Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Si tous nos médecins travaillaient aussi fort que le docteur Yves Bolduc, ils pourraient soigner 28 millions de patients… tout en étant députés!--- Guy Fournier

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31 octobre, 2011

OWS : le bon diagnostic, le mauvais remède

Depuis le début du mouvement Occupy Wall Street le slogan « taxons les riches » est repris un peu partout sur la planète.

Je sympathise avec le mouvement qui dénonce la mainmise des groupes d’intérêt, en particulier le monde de la finance, sur le politique. La relation incestueuse politique-finance a déjà coûté des milliards aux contribuables et c’est loin d’être terminé.

Ceci dit, je m’inscris en faux avec ce même mouvement qui réclament plus de taxes et d’impôts et donc plus de pouvoir pour les gouvernements.

Warren Buffett en dénonçant le fait que son taux d’imposition était moindre que celui de sa secrétaire, a instantanément accrédité la thèse selon laquelle il faut taxer les riches. Si M. Buffett veut sincèrement aider ses compatriotes, il devrait utiliser les milliards qu’il économise en impôt pour financer des entrepreneurs qui n’ont pas accès aux sources habituelles de financement. Malgré un niveau de risque élevé, certains d’entre eux perceront et créeront de nouvelles entreprises génératrices d’emplois et de richesses.

Au contraire, si l’argent de M. Buffett est versé au gouvernement, les politiciens le canaliseront vers des programmes à saveur électoraliste. Il en restera très peu, voire aucun, pour régler les problèmes dénoncés par les indignés. On ne le répétera jamais assez, les gouvernements ne créent pas de richesse, mais redistribuent la richesse à des fins électoralistes.

Évidemment au Québec la question ne se pose même pas. Le nombre de riches est minime. Selon les statistiques, 2450 contribuables ont déclaré des revenus de plus de 1 million en 2010 et ce nombre risque de fondre comme neige au soleil si le fardeau fiscal, déjà excessif, est encore augmenté. Ce phénomène est la conséquence naturelle du modèle socialo-interventionniste québécois qui favorise le nivellement par le bas.

Malheureusement, au Québec, la pertinence de ce modèle est rarement remise en question.

La réflexion du jour

En réalité, depuis des décennies, nos syndicats ne respectent pas la loi, ils font la loi ! Cette manière de procéder les a longtemps servis. Ils ont appris, au fil des ans, que leurs actes illégaux sont rarement punis par les autorités. Dans ce contexte, pourquoi s’en priveraient-ils? D’autant plus qu’ils enrobent leurs gestes d’une héroïcité visant à protéger les soi-disant grands acquis de notre révolution tranquille. Pourtant, il faudra bien qu’un jour quelqu’un mette ses culottes. Espérons que ce sera cette fois… à suivre ! --- Pierre Simard

Le chiffre du jour : 32 %

Avec un taux de popularité d'à peine 32 %, Gérald Tremblay, trône au plus bas d'un sondage réalisé auprès de 6 700 personnes pour le compte du quotidien The National Post, dont les résultats ont été publiés lundi.
Par comparaison, à Québec, le maire, Régis Labeaume, obtient l'approbation de 74 % des citoyens.

NDLR : Malgré son impopularité, ce n'est certainement pas Louise Harel ou Richard Bergeron qui vont déloger Gérald Tremblay. Misère.....)

30 octobre, 2011

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

Mais il y a autre chose que les coûts. Et c'est l'horreur du privé. Un braquage idéologique d'un réseau (ndlr : réseau de la santé) frileux, où règnent le corporatisme, les résistances syndicales et l'hostilité d'un ministère envers ce qui sort du périmètre gouvernemental. Et ça semble aller jusqu'au niveau du ministre Yves Bolduc qui ne soutient pas cette initiative de son prédécesseur. --- Alain Dubuc

Le chiffre du jour : 7 500

Cette association a permis aux chirurgiens de Sacré-Coeur de réaliser environ 1500 opérations de plus par année, de réduire des attentes anormales pour certaines chirurgies, comme le cancer du sein, de réduire le nombre de reports d'interventions, et désengorger le volume à l'hôpital et donc d'y réduire les attentes. Elle a aussi permis à 7500 personnes de subir leur chirurgie ambulatoire dans un milieu plus convivial qu'un gros centre hospitalier. Si on met fin à l'entente entre Sacré-Coeur et RocklandMD, qui seront les victimes? Les patients, comme d'habitude.

29 octobre, 2011

La crise de l’euro

Si vous désirez avoir un point de vue non keynésien sur les causes et les remèdes de la crise grecque, commodément rebaptisée la crise de l’euro, je vous invite à visionner cette courte vidéo de Pascal Salin



Salin : Aux origines de la crise de la zone Euro par unmondelibre

Source : Un monde libre

La réflexion du jour

La nature et la gravité du problème à résoudre sont claires. Il faut mettre fin à notre gestion politique du réseau routier et la remplacer par un système plus sécuritaire et économiquement plus rationnel.--- Pierre Fortin

Le chiffre du jour : 3,5 G$

Paniqué après la tragédie du viaduc de la Concorde, Québec a adopté à toute vitesse un plan de rattrapage qui a fait passer les investissements du MTQ de 1,2 milliard de dollars en 2005 à 3,5 milliards en 2011. L'histoire montre que les auto­rités politiques ne peuvent résister à l'envie de remplacer l'entretien régulier du réseau par un invraisemblable jeu de stop-and-go de la dépense.

28 octobre, 2011

Une douche de fonctionnaire ça coûte cher

Dans un texte de Caroline D’Astous publié dans le JdM on apprend que la SAAQ planifie d’installer une douche à son centre de service de Montréal. La SAAQ évalue entre 50 000 $ et 80 000 $ les coûts de ce projet. C’est au moins cinq fois plus que ce qu’il en coûterait à une entreprise privée pour le même contrat.

Cette anecdote démontre bien la culture de gaspillage qui prévaut dans la fonction publique. La SAAQ défend son projet en argumentant que la présence d’une douche permettra de réduire le taux d’absentéisme. Selon la SAAQ, la présence d’une douche est une invitation à faire de l’exercice, un employé en forme ne sera pas malade et donc s’absentera moins.

Un fonctionnaire capable d’un tel raisonnement peut éventuellement justifier n’importe quelle dépense même la plus farfelue. Je serais curieux de savoir si la SAAQ s’est donné la peine d’identifier les employés qui s’absentent le plus souvent pour déterminer si son argument tient la route. J’en doute.

Mais ce n’est pas le seul but de mon intervention, car tout le monde sait intuitivement que dans la fonction publique on n’est pas regardant sur la dépense. Comment pourrait-on expliquer autrement que les dépenses du gouvernement augmentent deux fois plus rapidement que l’inflation alors que les services diminuent.

Je veux aussi faire ressortir l’odieux de ce qu’il en coûte pour faire le moindre projet lorsque le donneur d’ouvrage est le gouvernement. Il y a bien sûr tout le phénomène de la collusion/corruption qui gonfle les prix, mais ce n’est pas tout.

Les projets de moindres envergures, comme celui de la SAAQ, sont probablement moins contaminés par ce phénomène, car les gains sont insuffisants pour justifier le risque encouru. Alors, pourquoi les projets gouvernementaux coûtent-ils beaucoup plus cher que les mêmes projets dans l’entreprise privée?

Les raisons sont multiples. Par exemple pour changer un tableau de mur ou pour ajouter une tablette (et il y en a beaucoup) il faut un plan d’un décorateur intérieur, voire d’un architecte (j’exagère à peine) ; les plans et devis spécifient tous les matériaux jusqu’au moindre clou même si l’entrepreneur peut souvent trouver un équivalent moins dispendieux; l’exécution des travaux est souvent soumise à une multitude de contraintes farfelues : zéro poussière, zéro bruit, etc.; le représentant syndical utilise tous les trucs dans le livre (convention collective) pour retarder les travaux; etc.

Résultat : les coûts triplent, voire quintuplent.

La réflexion du jour

La généralisation du terme problématique pour désigner un problème rend compte de la montée de l'impuissance québécoise.


Au plan collectif, cela donne les ratés du CHUM, l'échangeur Turcot, le réseau routier, la corruption dans le domaine de la construction. En éducation, cela correspond à l'obsession pour les taux de diplomation sans considération de ce qui est enseigné.

Ce langage bureaucratique correspond à une société de parvenus où le contenant a remplacé le contenu, le fairesemblant la réalité. Cela correspond à une société incapable de régler ses problèmes, où plus personne n'est responsable de rien. --- Christian Dufour

Le chiffre du jour : 970

Renforcement de l'expertise interne du MTQ


Embauche de 970 employés à temps plein, dont 332 ingénieurs, 564 techniciens et 74 comptables et analystes de marché.

(NDLR : Toutes les excuses sont bonnes pour engraisser la bureaucratie. Le MTQ aura 1 000 fonctionnaires de plus pour ne pas faire ce que les 5 000 fonctionnaires du ministère ne font pas.)

27 octobre, 2011

La réflexion du jour

Le progrès, voilà l’ennemi à abattre. Aurions-nous trouver enfin la cause des immenses problèmes de l’humanité ?


Hélas non. Ce discours anti-production et anti-consommation existe depuis la nuit des temps et il est constamment recyclé avec les mêmes peurs et la même prémisse : il y aurait juste trop de monde sur terre compte tenu de sa capacité de nous nourrir et de fournir les ressources suffisantes pour la satisfaction des besoins humains.--- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 81 ans

Ces illustres prophètes ont-ils eu raison ? Les pénuries anticipées se sont-elles produites ? Notre situation s’est-elle détériorée et doit-on craindre le pire ? Non, non, non et non.

