Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Quelle est la longueur du nez d’un politicien ? Quatre ans.--- Michel Beaudry

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31 octobre, 2009

Décrochage scolaire : dépenser là où ça compte

Connaissez-vous le CTREQ et le ROCQLD? D’accord, ce sont deux acronymes débiles, mais à part ça?

Ce sont deux organismes de lutte au décrochage subventionnés à même les fonds publics.

Le CTREQ a pour mission de susciter l'innovation dans le domaine de la réussite éducative, grâce au transfert de recherche, ainsi qu'à des services de liaison et de veille, afin de permettre aux milieux de pratique d'améliorer leurs interventions pour accroître la réussite éducative des jeunes et prévenir le décrochage et l'abandon scolaires. Le CTREQ rassemble une quarantaine de membres associés, des organismes nationaux, régionaux et sectoriels œuvrant dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des services sociaux, de l'emploi et des organisations communautaires qui poursuivent des buts similaires. Il est financé par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et le Conseil exécutif (Secrétariat à la jeunesse) et reçoit le support de divers partenaires pour les projets qu'il réalise.
Le ROCQLD représente 39 organismes, répartis dans 11 régions du Québec, qui soutiennent des milliers de jeunes et leurs parents chaque année. Il a pour mission de favoriser la concertation et les échanges entre les organismes qui travaillent à la problématique du décrochage scolaire, d'assurer leur représentation en tant qu'interlocuteur privilégié auprès des diverses instances publiques et communautaires, et de les soutenir dans la consolidation et le développement de leurs activités.
WOW! Avec autant de ressources allouées au décrochage scolaire, il y a certainement moins de décrochage au Québec que dans les autres pays de l’OCDE?

Pourtant non, le taux de décrochage scolaire des garçons est parmi les plus élevés en occident!

Comment cela est-il possible?

Peut-être que l’argent ne va pas au bon endroit? Comme aux écoles, par exemple?

Tiens, il me vient une idée que je soumets bien humblement et gratuitement à la ministre Courchesne. Pourquoi ne pas abolir tous ces organismes inutiles et remettre l’argent au 10 % des écoles où le décrochage est le plus élevé?

Tant qu’à y être, la ministre pourrait aussi éliminer les postes de fonctionnaires inutiles au ministère et dans les commissions scolaires. L’argent économisé pourrait certainement être mieux utilisé dans les écoles où le taux de décrochage est anormalement élevé.
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Une collaboration CTREQ - ROCQLD - Quand l'action communautaire se nourrit de la recherche

QUÉBEC, le 28 oct. /CNW Telbec/ - Le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) et le Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCQLD) sont heureux d'annoncer la publication des Synthèses de recherches de la 2e Rencontre nationale, qui se tenait les 2 et 3 avril dernier. Ces synthèses visent à favoriser l'utilisation des connaissances scientifiques par les intervenants des organismes communautaires de lutte au décrochage.
Proposées et réalisées par le CTREQ, ces synthèses scientifiques s'inscrivent en continuité des six thèmes de la rencontre, avec l'objectif de nourrir les pratiques d'éléments issus de recherches récentes et pertinentes. Les synthèses sont accessibles en ligne à l'adresse suivante : www.rocqld.org. Disponibles à la même adresse, les actes du colloque sont le reflet de la diversité et de la qualité des communications qui y ont été présentées.
Plus de 150 intervenants issus de divers secteurs ont participé à la 2e Rencontre nationale des organismes communautaires de lutte au décrochage. Au cours de ces deux journées, ils ont pu explorer un large éventail d'approches et d'initiatives issues du milieu communautaire, échanger sur diverses problématiques et discuter des perspectives de développement des pratiques favorisant la réussite éducative. Selon Bineta Ba, directrice générale du ROCQLD, "ce fut une occasion privilégiée pour notre secteur de démontrer toute la richesse et la qualité du travail qu'il effectue auprès des jeunes et de leur famille. La remarquable collaboration que nous avons eue avec le CTREQ nous permet aujourd'hui d'en rehausser la pertinence".
"C'est avec fierté et enthousiasme que le CTREQ s'est joint à cette deuxième rencontre à titre de partenaire, ajoute la présidente-directrice générale du CTREQ, Linda St-Pierre, car nous croyons fermement à l'enrichissement des interventions par le rapprochement entre la recherche et la pratique et à l'action des organismes communautaires dans la lutte au décrochage scolaire."
Le CTREQ n'en est d'ailleurs pas à sa première collaboration avec le ROCQLD. En 2006, il participait à la 1re Rencontre nationale, à titre de membre du comité d'organisation, avec la volonté d'insuffler une dimension scientifique au programme de la rencontre. "Cette année, nous avions le projet de pousser plus loin notre collaboration en favorisant encore plus le rapprochement entre la recherche et la pratique", précise Linda St-Pierre.
Au sujet du CTREQ
Le CTREQ a pour mission de susciter l'innovation dans le domaine de la réussite éducative, grâce au transfert de recherche, ainsi qu'à des services de liaison et de veille, afin de permettre aux milieux de pratique d'améliorer leurs interventions pour accroître la réussite éducative des jeunes et prévenir le décrochage et l'abandon scolaires. Le CTREQ rassemble une quarantaine de membres associés, des organismes nationaux, régionaux et sectoriels œuvrant dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des services sociaux, de l'emploi et des organisations communautaires qui poursuivent des buts similaires. Il est financé par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et le Conseil exécutif (Secrétariat à la jeunesse) et reçoit le support de divers partenaires pour les projets qu'il réalise.

Au sujet du ROCQLD

Le Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage représente 39 organismes, répartis dans 11 régions du Québec, qui soutiennent des milliers de jeunes et leurs parents chaque année. Il a pour mission de favoriser la concertation et les échanges entre les organismes qui travaillent à la problématique du décrochage scolaire, d'assurer leur représentation en tant qu'interlocuteur privilégié auprès des diverses instances publiques et communautaires, et de les soutenir dans la consolidation et le développement de leurs activités.

Renseignements: Hélène Rioux, directrice des communications, CTREQ, (418) 658-2332, poste 30, Helene.rioux@ctreq.qc.ca; Isabelle Talbot-Fournier, agente de développement, (514) 387-0716, developpement@rocqld.qc.ca

Les Fonctionnaires (45/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Le problème de l’ampleur et des coûts de la bureaucratie gouvernementale a inspiré une foule de solutions aux observateurs de la scène politique et administrative. Le consensus semble se diriger en cette matière vers le démantèlement du monopole gouvernemental et le renforcement de la société civile. À l’exception des syndicats qui tiennent mordicus au monopole étatique, la plupart des observateurs croient que la meilleure façon d’accroître la qualité et l’efficacité des services publics est d’introduire un certain niveau de concurrence. La plupart des services publics, en effet, peuvent être fournis aussi bien par des entreprises privées, des coopératives et des organisations sans but lucratif que par les fonctionnaires. De plus, pour certains types de services, les municipalités s’avèrent plus efficaces que les gouvernements provincial et fédéral.

Tous se rendent compte aussi qu’avec une population plus instruite, l’accroissement des groupes de recherche tant universitaire que privés et Internet, la société civile, c’est-à-dire l’ensemble des intervenants sur la scène politique, économique et sociale, est devenue beaucoup plus active. Certains prétendent que la prolifération des fondations privées pourrait assurer le financement d’une expertise non gouvernementale et constituer une contrepartie aux pouvoirs publics de façon à susciter une démocratie plus active.
(p. 145-146)

29 octobre, 2009

Financement des partis politiques

Le scandale des enveloppes brunes soulève l’épineuse question du financement des partis politiques. René Lévèsque croyait avoir trouvé la solution en finançant les partis à même l’argent des contribuables et en imposant des contributions maximales de 1 000 $ par individu.

Il est aujourd’hui évident que les bonnes intentions ne suffisent pas. Tous les partis contournent la loi.

Dans le texte qui suit, Richard Martineau rêve d’un financement publique qui serait le même pour tous les politiciens. Bien que ses suggestions soient originales, je m’oppose au financement des politiciens et des partis politiques à même mes impôts. Cette approche conduit irrévocablement au désintéressement de la population et met en péril les fondements même de la démocratie.

Je trouve inacceptable qu’une partie de mes impôts soient versés à des partis et des politiciens qui préconisent des politiques diamétralement opposées à mes valeurs.

Le financement des partis politiques devrait être strictement limité au membership des électeurs. Il y a environ 6 millions d’électeurs au Québec. Si les frais de membership sont de 50 $, non déductibles, cela représente un potentiel de revenu de plus 300 millions par année pour l’ensemble des partis. Même si seulement le quart des électeurs paient leur membership, cela est plus que suffisant pour financer adéquatement une campagne électorale à tous les 4 ou 5 ans.

Cette approche offre plusieurs avantages :

  • le DGE pourrait facilement vérifier la légalité des contributions puisque seuls les personnes physiques demeurant au Québec pourraient être membre d’un ou de plusieurs partis politiques. Bien sûr, il s’y glisserait quelques membres illégitimes, mais ce phénomène demeurerait marginale;
  • Les partis devraient être à l’écoute de l’ensemble de la population pour attirer le plus de membres possibles;
  • Grâce au renouvellement annuel de leur membership, les électeurs pourraient envoyer annuellement un message fort et clair aux politiciens. En effet, les électeurs pourraient choisir annuellement le parti auquel ils paient leur membership;
En obligeant les partis à encourager la participation du plus grand nombre le système favoriserait la démocratie.

