Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Le poulet n'a pas encore traversé la route, mais le gouvernement y travaille --- Lionel Chopin

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31 janvier, 2011

La réflexion du jour

Décidément, legouvernement Charest a de la difficulté à contrôler la croissance de ses dépenses.


On savait déjà que quand le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, dit qu'il va se serrer la ceinture, ce qu'il veut réellement dire, c'est qu'il va se slaquer la ceinture moins rapidement que prévu.--- Mathieu Turbide

Le chiffre du jour : 3,4 %

Justement, le ministère des Finances vient de publier le plus récent de ces rapports, en date du 31 octobre 2010. On peut donc y consulter les revenus et les dépenses réels du gouvernement du 1er avril au 31 octobre, donc avec plus de la moitié de l'année financière écoulée.


Et qu'est-ce qu'on y découvre? Que les dépenses de programmes du gouvernement ont augmenté non pas de 2,9% mais plutôt de 3,4 %.

30 janvier, 2011

Caricatures : semaine du 23 janvier 2011

La réflexion du jour

Imaginez que le gouvernement du Québec abolisse les 18 agences de la santé et des services sociaux et les 95 centres de santé et de services sociaux. En plus d'abolir deux niveaux de structures, imaginez encore que le gouvernement cède l'administration des hôpitaux – soit 80 % de son budget – aux médecins généralistes réunis en regroupements régionaux, leur permettant même de mettre en concurrence des établissements privés et publics. --- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 20 G£

C'est exactement ce qu'a annoncé cette semaine le premier ministre britannique David Cameron qui restructure de A à Z l'administration des soins de santé dans son pays. Il abolit 152 Primary Care Trusts et 10 Strategic Health Authority. Il veut ainsi réaliser des économies de 20 milliards de livres d'ici quatre ans, soit 4 % du budget de la Santé.

(NDLR : Voila un bel exemple de la différence entre un politicien d'envergure et un Jean Charest.)

29 janvier, 2011

Si en 2011 Noé avait habité au Québec!

En 2011 après Jésus-Christ, Dieu visite Noé et lui dit :

« Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que quelques bons humains. Dans six mois, j’envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout ! »

Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu’une ébauche de construction navale.

- Mais, Noé, tu n’as pratiquement rien fait ! Demain il commence à pleuvoir !

- Pardonne-moi, Tout Puissant, j’ai fait tout mon possible, mais les temps ont changé : J’ai essayé de bâtir l’arche, mais il faut un permis de construire et l’inspecteur me fait des ennuis au sujet du système d’alarme antiincendie.

Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l’échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue. J’ai dû recourir à un conciliateur pour arriver à un accord.

Mais l’Urbanisme m’a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l’arche jusqu’à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu’à nous. Ils ont refusé de me croire.

La coupe du bois de construction navale s’est heurtée aux multiples Associations pour La Protection de l’Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par le Ministère des Ressources naturelles et de la faune n’avait pas de valeur aux yeux du Ministère de l’Environnement, et que cela détruisait l’habitat de plusieurs espèces animales. J’ai pourtant expliqué qu’il s’agissait, au contraire de préserver ces espèces, rien n’y a fait.

J’avais à peine commencé à rassembler les couples d’animaux que la SPA et WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux puisque je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que je les enfermais dans des pièces trop exiguës.

Ensuite, l’agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l’impact sur l’environnement de ce fameux déluge.

Dans le même temps, je me débattais avec le Ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles

Je les avais embauchés, car les Syndicats m’avaient interdit d’employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

Enfin le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m’assigner devant les tribunaux pour : «tentative de franchissement de frontière en possession d’espèces protégées ou reconnues comme « dangereuses ».

Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, mais j’ai manqué de persévérance et j’ai abandonné ce projet.

Aussitôt les nuages se sont dissipés, un arc-en-ciel est apparu et le Soleil retrouva son éclat habituel.

- Mais, tu renonces à détruire le monde ? demanda Noé.

- Inutile, répondit Dieu, le gouvernement s’en charge.

Auteur inconnu

La réflexion du jour

Des « bonriens », on en trouve partout. Il y en a plein dans le commerce de détail, parmi les professionnels, dans l'immobilier, dans les institutions financières, partout. Rien ne justifie de viser les fonctionnaires plus que les autres. La plupart du temps, la stupidité qu'on observe n'est pas celle des fonctionnaires eux-mêmes, mais bien plutôt des règles qu'on les oblige à appliquer et qui sont souvent mal adaptées aux circonstances. Lorsque les lois et les règlements sont déconnectés de la réalité, les responsables ne sont pas les fonctionnaires, mais les élus de l'Assemblée nationale ou des conseils municipaux qui les prescrivent.--- Pierre Fortin

Le chiffre du jour : 91 %

Les Québécois sont convaincus à 91 % que le crime organisé a envahi l’industrie de la construction et ils réclament toujours à 70 % une enquête publique.

28 janvier, 2011

La réflexion du jour

De nos jours, on passe pour une sorte de sans-coeur quand on rappelle que tout n'est pas toujours la faute des autres. L'idée qu'il faut assumer les conséquences de nos actes doit-elle se limiter aux seules questions criminelles? --- Joseph Facal

Le chiffre du jour : 150 %

Une personne sur trois vit d'une paye à l'autre et ne pourrait tenir plus d'un mois sans s'endetter si elle perdait son emploi. Une personne sur sept dit très sérieusement qu'elle compte sur un gain de loterie pour se sortir du bourbier financier. L'endettement personnel moyen des Canadiens représente 150% de leur revenu disponible, ce qui est supérieur à l'endettement des Américains.

27 janvier, 2011

Assurance placement ou taxe à l’investissement

Depuis plusieurs mois déjà les politiciens et les organismes de surveillance et de réglementation nous mettent en garde contre un niveau d’endettement individuel qui nous pousse au bord du précipice. Malheureusement, aucun d’entre eux ne prêche par l’exemple. Les gouvernements fédéral, provincial et municipaux empruntent pour payer l’épicerie; la Banque du Canada maintient les taux d’intérêt si bas que nos placements donnent un rendement négatif; les organismes de surveillance et de réglementation semblent incapables de protéger les petits investisseurs.

C’est dans ce contexte que la Coalition pour la protection des investisseurs propose une assurance-placement.

Bravo! Quel éclair de génie!

Comment peut-on croire que d’imposer une taxe à l’épargne, car c’est bien de cela dont on parle, encouragera les consommateurs à épargner.

Partant du constat que les nombreux organismes financés à même les fonds publics sont incapables de protéger les petits investisseurs, la Coalition propose de créer un «Fonds universel de protection contre la fraude et la négligence fiduciaire». En effet, depuis 2000, les investisseurs ont perdu plus de 1 milliard de dollars aux mains des bandits à cravate que sont les Vincent Lacroix, Earl Jones et les gestionnaires de Mount Real, Portus, Norshield, Essex, Fulcrum, etc.

Mais que propose au juste la Coalition :

• Une assurance financée par une prime annuelle obligatoire calculée sur le montant investi. Un prélèvement universel et obligatoire ce n’est pas une assurance, mais bien une taxe. Cette taxe réduira d’autant le rendement de nos épargnes;

• L’organisme chargé de gérer cette assurance aurait un rôle d’éducation auprès des épargnants. Pourtant les informations nécessaires à des décisions d’investissement éclairées sont déjà disponibles gratuitement chez les institutions financières et les organismes de surveillance et de réglementation. Ce qui manque le plus aux épargnants c’est un niveau de « littératie financière » minimale, une responsabilité qui relève du système d’éducation, et la volonté de faire les efforts requis pour investir prudemment, une responsabilité qui relève des individus;

• Ce nouvel organisme aurait de plus la responsabilité d’évaluer et de noter les sociétés de gestion des fonds communs et des fonds distincts. Là aussi il existe déjà amplement d’information pour quiconque est prêt à faire l’effort de s’informer pour investir prudemment.

Finalement, cette proposition n’apporte rien de nouveau si ce n’est le concept d’une assurance placement contre la fraude. S’il existe une clientèle pour un tel produit, alors le marché saura s’en occuper. Par contre, les effets pervers d’une taxe sur l’épargne seront bien réels.

Premièrement, cette taxe réduirait d’autant les rendements des portefeuilles de placement ce qui va à l’encontre de l’objectif d’encourager les Québécois à épargner.

Deuxièmement, cette proposition contribuerait à déresponsabiliser l’ensemble des intervenants. Les investisseurs négligeront leurs devoirs de recherche sous prétexte que leurs investissements sont protégés; les politiciens et les fonctionnaires s’empresseront de rejeter le blâme d’un fiasco sur ce nouvel organisme; l’argent frais attirera les groupes d’intérêt comme le miel attire les mouches. Les MEDOC et autres défenseurs de la veuve et l’orphelin réclament déjà leur part du gâteau; les politiciens en profiteront pour refiler le plus de responsabilités possible au nouvel organisme puisqu’il sera financé hors budget; etc.

Finalement, connaissant l’engouement des Québécois pour les monopoles, cet organisme en serait vraisemblablement un. Donc, une autre structure qui travaillera en priorité à assurer sa pérennité au détriment des épargnants. En moins de dix ans, les frais auront décuplé et les impératifs politiques auront éclipsé les intérêts des épargnants.

Les épargnants n’ont surtout pas besoin de plus de structures coûteuses et inefficaces. Il existe déjà un excès de lois et d’organismes voués à les protéger. Il faut plutôt appliquer la loi dans toute sa rigueur, lui donner plus de dents s’il le faut. Il faut aussi cesser de minimiser les effets dévastateurs d’une fraude financière sous prétexte qu’un crime de bandit à cravate n’est pas un crime violent. Ce que les bandits à cravate craignent plus que tout c’est d’être pris et faire de la prison. C’est dans cette voie qu’il faut concentrer nos efforts.

La réflexion du jour

Depuis 50 ans, nos gouvernements se font les champions d'initiatives visant à délester les citoyens de leur responsabilité. Ils s'occupent désormais de votre santé, de l'éducation de vos enfants, de vos pensions, etc. Ils assurent également votre protection contre à peu près n'importe quoi, y compris le fromage au lait cru et la malbouffe des arénas. --- Pierre Simard

Le chiffre du jour : 890 M$

Selon des chiffres obtenus par TVA Nouvelles, grâce à la loi d'accès à l'information, Québec a dépensé près de 890 millions de dollars depuis 4 ans, simplement pour entretenir les établissements du réseau de la santé. Plusieurs intervenants ont confié que c'était le résultat de plusieurs années de négligence.

26 janvier, 2011

La vision syndicale de la société remise en question

André Dorais

Claudette Carbonneau est présidente de la CSN, soit l’une des plus importantes organisations syndicales au Québec. Plus des deux tiers de ses membres travaillent pour le secteur public. Elle est souvent invitée dans les médias à commenter l’actualité. Dans l’entrevue suivante, qui débute à la 4e minute, elle commente la dernière entente conclue entre les employés du secteur public et le gouvernement. Comme il est question de PIB (produit intérieur brut) et de création de richesse, cela a attiré mon attention.