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Entre 1950 et 1960, l’espérance de vie moyenne d’un être humain était de 47 ans. Il atteint aujourd’hui 69 ans. En Amérique du Nord, la longévité moyenne est passée de 69 ans à 81 ans pendant la même période. Est-ce là le signe d’un monde en perdition ?

26 octobre, 2011

La rue Notre-Dame, l’ineptie à son comble

Cela fait plus de vingt ans que les gouvernements qui se succèdent à Montréal et à Québec planifient la modernisation de la rue Notre-Dame. Le pavage a été refait au moins trois fois depuis, mais il n’y a toujours pas l’ombre du moindre projet de modernisation.

Les politiciens municipaux et provinciaux tergiversent, se renvoient la balle, promettent, commandent des études pour revoir les études précédentes, mais sans jamais aboutir à quoi que ce soit d’utile.

Les coûts de cette ineptie atteignent des centaines de millions : études inutiles, perte de temps pour des milliers d’automobilistes, pertes de productivité de l’industrie du camionnage, pollution accrue de l’est de Montréal, détérioration accélérée de la chaussée, etc.

C’est dans ce contexte que l’Administration portuaire de Montréal a proposé, il y a déjà plusieurs années, d’ouvrir un accès entre le port et l’autoroute 25. Cela permettrait d’éliminer de 4 000 à 5 000 passages journaliers de camions sur la rue Notre-Dame (voir le texte de Bruno Bisson sur Cyberpresse).

C’est tout ce qu’il y a de plus simple comme projet, mais dans le merveilleux monde de la politique, où les intérêts électoralistes et les gros ego ont préséance sur les intérêts de la population, il n’y a jamais rien de simple. Ce projet peu coûteux n’offre pas de retombés médiatiques ni d’opportunité de magouillage. Donc, c’est un projet inintéressant qu’aucun politicien ne veut parrainer. Comme si l’amélioration du quotidien de milliers d’automobilistes et de camionneurs n’était pas digne de nos élus. C’est à croire qu’ils sont tous membres de la secte antiautomobile de Richard Bergeron.

À la veille des prochaines élections, on nous promettra un autre projet avec des parcs, des ouvertures sur le fleuve, du transport en commun et une fluidité à toute épreuve. Mais comment y croire après tant de déception.

En attendant, est-ce qu’un politicien peut se sacrifier au bénéfice des usagers de la rue Notre-Dame et veillez à ce que l’ouverture d’un accès entre le port et l’autoroute 25 soit complétée au PC?

La réflexion du jour

«Les Québécois donnent le score le plus bas à leur gouvernement provincial sur le baromètre de confiance. Ces résultats ne sont pas étonnants dans le contexte actuel», a affirmé Jean-Simon Farrah, analyste de recherche chez Nanos.

Le chiffre du jour : 3,51 sur 10

Les Québécois se sont montrés sévères envers le gouvernement Charest dans le dossier de l'attribution des contrats gouvernementaux en accordant un score moyen de 3,51. Dans l'ensemble des dossiers, les Québécois donnent une note de 4,27 à l'équipe de Jean Charest.

25 octobre, 2011

Subventions : les perles du 15 au 21 octobre 2011

Chaque semaine, le blogue de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle des perles cette semaine est une subvention de 1,8 M$ à Gaz Metro et à Transport Robert. Un gouvernement qui cumule les déficits budgétaires subventionne deux entreprises rentables. Cherchez l’erreur!

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1,8 M$

À Gaz Métro

Une aide financière est accordée à Gaz Métro Solutions Transport pour un projet de démonstration technique et économique d’utilisation du gaz naturel liquéfié (GNL) comme carburant de remplacement dans le secteur des transports lourds, un projet estimé à près de 5,4 M$. Le projet consiste à remplacer le diesel par le GNL, pour 180 camions de la compagnie Transport Robert, de Boucherville.

332 141 $

À Montréal

Québec a dévoilé cette semaine les 47 projets issus de 32 municipalités qui se partageront cette année une somme de 3 M$ dans le cadre du programme Municipalité amie des aînés. Le but de ces projets est de favoriser la participation active et le plein épanouissement des personnes aînées chez elles, au sein de leur communauté.

400 000 $

Pour la lutte contre l’homophobie

Le ministre de la Justice et Procureur général, Jean-Marc Fournier, annonce la mise en place du programme Lutte contre l’homophobie. Il s’agit d’un programme d’aide financière destiné aux organismes qui réalisent des projets contribuant à prévenir et à combattre les attitudes et les comportements homophobes et à favoriser la pleine reconnaissance des personnes de minorités sexuelles.

346 500 $

À la MRC de Portneuf

Un appui financier de la Société d’habitation du Québec permettra de soutenir les ménages à faible revenu de la MRC qui doivent rénover leur domicile. RénoVillage a pour but de permettre aux ménages à faible revenu vivant en milieu rural d’effectuer des travaux sur leur résidence lorsque celle-ci présente une ou plusieurs défectuosités majeures.

4,1 millions $

Aux CRÉ

La ministre responsable de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a profité du Rendez-vous automnal des régions sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui s’est tenu à Québec, pour «alimenter» les plans d’action des futures ententes régionales en égalité qui seront conclues dans le cadre de l’enveloppe budgétaire de 4,1 M$ sur quatre ans réservée aux 21 territoires des conférences régionales des élus (CRÉ).

24 015 $

Au Délicieux Viraillage

Une subvention est versée aux promoteurs du Délicieux Viraillage, un projet collectif qui regroupe trois entreprises agrotouristiques, soit Chez Gerry de Saint-Paulin, Le Temps des cerises de Charette et Domaine et vins Gélinas de Saint-Sévère. Il propose aux touristes un nouveau parcours gourmand en plus d’accroître la visibilité des produits agroalimentaires que l’on peut trouver en région.

La réflexion du jour

Un parti ou l’autre, ça ne change rien, ils sont tous «pourris», direz-vous. Pourquoi voter pour un pantin qui fera ensuite ce que son chef lui dira ? De toute façon, quelles sont les chances que mon petit vote change quelque chose au résultat final ?


Votre réponse ressemblera à ça, non ? Rassurez-vous, je ne vous ferai pas la morale. Je ne peux pas vous donner entièrement tort sur les deux derniers points. Je vous supplie de me croire sur le premier : non, ils ne sont pas tous «pourris». Impuissants, oui, sauf pour le premier ministre, pourris, non, définitivement pas.---Joseph Facal

Le chiffre du jour : 2,38 électeurs sur 10

En 2008, le PLQ a obtenu 42,08 % du vote exprimé et la participation fut de 57,43 %. Dans les faits, seulement 2,38 électeurs sur 10 ont donc voté pour eux.

24 octobre, 2011

Boomerang : Travels in The New Third World

Revue de livre par Pierre Duhamel

Je viens de lire un récit captivant. Le journaliste américain Michael Lewis vient de publier Boomerang: Travels in The New Third World.

Quel est ce nouveau Tiers Monde ? Les pays ou États qui se trouvent à l’épicentre de la crise économique mondiale : l’Islande, la Grèce, l’Irlande et la Californie. Il a aussi rencontré des banquiers allemands, des modèles de conservatisme et de prudence sur leur propre marché, mais qui ont investi massivement partout où ça va mal, et un opérateur de hedge fund américain qui se fait une fortune en pariant sur les prochains pays qui vont sauter.

Le livre de Michael Lewis, c’est un peu le Guide Michelin des États fauchés. La prochaine chose que j’ai constaté en lisant le livre, c’est que chaque pays a sa propre histoire. Le résultat final est le même en bout de piste, mais la culture de chaque peuple donne une teinte particulière à ce qui s’est passé. Deuxième constatation : il n’y a jamais un seul coupable.

Le cas de la Grèce est assez éloquent à cet égard. C’est la fibre morale de l’ensemble de l’ensemble de la société qui s’est défaite. Tout le monde trichait, même les moines !

Ce n’est pas un hasard si c’est un scandale impliquant un monastère de moines du Mont Athos – le lieu saint de l’orthodoxie – qui est à l’origine du changement de gouvernement et des révélations sur l’état réel des finances du pays. Ces saints hommes, forts d’un document du 14e siècle que leur a accordé un empereur byzantin, ont marchandé avec l’État un titre de propriété sur un lac sans valeur au nord du pays pour obtenir des terrains valant plus d’un milliard d’euros.

Passage rigolo du livre : la technique de négociation des moines avec les représentants de l’État. Avant d’entamer les discussions, les bons moines offraient à leurs interlocuteurs de les entendre en confession !

L’État grec était dépensier et mal organisé. Le gouvernement précédent a trafiqué les livres et tenté de faire croire pendant plusieurs années aux autres membres de la zone euro que le déficit n’était que de 3 %, alors qu’il était en fait de l’ordre de 15 %. La Grèce comptabilisait plusieurs de ses dépenses à l’extérieur de son cadre financier.

Le secteur public était peu performant. Selon Michael Lewis, les écoles grecques, parmi les pires de l’Europe, employaient quatre fois plus d’enseignants par élève que les écoles finlandaises, réputées les meilleures du Vieux continent. Les coûts de main-oeuvre de la compagnie de chemin de fer grec atteignaient quatre fois ses revenus et l’employé moyen gagnait en moyenne 65 000 euros par année. Un ancien ministre des Finances avait même déclaré qu’il coûterait moins cher d’offrir le taxi à chacun des passagers plutôt que continuer le service de train.

Les banquiers, surtout français et allemands, ont financé le pays sans porter grande attention et sur la seule base qu’il avait adopté l’euro. La banque d’affaires américaine Goldman Sachs aurait récolté des honoraires de 300 millions de dollars pour aider la Grèce à camoufler l’état réel de son endettement. Goldman a aussi montré au gouvernement à monétariser ses revenus des prochaines années. En clair, tous les revenus futurs de la loterie nationale, des péages d’autoroutes, des frais d’atterrissage et même les fonds auxquels l’État grec pouvait s’attendre de l’Union européenne, ont pu être dépensés immédiatement.

