Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Les gens s'attendent à ce que nous échouions. Notre mission est de dépasser leur attente.--- Georges W. Bush

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30 septembre, 2009

Déficit : réduire les dépenses ou augmenter les revenus?

Depuis deux semaines, le gouvernement fait campagne pour convaincre les Québécois qu’il faut augmenter la TVQ et les tarifs des services gouvernementaux pour effacer le déficit budgétaire.

Le but premier de cette campagne est de détourner l’attention des médias et du public. On ne veut surtout pas que leur attention soit dirigée vers les dépenses de l’État. Le PLQ et le PQ craigne comme la peste les syndicats de la fonction publique et sont prêts à mener le Québec à la faillite pour éviter de les affronter.

Pourtant, simplement en réduisant les subventions inutiles et en améliorant, même de façon minime, la productivité des monopoles de l’État, il serait possible d’éliminer le déficit et de se donner une marge de manoeuvre confortable.

Si vous avez 35 minutes, je vous recommande d’écouter l’entrevue de Gilles Parent avec Michel Hébert, journaliste au Journal de Québec. C’est un témoignage éclairant sur l’inefficacité de la fonction publique et un excellent complément au livre de Jean Laliberté « Les Fonctionnaires ».

Interventionnisme sans limite


Le chiffre du jour (2) : 65 %

> Comment réagissez à l'intention du gouvernement de hausser les tarifs des services publics afin de retrouver l'équilibre budgétaire ?

65 % CELA VOUS MET EN COLÈRE
29% CELA VOUS DÉRANGE MAIS VOUS COMPRENEZ
4 % CELA NE VOUS DÉRANGE PAS
2 % NE SAIT PAS / REFUS

> Selon vous, le retour au déficit budgétaire est-il attribuable ... ?

34 %... principalement à la crise économique
64% ... principalement à la mauvaise gestion gouvernementale
2 % Ne sait pas / Refus

> Les experts prévoient qu'il sera impossible de maintenir les services publics avec les revenus actuels de l'état. En conséquence, préférez-vous :

39 % PAYER DAVANTAGE pour les services publics et CONSERVER le niveau de service actuel
47 % NE PAS PAYER DAVANTAGE mais subir une DIMINUTION des services publics
14 % Ne sait pas / Refus

> Le gouvernement et les syndicats de la fonction publique vont renégocier prochainement les conditions de salaires des employés de l'État. Selon vous, de quel ordre devrait être l'augmentation annuelle des salaires des employés de l'État, est-ce que cette augmentation devrait être de ...

0 % --40 %
1 % --18 %
2 % --22 %
3 %--10 %
10 % Ne sait pas / Refus

> Les dépenses dans les domaines de la santé augmentent plus rapidement que les autres dépenses du gouvernement. Est-ce que l'État doit assumer l'augmentation de ces dépenses en santé ou devrait-il geler ses dépenses au niveau actuel et en conséquence diminuer les services en santé offerts ?

66 % Assumer l'augmentation des dépenses
24 % Geler les dépenses
9 % Ne sait pas Refus

> Le gouvernement du Québec a annoncé que le prochain budget sera déficitaire, est-ce que cette situation vous préoccupe ?

70% BEAUCOUP / ASSEZ
29 % PEU / PAS DU TOUT
1 % NE SAIT PAS / REFUS

> Afin de faciliter le retour à l'équilibre budgétaire, seriez-vous favorable ou défavorable à ... ?

1. Une augmentation des tarifs d'électricité
OUI NON NSP
22% 76% 2%

2. Une augmentation de votre contribution à la Régie des Rentes du Québec
OUI NON NSP
39% 56% 6%

3. Une augmentation de votre contribution au régime d'assurance-médicaments
OUI NON NSP
23% 73% 3%

4. Une augmentation de votre contribution au régime d'assurance-parentale
OUI NON NSP
25% 64% 11%

5. Une augmentation des droits sur les permis de conduire et immatriculation des véhicules
OUI NON NSP
22% 75% 4%

6. Une augmentation de votre contribution au régime d'assurance automobile (SAAQ)
OUI NON NSP
19% 77% 4%

7. Une augmentation du tarif des garderies à 7 dollars
OUI NON NSP
57% 40% 4%

8. Une augmentation des droits de scolarité universitaires
OUI NON NSP
50% 47% 3%

9. L'introduction de droits de scolarité collégiaux
OUI NON NSP
47% 48% 5%

10. L'introduction de péages sur certaines autoroutes et ponts
OUI NON NSP
60% 37% 2%

11. Une augmentation des taxes sur l'essence
OUI NON NSP
15% 83% 2%

12. L'introduction d'une taxe sur les produits alimentaires néfastes pour la santé comme les croustilles, les boissons gazeuses, etc.
OUI NON NSP
77% 22% 1%

13. Une augmentation des taxes sur le tabac
OUI NON NSP
79% 19% 2%

14. Une augmentation des droits sur les permis de chasse et de pêche
OUI NON NSP
77% 19% 4%

15. Une augmentation du tarif pour obtenir un acte officiel comme un certificat de naissance
OUI NON NSP
49% 48% 2%

16. Une augmentation des tarifs pour utiliser les parcs nationaux OUI NON NSP
48% 50% 2%

17. L'introduction d'un ticket modérateur pour l'accès aux soins de santé, c'est-à-dire que vous devriez payer un frais modeste lorsque vous désirez obtenir une consultation médicale
OUI NON NSP
57% 41% 2%

Le chiffre du jour : 45 %

Presque la moitié (45 %) des propriétaires de petites entreprises au Canada croit maintenant que la situation économique actuelle est "bonne" ou "très bonne" par rapport à 31 % qui croyaient la même chose au T1 2009.

29 septembre, 2009

Le gouvernement se prépare à siphonner les Québécois

Une caricature qui traduit bien ce que je ressens.

L’interventionnisme est un cancer

Dans le texte qui suit, Claude Garcia explique pourquoi l’intervention du gouvernement dans le dossier de la vente du Canadien a enrichi Gillett au détriment des contribuables.

Le ministère du Revenu harcèle les employés à pourboire, les travailleurs autonomes, les retraités et tous les petits contribuables pour remplir les coffres de l’État. En même temps, le ministère des Finances et celui du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation gaspillent des centaines de millions en subvention inutiles ou pire, nuisibles.

Chaque fois que le gouvernement intervient dans un dossier économique, il modifie les règles de la concurrence en faveur d’une entreprise ou d’une industrie, mais au détriment des contribuables. Les plus récentes interventions gouvernementales excèdent 2,5 milliards de dollars en pure perte. (Voir le texte de Nathalie Elgrably ci-après).

L’histoire démontre qu’il n’y a pas mille façons de mettre fin à l’interventionnisme d’État. C’est comme un cancer qu’il faut affamer pour le guérir. Il faut donc restreindre le plus possible les revenus gouvernementaux, c’est-à-dire réduire les taxes et les impôts, mettre fin aux monopoles d’État et rembourser la dette.

