Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Celui qui a découvert que tout ce qui monte doit redescendre n’a sûrement jamais été taxé au Québec.--- Michel Beaudry

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30 novembre, 2009

Régie du bâtiment du Québec : est-ce que ceci explique cela?

Dans le texte qui suit, on apprend que la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), dont le rôle est de surveiller l'application de la loi sur le bâtiment, n’applique plus depuis 1992 la disposition de la loi lui permettant de retirer la licence d’un entrepreneur reconnu coupable d’une offense criminelle. C’est une porte grande ouverte à la collusion et à la corruption dans le domaine de la construction.

La priorité de la RBQ semble être de collecter le plus de revenus possible. Elle traque les entreprises sans licence et celles qui violent les lois fiscales. Par contre, les entreprises qui dévalisent les contribuables en gonflant le coût des contrats de 30 %, voire 40 %, c’est sans importance.

C’est assez typique des organismes d’État et des organismes subventionnés. La plupart des contribuables croient qu’ils paient des impôts, entre autres, pour financer les organismes dont le mandat est de protéger la population des abus. En réalité, ces organismes visent plutôt à satisfaire les intérêts des politiciens qui les chapeautent.

Dans le cas particulier de la RBQ, les politiciens sont plus intéressés à protéger les revenus de l’État qu’à contrôler l’escalade des coûts des contrats publics.

Une baisse de revenu impose des diminutions de budget et la réduction des subventions qui en découle. C’est la source même du pouvoir politique qui est menacée.

Par contre, les coûts gonflés à l’hélium des contrats publics augmenteront la dette. Même si cela va à l’encontre des intérêts des contribuables, c’est un problème qu’un autre politicien, le ministre des Finances, devra résoudre dans un futur plus ou moins rapproché.

Or, les fonctionnaires, même si l'on a parfois l’impression du contraire, gèrent des ressources limitées. Ils doivent donc arbitrer entre les intérêts des politiciens et ceux des contribuables. À ce jeu, le contribuable sort toujours perdant!

Pour le fonctionnaire, le choix est facile. D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un choix, c’est une règle non écrite dans la fonction publique. La priorité est de satisfaire son patron politique.
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17 ans de laxisme dans la construction
Mise à jour : 27/11/2009

La Régie du bâtiment du Québec (RBQ) n’applique plus depuis 1992 une disposition de la Loi sur le bâtiment retirant aux entrepreneurs en construction leur licence s’ils ont été reconnus coupables d’une offense criminelle.
De fait, sur les 40 000 entreprises en construction enregistrées au Québec, la Régie n'a suspendu que deux licences pour violation à des lois fiscales. Or, pour les questions de nature criminelle, les inspecteurs ne s’y sont pas penchés.
Une porte-parole de la RBQ explique que la priorité de l’agence se situe ailleurs. «C'était pas des vérifications qu'on faisait, effectivement», dit Marjolène Veillette, ajoutant que la Régie menait des enquêtes surtout pour débusquer les entreprises sans licence.
À Montréal, quatre entreprises en construction qui ont plaidé coupables à une accusation de complot en 2000 pour écarter la concurrence dans un contrat de déneigement sont toujours en opération.
Cette situation fait bondir l’opposition. Le porte-parole péquiste en matière de travail, François Rebello, s’explique mal ce laxisme dans l’application de la loi. «(La Régie) avait tous les pouvoirs... Elle avait non seulement les pouvoirs, elle avait le devoir de le faire. Ça me pose des questions importantes», laisse-t-il tomber.
De son côté, le ministre du Travail, Sam Hamad, promet de nouveaux enquêteurs, une meilleure collaboration avec la SQ et une nouvelle loi qui rendra les conditions d'obtention des licences plus sévères pour les entrepreneurs en construction.

Le chiffre du jour : 77 %


29 novembre, 2009

Le budget, une responsabilité individuelle

C’est la Nième étude qui conclut que les jeunes Québécois sont irresponsables en matière de finance personnelle. (Voir le texte d’Yves Therrien ici-bas.)

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer cet état de fait lamentable, mais deux d’entre elles sont particulièrement importantes : le manque d’éducation financière et la déresponsabilisation des individus.

Dans une société moderne, une connaissance minimum des principes fondamentaux d’économie et de finance est aussi nécessaire que les langues et les mathématiques.

Un sondage sur les connaissances financières pratiques de Visa Canada révèle que parler d'argent à la maison prépare mieux les étudiants à l'autonomie financière. Quatre étudiants interrogés sur cinq, qui parlent de planification financière, sont plus susceptibles d'établir et de tenir un budget.Malheureusement, les parents ne sont pas tous outillés pour transmettre ces connaissances à leurs enfants. Malheureusement, les bureaucrates du ministère de l'Éducation n’ont pas jugé utile d’inclure des cours d'éducation en économie et finance dans le curriculum scolaire. C’est à croire qu’ils jugent préférable de maintenir la population dans l’ignorance des rudiments de finance et d’économie.

C’est franchement « couillon »!

L’utilisation d’une carte de crédit est une responsabilité individuelle. Si vous n’en connaissez pas les conditions d’utilisation ou si vous abusez du crédit mis à votre disposition, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même.

Malheureusement, comme c’est souvent le cas au Québec, les trop nombreux organismes de défense des consommateurs véhiculent la notion que les utilisateurs de cartes de crédit ne sont pas responsables de leurs malheurs. Ce sont les émetteurs qui abusent de leur naïveté.

L’Association coopérative d’économie familiale de Québec (ACEF) demande de changer la loi de la protection du consommateur pour encadrer les pratiques de mise en marché des émetteurs de cartes de crédit. En d’autres mots, puisque les jeunes sont trop immatures pour utiliser une carte de crédit de façon responsable il suffirait de les tenir dans l’ignorance pour régler le problème. C’est une attitude « maternante » qui ne contribue en rien à responsabiliser les jeunes.

La Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ), un autre organisme subventionné, reproche aux émetteurs de cartes de crédit de ne pas faire appel à l’intelligence des consommateurs. Ce reproche aux émetteurs de carte insinue que c’est de la faute des émetteurs si les consommateurs abusent du crédit à leur disposition. Une autre belle façon d’encourager la déresponsabilisation des individus.

Enfin, le Groupe de recherche en animation et planification économique (GRAPE) affirme que les jeunes qui obtiennent une carte de crédit pendant leurs études hypothèquent leur avenir. Alors, selon GRAPE, les étudiants sont nécessairement irresponsables et on ne devrait pas leur permettre d’utiliser des cartes de crédit. Encore une fois, comme tous les autres organismes « maternants », le GRAPE insinue que ce sont les émetteurs de cartes de crédit qui sont responsables du comportement irresponsable des consommateurs.

Au Québec, notre plus grand malheur découle du fait qu’il existe des dizaines d’organismes toujours prêts à nous fournir une excuse pour expliquer les déboires que nous nous sommes habituellement infligés volontairement.
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Quand la carte de crédit hypothèque le futur des jeunes
Yves Therrien, Le Soleil, 18 novembre 2009

(Québec) Trois jeunes Québécois sur quatre, dans le groupe d'âge 18 à 29 ans, possèdent une carte de crédit. Un jeune sur quatre s'en sert pour payer l'épicerie. Les jeunes utilisent la carte pour tout, même pour «joindre les deux bouts» du budget.
Ce constat émis par la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) dans sa lutte contre le surendettement montre que les quelque 600 émetteurs de cartes de crédit au pays ne font pratiquement jamais appel à l'intelligence des consommateurs, mais à leurs sentiments, sauf lorsqu'ils disent ou écrivent cette petite phrase : «Utilisez la carte de crédit intelligemment.»
Le reste du temps, la sollicitation sous toutes ses formes joue sur les émotions des clients potentiels en faisant miroiter les possibilités de combler tous leurs désirs en faisant croire qu'il s'agit de besoins.
«C'est un non-sens», affirmaient mercredi matin les représentants du GRAPE (Groupe de recherche en animation et planification économique) et des ACEF (associations coopératives d'économie familiale) de Lévis et de Québec. «Ces jeunes qui obtiennent leur première carte pendant leurs études commencent dans la vie active avec de la monnaie de plastique et un endettement qui hypothèque leurs revenus futurs», poursuit Robert Bilodeau, du GRAPE.
Il n'est pas étonnant que le thème de la campagne de sensibilisation soit «J'en avais tellement besoin, mais là je suis dans la marge jusqu'au cou». Pour rejoindre les jeunes dans leur monde, outre la création du site Web www.danslamargejusquaucou.com, on propose un groupe dans Facebook et une chanson dans un rythme de rap.
Le groupe de jeunes du Centre de formation professionnelle de Limoilou a appris en assistant à la conférence de presse que la moyenne d'endettement était de 4900 $. «Ça serait intéressant d'avoir des cours de budget à l'école, pas des cours sur la Bourse», lance l'une des étudiantes.

Mais ces cours n'existent plus, poursuit M. Bilodeau en écorchant les «savants penseurs du ministère de l'Éducation qui ont laissé ça de côté. Le ministère et les commissions scolaires devraient accorder du temps pour ces informations de base».
La sollicitation omniprésente est l'objet des dénonciations des associations de consommateurs depuis des années, mais la Loi de la protection du consommateur n'a pas encore été changée pour encadrer ce qu'elles qualifient du plus grand facteur de risque d'endettement. «Nous espérons que la révision en cours de la loi répondra à nos attentes», ajoute Nicole Petitclerc, de l'ACEF de Québec.

28 novembre, 2009

Les Fonctionnaires (53/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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..... Savoir fixer les bonnes priorités est un art que seuls les plus habiles et les plus perspicaces arrivent à maîtriser. Une des astuces est de ne jamais fixer d’échéance en fonction du temps requis pour terminer la tâche demandée, mais plutôt en fonction des attentes du patron, des circonstances ou des risques impliqués. Le temps est plus souvent un allié qu’un adversaire du fonctionnaire politiquement habile : il permet à des éléments nouveaux de faire surface, il donne l’occasion de regarder les cho0ses sous d’autres angles, il fait ressortir de nouveaux enjeux et il permet aux divers acteurs d’évoluer et de changer d’idée. Compte tenu du fait que tous tiennent pour acquis que la fonction publique agit avec lenteur et que les délais sont nécessairement longs, il n’est habituellement pas nécessaire de brûler les étapes. Une bonne analyse du contexte, des intervenants concernés et des positions respectives des alliés et des adversaires s’impose avant de fixer les dates cibles pour chaque étape du travail. Il faut, bien sûr, donner l’impression d’agir rapidement, mais la meilleure ligne de conduite est souvent, comme on l’a vu plus haut, dictée par la devise « hâte-toi lentement ». (p. 193-194)

Le chiffre du jour : 96 %

Selon un sondage sur la conduite hivernale de TD Assurance, 96 % des Québécois se disent pour l'obligation des pneus d'hiver sur tous les véhicules. D'ailleurs, 89 % des Québécois affirment que se doter de pneus d'hiver constitue un moyen adéquat pour se préparer à conduire l'hiver.

27 novembre, 2009

La générosité des politiciens est sans borne

Le texte qui suit dévoile que le gouvernement du Québec est de loin la province la plus généreuse avec les entreprises. Il leur a versé plus de 6 milliards en subventions, prêts et aides de toutes sortes en 2007.