Quant aux Grecs, ils étaient les champions mondiaux de l’évasion fiscale et des petites tricheries. On apprend dans le livre que les deux-tiers des médecins grecs auraient déclaré des revenus de moins de 12 000 euros par année. Les hôpitaux grecs dépensaient beaucoup plus que les hôpitaux européens pour leurs fournitures et on rapporte que les médecins et les infirmières partaient régulièrement du travail les bras pleins de papiers de toilette ou de couches. Les Grecs profitaient d’un État qui ne se refusait aucune dépense et qui leur offrait des conditions de travail extraordinaires, mais sans jamais vouloir le financer.

Qui est responsable de ce qui es arrivé à la Grèce ? Je pense que l’État, les banquiers et les citoyens sont responsables. Je suis très tenté de croire que c’est ce qui est arrivé ailleurs aussi, même si cela ne s’est pas passé de la même façon.

La réflexion du jour

On a beau dire, mais ceux qui prétendent se soucier des gens à revenu modeste sont aussi ceux qui privent plusieurs familles des joies de la propriété. En s'acharnant contre l'étalement urbain, nos planificateurs s'acharnent aussi contre les pauvres gens.--- Pierre Simard

Le chiffre du jour : 250 000 $ c. 100 000 $

D'abord, il (ndlr : le bien-pensant de la planification urbaine) interdira la construction domiciliaire dans tel ou tel secteur au nom de l'étalement urbain, du réchauffement climatique, du patrimoine agricole, de la protection d'une espèce de grenouille et j'en passe. Une fois qu'il aura créé une rareté dans l'offre de terrains, il obligera l'entrepreneur à lui demander une autorisation ou un permis qui prendra des mois, voire des années à être délivré. Finalement, ce même entrepreneur devra se conformer à une panoplie de normes, de règlements et de procédures. Tout ça, évidemment, pour conforter quelques groupes de pression et augmenter les recettes fiscales de la grande ville.


Par la magie de la planification, la maison de 100 000$ que vous convoitiez coûte désormais... 250 000$. Consolez-vous! On vous a protégé contre vous-même. C'est connu, un agent immobilier aurait pu vous forcer à acheter une maison de banlieue contre votre gré.

23 octobre, 2011

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

Montréalais, votre compte de taxes foncières grimpe chaque année. Dans la métropole aux 103 élus, on taxe maintenant via les parcomètres, les stationnements, l’essence, l’eau, la voirie, les voitures. Vous essayez de fuir en métro ou en autobus? On va vous chercher avec votre carte mensuelle (la CAM), dont le prix augmente pas mal plus vite que l’inflation.--- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 1 700

Mais n’ayez crainte, votre argent est bien dépensé. La preuve : le nombre d’employés de la Ville qui gagne 100 000 $ et plus a triplé entre 2009 et 2010, rapportait la chaîne Global il y a deux semaines. Quelque 1700 employés — surtout des cadres supérieurs — font maintenant partie du club des 100 000 $ et plus. Ils étaient 626 un an plus tôt. Grâce à vous, ces gens peuvent éviter la récession et se payer une belle vie. On appelle ça la solidarité. C’est ce qui nous distingue des capitalistes sans-cœur.

22 octobre, 2011

La réflexion du jour

Aujourd'hui, il (François Bowen, professeur à l'Université de Montréal et membre du Groupe de recherche sur les environnements scolaires) dresse un portrait plutôt mitigé des efforts faits par Québec pour contrer la violence en milieu scolaire.

«Ça prend des actions beaucoup plus ciblées, dit-il. Là, on applique le même mode de fonctionnement partout, sans tenir compte du fait que la réalité de Québec peut être différente de celle de Sherbrooke, par exemple.»

(NDLR : Les solutions mur à mur sont le propre des monopoles d'État.)

Le chiffre du jour : 17 M$

Tout comme d'autres directeurs d'école rencontrés par le Journal (voir encadré ci-contre), M. Cloutier se dit ouvertement «déçu» par le plan d'action pour prévenir et traiter la violence à l'école, lancé en grande pompe par le ministère de l'Éducation, en 2008, au coût de 17 M$.

(NDLR : L'argent s'est dissipé comme par magie dans les structures sans résultats concrets.)

21 octobre, 2011

La patente à Charest

Il est depuis longtemps évident que Jean Charest ne reculera devant rien pour éviter d’étaler au grand jour le système mis en place pour flouer les Québécois. Il ne reste qu’une solution : une élection.

Il faut souhaiter qu’il y ait suffisamment de brasse-camarade au congrès du PLQ en fin de semaine, pour convaincre une demi-douzaine de députés libéraux de changer de camp. Cela serait suffisant pour faire tomber le gouvernement.

On nous répète sur toutes les tribunes que ce n’est pas tous les politiciens qui sont corrompus, mais seulement une infime minorité. Je veux bien y croire, mais je n’ai jusqu’à présent rien vu pour m’en convaincre.

Que les députés libéraux honnêtes se lèvent et marchent de l’autre côté de l’Assemblée nationale.

Sans pouvoir de contraindre, l'exercice ne sert à rien. Qui ira volontairement dire haut et fort des informations que, même confidentiellement, les policiers ont de la difficulté à recueillir ? Si ça te tente, tu vas témoigner. Si ça ne te tente pas, tu n'y vas pas. Si ça te sert, tu y vas. Sinon, tu laisses faire. Encore le jeu des intérêts singuliers versus ceux de la collectivité. --- Jean-Luc Mongrain
(Source : Journal de Montréal)

La réflexion du jour

«Si un entrepreneur passe du temps à remplir de la paperasse au niveau fédéral, il n'est pas en train de chercher des clients, il n'est pas en train d'innover, de développer son entreprise. Donc, cela nuit à la création de la richesse au pays. Nous voulons diminuer le temps que ces gens allouent à remplir de la paperasse et diminuer aussi leurs coûts de conformité à la réglementation», a indiqué le ministre Bernier dans une entrevue à La Presse.

Le chiffre du jour : 2 300

En tout, quelque 2300 irritants ont été identifiés durant les consultations menées par la Commission sur la réduction de la paperasse. Des irritants qui concernent divers ministères fédéraux et que le ministre Bernier promet d'éliminer.

(NDLR : Ce nombre doublerait certainement si on tenait compte des règlementations provinciales et municipales.)

20 octobre, 2011

La réflexion du jour

Le REER est loin d’être la solution rêvée. On ne fait que reporter à plus tard l’impôt à payer. Soit à notre retraite, quand notre revenu et notre taux d’imposition seront plus faibles. De là l’avantage. Je vois cependant un problème : vu l’incompétence totale de notre gouvernement à réduire ses dépenses, celui-ci n’aura d’autre choix que de hausser nos impôts dans le futur. Si c’est le cas, il ne restera plus beaucoup d’avantages à placer son argent dans un REER…--- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 60 %

Le nombre de ménages endettés de 65 ans et plus a plus que doublé depuis 17 ans. Il est passé de 25 % à 60 %, selon une étude de l’IRIS. Nos doyens vivant dans la pauvreté ont presque triplé. Leur proportion atteint aujourd’hui 12,3 %.

19 octobre, 2011

CARRA, un autre fiasco

Vous connaissez CARRA, la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurance? C’est un monstre bureaucratique, comme seuls les gouvernements sont capables d’en créer, chargé de gérer les pensions et les assurances des fonctionnaires.

D’après un texte publié dans le Journal, les erreurs et les délais dans le traitement des dossiers sont légion. Les prestataires exaspérés par l’inefficacité du système en sont rendus à menacer les préposés du service à la clientèle. Qui pourrait les blâmer?
Dans la plus pure tradition des monopoles gouvernementaux, les gestionnaires de CARRA excusent leurs incompétences en plaidant le manque d’argent et de personnel et la vétusté des systèmes informatiques. Ils ont donc demandé et obtenu un projet pour moderniser le système informatique de l’entreprise. Le projet devait être réalisé à l’intérieur d’une enveloppe budgétaire de 30 M$, mais à ce jour la facture atteint la somme pharaonique de110 M$ et ce n’est pas fini.
Dans le domaine de la gestion des fonds de pension et d’assurance, il existe une panoplie d’entreprises ayant le personnel qualifié et les outils nécessaires pour fournir un service de qualité aux usagers. Elles le font déjà pour les centaines de milliers d’employés oeuvrant dans le privé. Ces gestionnaires n’ont d’autres choix que de fournir des services de qualité au meilleur prix, car la concurrence est sans pitié.

Dans les circonstances, il aurait été facile pour le gouvernement d’obtenir les meilleurs services aux meilleurs coûts en utilisant un processus d’appel d’offres transparent. En sous-traitant la gestion des fonds de pension des fonctionnaires à l’entreprise privée, le gouvernement aurait économisé des dizaines de millions de dollars.

Malheureusement, l’efficacité est la dernière priorité des politiciens et des hauts fonctionnaires.

La réflexion du jour

« Une majorité d'entrepreneurs ne perçoivent pas le gouvernement comme leur allié ; ils ont plutôt l'impression qu'ils doivent réussir malgré le gouvernement », dit Youri Rivest, vice-président chez CROP.

Le chiffre du jour : 7 sur 10

Plus de 7 entrepreneurs sur 10 ont l'impression que les gouvernements travaillent contre les PME. C'est l'une des nombreuses données qui ressortent du sondage CROP/Les Affaires mené auprès de 105 dirigeants d'entreprise.