Nous sommes à des années lumières d’une telle révolution. Malheureusement, plus on attend plus les remèdes seront amers.
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L’intervention du gouvernement a fait monter le prix de vente du Canadien
Claude Garcia / Canoë, 11 sept 2009

On a finalement annoncé hier la conclusion de la vente du Canadien à un groupe d’actionnaires, québécois pour les deux tiers, piloté par la famille Molson. Félicitons tout d’abord les nouveaux propriétaires. Il s’agit d’une transaction d’environ 600 millions $ que le gouvernement du Québec a facilité avec un prêt subordonné de 75 millions $.

La famille Molson a eu besoin de ce prêt pour finaliser la transaction après le désistement de la banque américaine qui avait accepté de participer au financement de la transaction lors des enchères. Le gouvernement du Québec, qui avait annoncé dès le début des enchères son intention de prêter 100 millions $ à un groupe québécois qui prendrait le contrôle du Canadien, a dû respecter son engagement.

Que serait-il arrivé si le gouvernement n’avait pas fait cette promesse? Faute de trouver le financement désiré, le consortium gagnant aurait tenté de renégocier le prix à la baisse. L’ancien propriétaire aurait réouvert les enchères et aurait demandé l’intervention du groupe dont l’offre a été coiffée au fil d’arrivée. Comme l’offre du groupe perdant était plus faible, le prix final de la transaction aurait été revisé à la baisse.

L’intervention du gouvernement a donc permis à monsieur Gillett d’encaisser un bénéfice plus considérable de la vente du Canadien. Monsieur Gillett ne réside pas au Québec et ne paie donc pas ses impôts ici. Le gouvernement du Québec s’est donc servi des impôts des Québécois pour augmenter le gain de capital de l’ancien propriétaire et augmenter les impôts que celui-ci versera au gouvernement américain sur cette transaction. Chez nous, on appelle ça se tirer dans le pied!
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Tourner la page

Le Journal de Montréal, p. 23 / Nathalie Elgrably-Lévy, 24 septembre 2009

À Ottawa comme à Québec, les élus s’enorgueillissent de voler à la rescousse d’entreprises au bord de la faillite. Au fil des décennies, des milliards ont ainsi été pris dans la poche des contribuables pour les injecter dans les coffres d’entreprises déficitaires dans l’espoir de leur épargner une mort imminente.

Certes, les opérations de sauvetage sont motivées par de bons sentiments: on veut protéger une industrie et conserver des emplois. Mais les résultats importent plus que les intentions. Or, les résultats sont décevants! En voici quelques exemples:
  • Usine Papiers Gaspésia à Chandler. Investissements : 300 millions $. Statut : fermée.
  • Norsk Hydro à Bécancour. Investissements: 250 millions. Statut: fermée.
  • Usine Magnola à Asbestos. Investissements: plus d’un milliard. Statut: fermée.
  • GM à Boisbriand. Investissements: près de 100 millions. Statut: fermée.
  • Usine Hyundai à Bromont. Investissements: 200 millions. Statut: fermée.
  • Hippodrome de Montréal. Investissements: 400 millions. Statut: en faillite.
À cette liste, on peut ajouter les pertes de 143 millions $ occasionnées par la faillite de 3500 entreprises dont les prêts avaient été garantis par la Société de développement industriel après l’instauration du tristement célèbre «Plan Paillé».
Et ce n’est là que la pointe de l’iceberg. Qui sait combien coûtent aux contribuables les 1800 programmes d’aide gérés par les deux paliers de gouvernement?
Nos élus auraient dû rapidement comprendre qu’on ne gagne rien à subventionner des activités déficitaires. Mais comme c’est l’argent des contribuables qu’ils ont dilapidé et non le leur, ils n’ont pas retenu la leçon. Il faut dire qu’il est toujours facile d’être généreux avec l’argent des autres! Aujourd’hui, la papetière AbitibiBowater est en faillite. Elle a accumulé une dette de 8 milliards et, entre avril et juin, ses revenus ont chuté de 44% tandis que ses pertes ont atteint 510 millions.
Pour aider l’entreprise, Québec a déjà accordé une garantie de prêt de 100 millions, et de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une contribution plus substantielle, notamment d’Ottawa. Mais, on s’en doute, à l’instar des opérations de sauvetage énoncées plus haut, celle-ci se soldera également par un échec.
La raison en est fort simple: l’injection de fonds publics est une mauvaise solution à un faux problème. Si Abitibibowater est déficitaire, c’est parce la demande et le prix du papier diminuent. Les journaux disparaissent, et ceux qui résistent ont réduit leurs tirages; l’utilisation de papier, sous quelque forme que ce soit, a diminué en raison des nouvelles technologies et des préoccupations environnementales. Les conditions qui permirent la croissance du secteur forestier aux 19ième et 20ième siècles ne se reproduiront probablement jamais, et aucune subvention gouvernementale ne pourra rien y faire. Au mieux, l’aide prolongera l’agonie d’Abitibibowater, mais elle ne pourra pas lui rendre sa rentabilité.
L’histoire abonde d’exemples. Le métier de fabricant de chandelles s’est éteint avec l’avènement de l’électricité; l’automobile a occasionné la quasi-disparition du métier de maréchal-ferrant; l’imprimerie a rendu inutiles les scribes et les moines copistes; le prêt-à-porter a dépouillé les tailleurs d’habits; etc. Selon le contexte et l’époque, des industries naissent, et d’autres disparaissent. C’est l’histoire de l’humanité. C’est le prix de l’évolution.
Certes, il est triste de voir des travailleurs perdre leur emploi, et il est de notre devoir de leur faciliter la transition vers d’autres entreprises ou d’autres industries. Mais subventionner un secteur en déclin, c’est se battre contre des moulins à vent et reproduire les fiascos du passé. Le papier n’a plus la cote? Tournons la page!
Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

28 septembre, 2009

Les Fonctionnaires (35/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Une façon très visible de réduire les dépenses administratives est d’abolir des organismes gouvernementaux. Même si de telles décisions frappent l’opinion publique, leur influence réelle sur le budget de l’État est minime, car les responsabilités des organismes abolis sont la plupart du temps transférées à des ministères ou à d’autres organismes. De plus, la volonté gouvernementale de réduire le nombre d’organismes est toujours passagère, car la propension à créer des structures est très fortement ancrée dans les moeurs politiques. La création d’organismes est une démonstration tangible que le gouvernement a décidé de s’occuper d’un problème. C’est un signe concret qu’il a la solution à coeur, peu importe si, par la suite, les objectifs visés sont atteints ou non : les apparences sont en faveur du gouvernement.

Les ministres font d’énormes efforts pour éviter que leurs budgets ne soient réduits, car, du point de vue des clientèles, l’efficacité et le prestige d’un ministre sont fonction de sa capacité d’accroître les ressources destinées aux programmes dont il est responsable. Dans ce but, toutes les stratégies sont utilisées, y compris la mobilisation subreptice des groupes de pression pour influencer le Conseil des ministres.

Quand il s’agit de dépenser l’argent des autres, ce n’est pas la rationalité économique qui prime, mais plutôt la rationalité politique ou administrative.
(p. 118-119)

La concurrence, le meilleur agent de régulation

Dans le texte qui suit Yves Boisvert conclut que la concurrence est un excellent moyen de limiter la corruption tout en réduisant les coûts.

