 $), Poséidon « Les poissons et crustacés » (324 450 $).

243 000 $

Pour la culture des Îles-de-la-Madeleine

Signature de deux ententes dans le domaine de la culture pour les Îles-de-la-Madeleine : une première avec l’organisme Arrimage et la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, de 153 000 $, et une autre avec la Municipalité, de 90 000 $.

5 000 $

Pour le Prix à la création artistique

Le CALQ annonce que son Prix à la création artistique pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, assorti d’un montant de 5 000 $, est décerné au romancier André Girard. Le Prix à la création artistique du CALQ est décerné aux créateurs dont le travail et les réalisations dynamisent la vie artistique de leur région.

115 000 $

À SEREX

Attribution d’une aide financière au Service de recherche et d’expertise en transformation des produits forestiers (SEREX) pour son projet d’innovation intitulé « Développement d’un condenseur de fumées pour les chaudières de chauffage avec bûches de bois et réduction des émissions de particules fines ».

La réflexion du jour

Le « modèle québécois » coûte cher. Nos gouvernements aiment « intervenir » pour stimuler l’économie, encourager le développement de certains secteurs et, par-dessus tout, pour « créer et sauver des emplois ». --- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 7,8 G$

En 2009, le gouvernement du Québec, celui d’Ottawa et les administrations locales ont versé 7 772 millions de dollars (ou 7,7 milliards) en subventions et transferts de capitaux aux entreprises d’ici.

30 janvier, 2012

Endettement, les individus suivent l’exemple des gouvernements

Depuis plusieurs mois, les politiciens nous font la morale pour que nous reprenions le contrôle de nos finances. Aux dernières nouvelles, l’endettement des ménages excédait 150 % du revenu personnel disponible. Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, nous reproche de trop nous endetter; Jim Flaherty, ministre des Finances du gouvernement Harper, menace de resserrer à nouveau les conditions d’emprunts hypothécaires; le gouvernement Charest veut augmenter le pourcentage de remboursement minimum des cartes de crédit; les biens pensants dénoncent l’achat d’une auto financée sur une période de huit ans; etc.

Comprenez-moi bien, s’endetter pour financer l’épicerie, autre que pour passer un mauvais moment, est irresponsable, mais les politiciens n’ont pas de leçon à donner à personne.

Primo, depuis plus de trente ans, les politiciens de tous les niveaux de gouvernement empruntent pour payer l’épicerie. Il ne faut donc pas se surprendre si les gens les imitent. Ils seraient plus crédibles s’ils faisaient le ménage des finances publiques sans, comme d’habitude, piger dans nos poches.

Deuxio, le revenu personnel disponible des Québécois est le plus bas au Canada, voire en Amérique. Si les politiciens ne confisquaient pas une si grande part de nos revenus, nous pourrions réduire notre taux d’endettement.

Tertio, cela fait plus de quarante ans qu’on nous infantilise et soudainement on nous demande de se responsabiliser. Le processus sera d’autant plus long que nos élites politiques, à la solde des groupes d’intérêts, continuent de dépenser comme si l’argent poussait dans les arbres. Il suffit de revoir la longue liste hebdomadaire des subventions pour s’en convaincre

L’adage populaire Qui paye ses dettes s'enrichit, est toujours un sage conseil. Lorsque l'on paye ses dettes, on n'a plus à payer les intérêts et c'est de leur somme que l'on s'enrichit ensuite. Cela est vrai pour les individus et les gouvernements.

Malheureusement, les politiciens actuels gèrent les fonds publics avec tant de désinvolture qu’ils n’ont pas la légitimité morale requise pour nous faire la leçon dans ce domaine. Il faudra attendre une nouvelle génération de politiciens plus responsables, qui sauront, je l’espère, comprendre qu’on ne peut pas vivre au-dessus de nos moyens indéfiniment.

La réflexion du jour

Le capitalisme de connivence et le corporatisme sont des symptômes d’un gouvernement trop imposant et qui a trop de pouvoirs. Conséquemment, la solution à ce problème est de limiter le champs d’intervention de l’État. --- Le minarchiste

Le chiffre du jour : 250 M$

Un nouvel amphithéâtre sera construit à Québec, dont les coûts seront essentiellement défrayés par le gouvernement provincial ($200 millions) et la Ville de Québec ($50 million plus un prêt). Québécor n’aura ensuite qu’à obtenir une franchise de la LNH et l’implanter à Québec. L’entreprise pourra diffuser les matchs sur TVA Sports, mais elle pourra aussi utiliser l’amphithéâtre pour tenir des productions télévisuelles telles que Star Académie. Québécor arrivera donc à ses fins à moindre coût grâce à la bienveillance forcée des contribuables!

29 janvier, 2012

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

Il fait peu de doutes dans mon esprit que 2012 sera une année électorale. Nous entendrons beaucoup parler d'investissements publics: du Plan Nord dans le cas du PLQ, de la nationalisation des entreprises oeuvrant dans le secteur des ressources naturelles dans le cas du PQ à la sauce «Maitres chez Nous 21è siècle» du nouveau candidat de «prestige», Daniel Breton, et des investissements de la Caisse de dépôt et placement dans l'économie québécoise dans le cas de la CAQ.


Il serait pourtant bien plus important que les partis nous parlent de leur stratégie pour créer un climat favorable aux investissements privés, ces investissements qui permettront de diminuer le coût unitaire de la main d'oeuvre en haussant la productivité générale de notre économie.--- Martin Coiteux

Le chiffre du jour : 30 %

Par rapport au coût unitaire de la main d'oeuvre américaine, le coût unitaire de la main d'oeuvre québécoise a bondi de près de 30% depuis 1997, une année au cours de laquelle la compétitivité des exportations manufacturières québécoises ne faisait aucun doute même si le dollar canadien n'avait toujours pas atteint son plancher historique. 30% de plus! Pourquoi une entreprise devrait-elle maintenant embaucher un travailleur québécois lorsqu'un travailleur américain est en mesure de faire le même travail à un coût beaucoup moindre? Dans le contexte nord-américain qui est celui du Québec, récupérer ce 30% de perte de compétitivité relative depuis 1997 devrait constituer l'un des objectifs explicites de nos politiques économiques.

28 janvier, 2012

La réflexion du jour

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) demande au ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, aussi responsable de la Régie du logement, d'enclencher la réforme des critères de fixation de loyer élaborés dans les années 70 et ainsi, de briser le cercle vicieux qui fait fuir les investissements indispensables à la préservation du parc de logements locatifs.

Le chiffre du jour : 34 ans

Pour les immeubles ayant fait l'objet de travaux majeurs, le gouvernement du Québec promet depuis 2003 de bonifier le taux d'ajustement de loyer accordé aux propriétaires. Or, il fait exactement le contraire : en 2012, la Régie n'accordera que 2,42 $ d'augmentation par tranche de 1000 $ de travaux lors d'une demande de fixation de loyer. En d'autres mots, il faudra 34 ans à un propriétaire pour recouvrer le montant déboursé. Ce taux n'aura jamais été plus bas dans toute l'histoire de la Régie du logement.

(NDLR : Voilà pourquoi les propriétaires n'ont pas les moyens d'entretenir leurs logements. Un bel exemple d'une règlementation qui fait le contraire de ce pourquoi elle a été émise.)

27 janvier, 2012

La réflexion du jour

« Nous sommes choyés par l'étendue du talent des créateurs montréalais et sommes conscients de l'importance de leur offrir des équipements et des plates-formes de pointe, en quantité suffisante, sur l'ensemble de notre territoire. À cet effet, nous pouvons être fiers des efforts que nous avons déployés afin de réaffirmer le rayonnement culturel de notre ville. Montréal occupe une place de choix dans ce palmarès et nous tenons à préserver ce leadership culturel », a déclaré Mme Fotopulos, responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Le chiffre du jour : 55 $

Les résultats de cette étude montrent que Montréal assure un leadership certain en matière de dépenses culturelles (dépenses de fonctionnement sans les dépenses en immobilisations) pour l'ensemble des domaines culturels, excluant celui des bibliothèques municipales, avec 43 $ par habitant en 2009. Montréal est suivie de près par Vancouver qui dépense 37 $ par habitant. Les trois autres villes, soit Ottawa, Calgary et Toronto, dépensent quant à elles une vingtaine de dollars par citoyen, soit 23 $, 21 $ et 17 $, respectivement.


Si l'on prend en compte les dépenses en immobilisations de 12 $ par citoyen, Montréal se classe au premier rang au chapitre des dépenses totales en culture, avec un investissement de 55 $ pour chaque Montréalais.

(NDLR : Selon les politiciens, le succès est proportionnel au niveau des dépenses qu'ils génèrent. La rentabilité n'est pas une notion utile dans le merveilleux monde politique. Montréal est la ville la plus pauvre qui dépense le plus. Cherchez l'erreur!)

26 janvier, 2012

La réflexion du jour

Tous les experts conviennent que la santé est un gouffre sans fond et que c’est l’organisation des soins qui fait défaut. --- Donald Charette

Le chiffre du jour : 51 %

Québec serait plus convaincant si l’argent se rendait dans les soins plutôt que de se perdre dans les dédales des hôpitaux et des Agences de santé. Le nombre de cadres dans ce secteur a augmenté de 51% depuis 10 ans nous apprenait récemment le Journal, pour une masse salariale de 1 milliard$!

25 janvier, 2012

La réflexion du jour

Le gouvernement Charest a raté de loin son objectif de réduction des coûts des formalités administratives pour la période 2004 et 2010. --- JdM

(NDLR : Êtes-vous surpris? La prochaine étape prévisible : embaucher plus de fonctionnaire pour évaluer pourquoi le programme n'a pas fonctionner!!)

Le chiffre du jour : 7,2 G$

Alors qu'il s'était fixé un objectif de réduction de 20%, les résultats préliminaires montrent qu'au cours de cette période le coût des formalités a plutôt été réduit de seulement 6,7%.
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Le coût direct de la réglementation pour les PME québécoises de moins de cinq employés était évalué, en 2008, à 6531$ par employé, contre 1128$ pour les entreprises de plus de 100 employés.