Selon Madame Carbonneau, les travailleurs de l’État, c’est-à-dire du secteur public, ont accumulé un grand retard sur les autres salariés québécois [1] . Dans le but de corriger cette situation, les augmentations de salaire desdits travailleurs seront dorénavant établies en fonction de la croissance du PIB. Selon les partis présents à la table de négociation, il s’agirait d’une première. Pour Claudette Carbonneau, il s’agit d’une bonne façon pour les travailleurs de l’État de «prendre leur part de la richesse qu’ils contribuent à créer» (fin de la 5e minute).

En disant les choses ainsi, elle laisse entendre que tous les travailleurs de l’État contribuent à la richesse. Pour déterminer la part qu’elle et ses partenaires du front commun ont à l’esprit, il suffit de jeter un coup d’œil sur l’entente conclue. Dans la mesure où les hausses conditionnelles de salaire sont accordées, elles équivalent au taux de croissance historique du PIB pour le Québec, soit 2,1% annuellement. On peut donc présumer qu’une juste augmentation de salaire pour les syndicats équivaut au taux de croissance du PIB. En signant l’entente, le Premier ministre considère qu’il s’agit également d’une façon raisonnable de voir les choses. Est-ce vraiment le cas?

Augmentation de salaire selon la croissance du PIB?

Parmi les nombreuses critiques du PIB on retrouve celle-ci : le PIB ne tient pas compte de la façon dont la richesse est créée. Les entreprises du secteur privé à but lucratif doivent constamment ajuster leurs services pour plaire aux consommateurs, sinon elles sont portées à disparaître. Il n’y a pas d’équivalent dans le secteur public. Les ministères et les entreprises contrôlées par le gouvernement restent en place peu importe la qualité des services offerts. Il s’ensuit qu’établir une augmentation de salaire selon le PIB constitue un avantage considérable pour les travailleurs de l’État, si ce n’est pas en terme de revenus, certainement en terme de sécurité d’emploi.

Augmenter les salaires des employés de l’État d’après la croissance du PIB laisse entendre non seulement que les services octroyés par l’État contribuent à la richesse, mais qu’ils y contribuent de manière égale. Ni l’efficacité, ni l’utilité de ces services ne sont remis en question. Si le gouvernement les offre, on présume qu’ils sont nécessaires, donc qu’ils contribuent à la richesse. Or, les travailleurs de l’État doivent leur emploi non pas à la nécessité de leurs services, mais au fait que ces services ou «programmes sociaux» soient établis par la loi.

L’État protège des emplois parce qu’il protège des services. Les consommateurs font les frais de ce protectionnisme de diverses façons : soit par une réduction globale des services offerts ou une réduction de leur qualité, soit par une réduction de ce qu’ils peuvent dorénavant s’offrir comme service. En effet, quand bien même les services offerts par l’État seraient moins dispendieux grâce à des subventions, les coûts de celles-ci se répercutent nécessairement sur les autres produits et services. Dans ce cas, ou bien les consommateurs se retrouvent avec moins de produits et services, ou bien ils les paient plus cher.

Lorsque les services offerts et subventionnés par l’État visent une clientèle en particulier, celle-ci en tire profit, mais au détriment de tous les autres consommateurs. Lorsque les services offerts par l’État visent tous les consommateurs, ceux-ci en paient le prix à la fois par une hausse de leurs charges fiscales et une réduction de l’offre globale des produits et services. D’aucune manière la majorité des gens tire profit d’un service offert par l’État. Par conséquent, on ne peut pas qualifier de raisonnable une augmentation de salaire des employés de l’État, aussi minime soit-elle, qui se fait sur le dos de la vaste majorité des consommateurs.

De manière générale, on peut dire que plus nombreux sont les services contrôlés par l’État, moins nombreux sont ceux offerts par le secteur privé à but lucratif. Il s’ensuit moins de concurrence et une augmentation des coûts des services offerts, ce qui n’est dans l’intérêt de personne.

Les programmes sociaux et le taux élevé de syndicalisation contribuent à la croissance du PIB?

Madame Carbonneau reconnaît que le Québec est pauvre par rapport aux autres provinces canadiennes (14e minute), mais considère qu’il s’agit là d’une raison de plus pour le gouvernement de maintenir, voire d’accroître, son contrôle des services (programmes sociaux). Pour elle, ce contrôle n’est pas à la source de cette pauvreté. Au contraire, elle le présente comme ce qui permet aux québécois non seulement de se prémunir contre les crises économiques, mais de faire progresser l’économie.

D’abord, il n’est pas évident que le Québec se soit si bien tiré de la dernière crise économique. Faut-il rappeler que la Caisse de dépôt et placement du Québec a subi des pertes colossales lors de cette crise? Puisque la Caisse agit comme unique gestionnaire du régime public de retraite, tous les québécois doivent en payer la note. À ces pertes, les contribuables montréalais doivent ajouter les charges fiscales attribuables au renflouement des caisses de retraite des employés de la Ville, car les rendements de celles-ci sont garantis par le fisc local. Par conséquent, il serait plus judicieux de dire que le Québec syndiqué s’est bien tiré de la crise.

Certes, à se comparer avec les États-Unis on peut toujours dire que le Québec s’en sort relativement bien, mais cela ne peut pas être attribué à ses programmes sociaux. Madame Carbonneau considère avec raison qu’il y a plus de programmes sociaux au Québec qu’aux États-Unis, mais de là elle conclut, à tort, que ce sont ces programmes qui contribuent à la relativement bonne performance économique du Québec. Comme on l’a précisé plus haut, ces programmes coûtent cher à plusieurs points de vue, ce qui, en définitive, n’est dans l’intérêt de personne.

On peut ajouter qu’il y a autant, sinon plus, de programmes sociaux liés à l’achat de maison aux États-Unis qu’au Québec : Community Reinvestment Act, Equal Credit Opporunity Act, Fair Housing Act, etc. Et non seulement ces programmes n’ont pas permis d’éviter la crise, ils y ont contribué en incitant les gens à investir des sommes importantes alors qu’ils n’en avaient pas les moyens. On ne dit pas que ces programmes soient la cause première de la crise, on dit simplement qu’ils ne peuvent pas être considérés comme facteurs de croissance comme le pensent Madame Carbonneau et les syndicats en général.

Un autre facteur qui, selon Claudette Carbonneau, contribue à la croissance économique du Québec est le taux élevé de syndicalisation qu’on y trouve. Comme elle le mentionne au début de l’entrevue, les travailleurs syndiqués sont généralement mieux payés que les travailleurs non-syndiqués. C’est ce qu’on voit. Ce qu’on voit moins, cependant, ce sont les conséquences de cette syndicalisation. Celle-ci tend à exclure du marché de l’emploi des individus qui autrement en feraient partie. Les charges sociales à payer pour cette exclusion sont généralement plus élevées que les gains obtenus par les travailleurs syndiqués. Il s’ensuit que l’ensemble de la société y perd au change.

Le raisonnement de Madame Carbonneau, des syndicats en général et trop d’économistes est le suivant (11e minute) : parce que les syndiqués sont mieux payés que les non-syndiqués, ils dépensent davantage en biens de consommation et puisque les dépenses de consommation constituent soi-disant le moteur de l’économie, ils contribuent davantage au PIB, donc à la richesse. Il s’ensuit que tous les travailleurs devraient être syndiqués…
En période de crise […] ce qui tenait notre économie, c’était les dépenses de consommation des ménages […] En ce sens là, une chance qui avait du monde [plus précisément les syndiqués] qui pouvait avoir des salaires un petit plus décent que dans d’autres circonstances. Claudette Carbonneau
Heureusement, la réalité n’est pas aussi simple. Une augmentation de salaire constitue une richesse uniquement pour ceux qui la reçoivent, mais une dépense pour ceux qui la payent. Cette augmentation contribue à la richesse globale uniquement si elle est accompagnée d’une augmentation plus grande de la productivité. Il s’ensuit que la création de richesse n’est pas le résultat d’une augmentation quelconque de salaire, mais d’une augmentation de la productivité. En d’autres mots, ce ne sont pas les augmentations de salaire qui créent la richesse, mais la production de richesse qui tend à augmenter les salaires.

Pour produire de la richesse, on doit d’abord épargner ses ressources. Grâce à cette épargne, les gens sont en mesure d’investir, soit de contribuer à la recherche de nouveaux moyens d’accroître la productivité. À cet égard, il n’y a pas de différence entre les individus et l’État. Un État qui dépense davantage dans le but «redémarrer» l’économie est un non sens. S’il veut enrichir la population qu’il dit servir, il doit, comme elle, couper dans ses dépenses, par conséquent couper, voire abandonner des services. En effet, considérant que l’État ne peut s’enrichir que sur le dos des contribuables et plus généralement des consommateurs, s’il veut vraiment les servir il doit réduire et abandonner les services qu’il contrôle. Le marché prendra la relève là où les besoins se font sentir.

Seul le secteur privé, dont notamment le marché, répond à la demande sans nuire à personne. Le marché répond aux besoins des consommateurs, tandis que les consommateurs doivent s’adapter aux services imposés par l’État. La différence est énorme et ne tient pas qu’à des mots. Tous ceux qui travaillent pour le secteur privé, travaillent nécessairement pour le public et mieux encore que le secteur public lui-même. Ce n’est pas que les gens qui y travaillent soient plus intelligents, c’est que les incitatifs auxquels ils répondent sont plus efficaces et plus justes pour tout le monde.

Une gestion privée axée sur les profits permet de distribuer les ressources là où elles sont les plus en demande. Au contraire, une gestion publique est inapte à distribuer les ressources adéquatement, car elle répond à des lois, règles et règlements qui ne tiennent pas compte des ressources réelles disponibles. L’État est toujours prompt à taxer et à imposer les contribuables pour maintenir les services qu’il contrôle, car il croit, à tort, que tous les services qu’il offre sont indispensables. Or, ce n’est pas parce que certains services sont indispensables qu’ils doivent être contrôlés par lui.

En somme, on ne dit pas que l’augmentation de salaire accordée aux travailleurs de l’État soit trop élevée, on dit qu’il y a beaucoup trop de services contrôlés par l’État. Cela réduit la concurrence et tend à augmenter les coûts de l’ensemble des services, autant publics que privés. Moins les services seront pris en charge par l’État, plus il y aura de choix à se les procurer librement selon une gamme de prix pour toutes les bourses. On doit donc vite abandonner l’idée d’établir les augmentations de salaire des employés de l’État sur la base de la croissance du PIB, car celui-ci ne permet pas d’identifier les sources fondamentales de la création de richesse.

[1]  Dans l’entrevue, Madame Carbonneau ne fait pas allusion à tous les travailleurs de l’État, mais uniquement aux travailleurs représentés par le front commun syndical établi dans le but de négocier une entente avec le gouvernement.  Ce front commun excluait notamment les syndicats des policiers et des ingénieurs du gouvernement.