18 octobre, 2011

La fonderie Darling : un espace de création unique

Louise V. Labrecque

Notre vrai moi n’est pas tout entier en nous.- Jean-Jacques Rousseau

« Il n’y a pas plus québécois qu’un Québécois ! » Voici une maxime résumant à elle seule une québécitude bête à pleurer, un complexe en somme. De ce genre de cliché, de préjugé, de formule toute faite, impossible de ne pas faire matière à réflexion lorsque l’on visite la Fonderie Darling, nichée au cœur du Faubourg des Récollets, dans le « Quartier Éphémère ». Par sa mission, cet endroit étonnant oblige à sortir de soi et des sentiers battus, pour entrer de tout son long dans l’Autre, dans ses différences et complexités.

La Fonderie Darling est presque une entité en soi et rassemble des artistes de partout : c’est un espace de création vivant, qui respire, qui porte aussi à la réflexion et à la recherche. En route vers la découverte : pénétrer l’intérieur de ce bâtiment est une extraordinaire ! Tout d’abord, c’est la lumière qui nous touche pour se nicher ensuite au cœur du silence, dans la diversité des formes visuelles de l’art contemporain. En effet, la Fonderie Darling « parle » au travers de chacune de ses oeuvres, comme si l’artiste était en train de lui souffler ses mots dans une tentative d’atteindre la réalité d’une époque urbaine. En ce sens, la Fonderie Darling visite et revisite nos lieux de mémoire, et s’intéresse tout particulièrement aux projets exploratoires, lesquels sont parfois à haute teneur technologique ou à facteur de risque important.

La sensation et la réflexion suscités par le lieu, ou par les objets, indépendamment de leur provenance culturelle, nous amènent à créer des parallèles avec d’autres sociétés, d’autres artistes et d’autres réalités urbaines. En effet, choisir l’art contemporain, c’est s’ouvrir à un autre regard, à une autre temporalité. De toute évidence, les artistes cherchent à rassembler le public autour de préoccupations communes, par exemple : le patrimoine, la mémoire, l’architecture. Certains n’hésitent pas à faire « jaser leurs mondes », dans lesquels, pour notre plus grand plaisir, des existences croisées coexistent.

L’humain est fondamentalement individualiste. Et il le demeure toute sa vie. Certains le sont tellement qu’ils en deviennent renfrognés, quasi muets. Les artistes de la Fonderie Darling partent à la recherche de signes pouvant traduire fidèlement cet état de fait, mais dans une vision unique, avant-gardiste. Ainsi, sur 3500 mètres carrés, et dans un souci de précision photographique, on réalise que l’individualisme possède également ses contradictions.

Ainsi, je ne peux m’empêcher, suite à la visite de la Fonderie Darling, de porter moi aussi, le même regard « photographique » sur ma ville, mes lieux de mémoire et ma société. En effet, les artistes, pour la plupart en résidence, font entièrement corps avec la ville, emboîtent le pas des passants, s’arrêtent devant les parcs, les grands magasins, dans les stations de métro, les pharmacies, les salons de thé. Parfois, je suis choquée, voire outrée, mais ce n’est pas l’artiste qui parle, ce sont ses oeuvres, lesquelles évoluent dans des lieux, des hasards et des rendez-vous. D’ailleurs, ce sont souvent des oeuvres simples, lesquelles ne se doutent pas, un seul instant, qu’elles possèdent une partie de l’histoire de la ville entre leurs formes.

Aussi, démontrer l’apport économique indéniable de la culture est dans ce cas-ci un stimulant qui vaut le détour; passé le choc initial, vous comprendrez pourquoi la culture est si importante à l’enrichissement de la société. Je recommande tout particulièrement la visite de ce lieu à nos élites du monde des affaires, politiques et médiatiques. En effet, sa programmation internationale, ses résidences d’artistes étrangers à Montréal et canadiens en France, permettent au « Quartier Éphémère » de susciter des échanges enrichissants entre les artistes en arts visuels et leurs publics, dans un bouillonnant partage d’idées et de dialogue. J’aime à imaginer les artistes se promenant en long et en large dans la ville, scrutant la montréalité et la québécitude au travers des lieux et des gens qui croisent leur route, et qu’ils ne reverront probablement jamais. D’autres fois, ils peuvent être touchés personnellement, en retrouvant des gestes universels, comme le baiser des amoureux, ou même, qui sait, un visage familier, comme celui de cette femme attendant au supermarché, par exemple. C’est donc au dehors que les artistes de la Fonderie Darling déposent leurs existences passées, lucidement, sachant bien qu’eux-mêmes se trouvent au cœur de la foule, dans les rues de la ville, porteurs, en somme, de la vie des autres.

Bref, j’invite tout le monde à visiter cet espace de création exceptionnel, ce lieu d’innovation unique, avec ses deux salles de diffusion, sa belle galerie, son café au rez-de-chaussée (lequel accueille 500 clients par semaine), ses résidences, ses ateliers de production, le tout formant un dynamique assemblage d’art visuel, dont le rayonnement au Québec, au Canada, et partout dans le monde, témoigne de son formidable apport de vie.

Fonderie Darling, 745 rue Ottawa
Tél: 514-392-1554
http://www.fonderiedarling.org/

La réflexion du jour

L’industrie de la construction est le seul secteur d’activités où l’embauche, un droit de gérance des employeurs, est en partie officiellement détourné dans nos lois au profit des organisations syndicales. La porte est ainsi toute grande ouverte à la discrimination entre les travailleurs recommandés, au taxage des travailleurs, à l’intimidation des employeurs et entre travailleurs, à la collusion et à la corruption entre représentants syndicaux et patronaux.--- Jean-Jacques Samson

Le chiffre du jour : 35

Plus de 35 ans après la commission Cliche, l’industrie de la construction est encore la même jungle qu’à l’époque du chantier olympique, du saccage de la baie James et du chantier de la raffinerie Ultramar, dans la région de Québec.

17 octobre, 2011

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

Les jeunes ne se retrouvent plus dans les partis traditionnels, ni même dans le parti de François Legault. Les jeunes ne sont ni à gauche, ni à droite, mais ailleurs. Les jeunes sont dans la rue en Égypte, en Tunisie, en Libye et au Yémen pour la liberté. Les jeunes sont dans la rue au Portugal, en Espagne, en Grèce et maintenant aux États-Unis contre les abus du système capitaliste. --- Jean-Marc Léger

Le chiffre du jour : 62 %, 57 %, 40 %, 8 %

Le Parti québécois propose aux électeurs un autre débat de structure. À la veille d'une autre récession, de la précarité de l'emploi, de la faillite du système de la santé et de l'éducation, les électeurs veulent des politiciens qui se penchent sur les vrais problèmes. Seulement 62 % des électeurs ont voté au fédéral, 57 % au provincial, 40 % au municipal et 8 % dans le domaine scolaire. Croyez-vous vraiment que les électeurs veulent voter plus souvent ?

16 octobre, 2011

La réflexion du jour

À tout bout de champ, le réseau de la santé est en crise : les urgences débordent, il manque de lits, de temps opératoire, les listes d'attente s'allongent, nos spécialistes s'exilent, le personnel soignant souffre d'épuisement, on vit des guerres de juridiction et des difficultés organisationnelles, sans parler de la vétusté des locaux. Mais les dirigeants continuent de nous rebattre les oreilles en nous répétant que «nous avons un des meilleurs systèmes au monde». Imaginez ailleurs ! --- Jean-Luc Mongrain

Le chiffre du jour : 9 000

La liste d'attente pour une chirurgie au CHUM atteint 9 000 noms. Vous avez bien lu, 9 000 personnes malades, souffrantes à différents degrés, attendent une opération. C'est là que le mot «patient» prend tout son sens...

15 octobre, 2011

La réflexion du jour

Beaucoup de financiers à Wall Street sont cupides et immoraux. Mais sans l’aide du gouvernement, ces cowboys auraient tout perdu. D’autres entrepreneurs, plus prudents, auraient ramassé les pots cassés. L’économie a horreur du vide.

Soyons conséquents. Ce que nous devons combattre, c’est la cleptocratie. Le gouvernement de copinage. Cette alliance malsaine entre politiciens opportunistes et intérêts particuliers.--- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 110 M$

La fin des travaux de modernisation des équipements informatiques à la CARRA, qui ont coûté au bas mot 110 millions $ au lieu des 30 millions $ prévus, est loin d’avoir réglé les problèmes de retard dans l’analyse des dossiers, selon ce que Le Journal a appris.

14 octobre, 2011

Carte électorale, choisir la voie de la facilité

Dans la plus pure tradition du « Ne faite pas ce que je fais, faite ce que je dis! », les députés de l’Assemblée nationale planifient d’enfreindre une fois de plus la loi. Après la loi des municipalités (amphithéâtre de Québec), celle des contrats internationaux (les voitures de métro) et celle du déficit zéro, l’Assemblée nationale se prépare à passer outre à la loi électorale.

Pourquoi faire des lois si à la première difficulté on les contourne? Autant gérer la province à la petite semaine comme dans les républiques de banane.

Pour respecter le principe « tous les votes sont égaux », la loi électorale exige que le nombre d’électeurs par circonscription soit sensiblement le même. Donc, pour se conformer à la loi le DGE recommande d’éliminer trois circonscriptions rurales (Kamouraska-Témiscouata, Matane et Lotbinière) et d'en créer trois en périphérie de Montréal.

Impossible! C’est trop demandé à nos politiciens. Ils proposent plutôt de contourner la loi électorale en adoptant le projet de loi 19. Le résultat : le Québec comptera trois circonscriptions de plus lors des prochaines élections.

C’est une autre anecdote démontrant que les politiciens sont prompts à augmenter les dépenses, mais incapables de les contenir, encore moins de les réduire. Je propose donc que les députés assument les conséquences de leur irresponsabilité et que les coûts associés à l’addition des trois nouvelles circonscriptions soient déduits directement de leurs salaires.

Si les députés devaient, comme la plupart d’entre nous, assumer les conséquences de leurs décisions, je suis sûr qu’ils trouveraient rapidement une façon de respecter la loi.