Le coût de la conformité à la réglementation imposée aux entreprises était estimé à 7,2 G$, ce qui représente 2,4% du PIB du Québec.

24 janvier, 2012

Subventions : les perles du 14 au 20 janvier 2012

Chaque semaine, le blogue de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.
Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle des perles cette semaine est une subvention de 5 450 000 $ à Tafisa Canada, spécialisée dans la production de panneaux de particules. Tafisa Canada est la propriété de Sonae Indústria, SGPS, SA, une entreprise portugaise qui a accumulé environ 500 M$ de pertes entre janvier 2008 et septembre 2011. Il est probable que Sonae fera faillite bientôt et nous pourrons dire adieu à notre généreuse subvention. Plus cave que ça tu meures!

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2,45 M$

Pour une école de danse

Voilà qui n’est pas banal : une école de danse s’installera bientôt dans une église, à Chicoutimi, alors que la fonction de culte sera maintenue dans la section du chœur. On aura tout vu au Royaume. Le ministère de la Culture vient de donner son accord de principe au projet d’aménagement des locaux de l’École de danse Florence-Fourcaudot dans l’église Saint-Luc, à Chicoutimi.

125 000 $

Au Grand Prix de ski acrobatique Postes Canada

Aide financière accordée à cette compétition qui s’est déroulée la semaine dernière au Mont Gabriel. Cette compétition, sanctionnée par la Fédération internationale de ski, fait partie du circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique.

1 372 878 $

Pour les proches aidants

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé le versement d’une subvention pour la mise en œuvre de 16 nouveaux projets visant à soutenir les proches aidants. Ces projets viseront principalement à mettre en place des services d’écoute, de répit et d’accompagnement.

5 450 000 $

À Tafisa Canada

Versement d’un prêt de 5 M$ d’Investissement Québec, ainsi que d’une contribution financière de 450 000 $ de RECYC-QUÉBEC, à l’entreprise de Lac-Mégantic, spécialisée dans la production de panneaux de particules. Le projet consiste à doter l’usine d’équipements lui permettant d’augmenter l’utilisation de matériaux de bois recyclés dans la composition de ses panneaux, en substitution à la fibre, et ainsi de réduire ses coûts d’approvisionnement.

713 750 $

À la Fromagerie Perron

Cette aide financière est composée d’une garantie de prêt de 637 500 $ d’Investissement Québec et d’un montant de 76 250 $ provenant du Programme de soutien à la gestion, aux opérations et aux investissements du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. L’aide financière permettra à l’entreprise de financer des rénovations à l’usine de Saint-Prime afin de rendre celle-ci conforme aux normes de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

560 000 $

À Vipro inc.

Attribution d’une garantie de prêt par Investissement Québec pour un projet d’un montant total de 1 780 000 $, soit l’acquisition d’un bâtiment afin d’augmenter sa production de matelas et de loger son personnel administratif ainsi que l’achat de nouveaux équipements contribueront à augmenter sa capacité de production. L’entreprise de Drummondville fabrique des produits absorbants pour litière animale et des matelas de mousse synthétique pour les vaches laitières.

67 200 $

À la Ville de Québec

Cette subvention vise à assurer le maintien de la qualité de cette piste cyclable sur le territoire de la ville de Québec. Le Corridor des Cheminots et le Corridor du Littoral, aménagés sur le territoire de la ville et faisant partie de la Route verte, totalisent 45 km. La subvention accordée permettra de couvrir la moitié des coûts d’entretien de cette section de la Route verte.

257 000 $

Au Réseau intercollégial des activités socioculturelles

Subvention gouvernementale au RIASQ pour sa prochaine saison artistique. Le RIASQ reçoit du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine une aide financière de 100 000 $ en aide au fonctionnement, à laquelle s’ajoutent 26 500 $ pour le soutien à des événements intercollégiaux tels que Cégeps en spectacle, l’Exposition intercollégiale d’arts plastiques, le Festival intercollégial de danse, le Circuit d’improvisation du RIASQ et le Festival intercollégial de théâtre.

114 525 $

À Actions Familles de Sainte-Martine et Saint-Urbain-Premier

Aide financière versée sur une période de trois ans à l’organisme qui œuvre quotidiennement pour le bien-être des familles de ces communautés.

La réflexion du jour

Au delà d'un seuil raisonnable, les dépenses publiques menant à des taxes excessives finissent par engendrer une régression sociale. Pourquoi? Tout simplement par ce qu'elles encouragent alors le resquillage et l'évasion fiscale à grande échelle. --- Martin Coiteux

23 janvier, 2012

Réglementation : moins c’est mieux

Paule Charrette, propriétaire d’un salon de coiffure, dénonce l’anachronisme de la réglementation québécoise qui l’empêche d’exploiter son entreprise pour la plus grande satisfaction de ses clients.

La réglementation l’oblige à adhérer à un comité paritaire qui détermine les heures d’ouverture, les conditions de travail des employés et les tarifs. Au moindre accroc, les ayatollahs du comité paritaire débarquent et lui flanque une amende. C’est un système qui aurait fait la fierté de la Chine de Mao.

Les règlements, sous la pression des groupes d’intérêt, naissent à la vitesse "grand V", mais évoluent à la vitesse des glaciers. Au fil des ans, une région économique très réglementée devient inévitablement sclérosée.

Une réglementation bien conçue vise uniquement la protection du consommateur et n’interfère pas avec le droit de gérance de l’entrepreneur comme c’est trop souvent le cas.

La réflexion du jour

Ici ? Nous ne sommes pas beaucoup plus fins et ce qui arrive en Europe devrait nous faire réfléchir. Il ne s’agit pas de considérer la situation d’un point de vue idéologique, mais bien de regarder le calendrier : chaque jour, nous vieillissons, et chaque jour, le poids des engagements actuels de l’État augmente. --- René Vézina

Le chiffre du jour : 160 000 $

Comme il lui faut absolument redresser ses finances, la France adopte des mesures radicales : par exemple, l’éclairage sophistiqué de la Tour Eiffel, le soir, va passer de dix à cinq minutes par heure…


Sérieusement, il n’y a pas de petites économies, surtout quand la dette du pays atteint 1 700 000 000 000 d’euros (plus de 2 mille milliards de dollars).

(NDLR : En proportion, la dette publique québécoise est équivalente à la dette publique française.)

22 janvier, 2012

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

De deux choses l'une, ici: ou bien la Commission scolaire de Montréal savait que l'école Saint-Gérard, dans le quartier Villeray, était contaminée au point de menacer la santé des enfants et du personnel et elle a tardé à agir, ou bien elle n'avait pas conscience de la gravité de la situation.


Dans les deux cas, la même question se pose: à quoi peuvent bien servir ces grosses structures que sont les commissions scolaires, avec leurs gros budgets, leurs nombreux départements, leurs professionnels, leurs cols bleus, leur mécanisme de surveillance, leur direction, si on doit attendre que des enfants multiplient les bronchites avant d'admettre que les grandes taches brunâtres au plafond des classes sont effectivement malsaines? --- Vincent Marissal

(NDLR : Il n'y a qu'un interventionniste fini pour croire que la bureaucratie peut, voire veut, faire le travail pour lequel elle a été créée!)

21 janvier, 2012

La réflexion du jour

«Présentement, on donne plusieurs milliards de dollars par année en aide directe aux entreprises, mais de toute évidence, cette stratégie ne fonctionne pas. Une baisse généralisée du taux d'impôt des sociétés ajoutée à une baisse des subventions aux entreprises nous apparaît comme une bonne stratégie pour stimuler l'investissement privé» --- M. Marceau, député PQ.

(NDLR : Je n'aurais jamias cru entendre ça d'un politicien appartenant à un parti hyper interventionniste qui prône un gouvernement providence. Sera-t-il le prochain à larguer le parti? - Voir l'excellent texte de David Descôteaux.)

Le chiffre du jour : 13 %

Il a soutenu que le Québec n'attire que 13 % de tous les investissements privés au Canada, alors que la population québécoise représente près de 23,5 % des citoyens du pays.

20 janvier, 2012

Infrastructures routières : qui blâmer?

Au Québec, il est de bon ton de haïr l’entreprise privée à un point tel que 34 % des lecteurs de LaPresse.com attribue la désuétude de nos infrastructures routières aux entreprises privées.


Bien sûr, un certain nombre d’entreprises ont coupé les coins ronds et dans certains cas n’ont pas respecté les règles de l’art lors des travaux de construction ou de réparation de nos routes.

Mais de là à tenir les entreprises privées responsables de l’état lamentable de nos infrastructures routières, il y a un pas à ne pas franchir.

Ce n’est quand même pas les entreprises privées qui ont la responsabilité de déterminer les budgets d’entretien de nos infrastructures! On ne peut non plus leur reprocher la mauvaise gestion des soumissions et l’absence de surveillance des travaux!

Si les milliards payés par les utilisateurs en taxes, en frais et en amendes avaient été utilisés pour entretenir et réparer les infrastructures routières, nous aurions un réseau qui ferait l’envie de nos voisins au lieu d’en être la risée. La désuétude de nos ponts et chaussées se compare plutôt à ceux d’une zone de guerre qu’à ceux d’un pays qualifié de « développé ».

L’état lamentable de nos infrastructures découle de l’irresponsabilité de nos politiciens qui préféreront toujours utiliser l’argent des contribuables à des fins électoralistes. Réparer un pont ou repaver un segment d’autoroute n’est pas très glorieux. Les inconvénients dus aux travaux minent la popularité du gouvernement. Il n’y a pas de conférences de presse vantant la contribution du ministre et du parti au développement de la région.

Du point de vue du politicien, réparer et entretenir est une source de problèmes, construire est une source de promotion. Le choix est évident.