Les bienfaits de la concurrence est un thème cher aux économistes. Que ce thème soit repris par un chroniqueur étranger à l’économie me permet de nourrir une lueur d’espoir.

Est-ce possible que les « faiseurs d’opinion » commencent finalement à comprendre que les monopoles, à plus forte raison les monopoles d’État, sont une source majeure de corruption et d’inefficacité?

J’espère que ce n’est pas seulement un égarement momentané d’un seul chroniqueur et que cela fera boule de neige.
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Yves Boisvert, Cyberpresse, Publié le 25 septembre 2009

Éloge de la concurrence
Le problème de la Ville de Montréal n'est pas qu'on a tout balancé au secteur privé. C'est qu'on a tout balancé à un très petit nombre d'entrepreneurs.
En même temps, on a affaibli la capacité de surveillance de la fonction publique. Donc, le champ est maintenant libre non pas à une privatisation, mais à une appropriation pure et simple des contrats de la Ville.
En d'autres termes, ce n'est pas nécessairement moins cher dans le privé. Et ce n'est pas nécessairement moins cher non plus dans le public. Mais c'est nécessairement plus cher quand il n'y a pas de concurrence.
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Le déficit de concurrence. Voilà le coeur du rapport du vérificateur général Jacques Bergeron sur le très humide scandale aquatique que l'on sait.

Voilà ce qui fait qu'on paie trop cher pour les services municipaux. Voilà ce qui fait qu'on paie trop cher pour les routes. Voilà ce qui fait qu'on achète des bébelles dont on n'a pas besoin (un contrat trop gros, rappelez-vous).
Les recommandations du vérificateur vont loin : il suggère que, pour des contrats importants, un appel d'offres soit lancé aussi bien au Québec qu'à l'extérieur. Quand on magasine toujours au même coin de rue, on obtient rarement ce qu'il y a de mieux au meilleur prix.
Mais voilà, les entreprises n'ayant pas déjà fait affaire avec la Ville sont systématiquement défavorisées dans les appels d'offres, car on y retrouve toujours le critère de la « connaissance du milieu ».
Cela restreint le libre marché et pénalise les entreprises de l'extérieur - des entrepreneurs de Québec ou de Gatineau, par exemple, sans même parler de concurrents des autres provinces.
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Pas assez de compétition, donc. Mais la petitesse d'un milieu a un autre effet : moins il y a de participants aux appels d'offres, plus il y a de risques de collusion. Entre les entrepreneurs, qui s'arrangent pour fixer les prix. Et entre les entrepreneurs et certaines personnes clés dans l'administration, pour truquer les appels d'offres et cadenasser le système.

«J'ai passé des mois dans un bureau d'avocats pour analyser des offres d'entrepreneurs et trouver des failles, pour qu'elles soient légalement rejetées et que le candidat de la Ville soit retenu», me confiait hier un avocat. Cela ne se passait pas à Montréal, mais dans une ville pas très loin de chez vous.
Le vérificateur note avec approbation que, depuis le mois d'août, la Ville exige « un formulaire attestant l'absence de collusion » de la part des entrepreneurs. Les entreprises ayant été déjà condamnées pour complot en vue de réduire indûment la concurrence devraient être écartées pour une période de temps. C'est un bon début.
Mais pour qu'un grand ménage soit fait à l'hôtel de ville, on n'a pas besoin d'attendre une commission d'enquête. Il faut un système beaucoup plus transparent et beaucoup plus ouvert à la concurrence.
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Il est intéressant de noter que le vérificateur recommande de faire une évaluation interne des travaux avant de les donner au privé. Ou à tout le moins pour «étalonner» les prix.

Il y a des cas où les cols bleus peuvent faire le même travail pour aussi bien et pour moins cher.

Ils sont sûrement contents de lire ça dans le rapport. Accepteront-ils pour autant le principe de la concurrence ? Quand on a un plancher d'emplois, on est rarement un adepte féroce de la concurrence. Pourtant, il ne fait pas de doute que les employés municipaux connaissent la ville mieux que quiconque.
En Grande-Bretagne, dans les années 1980, on a implanté un régime de concurrence pour les contrats dans les municipalités, auquel même les employés municipaux étaient soumis. Les syndicats ont protesté, mais plus de 70% des contrats ont été obtenus par les employés municipaux, justement parce qu'ils sont par définition des experts dans le domaine.
En ce moment, les Montréalais paient pour le manque de concurrence dans leur ville, dans le privé comme dans le public.
Et comme on a laissé la fonction publique montréalaise s'affaiblir, comme on n'a pas su développer sa compétence (c'est aussi dans le rapport), personne n'est en mesure de surveiller et de dire non. On a contourné ceux qui ne sont pas des yes men, on a contourné et contrôlé le contentieux, les finances, tout ce qui est embêtant. Et tout était en place pour le désastre administratif que vous voyez.
On peut se demander où étaient les 102 élus du conseil municipal (un record nord-américain de gaspillage: Toronto en a 44!). Comment se fait-il qu'on ait pu leur cacher l'information si facilement? Quelle est donc cette petite clique qui contrôlait tout ? Comment se fait-il que les élus aient laissé l'administration soustraire de son contrôle toutes sortes de dossiers, dont l'ensemble des propriétés immobilières de la Ville?
Quoiqu'il advienne des enquêtes policières et des élections, le nettoyage passera par des outils classiques: transparence rigoureuse, circulation pleine de l'information, ouverture à la concurrence véritable.

27 septembre, 2009

Fraude financière : une taxe n’est pas une assurance

Le PQ propose de taxer l’épargne pour créer un fond de dédommagement pour les victimes de fraude financière.

Le porte-parole du PQ, Jean-Martin Aussant, prétend qu’il ne s’agit pas d’une taxe sur l’épargne mais d’une prime d’assurance contre la fraude.

C’est un bel exemple de la logique tordue des interventionnistes. Comment peut-on en toute honnêteté qualifier de prime d’assurance une taxe sur l’épargne?

Les caractéristiques d’une prime d’assurance sont :

  • la souscription est volontaire; et
  • la prime est proportionnelle au risque.
La proposition du PQ ne rencontre aucun de ces critères.

De plus, cette proposition, comme tous les programmes imposés par le PQ dans le passé (assurance médicament, garderies, assurance parentale), sous-estime sciemment les coûts pour faire avaler la pilule. Comment peut-on prétendre qu’un fond de 15 millions protègerait les épargnants contre la fraude? Les investisseurs floués par Vincent Lacroix et Earl Jones ont perdus plus de 150 millions!

Lorsque les coûts de ce nouveau programme exploseront, ils prétendront que c’est surement un succès puisque les coûts excèdent les prévisions. Dans l’esprit des politiciens le succès est proportionnel aux coûts!