Il est temps d’abandonner un système qui oblige les contribuables à financer les partis politiques contre leur gré.
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Imaginez
Richard Martineau, Canoë, 27 octobre 2009
Il y a quelques années, le cinéaste Denys Arcand (qui a commencé sa carrière en réalisant des documentaires à saveur politique) m'a dit qu'il ne s'intéressait plus à la politique.
Il ne lisait plus sur la politique, il n'écoutait plus de reportages qui traitaient de politique, bref, il fuyait ça comme la peste.
À l'époque, cet aveu m'avait choqué. Comment peut-on se désintéresser d'une chose aussi importante qu'est la politique? Après tout, comme dit le proverbe: "Si tu ne t'intéresses pas à la politique, elle fera ce qu'elle veut de toi et non pas ce que tu veux d'elle."
Mais plus ça va, plus je comprends Denys Arcand.
L'ARGENT POURRIT TOUT
Le problème numéro un avec la politique, c'est l'argent. Si tu n'as pas d'argent, tu ne peux pas être élu, c'est aussi simple que ça.
Or, une campagne coûte cher, très cher. Pour la financer, tu dois te mettre à genoux et promettre toutes sortes de choses à toutes sortes de groupes.
Et plus tu fais de promesses, moins tu as de marge de manoeuvre pour faire ce que tu veux faire une fois élu et plus tu as de faveurs à retourner.
Parfois, je me surprends à rêver à voix haute des changements que l'on pourrait apporter au système politique actuel pour le rendre plus juste.
Savez-vous ce que j'aimerais qu'on fasse? (On parle pour parler, aucun de mes voeux ne deviendra réalité, c'est trop idéaliste, trop utopique...)
J'aimerais que TOUS les candidats bénéficient exactement du même budget pour organiser leur campagne.
UNE VRAIE COURSE
C'est comme la F1. Comment peut-on affirmer que Machin Truc est le meilleur pilote automobile du monde quand tous les pilotes ont des autos différentes?
Tu veux savoir c'est qui, le meilleur? Donne-leur tous LA MÊME VOITURE, avec le même moteur. Là, tu vas le savoir!
Idem pour la politique. Les candidats devraient tous avoir le même budget.
Et il n'y aurait pas de pancartes, d'activités de financement, de porte-à-porte ou de soupers spaghetti.
La campagne des candidats se résumerait à deux choses.
Un: ils auraient tous un site Internet, où ils pourraient communiquer leur programme. Deux: l'État lancerait un canal de télé consacré exclusivement aux élections. Vingt-quatre heures par jour, sept jours par semaine, on y trouverait des entrevues et des débats avec les différents candidats.
That's it, that's all.
Vous voulez savoir pour qui vous allez voter aux prochaines élections? Surfez sur Internet ou ouvrez votre télé.
Les candidats n'auront plus besoin de faire la pute et de se mettre à genoux pour quémander des votes : ce sont les citoyens qui auront la responsabilité d'aller chercher l'information là où elle se trouve.
Et chaque électeur devra obligatoirement aller voter, sous peine de payer une amende salée.
ABOLISSONS LES PARTIS
Autre changement: il n'y aurait plus de partis. On voterait pour des individus, pas pour des formations politiques.
Terminée, la discipline de parti! Terminés, les pantins qui passent leur temps à applaudir aveuglément les décisions de leur chef, aussi stupides soient-elles ! Terminée, l'opposition qui passe son temps à s'opposer à tout!
On élirait des individus, qui auront pour mandat de travailler ENSEMBLE pour améliorer la collectivité.
RÊVEZ À VOTRE TOUR
Vous, quels autres changements apporteriez-vous au système politique? Qu'est-ce que vous aimeriez interdire, abolir, transformer?
Envoyez-moi vos idées, je vais les transmettre aux lecteurs. On va se mettre à rêver tous ensemble à voix haute. On ne sait jamais...

Le chiffre du jour : 80 %

Dévoilé aujourd'hui au cours d'un souper-conférence sur l'Entreprise de demain et réalisé par Léger Marketing auprès de 703 dirigeants d'entreprises à la grandeur du Québec, le sondage démontre que le recrutement (80 %) et la rétention (74 %) d'une main-d'œuvre qualifiée sont les principales préoccupations des dirigeants des entreprises du Centre-du-Québec. À l'inverse, on constate que l'embauche de travailleurs en provenance de l'immigration est en queue de peloton des préoccupations des dirigeants alors qu'il s'agit d'une solution concrète aux problèmes de pénurie de main-d'œuvre.

28 octobre, 2009

Le chiffre du jour : 68 %

L'Europe s'est taillé la part du lion des 25 villes les plus novatrices au monde en matière de connexion, accaparant 68 % du classement, alors que Toronto est la seule ville canadienne à s'être hissée parmi ces villes de tête. Vancouver, Montréal et Québec surclassent bon nombre de villes américaines pour ce qui est de l'innovation, mais n'ont pas pu concurrencer les principales capitales européennes.

Le succès d’Investissement Québec coûte cher aux contribuables

Investissement Québec est un organisme gouvernemental qui distribue généreusement l’argent des contribuables aux entreprises oeuvrant au Québec.

Dans le communiqué de presse qui suit, IQ utilise uniquement des critères politiques pour nous convaincre de son succès :
  • 1 079 interventions = 1 079 communiqués de presse faisant la promotion du parti au pouvoir;
  • plus de 1 milliard de financement = la valeur et le nombre de projets financés équivaut à autant de retour d’ascenseur;
  • 9 099 emplois de créer = en considérant l’effet multiplicateur cela devrait apporter plus de 100 000 votes au parti au pouvoir;
  • 18 702 emplois sauvegardés = en considérant l’effet multiplicateur cela devrait aussi apporter plus de 100 000 votes au parti au pouvoir;
  • 2 226 certificats et attestations = vous ne pouvez rien faire sans l’autorisation du parti au pouvoir. Prenez-en bonne note;
Dans le vrai monde de la finance, les critères de succès sont :
  • la rentabilité de chaque investissement et de l’ensemble du portefeuille. Mais cela n’a aucune importance en politique. Si vous ne comprenez pas, c’est que vous ne connaissez rien aux bienfaits de l’interventionnisme (sarcasme voulu).
M. Daoust, PDG d’IQ conclue :

« Les résultats cumulatifs au deuxième trimestre de notre Société sont supérieurs aux objectifs de mi-année et sont en hausse par rapport à l'an dernier à la même période. Cette performance de notre Société s'inscrit dans un contexte de lente reprise économique où le resserrement du crédit fait en sorte que nos produits sont de plus en plus indispensables pour les entreprises ainsi que pour les institutions financières avec qui nous partageons le risque »

En d’autres mots, si IQ dépense plus que prévu c’est incontestablement un énorme succès!

Ce sont ces raisonnements imbéciles qui font que la dette publique augmente au rythme de 17 122 $ par minute.
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Résultats cumulatifs au deuxième trimestre d’Investissement Québec - Plus de 1 000 interventions financières, une augmentation de 31 % par rapport à l’exercice précédent

Montréal, le 23 octobre 2009 - Au terme du deuxième trimestre de l'exercice financier 2009-2010, Investissement Québec continue d'afficher une excellente performance en autorisant 1 079 interventions financières, dépassant ainsi de 31 % les résultats pour la même période de l'an dernier. Il s'agit de résultats inégalés depuis la création de la Société en 1998.
« En autorisant des financements totalisant plus de 1 milliard de dollars, nous avons appuyé des projets d'une valeur totale de 4,2 milliards de dollars. Ces projets devraient permettre, selon la planification des entreprises, la création de 9 099 emplois et la sauvegarde de 18 702 emplois. Notons que le nombre de nouveaux emplois créés est deux fois plus élevé par rapport à l'an dernier à la même période, et cinq fois plus élevé pour les emplois sauvegardés », a déclaré le président et chef de la direction, M. Jacques Daoust.
Au chapitre des mesures fiscales, la Société a délivré 2 226 certificats et attestations, une augmentation de 28 % par rapport à la même période l'an dernier.
Depuis le début de l'exercice financier, les efforts de prospection, que ce soit à l'étranger ou auprès des filiales, ont permis la réalisation de 21 projets d'investissements étrangers qui devraient entraîner la création de 411 emplois. Ces projets s'élèvent à 211,8 millions de dollars. Ces résultats traduisent un contexte mondial exceptionnel où les flux d'investissements directs étrangers ont chuté de plus de 39 % depuis le sommet de 2007.
Au 30 septembre dernier, 400 millions de dollars ont été investis dans le financement des entreprises québécoises grâce au programme Renfort qui a été annoncé en décembre 2008. Au terme du second trimestre, la Société a autorisé 318 interventions financières dans le cadre de Renfort pour des investissements prévus par les entreprises de 496 millions de dollars.

Des produits indispensables en période de ralentissement

« Les résultats cumulatifs au deuxième trimestre de notre Société sont supérieurs aux objectifs de mi-année et sont en hausse par rapport à l'an dernier à la même période. Cette performance de notre Société s'inscrit dans un contexte de lente reprise économique où le resserrement du crédit fait en sorte que nos produits sont de plus en plus indispensables pour les entreprises ainsi que pour les institutions financières avec qui nous partageons le risque » a affirmé M. Daoust.

Investissement Québec a pour mission de favoriser la croissance de l'investissement au Québec, contribuant ainsi au développement économique et à la création d'emplois, et ce, dans toutes les régions. Depuis sa création, la Société a permis la réalisation de projets d'investissements de près de 50 milliards de dollars et la création de près de 170 000 emplois.
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Information :Investissement Québec 1 866 870-0437

27 octobre, 2009

Le chiffre du jour (2) : 6,8 %

Le Québec a pris l’engagement que son budget sera équilibré dès 2013-2014. Il prévoit donc limiter les dépenses gouvernementales à 3,2 % au cours des prochaines années. L’an dernier, les dépenses ont crû de 6,8 % et la moyenne des six dernières années est de 4,6 %. Compte tenu des besoins immenses dans le domaine de la santé, il faudra ramener presque toutes les autres dépenses à zéro pendant plusieurs années et sans doute geler les salaires des employés de l’État. Cela nous vaudra de joyeuses confrontations et un climat social potentiellement explosif.

Déficit: un débordement d'enthousiasme!

Tous les "faiseurs d'opinion" ont supplié le gouvernement d'avoir recours aux déficits pour sauver l'économie. Le gouvernement s'est empressé de les exaucer.

Le chiffre du jour : 76 %

Selon un sondage RBC sur les priorités financières publié aujourd'hui, la majorité des Canadiens (71 %) connaissent l'existence du compte d'épargne libre d'impôt (CELI). Toutefois, les trois quarts d'entre eux (76 %) n'en ont pas encore ouvert un.
Parmi les raisons citées par les Canadiens pour ne pas avoir ouvert un CELI, on compte principalement le manque d'argent à investir (51 %) et l'ignorance au sujet du fonctionnement du CELI (22 %). Quatre Canadiens sur dix (41 %) qui ont entendu parler du CELI veulent en savoir plus sur le sujet.