La réflexion du jour

La période de réjouissances est terminée. Je ne parle pas de Noël et du jour de l’An, mais bien de notre situation économique.
Après s’être fait dire pendant deux ans que notre modèle québécois nous protège des turbulences économiques qui secouent les États-Unis et l’Europe, voici que la réalité nous rattrape.--- Nathalie Elgrably-Lévy

Le chiffre du jour : 160 000 $

Sortirons-nous du marasme en 2012? Certainement pas si nous continuons notre fuite en avant! Nous avons une économie anémique et hypersyndicalisée, une dette stratosphérique insoutenable, une fonction publique obèse et inefficace, une réglementation paralysante, des programmes étatiques hors de prix et un régime fiscal glouton et dévastateur. Une avalanche de hausses d’impôts et de cotisations a de plus été annoncée : la contribution maximale à l’assurance-emploi bondira de 8,3 %, celle au Régime des rentes du Québec augmentera de 5,6 %, la TVQ atteindra 9,5 %, sans compter l’augmentation anticipée des taxes foncières et des frais pour l'immatriculation des véhicules.


Pour nous rassurer, Québec évoque le Plan Nord. Cette initiative est censée être la locomotive économique qui assurera notre prospérité future. Or, investir 80 milliards de dollars en 25 ans, uniquement pour créer ou préserver 20 000 emplois, signifie que chaque emploi aura coûté 160 000 $ par année. On voit mal comment ce projet pourrait être la panacée!

19 janvier, 2012

La crise financière: les causes et les conséquences

Ce documentaire de la BBC « The Partys Over How the West Went Bust » vulgarise bien les causes et les conséquences de la crise financière qui a débuté en 2007 et se terminera seulement dans plusieurs années.

Les Occidentaux, individuellement et collectivement, vivent au-dessus de leurs moyens depuis au moins 40 ans. L’Islande, la Grèce, l’Irlande, le Portugal ont atteint le mur. D’autres, l’Espagne, l’Italie, la France, le Québec, etc. suivront bientôt. L’ère du « jouissez maintenant payez plus tard » est terminée. Le « plus tard » est ici et maintenant.

Le documentaire s’inspire principalement de la situation britannique, mais demeure pertinent pour l’ensemble des économies dites « développées ».

C’est deux heures bien investies pour quiconque s’intéresse à ce qui se passe dans le monde actuel.

La réflexion du jour

Le plus frustrant, c’est de voir qu’on (ndlr : Revenu Québec) s’acharne sur les PME et le petit peuple, pendant qu’on gave les multinationales de subventions. Et qu’on fait tout pour éviter d’avoir à pourchasser les gros joueurs de la corruption…--- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 500 $ l'heure

L’an dernier, on apprenait que Revenu Québec a des « quotas » à respecter. Des employés confiaient à TVA qu’ils doivent récupérer un minimum de 500 $ l’heure.

18 janvier, 2012

Subventions : les perles du 1 au 13 janvier 2012

Chaque semaine, le blogue de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle des perles cette semaine est une subvention de 600 000 $ à Glatfelte, un fabricant mondial de papier spécialisé. Au cours des derniers cinq ans, Glatfelter a engrangé plus de 285 M$ de profit. Au cours de la même période, le gouvernement du Québec a accumulé plus de 16 G$ de dette. Cherchez l’erreur!

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875 000 $

Au Carnaval de Québec

Contribution gouvernementale consentie à l’occasion de la 58e édition du Carnaval de Québec, qui se déroulera du 27 janvier au 12 février 2012.

90 000 $

Au Tournoi International de Hockey Pee-Wee de Québec

Contribution gouvernementale pour la tenue de la 53e édition du Tournoi International de Hockey Pee-Wee de Québec. Ce tournoi de hockey mineur, le plus important du genre au monde, se tiendra du 9 au 19 février prochain.

600 000 $

À Glatfelter

Versement d’une contribution financière non remboursable pouvant atteindre 600 000 $ à Glatfelter Gatineau, la filiale québécoise de P.H. Glatfelter Company. Glatfelter est un fabricant mondial de papier spécialisé.

50 000 $

Pour l’économie sociale
Québec annonce une participation financière au Chantier de l’économie sociale pour la mise en place du Centre de référence et de liaison internationale de l’économie sociale et solidaire. Le Centre favorisera l’accès à l’information concernant les expériences novatrices en économie sociale et solidaire, notamment celles qui ont pris leur essor en partenariat avec les pouvoirs publics.

504 000 $

À Service de Vacuum D.L.
IQ accorde une garantie de prêt à l’entreprise Service de Vacuum D.L. de Drummondville pour un projet totalisant 720 000 $. La garantie de prêt a permis à l’entreprise d’acquérir de nouveaux équipements (camions, réservoirs et citernes) nécessaires à la réalisation d’importants contrats remportés récemment. Le nombre de ses employés passera ainsi de 9 à 13. L’entreprise se spécialise dans le service de vidange et de nettoyage de fosses septiques et d’égouts.

600 000 $

À Wemindji

Attribution d’une aide financière du gouvernement du Québec au projet d’expansion de l’Auberge Maquatua Inn à Wemindji.

20 000 $

Au Groupe Bernard Breton

Subvention accordée au Groupe Bernard Breton inc. de Saint-Narcisse-de-Beaurivage, pour la réalisation d’une étude de faisabilité commerciale, technique et financière.

26 000 $

Pour le tourisme nordique

Au terme d’une tournée dans les régions de la Baie-James, d’Eeyou Istchee et du Nunavik, la ministre du Tourisme, Mme Nicole Ménard, et le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, ministre responsable du Nord-du-Québec, M. Pierre Corbeil, ont profité de leur présence pour confirmer une aide financière de 26 000 $ pour la réalisation d’un plan d’action touristique de la région Baie-James et Eeyou Istchee, en complémentarité avec deux autres organismes touristiques, l’Association crie de tourisme et de pourvoirie et Escapade boréale. Ce plan d’action permettra de jeter les bases préalables au déploiement de la Stratégie, d’assurer une collaboration et une complémentarité des mandats des quatre organismes et d’en optimiser les ressources humaines.

174 000 $

Pour la promotion de la culture forestière

Reconduction d’une aide financière de 111 000 $ à l’Association Forestière Bas-Laurentienne et de 63 000 $ à l’Association forestière de la Gaspésie pour la promotion de la culture forestière. Ces investissements permettront la réalisation de projets qui rehausseront l’intérêt de la population pour la forêt, amélioreront les connaissances sur le sujet et renforceront le sentiment d’appartenance des Québécois envers leur forêt.

300 000 $

À la Coopérative d’Umiujaq au Nunavik

Les gouvernements du Canada et du Québec investissent 750 000 $ pour le nouvel hôtel de la Coopérative d’Umiujaq au Nunavik.

La réflexion du jour

LE PARADOXE QUÉBÉCOIS


Pourtant dans la majorité de nos sondages québécois, on nous dit qu'on mange mal, qu'on baise mal, qu'on se lave mal, qu'on vit mal, mais qu'on est heureux. Que demandez de plus ! --- Jean-Marc Léger

Le chiffre du jour : 63 %

Même si on a l'impression que tout est croche et que tout va mal au Québec, on est heureux. Au Québec, 63 % se disent heureux, 5 % se disent malheureux et 29 % se disent ni heureux et ni malheureux. L'indice de bonheur net des Québécois, le pourcentage de gens heureux moins ceux qui sont malheureux, est donc de 58 %. L'indice canadien est de 47 % et celui des États-Unis est de 37 %.

17 janvier, 2012

Un film à l’écart des modes : monsieur Lazhar

Par Louise V Labrecque

En littérature, l’œuvre se crée lentement : on bâtit mot à mot. Le lecteur va de même, qui appréhende le monument, dans le détail, à tout moment. Le cinéma se poursuit dans ce continuum, avec, en prime, un autre niveau de lecture; l’histoire trouve une autre incarnation, et se fixe visuellement au monde, comme pour ajouter à notre compréhension, et bien sûr à notre plaisir. Ainsi, j’étais joyeusement impatiente d’aller voir ce film : « Monsieur Lazhar », et je me souviens de la toute première fois que je l’ai vu, lui, ce professeur débarqué tout droit d’Algérie; je me suis dit : « quelle belle chose que le talent d’enseigner. » En effet, on aura beau dire, on aura beau faire, c’est une qualité irremplaçable. Ainsi, travaillez, prenez de la peine, nous dit le fabuliste, c’est le fond qui manque le moins. Bien sûr; mais celui qui, précisément, manque le plus aux professeurs actuellement, c’est le talent. Avec nos sempiternelles réformes en éducation, nous avons perdu le sens du mouvement visant à « élever » l’enfant, du dynamisme de l’action portée vers l’étude et la compréhension des œuvres classiques, de l’art oratoire, et de la vérité psychologique. Pour « Monsieur Lazhar », le plus récent film de Philippe Falardeau, tout a commencé par le talent, ensuite, par sa passion communicative. Tout est là. Pourtant, la mise en situation se construit tout de suite autour d’un suicide, l’ancien professeur s’étant pendue dans sa classe, craquant sous la pression; car oui, enseigner est difficile, oui cela engage toutes les facettes de la personnalité, et craquer, cela veut dire dans le milieu de l’enseignement : burn-out, congés maladie, dépressions, et parfois l’irrémédiable arrive, un peu comme dans le film. En effet, la vie a plus d’imagination que les écrivains, la plupart du temps, mais pour les cinéastes, du moins pour Philippe Falardeau et son film « Monsieur Lahzar», il faut y voir un compte-rendu assez fidèle de ce qui se passe concrètement, sur le terrain, dans nos écoles. Ainsi, l’action, les personnages, les lieux, -après la prémisse tragique de départ-, nous amènent dans le quotidien de cet immigrant algérien, fraîchement débarqué au Canada, in extremis suppléant d’une classe pour le moins particulière, dans une école typique du Québec. Ainsi, Monsieur Lazhar, pose ce geste heureux d’aller poser sa candidature comme suppléant au bon moment, comme on s’élance dans l’espace soudain touffu, soudain gorgé d’odeurs nouvelles; un regard rempli de nécessité : ce sont des moments de ferveur, ceux-là qui nous font agir avec l’énergie du désespoir, et poser précisément le bon geste, au bon moment. La tentation de critiquer le système d’éducation actuel se dresse aussi, infinie. En effet, on sort de la salle de cinéma avec le goût d’écrire, la responsabilité d’exprimer cette réalité, l’odeur de la craie sur le tableau, l’odeur des atmosphères, jusque dans les mots. Aussi, surtout, afin de comprendre la sensation de l’immigrant, sa réalité, jusque dans l’évitement de la souffrance, et ces joies partagées dans ces silences ou tout se livre, ou tout s’entends, à commencer par l’inhabituel. En effet, chez Philippe Falardeau se devine ce souci de bâtir les histoires à même la vie, se terminant par d’honnêtes vérités, sagesse des nations appelées moralité. Impossible, donc, de sortir de ce visionnement sans avoir le cœur navré, tout pantois, en même temps qu’illustré de riches images colorées, mais à l’extrême opposé de l’art naïf, avec ce genre de satisfaction grave de celui qui sait le long chemin, la traversée du désert, et les illusions : ces contes de tous les jours.