Finalement, une telle protection aurait pour effet de déresponsabiliser les épargnants. Se sachant protégés contre la fraude, ils n’auraient plus raison de se méfier des fraudeurs et de vérifier au préalable l’investissement projeté. Ils deviendraient des victimes d’autant plus faciles.
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Le PQ veut une taxe pour compenser les victimes de fraudeMartin Ouellet, La Presse Canadienne, 25 septembre
Le Parti québécois propose de puiser dans les épargnes afin de créer un fonds de dédommagement pour les victimes de fraude financière.
Approvisionné à même les épargnes des Québécois, le «Fonds universel d'assurance pour les victimes d'actes criminels financiers» permettrait, dans l'avenir, de renflouer les investisseurs floués par des individus comme Vincent Lacroix ou Earl Jones, a indiqué vendredi le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'institutions financières, Jean-Martin Aussant. «Il y a environ 150 milliards $ d'épargne au Québec. Donc, si on prenait une infime partie de cette somme-là, on pourrait constituer un fonds raisonnablement élevé pour compenser les victimes malheureuses d'actes de fraude», a-t-il expliqué en point de presse à l'Assemblée nationale.
Même si cela en a tout l'air, il ne s'agit pas d'une taxe sur l'épargne, a insisté le député de Nicolet-Yamaska.
«Ce ne serait pas une taxe, ce serait plutôt une petite prime d'assurance», a-t-il nuancé.
L'opposition péquiste demande la tenue rapide d'une commission parlementaire afin de se pencher sur la mise en place d'un tel régime universel d'assurance et déterminer «la hauteur de la ponction» puisée dans l'épargne de tous les Québécois.
Mais déjà, le Parti québécois a un scénario de financement en tête. Pour chaque tranche de 10 000 $ d'épargne, un dollar serait prélevé pour garnir le fonds destiné aux victimes.
«Je ne pense pas qu'il y a beaucoup d'épargnants qui pourraient se dire que 1 $ pour assurer 10 000 $ c'est très cher», a évalué M. Aussant.

À terme, un fonds de 15 millions $ serait constitué pour indemniser les investisseurs floués.
Comme les cas de fraude de cette nature sont plutôt rares, la somme prélevée serait minime et n'aurait aucun impact «visible» sur l'épargne des Québécois, a assuré le député.
«Ce sont des actes rares, ce qui nous laisse croire qu'une très petite portion, une infime portion des épargnes qui pourrait être versée dans un fonds d'indemnisation pourrait faire en sorte que ça ne paraîtrait pas sur le plan des épargnants eux-mêmes, leur retraite ne serait pas modifiée», a-t-il dit.
En leur offrant une garantie contre les malversations et la fraude, l'assurance souhaitée par le PQ ne risque pas de déresponsabiliser les investisseurs, croit M. Aussant.
Bien au contraire, estime-t-il, le fonds ne ferait qu'améliorer le système financier et accroître la confiance des épargnants.

«Quand vous assurez votre domicile, vous n'y mettez pas le feu pour autant, et quand vous avez une voiture qui est assurée, vous ne faites pas exprès pour avoir un accident. Donc, un fonds d'assurance serait une amélioration nette au système», a-t-il fait valoir.

Les Fonctionnaires (34/55)

Le budget annuel comprend deux parties bien distinctes et reliées l’une à l’autre pour la forme seulement : le Discours sur le budget qui prévoit les revenus et établit globalement le niveau de dépenses, et les crédits budgétaires qui répartissent les dépenses de l’État par ministère, chacun des ministres se voyant allouer un budget que, théoriquement, il ne doit pas dépasser. Les documents budgétaires déposés au Parlement avant le début de l’année financière ne traduisent que des intentions, car ils sont fréquemment modifiés en cours d’année. Ils visent essentiellement à susciter la faveur du public. Mais ils sont parfois si éloignés de la réalité qu’ils en deviennent des oeuvres de fiction.

Lors des période de décroissance ou de faible croissance économique, les revenus de l’État subissent un contrecoup et il s’avère parfois nécessaire de réduire les dépenses. Il faut alors le faire de façon à minimiser les réactions négatives des électeurs. Il ne saurait être question de réduire les programmes que les spécialistes considèrent périmés ou peu efficaces, mais uniquement de sabrer dans les dépenses qui recueillent le moins d’appui populaire ou d’effectuer des « compressions horizontales », c’est-à-dire de réduire toutes les dépenses également de façon à ce l’effet soit le moins visible possible. Il est d’ailleurs plus facile de dissimuler une diminution de la qualité des services que l’abolition complète d’un programme.
(p. 117-118)

26 septembre, 2009

Le chiffre du jour : 47,23 $

Le Québec ne peut pas se consoler en se comparant avec les autres pays industrialisés. Face à la performance de 20 pays membres de l'OCDE, le Québec occupe l'avant-dernier rang quant à la croissance annuelle de la productivité (1981-2008). Seule la Suisse lui permet d'éviter la cave.
Pour la productivité dans la seule année 2008, le Québec occupe le 20e rang sur 32 économies comparées. Pour chaque heure travaillée, le travailleur québécois apporte 47,23 $ au PIB national, contre 50,22 $ pour la moyenne de l'OCDE et 57,85 $ pour la moyenne du G7.

Déficit : augmenter l’efficacité des monopoles d’État

Dans le texte qui suit, Claude Garcia conclut qu’Hydro-Québec souffre du syndrome du monopole d’État. Hydro est devenu une entreprise obèse et inefficace. Si elle atteignait le niveau de productivité et d’efficacité de ses comparables américaines, ses coûts d’exploitation diminueraient de 2,3 milliards annuellement. De quoi renflouer la moitié du déficit anticipé sans même hausser les tarifs.

Malheureusement, Hydro est soumise aux mêmes interventions politiques que tous les monopoles d’État. Comme l’explique si bien Jean Laliberté dans son livre, Les fonctionnaires :

La grille de décision utilisée par les élus est essentiellement politique. Les
considérations de rigueur administrative, d’efficacité, d’efficience et de
rentabilité économique sont secondaires.

Une amélioration, même mineure, de l’efficacité de l’ensemble des monopoles d’État permettrait d’effacer le déficit anticipé et de dégager une marge de manoeuvre plus que confortable. Si, en plus, le gouvernement augmentait les tarifs et réduisait d’autant les impôts des individus et des entreprises, le Québec passerait de cancre à premier de classe en moins d’une décennie.

Évidemment, c’est un scénario purement utopique. Au lieu de cela, le gouvernement va tester le niveau de tolérance des contribuables en augmentant les tarifs sans baisser proportionnellement les taxes et les impôts.

Malheureusement, en matière de fiscalité les politiciens sont des sadiques invétérés et les contribuables sont des masochistes endurcis.
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2,3 milliards $ de revenus additionnels sans hausser les taxes ou les tarifsClaude Garcia, Canoë, 22 septembre 2009

Lorsque les gouvernements souhaitent combler un déficit, ils envisagent normalement l’une ou l’autre des solutions suivantes : augmenter les taxes ou les impôts ou encore faire payer plus cher les services gouvernementaux. À moins d’être au pied du mur, on ne se demande jamais si on peut augmenter la productivité des services publics. C’est encore une fois les deux premières solutions que semble vouloir retenir le gouvernement Charest pour combler, au cours des quatre prochaines années, le déficit du Québec.

Pourtant le gouvernement pourrait augmenter ses revenus de 2,3 milliards $ par année sans avoir recours à une augmentation des taxes ou des tarifs. Voici comment c’est possible.