C’est probablement plus que ce que le gouvernement récolte en impôts sur les bénéfices et taxes sur le capital. En 2004, selon une étude de la chaire en fiscalité de l’université de Sherbrooke, les entreprises ont versé un peu plus de 5 milliards au trésor québécois.

Pourquoi le gouvernement est-il si généreux avec les entreprises?

Simplement parce qu’il doit compenser l’environnement économique négatif auquel les entreprises québécoises sont astreintes.

Ne serait-il pas plus efficace d’améliorer l’environnement économique et de réduire, voire éliminer, les centaines de programmes d’aide compensatoire?

Bien sûr que oui, mais cela ne sert pas les intérêts des politiciens.

Chaque subvention, prêt et autres formes d’aide génèrent de multiples communiqués de presse exhibant fièrement les photos des députés et ministres impliqués, quand ce n’est pas le premier ministre lui-même. De plus, du point de vue du politicien, l’aide accordé aux entreprises représente autant de dettes politiques qui seront potentiellement remboursées par des contributions au parti.

Les politiciens, comme n’importe quel individu, n’ont pas intérêt à se tirer dans les pieds.

Alors, que pouvons-nous faire?

Il faut réduire les revenus de l’État. Tant que les contribuables accepteront naïvement que les politiciens gèrent leur argent, ceux-ci continueront à dépenser comme si l’argent poussait dans les arbres.
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Six milliards aux entreprises en 2007Agence QMI, 27/11/2009

Le Québec est la province canadienne qui accorde le plus de subventions, prêts et aides de toutes sortes aux entreprises, avec des dons totalisant plus de 6 milliards de dollars pour la seule année 2007.
Une étude de l’Institut Fraser révèle que ce montant équivaut à plus de 1 600 $ pour chaque Québécois.
Ces dons, qualifiés d’«aide sociale», représentent près du triple des subventions que l’Ontario a accordées à ses entreprises pour la même période, soit 2,1 milliards $. L’Alberta a distribué près de 1,2 milliard $ et la Colombie-Britannique, un peu plus d’un milliard $.
«Les Québécois devraient se demander si donner plus de 6 milliards $ aux entreprises est vraiment la meilleure façon d’utiliser l’argent des contribuables», s’interroge Filip Palda, professeur titulaire à l’ENAP et directeur de l’étude.
À l’échelle nationale, sur une facture totale de 19,4 milliards $ en subventions aux entreprises pour 2007, les provinces ont dépensé 11,2 milliards $. Le gouvernement fédéral a accordé près de 5,6 milliards $, tandis que les municipalités ont octroyé 2,6 milliards $.

Le chiffre du jour : 8,0 %

Une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) révèle que le nombre de médecins en exercice au Canada a augmenté à un rythme plus rapide que celui de la population au cours des cinq dernières années. Intitulée Nombre, répartition et migration des médecins canadiens 2008, l'étude révèle que de 2004 à 2008, le nombre de médecins actifs au Canada est passé de 60 612 à 65 440, ce qui représente une augmentation de 8,0 % à l'échelle nationale. Par comparaison, la population canadienne a connu une croissance de 4,3 % au cours de la même période.

26 novembre, 2009

Éducation : la fin des commissions scolaires

Dans le texte qui suit, Reine Côté nous apprend que le lobby de la FCSQ se joint aux syndicats pour dénoncer le financement des écoles privées.

Qu’est-ce qui motive la FCSQ à joindre sa voix à celle des syndicats?

Nous avons le nez collé sur le mur du fiasco des dépenses publiques. Il est évident que le gouvernement n’a plus le choix et doit trouver le moyen de réduire ses dépenses. Les commissions scolaires (CS) ne sont pas à l’abri du couperet, bien au contraire.

Le dos acculé au mur, enfin les politiciens prendront peut-être leurs responsabilités. Le budget du réseau de l’éducation est le plus important programme de dépenses après celui de la santé. Il ne sera pas possible de faire des économies sans une réorganisation majeure du système. Chaque dollar dépensé qui ne contribue pas directement à l’éducation et au soutien des élèves doit être remis en question.

Dans ce contexte, l’élimination des CS, ces monstres bureaucratiques inutiles, voire nuisibles, offrent un moyen facile et rapide de réduire les dépenses.

En politique, la plupart du temps, la meilleure défense est l’attaque. Alors, pour éviter que le débat porte sur le rôle et l’utilité des commissions scolaires, la FCSQ essaye de détourner l’attention vers le dossier du financement des écoles privées.

C’est une mauvaise stratégie. Les écoles privées coûtent 40 % de moins par élève que les écoles publiques. Alors, dans un contexte de réduction des dépenses le gouvernement devra faire plus de place au privé et non l’inverse.

La FCSQ aurait une meilleure chance de survie si elle s’attaquait aux conventions collectives. Leur vétusté, priorité à l’ancienneté, et leur rigidité, nivellement par le bas, empêchent l’amélioration de la qualité et de l’efficacité de l’enseignement.
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Les commissions scolaires veulent un débat
Agence QMI, Reine Côté, 21/11/2009

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) réclame du gouvernement qu’il lance un débat public sur la place et le rôle de l’école privée.
«Un débat qui pourrait prendre la forme d’une commission parlementaire ou par consultation auprès des principaux acteurs du milieu scolaire», affirme la présidente de la FCSQ, Josée Bouchard, qui revient d’une rencontre de deux jours, à Québec, avec tous les présidents des commissions scolaires francophones.
La FCSQ s’oppose à ce que Québec finance les écoles du réseau privé, dont les subventions versées peuvent représenter jusqu’à 60% du budget de l’établissement. Surtout qu’elle constate une remontée des inscriptions au privé depuis quelques années.
Intégrer les élèves en difficultés
Mais l’idée proposée dernièrement par plusieurs voix d’intégrer au privé plus d’élèves handicapés ou en difficultés d’apprentissage a fait bondir la FCSQ.
«La fédération n’est pas contre les écoles privées, mais on ne joue pas à armes égales», souligne la présidente.
La FCSQ s’inquiète que plusieurs voient dans cette formule une solution miracle pour démocratiser l’école privée et la rendre accessible à un plus grand nombre.
Attirer le financement
«Lors de son dernier conseil général, le Parti libéral a même adopté une résolution à l’effet d’ajuster la formule de financement des écoles privées, de manière à ce qu’elles voient un intérêt à intégrer la clientèle à risque et en difficulté d’adaptation et d’apprentissage dans ses effectifs», relate la FCSQ.
Josée Bouchard rappelle que l’intégration des élèves à risques ou en difficultés est également très complexe et peut avoir un impact sur l’organisation scolaire.
En exigeant un débat public, la FCSQ s’attend à être consultée sur les modifications qui pourraient être apportées à l’intégration des élèves ayant des besoins particuliers.
La fédération demande aussi à Québec de cesser de financer les écoles privées.
«Il faut que cette histoire de financement se règle une fois pour toute, conclut Mme Bouchard. Il est temps que le gouvernement tranche et que l’on sache ce que veulent les Québécois sur le financement de l’école publique.»

Le chiffre du jour : 46 %

Quarante-six pour cent des répondants se sont dits optimistes à l'égard de l'économie pour les douze prochains mois, comparativement à 28 % au deuxième trimestre de 2009. Le niveau d'optimisme avait été nettement plus bas auparavant, s'étant établi à 4 % au premier trimestre de cette année et à 2 % au dernier trimestre de 2008. Même s'il a enregistré une forte hausse, le niveau d'optimisme demeure inférieur à celui enregistré aux trois derniers trimestres de 2007 (soit 67 %, 66 % et 63 %).

25 novembre, 2009

Les Fonctionnaires (52/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Il est très fréquent que les gestes ne suivent pas les paroles. Tout comme les politiciens qui dissocient les discours et les actions comme s’il s’agissait de deux univers parallèles, les fonctionnaires ont tendance à proclamer les idées présentement à la mode, mais font en sorte que rien ne change. Ils parleront, par exemple, de la nécessité d’un service personnalisé, mais insisteront pour que tous les clients soient traités également; ils souligneront la nécessité de sang neuf dans la fonction publique, mais ne feront que des nominations à l’interne; ils diront qu’il faut mettre l’accent sur les résultats, mais exigeront le respect de toutes les procédures et de toutes les règles. Les fonctionnaires ne doivent donc pas se fier aux discours, ni à ceux des politiciens ni à ceux des fonctionnaires, pour savoir ce qui est attendu d’eux : ils doivent apprendre à observer les gestes et à limiter les actions, car les modèles de comportement à suivre ne sont pas ceux qui sont proclamés, mais ceux qui sont mis en pratique.

Le chiffre du jour (2) : No 1

Dans le cadre du dévoilement des résultats annuels du balisage auprès de 27 métros dans le monde, réalisé par le Collège impérial de Londres pour l'année 2008, la Société de transport de Montréal (STM) a appris que la performance de son réseau du métro continue de s'améliorer année après année.
En effet, selon M. Richard J. Anderson, directeur du Railway and Transport Strategy Centre, au Collège impérial de Londres, "la STM se distingue de ses pairs à plusieurs égards et ce, malgré le fait que ses voitures de métro soient parmi les plus vieilles au monde. D'une part, la STM se classe en première position en ce qui a trait à la productivité de la main-d'œuvre, qui est la plus élevée en termes de kilomètre-voiture et ce, à de très faibles coûts d'exploitation. D'autre part, le matériel roulant continue d'afficher un bon taux de fiabilité, ce qui permet à la STM de livrer un service de qualité à sa clientèle. Le métro de Montréal est en outre considéré comme dégageant l'une des empreintes de carbone les plus basses au monde. Par contre, la elle doit poursuivre ses efforts pour développer de nouveaux outils d'information à la clientèle en temps réel, pour augmenter ses revenus commerciaux et pour accroître la formation à ses employés."

Le chiffre du jour : 35,5 %

Dans les grandes villes canadiennes, l'indice d'accessibilité de RBC pour un bungalow détaché s'est établi aux niveaux suivants : 66,8 % à Vancouver, 48,6 % à Toronto, 39,2 % à Ottawa, 37,5 % à Montréal et 36,7 % à Calgary.
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L'étalon de référence pour l'indice d'accessibilité à la propriété, que RBC calcule depuis 1985, est fondé sur le montant qu'il en coûte pour posséder un bungalow détaché. D'autres types de propriétés standard sont aussi représentés dans l'indice : la maison de deux étages, la maison en rangée et l'appartement en copropriété. Plus l'indice est élevé, plus il en coûte cher d'acquérir et de détenir la propriété. Ainsi, un indice d'accessibilité de 50 % signifie que les coûts de propriété, y compris les versements hypothécaires, les services publics et les impôts fonciers, absorbent 50 % du revenu mensuel avant impôts d'un ménage type.

24 novembre, 2009

GES : Charest est tombé sur la tête!

Dans le texte qui suit, on apprend que Jean Charest va engager le Québec à réduire de 20 % sous le niveau de 1990 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

Non, mais c’est quoi son problème? Est-il un mégalomane masochiste? Est-il à ce point déconnecté de la réalité économique du Québec?