Les Fonctionnaires (44/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Il n’en reste pas moins que le fonctionnement de l’État, tant au Canada qu’au Québec, comporte des faiblesses évidentes. On observe un manque de vision à long terme qui fait que certains problèmes comme le vieillissement de la population, l’endettement public et la dégradation de l’environnement ne reçoivent pas l’attention qu’ils mériteraient. Il y a aussi un manque évident de cohérence entre les politiques et les programmes qui, établis à diverses époques pour combler des besoins particuliers, se chevauchent et s’opposent parfois. Plusieurs déplorent que, souvent, les gouvernements font fi des évidences scientifiques, comme dans le cas de la surpêche des poissons de l’Atlantique, de même que des réalités économiques et administratives, comme dans le cas des subventions au développement régional et des sommes insuffisantes consacrées à l’entretien des routes. Enfin, la machinerie administrative est devenue beaucoup trop lourde et coûteuse, étant donné l’effet de sédimentation causé par une pléthore de lois, de règlements et de conventions collectives. Elle constitue un fardeau considérable pour l’économie et une pierre d’achoppement pour les générations futures. (p. 143-144)

26 octobre, 2009

Le chiffre du jour : 50 %

Par ailleurs, la moitié des entreprises sondées (50%) de la région ne planifieront aucune activité de recherche et développement au cours des trois prochaines années, une donnée qui inquiète la FCCQ. "Lorsque l'on sait que la R-D et l'innovation sont au cœur de la croissance et la prospérité des entreprises, il y a lieu de se demander comment les entreprises d'ici pourront répondre avec succès aux enjeux de la mondialisation et la transformation nécessaire de l'économie québécoise vers une industrie davantage axée sur le savoir", déclare la présidente-directrice générale de la FCCQ, Françoise Bertrand.

L’occasion fait le larron

Dans le texte qui suit, Lysiane Gagnon dénonce la corruption rampante du milieu de la construction.

La corruption c’est un peu comme les champignons. Elle nécessite un terreau fertile et un climat appropriés pour se développer et croître. L’interventionnisme constitue ce terreau propice à la corruption.

Plus l’État intervient dans l’économie, plus il y a de contrats, programmes, règlements, permis, certificat d’autorisation, etc. Chaque contrat, programme, règlement et permis sont autant d’occasion pour les entrepreneurs peu scrupuleux de débaucher les fonctionnaires et les politiciens aux moeurs élastiques.

L’interventionnisme a aussi pour conséquence de tout compliquer. Ce qui devrait être simple et transparent devient opaque et coûteux. Seuls les experts peuvent s’y retrouver. C’est le paradis des lobbyistes et des magouilleurs.

Les entrepreneurs, même les plus honnêtes, finissent par embaucher des entremetteurs où si vous préférez des « pimps ». C’est ça ou la stagnation, sinon la faillite.

Ce problème ne sera jamais complètement éliminé, mais peut être minimisé en réduisant la taille de l’État à son strict minimum.
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L'art de noyer le poisson
Lysiane Gagnon, Cyberpresse, 22 septembre 2009

L'éthique... voilà un mot que je ne peux plus voir en peinture. Non pas que je sois contre la vertu, mais ce concept est devenu un mot-valise, un écran de fumée qui permet à nos politiciens de noyer les scandales en jouant les purs.
C'est quoi, actuellement, le pire scandale? Nos collègues, à La Presse et à Radio-Canada, ont commencé à le déterrer: c'est la corruption qui préside à l'industrie de la construction, et qui a coûté aux contribuables québécois un nombre incalculable de milliards de dollars, car le système ne date pas d'hier et il s'étend à la largeur du Québec, comme on le voit par l'état de nos routes, de nos viaducs, de nos échangeurs et de l'ensemble de nos infrastructures, de même que dans la sordide affaire des compteurs d'eau.

C'est un système de type mafieux, dont il est impossible de croire qu'il ne bénéficie pas de complicités, probablement chèrement monnayées, à de très hauts niveaux. On a déjà dépisté des compagnonnages douteux dans l'administration Tremblay et à la FTQ. Il y en a d'autres, assurément. Et la même chose se passe sans aucun doute au niveau provincial. Comment expliquer autrement que nos routes soient, partout et toujours, dans un pire état que celles du Vermont et de l'Ontario?

C'est là qu'il se trouve, le plus grave problème d'éthique. C'est aussi l'irritant qui suscite le plus d'insatisfaction dans la population montréalaise, comme l'indiquait hier un sondage Angus publié dans La Presse: si 52% et 54% des gens se plaignent de la malpropreté et du déneigement, ils sont 85% à critiquer l'état des routes... et la rénovation des infrastructures est «la» priorité pour 27% des gens, alors que d'autres dossiers comme les transports publics ou les services sont prioritaires pour moins de 15% des gens.
Détail à signaler à nos politiciens montréalais qui n'en ont que pour l'environnement: c'est la priorité de seulement 7% des citoyens. Le Bixi, c'est bien gentil, mais selon Statistique Canada, moins de 5% des habitants de Ville-Marie et de Rosemont utilisent le vélo pour leurs transports quotidiens; dans le sud-ouest et Mercier, c'est... 2%. Même dans le Plateau, l'arrondissement le plus «jeune», la proportion des cyclistes d'habitude n'est que de 10%.
Mais revenons à nos moutons. Il y a ce problème d'une industrie mafieuse, où un club fermé d'entreprises s'entend pour hausser les soumissions et se répartir le gâteau à coup de chantage et de violence, sous le regard complice ou impuissant de l'administration. Ne nous demandons pas pourquoi nos infrastructures sont en si piètre état: les entrepreneurs et leurs sous-traitants rognent sur les matériaux.
Que fait le maire Tremblay? Il noie le poisson. Il crée une «ligne d'éthique» pour encourager les fonctionnaires à dénoncer leurs collègues, au cas où il y en aurait un qui aurait mangé un hamburger aux frais des contribuables ou embauché sa belle-soeur comme téléphoniste. Ce ne sont pas les commérages qui vont venir à bout du système mafieux d'octroi de contrats qui est en train de ruiner le Québec. Les syndicats des employés municipaux ont raison de s'inquiéter, car la délation est rarement fructueuse, et les «lignes» risquent d'être brouillées par des règlements de compte personnels.
On noie aussi le poisson à Québec, où l'escouade spéciale de la SQ aura un mandat beaucoup trop vaste pour être efficace (on enquêtera sur toutes les fraudes dans tout le secteur public! Pourquoi pas sur la planète Mars, tant qu'à y être?).
Quand on veut crever un abcès, c'est l'abcès qu'on doit cibler.

25 octobre, 2009

Le secteur public : mythe vs réalité

Dans le texte qui suit, Michel Girard déboulonne le mythe selon lequel les employés du secteur public seraient moins bien rémunérés que ceux du secteur privé. Les chiffres sont éloquents :
  • rémunération hebdomadaire : 857$ vs 664$ en faveur du public;
  • rémunération horaire : 25,30$ vs 18,15$ en faveur du public;
  • heures travaillées : 1742 au public vs 1815 au privé;
  • heures d’absence payées (vacances, fêtes, maladie, etc.) : 229 heures au public vs 153 au privé;
  • régime de retraite à prestation déterminé au public vs à cotisation déterminée au privé;
    garantie d’emploi;
  • etc.
De plus, l’écart en faveur du public serait plus grand si les statistiques de l’ISQ incluaient les 542 000 travailleurs autonomes.

Dans ces conditions, l’amélioration des conditions de travail des employés du secteur public doit passer par l’amélioration de la productivité.
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Le public, le privé et les vrais chiffresMichel Girard, Cyberpresse, 24 octobre 2009
Qui gagne le plus: les employés du secteur public ou ceux du secteur privé? Qui de mieux placés que les fonctionnaires de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) pour répondre objectivement à cette question. Au chapitre de la rémunération hebdomadaire moyenne en 2008, les employés du secteur public gagnaient 857$ et ceux du secteur privé 664$. On parle donc d'un écart de 30% en faveur du secteur public.
Par secteur public, on tient compte ici des 807 000 emplois qui sont offerts au Québec dans la fonction publique et parapublique québécoise, les sociétés d'État (comme Hydro-Québec), les municipalités, l'administration fédérale. Ces employés sont syndiqués à hauteur de 81,0%. Pour déterminer la rémunération hebdomadaire moyenne du secteur privé, l'ISQ a tenu compte des 2,5 millions d'emplois offerts dans les entreprises privées ayant pignon sur rue au Québec. Du côté de ces employés, le taux de syndicalisation s'élève à peine à 26,2%.
D'autres données de l'ISQ s'avèrent également assez révélatrices de l'avance que l'ensemble des employés du secteur public détient sur les salariés du secteur privé.
Alors que la rémunération horaire moyenne atteignait en 2008 les 25,30$ dans le secteur public, elle ne s'élevait qu'à un taux de 18,15$ l'heure dans le privé.
Côté «durée du travail habituelle», les employés du secteur privé doivent travailler un plus grand nombre d'heures durant l'année, soit un total de 1815 heures, à comparer à 1742 heures pour les salariés du secteur public, pour un écart de 4,2%.
L'écart est toutefois nettement plus grand lorsqu'on compare la «durée du travail réelle», une fois soustraites les absences «vacances et jours fériés», les absences «maladie ou incapacité», les absences «obligations personnelles ou familiales», les absences «autres raisons».
Ici, l'employé du secteur privé s'en tire avec un nombre total d'heures de 1662 par année, comparativement à 1513 pour l'employé du secteur public. Le salarié du secteur privé a ainsi la «chance» de passer 9,8% plus de temps sur la job que le salarié du public!
Toutes les données précédentes portent exclusivement sur les salariés (temps plein et temps partiel) à l'emploi des deux secteurs, soit 3,3 millions d'employés (807 000 du public et 2,5 millions du privé).
Si on ajoute au secteur privé les 542 000 travailleurs autonomes, il appert que cela ferait baisser davantage la rémunération moyenne dans le secteur privé.
Au chapitre des avantages sociaux, il est impossible de comparer les deux secteurs puisque l'ISQ ne compile pas les données sur la valeur des avantages sociaux offerts aux employés qui travaillent dans les entreprises privées ayant moins de 200 employés. Remarquez qu'à sa face même, il est évident que les employés des PME québécoises ne peuvent bénéficier d'avantages sociaux aussi alléchants que ceux offerts dans l'ensemble du secteur public.
Comme vous savez, le Front commun des syndicats de la fonction publique (gouvernement) et parapublique (éducation, santé, services sociaux) québécoise réclame des hausses salariales de 11,25% pour les trois prochaines années, soit une augmentation globale de 3,2 milliards de dollars. Pour justifier la pertinence de ces demandes, on nous indique que le secteur public de l'administration québécoise n'a pas eu droit depuis belle lurette à des augmentations raisonnables.
Maintenant, malheur à tous ceux qui oseront questionner le timing de ces demandes syndicales, alors que les finances publiques sont dans le rouge saignant. Et que le gouvernement s'apprête à puiser davantage dans les poches des contribuables en augmentant la taxe de vente (TVQ), les frais des services publics, et peut-être les impôts.
Pour répliquer à ce qu'ils perçoivent comme la moindre attaque à leurs demandes syndicales et conditions de travail, le personnel de la fonction publique et parapublique est vite sur le courriel et il ne fait pas dans la poésie. Je parle en connaissance en cause.
La «mise en garde» étant faite, la dernière enquête de l'Institut de la statistique sur la «Rémunération des salariés» en 2008, donne un intéressant éclairage sur la rémunération des emplois pouvant être comparés entre le secteur public et le secteur privé (mais seulement chez les entreprises de 200 employés et plus).
Que ressort-il en termes de rémunération globale, incluant salaires, avantages sociaux et heures de présence au travail?
Les salariés de l'administration québécoise (fonction publique et parapublique) gagnent globalement 4,2% de plus que ceux des entreprises privées de 200 employés et plus. Une précision s'impose. Les résultats diffèrent selon qu'on compare avec les salariés syndiqués (-12,2%) et les salariés non syndiqués (+11,9%).
Maintenant, voici un argument de taille que le Front commun utilisera sans doute pour justifier auprès du gouvernement Charest la hauteur de ses demandes d'augmentations salariales.
Les employés de l'administration québécoise gagnent actuellement une rémunération globale inférieure à celle offerte dans les autres administrations publiques, soit 22,7% de moins que leurs collègues des municipalités et des sociétés d'État; et quelque 13,5% de moins que leurs collègues du fédéral. Les employés de l'administration québécoise sont-ils sous payés? Ou est-ce ceux des autres administrations publiques qui sont surpayés?
La question «envieuse» des 3 074 400 travailleurs du secteur privé: combien ça vaut la sécurité d'emploi dans le secteur public? J'attends la réponse...