De plus, l’intrigue dicte la matière, ses luttes et ses paradoxes pas toujours brillants : l’éducation, sa réalité. Il y a de quoi là provoquer un petit scandale, penser à une autre révolution. En effet, j’ai été touchée par le tempérament de Monsieur Lahzar, ce qu’il porte de puissant : un genre de résistance, de liberté, un symbole de transmission, par exemple la manière dont il arrive à créer une complicité avec sa classe, ses collègues. Une lente et belle patience dans un pays enclin aux murmures, à l’effacement, qui ne se résout pas à faire. Ainsi, il serait déraisonnable de penser qu’il se sent à l’aise comme un poisson dans l’eau dans cette petite école du Plateau Mont Royal, mais nous assistons néanmoins, jour après jour, à sa métamorphose, tout en partageant ses relents du passé, sa démarche existentielle, de laquelle Falardeau va nous entretenir, jusqu’à la toute fin du film. En même temps, le fil cinématographique nous amène dans le récit d’anecdotes, amusant souvent Monsieur Lazhar, mais qui ne masque pas ses plaies, qui laisse deviner la tension intérieure de cet homme solitaire, algérien, qui a laissé sa femme là-bas, et dont nous apprendrons plus tard tout le drame personnel et politique. Bref, Philippe Falardeau est un véritable portraitiste et un critique social efficace; son style est discret, travaillé, mais souple et surtout parfaitement naturel.

En somme, je vous invite toutes et tous à voir, et même revoir, ce film; à en discuter autour de vous, à écrire si vous le pouvez, afin de le porter plus loin, plus haut, pour le fixer concrètement dans nos réflexions sur l’avenir de l’éducation au Québec, vaste sujet s’il en est, et dont nous semblons parfois avoir peur de dépeindre collectivement. En effet, au Québec, on passe souvent à deux doigts de faire quelque chose, à deux doigts d’aller au bout du monde, à deux doigt de créer de véritables chefs-d’œuvre.

La réflexion du jour

Q.: Que penser des méthodes employées par Revenu Québec pour récupérer l'argent?

L.S. : Les méthodes employées ont souvent l'effet de précipiter le contribuable à la faillite. Un entrepreneur qui se fait saisir son compte de banque, par exemple, aura bien du mal à continuer d'opérer. Même s'il conteste les avis de cotisation pour la TPS et la TVQ, il doit payer les taxes en attendant une décision. En vertu de la Loi sur l'impôt, le contribuable est présumé coupable jusqu'à preuve du contraire. --- JdM

(NDLR : Il faut beaucoup d'argent pour payer les milliers de bureaucrates inutiles qui nous rendent la vie impossible.)

16 janvier, 2012

AMT : la privatisation est la seule solution viable

Le texte de Bruno Bisson de La Presse nous apprend que le train de banlieue Montréal-Mascouche devrait coûter 715,3 M$. De 2006 à 2011, les coûts de ce projet sont passés de 300 M$ à 715,3 M$. Et ce n’est probablement pas fini. Ces coûts n’incluent pas les travaux requis pour sécuriser le tunnel du Mont Royal, ni les extra que les fournisseurs, avec l’aide des politiciens, sauront sûrement extorquer.

Le train devrait transporter 11 000 passagers par jour ou 22 000 passages. Si l’on suppose qu’en moyenne les passagers l’utiliseront 200 jours par année et que les coûts de financement seront en moyenne de 5 %, alors les coûts de financement du projet seront de plus de 8 $ par passage. À cela il faut ajouter les coûts d’exploitation et comme on le sait à la AMT on ne lésine pas sur les coûts. Au rythme où vont les choses, les coûts par passage pourraient excéder 15 $ ou 30 $ par jour par passager. C’est absolument ridicule.

Comment peut-on tolérer autant d’incompétence? Est-ce que l’UPAC va examiner ce dossier? Les coupables devront-ils affronter les tribunaux? Beaucoup de questions sans réponses.

Il fallait trouver un bouc émissaire et vite. Le couperet est tombé sur le président Joël Gauthier. Il n’est certainement pas le principal responsable de ce fiasco ni le seul.

M. Gauthier, ex-directeur général du Parti libéral, a été nommé président de l’AMT en guise de remerciement pour service rendu. Il n’avait évidemment pas les connaissances ni les compétences requises pour gérer l’AMT, mais cela importe peu dans le merveilleux monde des nominations politiques.

En guise de solution, les ministres Courchesne et Moreau vont confier les décisions financières de l’AMT à un comité. Ce n’est certainement pas la multiplication des couches de bureaucrates qui améliorera la situation. Il faut croire que le but n’est pas de régler le problème, mais de faire croire au bon peuple que le gouvernement veille au grain!

Si au lieu de se fier à l’AMT, dont l’incompétence est légendaire, le gouvernement avait accordé une concession à un consortium privé pour construire et exploité ce projet, je suis convaincu qu’il aurait été réalisé à moindre coût et dans les délais prévus.

L’AMT est un autre monstre étatique gérer par des amis du parti qui n’ont pas les compétences requises, mais qui comprennent bien les règles du jeu dans le domaine des contrats publics. Lorsque les choses dérapent il est acquis qu’ils seront les boucs émissaires pour protéger les vrais responsables, les politiciens et le parti.

La privatisation me semble la seule solution viable.

La réflexion du jour

Je crois néanmoins que rien n’oblige l’État à être à la fois le financier et l’opérateur de tout le réseau. On pourrait très bien imaginer un réseau plus décentralisé, dans lequel il y aurait de la concurrence et une participation plus grande du secteur privé. Un réseau qui ne serait pas entièrement prisonnier de conventions collectives qui tiennent chaque établissement dans un carcan serré et rendent extrêmement difficiles toute innovation dans l’organisation du travail. --- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 4 851 cadres

D'ailleurs, le nombre de cadres (ndlr : dans le système de santé) ne cesse de croître dans la province. Il y a présentement 14 374 cadres au Québec, alors qu'on en comptait 9 523 il y a 10 ans. Il s'agit d'une augmentation de 4 851 cadres, soit un accroissement de 51 %. On n'avait pas compté autant de cadres dans le réseau depuis le début des années 1990.

(NDLR : Depuis plus de 10 ans, la politique gouvernementale consiste à ne remplacer qu'un cadre sur deux qui prennent leur retraite. Et pourtant....)

15 janvier, 2012

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

Le gouvernement québécois ne jouit pas de marge de manoeuvre et il déjà augmenté sa dette pour mettre des milliards sur les routes et les ponts. Les programmes d’infrastructures financés par Ottawa sont épuisés et le fédéral prépare des compressions. --- Donald Charrette

Le chiffre du jour : 8,7 %

Statistique Canada nous apprenait vendredi que le taux de chômage au Québec a bondi à 8,7%. C’était la troisième hausse consécutive du nombre de sans-emploi au Québec. Nous sommes la seule province où le chômage est en progression. 25,000 jobs ont disparu en décembre, 51,000 depuis un an. Depuis juillet, 100,000 emplois ont été effacés dans le secteur privé, une donnée très alarmante.

14 janvier, 2012

La paperasserie, un fléau coûteux

La paperasserie inutile, combiné à une bureaucratie tatillonne et inepte, coûte des milliards annuellement en perte de productivité.

Un jour ou l'autre, nous avons tous vécu des échanges frustrants avec des fonctionnaires, mais ce n'est rien en comparaison avec les expériences quotidiennes des propriétaires de PME. Ils doivent en effet se conformer à une panoplie de règles émanant de tous les ordres de gouvernement. Et que se produit-il lorsqu'un entrepreneur, qui souhaite assurer sa conformité, omet de vérifier, revérifier et contre-vérifier tous les plus infimes détails? Il fait l'objet de pénalités, d'amendes et de vérifications. --- FCEI


La réflexion du jour

Les Québécois veulent prendre leur retraite à 61 ans, en moyenne, mais ils n'ont pas l'épargne nécessaire afin de passer à l'acte dans le confort. --- JdM

Le chiffre du jour : 23 %

Se fiant aux résultats d'un sondage réalisé du 22 novembre au 2 décembre, l'institution financière affirme que les Québécois prévoient de prendre leur retraite à 61 ans. Par contre, 76% reconnaissent qu'ils disposent de moins de 100 000 $ d'actifs financiers. Plus troublant encore : près du quart, soit 23%, avouent n'avoir rien mis de côté pour leurs vieux jours.

13 janvier, 2012

Taxis : les conséquences d’une mauvaise réglementation

Pour avoir le droit d’exploiter une voiture taxi, son propriétaire doit obtenir un permis de la Commission des transports du Québec. Cette contrainte est justifiée, car le service de taxi est un service public qui doit répondre à des normes de sécurité et de qualité.

Dans un texte publié dans le JdM, Carl Renaud nous informe qu’en 2011, des permis montréalais se sont vendus 180 000 $, une chute de 20 % par rapport à la valeur historique. Évidemment, les propriétaires de taxis crient au vol et, avec raison, blâment les autorités pour ce fiasco.