Le Québec n’est pas exactement la région économique la plus prisée en Amérique du Nord par les entrepreneurs et investisseurs. La liste des négatifs est longue : l’indice de liberté économique est le pire; les lois du travail ont besoin d’un sérieux dépoussiérage; le taux de syndicalisation est le plus élevé; les charges sociales sont aussi les plus élevées; les infrastructures sont en décrépitudes; le régime règlementaire est digne des économies communistes et se détériore; les allégations de corruption fusent; etc.

Mais pour M. Charest, ce n’est pas suffisant. Il faut ajouter à cette longue liste de négatifs celui d’un objectif de réduction des gaz à effet de serre le plus exigeant au monde!

Maintenant, je comprends mieux pourquoi la Caisse a dû s’engager à investir au Québec. Personne d’autre ne voudra le faire.
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GES : Charest fonce avec une nouvelle cible
Olivier Bourque et Michel Munger, Argent, 23 novembre 2009

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, veut aller plus loin que Kyoto. Il donne à la province une cible de réduction ambitieuse de 20% des gaz à effet de serre sous le niveau de 1990 d'ici 2020 et il invite les entreprises à investir à profiter de la mouvance.
À quelques semaines du sommet de Copenhague, M. Charest a fait du rendement énergétique québécois une priorité en prenant la parole devant le Conseil des relations internationales de Montréal.
En mettant la cible à 20% sous le niveau de 1990, il vise l'émission de huit tonnes de gaz à effet de serre par habitant. En Europe, les émissions sont de neuf tonnes par habitant, a rappelé le premier ministre.
Selon Équiterre, cette nouvelle cible va clairement dans le bon sens et s'avère un cas d'espèce en Amérique du Nord.
«C'est très ambitieux comme cible surtout dans un contexte nord-américain. Mais on a senti une souplesse venant du gouvernement et nous allons continuer de pousser pour que la cible passe à 25 %», a souligné Sidney Ribaux d'Équiterre.
Selon le premier ministre, la cible de réduction sera modulée selon les secteurs d'activités économiques en fonction du potentiel de réduction. Le gouvernement cible beaucoup le secteur des transports qui est responsable de 40 % des émissions de GES de la province.
D'ici 2020, Québec devrait annoncer des investissements additionnels importants pour abaisser ces émissions.
Indiquant que le gouvernement investit dans le secteur, Jean Charest a lancé un appel aux entrepreneurs pour qu'ils entrent dans la danse. À son avis, le secteur environnemental permettra de créer des emplois pour une industrie déjà passablement importante.
Selon ses chiffres, le Québec compte 1600 entreprises spécialisées en matière environnementale et 34 000 emplois. De plus, la croissance annuelle des investissements se chiffre à 41%.
M. Charest a rappelé que le secteur industriel québécois a aussi fait beaucoup d'efforts afin de diminuer leur impact environnemental. En 2006, ce secteur avait réduit ses émissions de plus de 7 % par rapport à 1990.

Rappelant que le contrôle des GES peut aller de paire avec le développement économique, le premier ministre a rappellé que pendant la même période, le PIB du Québec avait augmenté de 41 %.
Charest a vanté à nouveau le choix de la filière hydroélectrique du Québec. Près de 50 % du portefeuille énergétique de la province est constitué de sources renouvelables.
«Nous sommes aussi loin devant l'Europe, par exemple, qui souhaite faire passer la part de ses énergies renouvelables de 8 % à 20 % d'ici 2020», a estimé le premier ministre.
Le sommet de Copenhague se tiendra le 15 décembre prochain. M. Charest sera co-président avec le premier ministre de l'Australie du Sud, Mike Rann.

Le chiffre du jour : 67 %

Selon un nouveau sondage commandé par l'Association canadienne des automobilistes (CAA), les automobilistes veulent jouer un rôle de premier plan pour réduire les gaz d'échappement. L'environnement reste au cœur des préoccupations des ménages, et ce, malgré la récession.
Selon le sondage, 56 % des Canadiens croient que la réduction de l'impact environnemental en matière de conduite automobile aurait une grande incidence positive sur l'état de l'environnement en général, et 34 % des répondants déclarent que cela aiderait un peu.
Les résidents du Québec sont encore plus catégoriques; en effet, 67 % d'entre eux affirment qu'un tel geste entraînerait des effets très positifs.

23 novembre, 2009

La Caisse : servir son maître politique

Dans le texte qui suit, David Descôteaux explique pourquoi, la nouvelle orientation de la Caisse, investir dans des entreprises québécoises, est vouée à l’échec.

On peut sortir le bureaucrate de la fonction publique, mais on ne peut sortir la fonction publique du bureaucrate.

Un bureaucrate à succès sait qu’il travaille pour son maître politique (voir l’excellent livre de Jean Lacoursière). Pour lui, les désirs de son maître sont des ordres.

Sachant que les politiciens désirent se servir de la Caisse pour promouvoir leurs intérêts politiques, en bon bureaucrate, Michael Sabia s’empresse d’accéder à leurs souhaits. Il propose d'utiliser les fonds de la Caisse pour investir davantage au Québec.

C’est une invitation à peine cachée à l’ingérence politique. De plus, la Caisse concurrencera la SGF et Investissement Québec à la recherche des rares projets de qualité. Cela risque de faire monter les enchères et de favoriser des projets à plus haut risque.

Les rendements futurs de la Caisse sont voués à la médiocrité. Dans la prochaine décennie, on va revivre des fiascos semblables à l’acquisition de Steinberg, au projet des Papiers Gaspésia, à l’achat de Vidéotron, à Montréal Mode, et bien d’autres.

Moi, je préfère qu’on me rembourse les fonds que j’ai été forcé d’investir dans la Caisse. Cet argent m'appartient.

D’expérience, je sais que je peux faire mieux qu’un bureaucrate dont la priorité est de servir son maître politique.
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La Caisse fera-t-elle les séries?

Métro Montréal, p. 46 / David Descôteaux, 19 novembre 2009

Imaginez: Bob Gainey échange Tomas Plekanec et Mike Cammalleri, et les remplace par Simon Tremblay et Louis Landry. Vous connaissez peu ces deux joueurs – ils jouent pour l’instant dans la Ligue américaine. Mais on dit qu’ils ont beaucoup de potentiel. En plus, ils sont Québécois. Le CH encourage le talent d’ici. Quoi de mieux?
Question: Pensez-vous que le Canadien se qualifierait pour les séries éliminatoires? C’est pourtant le plan de match de la Caisse de dépôt et placement, l’institution qui gère notre fonds de pension. La Caisse prépare un «plan d’investissement et de soutien financier à l’intention des entreprises québécoises». Traduction: la Caisse va investir l’argent de votre retraite dans des entreprises québécoises plutôt que dans des entreprises américaines ou européennes, même si ces dernières offrent un meilleur rendement. Raison évoquée: la Caisse connaît mieux le Québec que ces contrées étrangères. Et comme elle emploie seulement 236 spécialistes en placement…
La Caisse de dépôt gère les cotisations à la RRQ, que l’État prélève sur votre paie. Sa mission n’est pas de faire de la politique, ni du développement économique. Sa mission consiste à obtenir le meilleur rendement pour vos épargnes. Afin que vous ayez de quoi vivre pendant vos vieux jours.
Au hockey comme dans les placements, quand vous réduisez le bassin de joueurs disponibles, votre rendement en souffre. On peut toujours tomber sur un Vincent Lecavalier. Mais dans une province de sept millions d’habitants, ils se font rares. Côté rendement, la Caisse peine déjà – elle a perdu 40 G$ l’an dernier. Et comme l’économie piétine, il faudra fouiller creux pour trouver de bons placements. Pourquoi nous tirer dans le pied en limitant nos choix?
Surtout, Québec donne chaque année plus de 5 G$ en subventions directes et indirectes aux entreprises (1 300 $ de vos impôts, cher lecteur). Il existe 1 800 programmes de subventions. La Société générale de financement et Investissement Québec dépensent – et perdent souvent – des milliards à subventionner des entreprises. Ajouter à cela les généreux crédits d’impôt accordés au Fonds de solidarité FTQ. Faut-il en plus leur prêter nos fonds de retraite?
Si les politiciens et les gestionnaires de la Caisse veulent favoriser certaines entreprises, ils peuvent y investir leur propre argent. Ils peuvent aussi nous laisser gérer nous-mêmes les cotisations que nous versons à la RRQ. Nous pourrons placer cet argent chez un gestionnaire de notre choix et le congédier s’il fait passer ses intérêts avant les nôtres.
Car avec leur plan de match, notre fonds de pension risque de rater les séries éliminatoires.
David Descôteaux est économiste à l'Institut économique de Montréal.

Le chiffre du jour (2) : 28 000 $

Le régime de gestion de l'offre a encore d'autres effets : une répartition inéquitable des profits du fait que les acheteurs de produits laitiers paient plus et subventionnent en quelque sorte les producteurs de lait; un désavantage infligé à tous ceux qui voudraient se lancer dans la production laitière, étant donné qu'il en coûte environ 28 000 $ rien que pour obtenir le droit de vendre le lait de plus ou moins une vache; et une atteinte à la compétitivité internationale de nombreux transformateurs de produits laitiers.

Le chiffre du jour : 89 %

RBC Dexia Services aux Investisseurs a indiqué aujourd'hui que 89 % des promoteurs canadiens de régimes de retraite à prestations déterminées croient que le système canadien actuel de régimes de retraite est soit mal positionné, soit en position très moyenne quant à l'avenir.

22 novembre, 2009

L’injustice des réserves fractionnaires

André Dorais

Pour les tenants de l’École autrichienne, la dernière crise économique, comme pour la plupart de celles enregistrées au 20e siècle, est due principalement à l’inflation via le crédit bancaire. Au contraire, pour la plupart des autres économistes l’inflation monétaire est ce qui permettra de sortir de la crise. L’inflation via le crédit bancaire est possible grâce à la politique des réserves fractionnaires, soit un processus qui permet aux banques de prêter plus d’argent qu’elles en ont de disponible dans leurs coffres. Bien que ce processus soit plusieurs fois centenaire, il s’est généralisé au 19e siècle.

À l’époque, au Royaume-Uni, l’or, l’argent métallique et les billets gouvernementaux étaient utilisés comme monnaie. On retrouvait aussi d’autres pièces métalliques, mais celles-ci étaient généralement de moindre valeur. Les billets servaient principalement de substituts aux monnaies métalliques de grande valeur, soit les lingots d’or et d’argent. Principalement mais non entièrement, car déjà à l’époque le gouvernement imprimait davantage de billets qu’il y avait de monnaie métallique en circulation. Dit de manière plus précise, le gouvernement mettait en circulation des billets d’une valeur nominale plus élevée que celle attribuable aux dites monnaies métalliques. Cette information était peu connue du public, de sorte que celui-ci attribuait la même valeur aux substituts (billets) qu’à la monnaie métallique.

La proportion de monnaie métallique (précieuse) par rapport aux billets a diminuée progressivement avec le temps pour complètement disparaître au 20e siècle. Il faut remonter au 17e siècle pour identifier la dernière grande banque honnête, c’est-à-dire une banque qui n’émettait pas plus de substituts qu’elle avait de monnaie métallique dans ses coffres. La banque d’Amsterdam a été profitable plus de cent ans en agissant de cette façon avant de céder aux sirènes de l’argent facile que procure le processus des réserves fractionnaires.