La réflexion du jour

Si on veut réduire le crédit facile — et la fâcheuse habitude des banques à prêter à des ménages qui n’en ont pas les moyens —, il faut réduire les prêts garantis par la SCHL. Et carrément revoir le rôle de cet organisme, qui profite principalement aux banques. C’est la façon logique de responsabiliser les banques. Lorsque c’est votre argent qui est en jeu, vous prenez moins de risques. Mais quand c’est l’argent des autres…--- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 94 %

Une dette élevée fragilise un peu plus le Québec chaque jour. En février 2010, un document du ministère des Finances portant sur la dette nous apprenait que le Québec se situe au 5e rang des nations les plus endettées parmi les économies industrialisées. Sa dette brute atteint 94,0 % du produit intérieur brut (PIB). Cette statistique inquiétante classe le Québec notamment derrière l’Italie (114,4 %) et la Grèce (102,6 %) et devant le Portugal (75,2 %) ainsi que l’Irlande (48,5 %). Je tiens à vous rappeler que la Grèce et l’Irlande ont fait l’objet cette année d’un plan de sauvetage de l’Union européenne et que l’Italie et le Portugal n’en sont pas loin. Devant ces chiffres, je ne peux concevoir qu’on puisse même envisager qu’il n’y a pas de problème à continuer à alourdir la dette du Québec en retardant le retour au déficit zéro.

25 janvier, 2011

Subventions : les perles du 15 au 21 janvier 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts,  publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

Malgré les promesses de réduction des dépenses du ministre Bachand, 2011 sera encore une année faste pour les dépendants de l’État.
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  • Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale accorde un soutien financier de 867 000 $ afin de former 426 employés d’AbitibiBowater Laurentide.

  • Québec consent un prêt de 3 M$ à l’entreprise Viandes Paquette, d’Henryville, pour la construction d’une nouvelle usine de transformation.

  • Une garantie de prêt de 910 000 $ est consentie à Norgate Metal, entreprise spécialisée en charpente d’acier et en métaux ouvrés.

  • Québec annonce le renouvellement de l’Entente spécifique de régionalisation de l’immigration dans la région du Centre-du-Québec. En plus de permettre à la région de bénéficier davantage de l’apport de l’immigration, l’entente, qui représente un investissement de 433 800 $ réparti sur deux ans, donne un nouvel élan aux partenariats régionaux et locaux déjà existants.

  • Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation verse une contribution financière non remboursable de 2 856 400 $ à la Corporation Inno-Centre du Québec.

  • Dans le cadre de l’Entente de partenariat régional en tourisme pour la région de la Baie-James, une aide financière de 112 420 $ est accordée au Motel du Lac pour la réalisation d’un projet de développement touristique.

  • Une aide financière de 200 000 $ est versée à l’Association forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de soutenir la promotion de la culture forestière.

  • Le même ministère (Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation) annonce le versement d’une contribution non remboursable de 179 629 $ pour la mise en place du projet Synapse, piloté par la Chaire de recherche et d’intervention en Éco-Conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

  • Le toujours très généreux ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation annonce qu’il verse 750 000 $ à Groupe AubinPélissier de Trois-Rivières.

  • Le Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ) pourra compter sur une aide de 253 500 $ pour sa prochaine saison artistique.

  • Le ministère du Tourisme accorde 5 000 $ à la Fête d’hiver de Saint-Jean-Port-Joli, qui se déroulera du 10 au 13 février 2011.

  • Une subvention de 45 000 $ est attribuée à la Société de la Vallée de l’aluminium afin de lui permettre d’organiser le Salon La Vallée de l’aluminium en affaires 2011.

  • La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet, a annoncé un soutien financier de 785 000 $ afin de former 475 employés de l’usine Smurfit Stone de La Tuque.

  • Le ministère du Tourisme soutient le Festi-Glace de la rivière L’Assomption , qui se déroulera les 4, 5 et 6 février ainsi que les 12 et 13 février 2011. Cette subvention de 5 000 $ est accordée dans le cadre du Programme de soutien au développement et à la promotion touristiques – volet aide financière aux festivals et aux événements.

  • Une aide financière de 63 000 $ permettra à la Table Forêt Laurentides afin de soutenir la promotion de la culture forestière.

La réflexion du jour

Bref, les restrictions (NDLR : réglementations) entraînent souvent des effets indésirables. Nous pensons qu'il vaut mieux encourager une saine compétition, en favorisant les compétiteurs les plus faibles, afin qu'ils puissent affronter les joueurs les plus forts. Mais trop souvent, tenter de punir les plus forts constitue l'option la plus populaire auprès du public! On préfère la coercition aux incitatifs, malgré le fait que ces derniers exercent un effet bien plus puissant et efficace à long terme.--- Les investigateurs financiers

Le chiffre du jour : 4 sur 10

Selon les résultats de l'indice de mieux-être des Canadiens Sun Life(MC), la santé n'est pas en tête de la liste des priorités de près de 4 Québécois sur 10 (38 pour cent), et, dans certains cas, elle n'y figure tout simplement pas.

24 janvier, 2011

Gaz de shale : les droits miniers violent le droit à la propriété privée

Il semble que le gouvernement va une fois de plus s’immobiliser devant le discours démagogique des écolos et autres hystériques. Toutefois, ce revirement n’a rien à voir avec l’environnement, la santé, la sécurité ou les redevances. Ce n’est que le premier jalon d’une longue marche pour refaire l’image du parti libéral auprès des groupes d’intérêt et des « faiseurs » d’opinions.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que les intérêts des Québécois sont sacrifiés aux intérêts d’un parti politique.

Le seul vrai problème dans le dossier des gaz de shale est celui de la violation des droits de propriété privée. Ce problème majeur est la conséquence d’une loi anachronique sur les mines qui permet aux exploitants d’envahir des propriétés privées sans le consentement des propriétaires. Cette loi viole le droit à la propriété privée et est une invitation aux abus de toutes sortes. Elle aurait dû être modifiée depuis belle lurette.

Il y a aussi la question des redevances, mais c’est une question secondaire pouvant être réglée simplement en faisant jouer les règles de la concurrence.

Pour le reste, j’accorde au moins autant de crédibilité à l’industrie qu’à la santé publique et aux groupes écolos. Les entreprises prennent des risques énormes en investissant des centaines de millions pour trouver et éventuellement exploiter cette ressource. Elles ont donc tout intérêt à respecter les lois environnementales et à éliminer, dans les limites du possible, les risques pour la santé et la sécurité du public. Dans le cas contraire, ils se tireraient dans les pieds.

C’est dans la nature même des fonctionnaires de la santé publique de s’opposer à tout. Ainsi, ils ne pourront être blâmés si quelque chose devait tourner mal. Ils sont incapables de gérer le système de santé et ils se posent en expert des gaz de shale, cherchez l’erreur! Si la santé publique avait vraiment à cœur le bien-être de la population, elle concentrerait ses efforts à régler la congestion dans les urgences, à éliminer les listes d’attente et à surveiller la qualité des CHSLD.

En ce qui concerne les écolos, ils ne seront satisfaits que lorsque l’humanité se sera retranchée dans des cavernes. Ils visent surtout à désinformer la population. L’excellent texte de Gaëtan Soucy, résidant de Saint-Édouard-de-Lotbinière, exprime clairement l’opinion de la majorité silencieuse dans ce dossier.

La réflexion du jour

La distribution de l’alcool au Québec est contrôlée par l’État depuis la fin de la prohibition. La science économique nous enseigne qu’une entreprise monopolistique, qu’elle soit privée ou publique, abusera de ce privilège et deviendra nécessairement moins productive avec le temps.--- Claude Garcia

Le chiffre du jour : 272 M$

La performance financière de la Société des alcools du Québec (SAQ) ne fait pas mentir la théorie économique. Ses frais d’exploitation par dollar de ventes se sont élevés à 20,4 ¢ au cours de l’année financière qui s’est terminée le 31 mars 2010. Cela représente plus du double de ce qu’exigent les grandes chaînes de distribution alimentaire pour vendre à profit un produit comme l’alcool. Si la SAQ était en mesure de réduire ses frais d’exploitation à 10,0 ¢ par dollar de ventes, son bénéfice annuel serait plus élevé de 272 millions $.

23 janvier, 2011

Caricatures : semaine du 16 janvier 2011

La réflexion du jour

Aujourd'hui, celui qui met de l'argent de côté au lieu d'accumuler les cartes et les marges de crédit est perçu comme un «gratteux». Notre obsession pour la «qualité de vie» nous mène à des choix contradictoires, voire risqués: travailler moins, prendre sa retraite tôt et consommer davantage. Quant à nos vieux jours, on compte sur l'État pour trouver une solution... sans douleur. --- André Pratte

(NDLR : Il n'y a qu'un remède possible : les individus doivent assumer les conséquences de leurs choix. Cela fait quarante ans que l'État déresponsabilise les individus, il ne faut donc pas se surprendre s'il y a plus de cigales que de fourmis!)

Le chiffre du jour : 200 000

Plusieurs états américains sont dans la dèche et pour espérer combler une partie des lourds déficits qui s’en viennent, ils vont devoir aller chercher plus d’argent dans la poche de leurs contribuables.

On peut aussi réduire les dépenses, mais jusqu’à un certain point. De ce côté, le sabre se fait déjà aller. En décembre, aux États-Unis, le secteur privé a créé 297 000 emplois, d’après la firme ADP. Or, au final, le bilan net n’a été que de 103 000 nouveaux emplois. En d’autres mots, les administrations publiques à tous les niveaux ont réduit leur effectif de presque 200 000 salariés. C’est beaucoup, et ce n’est pas le premier mois où ça arrive.

NDLR : Ce n'est pas au Québec qu'on verra cela!)

22 janvier, 2011

La réflexion du jour

Cependant, ce qui déconcerte le plus, c'est la logique kafkaïenne dont nos élus sont manifestement prisonniers. Des politiciens, qui n'avaient probablement jamais vu une vache, sinon en photo, ont instauré des quotas qui étouffent la relève. Maintenant, ils jouent les héros, en créant des programmes censés lui redonner vie. En revanche, ne comptons pas sur eux pour faire un auto-examen, pour admettre que ce sont les tentacules destructeurs de l'État qui ont créé une situation intenable, et pour, enfin, faire marche arrière. --- Nathalie Elgrably-Lévy

Le chiffre du jour : 25 000 $

Si la relève se fait rare, c'est parce que les coûts de démarrage d'une ferme sont tout simplement prohibitifs. Pour exploiter une ferme laitière de taille moyenne (55 vaches), il faut un investissement initial supérieur à 2 M$. Serait-ce la terre qui coûte si cher ? Les installations ? L'équipement ? Le bétail ? Pas du tout ! Tous ces actifs peuvent être acquis pour 600 000 $, environ.


Ce qui coûte horriblement cher, ce sont les quotas de production. Un quota laitier pour une vache coûte 25 000 $, soit 25 fois la valeur d'une vache. L'aspirant producteur doit donc débourser 1,4 M$, simplement pour obtenir le permis de production. Quand 70 % d'un investissement n'achètent absolument rien de productif, mais seulement une autorisation de fonctionner, faut-il être étonné que la relève soit difficile à trouver ?