C’est l’exemple parfait de l’interventionnisme étatique nécessaire, mais mal conçu. Quelle que soit l’activité économique concernée, l’exigence d’un permis doit seulement viser la protection du public et les normes doivent être strictement appliquées. Ce n’est certainement pas le cas à Montréal. Les normes sont déficientes et les voitures taxis sont souvent mal entretenues. Trop souvent, les chauffeurs doivent se fier aux clients pour savoir où aller.

Il est arrivé ce qui devait arriver.

Le contingentement des permis a fait exploser leur valeur. Cette situation pénalise les propriétaires de véhicules taxis, les chauffeurs et les consommateurs. Le gouvernement a reconnu son erreur et depuis novembre 2000, les permis ne sont plus transférables et n’ont donc aucune valeur marchande. Malheureusement, c’est trop peu trop tard.

Les effets pervers de cette mauvaise réglementation sont désastreux pour l’industrie. Les propriétaires qui ont payé plus de 200 000 $ pour leur permis demandent que le nombre de permis soit encore plus contingenté afin de préserver leur valeur marchande. Ils demandent des augmentations de tarifs déraisonnables et coupent dans les frais d’exploitation. Les chauffeurs doivent travailler quinze heures par jour pour gagner un salaire à peine au-dessus du seuil de pauvreté. Les propriétaires n’entretiennent pas leurs véhicules et les conservent au-delà de leur âge utile.

Ce n’est pas la concurrence des transports publics ou du Bixi qui nuisent à la rentabilité des taxis. Ce sont les coûts élevés de financement du permis qui s’ajoutent aux coûts d’exploitation et poussent le prix d’une course hors d’atteinte des consommateurs. Un coût élevé pour un service de mauvaise qualité est la recette parfaite pour éloigner les clients.

La réflexion du jour

Je sais bien que, jamais, nulle part, en aucune circonstance, un gouvernement n’a été ou ne sera capable de réduire durablement ses dépenses, même celles qui sont à la fois pharaoniques et folles à lier. Mettez-vous à la place des élus et surtout des bureaucrates : vous renonceriez, vous, à des masses d’argent qui tombent automatiquement du ciel (en fait, de la poche du cochon de payant)? --- Mario Roy

Le chiffre du jour : 1000 $

Il paraît que ça va coûter 1000$ par année à la famille moyenne.

.........
Augmentation de 1% (la deuxième en deux ans) de la taxe de vente et d’un cent sur le litre d’essence, pour atteindre 18,2 cents. Augmentation du taux de contribution au régime des rentes du Québec, au régime de pension du Canada et à l’assurance-emploi. Enfin, le « spécial-santé », cette nouvelle contribution inventée en 2010, double en 2012 pour atteindre 200$… après avoir déjà doublé en 2011!…

12 janvier, 2012

La réflexion du jour

Il suffit de prélever toujours davantage de revenus dans la poche des contribuables et de laisser la clairvoyance politicienne promouvoir votre bonheur. Je sais, je sais, l’important c’est « d’être heureux comme peuple », dixit le ministre Bachand. Mais être heureux ne veut pas dire niaiseux, même si parfois… sacrifice! --- Pierre Simard

Le chiffre du jour : 16 G$

Le fédéral a besoin de 12 milliards $, le provincial de 4 milliards $ et les municipalités de 800 millions $. Pour boucler le budget 2012? Non, pour se rendre à l’année du sacrifice 2013.

11 janvier, 2012

Plaidoyer pour la mondialisation

Les altermondialistes militent contre la mondialisation sans se rendre compte que ce phénomène, vieux comme le monde, offre beaucoup plus d’avantages qu’il ne crée de problèmes. Bien sûr qu’il y a des dérapages et des abus comme dans toutes activités humaines. Mais entre deux situations imparfaites, tout être le moindrement raisonnable choisit celle qui offre le plus d’avantages. Militer contre la mondialisation c’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain.

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Revue de livre par Geoffroy L.

La mondialisation selon Bhagwati
Recension par Geoffroy L. – Le 5 janvier 2012. S’il n’est pas rare que les intellectuels qui s’expriment sur la mondialisation dans le débat public aient une connaissance lacunaire de la science économique, ce n’est pas le cas de Jagdish Bhagwati. Cet économiste indien, Professeur à l’Université de Columbia (Etats-Unis), contribue depuis un demi-siècle à faire reculer la frontière de la connaissance en économie internationale, en particulier sur les questions de politique commerciale et d’économie du développement.

Dans son livre In defense of globalization (Oxford University Press, 2005), Bhagwati dissèque avec expertise les dogmes de l’altermondialisme. Selon cette doctrine, la mondialisation aurait des effets sociaux délétères : elle nuirait aux pauvres, desservirait les minorités, détruirait le pluralisme culturel, tirerait les salaires vers le bas, dégraderait l’environnement. L’objet du livre de Bhagwati est de montrer que ces croyances sont infondées.

Sur la pauvreté, d’abord. L’ouverture sur le monde, nous dit Bhagwati, est un facteur essentiel de réduction de la pauvreté. En élargissant la division du travail, le commerce international accroit la productivité, augmente les revenus et, partant, réduit la pauvreté (pp. 60-64). Si certaines zones restent pauvres, c’est qu’elles sont à l’écart de la mondialisation. Les exemples récents de succès économiques liés à l’adoption du libre échange confirment cette thèse : « En Chine, la pauvreté est passé de 28% en 1978 à 9% en 1998 » (p. 65). Le succès est encore plus fort en Inde : « le taux de pauvreté est passé de 51% en 1977 à 26% en 1999-2000 » (p. 65).

Non seulement la mondialisation réduit la pauvreté, mais elle contribue aussi à éliminer certains maux que les altermondialistes lui associent à tort. Le travail des enfants est un cas typique. La mondialisation, en réalité, « accélère la réduction du travail des enfants, augmente le taux d’inscription à l’école primaire et donc l’alphabétisation » (p. 68). Pourquoi ? Car la consommation des services d’éducation augmente à mesure que le revenu croît. Or, la mondialisation fait croître le revenu des ménages. Par ce biais, elle conduit ces ménages à inscrire leurs enfants à l’école et, partant, contribue à atténuer le phénomène du travail infantile. Cette idée est confirmée par les études économétriques. Au Vietnam, par exemple, les ménages qui ont vu leur revenu croître à la suite de la libéralisation du début des années 90, ont, pour la plupart, cessé de faire travailler leurs enfants pour les inscrire à l’école (p. 71).

Qu’en est-il du sort des femmes dans la mondialisation ? Dans nombre de pays, l’ouverture internationale contribue à réduire les discriminations illégitimes à leur égard. Comment ? En intensifiant la concurrence, la mondialisation rend de plus en plus difficile, pour les producteurs, de louer les services du travail à un salaire inférieur à la contribution de l’employé : cela conduirait les concurrents à enchérir sur le prix du travail pour saisir l’opportunité de profit. Autrement dit, la mondialisation rend peu profitable la stratégie consistant à payer moins les femmes que les hommes à contribution égale à la production. La discrimination est une stratégie perdante au sein de la mondialisation capitaliste (pp. 75-76).

Une autre crainte souvent exprimée par les altermondialistes concerne la culture. Selon eux, la mondialisation conduirait à une « américanisation du monde » et à la destruction des cultures indigènes. Cette vision, en vérité, est « bien trop simpliste et pessimiste ; car bien souvent la mondialisation économique est un processus d’enrichissement culturel » (p. 107). La rencontre des cultures crée des mélanges : « l’utilisation locale de langages indigènes a été revitalisée, à côté de la propagation internationale de l’anglais » (p. 110). Ensuite, les cultures non américaines s’épanouissent aussi dans la mondialisation. Par exemple, « les films recevant des récompenses viennent d’Iran, de Hong-Kong, du Danemark, d’Inde, de Grande-Bretagne, de France, entre autres pays » (p. 112).

Dans l’opinion populaire, la mondialisation est aussi associée au « dumping salarial et social ». Selon cette logique, la concurrence accrue des pays à bas coûts salariaux et à faible protection sociale conduirait tous les gouvernements à revoir à la baisse leurs standards salariaux et sociaux pour conserver leurs entreprises. Cet argument est problématique (p. 130). Il suppose, à tort, que les entreprises choisissent de s’installer là où les salaires et la protection sociale sont faibles. En réalité, d’autres variables sont bien plus importantes dans la stratégie de localisation des firmes : productivité du travail, accès aux matières premières, potentiel du marché local, qualité des institutions…

Si l’idée du dumping salarial et social n’est pas fondée, assiste-t-on à une course vers le bas des normes environnementales ? Là encore, la réponse est négative. L’environnementalisme, en effet, est le produit des sociétés riches. A mesure qu’une société s’enrichit, ses membres aspirent à prendre soin de leur environnement. En propageant la prospérité, la mondialisation propage les préoccupations environnementales. Par ailleurs, comme dans le cas de la protection sociale, il est faux d’affirmer que la régulation environnementale est une variable clé dans le choix de localisation des firmes : « La conclusion des études internationales et domestiques sur la localisation des industries est que les régulations environnementales ne dissuadent pas de façon statistiquement ou économiquement significatives les investissements des firmes » (citant Arik Levinson, p. 148).

Bhagwati défend ensuite l’institution que les altermondialistes abhorrent : les firmes multinationales (FMN). Contrairement à ce qu’affirment les altermondialistes, les FMN n’exploitent pas les travailleurs. Bien souvent, ces entreprises proposent aux travailleurs des pays où elles s’installent la meilleure opportunité disponible. Les FMN, en effet, payent une prime salariale (« wage premium ») : « Les multinationales payent un salaire moyen qui excède le salaire courant, en général de plus de 10% et parfois plus, certaines filiales de FMN américaines payant une prime allant de 40 à 100% » (p. 172). Ensuite, les FMN génèrent aussi des externalités positives. Lorsqu’une multinationale s’installe dans un pays, elle apporte avec elle des connaissances techniques et des pratiques organisationnelles. Les firmes locales tirent profit de ces savoirs grâce à la transmission d’information et aux mouvements inter firmes de travailleurs (p. 181).