La réflexion du jour

La plupart du temps, les services publics appliquent trop rigoureusement les lois, sans tenir compte des réalités dans lesquelles se trouvent les citoyens. --- Protecteur du citoyen.

Le chiffre du jour : 1 027

Le nombre de plaintes enregistrées par le Protecteur du citoyen a diminué cette année par rapport à la moyenne des trois dernières années. Elles ont atteint le nombre de 1027, soit 77 de moins que l’année précédente.

13 octobre, 2011

La réflexion du jour

En dépit des sommes en jeu, le gouvernement reste incapable d’évaluer avec précision la performance des services ambulanciers au Québec.


Après avoir été critiqué par le Vérificateur général du Québec pour sa gestion des services ambulanciers, le ministère de la Santé a mis en place une série de mesures au cours des dernières années, mais du travail reste à faire. --- JdM

Le chiffre du jour : 7 %

La contribution des usagers compte pour à peine 7% des coûts globaux, qui se sont chiffrés à près de 435 millions $ en 2010. L’utilisation d’un véhicule ambulancier, sur une période de 24 heures, se chiffre annuellement entre 500 000 $ et 1 million $, selon que les ambulanciers sont de faction ou à salaire horaire.

12 octobre, 2011

L’État providence favorise-t-il la corruption?

Si l’on se fie aux évènements des dernières années, nous devons admettre, comme nous l’a brutalement rappelé le magazine Maclean, que la corruption est plus présente au Québec qu’ailleurs au Canada. Comment pouvons-nous expliquer ce phénomène?

Il est plus facile de constater les effets de la corruption que d’en déterminer les causes profondes. Pourquoi certaines sociétés sont-elles plus corrompues que d’autres?

Dans une étude à être publiée dans la revue Psychological Science, deux professeurs de l’Université de Toronto, Pankaj Aggarwal et Nina Mazar, ont tenté de répondre à cette question.

En utilisant les données de Transparency International, ils ont comparé le degré de collectivisme au degré de corruption de 22 pays. Ils concluent :

Why are there national differences in the propensity to bribe? One correlational study with cross-national data and one laboratory experiment find a significant effect of the degree of collectivism versus individualism present in a national culture on the propensity to offer bribes to international business partners. Furthermore, the effect is mediated by individuals’ sense of responsibility for their actions. Together, the results suggest that collectivism promotes bribery through lower perceived responsibility for one’s actions.

Essentiellement, l’étude démontre qu’il existe une corrélation entre collectivisme et corruption. C’est la conséquence naturelle de la déresponsabilisation des individus, un des effets pervers du collectivisme. Un individu déresponsabilisé est plus susceptible de participer, activement ou passivement, à la corruption, car la corruption n’est pas son problème, mais celui de la société dans laquelle il vit.

Le collectivisme est une forme plus ou moins prononcée de l’interventionnisme étatique. Le Wikibéral  le définit comme suit :

Le collectivisme politique est un mode d'organisation sociale fondé sur l'appropriation des moyens de décision, au nom de tous, de la majorité, de la généralité. Par extension, système qui admet une intervention de l'État (ou d'autres groupements autoritaires) dans le domaine économique, politique et social en édictant des lois contraignantes.

Pour les libéraux, le collectivisme politique implique la négation des droits de l'individu, c'est une forme de l'esclavagisme.

Social-démocratie, socialisme, communisme, Nazisme et Fascisme à des degrés divers, sont des idéologies collectivistes. Le holisme peut conduire au collectivisme.

Le collectivisme existe tant à gauche qu'à droite.
Depuis la Révolution tranquille des années soixante, la société québécoise est la plus interventionniste (collectiviste) de l’Amérique du Nord. Malheureusement, les évènements des dernières années semblent démontrer qu’elle est aussi la plus corrompue.

Est-ce que ceci expliquerait cela?

La réflexion du jour

Pour faire accepter l’idée (ndlr : péage sur les ponts) aux automobilistes, il faut deux choses :


1— Que l’argent recueilli aille directement à l’entretien et la construction des routes. (Et non dans un fonds général où nos politiciens irresponsables vont se goinfrer.)

2 — Qu’on réduise les impôts ailleurs, idéalement au profit des automobilistes (baisse du coût de l’immatriculation ou des taxes sur l’essence, par exemple). Cette solution n’aide en rien les finances publiques du gouvernement? En effet. Si celui-ci manque d’argent pour s’occuper d’une mission aussi primaire que l’entretien des routes, c’est qu’il dépense trop ailleurs. Qu’il coupe dans le gras.

Parce que le but d’un péage routier, c’est d’alléger la circulation. Et de permettre d’entretenir les routes et les ponts. Pas d’engraisser le gouvernement avec une autre taxe déguisée.--- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 500 M$

Implanter des péages sur les ponts de l’île de Montréal rapporterait près d’un demi-milliard en revenus annuels, calculait l’économiste Mathieu Laberge en 2008.

11 octobre, 2011

Subventions : les perles du 1er au 7 octobre 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle des perles cette semaine est une subvention de 350 000 $ à cinq partenaires fauniques, soit la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fédération des pourvoiries du Québec, Zecs Québec, la Fédération québécoise pour le saumon atlantique et la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec. Il existe des centaines d’organismes de cette nature tous bien accrochés aux mamelles de l’État-providence. Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement n’ait plus d’argent pour l’essentiel.

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300 000 $

À la Maison des métiers d’art

Une subvention de 300 000 $ est versée à la Maison des métiers d’art de Québec (MMAQ) pour le renouvellement de ses équipements spécialisés.

350 000 $

À cinq partenaires fauniques

Le RNF accorde une subvention de 70 000 $ à chacune des cinq fédérations membres de la Table nationale de la faune, soit la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fédération des pourvoiries du Québec, Zecs Québec, la Fédération québécoise pour le saumon atlantique et la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec.

70 000 $

À TECHNOCompétences

Une subvention est accordée au comité sectoriel de main-d’œuvre TECHNOCompétences pour promouvoir les carrières dans le domaine des technologies de l’information et des communications auprès des jeunes dans le cadre de la première Semaine nationale des carrières en TIC.

1 500 000 $

À TransBIOTech

La signature d’une nouvelle entente de cinq ans avec TransBIOTech en tant que centre collégial de transfert de technologie (CCTT) affilié au Cégep de Lévis-Lauzon accompagné d’une aide financière annuelle de près de 300 000$. Depuis 1998, c’est plus de 2, 25 M$ qui ont été alloués à TransBIOTech pour soutenir l’innovation des entreprises oeuvrant en biotechnologie.

147 500 $

À Coup de cœur francophone

Attribution d’une aide financière pour la tenue de la 25e édition de l’événement Coup de cœur francophone qui se déroulera à Montréal du 3 au 13 novembre 2011.

350 000 $

Pour le Programme de promotion du français lors d’activités culturelles

Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine annonce la reconduction du Programme de promotion du français lors d’activités culturelles pour l’année 2011-2012. Le PFAC a été lancé en 2009-2010. À ce jour, trente-cinq projets ont pu être soutenus grâce à ce programme.

144 578 $

Pour des projets fauniques en région

Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a rendu publics dix-neuf projets régionaux qui seront mis de l’avant d’ici la fin de l’année financière 2011-2012. Les projets retenus proviennent de seize organismes ayant pour mission de développer les activités de chasse, de pêche et de piégeage en région.

40 000 $

À l’Association des marchés publics du Québec

La subvention permettra d’assurer le fonctionnement de l’Association pour l’année financière 2011-2012.

75 754 $

À Forum-2020

Le ministère de l’Immigration accorde une aide financière pour soutenir l’établissement des personnes immigrantes dans la MRC des Maskoutains. La contribution du ministère permettra de financer les activités de recrutement de travailleuses et de travailleurs immigrants qui s’installent dans la région métropolitaine et de répondre ainsi aux besoins en main-d’œuvre des employeurs de la MRC.

358 318 $

À Cascades Groupe Tissus

Un soutien financier pouvant atteindre 358 318 $ à Cascades Groupe Tissu située à Lachute afin de former les 140 travailleurs de l’usine, dans le cadre d’un plan de formation mené par l’entreprise totalisant un investissement de 716 636 $.

1 759 200 $

À Bonduelle Canada

L’implantation de mesures d’efficacité énergétique dans cette entreprise permettra d’augmenter le rendement de l’usine dans un plus grand souci de l’environnement.

1 200 000 $

Pour la Fromagerie L’Oiseau Bleu

Grâce au soutien gouvernemental, la fromagerie d’Asbestos sera en mesure d’implanter des projets d’efficacité énergétique qui diminueront ses émissions de GES. Ces différents projets permettront à l’entreprise de prendre le virage du développement durable en réduisant la consommation de certains combustibles et en faisant la récupération et la redistribution d’énergie dans le but d’optimiser les différentes fonctions de la fromagerie.

La réflexion du jour

Les Québécois et les entreprises faisant affaires au Québec sont surtaxés comparativement à la province voisine. --- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 51 %

Le taux combiné de l’impôt sur les profits des entreprises est légèrement favorable à nos voisins. De plus, les taxes sur la masse salariale des entreprises sont de 31 % plus élevées au Québec qu’en Ontario. Les entreprises du Québec paient d’ailleurs 51 % des taxes salariales perçues au Canada. Ici, nous pénalisons les entreprises qui embauchent. Avant même de faire de l’argent, l’entreprise québécoise doit passer chez le percepteur. Une récente étude montrait aussi que les impôts et redevances imposés aux sociétés minières étaient plus élevés au Québec que chez le voisin.


Les Québecois, qui représentent 23,1 % des Canadiens, paient 25,7 % des taxes et impôts payés au Canada. Les Ontariens, qui comptent pour 38,7 % des citoyens du pays, paient 32,1 % des taxes et impôts payés au Canada.