21 janvier, 2011

La congestion routière : résultat de vingt ans de négligence

En 20 ans, les coûts de la congestion routière de la grande région de Montréal ont triplé, passant de 1 G$ à plus de 3 G$.

Cela découle principalement du fait que depuis vingt ans le réseau routier est demeuré sensiblement le même alors que le parc automobile augmentait constamment. Bien sûr, d’une élection à l’autre, les politiciens nous promettent d’améliorer tant le réseau routier que le transport en commun pour alléger la congestion et réduire les coûts énormes qu’elle engendre. L’annonce d’un plan de transport de 23 G$ s’inscrit dans la logique des promesses visant à apaiser la grogne populaire.

Malheureusement, les réalisations sont bien en deçà des promesses. Il faut donc prévoir que les coûts de la congestion vont continuer à croître à un rythme accéléré.

Le JdeM nous apprend que Montréal planifie la création d’un centre de gestion automatisé de la circulation dans le but d’en améliorer la fluidité et la sécurité. Il faut s’en réjouir, mais si « le passé est garant de l’avenir » je vais attendre encore un peu avant de sabrer le champagne.

En attendant, la Ville pourrait améliorer la fluidité et la sécurité de la circulation en posant des gestes certes moins spectaculaires, mais qui ont le mérite d’être facilement réalisables :

  • La tolérance zéro : les automobilistes, les taxis et les livreurs qui stationnent en double; les travaux qui entravent les voies de circulation aux heures de pointe; les automobilistes qui stationnent aux endroits interdits; les automobilistes incapables de différencier l’orange du vert; Etc. Bien des délais et accidents seraient évités si on appliquait une politique de tolérance zéro aux conducteurs et aux entrepreneurs fautifs.

  • La signalisation : la signalisation obéit aux mêmes règles que la réglementation, on en ajoute, sans jamais en enlever. Il faut être particulièrement perspicace pour s’y retrouver; la plupart des noms des rues sont illisibles à plus de 10 mètres et trop souvent des obstacles obstruent la vue des automobilistes. Le résultat : les hésitations et les décisions de dernières secondes mettent en péril la sécurité des piétons et des autres automobilistes. Combien d’accrochages, voire d’accidents graves, seraient évités par une signalisation claire et visible.

  • La réglementation : l’interdiction de tourner à droite sur le feu rouge et l’obligation d’attendre la flèche pour tourner à droite sur le feu vert sont des anachronismes qui entravent la fluidité du trafic. C’est à croire que les règlements sont concoctés par des fonctionnaires « gauchissants » qui méprisent tout ce qui s’appelle « droite ».

  • L’entretien : l’entretien de l’ensemble des infrastructures de la Ville est négligé, pour ne pas dire inexistant, depuis des décennies. Résultat : elles tombent en ruine ce qui impose des fermetures partielles ou complètes d’artères majeures sans considération pour la fluidité de la circulation. Combien de délais et pertes de temps seraient évités si un minimum d’entretien préventif était exécuté la nuit et les fins de semaine?

Ce ne sont que quelques suggestions pour améliorer le sort des résidents, travailleurs et touristes montréalais. Compte tenu des taxes (foncières, sur l’essence, sur l’immatriculation, de mutation) et des tarifs que nous payons nous sommes certainement en droit d’exiger une Ville fonctionnelle en attendant la disponibilité d’infrastructures routières et de transport en commun digne du 21e siècle et qui tardent à venir.

La réflexion du jour

La réalité c’est que plus je vieillis, moins ces promesses (gratuité tout azimut) ont des chances de se concrétiser. En citoyen raisonnable, j’en suis conscient et j’épargne et investis en conséquence.


Oups. Qu’arrivera-t-il à ma retraite? Je serai puni, oui puni, parce que je me suis pris en main. Alors, dites-moi, quelle sorte de système d’une part veut forcer ses gens à épargner pour leur retraite alors que d’autre part, il punit ceux qui le font avec discipline?

C’est exactement ce qu’on a au Québec alors que le retraité qui a des revenus significatifs rembourse les prestations provenant de l’État en plus d’être imposé «généreusement». --- Bernard Mooney

Le chiffre du jour : 100 000

La réduction du taux d'imposition des entreprises en 2011 et 2012 permettra au secteur manufacturier de créer jusqu'à 100 000 emplois supplémentaires, selon l'Association des manufacturiers et exportateurs du Canada.

20 janvier, 2011

La réflexion du jour

Écrasés par les taxes et les impôts depuis des décennies, la majorité silencieuse ouvre les yeux et constate à quel point on l’a bernée; pendant qu’on lui demandait d’envisager la possibilité de faire un pays et de voter en ce sens, d’autres s’accaparaient l’État-de-grâce, assuraient leur confort et préparaient leur avenir…---Michel Hébert

Le chiffre du jour : 42 M$

Fonds d’amorçage d’entreprises technologiques - 42 M$ en capital de risque prêts à être investis dans les entreprises québécoises spécialisées dans les technologies propres .
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Le financement de ce fonds est assuré par divers partenaires dont le gouvernement du Québec (16,5 M$), par l'entremise d'Investissement Québec, le Fonds de solidarité FTQ (10,9 M$) et FIER Partenaires (5,6 M$), pour un montant total de 33 M$. Pour ce qui est de la contribution des partenaires privés, dont des industriels reconnus au Québec et à l'étranger dans cette première clôture, elle se situe à 9 M$.

(NDLR : Si l'on considère que le Fonds FTQ est financé à même les réductions d'impôts des cotisants, le gouvernement investit 33 M$ et les partenaires privés investissent 9 M$. Cherchez l'erreur!)

19 janvier, 2011

La réflexion du jour

Tom DeLay, ancien chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants américaine, passera trois ans en prison pour blanchiment d'argent et complot.

(NDLR : Verrons-nous un jour un politicien québécois condamné à la prison ferme? J'en doute! Est-ce parce que l'honnêteté des politiciens québécois est exemplaire ou parce que les lois sont permisives envers les politiciens?)

Le chiffre du jour : 5 825 $

LA FCEI estime que la conformité aux lois et règlement coûte 1117 dollars par employés pour les entreprises de plus de 100 employés et 5825 dollars par employés pour celle de quatre employés et moins. C'est un lourd fardeau et un casse-tête énorme pour les petites entreprises. Le petit entrepreneur essayera de se dépatouiller avec toutes ces tracasseries après ses longues heures de travail.

18 janvier, 2011

Subventions : les perles du 8 au 14 janvier 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

Il semble que, malgré les promesses de réduction des dépenses du ministre Bachand, 2011 sera encore une année faste pour les dépendants de l’État. Les entreprises, les artistes et les organismes obscurs comme Vivacité Montréal et Coupe ton moteur continuent de bénéficier des largesses de nos généreux politiciens

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  • Un soutien financier de 956 000 $ est accordé au Centre d’innovations en mécanique industrielle – Mécanium, centre collégial de transfert technologique (CCTT) établi à Saint-Georges-de-Beauce.

  • La Société générale de financement (SGF) investit 5 M$ en actions privilégiées dans Fabrication Delta, une entreprise gaspésienne en pleine croissance.

  • Une aide financière de 6 267 331 $ est accordée à Tembec pour deux projets d’un coût global de plus de 25 M$. « En accordant cette aide financière, notre gouvernement continue d’assumer son leadership dans la lutte aux changements climatiques.

  • Annuellement, le MAPAQ et la FADQ versent plus de 13 millions de dollars en subventions qui sont spécifiquement réservées à la relève agricole.

  • Le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Clément Gignac, a annoncé que le Fonds d’amorçage Cycle-C3E a complété son financement et qu’il est maintenant prêt à investir auprès des entreprises spécialisées dans les technologies propres. Le financement de ce fonds est assuré par divers partenaires dont le gouvernement du Québec (16,5 M$), par l’entremise d’Investissement Québec, le Fonds de solidarité FTQ (10,9 M$) et FIER Partenaires (5,6 M$), pour un montant total de 33 M$.

  • Dans le but de participer à la relance de l’économie haïtienne, le gouvernement du Québec crée un fonds dédié au soutien à l’entrepreneuriat. La gestion du fonds d’un million de dollars sera assurée par Développement international Desjardins (DID) et son partenaire haïtien, la Fédération des caisses populaires Le Levier.

  • Québec verse 490 000 $ pour le renouvellement du programme de bourses Vivacité Montréal pour les trois prochaines années (2011-2013. Ce programme est destiné aux artistes et aux écrivains issus de l’immigration ou faisant partie des minorités visibles de Montréal qui œuvrent dans les domaines suivants : arts du cirque, arts médiatiques, arts multidisciplinaires, arts visuels, chanson, danse, littérature, métiers d’art, musique, théâtre et recherche architecturale.

  • Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs annonce l’octroi de 49 000 $ à l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) pour la mise en oeuvre de la deuxième phase de son programme Coupe ton moteur.

  • Québec verse une contribution financière remboursable de 320 000 $ au Groupe J. L. Leclerc pour l’agrandissement de ses installations et pour l’acquisition d’équipements spécialisés.

  • Institut national de l’image et du son – une subvention de 765 000 $ pour l’achat d’équipement de pointe.

La réflexion du jour

Mais sa réalité (le syndicalisme) réelle est celle-ci: soudés à l’État (lui-même de plus en plus interventionniste, riche et puissant, j’y reviendrai aussi) dont ils ont toujours été des alliés enthousiastes et indéfectibles, les syndicats forment avec lui un conglomérat (convergent…) dont le pouvoir est littéralement écrasant!


Alors, la montée de la droite, hein, les nerfs, on se calme! Et le Bonhomme Sept-Heures, lui?…--- Mario Roy

Le chiffre du jour : 82,2 %

En 2009, le taux de syndicalisation global était de 40 % au Québec, trois fois ce qu’il est aux États-Unis (13,6%). Dans le secteur public, qui emploie 24,6% des Québécois, il atteint 82,2%! Et ces chiffres ne proviennent pas de l’Institut économique de Montréal, mais du gouvernement du Québec…

17 janvier, 2011

Le capitalisme de connivence

Les liens incestueux qui existent entre les partis politiques, les agences de réglementation et les milieux financiers sont à la source des crises financières et économiques. Ensemble, ils ont créé un système que Gerald O’Driscoll appelle le « capitalisme de connivence ».

Si vous voulez comprendre comment fonctionne le « capitalisme de connivence » je vous recommande fortement le film de Charles Ferguson « Inside Job »:
Oubliez les documentaires comme Capitalism: A Love Story (Michael Moore, 2009) ou les fictions comme Krach (Fabrice Genestal, 2010) et Wall Street: Money Never Sleeps (Oliver Stone, 2010): voici Inside Job, de l'Américain Charles Ferguson, le film essentiel que l'on attendait sur la dernière crise économique qui a ébranlé, bien plus que l'Amérique, la planète tout entière. Grâce à un travail d'investigation et d'enquête rigoureux, Ferguson retrace ici la genèse de la crise, explicite les nombreuses relations qui unissent Wall Street à la Maison Blanche et démontre la véritable folie de ces dirigeants irresponsables. Un documentaire épique, éminemment nécessaire et terriblement choquant, par ailleurs narré par l'acteur Matt Damon. --- Guillaume Fournier

Une économie de menteurs

Gerald O’Driscoll – Le 26 avril 2010. Les libres marchés nécessitent de « dire la vérité » : les prix doivent refléter les évaluations des consommateurs ; les taux d'intérêt doivent être des guides sûrs pour que les entrepreneurs allouent correctement le capital dans le temps, et les comptes d’une entreprise doivent refléter sa valeur réelle. Plutôt que de dire la vérité, nous devenons aux USA une économie de menteurs. La cause en est simple: le « capitalisme de connivence ».