24 octobre, 2009

Les Fonctionnaires (43/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Une des idées qui a inspiré le plus grand nombre de gouvernements est celle de séparer l’élaboration des politiques de la prestation des services. Selon cette approche, l’élaboration des politiques est confiée à une petite équipe qui travaille étroitement avec le ministre, alors que la prestation des services est confiée à des « agences », c’est-à-dire à de nouvelles entités administratives qui peuvent se voir transférer un fort niveau d’autorité. Cette forme d’organisation, en place dans certains pays depuis plus de vingt ans, ne fait pas l’unanimité. La critique la plus sévère est que les agences, obéissant à des impératifs d’efficacité et de rigueur administrative, sont insensibles aux besoins changeants de la clientèle et en viennent à poursuivre des objectifs qui répondent à leurs impératifs propres plutôt qu’aux attentes des clients.

Plusieurs ont cru possible de promouvoir une plus grande efficacité administrative en laissant plus de latitude aux gestionnaires en contrepartie d’une imputabilité accrue. Le contexte dans lequel évolue la fonction publique a vite transformé cette vision en chimère : on s’est rendu compte que les résultats sont difficilement mesurables et que, peu importe l’autonomie formelle accordée aux agences, les ministres trouvent les moyens d’intervenir lorsque la situation politique l’exige. De plus, les agences ne font qu’empirer le problème de l’intégration des politiques publiques et de la coordination des programmes gouvernementaux. (p. 140-141

22 octobre, 2009

Le Québec relégué au rang de "république de banane"


Caractéristique d'une "république de banane" : les politiciens ont plus peur des bandits que des sondages.

Le chiffre du jour : 60 %

Les Canadiens font face à la crise économique avec détermination et ils ont modifié leurs habitudes financières en conséquence, selon le deuxième Indice canadien de report de la retraite Sun Life. Soixante pour cent des travailleurs canadiens ont réduit leur dette, et ils ont indiqué dans une proportion presque équivalente (59 %) qu'ils avaient également réduit leurs dépenses depuis janvier.

21 octobre, 2009

Montréal mérite mieux

Dans le texte qui suit, Claude Piché déplore le fait que Montréal se vide de ses sièges sociaux. Toronto avec ses 176 sièges sociaux est à des années lumières des autres villes canadiennes. Il y a bel lurette que Montréal ne peut plus se comparer à Toronto. Mais au moins, nous étions bon deuxième.

Plus maintenant, pendant que Montréal baignait dans son immobilisme confortable, d’autres villes, plus dynamiques, avançaient. Depuis peu, Calgary avec ses 79 sièges sociaux dépasse Montréal qui n’en plus que 76. Au rythme ou vont les choses, il est probable qu’après les jeux olympiques, Vancouver relèguera Montréal au quatrième rang.

Cela ne devrait surprendre personne. Comment pourrait-il en être autrement?

Montréal est une ville ingérable dans une région, le Québec, où il y a le moins de liberté économique en Amérique du Nord. Que Montréal puisse retenir ou attirer des sièges sociaux serait un vrai miracle.

Mais pourquoi s’en faire, l’économie ce n’est pas tout ce qui compte. Nous sommes pauvres, mais nous sommes les seuls canadiens qui bénéficient d’une charte de l’image corporelle. Ce n’est pas rien!!
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Adieu, sièges sociauxClaude Piché, Cyberpresse, 20 octobre 2009

Alors que Montréal est plongé en pleine campagne électorale au milieu des parfums de scandales que l'on sait, la ville continue de se vider de ses sièges sociaux.
C'est bien connu, il y a des décennies que Toronto a supplanté Montréal pour ce qui est du nombre de grands sièges sociaux. Jusqu'à tout récemment, Montréal pouvait cependant se consoler en se disant qu'il arrivait bon deuxième au Canada, derrière Toronto certes, mais loin devant Calgary et Vancouver.
Triste nouvelle: ce n'est plus vrai. Depuis huit ans, presque imperceptiblement, Montréal a été victime d'une véritable érosion de ses sièges sociaux, essentiellement au profit de Calgary.
Voici des chiffres qui font peur:
> En 2000, Toronto comptait 190 grands sièges sociaux, contre 92 à Montréal, 50 à Calgary et 41 à Vancouver.
> Huit ans plus tard, en 2008, Toronto domine toujours le classement avec 176, mais Calgary arrive maintenant en deuxième place avec 79, suivi de Montréal avec 76. Vancouver est resté exactement au même point avec 41. C'est la première fois que Montréal glisse en troisième position.
Ces statistiques proviennent de l'étude annuelle de l'Institut Fraser sur les sièges sociaux, qui vient d'être publiée.
Les auteurs du document basent leurs calculs sur le classement du Financial Post 500, qui énumère, comme son nom l'indique, les 500 plus grandes entreprises au Canada.
Pour donner un ordre de grandeur, disons que le groupe de services financiers Optimum (500 employés, 400 millions de dollars de revenus, 2,3 milliards d'actifs sous gestion) arrive au 500e rang, juste derrière Van Houtte, le plus vaste réseau de services de café en Amérique du Nord.

Ça, ce sont les deux plus petits. On ne parle pas ici de bineries.
Les quatre villes que nous venons de nommer abritent à elles seules les trois quarts des 500 plus grands sièges sociaux au Canada.
Aux fins de l'étude, les sièges sociaux sont attribués à la région métropolitaine de recensement. Par exemple, le siège social d'Alimentation Couche-Tard est situé à Laval, mais est comptabilisé comme un siège social montréalais.
La présence de grands sièges sociaux représente un atout économique de taille pour n'importe quelle ville. En plus de fournir des milliers d'emplois directs, les grands sièges sociaux entraînent des retombées importantes. Ils font appel à un vaste éventail de fournisseurs locaux: informaticiens, avocats, comptables, publicitaires, ingénieurs. Ils constituent des centres de décision stratégiques. Ils ont tendance, dans leurs contrats internationaux, à favoriser les sous-traitants locaux parce qu'ils les connaissent bien. Il existe bien sûr quelques exceptions, un des cas les plus connus étant celui de la Banque de Montréal, dont le siège social, officiellement, est bel et bien situé à Montréal alors que l'institution, dans les faits, est dirigée de Toronto (c'est la même chose pour la Banque de Nouvelle-Écosse, dont le siège social est toujours officiellement à Halifax). Mais dans la vaste majorité des cas, il est clair que les grands sièges sociaux contribuent grandement à stimuler l'économie des villes qui les abritent.
Ce n'est pas tout. Le nombre de sièges sociaux ne fournit qu'une partie du portrait.
Pour avoir une idée plus juste de l'impact des sièges sociaux sur l'économie locale, il faut aussi tenir compte de la taille des villes qui les abritent.
Prenons une ville de 500 000 habitants, et une autre d'un million, chacune abritant le même nombre de grands sièges sociaux. Il saute aux yeux que c'est la plus petite des deux villes qui profitera le plus de leur présence.
Pour mesurer la concentration des sièges sociaux, les chercheurs de Fraser calculent le nombre de sièges sociaux par tranche de 100 000 habitants. Selon cette mesure, Montréal n'est tout simplement plus dans la course.
Ainsi, Calgary domine le classement avec 6,7 sièges par tranche de 100 000 habitants, contre 3,2 pour Toronto et seulement deux pour Montréal. Autrement dit, toutes proportions gardées, Calgary abrite trois fois plus de sièges sociaux que Montréal. Vancouver ferme la marche avec 1,8 mais, contrairement à Montréal, Vancouver n'a jamais été reconnue pour son grand nombre de sièges sociaux.
Surtout, ce que ces chiffres nous disent, c'est que depuis huit ans, la perte des sièges sociaux montréalais s'est faite avec une brutalité sans précédent. En effet, entre 1990 et 2000, le nombre de grands sièges sociaux montréalais est passé de 96 à 92. On est loin de l'hémorragie.

Pendant ce temps, Toronto en gagnait quatre, Calgary six et Vancouver en perdait quatre. Or, comme on vient de le voir, Montréal n'en conservait plus que 76 l'an dernier. Cet effondrement peut s'expliquer de plusieurs façons: départs, fermetures, ou tout simplement baisse du chiffre d'affaires. C'est notamment le cas de VIA Rail, qui apparait parmi les 500 l'an dernier, mais qui a été éjecté de la liste en 2008 à cause de la baisse de ses revenus. Sur papier, c'est une perte pour Montréal, même si la ville conserve le siège social de VIA Rail. Le problème, c'est que cette société n'est plus considérée parmi les plus grandes. En revanche, Van Houtte, qui n'apparaissait pas au classement de 2007, figure sur la liste cette année (de justesse, au 499e rang) en raison de la hausse de son volume d'affaires. C'est normal: chaque année, des entreprises apparaissent au classement, d'autres en disparaissent.
Ce qu'il faut retenir, c'est qu'en considérant les sièges sociaux des plus grandes entreprises canadiennes, Montréal n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été.

Le chiffre du jour (2) : 3,7 millions

Plutôt que de lutter contre le décrochage scolaire, les directeurs d'écoles du Québec remplissent de la paperasse. Une enquête de la Fédération québécoise des directeurs et directrices d'établissement d'enseignement révèle qu'ils passent trois mois et demi par année à remplir des formulaires et à assister à des réunions.
Les données de l'enquête indiquent que les patrons d'écoles rempliraient 3,7 millions de pages de formulaires chaque année. Les directeurs passent annuellement environ 2,7 millions d'heures à s'occuper d'autre chose que de l'éducation des élèves.
Selon la présidente de la Fédération des directeurs d'écoles, pendant que les dirigeants d'écoles remplissent des formulaires, la lutte contre le décrochage scolaire est négligée.