10 octobre, 2011

La réflexion du jour

Il est temps que les gouvernements canadiens prennent au sérieux le contrôle et la réduction de la dette. En abordant la dette avec indifférence, on risque de s'enliser dans la situation catastrophique que connaît la Grèce actuellement. Ce n'est pas juste à l'égard de nos enfants parce que la dette d'aujourd'hui représente les impôts de demain. Martine Hébert, vice-présidente de la FCEI pour le Québec

Le chiffre du jour : 38 725 $

Les Québécois sont confrontés à la plus lourde dette gouvernementale per capita puisqu'elle s'établit à 38 725 $, suivie par celle des Ontariens (35 550 $) et des Terre-Neuviens (35 040 $). Les plus bas niveaux de dette par habitant ont été relevés en Alberta (14 700 $) et dans le Yukon (14 900 $).

09 octobre, 2011

La politique québécoise en caricatures

La réflexion du jour

Le Dossier Santé Québec, c’est l’Îlot Voyageur de la santé. Ce sera plus coûteux que le CHUM ou le métro de Laval et plusieurs d’entre nous serons morts avant que les dossiers médicaux puissent voyager instantannément de Havre-Saint-Pierre à Val d’Or. --- Michel Hébert

Le chiffre du jour : 3 fois 547 M$

Au lieu de 547 millions, le DSQ coûtera trois fois plus et ce qui devrait être prêt en 2010 ne le sera pas avant 2021. Si tout va bien…

08 octobre, 2011

La réflexion du jour

Un des problèmes à l’origine de la collusion et de la corruption dans le domaine de la construction serait la perte d’expertise du ministère des Transports. Trop de pouvoirs seraient légués aux firmes de génie-conseil parce que les fonctionnaires, pas assez nombreux, ne peuvent pas surveiller correctement les travaux. Il y aurait une « perte d’expertise » dont profiterait l’entreprise privée pour faire à sa guise.


Je suis sceptique.

Si l’ajout de fonctionnaires était garant d’une société bien gérée et efficace, nous serions parmi les champions du monde.--- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 100 000

Si l’ajout de fonctionnaires était garant d’une société bien gérée et efficace, nous serions parmi les champions du monde. Les effectifs du secteur public – tous niveaux de gouvernements, de sociétés d’État et d’administrations locales confondus – ont augmenté d’environ 100 000 personnes au Québec entre 2000 et 2009. Est-ce que cela paraît dans le niveau et l’efficacité des services rendus ?

07 octobre, 2011

Le mythe du laissez-faire des gouvernements

Le mythe voulant que la crise financière qui a débuté en 2007 soit la conséquence d’un laissez-faire des gouvernements ne veut pas mourir. Il est entretenu par des économistes, chroniqueurs et bien-pensants qui font l’apologie de l’interventionnisme étatique au profit des politiciens et aux dépens des libertés individuelles.

Dans un long texte, Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu, respectivement président du conseil de l'IGOPP (Institut sur la gouvernance des institutions privées et publiques) et professeur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, publié dans le Devoir, affirment :

La déréglementation des marchés financiers, apothéose du néolibéralisme triomphant, a conduit directement à la crise financière de 2007-2008, laquelle faillit faire basculer l'économie mondiale dans une profonde dépression économique.

Mais sur quelle planète vivent-ils? Ne sont-ils pas au courant que l’origine de la crise est l’effondrement de la bulle du marché immobilier? Cette bulle provient des politiques interventionnistes du gouvernement américain : taux d’intérêt maintenus artificiellement bas; loi obligeant les banques à prêter à des familles qui ne satisfaisaient pas les critères minimums; obligation imposée à Fannie May et Freddy Mac de refinancer les prêts hypothécaires les plus risqués.

Si les politiciens américains n’étaient pas intervenus pour biaiser les règles de fonctionnement du marché immobilier il n’y aurait pas eu de bulle immobilière et donc pas de crise financière.

Je n’ai pas la prétention d’être un expert en économie. Je laisse donc à d’autres, plus compétents que moi, le soin d’éclairer les lanternes des adeptes de l’idéologie étatiste. Il existe une littérature abondante sur le sujet, mais je me permets de suggérer tout particulièrement le livre The housing boom and bust, de Thomas Sowell. La revue du livre par Emmanuel Martin est disponible ici.

Le problème des crises financières découle du fait que les politiciens passent plus de temps à intervenir dans l’économie à des fins électoralistes qu’à protéger et défendre la démocratie : la liberté, la sécurité et la justice. Le résultat, l’une et autre sont en très mauvais état.

La réflexion du jour

La rémunération n'est que le sommet de l'iceberg. Chaque maire d'arrondissement a son propre cabinet, chaque arrondissement a sa direction des communications, sa direction du « développement social », des « travaux publics », de l' « urbanisme »... ainsi de suite et alouette !--- Lysiane Gagnon

Le chiffre du jour : 103

Pourquoi 103 conseillers municipaux à Montréal, quand il n'y en que 44 à Toronto, 15 à Calgary, 51 à Los Angeles et 51 à New York ?

06 octobre, 2011

Immobilier américain : le boom et le krach

Revue de livre par Emmanuel Martin
Thomas Sowell The housing boom and Bust, Basic Books, 2009.
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Immobilier américain : le boom et le krach

L’économiste et politologue américain Thomas Sowell a signé un autre ouvrage décapant sur la politique américaine. Il s’attaque dans « The housing boom and bust » (le boom et le krach immobilier) à de nombreux mythes propagés par la classe politique et certains idéologues, à propos des origines de la crise immobilière américaine. De nombreux commentateurs francophones seraient bien inspirés de lire cet ouvrage, assez simple d’accès, qui démonte l’histoire « officielle » de la crise.

L’histoire officielle, c’est bien évidemment que de méchants banquiers et « mort-gage brokers » ont roulé des tas de gens par avidité et que le système de libre marché a conduit le monde à la catastrophe. De Rocard à Sarkozy, les hommes politiques ont relayé le message. Sauf que, comme le montre Sowell, la réalité est tout autre. Bien sûr les banquiers et Wall Street ont une part de responsabilité. Mais peut-être pas si grande en comparaison avec d’autres. Le « libre marché » n’est pas le coupable idéal : en réalité, il faut s’intéresser à la politique et à ses méandres pour parvenir à lire le dessous des cartes de cette crise sans précédent.

D’abord comment expliquer le boom immobilier américain, qui n’était pas national mais localisé dans certaines agglomérations ? Les politiques foncières restrictives, bloquant le marché, ont fait grimpé les prix. Parallèlement, la politique monétaire a favorisé des taux d’intérêt très bas, Bush a poussé pour une réduction de l’apport personnel, les banques, avec l’accord de la régulation publique, ont proposé des prêts à taux variablesEconomiquement le boom s’explique donc très bien par cette conjonction de facteurs… politiques.

Depuis des années les politiciens américains sont obsédés par le « logement abordable » et ont fait pression de diverses manières pour faire avancer cet objectif. Plutôt que de financer directement des logements sociaux, ils ont préféré abaisser les standards des dossiers de demande de prêt pour que les pauvres puisse emprunter pour acheter, et ont utilisé Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants – privés mais supervisés par l’administration américaine – du refinancement hypothécaire (45% du marché juste avant la crise). Des hommes politiques comme Barney Frank ont poussé pour la prise de risque excessive par ces agences, de manière à couvrir des ménages emprunteurs qui n’auraient pas dû l’être selon des critères de risque habituels de marché. Le livre a plusieurs passages croustillants sur la manière dont ces hommes politiques tentent d’échapper à leur responsabilité.

L’ouvrage est très éclairant aussi sur les mouvements anti-discrimination et leurs connexions politiques. Ces mouvements, comme le célèbre ACORN, ont exercé des pressions sur les banques pour qu’elles prêtent à des ménages des minorités qui ne satisfaisaient pas les standards de prêts. L’arme de la « discrimination raciale » a fonctionné à plein. Surtout avec un ministre de la justice comme Janet Reno sous Clinton, qui imposait littéralement des quotas raciaux aux banques pour leurs prêts. Il faut comprendre que des tas d’autorisation, comme l’ouverture d’une branche, dépendait du « bon comportement » des banques en la matière… Vous avez dit « libre marché » ?Les exemples s’amoncellent et Sowell démontre comment les mécanismes de marché d’évaluation du risque ont été délibérément court-circuités par les hommes politiques. Le problème c’est que la responsabilité de tout le système a été court-circuitée, avec un mécanisme de titrisation des dettes des ménages qui s’est transformé en jeu de la patate chaude. La conjonction de ces politiques de taux d’intérêt faible, de réduction de l’apport personnel, de garantie de prêts hypothécaires dangereux, de restrictions foncières a logiquement donné lieu à une spéculation. Mais quand le marché s’est retourné…

Sowell analyse alors le jeu de la désignation des boucs émissaires par les hommes politiques. Mais il n’y a en fait rien de nouveau sous le soleil : depuis des décennies les hommes politiques interviennent sur les marchés, prétendant « solutionner » un problème mais ne font en réalité qu’empêcher les marchés de s’ajuster et créent donc un nouveau problème… qu’il faudra encore « solutionner ». C’est tout la dynamique interventionniste fondée sur la correction d’erreurs, qui génère de nouvelles erreurs, qui appellent de nouvelles interventions etc. Un effet boule de neige en somme. Mais la rhétorique officielle blâme les marchés, qu’on empêche de s’ajuster, pas les interventions politiques.