Dans une étude que j’ai réalisée pour le compte de l’Institut économique de Montréal en février 2009, j’ai démontré qu’une meilleure gestion d’Hydro-Québec pourrait procurer environ 2,3 milliards $ de bénéfices additionnels à chaque année. Ces bénéfices additionnels proviendraient à peu près également d’une hausse de la productivité de la Société d’État et d’une meilleure gestion des investissements considérables qu’elle fait à chaque année.

Afin d’évaluer la productivité d’Hydro-Québec, nous avons comparé sa performance à celle de dix entreprises de production, de transport et de distribution d’électricité américaines dont la taille se rapproche de celle de la Société d’État. Hydro-Québec compte un employé pour 166 clients tandis que le nombre de clients par employé se situe à 295 dans le cas du groupe de comparaison. Si chaque employé d’Hydro-Québec prenait soin de 295 clients, ses frais d’exploitation annuels de 2,5 milliards $ seraient réduits de 1,1 milliards $.

Hydro-Québec investit à chaque année des sommes importantes. En 2008 par exemple, elle a investi 3,8 milliards $ et ses actifs immobilisés totalisaient 55 milliards $. Elle a consacré, cette année-là, 4,8 milliards $ à l’amortissement de ses immobilisations passées et aux intérêts sur la dette qu’elle a accumulée pour financer tous ces investissements. Voici quelques exemples qui illustrent les économies possibles avec une meilleure gestion de ces investissements :
  • Hydro-Québec a construit deux centrales qui seront exploitées au fil de l’eau sur la rivière Saint-Maurice au coût de 7,0 millions $ par MW. C’est presque le triple du coût moyen encouru par MW par deux entreprises privées qui ont réalisé des projets similaires au Canada ou aux États-Unis.
  • Nous avons comparé, pour les cinq dernières centrales construites par Hydro-Québec, le budget prévu au moment de l’annonce du projet avec le coût du projet. Tous les projets, sans exception, ont coûté plus cher que prévu et le dépassement moyen se situe à 26 % du budget original.
  • Hydro-Québec Distribution a présenté, le 17 juin 2002, une demande afin d’obtenir l’autorisation d’investir 270 milions $ pour la mise en place d’ici mars 2007 d’un nouveau système d’information sur la clientèle. Elle a dépensé environ 500 millions $ pour mettre en place ce nouveau système.
Ces exemples suggèrent qu’une meilleure gestion des investissements pourrait permettre à Hydro-Québec de réduire ses dépenses d’investissement d’au moins 25 % et possiblement de 50 %. Par mesure de prudence, nous faisons l’hypothèse d’une réduction d’un quart des dépenses d’investissement. Après un certain nombre d’années, Hydro-Québec aurait ainsi réduit ses charges annuelles pour amortissement et intérêts de 4,8 à 3,6 milliards $, augmentant ainsi son bénéfice annuel de 1,2 milliards $.

Lorsqu’on ajoute à cette économie de 1,2 milliards $ la réduction de 1,1 milliards $ des dépenses opérationnelles identifiée plus haut, on peut hausser de 2,3 milliards $ le bénéfice annuel d’Hydro-Québec, sans toucher aux tarifs.

24 septembre, 2009

Construction : Ce n’est plus de la fumée, c’est un feu à ciel ouvert

87 % des lecteurs de Cyberpresse sont favorables à une enquête publique dans l’industrie de la construction. Les politiciens ont l’habitude de se bousculer pour répondre à une demande populaire. S’ils hésitent c’est probablement parce qu’ils risquent de se faire éclabousser.

Santé : Plus de professionnels pour le même résultat

Proportionnellement, le Québec emploie 19,0 % plus de médecins (3 000) et 10,5 % plus d’infirmières (6 200) que le reste du Canada. (Voir le texte de Claude Garcia ci-après)

Les Québécois sont-ils pour autant en meilleure santé? Non, l’espérance de vie des hommes est légèrement inférieure à celle de la moyenne canadienne (77,7 vs 78,0 ans), alors que celle des femmes est légèrement supérieure (82,9 vs 82,7 ans).

À quoi faut-il attribué cette anomalie?

Serait-ce encore une fois à cause du système? Ce fameux système peuplé de bureaucrates qui exigent des formulaires, des rapports, des réunions, etc. Le temps utilisé pour satisfaire les demandes des bureaucrates n’est pas disponible pour les patients.

Serait-ce une mauvaise organisation du travail? L’organisation du travail est assujettie aux priorités du ministère, des ordres professionnels et à la rigidité des conventions collectives. Il me semble que c’est le contraire qui devrait primé!

Le « bottom line » comme disent les anglais est qu’on emploie plus de professionnels sans que cela ne se reflète dans les résultats.
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Le Québec compte 6 200 infirmières de plus

Claude Garcia / Finances publiques, 4 septembre 2009

On entend souvent dire que le Québec manque d’infirmières. Les mesures prises par le gouvernement pour en arriver au déficit zéro seraient la cause de cet état de fait. On avance cette explication pour excuser les problèmes d’accessibilité dans le réseau de la santé. Certains soutiennent même qu’un rôle plus grand du privé dans la dispensation des soins de santé pourrait accentuer ce manque allégué de ressources infirmières. Qu’en est-il exactement?

Il y avait 64 014 infirmières qui exerçaient activement leur profession au Québec à la fin de 2006, soit 7 200 de plus qu’à la fin de l’année 1998, année où les effectifs infirmiers ont atteint leur plus bas niveau des quinze dernières années. Le Québec emploie plus d’infirmières par mille de population que les autres provinces. À la fin de 2006, nous avions 8,4 infirmières en emploi par mille de population contre 7,1 en Ontario, 7,6 en Alberta et 6,8 en Colombie-Britannique. Si on calcule la moyenne canadienne en excluant le Québec, le reste du Canada emploie 7,6 infirmières par mille de population. Si le Québec ramenait le nombre d’infirmières dont il a besoin au niveau de la moyenne canadienne, il pourrait faire l’économie de plus de 6 200 postes.

Le calcul que nous venons de faire n’est pas un jugement sur la compétence et le dévouement des infirmières. Il réflète toutefois une réalité troublante sur l’utilisation de ressources humaines qualifiées.

Non seulement le Québec emploie relativement plus d’infirmières que la moyenne canadienne, il le fait également pour les infirmières auxiliaires. Elles sont au nombre de 2,2 par mille de population au Québec contre 2,0 pour le reste du Canada.

À la suite des mesures prises en 1997 pour atteindre le déficit zéro, le gouvernement a décidé d’augmenter considérablement la capacité des programmes de formation pour les infirmières. Alors que le nombre d’infirmières diplômées était d’environ 1 500 par année avant l’an 2000, le nombre de nouvelles diplômées a augmenté à compter de 2002 pour atteindre 3 000 en 2006. Le Québec forme maintenant 38 % des infirmières diplomées à chaque année au Canada alors qu’il ne représente que 23 % de la population canadienne.

Toute cette activité de formation ne semble pas être à notre avantage puisque les 6 000 diplomées de 2005 et 2006 n’ont contribué que 559 infirmières additionnelles à la main d’oeuvre québecoise au cours de ces deux années. Alors que le Québec a formé 38 % des infirmières, il a fourni moins de 9 % des infirmières additionnelles au Canada durant cette période. On ne peut invoquer le vieillissement des effectifs pour expliquer cette contre-performance puisque les infirmières québécoises de 55 ans et plus ne représentent que 17 % des effectifs contre 22 % pour le reste du Canada.