La mécanique des réserves fractionnaires au 19e siècle

Lorsque l’épargnant dépose son or ou son argent de métal à la banque, c’est avant tout pour le mettre en sécurité. Il ne lui prête pas son argent, il l’entrepose en un lieu qu’il juge sécuritaire. Non seulement il n’en reçoit pas d’intérêt, mais il doit payer pour ce service. Il reçoit un intérêt monétaire de son épargne uniquement s’il précise à la banque qu’il s’agit d’un prêt ou d’un investissement. Le dépôt est sous-entendu par l’épargnant comme étant une quête de sécurité, par conséquent il doit être distingué du dépôt comme prêt.

Malheureusement, quelques banquiers, agissant la plupart du temps avec la complicité du gouvernement, émettent plus de substituts qu’il y a de monnaie métallique dans leurs coffres. Il y a inflation du crédit bancaire, c’est-à-dire que les banques offrent plus de prêts qu’il y a d’épargne accumulée. En d’autres mots, les banques offrent de fausses promesses de payer. C’est évidemment illégitime et toujours illégal à l’époque dans plusieurs parties du monde.

Bien que la monnaie métallique soit indéniablement supérieure aux autres formes de monnaie rencontrées jusqu’alors, les substituts de papier sont encore plus faciles à manier. Plusieurs individus les utilisent pour cette raison, mais plusieurs autres les utilisent parce qu’ils soupçonnent le gouvernement d’en avoir trop imprimer, ce qui tend à en réduire la valeur relativement à la monnaie métallique. Vaut mieux se débarrasser au plus vite d’une monnaie qui ne vaut rien et garder celle qui a de la valeur en sécurité, se disent-ils. Leur raisonnement est bon jusqu’au jour où ils réalisent que leur monnaie précieuse n’était pas en sécurité, ce qui les conduit à entamer des procédures judiciaires contre les banquiers.

Ceux-ci se défendent en évoquant les risques inhérents au domaine bancaire. Ils rappellent à la cour qu’un épargnant qui prête son argent aux banques est responsable des risques encourus. Autrement dit, ils tentent d’induire la cour en erreur. Plutôt que de lui avouer qu’il s’agit d’un geste délibéré pour soutirer le fric des épargnants, ils tentent de lui faire croire qu’il s’agit uniquement d’une erreur humaine, à savoir leur incapacité à gérer l’or des épargnants qui leur a été confié. Qu’a été le verdict de la cour?

En 1811, en Angleterre, Sir William Grant, dans l’affaire Carr vs Carr, conclut que si la monnaie déposée à la banque n’est pas identifiée au porteur, alors elle appartient à celle-ci. En d’autres mots, si les épargnants confient leur or à la banque sans exiger d’elle que celui-ci soit séparé des autres dépôts, alors le dépôt d’or est considéré comme un prêt à la banque. Cet arrêt, bien qu’erroné en raison et en droit, sanctionne l’inflation via le crédit bancaire et fait jurisprudence partout dans le monde.

Ce jugement, complètement erroné, n’a jamais été renversé depuis. Il confond deux difficultés, à savoir celle de différencier une somme d’argent d’une autre similaire avec celle d’en identifier les propriétaires. Or, qu’une somme d’argent ne soit pas distinguée d’une autre somme égale parce qu’elles sont toutes deux de même valeur ne répond pas au problème soulevé, à savoir qui en est le propriétaire. L’individu qui dépose son argent à la banque dans le but de le mettre en sécurité en est toujours le propriétaire. C’est uniquement lorsqu’il lui prête son argent qu’il lui transfère son titre de propriété.

D’une injustice à l’autre

Plutôt que de chercher à corriger cette erreur les gouvernements se sont employés à éliminer toute trace de monnaie métallique. Il s’agit d’une grave injustice lorsqu’on réalise que cette monnaie s’est établie de façon volontaire à travers les siècles parce que les gens lui attribuaient une valeur autre que celle strictement monétaire. C’est, en effet, parce que les gens attribuaient une valeur aux bijoux et aux différents articles composés de ces métaux qu’ils ont décidé de les utiliser également comme monnaie. Parmi ses qualités répertoriées, on note la difficulté à la déprécier, en autres raisons, parce qu’elle se trouve en quantité limitée. Ce sont les substituts gouvernementaux qui l’ont tuée.

Étant donné que les hommes de l’État n’aiment pas être limités et qu’ils se croient supérieurs à la population qu’ils dirigent, ils décident que les billets ont dorénavant la valeur qu’ils décrètent. Fort en gueule, ils prétendent garantir à la population la sécurité des dépôts qu’elle effectue. Or, tout ce qu’ils peuvent garantir est la somme nominale des billets. Lorsqu’on peut reproduire un objet à l’infini sa valeur tend à se déprécier. Cette loi économique s’applique aussi à la monnaie. En la produisant à volonté, l’État, via sa banque centrale, rembourse les épargnants avec des billets de même valeur nominale, mais ceux-ci n’achètent plus qu’une fraction de ce qu’ils pouvaient acheter au moment du dépôt.

Le type de monnaie utilisé aujourd’hui rend désuète la distinction autrefois établie entre le dépôt et le prêt en transformant la garantie de sécurité qui peut en être donnée. En effet, lorsque autrefois on déposait son or à la banque, c’était essentiellement pour le mettre en sécurité physique, tandis que lorsqu’on effectue un dépôt aujourd’hui, par l’entremise de billets ou de transfert de titres, c’est davantage pour les services qu’on en retire : payer ses comptes, recevoir son chèque de paie, etc. La monnaie, exception faite des billets qui constituent une infime partie de la masse monétaire, est essentiellement virtuelle, par conséquent il n’y a pas vraiment lieu de la placer dans un coffre-fort. On souhaite surtout en préserver le pouvoir d’achat, mais malheureusement, avec ce type de monnaie, cela n’est pas sous le contrôle de l’individu.

Pour obtenir un certain contrôle sur le pouvoir d’achat, l’homme libre avait choisi l’or et l’argent de métal, car ils sont difficiles à reproduire. Les gouvernements lui ont enlevé ce pouvoir. Ils prétendent avoir comblé ce besoin en établissant la Société d’assurance dépôts, mais celle-ci ne garantit aucunement le pouvoir d’achat. Tout ce qu’elle fait est de remettre aux épargnants de nouveaux billets dont le pouvoir d’achat est réduit.

La Société d’assurance-dépôts du Canada, ou ses équivalents dans le monde, est incapable de garantir le pouvoir d’achat, d’abord parce qu’elle n’a pas les fonds pour ce faire, ensuite et surtout, parce qu’elle n’a aucun contrôle sur ce pouvoir. Celui-ci appartient à la banque centrale. À titre d’exemple, la FDIC (société d’assurance dépôts américaine) est déjà dans le rouge et elle songe à utiliser la ligne de crédit offerte par le gouvernement. À mon avis, non seulement elle l’utilisera, mais le gouvernement américain va l’augmenter. Cela signifie que les pertes des épargnants seront remboursées par les contribuables. Au moment d’écrire ces lignes le nombre de banque ayant déclaré faillite pour l'année en cours dépasse la centaine. En somme, la garantie offerte par ladite société est bidon, car elle repose en dernier lieu sur le pouvoir inflationniste illimité de l’État.

Il y a des limites à prendre les gens pour des imbéciles. S’ils décident de retirer en masse leur argent des institutions financières pour le convertir en quelque chose de plus précieux, alors elles feront faillites et entraîneront probablement avec elles dans leur chute quelques gouvernements. La pauvreté et l’injustice que ce système engendre seront alors frappantes. Si, dans ces circonstances, les gouvernements persistent néanmoins à le maintenir en infligeant aux gens, déjà appauvris, d’autres taxes et impôts, Dieu seul sait ce qui adviendra..

La politique des réserves fractionnaires est foncièrement injuste, car elle a pour but de s’arroger la propriété d’autrui à leur insu. Les autorités prétendent qu’il ne s’agit pas d’appropriation puisqu’elles remettent aux propriétaires, sur demande, la même valeur nominale. Le problème est que ce n’est pas la valeur nominale qui compte, mais la valeur réelle, soit le pouvoir d’achat de l’argent. À cela elles répondent que le pouvoir d’achat est maintenu en montrant à la population des mesures complexes d’inflation. Or, celles-ci ont beau être compliquées, elles ne demeurent pas moins arbitraires et non scientifiques. Malheureusement, elles ont l’appui d’une majorité d’économistes et comme la plupart des journalistes semblent tout aussi incapables de les remettre en question, alors la majorité de la population n’y voit que du feu et l’injustice court.

L’utilisation d’une monnaie reproductible à volonté ne constitue pas une qualité, mais un défaut du système monétaire. Dans le but de l’améliorer non seulement doit-on revenir à une monnaie métallique, mais on doit condamner et la politique des réserves fractionnaires et les banques centrales qui cherchent à la maintenir par tous les moyens. La pire solution qui pourrait être mise de l’avant pour résoudre la crise actuelle serait l’avènement d’une banque centrale mondiale, car cela équivaudrait à remettre le contrôle de l’inflation à une poignée d’individus. Or, la justice n’exige pas une plus grande concentration des pouvoirs. Au contraire, considérant que cette concentration soit déjà trop élevée et à la source de la crise, la justice devrait en exiger moins, beaucoup moins. Saura-t-on le reconnaître à temps?

21 novembre, 2009

Vaccination : quel contraste!

Pendant que les Québécois forment des queues à la soviétique dans l’espoir de recevoir le vaccin de la grippe AH1N1, les Américains font tranquillement leur magasinage des fêtes et en profitent pour se faire vacciner. (Voir le texte qui suit.)

Comment peut-on expliquer une telle différence?

On a vraiment l’impression que les politiciens et bureaucrates du Québec font tout en leur pouvoir pour rendre les services de santé le plus pénible possible. Est-ce pour contrôler les coûts? Est-ce par sadisme? Est-ce qu’ils croient qu’en nous rendant la vie impossible on va les apprécier davantage? Est-ce parce que nous osons dénoncer leurs inepties et ils se vengent?

Je ne connais pas la réponse, mais ils sont particulièrement habiles pour nous faire souffrir et pas seulement en santé.
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Les Américains peuvent se faire vacciner chez Wal-MartAndré Duchesne, cyberpresse, le 18 novembre 2009

Magasinez vos produits ménagers, vos vêtements, vos cadeaux de Noël tout en allant vous faire vacciner.
Aux États-Unis, les Américains peuvent en effet se faire vacciner dans l’une ou l’autre des cliniques d’immunisation Mollen basées dans les magasins Wal-Mart.
Le géant du détail avait annoncé ses couleurs dans le domaine dès l’été dernier, ce qui avait provoqué une levée de boucliers, tant chez les personnes opposées à la vaccination que celles dénonçant les pratiques commerciales et d’emploi de l’entreprise.
Encore ce matin, un média de l’Ohio annonçait que les résidants de Dayton pourraient se faire vacciner dans les magasins Wal-Mart de la région moyennant une somme de 15 $.
Depuis hier, à Dallas (Texas), les gens peuvent se faire vacciner dans une centaine de magasins, dont les pharmacies Dougherty’s et Walgreen. Coût de l’opération : entre 10 $ et 20 $.

20 novembre, 2009

CorruptionZÉRO : une excellente initiative

J'encourage tous les lecteurs du magazine à signer la pétition en ligne de CorruptionZÉRO.