Les agences de réglementation financière n'ont pas appliqué les lois et règlements contre la fraude. Bernard Madoff est le cas paradigmatique du fraudeur et la Securities and Exchange Commission (SEC), le cas paradigmatique de l’échec du régulateur. On sait que la fraude est difficile à déceler, mais comme nous le savons maintenant, pas celle de Madoff. La SEC a choisi d'ignorer les éléments de preuve portés à son attention. C’est aussi la réglementation bancaire qui a permis à une sorte d’hypothèques surnommées « prêts menteurs » de s'épanouir. Et ainsi de suite.

Nous avons appris aujourd'hui de quelle manière « créative » Lehman Brothers avait caché son effet de levier par l'utilisation de pensions livrées, le « Repo 105 ». Le « Repo 105 » permettait à Lehman de temporairement troquer des actifs (comme les obligations) pour du cash. Un « repo » est une mise en pension d’actifs, ou accord de rachat. Il représente un moyen d'emprunter de l'argent. Mais une règle comptable a permis à Lehman de camoufler cette transaction comme une vente et de réduire ses emprunts comptabilisés, selon un rapport le mois dernier d’un auditeur de faillite de Lehman, ancien procureur fédéral, nommé par le tribunal. Faut-il croire que les régulateurs ne savaient pas ? Mi-avril, Goldman Sachs a été accusé d’avoir trompé de nombreux clients au profit d'un autre, le hedge fund dirigé par John Paulson. [Et ce n’était que le début des « révélations »].

L'idée que la multiplication des règles et des textes peut protéger les consommateurs et les investisseurs est certainement l'un des grands échecs intellectuel du 20ème siècle. Toute règle statique sera contournée ou manipulée de manière à se soustraire à son application. Au lieu de multiplier les règles, la comptabilité financière devrait être régie par le principe traditionnel que l'on a une obligation positive de présenter l'état réel des finances de façon juste et précise – quoi que puissent permettre par ailleurs les règles. Et les institutions financières devraient avoir une obligation de diligence envers leurs clients. Certains avocats soutiennent que cela nous rapprocherait de la vision de la fraude dans la common law.

La théorie des choix publics a identifié les causes profondes de la défaillance de la réglementation : la « capture » des régulateurs par l'industrie réglementée. Les organismes de réglementation commencent à s'identifier avec les intérêts des réglementés plutôt que de ceux du public qu'ils sont chargés de protéger. Dans un document pour la conférence Jackson Hole de la Fed en 2008, l'économiste Willem Buiter a qualifié de « capture cognitive», ce processus par lequel les régulateurs deviennent incapables de penser en d’autres termes que ceux du secteur qu’ils doivent réglementer. Le 5 avril dernier, le Wall Street Journal publiait une chronique sur le « tourniquet » entre le secteur et le régulateur, intitulée « employé un jour, adversaire le lendemain. »

Les comités du Congrès qui supervisent le secteur succombent à l'attrait des contributions de campagne, des sollicitations des lobbyistes du secteur, et du chant des sirènes d'experts devant leur existence au secteur. Ainsi, les intérêts du secteur et de l’administration s’entremêlent, et la réglementation les relie. Le secteur gagne à s'entendre avec les politiciens et les régulateurs, et vice-versa. On n’appelle pas ce système le libre marché, mais le capitalisme de connivence. Il doit plus à Benito Mussolini qu’à Adam Smith.

Le lauréat du prix Nobel Friedrich Hayek a décrit le système de prix comme un mécanisme de transmission des informations. L'interaction entre les producteurs et les consommateurs établit des prix qui reflètent la valeur relative des biens et services. Or, les subventions faussent les prix et entraînent une mauvaise affectation des ressources. Les prix ne transmettent alors plus les vraies valeurs, mais les valeurs distordues. Le mentor de Hayek, Ludwig von Mises, a prédit dans les années 1930 que le communisme serait voué à l'échec parce qu'il ne reposait pas sur les prix pour allouer les ressources. Il a eu raison.

Aux États-Unis aujourd'hui, nous nous reposons de moins en moins sur des prix « honnêtes ». L’État fédéral contrôle 90% du financement du logement. Les programmes encourageant l'accession à la propriété demeurent effectifs, et davantage ont même été ajoutés. La politique de taux d'intérêt faible de la Fed génère une mauvaise affectation du capital dans le temps. Les taux d'intérêt faibles influencent tout particulièrement le logement parce qu'une maison est un actif de long terme dont la valeur est renforcée par des taux d'intérêt bas.

Les prix et les taux d’intérêts distordus ne peuvent plus servir d’indicateurs précis de l'importance relative des biens. Le capitalisme de connivence assure un accès spécial au capital pour les entreprises et secteurs protégés. Les entreprises qui se trouvent en difficulté, dans ce processus consistant à faire ce qui est favorisé politiquement, sont renflouées. Cela conduit à l'aléa moral et davantage de sauvetages à l'avenir. Et on peut permettre à ceux qui perdent de l'argent de le cacher par des subterfuges comptables.

Si nous voulons restaurer notre liberté économique et récupérer un marché libre incroyablement productif, nous devons rétablir la vérité sur les marchés. Cela signifie la fin des subventions qui faussent les prix - ce qui comprend les taux d'intérêt artificiellement bas. Personne n’admet préférer le capitalisme de connivence, mais pourtant un État fortement régulateur entretient cette pratique.

Empiler toujours plus de règles et de textes ne produira rien de différent que par le passé. Il est préférable de se fonder sur les principes positifs de bilans comptables qui « disent la vérité » et sur une obligation de diligence. La déréglementation n'est pas une sorte de slogan ultralibéral mais une nécessité absolue si nous voulons sortir du capitalisme de connivence.

Gerald O’Driscoll est vice-président de la Federal Reserve Bank à Dallas et analyste au Cato Institute à Washington DC. Cet article est une traduction partielle de l’original anglais publié dans le Wall Street Journal (avec permission de l’auteur).
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La réflexion du jour

Au fil des années, je vais questionner chaque pièce de 10 cents qui est dépensée à l'hôtel de ville. Toutes les subventions seront examinées, a promis M. Ford (maire de Toronto) en entrevue.

(NDLR : Je me demande comment on pourrait convaincre M. Ford de gérer Montréal. Même à temps partiel il ferait certainement mieux que Gérald Tremblay.)

Le chiffre du jour : 70 M$

Le maire de la Ville Reine, qui a été assermenté il y un mois, a soutenu avoir épargné quelques 70 millions$ aux contribuables dans ses premières semaines au pouvoir avec, entre autres, l'abolition de la surtaxe sur l'immatriculation, la réduction du quart des dépenses de son bureau et la fin du buffet gratuit pour les élus lors des réunions du conseil municipal et des comités.

16 janvier, 2011

Caricatures : semaine du 9 janvier 2011

La réflexion du jour

Ça y est, la période prébudgétaire est amorcée. Celle ou les syndicats, les corporations professionnelles et autres groupes d’intérêt se disputent la richesse des autres. La période des loups!--- Pierre simard

Le chiffre du jour : 80e percentile

D'après une enquête réalisée auprès de plus de 20 000 familles aux États-Unis, les jeunes instruits à la maison se retrouvent entre le 82e et le 92e percentile en lecture, et dans le 85e percentile en maths. Globalement, leurs notes oscillent entre le 75e et le 85e percentile, bien au-dessus des jeunes des écoles publiques (dans le 50e percentile), même des écoles privées (entre le 65e et le 75e percentile).


Une enquête canadienne arrive sensiblement aux mêmes résultats: ainsi, les jeunes instruits à la maison se retrouvent dans le 80e percentile en lecture et le 79e en maths, alors que les jeunes instruits dans le système public ou privé se classent dans le 50e percentile.

(NDLR : De quoi faire réfléchir notre monopole de l'éducation. Les syndicats vont capoter!)

15 janvier, 2011

La cigale et la fourmi (en rappel)

L’endettement irresponsable des gouvernements et des individus annonce des lendemains difficiles :
Dettes totales des ménages canadiens : 1 505 000 000 000$
Dette en proportion du revenu personnel disponible : 148%
Dette par habitant : 44 000$

Ce phénomène découle du fait que depuis plus de quarante ans les cigales dominent les choix politiques. Ces choix visent avant tout à redistribuer la richesse, même celle que nous n’avons pas encore créée (endettement) et à nous laisser croire que tout est gratuit.

Toutefois, les politiques de redistribution profitent rarement à ceux qui en ont besoin. Elles favorisent plutôt les groupes d’intérêt. Malheureusement, elles déresponsabilisent aussi sûrement les individus qu’elles appauvrissent la société.

Personne n’a exprimé ce phénomène mieux que Jean de la Fontaine dans la fable : La cigale et la fourmi. C’était il y a plus de 350 ans.

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Version originale de Jean de la Fontaine :

La Cigale, ayant chanté
Tout l'Été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La Fourmi n'est pas prêteuse;
C'est là son moindre défaut.
«Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez? J'en suis fort aise.
Eh bien! Dansez maintenant.»

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Version québécoise (adaptation de la version moderne de Jean-François Rideau) :

La fourmi travaille dur sous une chaleur écrasante durant tout l'été, construit sa maison et accumule des vivres pour l'hiver. La cigale se moque bien de la fourmi, et passe l'été à rire et à danser et à s'amuser.

L'hiver venu, la cigale grelottante convoque une conférence de presse et exige de savoir pourquoi il est permis que la fourmi soit bien au chaud et repue tandis que d'autres ont faim et froid.

Radio-Canada montre des images de la cigale grelottante à côté d'un film de la fourmi faisant bombance dans sa maison douillette. Le Québec bien-pensant est choqué par ce contraste saisissant. Comment est-il possible que dans un pays si riche, une pauvre cigale souffre autant?

La cigale est invitée à TLMEP. Les invités, encouragés par Guy A. et Dany, en profitent pour dénoncer l’individualisme de la fourmi, digne représentante du capitalisme sans coeur.

Le FRAPRU organise une manifestation devant la maison de la fourmi. Le téléjournal du soir diffuse des images des manifestants criant des insanités à la fourmi. En soutien à la cigale, Richard Desjardins monte à grands coups de subventions un concert avec de nombreux artistes.

René Homier-Roy s'exclame dans une interview avec Amir Kadhir que la fourmi s'est enrichie sur le dos de la cigale, et appelle à un nouvel impôt sur la fourmi pour lui faire payer "sa juste part de l'effort collectif".