Sowell décortique avec une grande finesse toute cette rhétorique politique qui habille ces décisions et maquille les processus réels. Il revient à cet égard sur le mythe du New Deal qui aurait sorti l’Amérique de la Grande dépression. Il montre chiffres à l’appui, que le New Deal de Roosevelt a en réalité prolongé cette dernière, tout comme les politiques similaires de Hoover avant 1933. Le parallèle avec les plans de relance actuels est alors saisissant. Mais Sowell va plus loin : les « réformes » et nouvelles institutions crées à l’occasion d’une grande crise sont-elles décidées pour solutionner la crise ou pour pérenniser, à l’occasion de la crise, certains mécanismes politisés ? Si on regarde le plan de relance américain qui a été voté dans la plus grande hâte et dans un climat de peur, empêchant ainsi toute opposition, alors que ses effets seront diffusés lentement, on peut effectivement se poser la question.

Les réflexions de Sowell sortent des sentiers battus et ont l’avantage de démêler les nœuds de la rhétorique habituelle sur la crise. En débusquant les mécanismes politiciens à l’œuvre derrière certaines décisions, la face cachée de la crise s’éclaire. Ce livre doit impérativement être lu par ceux qui veulent un travail sérieux sur les mécanismes qui ont conduit à la crise. Ce type d’ouvrage fait malheureusement encore défaut en langue française. Quelque éditeur serait bien inspiré de le faire traduire.

Thomas Sowell The housing boom and Bust, Basic Books, 2009.

La réflexion du jour

Ensuite, parce qu'il confère à l'État l'autorisation de fouiller dans nos assiettes, de gérer nos habitudes de vie et d'imposer ses règles, comme si nous étions des abrutis incapables de réfléchir par nous-mêmes. La guerre contre les calories, c'est le prolongement de l'idéologie collectiviste selon laquelle les comportements individuels sont l'affaire de tous et particulièrement de l'État.--- Nathalie Elgrably-Lévy

Le chiffre du jour : 63 %

De 2001 à aujourd'hui, le prix minimum d'un litre de lait 3,25 % a augmenté de 63 % alors que, pendant la même période, l'inflation n'a été que de 22 %. Cette hausse est attribuable à deux facteurs : (1) la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec qui fixe le prix minimum du lait de consommation sans réellement se soucier de l'impact sur les habitudes de consommation des Québécois, et (2) la Commission canadienne du lait (CCL) qui impose un système de gestion de l'offre depuis une quarantaine d'années. Or, ce système vise à limiter délibérément la production de lait afin d'en faire augmenter le prix. Ce n'est pas tout : la CCL a également obtenu l'application de tarifs douaniers de l'ordre de 200 % à 300 % afin d'éviter que des produits étrangers ne viennent rivaliser avec la production locale.

05 octobre, 2011

La faillite appréhendée du modèle économique québécois

L’excellent texte de Takis Michas résume brièvement le pourquoi de la faillite du modèle économique grec. À moins d’un sérieux coup de barre à droite, dans moins de dix ans on pourra reprendre ce texte et remplacer l’État grec par l’État québécois.

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La faillite du modèle économique grec
Takis Michas – Le 23 septembre 2011. Il ne faudrait pas considérer la débâcle de l'État grec simplement comme le résultat de statistiques budgétaires frauduleuses ou de quelques années de dépenses effrénées. Elle signifie plutôt l'effondrement d'un modèle de développement économique qui, depuis sa création au 19ème siècle, a toujours placé la politique au-dessus des marchés.

Le principe central d'organisation de la société grecque a toujours été le clientélisme politique, un système dans lequel le soutien politique est fourni en échange d'avantages matériels. Dans ce contexte, le rôle de l'Etat en tant que principal fournisseur de prestations à divers groupes et individus devient primordial. Pour l’historien grec socialiste Kostas Vergopoulos, « la structure fondamentale de la Grèce n'a jamais été de la société civile, mais l'État. Depuis le milieu du 19ème siècle rien ne pouvait être fait en Grèce, sans nécessairement passer par la machine de l'Etat ».

Dans le monde anglo-saxon, l'État était principalement considéré comme le protecteur de certains droits Lockéens, en particulier le droit de propriété privée. Ce concept va de pair avec l'existence d'une classe dirigeante ayant des intérêts dans des grandes propriétés.

En Grèce, cependant, le groupe social qui prît la tête du pays après la libération du joug Ottoman, était constitué de notables locaux dont le pouvoir ne résidait pas dans leur propriété sur la terre, mais dans le fait qu'ils avaient été des collecteurs d'impôts pour leurs dirigeants ottomans. Ainsi, en Grèce, la classe dirigeante qui a émergé après l'indépendance voyait l'État non comme un instrument pour la protection des biens déjà existants, mais comme sa principale source de revenu.

Dans le même temps, le contrôle de l'appareil d'État est devenu le principal mécanisme pour la distribution des récompenses et des avantages matériels. Le plus important de ces avantages a été la mise à disposition d'emplois dans la fonction publique. À la fin des années 1880, la Grèce avait déjà l'une des bureaucraties d’État les plus importantes d'Europe: pour 10.000 habitants, il y avait 200 fonctionnaires en Belgique, 176 en France, 126 en Allemagne et 73 en Grande-Bretagne. En Grèce, leur nombre était de 214. Comme le français Arthur Gobineau l’avait observé à l'époque:

« En Grèce, toute une société semble fonctionner sur la devise que dans la mesure où seul l'État a de l'argent, il faut profiter de ce fait et travailler en tant que fonctionnaire. »

Beaucoup d'eau a évidemment coulé sous les ponts depuis ce temps-là. La Grèce a connu guerres, occupation, dictatures, révolutions, tremblements de terre etc. Pourtant, une chose est demeurée constante: le clientélisme politique comme doctrine première de la gouvernance.

Aujourd'hui, il existe trois types de prestations que l'Etat fournit aux divers groupes et individus clients. La première prestation, et la plus convoitée, est une sinécure dans la fonction publique. Environ un million de personnes, soit un actif grec sur quatre, sont employées par l'Etat. Plus de 80% des dépenses publiques va vers les salaires, traitements et pensions de ces travailleurs du secteur public.

La deuxième façon dont fonctionne le système d’avantages est par l'octroi de privilèges à divers groupes professionnels, comme les avocats, les notaires, les propriétaires de camions, de chargeuses sur les marchés, les pharmaciens, les opticiens, créant effectivement des professions fermées qui limitent la concurrence au profit des internes.

La troisième catégorie d’avantages sont les redevances imposées sur les opérations diverses au profit de groupes qui ne sont pas partie à la transaction. Par exemple, si vous démarrez une entreprise en Grèce, vous devez payer 1% du capital de départ à la caisse de retraite des avocats. Chaque fois que vous achetez un billet de bateau, 10% du prix va à la caisse de retraite des travailleurs du port. Si vous vendez des fournitures à l'armée, vous aurez à payer 4% de l'argent que vous recevez à la caisse de retraite des officiers de l'armée. Curieusement, des prélèvements sont parfois effectués au profit de groupes qui n'existent plus. Tel est le cas avec les éclaireurs sur l'île de Santorin. La profession de ces opérateurs de bateaux est depuis longtemps éteinte. Or, une partie du prix des billets des passagers des navires qui accostent au port de Santorin profite encore à l'association des éclaireurs (inexistante). Personne ne sait où va l'argent.

La conséquence de ces mécanismes, plus de 70% de la population grecque reçoit son revenu totalement ou partiellement de taxes ou de prélèvements. Cela implique des luttes acharnées pour la répartition des avantages - ce que les économistes appellent « la recherche de rentes ». Ainsi, une quantité considérable de ressources, qui pourraient être utilisés pour générer richesse et revenus, est perdue dans la lutte pour des tranches d'un gâteau économique qui va s'amenuisant.

Malheureusement, aucune étude économique ne s’est penchée sur combien d'argent est gaspillé dans la recherche de rentes. Mais nous pouvons nous faire une idée en regardant ce que les restrictions économiques coûtent en production perdue. Par exemple, certaines études universitaires suggèrent que si la Grèce ouvrait ses professions fermées son PIB augmenterait de 1%, et si elle éliminait les restrictions sur les différents marchés, elle augmenterait sa production de 2%. Si elle alignait les coûts bureaucratiques pour faire des affaires en Grèce avec le reste de l'Union européenne, cela entraînerait une augmentation de 3,5% du PIB.

Ces dernières années en particulier, la gauche soutient que le principal inconvénient du capitalisme est qu'il met soi-disant « les marchés au-dessus des gens ». C'est pourquoi elle estime que l'intervention politique est nécessaire pour apprivoiser les marchés et redonner aux gens la place qui leur revient en tant que « maîtres » et non « esclaves » du marché.

Le modèle grec offre la réalisation parfaite de cette vision. La Grèce a toujours placé les « gens », c'est-à-dire des « clients », au-dessus des marchés, avec les conséquences tragiques que nous voyons aujourd'hui.

M. Michas est journaliste à l’Eleftherotypia, un quotidien grec. Cet article est une traduction d’un article paru dans le Wall Street Journal, avec autorisation de l’auteur. Première parution en 2010.

La réflexion du jour

Non, le but de ce billet était plutôt de nous alerter à l'existence d'un problème. On ne peut comprendre ni essayer de résoudre un problème (ndlr : la pauvreté relative des Québécois) tant qu'on en nie l'existence. Au-delà des querelles de chiffres et de méthodes, cette différence entre le «pep talk» patriotique et le désir d'alerter, a toujours été au coeur de mes échanges, sur cette question précise, avec Jean-François Lisée. --- Martin Coiteux

Le chiffre du jour : 60 %

Cette situation (ndlr : la pauvreté relative des Québécois) ne serait pas trop préoccupante si au moins ces écarts étaient en train de se résorber. Mais comme le montre l'analyse présentée dans ce billet, cette résorption ne semble être à l'oeuvre qu'au niveau des deux quintiles les plus pauvres. Elle écarte donc 60% de la population.