Santé : en quinze ans les temps d’attente ont triplés!


En santé, comme dans tous les monopoles gouvernementaux, plus ça coûte cher moins il y a de services. Les politiciens et les bureaucrates sont trop occupés à se distribuer les budgets additionnels pour se préoccuper des services offerts à la population. C’est la loi de Gammon à l’oeuvre.

L’étude de l’Institut Fraser concernant les listes d’attente dans les hôpitaux québécois prouve une fois de plus la véracité de cette loi. En effet, comment pourrait-on justifier autrement le fait que les temps d’attente pour être soigné au Québec ont augmenté de 166 % entre 1993 et 2007.

Les contribuables paient de plus en plus cher pour des services de santé de plus en plus pourris. Au sein de l’OCDE il y a au moins sept pays qui dépensent à peu près la même chose que le Québec pour offrir des soins de santé universels et gratuits à leur population, mais où il n’y a pas de listes d’attente : l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, le Japon, le Luxembourg et la Suisse.

À la différence du Québec, dans ces pays le privé concurrence le public et les patients sont libres de choisir l’institution où ils désirent être soignées. De plus, ils doivent défrayer une partie des coûts ce qui, sans être discriminatoire, évite les abus les plus fréquents.

Le fait que les temps d’attente aient plus que doublés en moins de quinze démontre éloquemment la contre performance du système de santé québécois et l’urgence de mettre un terme au monopole d’État.

(Source : Institut Fraser)

Le chiffre du jour : 183,1 milliards

Selon les nouvelles données publiées aujourd'hui par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), les dépenses de santé au Canada devraient atteindre 183,1 milliards de dollars en 2009, une augmentation estimée à 9,5 milliards de dollars, ou 5,5 %, par rapport à 2008. Il s'agit d'une hausse prévue de 241 $ par Canadien, ce qui porterait le total des dépenses de santé par habitant à 5 452 $ cette année. Ces données proviennent du rapport de l'ICIS intitulé Tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2009, la source d'information la plus complète au Canada sur la répartition des dépenses de santé au pays.

18 novembre, 2009

Subventions : le simplisme de Bernard Landry

Bernard Landry, un interventionniste chronique, a profité de son passage au Sommet international du jeu de Montréal pour se « péter » les bretelles. Il a soutenu que le programme de subventions accordées à l’industrie du jeu, alors qu’il était ministre des Finances et du Développement économique, a été un franc succès.

Il argumente que l’industrie compte 7 000 travailleurs bien rémunérés. De plus, il prétend que les impôts payés par ceux-ci permettent au gouvernement de récupérer les crédits d’impôt accordés aux entreprises en moins de cinq ans.

C’est un raisonnement digne d’un politicien. Son argument découle de l’hypothèse que sans ce programme il n’y aurait pas eu de création d’emploi!

C’est d’un simplisme ahurissant! Je ne me permets pas de traiter Bernard Landry de « simple ». Au contraire, c’est un homme fort intelligent. Malheureusement, il utilise son intelligence pour manipuler la population, comme seuls les politiciens savent le faire.

Comment peut-il prétendre une telle chose, alors que les programmes de subventions sont le dernier critère considéré par les investisseurs? Le degré de liberté économique, la disponibilité d’une main-d'oeuvre qualifiée, la qualité des infrastructures, la stabilité politique, les lois du travail, la qualité de vie, sont tous des critères plus importants que les subventions dans le choix d’une région où investir. Au mieux, les subventions représentent la « cerise sur le gâteau ». Au pire, elles ne sont même pas considérées dans la prise de décision.

Si les argents payés en subventions à l’industrie du jeu avaient été investis à l’amélioration des infrastructures en décrépitude de Montréal ou à l’amélioration de la qualité des universités ou à la réduction des impôts des entreprises, qui sait, 15 000 emplois bien rémunérés auraient peut-être été créés.

Malheureusement, personne ne semble se soucier d’évaluer objectivement la performance des trop nombreux programmes de subvention du gouvernement.

En politique, il est sage de ne pas poser de questions si on craint que la réponse nous soit défavorable.
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La politique du jeu vidéo, un vif succès selon Landry16 novembre 2009

LA PRESSE CANADIENNE

La politique des crédits d'impôt a été un vif succès dans le domaine des jeux vidéo et a permis au Québec de devenir l'un des leaders mondiaux dans ce secteur, soutient Bernard Landry.
L'ancien premier ministre péquiste qui a instauré ces crédits d'impôt était l'invité lundi, à titre de conférencier, du Sommet international du jeu de Montréal.
M. Landry a souligné que cette industrie compte aujourd'hui 7000 travailleurs qui sont bien rémunérés, avec des salaires de 60 000 $, a-t-il souligné.
Et le gouvernement récupère en moins de cinq ans les crédits d'impôt qu'il offre aux entreprises de ce secteur, grâce aux impôts payés par ces hauts salariés, a relevé celui qui était à l'époque ministre des Finances et du Développement économique.
M. Landry s'est rappelé, sourire en coin, qu'il avait été critiqué par les libéraux, à l'époque où il avait instauré ces crédits d'impôt pour attirer de grandes entreprises comme Ubisoft.

Le chiffre du jour : 34 %


17 novembre, 2009

Frais de stationnement : comment berner le système!

Le 26 août dernier, le magazine nagg publiait le texte « Frais de stationnement : quelle bonne idée! » Le texte suggérait : Lorsqu’on quitte notre stationnement et qu’il reste du temps dans le parcomètre, il suffit d’accrocher son reçu au parcomètre tel qu’indiqué sur la photo ci- jointe. Ainsi, le prochain automobiliste pourra reprendre le reçu et profiter du temps de stationnement résiduel, le cas échéant.
Le texte qui suit confirme que le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. Je ne peux que m’en féliciter.
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Des parcomètres «Payez au suivant»?Jean Nicolas Aubé, Agence QMI, 17/11/2009

Frustrés par le fait que les nouvelles bornes de parcomètres n’indiquent pas le temps résiduel laissé par l’usager précédent, des automobilistes montréalais ont développé un nouveau système, tout à fait légal et gratuit, afin de contourner cet irritant.
L’initiative, qui est d’une simplicité déconcertante, ne relève d'aucun organisme en particulier.
Elle consiste simplement à glisser son ticket de stationnement à l’intérieur de la borne de parcomètre au moment de son départ, laissant ainsi savoir au prochain utilisateur le temps restant sur l’espace de stationnement.
Jusqu’à maintenant, il était impossible de savoir pour un automobiliste, à moins d’être stationné devant l’un des rares parcomètres d’origine de la ville, s’il restait du temps pour son espace de stationnement.
Bien que le phénomène soit relativement nouveau, il compte déjà son lot de disciples. Il suffit d’ailleurs de marcher au centre-ville pour constater que l’idée fait tranquillement son bout de chemin chez les montréalais.
On retrouve même des forums de discussion sur la toile à ce sujet, où les automobilistes se réjouissent de ce nouveau moyen d’éviter de nourrir les gourmandes bornes de stationnement.
Au courant de la chose
Contactée à cet effet, Bérangère Thériault, la responsable des communications à Stationnement Montréal, a confié à 24H être «au courant» de ce phénomène.
«Ce n’est pas nouveau. On a eu écho de cette chose là. C’est quand même marginal. C’est pas un phénomène que l’on voit couramment.», explique la porte-parole.
Questionnée à savoir si cette nouvelle tendance agaçait Stationnement Montréal, Mme. Thériault s’est limitée à dire qu’«on a pas de chiffres, les gens qui sont au courant de la situation n’ont pas de données précises. Ce n’est pas un phénomène important à un point que l’on vienne à étudier la question».
La ville de Montréal compte en ce moment quelque 16 000 parcomètres qui ont rapporté en 2008 près de 50 millions $.

Le chiffre du jour (3) : 24,2 %

"Cette étude constate que l'absentéisme s'est accru au cours des cinq dernières années au CHRTR. Il n'y a rien de surprenant, car le nombre moyen de jours d'absence par travailleuse est passé de 18,6 % en 2003-2004 à 24,2 % en 2007-2008, soit une augmentation de 30,6 %. Le taux d'absentéisme chez les infirmières du CHRTR est supérieur à celui observé lors de l'enquête réalisée en 2005 auprès des infirmières canadiennes. Il y a des questions à se poser", affirme la présidente de la FSQ-CSQ.

(NDLR : En effet, il est temps de se poser les vrais questions: Quand va-t-on abolir le monopole bureaucratique du ministère de la Santé? Va-t-on un jour mettre un terme au rôle fossilisant des syndicats? On est plus en 1950!)

Le chiffre du jour (2) : 13 %

Au sujet des défis les plus pressants auxquels font face les villes :

  • Trois citadins sur dix (26 %) indiquent la situation économique (par exemple, manque d'emplois ou faible croissance économique); le taux est de 37 % dans les villes de l'Ontario et 38% dans les villes du Canada Atlantique. Seulement 13 % des citadins du Québec estiment que la question économique figure parmi les défis les plus pressants.

  • 24 % indiquent la question du transport (par exemple, état du transport en commun, embouteillages ou mauvais état des routes); 31 % en Colombie-Britannique et en Alberta comparé à 17 % dans les villes du Canada atlantique.

  • 15 % indiquent la criminalité et la violence (43 % dans les villes du Manitoba et 9 % dans les villes du Québec).

(NDLR : trois fois moins de Québécois s'intéresse aux questions économiques!!!)

Le chiffre du jour : 50 %

Les trois principales priorités financières citées par les Canadiens sont : épargner en vue de la retraite (50 %), acheter une propriété (47 %) et effectuer des versements périodiques en vue de réduire ou de régler leurs dettes (41 %). Toutefois, ce ne sont pas tous les Canadiens qui affectent leurs revenus conformément à leurs priorités, selon le sondage RBC sur les priorités financières.
Près de la moitié des Canadiens pour qui l'achat d'une propriété constitue une priorité (47 %) n'épargnent pas en vue d'atteindre cet objectif. De plus, quatre Canadiens sur dix pour qui l'épargne-retraite est une priorité sont dans la même situation. Les Canadiens réussissent mieux à réduire leurs dettes ; en effet, 80 % d'entre eux ont réalisé des progrès à ce chapitre.

16 novembre, 2009

Les Fonctionnaires (51/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les discussions sur les valeurs et l’éthique prennent beaucoup de place dans la fonction publique. Les valeurs sont des principes d’action qui guident les façons de se comporter et d’effectuer son travail. C’est ainsi que la justice, l’intégrité et le respect de la loi, pour n’en mentionner que quelques unes, sont présentés comme des valeurs fondamentales.

L’éthique désigne les règles morales qui régissent la conduite des individus. Elle s’apparente à la déontologie qui est l’ensemble des devoirs d’un membre d’une profession. C’est ainsi qu’on parle de code d’éthique ou de code de déontologie pour signifier les principes moraux qui devraient inspirer les comportements des fonctionnaires.