Le chiffre du jour : 14,3 %

Dans l'univers RBC Dexia qui représente 310 milliards de dollars canadiens, les régimes de retraite ont procuré un rendement de 7,2 % pendant le trimestre terminé le 30 septembre 2009, ce qui porte à 14,3 % la progression enregistrée depuis le début de l'année. "Deux bons trimestres consécutifs ne sont pas nécessairement synonymes de reprise, mais la progression est encourageante", a indiqué Don McDougall, directeur général des Services-conseils à RBC Dexia.

20 octobre, 2009

Les Fonctionnaires (42/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Étant donné que les lois sont le fondement de toutes les actions de l’administration publique, bien des élus pensent qu’il s’agit de changer les lois et les règlements pour effectuer des réformes. Cette approche est particulièrement attrayante pour les législateurs puisqu’ils maîtrisent entièrement le processus : commission parlementaire, amendement au projet de loi et mise en oeuvre des articles de la loi selon le calendrier établi par le gouvernement. La prépondérance de la loi est cependant une illusion car, en matière administrative, les sanctions sont le plus souvent inexistantes ou non appliquées. La mise en oeuvre des dispositions de la loi dépend de la bonne volonté des fonctionnaires. L’adage de ces derniers dans le cas de dérogations aux règles est : « Est-ce que ça conduit en prison? » Bien des lois de nature administrative demeurent lettre morte ou sombrent dans l’oubli sans conséquence aucune. (p. 139)

Le chiffre du jour (2) : 91 %

Sans grande surprise, l'enquête Génération C révèle que les 12-24 ans comptent parmi les grands consommateurs de technologies de l'information de notre société. Ainsi, 84 % d'entre eux possèdent un lecteur de type MP3 (un iPod, par exemple), 64 % ont un ordinateur de bureau, 60 % une console de jeu vidéo, 57 % un téléphone cellulaire conventionnel, 39 %, un ordinateur portable et 5 % un cellulaire intelligent (comme un BlackBerry). Si les garçons sont plus susceptibles de détenir un ordinateur de bureau, une console de jeu ou un cellulaire intelligent que les filles, celles-ci sont par contre plus nombreuses à posséder un cellulaire.
Côté connexion, 91 % des jeunes Québécois ont accès à Internet haute vitesse à la maison. Le sondage nous apprend également que les 18-24 ans sont de plus grands utilisateurs d'Internet que les 12-17 ans. Les premiers passent en moyenne 22 heures par semaine sur Internet, comparativement à 16 heures pour les seconds.

Le chiffre du jour : 3e

Dans le cœur et dans les souvenirs de voyage des lecteurs du prestigieux magazine américain Condé Nast Traveler édition de novembre 2009, Québec occupe toujours une place de choix, la meilleure jamais enregistrée auprès des lecteurs du Conde Nast Traveler. À preuve, les qualités de Québec et sa région comme destination touristique ont encore une fois été reconnues : Québec se classe au 3e rang des meilleures destinations des Amériques (excluant les États-Unis), au 6e rang incluant les États-Unis et au 12e rang de l'ensemble des destinations touristiques au monde (tous continents confondus).
Québec conserve donc la troisième position et améliore sa performance quant on tient compte des destinations américaines et mondiales, passant respectivement du 9e au 6e rang, et du 19e au 12e rang. Toutes les villes qui précèdent Québec sont des destinations prestigieuses et de calibre international.

19 octobre, 2009

Les Fonctionnaires (41/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Depuis plus de trente ans, à la suite de l’implantation de la gestion par objectifs puis de la gestion par résultats, la fonction publique s’est vue obliger de mettre en oeuvre divers systèmes de mesure du rendement. Force est de constater que tous ces efforts n’ont pas donné de résultats très probants. Les raisons de ces échecs sont nombreux.

Le secteur public ne dispose pas, comme le privé, de mesures globales de rendement du type part de marché, profits et rendements sur le capital investi. Les objectifs poursuivis étant le plus souvent nébuleux, il est impossible de mesurer jusqu’à quel point ils ont été atteints. Lorsqu’on examine chacun des programmes, il s’avère très difficile de mesurer les résultats finaux (outcomes). On se contente donc de mesurer les extrants (outputs), ce qui permet de produire une foule de chiffres, de noircir des pages entières de rapports, sans que les parlementaires ou le public ne sachent à quoi s’en tenir sur la valeur du programme. Par exemple, s’agissant du cours de formation professionnelle, on peut calculer le nombre de participants, le nombre de sessions, le degré de réussite aux examens et le nombre de personnes ayant décroché un emploi dans leur domaine de spécialisation. Les vrais critères de succès, cependant, sont le nombre et le pourcentage de finissants qui ont vraiment fait carrière dans leur spécialité et ne se sont pas contentés d’expérimenter diverses possibilités aux frais des contribuables.

Pour se mettre à l’abri des critiques, la fonction publique a systématiquement recours à la tactique consistant à produire des tonnes d’information que personne n’est en mesure de déchiffrer, d’interpréter et de comprendre. L’administration publique donne ainsi une image de transparence, mais dans les faits elle se camoufle derrière la surabondance, la prolifération et le foisonnement.
(p. 127-128)

Le chiffre du jour : 35 %

Un sondage national mené auprès de Canadiens de 43 à 63 ans nous apprend que 69 % des personnes interrogées ont au moins un de leurs parents ou beaux-parents encore en vie. Parmi eux, le tiers (35 %) affirme s'occuper de leurs parents âgés d'une manière ou d'une autre. Plus particulièrement, ces baby-boomers parcourent en moyenne 225 km par mois et consacrent chaque mois l'équivalent d'une semaine complète de travail (42 heures) pour les aider. De surcroît, 39 % de ces aidants leur fournissent aussi un soutien financier qui s'élève en moyenne à 498 $ par mois.

18 octobre, 2009

Vote et droit de critique


Dans le texte qui suit, Jean-Marc Léger défend la thèse qu’il n’est pas légitime de critiquer les politiciens si vous n’allez pas voter.

Je suis en profond désaccord avec ce point de vue.

Depuis environ dix ans, le taux de participation aux élections municipales, provinciales et fédérales a considérablement diminué. Selon moi, c’est un signe encourageant. Les électeurs sont de moins en moins dupes des balivernes véhiculées par nos politiciens. Si on veut sauver la démocratie il faut que ceux qui la représentent soient crédibles et dignes du respect des électeurs.

Prenons par exemple le cas des élections municipales du 1ier novembre prochain.

Le maire sortant et chef d’Union Montréal, Gérald Tremblay a, depuis huit ans, démontré qu’il était incapable de maintenir les membres de son équipe dans le droit chemin. Les nombreux scandales et cafouillages sont là pour le démontrer. Évidemment, je ne peux pas cautionner l’incompétence du maire en votant pour Union Montréal.

Louise Harel, chef de Vision Montréal, représente les politiciens de la vieille garde. De plus, son passé souverainiste et le rôle clef qu’elle a jouée dans la saga des fusion-défusion teinteront ses relations avec Québec et Ottawa. Elle sera reçue avec méfiance quand ce ne sera pas avec dédain. Or, Montréal dépend de Québec et d’Ottawa pour financer le moindre projet. Il ne serait pas raisonnable d’appuyer une future mairesse qui risque d’envenimer les relations entre les bailleurs de fonds et Montréal.

Finalement, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, est le digne représentant de la gogauche québécoise. Les livres qu’il a écrit en disent long sur ce que Montréal risque de devenir sous le règne Bergeron : L’anti-développement : le prix du libéralisme, chez L’Harmattan, à Paris ; Le livre noir de l’automobile, qui fut publié début 1999, aux Éditions Hypothèse ; et Les Québécois au volant, c'est mortel, publié chez Les Intouchables. Faut-il en ajouter ?

Donc, aucun des candidats lorgnant la mairie m’est acceptable. En quoi cela devrait-il m’enlever la légitimité de critiquer la performance du futur maire ou mairesse? Bien au contraire, puisque je n’ai pas cautionné le candidat (e) choisi (e) mes critiques seront d’autant plus objectives et crédibles.
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Le droit de chialer
Jean-Marc Léger, Canoê, 14/10/2009 10h26

Vous êtes écoeurés d'être pris dans la circulation automobile, de faire des zigzags à travers les nids-de-poule et des rues mal nettoyées et mal déblayées.

Vous estimez que les parcs ne sont pas entretenus, que les équipements sportifs sont désuets, que les loisirs sont mal organisés et que les services communautaires sont délaissés.

Vous croyez que les employés municipaux sont trop paresseux et qu'ils ne s'occupent pas suffisamment des problèmes des citoyens.

Vous avez peur de vous promener le soir, de prendre le transport en commun et vous espérez plus de policiers en service.

Vous souhaitez une ville plus propre, mieux aménagée et avec de nouveaux logements abordables.

Vous espérez un centre-ville plus dynamique avec de nouveaux commerces de proximité et des entreprises créatrices d'emplois.

Vous critiquez parce que vous payez trop de taxes pour la qualité des services que vous recevez et vous êtes convaincus que la ville est mal gérée et surendettée.

Vous êtes persuadés que les politiciens sont malhonnêtes et qu'ils s'en mettent plein les poches et pensent plus à leur réélection qu'à servir les citoyens.

DE VOTRE FAUTE

Sachez que tous ces problèmes sont d'abord et avant tout de votre faute. Parce que vous ne vous informez pas, parce que vous ne vous impliquez pas et parce que vous ne votez pas pour choisir l'homme ou la femme qui vous représentera. Vous êtes responsables de vos malheurs, car vous laissez les autres décider à votre place.

Seulement 45% des gens ont pris la peine d'aller voter aux dernières élections municipales, 58% aux élections provinciales et 62% aux élections fédérales au Québec. C'est catastrophique et ce sont les plus faibles taux de votation de notre histoire.

8 000 CANDIDATS

Il y a 8000 candidats dans 1107 municipalités qui se présentent aux élections municipales du 1er novembre prochain. Il y a parmi eux des candidats très compétents et dévoués. C'est à vous de les découvrir et de les appuyer.

CHANGER LE MONDE

C'est par votre vote que vous permettez à des Barack Obama, René Lévesque ou Nelson Mandela de changer le monde. C'est par votre vote que vous pouvez changer votre monde.

Vous avez le choix de vous exprimer en allant voter le 1er novembre ou de vous la fermer durant quatre longues années.