En résumé, la mondialisation n’est pas le processus de prédation que les altermondialistes dénoncent. La mondialisation a un visage humain. A l’heure où la majorité des partis politiques français accable l’ouverture sur le monde et plaide pour une forme ou une autre de protectionnisme, la lecture de In defense of globalisation est rafraîchissante. Cette recension en extrait les idées les plus pertinentes pour le débat public. Bhagwati y traite d’autres questions, que le lecteur intéressé découvrira de lui-même : ONG, flux financiers, migrations et politiques publiques. Il est à noter enfin que In defense of globalisation a récemment fait l’objet d’une traduction française, particulièrement bienvenue (Plaidoyer pour la mondialisation, Odile Jacob, 2010).

La réflexion du jour

Pour la première fois de l'histoire, nous dépenserons moins d'argent l'année prochaine que nous en avons dépensé au cours de la présente année. C'est du jamais vu» a tenu à souligner le maire Ford.

(NDLR : On n'est pas prêt de voir celà à Montréal ou au Québec!)

Le chiffre du jour : moins 52 M$

Les dépenses de la Ville de Toronto en 2012 s'élèveront à 9,355 milliards $, soit 52 millions $ de moins qu'en 2011.

(NDLR : À Toronto le maire Ford réduit les dépenses pendant qu'à Montréal le maire Tremblay les augmente de 4,5 %!)

10 janvier, 2012

La réflexion du jour

Les Québécois restent attachés à l'État et à la sécurité qu'il procure. Mais ils sont quatre sur cinq à le trouver trop lourd et à penser que les finances publiques sont mal gérées. --- Jean-Herman Guay

Le chiffre du jour : 20 %

Selon un récent sondage CROP-La Presse, 20% des électeurs croient que la CAQ est à gauche et 27%, à droite. Les autres ignorent que penser. Mais c'est la CAQ qui domine dans les intentions de vote.

09 janvier, 2012

Le gouvernement : moins c’est mieux

Au Québec, la croyance selon laquelle seuls les gouvernements sont aptes à bien servir la population est un dogme inattaquable. Quiconque ose le questionner est immédiatement accusé d’appartenir à la droite dogmatique et est exclu de la société des biens pensants gauchisants qui noyautent nos médias.

Pourtant, quiconque réfléchi rationnellement arrive inévitablement à la conclusion opposée. Pour paraphraser Ronald Reagan : les gouvernements sont la source des problèmes, non la solution.

Les programmes gouvernementaux ne résolvent pas, si ce n’est que temporairement, les problèmes pour lesquels ils ont été créés et produisent très rarement les bénéfices anticipés.

La plupart du temps, les programmes gouvernementaux nuisent aux individus et aux entreprises qu’ils devaient aider. L’étatisation des garderies a créé une pénurie permanente de place. Dans les quartiers pauvres, il est quasi impossible de trouver une place en garderie, subventionnée ou pas. Les contraintes imposées par la Régie du logement ont créé une pénurie de logements salubres, en particulier pour les familles pauvres et nombreuses. La gestion de l’offre gonfle artificiellement les prix des produits agricoles. Ces produits, essentiels pour conserver une bonne santé, sont hors d’atteinte de la bourse d’un nombre de plus en plus important de famille. Etc.

Les programmes gouvernementaux engendrent des effets pervers créant ainsi de nouveaux problèmes souvent pires que ceux qu’ils devaient résoudre. Dans le sillon des nombreux programmes de subventions visant à éliminer la pauvreté est née une industrie de la pauvreté. Cette industrie requiert toujours plus de pauvres pour justifier son existence et assurer la pérennité des programmes de subventions. Une multitude de programmes de subventions aux entreprises sont financés par un régime fiscal usuraire qui nuit à l’économie et éloigne les entreprises et les capitaux qu’ils devaient attirer. Etc.

Les programmes gouvernementaux sont inefficaces et dispendieux. Ils coûtent tous plus cher que prévu initialement : les CPE, les congés parentaux, la CSST, la Financière agricole, la procréation assistée, la RAMQ, etc. Ce résultat est inévitable. Les politiciens minimisent sciemment les coûts d’un programme pour améliorer son acceptabilité. Ensuite, les nombreux groupes d’intérêts qui en bénéficient lobby le gouvernement pour les bonifier sans fin.

Le financement des programmes gouvernementaux se fait toujours au détriment des consommateurs et des entreprises privées. Chaque dollar dépensé par le gouvernement provient nécessairement des poches des contribuables. Cet argent n’est donc plus disponible pour économiser ou acheter les biens et services jugés préférables par les consommateurs.

Les chiffres varient d’une situation à l’autre, mais il est généralement reconnu que lorsque les gouvernements conrôlent directement ou indirectement plus de 20 % à 25 % du PIB, l’économie de la région concernée performe en deçà de son potentiel. Donc, les gros gouvernements appauvrissent les populations qu’ils prétendent aider.

La réflexion du jour

Si plusieurs s'imposent comme résolution du Nouvel An de perdre du poids, ce n'est sûrement pas le cas de l'appareil gouvernemental qui se montre sans cesse de plus en plus gourmand.--- JdM

Le chiffre du jour : 4 G$

Par rapport à l'année précédente, voilà la somme additionnelle que le gouvernement Charest souhaite puiser dans nos poches en impôts, taxes, tarifs, droits et permis de tout acabit au cours de la présente année financière se terminant le 31 mars prochain. Ça représente une charge fiscale additionnelle de 8,4%, soit quatre fois l'inflation. On avait écopé d'une hausse similaire de 4 milliards lors de l'année 2010-2011.

08 janvier, 2012

La réflexion du jour

La social-démocratie — ou l’État-providence — serait une idée géniale si elle ne souffrait de deux problèmes majeurs. Elle repose sur le slogan « recevez tout de suite, vos enfants payeront demain », comme aime souligner un de mes lecteurs. Une logique insoutenable à long terme. Aussi, elle repose sur la conception naïve que les politiciens et les fonctionnaires sont des « anges » qui se dévouent au « bien public ». Alors qu’il s’agit des mêmes êtres humains, dotés des mêmes défauts et motivations, que ceux du « privé ». --- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 243 G$

Le Québec compte de belles réalisations depuis les années 1960. Mais ça veut aussi dire qu’on se retrouve, 243 milliards $ de dettes plus tard, avec des routes du tiers-monde et des ponts qui s’effondrent. Des écoles délabrées, et des urgences où il vaut mieux arriver avec un sac de couchage. Et des promesses de retraite intenables faites aux fonctionnaires et aux citoyens.

07 janvier, 2012

La réflexion du jour

Après la Nouvelle-Écosse, c'est le Québec qui subira les augmentations de taxes les plus importantes en 2012. --- Fédération Canadienne des Contribualbes

Le chiffre du jour : 4 %

L'augmentation de la ponction dans les poches du contribuable, évaluée à plus de 4 % au Québec, se fera surtout par la hausse des cotisations à la Régie des rentes du Québec, note l'organisme. --- Fédération Canadienne des Contribuables

(NDLR : Pourtant le ministère des finances projette un taux d'inflation autour de 2 %. La ponction de 2 % additionnelle est pour nourrir l'appétit insatiable de l'État.)

06 janvier, 2012

Pourquoi devrions-nous favoriser un petit gouvernement?

Un petit gouvernement simplifie les relations citoyen gouvernement.

Un petit gouvernement est efficace et économe.

Un petit gouvernement est responsable et imputable.

Dans le budget d’un petit gouvernement, il n’y a pas de place pour le gaspillage et la corruption.

Un petit gouvernement favorise la liberté et la responsabilité des individus.

Un petit gouvernement favorise la solidarité sociale, le progrès et la prospérité.

Un petit gouvernement laisse plus d’argent aux familles.

Les priorités d’un petit gouvernement sont la sécurité et la liberté des individus et la protection de la propriété privée.

Un petit gouvernement est le rêve des individus libres.

La réflexion du jour

Le Québec, immuable, vit toujours d’illusions: celle de la richesse, évidemment, mais celle aussi de son infaillibilité. On est moins productifs, moins riches, plus forts sur le party, fous d’humour, mais moins portés sur la business, l’entrepreneurship, l’effort, le dépassement de soi… --- Michel Hébert

Le chiffre du jour : 0,3 %

05 janvier, 2012

La réflexion du jour

Nous attendons beaucoup de mouvements (ndlr : renouvellement des conventions collectives), a prévenu Florent Francoeur, président et chef de la direction de l'Ordre des conseillers en ressources humaines du Québec. Notamment du côté de la Société de transport de Montréal (STM) et de la Société des casinos du Québec.

Le chiffre du jour : 40 %

Augmentations de salaires, meilleures conditions de travail, rentabilité, retraites: les négociations seront inévitablement au programme l'année prochaine puisque 40 % des conventions collectives au Québec arriveront à échéance en 2012.


Au total, 1656 contrats de travail prendront fin au cours de l'année prochaine, impliquant près de 125 000 salariés.

04 janvier, 2012

D’une crise économique à l’autre

André Dorais

Selon l’opinion populaire la «crise de la dette» n’est pas due aux mauvaises décisions gouvernementales, mais aux excès des financiers lors de la crise précédente. Les gouvernements se sont endettés, car ils n’avaient pas le choix de réparer les pots cassés. Dans ce but, ils ont augmenté la durée des prestations d’assurance-emploi, renfloué les banques, nationalisé quelques institutions financières, etc.

Les gouvernements ne peuvent pas faire autrement, car ces institutions sont trop grandes pour échouées. S’ils en laissent une tomber, ce sont toutes les banques qui risquent de tomber à leur tour. Ainsi est fait le capitalisme, du moins selon l’opinion populaire. L’État est donc nécessaire pour le corriger, ou pour reprendre le qualificatif utilisé par le président Sarkozy en 2008, le «moraliser». Les hommes de l’État ne lui viennent pas en aide de gaieté de cœur, mais parce qu’ils n’ont pas le choix.