Pourquoi avons-nous besoin d’un plus grand nombre d’infirmières et d’infirmières-auxiliaires au Québec que dans les autres provinces canadiennes? Pourquoi formons-nous beaucoup plus d’infirmières que les autres? Et pourquoi gardons-nous actives dans la profession si peu des infirmières que nous formons à grands frais? Voilà des questions qui méritent une étude plus approfondie.
Le Québec a 3000 médecins de plus
Claude Garcia / Générale, 18 septembre 2009

Il y a beaucoup de Québécois qui n’ont pas de médecins de famille ou qui ont du mal à obtenir un rendez-vous avec le médecin de leur choix. Manquons-nous de médecins au Québec?

Les médecins québécois étaient au nombre de 18 908 à la fin de 2006, ce qui représente 2,5 médecins par 1000 de population. Les Québécois étaient plus avantagés à ce chapitre que les Ontariens (2,0 par mille), les Albertains (2,2 par mille) et les habitants de la Colombie-Britannique (2,2 par mille). La moyenne canadienne, si on exclut le Québec, se situe à 2,1 médecins par mille de population. Si on ramenait au Québec le nombre de médecins par mille de population au niveau de la moyenne canadienne, on aurait 3000 médecins de moins.

Malgré le fait que le Québec dispose de près de 20 % de plus de médecins que l’ensemble des autres provinces canadiennes, il consacre à peu près la même proportion de son PIB que le reste du Canada à la rémunération des professionnels de la santé, soit 2,5 %. Mais le PIB per capita québécois est inférieur de plus de 30 % au PIB per capita des autres provinces canadiennes. On peut donc conclure que la rémunération moyenne des médecins québécois est d’environ 50 % inférieure à celle de leurs collègues du reste du Canada. Nous avons choisi, comme collectivité, d’avoir plus de médecins plutôt que de leur offrir une rémunération qui se rapprocherait davantage de celle des autres provinces canadiennes.

Les chiffres que nous venons de citer surprennent à la lumière des difficultés que rencontrent beaucoup de Québécois à obtenir un médecin de famille. Pourquoi, à la lumière de ces chiffres, est-il si difficile d’avoir un médecin de famille? Pourquoi avons-nous autant de difficultés à obtenir un rendez-vous?

23 septembre, 2009

Le chiffre du jour : 70 %

Ainsi, 70% de ces travailleurs branchés reconnaissent échanger des courriels ou clavarder à des fins personnelles durant leurs heures de travail, tandis que 66% reconnaissent naviguer sur le Web à des fins personnelles durant leurs heures de travail. En moyenne, les travailleurs branchés passent chaque jour 20 minutes dans leur courriel ou en clavardage, et 21 minutes à naviguer sur le web à des fins personnelles - soit un total de 41 minutes d'Internet personnel par journée de travail! Les hommes sont les plus fautifs, avec 48 minutes d'Internet personnel par jour en moyenne, contre 34 minutes pour les femmes.

Les Fonctionnaires (33/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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De nombreux spécialistes de la gestion financière, particulièrement ceux qui proviennent du secteur privé, ont rêvé d’une situation où les budgets de l’État seraient établis sur la base de critères objectifs pour maximiser les retombées positives des dépenses gouvernementales ainsi que le retour sur les investissements. Par exemple, les concepteurs du Système de planification, programmation et budgétisation (PPBS) des années 1970 croyaient qu’il serait possible de mesurer l’efficacité des programmes et de moduler les augmentations et les diminutions de crédits budgétaires sur la base de la performance constatée.

Il s’agissait bien sûr d’une utopie et le PPBS a été abandonné après quelques années de tentatives infructueuses. La préparation du budget de l’État est une opération qui n’a rien à voir avec l’efficacité administrative. Les décisions sont prises à la suite de luttes frénétiques entre les ministres et suivant les arbitrages du ministre des Finances et du premier ministre.
(p. 116-117)

22 septembre, 2009

L’équilibre budgétaire passe par l’étranglement des contribuables

Dans le texte ci-après, Jean-Pascal Beaupré suggère au gouvernement de planifier immédiatement les compressions nécessaires au retour à l’équilibre budgétaire. Il craint que la menace de décote de Standard & Poor’s pousse le gouvernement à des actions draconiennes comme celles que nous avons subies dans le réseau de la santé au milieu des années 90.

Demander à un politicien de gérer les finances publiques en « bon père de famille » c’est comme demander à un alcoolique de boire modérément. C’est impossible.

Si le passé est garant de l’avenir les politiciens vont chercher par tous les moyens imaginables à nous extorquer plus d’argent. Cette fois, ils auront beau jeu puisque nos partenaires économiques en feront autant. Ainsi, ils prétendront que notre taux de fiscalité demeure stable. Le rattrapage, si péniblement obtenu au cours des dernières années, fondra comme neige au soleil.

Si cela devait s’avérer insuffisant, alors ils réduiront les services de santé et d’éducation. Ceux qui en auront les moyens devront payer en double pour obtenir, auprès d’entreprises privées, les services déjà achetés et payés au gouvernement. Les autres « tough luck » comme disent les Anglais.

Mais n’ayez crainte ils ne toucheront pas aux programmes de subvention, sinon pour en créer de nouveaux ou pour les augmenter. Les programmes de subventions sont la principale source de pouvoir des politiciens, il n’est donc pas question d’y toucher.

Ils ne toucheront pas non plus à la bureaucratie ou aux lois du travail qui immobilisent le développement économique. Cela risquerait de froisser les syndicats et de les braquer contre le gouvernement.

Il n’y a que le contribuable qui peut être abusé sans risque politique. Il est beaucoup plus facile d’étouffer une masse de gens anonymes et passifs que de s’attaquer aux vrais problèmes.

Vous pensez que je suis cynique! Non, je ne crois pas qu’il soit insolent de rappeler l’histoire des quarante dernières années.
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Avoir la cote
Jean-Pascal Beaupré, Cyberpresse, 16 septembre 2009