15 octobre, 2009

Les Fonctionnaires (40/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les divers groupes, institutions et individus concernés par un programme gouvernemental peuvent avoir des visions bien différentes des objectifs visés ou des résultats anticipés. Par exemple, un programme de formation professionnelle offert à des chômeurs peut être présenté officiellement comme un moyen de combler les besoins du marché du travail et de réduire le taux de chômage. Pour les commissions scolaires, les enseignants et les bénéficiaires, le programme peut représenter essentiellement une source de revenus. Dans cette hypothèse, peu importe si le programme de formation permet ou non aux bénéficiaires d’accéder à un emploi, il sera jugé positivement par tous les intervenants concernés. C’est ce qui explique que les programmes de formation à l’entrepreneuriat ont pu s’avérer très populaires et être offerts pendant des années, même s’ils étaient tout à fait inefficaces du point de vue de la création d’entreprises.

Les exemples mentionnés plus haut permettent de comprendre pourquoi les gouvernements ne sont pas très chauds à l’idée d’évaluer les résultats des programmes. La mesure des résultats présente, tant du point de vue politique que du point de vue administratif, une problématique complexe.
(p. 124)

Fonction publique : il faut d'abord augmenter la productivité

Les syndicats du secteur public demandent des augmentations de salaire de 11,25 % sur trois ans. Ils prétendent que les travailleurs du secteur public sont moins payés que leurs équivalents dans le privé ce qui créerait des difficultés de recrutement.

Malgré les affirmations syndicales, 64 % des Canadiens sont convaincus, avec raison, que les conditions de travail du secteur public sont plus généreuses que celles du secteur privé. De plus, un sondage conclue que les futurs travailleurs choisiraient de préférence la fonction publique s’ils en avaient l’occasion. Donc, pour les difficultés de recrutement on repassera.

Cela va peut-être vous surprendre, mais je soutiens que les bons professeurs, les bonnes infirmières, les bons médecins, etc. sont sous payés par rapport à ce qu’ils valent et pourraient gagner ailleurs.

Malheureusement, dans un monopole d’État hyper syndicalisé, le rendement des bons employés, même lorsqu’ils travaillent d’arrache-pied, est médiocre. Tout concoure pour les empêcher d’être efficaces. Ils sont systématiquement pris en otage entre une bureaucratie inepte et des conventions collectives rigides qui nuisent à leur productivité. Un tel système tend à abaisser la performance des meilleurs au niveau des moins bons.

Vu l’état catastrophique des finances publiques, on ne peut pas se permettre d’augmenter les salaires des fonctionnaires, même si certains d’entre eux le mériteraient. La seule avenue viable, pour assurer la pérennité des programmes sociaux et améliorer la qualité des services, est l’amélioration de la productivité.

Si les dirigeants syndicaux veulent sérieusement améliorer les conditions de travail de leurs membres ils doivent d’abord reconnaître ce fait. Ensuite, tout devient possible.
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Négos dans le secteur public
Le front commun syndical réclame 3 G$
Canoë, 13/10/2009

Le front commun des syndicats du secteur public s'apprête à déposer, d'ici la fin du mois, ses demandes au gouvernement du Québec.
Les syndicats demandent des augmentations de salaires de 11,25 % sur trois ans, l'équivalent de 3 milliards $. Ces demandes s'appuient sur l'écart grandissant entre les salaires versés dans le secteur public et ceux, plus élevés, versés par les entreprises privées. Au point, disent les syndicats, où le secteur public connaît des difficultés de recrutement.
Malgré l'ampleur de leurs demandes, les porte-paroles du Front commun croient possible d'en arriver à un règlement négocié avec l'État.

14 octobre, 2009

Le chiffre du jour : 78 %

Selon un sondage récent effectué par les ACVM, il y a une demande pour des ressources éducatives sur les compétences financières conçues pour les familles. Le sondage révèle que 78 % des Canadiens estiment que l'enseignement de compétences financières fait partie des choses les plus importantes qu'un parent peut faire pour son enfant.

(NDLR : ...et les sages du MÉQ ont décidé de canceller les cours d'éducation financière et économique. Évidemment, ils savent mieux que nous ce qui est bon pour nous!!)

Le « cochon de payant » n’est pas au bout de ses peines!

Dans le texte qui suit, Serge Côté s’indigne d’être le « cochon de payant » d’un État obèse, inefficace et arrogant.

Malheureusement, les choses ne risquent pas de changer prochainement. Le PLQ et le PQ sont deux partis hyper-interventionnistes dont le réflexe naturel est de mettre les mains plus profondément dans nos poches. L’ADQ est aux soins intensifs. Si elle survit, je crains qu’elle n’offrira pas une option viable aux électeurs avant 2020.

De plus, neuf éditorialistes/chroniqueurs sur dix prétendent qu’il n’est pas possible de régler le déficit et de rembourser la dette sans augmenter le taux de fiscalité et les tarifs.

Les politiciens n’ont aucun intérêt à s’opposer à un tel consensus. Ils sont certainement ébahis de voir que les « faiseurs d’opinion » se chargent d’orienter l’opinion publique pour eux.
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Sur le dos du cochon de payantSerge Côté, Le journal de québec, 09/10/2009

Une information non confirmée circule actuellement, voulant qu’Hydro-Québec envisage de hausser les tarifs d’électricité. Chaque ménage devrait donc débourser entre 175 $ et 265 $ de plus par année. Ce n’est pas rien si on tient compte des augmentations qui frappent tous les domaines. Ça fait encore plus mal lorsqu’on parle d’alimentation, de consommation d’électricité, de linge et d’essence. Quatre domaines auxquels on n’échappe pas.
Dans certains cas (vêtements et nourriture), on peut toujours magasiner. Mais nous sommes littéralement otages des détaillants de pétrole qui ajustent leur prix sur la concurrence et, encore plus, d’Hydro-Québec.
La hausse du coût de l’électricité rapporterait un milliard de plus dans les coffres du gouvernement. Si tel devait être le cas, il s’agirait d’une mesure dégueulasse. Pourquoi? Parce qu’on s’en prend encore une fois au cochon de payant qui n’a rien à dire. Pour l’heure, Hydro demande des hausses modestes : 0,2 % à compter d’avril 2010 et moins de 2,5 % pour les années subséquentes. Mais le scénario d’une augmentation majeure serait sur le bureau du PM.
Le président
Mardi, en commission parlementaire, l’opposition a mis en lumière le report du plan stratégique d’Hydro, les dons aux écoles privées, les erreurs de facturation aux abonnés et le boni de rendement de 122 000 $ qu’a reçu le président Thierry Vandal (en sus du salaire de 417 000 $). Sans parler de factures de restaurants faussement identifiées comme frais de représentation chez Hydro.
Il semble que, comme si de rien n’était. Comme s’il avait dit : on s’en fout!
Alors, non seulement êtes-vous tenu en otage par Hydro-Québec, mais la tête dirigeante ne semble guère prête à agir pour alléger votre fardeau. Vous ne pouvez vous retourner vers un autre fournisseur. Hydro a beau jeu.
À la commission, la ministre des Ressources naturelles, Mme Nathalie Normandeau, a senti le besoin de dire que les dons aux écoles ont été retirés, après avoir été désapprouvés par le gouvernement. C’est bien, mais c’est « après ». Après que cette situation eut été dénoncée. Comment se fait-il que quelqu’un ait décidé d’y aller dans les dons à des institutions privées? Bof… pas grave. Si on manque d’argent, on mettra quelques sous de plus du kilowatt et on s’emplira les poches à nouveau.
Lors de la dernière élection, le gouvernement Charest avait promis de faire une réingénierie de l’État. Rien de significatif pour le porte-monnaie des cochons de payant n’a été fait. On veut augmenter les tarifs de divers services… Les impôts ne baissent pas… Les coûts de services obligatoires augmentent sans qu’on ait le choix…
Dégraisser
Mais où sont les coupures majeures dans la fonction publique, les resserrements de dépenses, les abolitions de niveaux multiples dans la gestion?
Nulle part. La machine a depuis longtemps bouffé les opérateurs. À force de vouloir protéger la chèvre et le chou, il ne se passe rien. On ne me fera pas croire qu’on ne pourrait pas dégraisser ce monstre. Allons!
Mais pour le faire, il faudrait attacher sa tuque avec de la broche parce que les hauts cris se feraient entendre rapidement. Il faudrait effectivement faire la réingénierie en se disant qu’au bout du compte, c’est le contribuable qui assume les coûts en trop et qu’on doit le soulager au plus tôt. Tantôt, il n’aura plus le moyen de dépenser et de faire vivre les commerces. Il en aura juste assez pour payer les dépenses de base.
Mais, au lieu d’aller chercher de l’argent dans des économies récurrentes, on grossit le fardeau du cochon de payant. De façon récurrente!

13 octobre, 2009

Le chiffre du jour : 62 %

Vivre selon ses moyens. Commencer à investir le plus tôt possible. Ne pas s'endetter. Selon le 9e sondage annuel de TD Waterhouse auprès des femmes investisseurs, ce sont là les principaux conseils financiers que des femmes canadiennes, âgées de 45 à 64 ans, ont pour d'autres femmes. Le sondage 2009 semble indiquer que les Canadiennes ont suivi leurs propres conseils, en gérant bien leurs finances en dépit de la récession, mais elles demeurent préoccupées quant à l'atteinte d'une retraite confortable.
Le récent repli économique a eu peu d'incidence sur les comportements des femmes en matière d'investissement. Par exemple, le sondage 2009 révèle qu'au cours de la dernière année, 73 % d'entre elles n'ont pas modifié le niveau de risque qu'elles prennent en investissant et, en fait, un peu plus de Canadiennes considèrent avoir réussi sur le plan financier comparativement à 2008 (62 % contre 58 %).

Quelles sont les valeurs libérales?

André Dorais

Lors du Conseil général du Parti libéral du Québec tenu les 25, 26 et 27 septembre derniers, le Chef du parti et Premier ministre, Jean Charest, suggérait aux militants de se laisser guider par les valeurs libérales. Il ne faisait pas allusion aux valeurs libérales philosophiques et originelles, mais plutôt aux priorités de son parti, soit la santé, l’éducation et les familles. Il s’agit d’une distinction importante, car si l’on n’a rien à redire des priorités des uns et des autres, on ne peut pas accepter que celles mises de l’avant par le Parti libéral soient qualifiées de valeurs libérales.