Quatre ans après le début de la crise économique certaines banques manquent toujours de liquidités, d’où que l’État doit de nouveau leur venir en aide. En contrepartie de cette aide l’État s’arroge un plus grand contrôle des banques : il leur dicte le niveau de perte à encourir, leur impose des taux de solvabilité plus stricts, des taux moins élevés de réserve, etc. Il cherche également les moyens de les taxer davantage. Après tout, s’il doit faire le travail à leur place il faut que cela se paye! Considérant que l’indignation de la population est à son comble, ce ne serait que justice rendue de les taxer davantage.

Non seulement ces suggestions laissent entendre que les coupables de la crise de 2008 aient été clairement identifiés, mais elles cachent mal un désir de vengeance. Or, que les financiers en soient les seuls coupables et que l’État soit seul capable de corriger la situation ne tient pas la route. Non seulement la crise de 2008 n’est pas due aux banquiers véreux, mais les mesures prises depuis cette date par les gouvernements et les banques centrales aggravent la situation.

Petit retour sur la crise de 2008

Si, comme la majorité des gens semblent le croire, les financiers constituent la cause principale de la crise de 2008, alors pourquoi sont-ils plus cupides à certaines périodes que d’autres? Pourquoi leur cupidité exprimée lors des années 2000 à 2007 aurait-elle été plus élevée que la moyenne historique au point de conduire à la crise de 2008? Prétendre que les professionnels du secteur financier y soient attirés par l’argent ne répond pas à la question. Encore faut-il expliquer pourquoi cette période a conduit les financiers à être plus cupides qu’à l’habitude. Lorsqu’on cherche les explications d’une période de «grande cupidité», on ne cherche pas vraiment à découvrir la nature humaine, mais les raisons qui l’ont nourrie.

En se concentrant sur les années 2000 à 2007 on peut démontrer que le gouvernement américain a nourri les «spéculateurs» avec ses faibles taux d’intérêt et ses politiques dites «progressistes». Certes, les faibles taux d’intérêt ont permis l’essor de produits dérivés qui jusque-là étaient réservés aux «initiés», mais on ne peut pas blâmer ces produits pour la crise. La responsabilité revient à ceux qui les utilisent. Ces produits sont complexes, mais ils sont offerts à des prix alléchants, d’où leur popularité. Considérant que leurs prix se fondent sur les taux directeurs fixés par les banques centrales, on doit conclure qu’ils sont d’abord viciés par elles plutôt que les financiers, par la bureaucratie plutôt que le capitalisme.

En sus de ces interventions monétaires il y eut les interventions réglementaires. La «Loi de financement communautaire» (Community Reinvestment Act) avec l’appui du groupe de pression ACORN ont conduit les banques à baisser la garde. D’autant plus que Fannie Mae et Freddie Mac, à l’époque institutions quasi gouvernementales, avaient également baissé la leur dans le but d’accroître le nombre de propriétaires de maisons.

À ces commandes du niveau fédéral se sont ajoutées celles mises de l’avant par certains États américains pour «préserver» leur communauté. Malheureusement, tout ce que ces mesures ont préservé sont des terrains d’une vente potentielle. La contrepartie de ce «protectionnisme communautaire» fut une flambée des prix des terrains qui restaient à vendre et des maisons qui s’y rattachaient. Ce qui devait arriver arriva, c’est-à-dire que cette hausse fulgurante des prix s’est effondrée encore plus vite. Résultat prévisible pour tout bon économiste, mais inattendu pour les autres.

En somme, avant d’accuser les banquiers de la crise de 2008, on doit évaluer leur conduite à l’aune de toutes ces interventions gouvernementales. Dans cette perspective, il n’est pas toujours évident d’établir la démarcation entre une conduite raisonnable et une conduite abusive.

D’une crise économique à l’autre

Pour sortir de la crise de 2008 les gouvernements se sont endettés comme jamais auparavant. Hausse et prolongation des prestations d’assurance-emploi, dépenses en tout genre et, évidemment, hausse des taxes et des impôts. Le résultat de ces remèdes? En ce début d’année 2012 l’Europe est de nouveau en crise, le Japon et les États-Unis, dans la dèche, et les membres du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) fonctionnent au ralenti.

Le pire est que pour contrer cette nouvelle crise la plupart des experts réclament d’autres interventions gouvernementales, plus musclées. Il y a ceux qui ne jurent que par les politiques monétaires expansionnistes, c’est-à-dire une hausse de la base monétaire et le maintien du taux directeur à un niveau historiquement bas. Un taux directeur peu élevé encourage les gens à consommer, ce qui, à leurs yeux, est nécessaire pour relancer l’économie. En temps normal, les banques prêtent plus d’argent lorsque le taux d’intérêt est peu élevé et d’autant plus facilement que le taux de réserve est, lui aussi, peu élevé.

Le taux de réserve constitue la somme d’argent qui doit rester ou bien dans les voûtes des banques ou bien dans celles des banques centrales. Une réduction de ce taux constitue donc un incitatif pour les banques privées d’accroître la masse monétaire, ce qui, à son tour, tend à transférer leur risque d’insolvabilité aux autres agents économiques. Rappelons qu’une hausse du taux de solvabilité des banques est une condition mise de l’avant par les politiciens pour démontrer à leur électorat qu’ils agissent dans leurs intérêts. Malheureusement, pour rendre les banques solvables les autorités des banques centrales ne trouvent rien de mieux à faire que de réduire le pouvoir d’achat des consommateurs. Ces politiques ont quand même des avantages : elles permettent aux banques de survivre tout en permettant aux politiciens de se vanter auprès de la population en lui disant qu’ils leur serrent la vis...

Encore une fois, ces politiques inflationnistes sont mises de l’avant, car plusieurs experts les réclament. Ceux-ci font peu de cas des seuils de solvabilité, car ils peuvent être atteints facilement dès lors que les banques centrales substituent de l’argent neuf aux actifs bancaires de piètre qualité. Considérant que certaines banques centrales aient procédé de la sorte lors de la dernière crise économique, ils se demandent pourquoi elles hésitent à refaire l’opération. Après tout, se disent-ils, ce faisant les cibles de solvabilité seraient atteintes et les banques pourraient prêter de l’argent de nouveau sans soucis... Il va sans dire que cette façon de procéder soulève quelques questions dont une de nature éthique, mais puisque c’est légal ils ne semblent pas s’en faire outre mesure. C’est d’autant plus facile à faire avaler à la population que la majorité d’entre elle pointe du doigt les financiers pour la crise et revendique l’aide des gouvernements pour en sortir.

D’autres économistes et professionnels de la finance voient un risque de déflation si les autorités persistent à augmenter le seuil de solvabilité des banques. Selon eux, si les banques vendent leurs actifs en masse trop rapidement pour atteindre ledit seuil non seulement risquent-elles d’en obtenir un prix dérisoire, mais elles pourraient entraîner à la baisse l’ensemble des marchés. Leur raisonnement est le suivant : plus les banques vendent leurs actifs, plus leurs prix tendent à baisser et plus ils baissent, plus elles doivent en vendre pour rencontrer les seuils de solvabilité. Bref, pour ces experts il s’agit d’un cercle vicieux que l’on doit éviter. Leur solution? En sus de retarder l’entrée en vigueur des taux plus stricts de solvabilité, ils souhaitent que les gouvernements maintiennent ou augmentent leurs dépenses.

En somme, bien que ces professionnels de la finance critiquent les gouvernements, ils ne les implorent pas moins d’intervenir davantage pour sortir de la crise. Ils préconisent les mêmes remèdes que ceux utilisés en 2008, seule la dose recommandée diffère. Dire qu’on les qualifie d’experts du marché…

Les hommes de l’État sont ravis de ces critiques, car elles les encouragent à renouveler leurs interventions avec plus de vigueur. Dans ce contexte, on n’est guère surpris de constater qu’ils sauvent les banques de la faillite malgré qu’ils les considèrent coupables des crises économiques. Elles sont apparemment trop grandes pour échouées. Plusieurs entreprises ne seront jamais sauvées de la faillite par les gouvernements malgré qu’elles soient maintes fois plus grandes que la plupart des «grandes banques». Ce n’est donc pas tant la grandeur des banques qui fait problème que leur importance pour les gouvernements.

Les banques sont érigées en cartel par les gouvernements dans le but principal de contrôler l’émission de monnaie. Il s’agit ni plus ni moins d’un monopole camouflé derrière une concurrence de surface. On nage ici dans des eaux très «socialisées», c’est-à-dire où les gouvernements interviennent de plus en plus depuis des décennies. Malheureusement, à entendre la majorité des gens, profanes et experts, c’est le capitalisme qui est à blâmer! Ils supplient les gouvernements d’en faire plus et mieux, alors que, au contraire, ceux-ci devraient en faire moins.

Si l’entreprise Walmart déclare faillite entraînera-t-elle les autres détaillants dans son sillage? Si Exxon Mobil (Esso au Canada) déclare faillite, est-ce que les autres pétrolières feront faillites à leur tour? Si la réponse est négative, alors pourquoi doit-on craindre la faillite d’une «grande banque»? Les politiciens ont raison de craindre un effet domino suivant la faillite d’une grande banque, mais on doit se poser la question à savoir pourquoi cet effet est possible uniquement dans ce secteur d’activité? La réponse courte est que ce secteur manque de concurrence et s’il manque de concurrence, c’est parce qu’il est sous le contrôle de l’État.

Non seulement plusieurs États résistent mal à la tentation de sauver leurs grandes banques, mais ils garantissent l’argent des déposants. Or, puisque cette garantie s’appuie sur un fonds de secours pratiquement inexistant, c’est la taxation, l’imposition et l’inflation qui en tiennent lieu. Considérant que les revenus tirés de ces sources proviennent davantage des tiers partis que des clients eux-mêmes, il s’ensuit que responsabiliser les banques et les investisseurs s’avèrent un objectif pratiquement impossible à atteindre. Finalement, si on ne peut responsabiliser ni les banques, ni les investisseurs par cette façon de se financer, alors on doit s’attendre à d’autres crises économiques tôt ou tard.

Le monopole d’État sur la monnaie rend irresponsable à la fois les banques, investisseurs et politiciens. Les banques deviennent irresponsables, car les gouvernements sont toujours prêts à les renflouer. Les investisseurs deviennent irresponsables, car les gouvernements leur garantissent la valeur nominale de leurs dépôts. Enfin, les gouvernements deviennent irresponsables, car les banques sont toujours prêtes à leur acheter leurs dettes, dites «souveraines».