Finalement, la Commission parlementaire pour la Justice sociale propose une loi anti pauvreté, rétroactive jusqu'au début de l'été. La fourmi doit payer une amende pour ne pas avoir embauché une proportion suffisante de cigales; n'ayant plus de quoi payer ses taxes rétroactives, elle voit sa maison confisquée par le gouvernement.

La fourmi en appel auprès du tribunal administratif. L'affaire est finalement plaidée devant un panel de juges anciennement nommés par Bernard Landry parmi une liste de personnes vivant des subsides de l'État. La fourmi perd son procès.

L'histoire se termine tandis que l'on voit la cigale engloutir les derniers restes des victuailles confisquées à la fourmi, cependant que le logement social qu'elle habite, qui n'est autre que l'ancienne maison de la fourmi, part en morceaux parce que nul ne s'en occupe. La fourmi disparaît dans la nuit froide.

La cigale est retrouvée morte dans une affaire de drogue, et la maison, maintenant abandonnée, est occupée par un gang d'araignées qui terrorisent ce qui était autrefois un voisinage paisible.

La réflexion du jour

Les syndicats n'ont pas seulement investi l'État; à les entendre ils seraient devenus l'État et ils incarneraient à eux seuls le bien commun. Leur logique est toute simple et toute bête : plus de fonctionnaires veut dire plus de services pour la population et une meilleure défense de ses intérêts. En bref, plus c'est gros, plus c'est bon.--- Pierre Duhamel

Le chiffre du jour : 81 %

C'est d'autant plus vrai que l'État est une mine d'or pour les machines syndicales. Grâce à un régime très complaisant, la proportion des employés syndiqués dans le secteur public canadien est passé de 12 % en 1960 à 70 %. La proportion atteint 81 % au Québec.

14 janvier, 2011

La réflexion du jour

Super Claudette s’amuse à dire que la plupart des québécois n’ont pas les moyens de se payer les libertés que le RLQ cherchent à promouvoir. Mois je crois plutôt que les québécois n’ont plus les moyens de se payer le 30% de plus que ça coûte au Québec pour construire des infrastructures, grandement dû au monopole syndical sur la main d’oeuvre dans le domaine de la construction. Nous n’avons plus les moyens d’avoir 100 000 administrateurs dans notre système de santé pour 108 000 dans le personnel soignant. Nous n’avons plus les moyens d’une fonction publique obèse. Nous n’avons plus les moyens des plans de retraite dorés de nos fonctionnaires, alors que la plupart de ceux qui paient pour cette retraite risquent de se retrouver dans la pauvreté dans leur vieillesse. Nous n’avons plus les moyen de payer des denrées agricole plus chères que tous nos voisins pour maintenir un système de gestion de l’offre et un monopole syndical dans le domaine agricole. Nous n’avons plus les moyens des quelques 224 milliards de dettes que notre gouvernement a accumulé jusqu’ici parce que nos politiciens sont incapables de tenir tête aux Claudette Carbonneau et Réjean Parent de ce monde. --- Philippe

Le chiffre du jour : + 6 G$ par année

Les chefs syndicaux veulent s'attaquer à ce seul gain (Équilibre budgétaire). Laissons aller le déficit et engraissons bien notre dette, nous disent-ils. Leur argument principal est tellement ridicule que c'en est comique. Les voilà maintenant les grands défenseurs de la croissance économique.

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Le Québec n'a pas un problème de croissance, mais d'endettement. Sa dette nette a gonflé de 63 milliards de dollars depuis le 31 mars 2000, passant de 89 milliards de dollars à 152 milliards de dollars. Il appert que ce ne serait pas assez.

13 janvier, 2011

La prospérité ligotée par une réglementation excessive

La réglementation concerne tous les Canadiens. Mais pour la plupart d’entre nous, ses effets positifs sont évidents tandis que ses effets négatifs sont cachés. À quel point les produits seraient-ils moins chers si l’on réduisait la réglementation excessive et inutile ? Combien de petites et moyennes entreprises (PME) ne sont jamais créées parce que la réglementation constitue un obstacle trop important ? Quelles auraient été les contributions de ces entreprises à votre collectivité (création d’emplois, diversité de produits, augmentation du nombre de fournisseurs, etc.) ? Combien de temps et d’énergie consacrons-nous à nous conformer à des réglementations inutiles ? À quel point notre salaire et notre niveau de vie pourraient-ils être améliorés grâce à un allègement réglementaire ? --- Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI)

La réflexion du jour

La droite qui tourmente Mme Carbonneau, soit la droite économique, est une philosophie qui défend la liberté, qu'il s'agisse de libertés économiques ou individuelles. Cette droite, c'est la pensée économique libérale. C'est une conception du monde qui a foi en l'être humain, qui reconnaît son potentiel immense et veut l'inciter à le réaliser en récompensant l'effort. C'est le fait de reconnaître que chaque individu est mieux placé que quiconque pour savoir ce qui est bon pour lui, et de lui permettre, dans le respect d'autrui, de tout mettre en oeuvre pour mettre en oeuvre son idéal. C'est le fait de donner à l'être humain des droits, mais aussi des responsabilités. C'est aussi la conviction que l'individu et l'ensemble d'une société ne peuvent s'épanouir, évoluer et prospérer que dans un monde libre où l'État intervient minimalement. --- Nathalie Elgrably-Lévy

Le chiffre du jour : 4 ans

Le projet de ligne à grande vitesse Pékin-Shanghai avait été pour la première fois proposé en 1994 et avait pris du retard avant que les travaux débutent en avril 2008. Le chantier s'est finalement déroulé plus rapidement que prévu, l'ouverture ayant été planifiée pour 2012.


(NDLR : De quoi faire rêver les Québécois!)

12 janvier, 2011

Subventions : les perles du 17 décembre 2010 au 7 janvier 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

Il y a toujours de l’argent pour financer les « pet projects » des politiciens. Imaginez ce que ce serait si le gouvernement n’était pas en faillite!

J’aurais cru que la période des fêtes ralentirait quelque peu l’ardeur dépensière de nos élus, mais les politiciens ne chôment jamais surtout quand vient le temps de distribuer des subventions.
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  • Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation accorde 378 650 $ au Conseil du loisir scientifique (CLS) du Saguenay—Lac-Saint-Jean afin de lui permettre de poursuivre la promotion de la science par diverses activités au profit de la population de sa région, plus particulièrement auprès des jeunes, et ce, notamment à l’occasion de l’Expo-sciences régionale. La contribution provient du programme NovaScience, qui s’inscrit dans le cadre de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation (SQRI) 2010-2013.

  • De même, Québec verse 384 670 $ au Conseil du loisir scientifique (CLS) de l’Estrie. La contribution non remboursable, accordée pour une durée de trois ans, permettra au CLS de poursuivre ses activités de promotion de la science. La promotion de la culture et des carrières scientifiques auprès de la population, particulièrement des jeunes, est une activité jugée essentielle. C’est pourquoi les CLS travaillent à offrir une variété d’activités, permettant de rejoindre les enfants du préscolaire jusqu’à leurs grands-parents, en passant par les étudiants du secondaire et du collégial.

  • Sur la Côte-Nord, le Conseil des loisirs scientifiques Nord-Côtier reçoit 359 035 $ pour la promotion des carrières et de la culture scientifique.

  • Québec accorde une aide financière de 313 000 $ à Emballages Smurfit-Stone Canada pour la conversion d’un réservoir de mazout lourd afin d’expédier, via le port de Matane, de la liqueur résiduelle de cuisson.

  • Québec annonce le versement d’une contribution financière non remboursable de plus de 3,3 M$ à l’organisme Agrinova.

La réflexion du jour

Les sociaux-démocrates furent élus en 1994 (en Suède). C'est donc un parti de gauche qui fit le ménage. Et quel ménage! En quatre ans, le déficit fut éliminé et le ratio dette/PIB, réduit de moitié. On mit fin à la majorité des monopoles publics et, partout où c'était possible, les institutions étatiques furent mises en concurrence avec des entreprises privées. --- Joseph Facal

(NDLR : On est loin des réformettes Charest/Bachand!)

Le chiffre du jour : 1 G$

Domtar est l'une des 24 entreprises de pâtes et papiers du Canada qui ont été jugées admissibles à des crédits dans le cadre du Programme d'écologisation des pâtes et papiers d'une valeur de 1 milliard de dollars, annoncé en juin 2009. Le programme vise à appuyer les améliorations environnementales apportées à l'industrie des pâtes et papiers.

(NDLR : Les Américains, Sud-Américains, Européens et Asiatiques payent leur papier moins cher grâce à la générosité des politiciens interventionnistes conservateurs.)

11 janvier, 2011

La réflexion du jour

De nos jours l’État, les syndicats, les corporations professionnelles et autres groupes d’intérêt se sont accaparé le droit d’organiser la vie de tous et chacun. Encore davantage celle des plus démunis.


Méfiez-vous! Les discours de compassion servent souvent de couverture aux intérêts les plus mesquins de nos sociétés.--- Pierre Simard

Le chiffre du jour : 102 000 $

La détention des non-Canadiens dans les pénitenciers au pays coûte chaque année 56,3 millions $ au trésor public, selon la Fédération canadienne des contribuables (FCC).
On comptait, au 5 septembre 2010, 555 détenus étrangers dans les institutions correctionnelles fédérales, selon des documents obtenus par la FCC en vertu de la Loi d'accès à l'information.

Selon le gouvernement fédéral, héberger un détenu dans les pénitenciers coûtait environ 102 000 $ par an, dans les années 2007-2008.

(NDLR : 280 $ par jour! On devrait les loger dans un hôtel 4 étoiles, ça coûterait moins cher!)

10 janvier, 2011

Québec, le paradis des prix minimums

Le modèle québécois impose aux consommateurs un prix minimum pour plusieurs biens de consommation. Selon la logique de ce système, il serait désastreux pour l’économie si la concurrence devait faire baisser les prix de certains biens. Ainsi, la loi impose un prix minimum pour :

La bière. Oui, oui, la bière! Ça ne s’invente pas!
L’essence.
Le lait.
Le beurre
Les œufs
• Etc.

Plus généralement, la gestion de l’offre est une façon de maintenir les prix de la plupart des produits agricoles artificiellement élevés.

Les politiques de prix minimums et de gestion de l’offre nuisent aux consommateurs et ont des effets pervers nuisibles sur l’ensemble de l’économie :

• Les consommateurs payent plus chers qu’ils ne le devraient. L’argent ainsi dépensé n’est plus disponible pour acheter d’autres biens ou services;

• Ce système pénalise davantage les pauvres. Voilà un bel exemple de solidarité sociale inversée;

• L’impact de ces politiques sur les prix envoie les mauvais signaux aux intervenants de la chaîne de production. Le résultat : une mauvaise allocation des ressources;

• Les producteurs et distributeurs inefficaces réussissent à survivre et les autres engrangent de meilleurs profits;

• Etc.

Mais alors, pourquoi adoptons-nous de telles politiques?