Pour les adeptes des jeux politiques, les valeurs et l’éthique ne sont cependant que des principes que l’on proclame sans qu’on se sente obligé de les appliquer. À l’image de la vertu, on en parle beaucoup, mais on ne met pas toujours en pratique ce qu’on dit. La franchise et la transparence sont de belles qualités, mais ne sont nécessairement celles qui aident à l’emporter sur les adversaires. La devise des combinards est : Good guys finish last, phrase qu’on peut traduire par « les honnêtes hommes sont toujours perdants ». Pour eux, s’imposer des règles morales est l’équivalent d’aller à la guerre en gentlemen.
(p. 188-189)

Le chiffre du jour : 17,9 %

Les femmes craignent de plus en plus (augmentation de 17,9 % depuis le 30 juin) de ne pas être en mesure de surmonter les changements survenant au sein de la conjoncture économique canadienne. C'est du moins ce qu'indiquent les derniers résultats trimestriels de l'Indice de santé financière Russell(MC) (ISFR). Ce dernier est un calculateur en ligne qui évalue comment les investisseurs canadiens perçoivent leur santé financière d'ensemble.

15 novembre, 2009

La dette, il faut prendre le « taureau par les cornes »

Existe-t-il une solution au défi de la dette publique du Québec?

D’un côté, soixante-cinq pour cent de la population refusent toute augmentation du taux de fiscalité ou des tarifs. De l’autre les politiciens semblent incapables de contrôler l’augmentation des coûts des programmes gouvernementaux. Donc, la situation semble sans issue.

Quels sont les principaux problèmes auxquels nous sommes confrontés?

Primo, une dette qui est devenue un véritable boulet. Les coûts de la dette équivalent au budget du ministère de l’Éducation. De plus, les taux d’intérêt vont certainement augmenter dans un avenir rapproché, ce qui n’arrange rien. Une augmentation de 1 % des taux d’intérêt ajoutera près de 2 milliards par année aux dépenses de l’État. Nous n’avons d’autres choix que celui de rembourser cette dette et le plus tôt sera le mieux.

Secundo, les coûts du système de santé croient presque deux fois plus rapidement que l’indice des prix à la consommation. À ce rythme, la santé bouffera tout le budget de la province dans moins de vingt ans. Il faut donc trouver le moyen d’augmenter la productivité du système tout en améliorant la qualité des services.

Tertio, le système d’éducation est en crise. Les élèves obtiennent leur diplôme du secondaire sans même connaître les rudiments du français et sont souvent illettrés en mathématique. Encore pires, plus du tiers des garçons abandonnent l’école avant la fin du secondaire. Dans ces conditions, le Québec sera incapable de s’intégrer à l’économie du futur.

Malgré tout, la situation n’est peut-être pas désespérée.

Je propose que le gouvernement vende les hôpitaux et les écoles pour rembourser la dette. Ce plan offre de nombreux avantages :

  • Il permet de ramasser des fonds pour rembourser une partie de la dette. La réduction des frais d’intérêt permettra de réduire d’autant les déficits anticipés;
  • Les hôpitaux et les écoles privatisés seront en concurrence entre elles et avec ceux et celles qui demeureront publics. Il est reconnu par la plupart des économistes que la concurrence est le meilleur moyen d’améliorer l’efficacité des organismes et la qualité des services;
  • La privatisation des hôpitaux et des écoles permettra de réduire considérablement l’immense bureaucratie gouvernementale. Les économies contribueront à la réduction des déficits anticipés;
  • Cette proposition séparerait clairement les rôles du gouvernement de ceux des fournisseurs de service. Les politiciens et les bureaucrates pourront ainsi se consacrer entièrement à l’élaboration des normes et à leur application. L’entreprise privée, disciplinée par la concurrence, fournira à la population des services au meilleur rapport qualité/prix.
Bien sûr, il existe de nombreux obstacles à la réalisation de ce plan. Les trois principaux sont :

  • Depuis plusieurs décennies, les groupes d’intérêt (syndicats, regroupements d’entreprises, ordres professionnels, de multiples regroupements subventionnés, etc.) ont le sentiment que c’est eux qui dirigent le Québec. Il ne sera pas facile de les convaincre du contraire;
  • Le soutien de la grande majorité de l’opinion publique sera essentiel au succès de l’entreprise. Depuis l’arrivée au pouvoir du PLQ en 2003, les groupes d’intérêt ont remporté haut la main toutes les confrontations dont l’issue dépendait du soutien populaire. Le gouvernement saura-t-il convaincre la population?
  • Les syndicats et les groupes sociaux vont descendre dans la rue et les dérapages risquent d’être importants et nombreux. Le PLQ a la réputation de reculer dès que les choses se corsent le moindrement. Les politiciens auront-ils le courage de faire « face à la musique »?
Donc, à priori, les politiciens présentement au pouvoir semblent incapables de relever un tel défi.

Toutefois, la situation de crise économique que nous vivons change passablement la donne. Elle offre aux Québécois une opportunité de s'améliorer.

Saurons-nous en profiter?

14 novembre, 2009

Infrastructures et dépassement des coûts sont des synonymes

Décidément, c’est une habitude.au Québec. Entre le moment de l’annonce d’un projet d’infrastructure et la fin de la planification, le coût double. Le projet d’expansion des trains de banlieue (voir le texte qui suit) est le dernier d’une longue liste :
  • le remplacement des voitures de métro;
  • la construction du CHUM et du CUSM;
  • la reconstruction du boulevard Notre-Dame;
  • le remplacement de l’échangeur Turcot;
.... pour ne citer que les plus importants projets en voie de réalisation.

À quoi peut-on attribuer ce phénomène? À l’incompétence des fonctionnaires? À l’ingérence des politiciens dans le processus d’évaluation initial?

Ou serait-ce que les évaluations des fonctionnaires sont justes, mais qu’il faut augmenter les évaluations en cours de planification pour tenir compte du fait que tout ce qui touche la construction coûte plus cher au Québec qu’ailleurs?

Que propose le gouvernement pour régler ce problème? Une agence des infrastructures, Infrastructure Québec. Cette agence sera gérée par les mêmes fonctionnaires, soumise aux mêmes ingérences politiques, dépendante des mêmes firmes d’ingénieurs-conseils et des mêmes entrepreneurs mafieux et assujettie au même monopole syndical, la FTQ.

Donc, le seul changement est l’ajout d’une nouvelle couche de fonctionnaires et les coûts des projets augmenteront proportionnellement.

Une commission d’enquête publique serait beaucoup plus efficace qu’une nouvelle couche de fonctionnaires pour contrôler l’escalade des coûts des projets d’infrastructure. Cela permettrait de ralentir pendant un certain temps le phénomène de collusion « syndicats-entrepreneurs-gouvernements ».

Les grands médias ont fait un excellent travail d’enquête et de dénonciation, mais depuis plus rien. De quoi donner raison à Jean Charest. Son refus d’instituer une commission d’enquête publique sera dénoncé par les médias pendant quelques semaines seulement. Par contre, une enquête publique risque d’écorcher le PLQ pendant des mois, voire des années.
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La facture estimée double pour les grands projets de l'AMT
11 novembre 2009

Jean Nicolas Aubé, Agence QMI
En raison d’une nouvelle méthodologie de calcul imposée par Québec, le coût estimé de la majorité des grands projets de modernisation du système de trains de banlieue de la métropole a plus que doublé au cours de la dernière année, atteignant désormais presque le milliard de dollars selon La Presse.
Citant des données issues du plan d’immobilisation préliminaire 2010- 2012 (PIT) de l’Agence métropolitaine de transports (AMT), le quotidien avance que le coût de la dizaine de grands projets en cours d’autorisation a enregistré des augmentations variant de 30% à 438% selon les cas.
Au total, cela signifie que ces projets, qui étaient au départ estimés à 442,8 millions $, atteignent maintenant 921,2 millions $.
Au titres des augmentations les plus importantes, on présente par exemple le cas de la gare intermodale Lucien-Lallier dont les coûts estimés passent de 40 millions $ à 215 millions $.
L’autre augmentation majeure contenue dans le PIT concerne le projet de connexion de la ligne Blainville/ Saint-Jérôme au tunnel du mont Royal. Sa valeur estimée passe de 52,2 millions à 130 millions $, une augmentation de 149%.
Pour justifier cette importante augmentation des coûts estimés, l’AMT invoque une nouvelle méthodologie de calcul imposée par Québec.
Cette méthodologie oblige les organismes publics à identifier les risques et à estimer les coûts et les échéanciers de la façon plus complète et réaliste possible, afin de réduire les imprévus et les fortes augmentations des coûts pendant leur réalisation.

Ça ne vous fait pas penser au système de santé?

Le 13 novembre 2009 - Une interview avec l'économiste polonais Andrzej Kondratowicz qui relate le quotidien de la vie sous le régime communiste en Pologne. Magasins vides, queues interminables, mensonges, compromis, M. Kondratowicz explique le double échec économique mais aussi moral du communisme. Une leçon d'histoire pour certains jeunes "rebelles" occidentaux qui rêvent de revenir à ce système d'un autre âge.



Via Un monde libre

12 novembre, 2009

Viva la republica!

La République démocratique du Québec (RDQ) fait des efforts louables pour devenir le chef de file des pays communistes. Ainsi, les apparatchiks du ministère de la Santé ont décidé que la population serait au service du système de santé et non le contraire.

Selon la logique des apparatchiks, il est plus facile de déplacer l’ensemble de la population, incluant les femmes enceintes, les enfants en bas âge, les handicapés et les vieillards, que de demander aux employés du système d’aller à la rencontre de la population.

De quoi faire rougir de honte Chavez, Morales, Castro, Correa, etc.
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Pas de vaccination dans les écoles, maintient le ministre

Le ministre de la Santé persiste et signe. En conférence de presse, le Dr Yves Bolduc a maintenu que la vaccination des enfants de 5 à 19 ans se ferait dans les centres de vaccination de masse.

Le ministre n’a pas cédé à ceux qui appelaient à faire vacciner ces jeunes dans les écoles.

Le Dr Bolduc a expliqué que l’objectif du gouvernement était de «vacciner le plus de gens possible en le moins e temps possible» et que la vaccination de masse restait le choix le plus efficace.

Une offre de transport scolaire sera disponible partout au Québec pour faciliter le transport des jeunes des écoles vers les centres de vaccination.

Le ministre précise toutefois que la vaccination des jeunes ne se déroulera pas de façon uniforme dans toutes les régions du Québec. Chaque région aura toute la latitude nécessaire pour organiser la vaccination de la façon la plus appropriée pour le territoire desservi.

Certaines écoles pourraient donc décider de faire vacciner leurs élèves sur place.

Des réactions mitigées

La Fédération des commissions scolaires du Québec accueille bien cette annonce du ministre de la Santé.

Selon la présidente de l’organisme, Josée Bouchard, la pandémie est «une situation exceptionnelle qui demande des moyens exceptionnels».

Josée Bouchard soutient que les parents et les enseignants devraient parvenir à réconforter les enfants qui se feront vacciner loin de leur milieu de vie. «Entre eux, ils vont s’encourager et ils vont être capables!», affirme Mme Bouchard.

Le Conseil pour la protection des malades ne partage pas l’optimisme de la Fédération des commissions scolaires. Le directeur général Paul Brunet craint les difficultés présentées par le plan du ministre. «Je suis très surpris qu’on sorte ces enfants-là de l’école, indique Paul Brunet.

Les professeurs ne sont pas là pour faire du gardiennage dans un grand centre de vaccination.»