L’interventionnisme de l’État, en finance comme ailleurs, rend irresponsable et là où il y a irresponsabilité, il y a appauvrissement. Personne n’y gagne, si ce n’est qu’à court terme et au détriment d’autrui. Dire que l’interventionnisme de l’État s’appuie, entre autres choses, sur la démocratie n’est pas faux, mais cela ne le légitime pas pour autant. L’interventionnisme de l’État s’appuie en dernier lieu sur le pouvoir de taxer et d’imposer, c’est-à-dire sur la coercition. Une coercition qui a l’appui de la majorité n’en demeure pas moins de la coercition. C’est être peu exigeant que de s’en contenter. C’est l’équivalent de dire qu’on a toujours besoin d’imposer à autrui son idée du bien.

La différence entre cette façon de procéder et une dictature en est une de degré, non de principe. Ou bien l’on tend vers plus de libertés individuelles, ou bien vers le socialisme. Il n’existe pas de juste milieu en praxéologie (économie), mais des tendances ou des directions. Les tendances constatées en ce moment, dans la plupart des démocraties dites «avancées», sont centralisatrices. De plus en plus de décisions échappent aux individus au profit d’une poignée d’autres individus qui soi-disant les représentent. Peu de respect est accordé à la propriété et à la liberté individuelles.

L’option libérale

Lorsque des individus exigent plus d’interventions des politiciens et que ceux-ci s’empressent d’y répondre favorablement, il y a lieu de s’inquiéter. On doit rappeler qu’il existe une autre vision économique, plus libérale, mais également plus exigeante pour chaque individu. Elle n’exclut pas la solidarité, mais il est vrai qu’elle ne l’oblige pas non plus. Elle n’est pas aussi injuste qu’on veuille bien la dépeindre. Elle est surtout mal comprise. Ceci étant dit, elle sera toujours détestée par ceux et celles qui croient être en mesure de modeler l’homme à leur image.

Du strict point de vue économique on parle plus volontiers de capitalisme plutôt que de libéralisme, mais on hésite toujours à utiliser cette expression, car pour la plupart des gens elle a une connotation négative. Faut-il rappeler qu’à chaque crise économique, c’est le capitalisme qu’on pointe du doigt? Comment s’en surprendre lorsqu’on sait que cette expression fut popularisée par nul autre que Karl Marx?

À l’instar de l’ex-Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, qui qualifiait les souverainistes de séparatistes, Marx traitait les libéraux de son époque de capitalistes dans le même but, soit de faire peur à la population. Les libéraux ne parlent que de capital, ceux qui le détiennent sont des capitalistes et des exploiteurs, par conséquent les libéraux sont des capitalistes, disait-il en substance. «Oui, nous sommes des séparatistes» avait répondu l’ex-chef des souverainistes, Lucien Bouchard, «et après?» Les véritables libéraux pourraient répondre de même façon à leurs détracteurs, mais cela demeure insuffisant pour sortir de la crise. Discréditer ses opposants soulage ses bas instincts, mais ne règle rien.

Les démocraties s’endettent à un rythme fou notamment à cause du monopole d’État sur la monnaie. Par conséquent, il est temps de le remettre en question. Il est aussi temps de remettre en question l’interventionnisme à tout crin et la facilité qu’ont les politiciens à piger dans les poches des contribuables. Trouver des boucs émissaires pour les crises économiques n’est qu’une façon d’éviter le sujet. Cela ne permet ni de les régler, ni de les éviter.

La réflexion du jour

Mais nos bénévoles vieillissent. Et la crise économique empire les choses : certains doivent se trouver un deuxième emploi. Des jeunes retraités doivent parfois retourner au travail. ..... Inquiétant, quand on sait que l’économie pourrait jeter beaucoup de travailleurs à la rue dans les années qui viennent. Et que notre État, fortement endetté, risque de passer de père Noël à Grincheux d’ici peu. --- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 3,7 G$

On parle beaucoup de pénurie de main-d’œuvre au Québec. Mais il existe une autre pénurie : celle des bénévoles. Le bénévolat représenterait 3,7 milliards de dollars en salaires versés dans la province. L’équivalent de 200 000 emplois à temps plein, selon Statistique Canada.

03 janvier, 2012

Au Québec tout est permis!

Nous sommes pris dans un cercle vicieux qui a débuté lentement avec la Révolution tranquille et atteint aujourd’hui une ampleur catastrophique.

Jusqu’au début des années soixante, les relations entre les individus étaient encadrées par les valeurs morales de la religion. Les grands principes moraux de l’Église guidaient la conduite de chacun et les curés se chargeaient de ramener dans le droit chemin les brebis égarées. Les paroissiens incorrigibles étaient condamnés au feu éternel de l’enfer. Peu de paroissiens étaient prêts à prendre ce risque.

Ce système était d’une efficacité redoutable, car il partait du principe que le respect des lois de Dieu et de l’Église est une responsabilité individuelle. Dans le doute le paroissien consultait le curé qui se chargeait d’interpréter dans un langage adapté aux circonstances les commandements de Dieu et de l’Église.

Au cours des années soixante, nous avons rejeté en masse la religion. Personne ne se plaindra du rejet des dogmes religieux qui transforment les gens en idiots utiles incapables de réflexions critiques. Mais ce rejet a laissé un immense vide qu’il fallait combler.

C’est bien connu, la nature a horreur du vide. Ayant rejeté les valeurs morales de la religion, il fallait trouver un autre système de valeurs apte à guider les gens dans leur quotidien.

Depuis toujours, les politiciens sont passés maîtres dans l’art de s’approprier les espaces vides. Ils ont donc proposé que l’État remplace l’Église.

L’État providence, dans sa forme la plus pernicieuse, était né.

Cela aurait pu fonctionner, n’eût été un détail, mais un détail ô combien important. Alors que la religion responsabilisait les individus, l’État providence les déresponsabilise. La religion enseigne que chaque individu est responsable de lui-même et de son prochain. Au contraire, l’État providence préconise que le gouvernement prenne en charge l’individu du berceau au tombeau.

Mathieu Bock-Côté exprime le résultat obtenu en ces mots :
Étrangement, un message se met à tourner en boucle: les politiciens doivent faire quelque chose. On réclame un plan d'action contre la violence conjugale, contre l'intimidation. Ou encore plus de ressources pour les hôpitaux ou l'intégration des immigrants. En gros: plus de lois ou plus d'argent. Il n'y aurait pas d'autre solution à nos problèmes. Comme si tout était politique. À tout problème sa solution bureaucratique.
Nathalie Elgrably-Lévy l’exprime ainsi :

Dans la pensée collectiviste, l’État est une entité supérieure, omnisciente et omnipotente, une sorte de déité. Dans ce type de régime, mais aussi de plus en plus au Québec, ce sont des fonctionnaires qui décident d’une multitude d’aspects du quotidien et qui tentent d’influencer nos décisions. Quel moyen de transport emprunter, quel véhicule conduire, quels pneus installer, quoi manger, combien d’enfants avoir, dans quelle école les inscrire et quoi leur enseigner, quels produits acheter, quelle musique écouter, etc. : ils veulent tout contrôler!
L’État providence, né des suites de la Révolution tranquille, a accumulé une quantité incroyable de lois et de règlements qui visent à dicter au quotidien les moindres gestes, voire les pensées, de chacun. D’une session parlementaire à l’autre, des milliers de pages de règlements s’ajoutent aux dizaines de milliers de pages existantes. Si nous devions tous les observer, notre quotidien serait invivable.

L’excès de réglementation a pour effet de légitimer ceux qui ignorent les règlements. Pour paraphraser Churchill qui commentait la situation politique et sociale en France : « Au Québec tout est permis, même ce qui est interdit ». Comme toujours, l’interventionnisme a réussi le tour de force d’accomplir le contraire du but visé.

La réflexion du jour

La législation (loi 133) fait en sorte de centraliser la gestion des projets informatiques, et impose aux ministères et organismes une planification triennale des dépenses ainsi que des approbations annuelles. --- JdM

(NDLR : La machiavélique ministre Courchesne veut nous faire croire que plus de bureaucratie permettra de mieux contrôler l'explosion des coûts des projets informatiques. Je gagerais un petit 10 $ que c'est le contraire qui va se produire.)

Le chiffre du jour : 1,6 G$

Au cours de l'automne, le sous-ministre Jacques Cotton a admis en commission parlementaire que l'informatisation du réseau de la santé ne serait pas complétée avant 10 ans encore, et que les coûts totaux de l'opération atteindraient 1,6 milliard $.


Pourtant, initialement, les coûts d'implantation du DSQ étaient estimés à 547 millions $ et ses composantes devaient être livrées en 2011.

(NDLR : C'est un record. Les coûts ont triplé. Bravo et merci à tous les politiciens et bureaucrates qui ont contribué à cet exploit!)

02 janvier, 2012

La réflexion du jour

Ce fardeau fiscal explique, peut-être, pourquoi tant de contribuables répondent par la phrase - «Je donne déjà suffisamment en impôts» - aux bénévoles dans les campagnes de collecte de fonds.--- Michel Audet, ex-ministre des finances du Québec

Le chiffre du jour : 9e

Selon Statistique Québec, le Québec se situait à l'avant-dernier rang des provinces canadiennes pour le revenu personnel disponible par habitant - juste devant l'île du Prince Édouard. Pourtant, le même document révélait qu'au titre du revenu personnel par habitant, le Québec se situait au cinquième rang.


Pourquoi cette chute brutale du cinquième au neuvième rang lorsque l'on considère non pas le revenu personnel, mais le revenu personnel disponible par habitant? Parce que le revenu personnel disponible, c'est l'argent qui reste dans nos poches, une fois qu'on a soustrait les taxes et les impôts. Le constat est simple: cette dégringolade résulte des impôts et taxes plus élevés dans La Belle Province en 2010 (avant même la hausse de la TVQ en 2011 et 2012).