Simplement parce que dans une société où l’interventionnisme étatique est la norme, ce sont les groupes d’intérêt qui dictent l’agenda législatif du gouvernement :

• Le prix de la bière protège les dépanneurs;

• Celui de l’essence protège les distributeurs indépendants;

• Celui du lait profite aux fermes laitières;

• Etc.

Finalement, si le gouvernement avait pour priorité de créer un environnement propice à la concurrence au lieu de se laisser courtiser par les groupes d’intérêt, les pauvres seraient plus riches et les riches seraient moins riches, mais plus nombreux. Toutefois, cela ne risque pas de se produire tant que les groupes d’intérêt, secondés dans leur tâche par la gauche bien-pensante, manipulent à volonté l’opinion publique.

Heureusement, certaines voix plus rationnelles et mieux informées commencent à se faire entendre. Il faut encourager ce mouvement embryonnaire, personnifié par le RLQ, pour qu’il grandisse et devienne une vraie force de changement social, n’en déplaise aux Mmes Carbonneau de ce monde.

La tâche est titanesque, car expliquer à ceux qui profitent du système la valeur de la concurrence, c’est comme expliquer à un mur la valeur de la liberté.

La réflexion du jour

2011 débute avec une grèle de taxes et de tarifs, comme cette scandaleuse «contribution santé» qui ne changera rien au désordre des choses; on paiera simplement plus cher pour du pareil… On ajoutera des centaines de millions mais de nouveaux besoins seront vite identifiés par des bataillons de bureaucrates plus imaginatifs les uns que les autres.--- Michel Hébert

Le chiffre du jour : 64 %

Selon un sondage mené par Harris/Decima pour le compte de la Banque Scotia, 64 % des Québécois qui prévoient prendre leur retraite ont l'intention d'occuper un emploi pendant cette période de leur vie, principalement pour demeurer actifs mentalement et socialement.

09 janvier, 2011

La réflexion du jour

Je crois que nous serons tous d'accord pour dire que 2010 aura été, pour nous, Québécois, l'année du grand réveil. Nous dormions sur nos deux oreilles pendant que des voleurs vidaient notre maison. Nous avons bien dû admettre que nous étions, en plus, les artisans de notre propre malheur, car nous nous en étions lavé les mains en cessant de jouer notre rôle de citoyens. --- Lise Payette

Le chiffre du jour : 81 %

Le dernier sondage publié dans La Presse (SOM) le lundi 27 décembre dernier indique que 77 % des répondants pensent que Jean Charest devrait quitter la tête de son parti. Ce taux atteint 81 % chez les francophones.

08 janvier, 2011

La réflexion du jour

La dernière convention collective des cols bleus, adoptée récemment, a d’ailleurs reconduit l’obligation de la ville de trouver d’autres fonctions, sans perte de salaire, à ses chauffeurs qui ont perdu leur permis de conduire pour facultés affaiblies, à l’extérieur de leurs heures de travail.

(NDLR : Fx#@ et après on nous dit qu'il n'est pas possible de réduire le gaspillage!)

Le chiffre du jour : 72$

Deux contremaîtres se suivent partout dans l'arrondissement Ahunstic-Cartierville depuis le début du temps des fêtes parce que l'un d'eux a perdu son permis de conduire pour cause de facultés affaiblies et qu'il a besoin de sa camionnette pour faire son travail.
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Un contremaître syndiqué coûte aux environs de 36 $ l'heure (68 000 $ par année), cela fait donc 72 $ chaque heure pour deux hommes qui vont aux mêmes endroits dans la même camionnette.

(NDLR : Ce n'est pas grave. Les contribuables vont payer plus et puis après!)

07 janvier, 2011

Friedrich A. Hayek : Nouveaux Essais

L'étude de l’œuvre de Friedrich A. Hayek devrait être obligatoire pour tous ceux qui rêvent de devenir politiciens, ….logues ou journalistes. Faute d’une note de passage aux examens, ils devraient être exclus de la profession rêvée.

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Friedrich A. Hayek : Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées

Une revue de livre par Damien Theillier – Le 6 janvier 2010. Les Nouveaux Essais [1], publiés dans la collection que dirige Alain Laurent aux Belles Lettres, font suite aux Essais, déjà superbement traduits par Christophe Piton dans la même collection en 2007 [2]. Ce volume contient un ensemble d’articles de Hayek (25) datant pour l’essentiel du début des années 70 et qui ont formé la base de son grand ouvrage de synthèse Droit Législation et Liberté, publié en trois tomes. Il s’agit souvent de textes de conférences prononcées à diverses occasions. Le propos y est concis, pédagogique. Rien de tel pour s’initier à la pensée de l’un des plus grands et des plus originaux penseurs du libéralisme contemporain. Un penseur original, en effet, capable de surprendre son lecteur, de le conduire à ses conclusions par des chemins insoupçonnés, prenant toujours à revers la pensée dominante. Parmi les nombreux thèmes qui composent l’ouvrage, nous en retiendrons trois principaux : la critique du rationalisme constructiviste, la critique de la justice sociale et la critique de Keynes.

La critique du constructivisme

Un premier thème est d’ordre épistémologique, il concerne la critique de ce que Hayek appelle le « constructivisme » (Les erreurs du constructivisme, chapitre I, p. 25 à 52). Ce terme a été introduit par Hayek pour désigner une manière spécifique de penser l’ordre social comme « une construction rationnellement orientée vers un but. » La majeure partie du travail Hayek a consisté en une reformulation théorique extrêmement novatrice de la philosophie sociale qui sous-tend le libéralisme classique. Il souligne que la connaissance de l’économie est en elle-même insuffisante pour la compréhension de l’ordre d’une société libre. Pour Hayek, le point de départ de la théorie sociale est « la compréhension du fait que tout ordre qui résulte du jeu réciproque d’actions humaines ne résulte pas d’un dessein ». Autrement dit, il faut présupposer l’ignorance irrémédiable et constitutive à la fois des acteurs sociaux et du savant qui étudie l’ordre social. Ainsi la capacité d’une société à atteindre ses objectifs ne dépend pas seulement de sa connaissance des relations causales mais aussi de sa capacité à agir en suivant des règles (droit, morale, coutumes) qu’elle peut énoncer sans toutefois en saisir l’origine. En effet, ces règles ne sont pas le résultat d’un choix conscient et délibéré mais d’un processus de sélection et de concurrence entre les groupes.
Or le positivisme philosophique a tendance à évincer toutes les valeurs ou les normes comme des objets sans rapport avec les faits, comme des objets « métaphysiques », dépourvus de sens, injustifiables rationnellement. On observe cette tendance chez Auguste Comte mais aussi chez Max Weber et la plupart des sociologues. Seule la compréhension des relations de cause à effet est reconnue comme valide, objective et digne d’intérêt pour le savant.

Mais le modèle hayekien est celui de la « catallaxie », un ordre engendré par l’ajustement mutuel d’actions individuelles qui se conforment aux règles juridiques concernant la propriété, les dommages et les contrats. Les gouvernants ne pouvant détenir l’ensemble des informations en circulation et ne pouvant les traiter, toute prétention à organiser scientifiquement la société et le marché est une illusion. En revanche le libre marché permet d’atteindre un niveau de complexité et de performances qu’aucune démarche rationnelle organisée n’est capable d’atteindre.

Ce point de vue remet en question toutes les théories positivistes (ce que Hayek appelle « rationalisme constructiviste ») selon lesquelles l’homme par son savoir, serait capable de maitriser le fonctionnement de la société et de la modifier comme une matière brute.

La critique de la justice sociale

Un second thème est celui de la justice sociale. Dans l’essai intitulé « L’atavisme de la justice sociale » (chapitre V, pages 101 à 116), Hayek explique pourquoi cette expression à la mode ne peut avoir le moindre sens mais aussi pourquoi toute tentative d’instaurer la justice sociale est incompatible avec une société fondée sur des « règles de juste conduite ».

Dans une société moderne pluraliste, la complexité de l’activité sociale et économique rend impossible la coordination centralisée des activités diverses des individus. La seule justice qui s’applique dans un tel ordre, c’est donc la justice négative : le fait de savoir si un individu s’est ou non soumis aux règles générales de juste conduite. Autrement dit, la justice ne réside pas dans le résultat d’une action mais dans la manière dont cette action est conforme aux règles communes. Ces règles doivent être abstraites c’est-à-dire formelles, universelles et applicables à tout individu sans considération d’appartenance à un groupe particulier. Leur finalité est de protéger la liberté d’action des individus et des groupes tant contre l’arbitraire du pouvoir (y compris contre celui d’une majorité démocratique) que contre les empiétements d’autrui. Dans ce cadre le seul rôle du gouvernement consiste à énoncer ces règles (ce qui ne veut pas dire les inventer) et à les faire respecter.

Une société ouverte, à la différence d’une tribu, est une société qui repose sur des règles abstraites. « La grande avancée qui rendit possible le développement de la civilisation et, finalement, de la société ouverte, fut la substitution de règles abstraites de juste conduite à des fins précises obligatoires. » Au contraire, lorsque des récompenses sont accordées à des groupes particuliers, en fonction de critère arbitraires parce qu’indéfinissables (comme le mérite), on régresse nécessairement vers la société primitive ou la société tribale, explique Hayek.

Le débat avec Keynes

Dernier grand thème, le débat avec Keynes. Depuis 2008, les œuvres de Hayek sont revenues au sommet de la liste des best-sellers aux Etats-Unis. Il faut dire que les travaux d’Hayek éclairent tout particulièrement la crise financière actuelle. Sur ce point, on lira avec profit le long essai consacré à Keynes (La campagne contre l’inflation keynésienne, chapitre XIII, p. 283-337), dans lequel Hayek revient sur les points fondamentaux qui l’opposent à son ancien collègue et ami. Pour Keynes la relance de l’économie passe par l’inflation. A long terme, lui répond Hayek, l’inflation produit du chômage et surtout, elle fausse les prix du marché, induisant les acteurs économiques en erreur et empêchant la réallocation optimale des ressources. Autrement dit les plus graves dysfonctionnements du marché ont des origines monétaires d’une part (augmentation de l’offre monétaire par le crédit à taux bas) et étatiques d’autres part (puisque la banque centrale, qui manipule la monnaie et les taux d’intérêts, est une institution publique). D’où le plaidoyer de Hayek pour la mise en concurrence des banques centrales et de leurs monnaies, y compris avec l’or, le tout fondé sur une théorie des prix comme signaux et de la concurrence comme procédure de découverte.

En effet, le marché et la détermination des prix par la concurrence fournissent un procédé de découverte qui rend possible une transmission d’informations plus vaste et plus précise qu’aucun autre système connu. L’information est fondamentale dans l’ordre de l’efficacité économique car c’est elle qui produit des incitations et qui améliore l’adaptation aux circonstances toujours changeantes du monde dans lequel nous vivons. En définitive, le système des prix constitue le seul mécanisme de coordination à la fois juste et efficace entre l’offre et la demande.