Le Conseil pour la protection des malades propose plutôt d’apporter les vaccins dans les écoles, plutôt que d’amener les enfants aux vaccins.

Le chiffre du jour (3) : 393 000$

Selon les répondantes, un ménage doit détenir en moyenne 542 000 $ d'actif à investir pour être considéré "riche", mais ce chiffre varie considérablement selon les régions et selon le niveau des avoirs actuels. Par exemple, l'Alberta arrive au premier rang, un actif de 668 000 $ y étant jugé nécessaire pour être considéré riche, alors que les Québécoises ont indiqué le montant le plus faible au pays, soit 393 000 $. Comme il fallait peut-être s'y attendre, plus les femmes ont d'argent, plus elles jugent qu'elles devraient en avoir pour être riches : la somme va de 345 000 $ chez les femmes dont l'actif du ménage est actuellement inférieur à 50 000 $, à 978 000 $ chez celles dont l'actif se chiffre à 300 000 $ ou plus.

Le chiffre du jour (2) : 5ième

D'après l'étude, au Canada, en 2009, le taux général d'imposition des sociétés s'établit à 33 % (cumul des impôts fédéraux et provinciaux), contre 40 % aux États-Unis, mais reste supérieur aux moyennes de l'OCDE et de l'Union européenne.
"Le Canada arrive au cinquième rang des taux les plus élevés parmi les trente États membres de l'OCDE, qui ont participé à l'enquête, explique Denis Lacroix, associé responsable, Fiscalité, KPMG à Montréal. Précisons que le taux d'imposition des sociétés continuera à décroître jusqu'en 2012, année où le taux fédéral sera de 15 %, comparativement à 19 % en 2009."

Le chiffre du jour : 90%

Finalement à l'échelle du Québec, le sondage démontre que les dirigeants sont très optimistes face à l'avenir. 77 % d'entre eux sont d'avis que leur entreprise se portera mieux d'ici 3 à 5 ans et 90 % ont confiance en l'avenir des entreprises du Québec. "Cet optimisme devrait normalement nous réjouir, mais nous y voyons plutôt l'occasion de lancer un signal d'alarme aux dirigeants des entreprises québécoises afin qu'ils soient plus vigilants face aux défis de la mondialisation et à l'importance d'assurer leur compétitivité. Il s'agit d'une question essentielle pour le dynamisme économique du Québec et la richesse collective de tous les Québécois(es). C'est le message que nous lançons aujourd'hui et que nous porterons durant les prochains mois à la grandeur du Québec, notamment dans le cadre la tournée régionale qui commence dès lundi prochain", conclut Françoise Bertrand.

11 novembre, 2009

Les Fonctionnaires (50/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Dans la fonction publique, le pouvoir tient en grande partie à l’information dont on dispose. Celui pour qui les jeux politiques sont importants sait que l’information est une ressource précieuse et cherche constamment à en recueillir. Les documents, les courriels, les discussions de corridor, les confidences, les commérages, etc., sont tous des éléments constituant les pièces d’un casse-tête lui permettant d’expliciter ses soupçons, ses questions et ses idées.

L’information est vue comme une monnaie d’échange et les fonctionnaires politiquement habiles insistent sur la réciprocité. La donner sans contrepartie s’apparente pour eux à du gaspillage. Ils ne fournissent aucune information sur-le-champ. Pour montrer que l’information à un prix, ils disent aux collègues et aux subalternes qui la demandent qu’ils vont y penser, qu’ils doivent chercher et leur laissent entendre que c’est compliqué. Les demandeurs sont ainsi amenés à croire qu’une faveur importante leur est faite et qu’ils ont contracté une dette. Par ailleurs, ces mêmes intrigants pratiquent l’art de soutirer de l’information stratégique en faisant croire à leur interlocuteur que c’est anodin, par exemple savoir d’une secrétaire qui le patron rencontre, sur quel dossier il travaille et quel est le contenu de son agenda.
(p. 171-172)

Le chiffre du jour : 54%

Mais, pour la première fois, la majorité des Québécois (54%) ont l'intention de se faire vacciner. Ce taux est passé de 32% à 54% en moins de quatre semaines. En somme, malgré toutes les critiques portées contre la campagne de sensibilisation du ministère de la Santé, les citoyens ont compris le message. Les gens ne paniquent pas, mais désirent se faire vacciner par prudence.

10 novembre, 2009

Le chiffre du jour : 88%

Sur les 2 015 Canadiens interrogés dans tout le pays, 48 % ont cité la circulation automobile et le transport en commun comme les plus grands problèmes d'infrastructure des villes. Le pourcentage est considérablement plus élevé à Ottawa (75 %), à Calgary (70 %), à Vancouver (69 %), à Toronto (60 %) et à Montréal (53 %).
Presque un tiers (31 %) des personnes sondées n'étaient pas d'accord avec l'affirmation : "ma ville se prépare à offrir une bonne qualité de vie à long terme". Près de 9 répondants sur 10 (88 %) ont été d'accord avec le fait qu'étant donné la croissance dans les zones urbaines, il faut changer la façon de gérer les villes, et 87 % étaient d'avis que ces changements devraient être la priorité de nos dirigeants.

La bureaucratie bouffe les forces vives de la société

Dans le texte qui suit on apprend qu’au CHUM il y a plus de 6 500 formulaires différents. Pas 1 000, pas 2 000, plus de 6 500! On a dû embaucher une coordinatrice aux formulaires pour gérer et contrôler le tout.

Bordel, il y a plus de formulaire qu’il y a de patients!

Comment voulez-vous que le personnel attitré aux soins des patients ait le temps de faire son travail? Il doit remplir des formulaires toute la journée!

Le 21 octobre dernier, Chantal Longpré de la fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement nous apprenait que la bureaucratie accapare plus du tiers du temps des directeurs d’école.

Quelle est la proportion du temps des gestionnaires et professionnels du système de santé bouffée par les bureaucrates du ministère et des syndicats? 25, 30, 35%?

Les politiciens prétendent vouloir améliorer l’efficacité et la qualité des services. La débureaucratisation des systèmes de santé et de l’éducation serait certainement un bon endroit par où commencer.
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La boss des formulairesÉric Yvan Lemay, Le Journal de Montréal, 08/11/2009

Il y a tellement de paperasse au CHUM qu'on a créé un poste de coordonnatrice aux formulaires. Oui, oui, vous avez bien lu, une boss des formulaires.
Il faut dire que l'hôpital imprime chaque année pas moins de 9 millions de formulaires.
En fait, la base de données de l'ordinateur d'Annie Kobril ne contient pas moins de 6500 formulaires différents. «Je dois être la seule à Montréal, et peut-être au Québec à avoir ce titre. Je ne connais pas de collègues dans les autres établissements», relate la dame qui occupe un minuscule bureau sans fenêtre du pavillon Mailloux à l'Hôpital Notre-Dame.
Avant que son poste ne soit créé, elle a agi comme consultante. Elle s'est vite rendu compte que chacun faisait ses formulaires sans règles strictes et se rendait les faire imprimer lui-même dans l'une des imprimeries de l'hôpital.
«On s'est donné des moyens de contrôler ce qui s'imprimait pour ne plus qu'il y ait des doublons ou des triples pour chaque site. On avait de vieux formulaires tapés à la dactylo qui dataient de 1989», dit-elle en riant.
Des sceptiques
La création de son poste il y a quelques années en a tout de même fait sourciller quelques-uns. «Tout ce qui s'imprime doit passer sous mon nez et certains ont eu des réticences, mais dans l'ensemble, les gens apprécient et reconnaissent mon travail», dit-elle. «Si quelqu'un est obtus, il ne veut rien savoir, il veut son formulaire. Mais ils sont rares. Je dirais un pour cent.»
En plus de s'assurer que les logos du CHUM sont conformes, chaque formulaire est codé et archivé dans une énorme base de données.
Attention aux fautes
Elle vérifie aussi minutieusement le français. «C'est mon dada, je vérifie que tout est en bon français. Je suis stricte là-dessus. C'est l'image du CHUM», dit-elle.
À l'occasion, on l'appelle même pour lui signaler des coquilles qu'elle se dépêche de corriger.
Son rôle est devenu si important que les formulaires qui arrivent à l'imprimerie doivent avoir obtenu son code sans quoi on le refuse. «J'ai appris à travailler avec eux. On s'assure aussi que le format dans lequel on imprime permet de gaspiller le moins de papier possible.»
Chaque hôpital du CHUM avait ses propres formulaires avant la fusion. Une situation qui n'existe presque plus sauf pour certains formulaires où il faut mettre les adresses des sites. Pour Annie Kobril, c'est une raison de plus d'avoir hâte de déménager au centre-ville.
Travailler dans les formulaires peut sembler ennuyant, mais pour Annie Kobril, c'est une véritable passion. Découvrez ce qui la motive.
Quel est le formulaire le plus imprimé?
Ce sont les formulaires d'observations médicales. On en a besoin de 200 000 par année, c'est tellement qu'on ne peut les imprimer à l'interne. On les fait faire à l'extérieur.
Dans quel secteur compte-t-on le plus de formulaires?
Il y a une grande demande du côté des soins infirmiers. Il y aussi les formulaires pour l'hospitalisation, les admissions et les analyses de laboratoire.
Qu'aimez-vous le plus de votre travail?
Faire la vérification du français, mais aussi le côté graphique pour rendre les formulaires plus dynamiques.
Qu'aimez-vous le moins?
Compléter les fiches dans Access (logiciel). J'ai quelqu'un qui m'aide à l'Hôtel-Dieu pour ça. Mais, vous savez, ce n'est pas si rébarbatif, mon travail, même si ça peut le paraître pour certains.

09 novembre, 2009

Fiscalité : assez c’est assez

Enfin, sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ère? Quarante-sept pour cent des Québécois préfèrent une diminution des services publics à une augmentation de la fiscalité.

Le plus surprenant est que ce pourcentage ne soit pas plus élevé. Après tout, les services publics sont soient inexistants, soient pourris. Une attente de six mois pour se faire soigner c’est l’équivalent de « on est fermé pour une période indéfinie »; Trente-cinq pour cent de décrochage chez les garçons c’est un système d’éducation pourri à l’os.

Alors, pourquoi devrions-nous vouloir payer davantage?

De plus, il est encourageant de constater que 65% des Québécois sont en colère à l’intention du gouvernement d’augmenter les tarifs.

Ce n’est certainement pas suffisant pour convaincre les politiciens que le temps est venu de dégraisser l’appareil gouvernemental plutôt que de piger encore plus profondément dans nos poches.

Sait-on jamais, cela en fera peut-être réfléchir quelques-uns.

08 novembre, 2009

Les Fonctionnaires (49/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les ministères sont des organisations politiques et leur objectif ultime est de mettre le ministre en vedette et de le faire bien paraître. Si ce dernier se retrouve dans une situation embarrassante, toutes les ressources du ministère doivent être utilisées pour lui permettre de s’en sortir.