Il y a quelques jours, l'agence Standard & Poor's a envoyé un petit avertissement au gouvernement Charest en réduisant de positives à stables les perspectives rattachées à sa cote de crédit A».
L'agence de notation compte sur le gouvernement québécois pour qu'il revienne rapidement à l'équilibre budgétaire et qu'il diminue le fardeau de sa dette. Sinon, une décote n'est pas à écarter.
La baisse des revenus rattachée à la récession fait évidemment mal au portefeuille de l'État. Et la possibilité que la croissance des transferts de péréquation soit réduite à compter de 2010-2011 ne ferait que plomber davantage ses finances. Avec ses 8,3 milliards reçus l'an dernier, le Québec a été de loin le plus grand bénéficiaire de toutes les provinces.
Une décote signifierait des coûts d'emprunt supplémentaires. Le Québec doit déjà affecter 10 % de son budget au paiement des intérêts sur la dette, autant d'argent qui n'est pas consacré aux services gouvernementaux.
Lors de sa mise à jour des finances québécoises prévue dans quelques semaines, le ministre Raymond Bachand devrait nous laisser savoir si le déficit anticipé de 3,9 milliards tient encore la route pour l'année 2009-2010. Au fédéral, on sait déjà que les prévisions sont passées de 34 à 56 milliards.
Devant la menace d'une décote, rappelons-nous les sacrifices majeurs que le gouvernement Bouchard avait dû imposer à la fin des années 90 afin de revenir au déficit zéro. À l'époque, la dette du Québec atteignait 47 % du produit intérieur brut. Or nous atteindrons ce seuil d'ici deux ans.
Pendant les années de vaches grasses qui ont précédé la récession, le gouvernement québécois aurait pu en profiter pour ramener le poids de la dette sous la barre des 40 % du PIB. Mais il a privilégié des mesures plus populaires, comme une baisse d'impôt.
Lorsque la Banque du Canada rouvrira la porte à une hausse du loyer de l'argent quelque part en 2010, la facture des intérêts, déjà à plus de 6 milliards par an, grimpera inévitablement et monopolisera une partie grandissante du budget de l'État québécois.
* * *
Le gouvernement Charest sera confronté à des choix déchirants dans les prochains mois. Ces décisions ne pourront être pelletées dans le futur indéfiniment. Si le Québec ne fait pas le ménage dans ses affaires, les agences de notation se chargeront de lui forcer la main.

On ne pourra compter sur une hausse significative des revenus fiscaux. La population active diminuera à partir de 2013 ; il sera conséquemment difficile d'augmenter les recettes en impôts.

Relever la TVQ de 1 % de plus dès 2010 ne nuirait pas, mais il n'apportera que 1 milliard de plus dans les coffres du gouvernement.
Il vaudrait donc mieux planifier immédiatement les compressions nécessaires à tête reposée. Attendre une menace de décote pourrait mener à des actions draconiennes qui auraient des répercussions pendant des années. Qui ne se souvient pas des milliers d'emplois supprimés dans le réseau de la santé ?

Le chiffre du jour : 77 %

Selon un nouveau sondage de Nanos Research, parmi 18 professions, les Canadiens accordent la cote la plus élevée sur le plan de l'honnêteté et de l'éthique aux médecins et aux pharmaciens. Pour 77 % des répondants, les normes d'honnêteté et d'éthique des médecins sont "élevées" ou "très élevées", alors que ce pourcentage est de 73 % pour les pharmaciens communautaires (de proximité).
Parmi les cinq professions qui ont reçu une cote "élevée" ou "très élevée" pour ce qui est de l'honnêteté et de l'éthique, on retrouve aussi les enseignants, avec 66 %, les policiers, avec 58 % et les membres du clergé, avec 50 %.

21 septembre, 2009

Éducation : existe-t-il des politiciens capables d’agir?

Dans le texte ci-après, Richard Martineau dénonce l’attitude maternante du ministère de l’Éducation, l’incompétence et l’inertie des bureaucrates, la culture du nivellement par le bas, etc.

Il a tout à fait raison.

Malheureusement, je crains qu’en 2020 nous en soyons toujours au même point, ou pire que le système se soit détérioré davantage.

Les problèmes et les solutions sont connues depuis belle lurette, mais nous avons besoin de politiciens plus grand que nature pour les appliquer. Ces politiciens ne semblent pas exister au PLQ ou au PQ, les deux partis aptes à se partager le pouvoir au moins jusqu’en 2020.
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Quand on se compare...

Richard Martineau, Journal de Montréal, 19/09/2009

La série de mon confrère Sébastien Ménard sur les méthodes radicales adoptées par les écoles allemandes pour lutter contre le décrochage était passionnante.
Passionnante, mais aussi - comme c'est souvent le cas lorsqu'on compare notre système d'éducation à ceux des autres pays - déprimante.
ON SE DÉFILE
«On ne veut pas faire de comparaison entre les systèmes d'éducation, qui sont très différents», a dit la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, par la voix de son attachée de presse.
C'est drôle: quand vient le temps de se comparer à des systèmes moins performants que le nôtre, on est toujours prêts à relever le défi et à se péter les bretelles. Mais quand la comparaison est à notre désavantage, on se défile et sort la carte de la «différence».
Pourtant, à ce que je sache, l'Allemagne n'est pas située à l'extérieur de notre galaxie, ce n'est pas Pluton! Le système scolaire ressemble au nôtre: il y a des classes, des professeurs et des élèves.
On n'a pas hésité à importer une réforme majeure venant de Suisse. Pourquoi on n'importerait pas des méthodes de lutte au décrochage venant d'Allemagne?
Surtout lorsque celles-ci ont fait leur preuve, contrairement à la réforme suisse qui est pleine de trous...
TOUCHEZ PAS AU CLERGÉ!
Cela dit, pour importer ces méthodes, il faudrait un changement de valeurs. Que dis-je, une révolution!
Prenez la bureaucratie. En Allemagne, il n'y a pas de commissions scolaires, les directeurs d'école sont autonomes. Alors qu'ici, il y a quatre fonctionnaires pour chaque crayon!
Ça fait des années qu'on le répète: le Québec étouffe sous les structures, il y a trop de chefs et pas assez d'Indiens, les profs doivent remplir quatre formulaires pour acheter une craie. Tout le monde sait ça. Mais qu'est-ce qu'on fait?
Rien.
S'attaquer à la machine gouvernementale en 2009, c'est comme s'attaquer au clergé en 1949, c'est hérétique, ça ne se fait pas.
L'État est notre nouvelle Église, et devant l'Église, la seule posture permise est la génuflexion.
BAISSER LA BARRE
Autre différence majeure: notre approche hyper maternante.
En Allemagne, on considère les élèves comme des êtres humains responsables, capables de prendre les critiques et de faire des efforts. Ici, l'élève est un ti-bébé qu'il faut protéger et cajoler.
Au lieu d'aider les élèves à se dépasser et à sauter plus haut, on baisse la barre jusqu'à ce qu'ils n'aient plus besoin de lever le pied.
Et au lieu de demander aux plus faibles de «pousser la machine» pour rejoindre les plus forts, on demande aux plus forts de ralentir le pas pour que les plus faibles se sentent bien dans leur peau !
Regardez ce qu'on pense faire avec les systèmes Bluetooth. Parce que deux, trois twits ne savent pas comment conduire en parlant, on songe à interdire TOUS les systèmes mains libres dans les autos!
On s'aligne toujours sur les cancres. Ce sont eux qui donnent le pas et qui décident du rythme à suivre...
Contrairement à ce que chante Jean-Pierre Ferland, le Québec ne veut pas aller «un peu plus haut, un peu plus loin», mais «un peu plus bas, un peu plus proche».
UN VIEUX BAZOU
Pourtant, les solutions pour combattre efficacement le décrochage existent, elles sont là, à portée de main - comme rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans, comme le fait l'Ontario.
Mais non, on ne veut rien savoir.
On est fiers de notre modèle qui roule tout croche...