Pour finir, on lira avec profit les trois essais d’histoire de la pensée, consacrés respectivement à Bernard Mandeville, Adam Smith et Carl Menger (le fondateur de l’école autrichienne d’économie). Signalons également l’intéressant essai intitulé « libéralisme », écrit à l’origine pour une encyclopédie italienne. Cet article de synthèse permet de se faire une idée précise de la manière dont Hayek, à la suite de Ludwig von Mises, recompose le libéralisme, à partir d’une philosophie morale, d’une philosophie du droit et d’une épistémologie. Ainsi il n’y a rien de commun entre le libéralisme, tel que Hayek le définit, et la loi du plus fort, ou la loi de la jungle : il s’agit là d’un contresens fondamental. Le libéralisme est bien plutôt la marque du progrès social parce qu’il favorise le pluralisme, il laisse les acteurs sociaux utiliser leurs propres connaissances et poursuivre leurs propres buts librement dans le respect des règles communes. Au contraire, les sociétés planifiées sont des sociétés tribales, des sociétés fermées, dans lesquelles l’ordre est imposé uniformément par le haut, déresponsabilisant ainsi les individus.

Dans sa généalogie historique du libéralisme, Hayek mentionne l’apport fondamental de la pensée gréco-romaine, de la scolastique médiévale et de la tradition whig anglaise. On regrettera en revanche l’étrange absence de l’école française d’économie politique (à part quelques allusions), pourtant antérieure à Adam Smith, et qui a connu son apogée au milieu du XIXe siècle avec Bastiat et le Journal des Économistes.

Notes

[1] Friedrich Hayek, Nouveaux essais de Philosophie, de Science politique, d’économie et d’histoire des idées, traduction Christophe Piton, Les Belles Lettres, 2008

[2] cf. Friedrich Hayek, Essais de philosophie, de science politique et d’économie, traduction Christophe Piton, les Belles Lettres, 2007

Damien Theillier est professeur de philosophie.

La réflexion du jour

Le changement de cap le plus spectaculaire est celui de l'ex-vice-président Al Gore, qui, après avoir longtemps pris fait et cause pour l'industrie de l'éthanol, estime aujourd'hui qu'il a fait une erreur. Le Prix Nobel de la paix a même reconnu récemment qu'il avait plaidé en faveur de l'éthanol pour gagner l'appui des États ruraux dans sa campagne politique.

(NDLR : Lorsque la science devient une religion il faut se méfier du pape qui la représente.)

Le chiffre du jour : 1,5 G$

L'État canadien encourage aussi la production d'éthanol, mais dans une moindre proportion (que les Américains). Ainsi, l'usine de Varennes profite de l'équivalent de 7 cents le litre versé par Ottawa en vertu d'un programme d'aide aux producteurs de carburants renouvelables. Au total, le gouvernement fédéral prévoit dépenser 1,5 milliard au cours des huit prochaines années dans ce programme qui profite surtout aux producteurs d'éthanol-maïs, puisque les autres types de production sont encore à leurs balbutiements.

06 janvier, 2011

La réflexion du jour

L'ancien économiste de l'Union des producteurs agricoles Mario Dumais, qui a longtemps défendu les mesures d'aide aux agriculteurs, prône aujourd'hui le libre-marché, une conversion surprenante de sa part. «L'expérience de la vie m'a fait prendre conscience qu'il y a des interventions basées sur de bonnes intentions mais qui ont des effets indésirables», explique-t-il. Selon lui, l'éthanol a contribué à la crise alimentaire mondiale de 2008 et les gouvernements ne devraient pas subventionner le carburant, surtout celui produit à partir de céréales qui servent à l'alimentation.

(NDLR : Tous les programmes de subventions aux entreprises sont néfastes. Le cas de l'Éthanol n'est qu'un exemple plus évident.)

Le chiffre du jour : 3 G$

Si le Québec devait atteindre le niveau de l'Ontario en termes de subventions per capita, il réduirait ses dépenses de 3,064,625,892.51 $ et 1,531,078,569.51 $ si il rejoignait le niveau per capita de l'Alberta.

05 janvier, 2011

La dette publique, un éléphant que personne n’ose toucher

Pendant quelques jours, on a pu oublier l’immense dette qui s’accumule depuis trente ans. Malheureusement, elle n’a pas pris de vacances et continue de croître au rythme effréné de 22 M$ par jour.

Dans son texte publié le 3 janvier, Claude Piché écrit :

Le défi du ministre Raymond Bachand, à Québec, est tout autre. Le ministre prévoyait un déficit de 4,3 milliards; sans doute tournera-t-il davantage aux alentours de 4,6 milliards, mais cela ne représente pas forcément une mauvaise nouvelle, puisque cette différence de 300 millions provient essentiellement d'une hausse des prévisions pour éventualités, ce qui est une sage décision en ces temps incertains. Le véritable problème de M. Bachand, c'est l'ampleur de la dette publique. Le ministre s'est donné comme objectif de réduire la dette brute (qui frise les 170 milliards, ou 54 % du PIB) à 45 % du PIB en 2026. Ce ne sera pas facile: pour y parvenir, on compte notamment sur une hausse des tarifs d'électricité.

Comment un chroniqueur chevronné comme Claude Piché peut-il prétendre que de réduire la dette de 54 % du PIB en 2010 à 45 % du PIB en 2026 constitue un défi important?

Faisons les maths!

De 2002 à 2010, le PIB a cru au taux d’environ 4 % en dollars nominaux. Si l'on suppose qu’en moyenne ce taux de croissance sera maintenu, alors le PIB atteindra 594 G$ en 2026. Si la dette égale 45 % du PIB, elle sera alors égale à 267 G$. Donc, le ministre Bachand a pour objectif d’augmenter la dette de 170 G$ à 267 G$ soit plus de 6 G$ par année.

Et cela devrait représenter un défi? Ridicule!

Si au lieu de planifier une augmentation annuelle de la dette de 6 G$ par année, le gouvernement remboursait seulement 1 G$ par année, elle passerait de 170 G$ en 2010 à 154 G$ ou 26 % du PIB en 2026. Cela ne représente pas un défi majeur, mais c’est quand même mieux que d’augmenter la dette comme le propose le gouvernement.

Où le gouvernement pourrait-il trouver 1 G$ par année pour rembourser la dette? Voici quelques suggestions :

• Réduire les subventions aux entreprises de 6 G$ à 5 G$
• Réduire les coûts de la fonction publique de 5 %
• Demander un petit effort de rationalisation à H-Q
• Introduire la concurrence dans le système de santé
• Vendre la SAQ
• Assurer une vraie concurrence pour les contrats d’infrastructure
• Privatiser le transport en commun
• Etc.

Ce n’est pas les opportunités d’économie qui manquent, mais la volonté politique d’assainir les finances publiques.

La réflexion du jour

Donnez-nous un problème, montrez-nous des victimes qui s’ignorent, on vous fera un programme. Offrez-nous un programme, on vous trouvera des fonctionnaires. Embauchez-les tous, nous inventerons un impôt; nous taxerons vos sphincters s’il le faut. On dégotera ensuite un crédit d’impôt pour les démunis et, à la fin, promis, vous aurez l’impression d’assister à une éclypse budgtaire.--- Michel Hébert

Le chiffre du jour : 622 G$

Malheureusement, les conservateurs ont inversé cette tendance (déficits budgétaires), la récession les forçant en plus à injecter massivement dans les programmes d'infrastructures pour soutenir l'économie.


C'est ainsi que, de 463 milliards $ qu'elle était au début de cette année, la dette fédérale a grimpé à 517 milliards $ en cours d'exercice. Elle devrait bondir jusqu'à 622 milliards $ en 2015, année où un surplus budgétaire serait à nouveau possible.

04 janvier, 2011

Droits et devoirs

Alexis Cossette-Trudel, un sociologue en devenir, a publié un texte intéressant sur l’urgence de retrouver le sens du devoir.

Il déplore le fait qu’en accordant toujours plus de droits et de libertés aux individus ceux-ci en sont arrivés à évacuer toutes notions de devoir. Il conclut :

On constate enfin que le sens du devoir s'inscrit dans la durée et la médiation culturelle, plutôt que dans l'«immédiateté» qui caractérise aujourd'hui notre rapport au monde. Il exige le sacrifice d'une part des libertés individuelles à la pérennité du collectif: la famille, la culture, l'État. Tout ceci se situe évidemment bien au-delà de ce qu'une société marchande et fragmentée, fondée sur le désir sans limites et la gratification spontanée, valorise.

Le remplacement graduel au cours des quarante dernières années du sens du devoir et des responsabilités par les droits et les libertés s'est accompagné d'une perte de sens, d'unité et de maturité au Québec dont la conséquence à terme ne peut être que la fracture sociale et le relativisme culturel.
Je suis d’accord avec lui en ce qui concerne la déresponsabilisation des individus. Toutefois, il est faux de prétendre que celle-ci découle d’une trop grande liberté. C’est tout le contraire.

Le sens du devoir chez l’individu se manifeste d’abord envers lui-même. Un individu déresponsabilisé envers sa santé, son endettement, sa famille, etc. sera d’autant plus déresponsabilisé envers les autres membres de la société.

Hors, l’État providence a pour conséquence de déresponsabiliser les individus et de leur faire croire qu’ils ont des droits, mais pas ou peu de devoirs. La société québécoise récolte donc ce que les interventionnistes « gauchisants » sèment depuis des décennies.

Le sens du devoir ne peut pas être légiféré. Par contre, dans une société où il existe une adéquation entre choix et conséquences, les individus assimilent rapidement les avantages d’un comportement responsable. Donc, pour redonner le sens du devoir aux Québécois, il faut commencer par les responsabiliser envers eux-mêmes : fini la gratuité tous azimuts et retour au principe « utilisateur-payeur ».

Bien entendu, en contrepartie nous devons leur fournir les moyens de subvenir à leurs besoins. Puisque l’emploi est le seul moyen de combattre efficacement la pauvreté, il suffit de créer un environnement économique efficace et propice aux investissements. La recette est connue depuis belle lurette.

Alexis Cossette-Trudel pose le bon diagnostic : la déresponsabilisation des individus, mais ère dangereusement en préconisant de limiter les libertés individuelles pour assurer la pérennité du collectif. Il commet la même erreur que tous les interventionnistes de gauche et propose des moyens d’intervention qui vont à l’encontre des buts recherchés.

La réflexion du jour

La solution (à la pauvreté) demeure simple : générez de la croissance économique, et vous allez générer plus de charité, et moins de pauvres. C’est une évidence, mais il faut la répéter : la création de richesse comme stratégie est beaucoup plus prometteuse que d’essayer d’inventer chaque jour de nouvelles taxes.


Méditer là-dessus. Voilà une résolution censée pour nos gouvernements en 2011, vous ne trouvez pas? --- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 0,31 %

Quand vient le temps de donner à des organismes de bienfaisance, le Québec est la province la plus avare au pays. Nous remportons la palme pour une douzième année de suite! En 2008 (données les plus récentes), les Québécois ont donné en moyenne 0,31 % de leur revenu total à des organismes de bienfaisance, selon l’Institut Fraser. C’est trois fois moins que le Manitoba, qui arrive en première place avec 0,94 %.