En règle générale, le ministre doit occuper seul le devant de la scène et obtenir tout le crédit pour les bons coups. Tout haut fonctionnaire qui intervient publiquement risque de porter ombrage à son ministre. Les seules exceptions sont les cas où il s’agit d’annoncer une mauvaise nouvelle ou d’assumer le blâme pour une erreur ou une bévue. Les fonctionnaires constituent alors de commodes boucs émissaires. Lorsque la responsabilité politique du ministre est mise en cause, une excellente façon de détourner l’attention du public est de pointer du doigt les procédures ou les façons de faire administratives et, par conséquent, de faire porter le blâme par la machine administrative.
(p. 171)

Déficit : l’histoire démontre qu’on ne peut pas se fier aux politiciens

Dans le texte qui suit, Tommy Chouinard dénonce l’augmentation incontrôlée des coûts du régime d’assurance parentale.

Au départ, ce programme devait s’autofinancer, mais les coûts augmentent tellement rapidement que le gouvernement est obligé de le subventionner sous forme d’un prêt portant intérêt de 0,7%.

Il est depuis longtemps évident que nous vivons bien au-dessus de nos moyens. Le régime de santé gobe 40 % du budget et dépassera 50 % dans quelques années; le système d’éducation coûte plus de 10 G $ par année et échappe plus de 30 % des garçons; la dette soustrait 10 % au budget et croit à un rythme effarant; les coûts du système de garderies à 7 $ sont hors contrôle et les tarifs sont gelés; les coûts du régime des congés parentaux croient trois fois plus rapidement que le PIB; les déboires de la CDP imposent des hausses de cotisation du double de la croissance du PIB à la SAAQ, au RRQ, etc.

Depuis cinq ans au moins, une douzaine de rapports soulignent à grands traits la non-viabilité du « modèle québécois ». Malheureusement, le Québec est géré par des politiciens motivés par un seul objectif : ne rien faire qui puisse nuire à la popularité du parti, quel qu’en soit le coût.

On n’a plus le choix. Contrairement à la loi du déficit zéro, c’est la population qui doit prendre le contrôle du cadre financier du gouvernement.

La future loi encadrant le pouvoir de dépenser du gouvernement devra faire l’objet d’un référendum requérant l’approbation de 75% des participants pour être adoptée et surtout pour être changée. Ainsi, nous réduirons d’autant la probabilité que la loi soit changée dès que le gouvernement rencontre une difficulté.
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Régime d'assurance parentale dans le rouge
Tommy Chouinard, La Presse, 1 avril 2009

Le régime d'assurance parentale s'enfonce tellement dans le rouge que le gouvernement Charest doit intervenir pour éviter que des parents ne soient privés de prestations.
Lors de sa réunion du 18 mars, le conseil des ministres a autorisé le versement d'urgence de 300 millions de dollars afin de maintenir à flot ce régime créé en 2006, a appris La Presse. Le gouvernement se retrouve donc aujourd'hui à payer lui-même des prestations d'un régime d'assurance, ce qui va à l'encontre de tous ses principes.

Pour la troisième année consécutive, Québec augmentera les cotisations payées par les travailleurs et les employeurs. La hausse serait d'environ 8% et entrerait en vigueur le 1er janvier prochain.

La bouée de 300 millions est tout à fait exceptionnelle puisqu'en vertu de la loi, l'assurance parentale doit être autosuffisante. Cette aide provenant du ministère des Finances commencera à être utilisée sous peu tant la situation est critique. Le déficit du régime, qui frôlerait les 200 millions à la fin de l'année, était en voie de menacer les prestations.
«Le gouvernement va avancer de l'argent, ce qu'ils ont besoin pour opérer, en attendant d'équilibrer le régime», a affirmé à La Presse, hier, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.
Le gouvernement Charest pile ainsi sur ses principes. Depuis la création du régime, il a toujours refusé de puiser dans ses coffres pour financer les congés parentaux. «Le régime doit s'autofinancer. C'est un programme d'assurance», martelaient l'ancien ministre des Finances Michel Audet et Michelle Courchesne lorsqu'elle était titulaire de l'Emploi. Ils répondaient par la même formule lorsque les syndicats et le patronat réclamaient une contribution du gouvernement devant l'explosion des coûts du régime.
Devant un manque de liquidités, le conseil de gestion de l'assurance parentale était en voie d'emprunter de l'argent à 4% d'intérêts afin de préserver le versement des prestations. Le gouvernement a plutôt décidé de lui prêter 300 millions de dollars à un taux dérisoire de 0,7%.
Malgré des hausses de cotisations de 15% en deux ans - dont l'une de 7,5% entrée en vigueur le 1er janvier -, le régime d'assurance parentale enregistrerait un déficit de 195 millions à la fin de l'année, révèle un rapport actuariel déposé à l'Assemblée nationale la semaine dernière.
Les cotisations payées par les employeurs et les travailleurs (1,515 milliards) seraient toujours inférieures aux prestations versées (1,590 milliards). Si rien n'est fait, le déficit cumulé du régime atteindrait 841 millions en 2012, selon le rapport signé par l'actuaire en chef du conseil de gestion de l'assurance parentale, Frédéric Allard.
«On n'a pas le choix d'augmenter (les cotisations), a affirmé Sam Hamad. De combien? C'est ça qu'il faut voir. Mais on ne fera pas de choc tarifaire. La décision va tenir compte de la capacité des citoyens, du contexte économique et de la pérennité du régime.»
Selon Sam Hamad, la hausse de 7,5% décrétée en début d'année «n'est pas majeure; sur la paie, ça ne paraît même pas». Une majoration de 7,5% rapporte environ 110 millions de dollars. Pour un travailleur qui gagne 40 000$, cette hausse représente un débours supplémentaire de 13,60$ par année.
Pour réduire l'ampleur du déficit de l'assurance parentale, le gouvernement Charest reportera le paiement d'une facture de 346,6 millions provenant d'Ottawa. Il avait contracté cette dette au moment de l'implantation du régime. Comme la somme devait être remboursée sur une période de cinq ans, Québec économisera 69,3 millions cette année, ce qui réduira d'autant le déficit du régime en 2009. De son côté, Ottawa devra attendre avant de revoir la couleur de son argent.
En 2006, le gouvernement Charest prévoyait que le régime coûterait 1 milliard par année. La facture dépasse 1,5 milliard aujourd'hui. Québec s'attendait à 75 000 naissances en 2006. Il y en a eu 82 500, puis encore davantage les années suivantes, toujours un nombre supérieur aux prévisions, a fait remarquer Sam Hamad. Québec n'avait pas vu venir le mini baby-boom. Il avait également sous-estimé le nombre de pères qui allaient recourir au régime et prendre un congé de paternité.

07 novembre, 2009

Les Fonctionnaires (48/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Le fonctionnaire politiquement astucieux apprend vite à ne pas tenir compte du discours officiel qui proclame que pour obtenir des promotions il suffit de s’en remettre au système du mérite et de se consacrer tout entier à son travail pour devenir le meilleur. Tout ce qui est accompli dans l’ombre n’aide aucunement à progresser dans la carrière. Besogner sans se préoccuper du jeu politique est la meilleure façon de passer inaperçu. Pire encore, les bonnes intentions de se consacrer entièrement à son travail peuvent être interprétées négativement : on dira d’une personne qui est trop préoccupée par son travail qu’elle est antisociale, froide, réservée, indépendante et mauvaise communicatrice.

Ceux qui veulent avancer doivent consacrer beaucoup de temps et d’efforts à se faire connaître et apprécier de leurs supérieurs. Ils doivent être dans les bonnes grâces des autorités afin d’obtenir les mandats qui leur permettent de se mettre en valeur, de rencontrer les dirigeants du ministère et de faire parler d’eux. Il leur faut aussi se préoccuper de mettre leurs réalisations en valeur autant que de les mener à bien. Un bon réseau est un outil indispensable pour ce faire et pour faire progresser sa carrière. (p. 167)

Éducation financière

L’AMF prend les grands moyens pour demander aux Québécois d’être des investisseurs responsables. Une campagne de publicité d’un million, ayant pour thème « Avant d’investir, investiguez » a été lancée pour inciter les gens à la prudence.

Bravo!

Je ne peux que souscrire à l’initiative de l’AMF. Malheureusement, c’est bien peu et probablement inutile dans une société qui n’a aucune notion préalable d’économie et de finance. C’est bien beau de nous demander d’être alerte, mais encore faut-il être capable de différencier la réalité et de la pensée magique.

Cela s’apprend dès l’école primaire. Mais au Québec, les grands manitous du ministère de l’Éducation ont jugé qu’il était inutile de transmettre de telles notions aux Québécois.

Alors, plutôt que de gaspiller un million en publicité, il aurait été préférable d’embaucher des lobbyistes pour convaincre le MÉQ d’inclure des cours de finance et d’économie dans le curriculum des élèves québécois comme cela se fait dans la plupart des pays développés.
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L’AMF lance une campagne de sensibilisation
Mise à jour : 05/11/2009

(Presse canadienne) - L'Autorité des marchés financiers lance une campagne de sensibilisation contre la fraude avec le visage d'une vedette de la télé qui a perdu des centaines de milliers de dollars dans un tel contexte: Guy Mongrain.
La campagne de sensibilisation à la radio, à la télévision et dans les médias écrits débutera lundi prochain, sous le thème «Avant d'investir, investiguez». Un million de dollars y a été investi, pour inciter les gens à la prudence avant d'investir.
L'animateur de télévision et de radio Guy Mongrain prête son visage à cette campagne, lui qui a perdu 300 000 $, il y a quelques années, lorsque celui qu'il croyait être un ami et un voisin, l'a fraudé. L'homme était planificateur financier, pourtant inscrit en règle auprès des autorités. Il a depuis fait face à la justice et a été condamné à quatre ans d'emprisonnement. Lui et M. Mongrain étaient amis, faisaient des activités sportives ensemble, se rendaient mutuellement visite. L'homme l'a peu à peu convaincu d'investir dans des placements variés, adossés à des immeubles, des hypothèques.
Les rendements étaient là au départ, les communications aussi. Puis les contacts se sont espacés, relate M. Mongrain. En 1992-93, il a appris que son argent avait disparu, comme celui des 102 autres personnes que le planificateur financier avait convaincues d'investir. «J'avais confiance.

J'avais une confiance absolue. Ça ne se pouvait pas qu'un gars que je connaissais comme ça vienne fouiller dans mes poches de cette façon-là», lance aujourd'hui un Guy Mongrain désillusionné, mais qui a su se refaire financièrement. Il souligne que cela n'a pas été le cas pour tous.
Conseils
L'Autorité des marchés financiers rappelle à tous une série de consignes de prudence; d'abord vérifier si le soi-disant conseiller est inscrit auprès de l'autorité. Ensuite, l'organisme de réglementation conseille de ne pas croire quelqu'un qui dit posséder des informations privilégiées sur un investissement intéressant, en vous pressant d'investir rapidement pour ne pas rater une occasion en or.
Le président-directeur général de l'Autorité des marchés financiers, Jean St-Gelais, avise aussi de ne jamais faire de chèque personnel dans un tel contexte et de chercher une seconde opinion avant de décider ou non d'investir. Il rappelle également de ne pas croire les promesses de rendement de 15 % et plus. C'est irréaliste dans le contexte actuel.
Il conseille aussi de ne jamais se contenter de renseignements sur Internet seulement et de ne jamais investir sur promesse de voir éventuellement un prospectus détaillé. «Par la diffusion de cette campagne, nous voulons que les investisseurs développent de nouveaux réflexes afin d'investir de façon éclairée et ainsi se prémunir contre la fraude», a expliqué M. St-Gelais.