04 octobre, 2011

Subventions : les perles du 24 au 30 septembre 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

La perle cette semaine est une subvention de 671 220 $ à l’industrie du caoutchouc. Le secteur du caoutchouc fait apparemment face à une rareté de main-d’œuvre hautement qualifiée en matière de polymères et d’équipements. Vous saviez qu’il existe une industrie du caoutchouc? Une autre industrie marginale qui dépend des subventions pour survivre.

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15 000 $

À l’Association des plus beaux villages du Québec

L’Association des plus beaux villages du Québec est un réseau de municipalités à caractère rural dont une partie du territoire renferme un ou des noyaux villageois ou hameaux représentatifs de l’occupation humaine sur le territoire du Québec. Le réseau compte 35 villages ruraux dans 11 régions touristiques du Québec.

22 000 $

Au Groupe Solidarité Jeunesse de Victoriaville !

La subvention est versée pour l’Événement Normand-Maurice, un événement de sensibilisation environnementale ayant lieu dans 27 municipalités des MRC d’Arthabaska et de l’Érable et visant à encourager la collectivité à améliorer la qualité de la récupération et incluant des activités dans des écoles.

1 million $

Pour la coproduction internationale

La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a annoncé que le CALQ a mis en œuvre une nouvelle mesure d’aide à la coproduction internationale destinée aux organismes artistiques et littéraires, globalement dotée d’un million de dollars en 2011-2012.

500 000 $

Au programme Plateformes et réseaux numériques

Ce programme encourage l’utilisation des technologies numériques afin de favoriser la mise sur pied de plateformes et de réseaux numériques permettant la réalisation de partenariats et l’émergence de projets dans le domaine des arts et des lettres dont les retombées auront un effet structurant. Le programme Plateformes et réseaux numériques s’adresse aux organismes et aux collectifs d’artistes, d’écrivains, de conteurs et d’artisans-créateurs qui sont admissibles aux programmes du CALQ.

5 millions $

Aux musées

Décidément très active cette semaine, la ministre de la Culture a annoncé le prolongement de deux ans du programme d’aide financière aux expositions permanentes des institutions muséales. Cette année, 31 musées dans 12 régions du Québec se partageront près de 7 M$ pour favoriser la réalisation, l’actualisation ou le renouvellement d’expositions permanentes.

671 220 $

À l’industrie du caoutchouc

Un soutien financier est accordé au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec pour la formation de 166 travailleurs. Le secteur du caoutchouc fait apparemment face à une rareté de main-d’œuvre hautement qualifiée en matière de polymères et d’équipements.

La réflexion du jour

Pour l'ensemble de la période considérée, le Québec s'est donc classé au dernier rang de la croissance des revenus nets d'impôts du quintile le plus riche (ex-aequo dans ce cas avec l'Île-du-Prince-Édouard), au dernier rang de la croissance des revenus du deuxième quintile le plus riche, à l'avant-dernier rang de la croissance du quintile du milieu et finalement, au huitième rang sur dix en ce qui concerne la croissance des revenus des deux quintiles les plus pauvres.


Je ne me prononcerai pas ici sur les raisons pouvant expliquer ces retards. Je me contenterai seulement de souligner que le Québec semble avoir un problème de croissance de la richesse et que ce problème se répercute, dans le contexte égalitaire qui est le sien, sur toutes ses classes de revenus. Cela aussi doit nourrir notre réflexion. --- Martin Coiteux

(NDLR : Donc nous sommes plus égaux dans la pauvreté.)

03 octobre, 2011

Personne n'en parle!

Louise V. Labrecque

Ils parlent tous du contexte… Le contexte dans lequel ils ont grandi, par exemple. « Très jeune, je voulais devenir écrivain », pour reprendre du même souffle : « l’école – c’est-à-dire la société -, ne semblait pas répondre à ce rêve ». Les multiples fois où j’ai entendu cette phrase… pour expliquer les nombreux manuscrits qui dorment là… qu’ils disent avoir ébauché, dans ce « monde pourri », cette « société poubelle », « cruelle », « fédéraliste »…En même temps qu’ils s’autoflagellent à qui mieux mieux, ils se la jouent au maximum, avec les habits du poète de service : un formalisme bête à pleurer, un pseudo marxisme tout droit sorti d’un taudis du 18e siècle ou d’un vieux loft sale du Plateau. Bref, tous plus guenillous les uns que les autres – on devine cependant la recherche poussée de ce look déjanté, pour prouver au monde actuel des vues propres sur l’actualité culturelle, un amalgame entre poésie et contexte socio-politique.

Pas forcément apathiques, capables de perfectionnisme, tel Gauguin qui, s’il peignait une toile qui n’était pas à sa convenance, en peignait une autre par-dessus , ils sont aussi capables de se glisser dans la peau d’un personnage réactionnaire, par exemple en imposant l’idée de l’indépendance du Québec comme étant LA solution à tous les maux imaginables. Ils sont d’ailleurs capables de gloser très longtemps sur ce même thème. De plus, pour garnir leurs imaginaires, ils sont capables d’insulter tout le monde ne partageant pas leurs idées, de voir des complots et des « idoles fédéralistes » partout, ou pire, d'aller chier sans remords sur une tombe illustre.

Les plus cyniques parmi eux ont fait un doctorat en « création littéraire » à l’université du coin, ce qui les amène à croire qu’il est légitime que cette éducation très poussée leur donne tous les droits de lèse-personne. Faut les voir brandir leur fausse humilité, qui se détache comme une sorte de hors d’œuvre du plat de bêtises qu’ils s’apprêtent à nous servir si nous avons des opinions politiques qui diffèrent des leurs, et si en plus nous avons le malheur d’aimer la langue française au point de ne pas forcément chercher à s’exprimer en joualisant, et qui plus est, nous n’avons pas de foulard qui vole au vent et le joint de pot dans les poches.

Je caricature, mais à peine. Nous sommes pris avec cette culture-là, au Québec. Tous l’observent, s’en attristent, mais peu en parlent, avant de se résigner devant la télévision, le dimanche soir. Le culte de nos vedettes, d’ailleurs, a de quoi laisser pantois. « Moi, j’ai la chance de vivre dans mes rêves », me confiait un jour un écrivain extraordinaire, qui se situe bien au-dessus des questions politiques. Il est pourtant ostracisé par le clan dit des « vrais poètes et écrivains » – c’est-à-dire des écrivaillons nationalistes qui avaient vu en lui un drapeau à brûler à tout prix. On n’embrigade pas facilement les esprits libres et les artistes dignes de ce nom ne se laissent pas aisément domestiquer. Ils ne se sentent pas outrés si l’auteur ne leur raconte pas d’histoires lorsqu’ils achètent un roman, ils ne cherchent pas à tout prix à faire simple pour épater la galerie lorsqu’on parle de grand art, et, aussi, ils sont capables de recherche dans la langue, qui est un matériau vivant, plus que jamais international, qui évolue et qui commande une recherche d’ouverture à l’autre, par des créations vivantes, même si cela inclut des doutes et des contradictions.

Parfois, il me semble que les tenants de l’indépendance à tout prix sont d’un fanatisme désespérant. Comme s’il fallait que l’ensemble des œuvres publiées répondent à leurs goûts politiques exclusifs et excluant ceux qui ne pensent pas comme eux. Or, on le sait, le fanatisme est dans le continuum de l’obsession. Pourtant, même si on le tait trop souvent, le fanatisme cache des traits schizoïdes. Ce type de poètes, qui aiment se dire « poètes de brousse », existe bel et bien. Par le fait même, ils font exister une vision du monde où priment la médiocrité, l'intolérance et la haine. En réalité, ce type d’individu constitue une honte pour tous les poètes, écrivains et artistes dont la sensibilité puise sa source dans le respect et dans la dignité humaine.

Comme me revient en tête cette citation de Martin Luther King : « Une seule parcelle de lumière chasse l’obscurité à jamais; une seule parcelle d’amour chasse la haine à jamais», je sais, moi aussi, comme l’a si bien écrit le poète Tony Tremblay, dont je ne cherche pas à découvrir les opinions politiques : « Le jour où nous serons libres, vivants à l’intérieur d’un même poème, tous ensemble, ce jour-là, nous pourrons célébrer, sans chapelle des damnées, la vie ».

La réflexion du jour

La collusion n'est pas viable à long terme à moins que des facteurs en favorisent le maintien. La législation procure parfois cet encadrement. C'est le cas, au Québec, des régimes de contingentement de l'offre dans le poulet ou le lait. --- Léon Courville

(NDLR : WOW, et vlan les interventionnistes.)

Le chiffre du jour : 347 M$

L’Unité anticollusion dirigée par Jacques Duchesneau a mis 18 mois à dresser le portrait consternant de la collusion qui mine l’industrie des grands travaux routiers. Une poignée d’enquêteurs chevronnés, souvent d’anciens officiers supérieurs, ont mené 2 500 heures d’entrevue avec 500 témoins. Les travaux de l’UAC ont coûté 2,2 millions $. De l’argent bien placé, puisque déjà on observe que les entrepreneurs sont devenus moins voraces. Généralement, le montant total des soumissions retenues par le ministère des Transports sur une année était inférieur de 1 à 2 % par rapport au montant estimé par le MTQ. Or, en 2010, les plus basses propositions ont été en moyenne inférieure de 17,2 % par rapport à l’estimation gouvernementale, permettant à l’État de sauver 347 millions $, estime Jacques Duchesneau.

01 octobre, 2011

La réflexion du jour

Il n'est pas nécessaire de réussir à l'école pour obtenir un diplôme ou un certificat du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

(NDLR : Le nivellement par le bas est-il une valeur québécoise ou simplement la conséquence naturelle d'un monopole d'État?)

Le chiffre du jour : 8 000

Le ministère de l'Éducation a diplômé depuis 2008 plus de 8000 élèves qui n'ont même pas réussi le premier cycle du secondaire.