La doctrine libérale ne s’oppose pas à la santé, l’éducation et les familles, elle est plutôt contre l’idée d’imposer à autrui des priorités quelconques. Chaque individu a ses priorités et lorsqu’on lui impose des charges pour subvenir aux priorités des autres, alors il doit consacrer plus de ressources à satisfaire les siennes, si encore il le peut. Le libéralisme ne cherche pas à combler les besoins individuels, il offre plutôt un cadre éthique et juridique qui permet à chacun de les satisfaire. Dès lors qu’un gouvernement impose ses priorités sous le prétexte qu’elles correspondent à celles de la majorité, il sort du cadre libéral.

Le Parti libéral du Québec, comme d’ailleurs la plupart des partis dits libéraux dans les démocraties, s’éloignent de plus en plus du libéralisme originel, ou pour dire les choses autrement, ils se rapprochent de plus en plus du socialisme. La cause en est la même partout : la démocratie tend à accroître les pouvoirs de l’État au détriment de ceux des individus.

On associe communément la démocratie au libéralisme pour quelques raisons dont les suivantes : ces doctrines offrent plus de pouvoir à l’individu relativement aux régimes politiques qui les précèdent et, à l’exclusion de la démocratie athénienne, elles voient le jour pratiquement en même temps à l’Époque moderne. On doit rappeler, cependant, que la démocratie est un régime politique, alors que le libéralisme cherche à établir des normes universelles valides pour chaque individu. Le libéralisme a une vision plus large de la coopération humaine que la démocratie, par conséquent il peut se retrouver à l’intérieur de d’autres régimes politiques. On peut le considérer comme une éthique qui cherche à guider tous les régimes politiques.

Les valeurs libérales sont celles qui appartiennent à chaque individu, soit les libertés individuelles. Celles qu’on entend le plus souvent parler sont les libertés de se réunir, de s’associer et de s’exprimer : exprimer son opinion, sa pensée, ses croyances, etc. Il s’agit de libertés d’action. Exprimer sa pensée n’implique pas qu’on ait à se déplacer, mais cela ne demeure pas moins une action de l’esprit qui cherche à se faire entendre.

Pour que ces actions soient qualifiées de libertés encore faut-il en être conscient, d’où qu’il n’y a pas de libertés sans d’abord la capacité (pouvoir ou liberté) de penser. Les libertés sont souvent regroupées en catégories plus ou moins bien définies telles que les libertés civiles, politiques et économiques.

L’expression «libertés civiles» est peu utilisée, on y préfère l’expression «droits civils». Or, ces droits ne sont rien d’autres que les libertés individuelles. Lorsqu’on parle de droits civils on fait référence à un état de droit, par conséquent à une reconnaissance et à un contrôle de l’État de ces droits. Ce ne signifie pas que l’État donne naissance aux libertés, mais plutôt qu’il cherche à les contrôler. Les libertés sont antérieures aux droits et en ce sens elles n’ont nul besoin de l’État pour exister. Il ne s’agit pas de nier le besoin de contrôle, mais de préciser que celui-ci ne passe pas nécessairement par l’État.

Lorsqu’on évoque la liberté politique on renvoie également à un ensemble de libertés, mais à l’instar de l’expression «droits civils» on s’en tient aux libertés sanctionnées par l’État. Cependant, si les droits civils ont toujours été associés aux libertés individuelles, on ne peut en dire autant de l’expression «liberté politique». En effet, bien qu’on puisse entendre aujourd’hui cette expression comme étant une façon de parler des libertés individuelles, de manière historique elle renvoie plutôt au pouvoir politique de les sanctionner ou non. Autrement dit, elle renvoie autant, sinon davantage, à un pouvoir du politique sur les individus et, en ce sens, elle est contraire à l’esprit du libéralisme qui est de fortifier l’individu face au politique.

En somme, que l’on parle des libertés civiles, droits civils, libertés individuelles, fondamentales, voire politiques, droits de l’homme, droits naturels, individuels, fondamentaux, liberté politique ou individuelle, on parle essentiellement de la même chose. Qu’en est-il de la liberté économique?

La liberté économique, comme toutes les autres libertés, est une liberté individuelle et à son instar elle renvoie à un ensemble de libertés. Celles-ci se caractérisent par ce que l’individu peut faire de sa propriété, à savoir l’échanger, la consommer, en produire quelque chose d’autre en la transformant, etc. On la trouve peu dans les différentes chartes et lorsqu’on la rencontre, c’est souvent enseveli sous une panoplie d’autres droits qui lui enlèvent tout pouvoir. La liberté économique est le maillon faible de la démocratie. Elle est aussi bafouée dans les démocraties que les autres libertés le sont ailleurs dans le monde.

Il s’agit certainement de la liberté la plus détestée et de la plus mal comprise. Elle horripile les hommes de l’État, mais elle est aussi, sans contredit, la plus importante à l’épanouissement de l’homme. Ne peut être considéré libéral celui qui la rejette. Malheureusement, de très bonnes gens la rejettent et d’autres la bafouent quotidiennement. Ils la considèrent soit insuffisamment juste, soit carrément injuste. Ceux qui la considèrent insuffisamment juste cherchent à l’amender, mais ce faisant ils finissent par la détruire. Ceux qui la rejettent devraient, en principe, se réjouir de ce résultat, mais c’est parce qu’ils n’ont pas idée de la déchéance qui les attendent suivant cette hypothèse.

La morale démocrate

L’éthique libérale repose sur le respect de l’individu et de sa propriété, tandis que la morale démocrate vise une plus grande égalité économique. Pour établir cette égalité, ou plutôt pour réduire cette inégalité, elle n’a d’autre choix que d’utiliser la contrainte. Les tenants de cette morale ne se préoccupent pas de savoir si l’argent (ou la propriété) que l’on soutire des gens a été accumulé de manière légitime ou non puisque leur idée de la justice (ou de la morale) domine tout le reste. Ils ont une conception à la fois utilitariste et collectiviste de la justice, c’est-à-dire qu’ils considèrent que tout le monde adhère à leur analyse des coûts et des bénéfices. Selon eux, étant donné que les soins de santé sont importants, tout le monde doit payer, particulièrement les riches; puisque l’éducation est importante, tout le monde doit payer, particulièrement les riches, etc.

L’utilitarisme n’est pas une si mauvaise philosophie, en autant qu’on ne cherche pas à l’imposer à autrui. Malheureusement, les politiciens l’utilisent au niveau collectif, ce qui fait d’elle une tyrannie. Les priorités de chacun ne sont pas de l’ordre comptable; les coûts et les bénéfices des uns ne sont pas les coûts et les bénéfices des autres. La démocratie, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est essentiellement utilitariste et collectiviste. Dépourvue d’une liberté économique forte, la démocratie n’a qu’une direction, soit la socialisation de l’économie et de la pauvreté qui s’ensuit.

Pour camoufler la force coercitive qui est à la base de la morale démocrate, les hommes de l’État n’ont de cesse d’utiliser des expressions à connotation morale telles que la solidarité, la compassion, la justice sociale, etc. Ils cherchent à tromper les gens, ce que le libéralisme proscrit. De leurs bouches, ces expressions n’ont qu’une seule signification et qu’un seul but : il est juste et moral de soutirer «un peu» la propriété d’autrui dans la mesure où ceux à qui on la redistribue en tirent des bénéfices plus élevés que les coûts engendrés. En d’autres mots, les politiciens imposent leur idée de la morale. Or, une morale imposée n’est pas de la morale, mais de la dictature. Le vrai libéral est contre l’utilisation de la force coercitive, sauf en cas de légitime défense.

Le vrai libéral ne devrait avoir qu’un seul but : la réduction de l’État. Tous les services que l’État s’arroge seraient mieux rendus par des moyens volontaires. Seuls ces moyens peuvent être qualifiés de libéraux. Ils sont non seulement plus justes pour tout le monde, mais ils sont aussi plus efficaces à créer de la richesse pour tout le monde.

Devant ce constat, le Parti libéral devrait songer à changer de nom pour le rendre plus conforme à ce qu’il véhicule vraiment. Puisqu’il croit que ses priorités sont celles de la majorité et qu’il parle constamment de compassion et de justice sociale pour justifier l’imposition et la taxation d’autrui, le terme libéral ne convient pas. Le Parti démocrate, social-démocrate ou socialiste mou conviendrait davantage. Et pourquoi pas le Parti de l’amour et de la compassion? Après tout, il n’a que ces mots à la bouche! Le Parti québécois a de la concurrence…

12 octobre, 2009

Les Fonctionnaires (39/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Plusieurs programmes ont des objectifs explicites et des objectifs cachés. Quelques exemples illustrent cette réalité : le programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique vise officiellement le maintien à domicile des personnes handicapées ou âgées et a pour objectif caché de contrer le travail au noir; les programmes d’assurance agricole trouvent leur justification dans la nécessité de protéger le revenu des agriculteurs contre les aléas climatiques, mais constituent essentiellement des subventions déguisées; le programme de garderies subventionnées a été établi pour aider les familles mais a été efficace surtout en ce qu’il a permis d’améliorer considérablement le salaire et les avantages sociaux des éducatrices, un objectif partagé par certains membres du gouvernement et leurs alliés syndicaux; le programme des commandites, dont la réputation n’est plus à faire, visait à accroître la visibilité du gouvernement fédéral, à subventionner des évènements populaires et à constituer une source de financement occulte pour le parti au pouvoir à cette époque. (p. 123)

L’État providence, un vent de changement souffle

Pour la première fois depuis la création de ce blogue en 2005, il devient évident que beaucoup de Québécois en ont assez de se faire dépouiller par le gouvernement. Le sondage publié dans le Journal de Montréal le confirme : 65 % des Québécois s’opposent à toutes augmentations d’impôt, de taxes ou de tarifs. Le texte de Pierre Simard ci-après exprime mieux que quiconque ce ras-le-bol.

J’attribue ce changement à deux phénomènes qui se conjuguent pour renforcer l’opposition au « gouvernemaman ».

Le premier réside dans le fait que les travailleurs autonomes forment une portion plus importante des contribuables. Ces travailleurs sont entreprenants, débrouillards et savent mieux que quiconque qu’il n’y a pas de « free lunch ». Ils en ont « souper » de payer pour entretenir une machine gouvernementale obèse et inepte.

Le deuxième découle du fait qu’il n’est plus possible d’augmenter les impôts sur les salaires sans accentuer le mouvement migratoire négatif du Québec. Cette réalité oblige le gouvernement à déplacer le fardeau fiscal de l’impôt sur les revenus vers les taxes sur la consommation et les tarifs des services gouvernementaux. Du coup, les 40 % de travailleurs qui ne paient pas d’impôt réalisent qu’ils devront eux aussi contribuer à payer les services qu’ils consomment et qu’ils considéraient gratuits.

Maintenant que nous sommes acculés au mur, Jean Charest aura-t-il le courage de dégraisser l’État québécois comme il nous l’avait promis lors de la campagne électorale de 2003?

Malheureusement, j’en doute. L’histoire récente démontre que le courage politique n’est pas la marque de commerce de Jean Charest.
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Le ras-le-Bol

Pierre Simard, La Presse, vendredi 9 octobre 2009, Forum, p.A17; Le Soleil, jeudi le 8 octobre 2009, Point de vue, p.33

Le refus des québécois d’assumer une hausse des taxes et des tarifs (impôt) pour contrer un inévitable déficit budgétaire fait «baver» les inconditionnels de l’État bienveillant. Plusieurs d’entre eux sont en manque de qualificatifs pour condamner les Québécois qui refusent «l’appel à la raison» de nos gouvernements. Personnellement, en tant qu’analyste des choix publics, je salue cette clairvoyance des citoyens-contribuables. Je m’explique.

La plupart des commentateurs politiques partagent une vision angélique de l’État. Pour eux, nos gouvernements n’ont qu’une ambition, celle de préserver le bien commun. Cette conception naïve du rôle de l’État n’est pas nouvelle : elle domine les théories des finances publiques depuis deux siècles. On postule que nos gouvernements produisent des biens et services publics réclamés par le peuple et qu’en conséquence, personne ne doit rechigner devant la facture.

Le chroniqueur Alain Dubuc résume ainsi un récent sondage : On est contre le déficit. Contre les impôts. Pour les coupes, mais presque nulle part. Il conclut son texte en invitant le gouvernement à ignorer les réactions au premier degré des citoyens-contribuables qui ne réfléchissent qu’en fonction de leurs intérêts immédiats, et à prendre les décisions qui s’imposent.

N’en déplaise à plusieurs, le refus des citoyens d’assumer davantage d’impôt est un signe de grande sagesse aux yeux de l’analyste des choix publics. Aujourd’hui, certains économistes proposent une vision beaucoup plus contemporaine de la relation État-citoyen.

Ouste le politicien et le bureaucrate dépourvus d’intérêt personnel et uniquement motivés par le bien commun. Pour l’école des choix publics, il n’y a pas que le citoyen-contribuable qui poursuit son intérêt personnel, il y a aussi le politicien et le bureaucrate. À la différence du contribuable cependant, eux le font essentiellement via les finances publiques; c’est-à-dire nos «poches».

Dans leur célèbre ouvrage The Power to Tax, les économistes Geoffrey Brennan et James M. Buchanan (Nobel 1986) présentent nos gouvernements comme des institutions qui cherchent à maximiser leurs revenus. Affligé d’une boulimie d’équité et de justice sociale, ou pour le compte de ceux qui votent du bon bord, le but de l’État est essentiellement de prélever chez le contribuable le plus de revenus possible. Ainsi, les gouvernements maximisent leurs revenus et ajustent leurs dépenses en conséquence, c’est-à-dire en fonction de ce qu’ils peuvent nous soutirer en impôts de toutes sortes.

Ce que nos commentateurs de la chose publique devraient rappeler dans leurs savantes analyses, c’est qu’aujourd’hui le niveau des impôts représente environ la moitié (50%) de ce que la population produit et gagne; qu’adhérer à des hausses d’impôt, en feignant d’ignorer que les Québécois sont les plus taxés en Amérique du nord, équivaut à professer une foi aveugle dans la religion d’État.

Heureusement, les citoyens ne sont dupes. Personnellement, j’interprète les résultats des récents sondages comme l’expression d’un ras-le-bol des citoyens envers un État à l’appétit insatiable. Plutôt que de se moquer du citoyen-contribuable, je crois qu’on devrait souligner sa lucidité et retenir que dorénavant, lorsqu’il voudra le bien de ses citoyens, le gouvernement ne l’aura pas si facilement que ça!

11 octobre, 2009

Les Fonctionnaires (38/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les gouvernements aimeraient bien réduire leurs coûts administratifs, mais cette volonté n’est pas partagée par les fonctionnaires, car le contrôle des coûts est une discipline exigeante qui demande des efforts soutenus. La fonction publique n’a tout simplement pas la motivation pour entreprendre pareille tâche qui requiert une grande ténacité et beaucoup de persévérance. Les techniques de contrôle des coûts sont pourtant largement utilisées avec succès dans les entreprises privées. Elles exigent l’identification de tous les aspects qui ont des répercussions sur les coûts (drivers of costs), des indicateurs précis pour mesurer ces derniers et un travail patient de recherche de toutes les variables qui font fluctuer les coûts. Pour qu’un tel travail soit exécuté, un leadership constant serait requis de la part de la haute direction, mais cette dernière est, comme on l’a vu, préoccupée beaucoup plus par des facteurs politiques que par des exigences administratives.

Cependant, ce qui limite surtout la capacité des fonctionnaires d’effectuer une gestion plus stricte de l’appareil gouvernemental, ainsi que des programmmes et services, est l’incapacité de mesurer le rendement.
(p. 121)

09 octobre, 2009

Protectionnisme et « retour d’ascenseur »

Dans le texte ci-après, Claude Piché, dénonce le retour du protectionnisme américain. L’administration Obama a cédé aux pressions des syndicats et a imposé des tarifs douaniers à l’importation des pneus chinois.

C’est un geste parfaitement inutile dont les conséquences pourraient être dramatiques.

La réduction des barrières commerciales entre les pays a largement contribué à la croissance économique des dernières décennies. La petite politique du « retour d’ascenseur » risque de nuire à la reprise économique et d’annuler des années d’effort.
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La guerre des pneusClaude Piché, Cyberpresse, 15 septembre 2009

Celle-là, on s'en serait bien passé.
Voici que les deux grandes puissances économiques de la planète, la Chine et les États-Unis, viennent de déclencher une nouvelle guerre commerciale de première amplitude. Ce conflit, qui risque d'avoir des répercussions sur l'ensemble du commerce international, arrive au moment où la plupart des économies nationales, assommées par la récession que l'on sait, commencent de peine et de misère à reprendre fragilement leur souffle.
À l'origine de la crise : les pneus chinois exportés aux États-Unis. Il y en a pour 1,8 milliard de dollars par année. Le montant peut sembler énorme, même s'il ne représente à peine un demi de un pour cent de l'ensemble des exportations chinoises aux États-Unis.
N'empêche : les enjeux sont importants. Selon le syndicat des métallos (United Steel Workers of America), les importations de pneus chinois ont déjà détruit 5000 emplois aux États-Unis. À la demande du syndicat, le président Barack Obama a annoncé l'imposition, pendant les trois prochaines années, d'un tarif sur les importations de pneus chinois, et il n'y est pas allé avec le dos de la cuiller : 35 % la première année, 30 % la deuxième et 25 % la troisième. Certes, c'est moins que les 55 % réclamés par le syndicat, mais c'est suffisant pour saboter l'avantage concurrentiel des Chinois.
Ce n'est pas la première fois que les Américains font preuve de protectionnisme à l'égard de la Chine, et on peut comprendre pourquoi.
D'une part, le déficit commercial américain avec son partenaire chinois s'est gonflé de façon prodigieuse en un temps relativement court. Jusqu'au milieu des années 80, les échanges entre les deux pays étaient pratiquement équilibrés (insignifiant déficit américain de 6 millions en 1985).
En 1986, pour la première fois, la compétitivité des produits chinois bon marché fait sentir ses effets sur le marché américain. Cette année-là, la Chine vend pour 4,8 milliards de biens aux États-Unis, alors que les Américains n'en écoulent que pour 3,1 milliards en Chine, pour un déficit de 1,7 milliard. À partir de là, le déficit américain s'est détérioré à la vitesse de l'éclair.
Entre 1985 et aujourd'hui, les exportations chinoises aux États-Unis ont littéralement explosé de 8646 % (oui, oui, huit mille six cent pour cent), alors que les exportations américaines en Chine se contentaient d'une poussée plus modeste de 1708 %. Autrement dit, le commerce entre les deux pays s'est développé de façon fulgurante, mais les exportateurs américains n'ont jamais été capables de suivre le rythme de leurs concurrents chinois. Résultat : l'an dernier, les ventes américaines en Chine ont atteint 70 milliards, alors que les ventes chinoises aux États-Unis se situaient à 338 milliards, pour un déficit américain de 268 milliards. Les chiffres des six premiers mois de 2009 indiquent que les États-Unis se dirigent vers un autre déficit monstrueux cette année.
Un déficit commercial de 268 milliards, cela équivaut, pour les Américains, à dépenser 31 millions de l'heure, 24 heures par jour et 365 jours par année, pour créer de l'emploi et de la prospérité en Chine.
Dans ces conditions, on peut comprendre les Américains d'avoir le mauvais oeil sur les importations chinoises.
Il y a autre chose. La Chine n'est pas un partenaire de tout repos. L'explosion des exportations chinoises est due en bonne partie au fait que Pékin, pendant toutes ces années, a maintenu la valeur officielle de sa monnaie à un niveau plus bas que la réalité (le Japon a utilisé le même truc dans les années 50 et 60). L'artifice permet d'écouler les marchandises à l'étranger à des prix avantageux, qui ont peu de rapport avec la valeur réelle de la monnaie chinoise. L'irritation de Washington dans ce dossier est tout à fait légitime. Les États-Unis ont aussi déposé de nombreux griefs à l'endroit de la Chine, dans des secteurs aussi variés que le respect des normes environnementales ou la propriété intellectuelle.
Ce n'est pas pour rien que, dans la plupart des dossiers de concurrence déloyale soumis à l'arbitrage des instances internationales, les États-Unis l'emportent sur la Chine.
Jusqu'à présent, la Chine a toujours essayé d'éviter de jeter de l'huile sur le feu dans ces différends commerciaux avec les États-Unis. C'est facilement explicable : dans une guerre commerciale, c'est toujours le pays déficitaire qui a le gros bout du bâton ; autrement dit, les Chinois ont beaucoup plus à perdre sur le marché américain que les Américains sur le marché chinois. Or, on a vu à quel point le déséquilibre est important entre les deux pays.
Cette fois-ci, c'est différent. La Chine a réagi avec rapidité et brutalité : hauts cris de protestation, représailles immédiates sur les pièces d'auto et sur le poulet importés des États-Unis, plainte officielle à l'Organisation mondiale du commerce pour « violation des règles du commerce international «.
La crise est sans aucun doute une des plus sérieuses des dernières années à survenir entre les deux partenaires.
Tous les experts s'entendent : la timide reprise qui s'amorce dans le monde est largement tributaire du commerce international. Dans ces conditions, la guerre des pneus, et toutes les conséquences nuisibles qu'elle risque d'entraîner, ne pouvait pas tomber à un pire moment.