20 septembre, 2009

Les Fonctionnaires (32/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les gouvernements camouflent volontairement bien des avantages concédés aux employés. Par exemple, par l’octroi de primes dans toutes sortes de circonstances. Ces dernières sont très nombreuses et tout le monde, sauf bien sûr ceux qui en bénéficient, ignorent leur existence. Grâce aux primes et aux heures supplémentaires, certains employés arrivent à accroître considérablement leur revenu.

Les nombreux congés accordés aux employés constituent aussi des avantages considérables que le public ignore. En plus de quatre ou cinq semaines de vacances et d’une douzaine de journées de congés de maladie, les conventions collectives des fonctionnaires prévoient des congés pour toutes sortes de raisons : congés parentaux, congés sociaux, etc. Le système de paie contient des centaines de codes pour catégoriser tous ces congés. Il existe même un congé pour le don de sang à la Croix-Rouge! De nombreuses journées sont aussi consacrées à la formation chaque année.

Lorsque les ministères doivent établir des plans de travail pour prévoir l’utilisation du temps des employés dans divers projets, ils calculent que la prestation effective de travail d’un fonctionnaire est de 180 jours par année, alors que le nombre de jours effectivement payés est de 261. Peu d’entreprises privées pourraient demeurer en affaire si elles avaient de telles charges à supporter.

Éducation : qui doit faire quoi?

Dans le texte qui suit, Michel Laliberté déplore le fait que l’écriture cursive n’est pas enseignée en même temps dans toutes les écoles. Cela crée un problème évident lorsqu’un élève change d’école. Il blâme les enseignants et la Commission scolaire qui laisse les enseignants décider quand les élèves doivent apprendre à écrire en lettres attachées.

Ce n’est pas les enseignants qu’il faut blâmer, mais le ministère de l’Éducation. C’est son rôle d’établir les normes et de s’assurer qu’elles soient respectées.

Mais les bureaucrates du ministère et des commissions scolaires sont tellement occupés à détailler l’utilisation de chaque dollar du budget de chaque école, que personne n’a le temps de se préoccuper des normes et de leur application.
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Un gros E aux enseignants
Michel Laliberté, Cyberpresse, 18 septembre 2009

Histoire assez incroyable que ma collègue Cynthia St-Hilaire a découvert cette semaine. Il appert que des écoles de Granby n’enseignent pas aux enfants l’écriture en lettres attachées (écriture cursive) durant la même année. Alors que la plupart des établissements l’enseigne dès la première année, d’autres le font en deuxième année et même en troisième année. Tout ça est possible puisque la commission scolaire de la place laisse les enseignants décider quand les élèves apprendront à écrire en lettres attachées.
Vous voyez sûrement le gros problème qui découle de cette décentralisation: que fait-on quand un élève change d’école? On pense surtout aux problèmes que vivront ceux qui quittent une école où l’écriture en lettres attachées est enseignée en 2e ou 3e année pour une école où c’est enseignée en 1ère année (les transferts d’élèves sont choses assez fréquentes à la commissions scolaire; on en compte une centaine par année). On peine pour eux!
L’apprentissage de l’écriture n’est-elle pas assez difficile pour nos jeunes sans que des adultes — leurs enseignants par surcroit — ne commencent à le déplacer d’une année à l’autre au gré de leurs croyances professionnelles?
Puisqu’on parle de lettres, il est dommage qu’on ne puisse donner des notes aux enseignants et à la commission scolaire dans ce dossier. On leur collerait un gros E. En lettre attachée, bien entendu!

19 septembre, 2009

Santé : pourquoi accepte-t-on l’inacceptable?

Chaque jour les médias nous rapporte les histoires d’horreurs du système de santé (voir ci-après). Pour chaque histoire racontée, il y en a certainement des centaines, peut-être des milliers, qui demeurent anonymes.

Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les Québécois sont si tolérants envers les monopoles d’État, ces monstres qui bouffent l’énergie vitale de l’ensemble de la société.

Plusieurs diront que ce ne sont que des anecdotes et qu’il ne faut pas généraliser. Malheureusement, en santé, chaque cas, aussi anodin soit-il du point de vue statistique, est un drame pour la personne concernée.

Cette grande tolérance envers les monopoles d’État assure leur pérennité malgré la piètre qualité des services et les coûts exorbitants.
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Une patiente tannée d’attendre poursuit le CHUQ
Canoë, 17/09/2009

Une dame de 56 ans vient de déposer une mise en demeure au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pour avoir accès à des traitements contre la douleur qu'elle attend depuis cinq mois.

Chantal Hay souffre d'une compression de la moelle épinière de deux vertèbres lombaires.
Elle a été référée par son médecin à la clinique de la douleur pour trois injections de cortisones, le 28 avril dernier.

Le délai d'attente pour ce type d'injection est de trois mois.

En août, n'ayant toujours pas subi de traitement, la patiente décide de contacter la clinique qui lui répond qu'aucun anesthésiste n'est disponible pour le traitement, que les horaires du mois de septembre ne sont pas sortis, et qu'il y a 25 patients avant elle.

Infirmière auxiliaire dans le secteur privé, l'état de santé de Mme Hay s'est détérioré.
Elle a également portée plainte à la Commissaire locale aux plaintes du CHUQ et elle a aussi saisi le Protecteur du citoyen de sa situation.

Tout cela a obligé l'établissement à réagir. Mme Hay vient tout juste d'apprendre qu'elle recevrait sa première injection le 14 octobre prochain.

Une semaine à vivre avec un foetus mort
Canoë, 17/09/2009

Histoire d'horreur ou délai normal? À Québec, une patiente du CHUL a dû attendre une semaine après avoir appris la mort de son foetus pour recevoir les traitement de curetage que son état rendait nécessaire.

Son conjoint étant employé d'une station de radio, l'affaire a fait grand bruit, se rendant jusqu'à la période de questions de l'Assemblée Nationale. Si la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, a jugé ce délai inacceptable, au CHUL, on le considère tout-à-fait normal dans les circonstances.

Mais le conjoint de la patiente parle d'une attente inhumaine, dans la mesure où, après la moitié de sa grossesse, sa conjointe a dû vivre une semaine, sachant qu'elle portait un foetus mort.

Interventionnisme sans frontière


18 septembre, 2009

L’efficacité passe par la concurrence

Dans le texte ci-après, André Pratte dénonce, quoique bien timidement, les primes des cadres du système de santé lors d’une démission. Cette situation l’amène à se demander si, dans l’administration publique, le gaspillage est endémique.

Depuis 2005, j’épluche les médias dans le but de déceler les anecdotes d’inefficacité et de gaspillage. Pour moi, il est évident que l’administration publique, en particulier en santé et en éducation, est un monstre que personne n’est en mesure de contrôler. D’ailleurs, le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique.

Contrairement à ce que suggère le texte d’André Pratte, il est impossible de régler ce problème par une gestion plus serrée des fonds publics. Cela fait quarante ans que les politiciens nous le promettent, mais sans résultat. Même si cela semble possible en théorie, il est évident qu’en pratique ça ne fonctionne pas.

L’inefficacité de l’administration publique découle de sa nature même. Il faut donc repenser et minimiser son rôle.

Le principal rôle de l’État consiste à protéger les individus des abus. Donc, le gouvernement doit définir les normes et surveiller leur application, mais doit se départir du rôle de fournisseurs de service. Ce rôle peut-être joué beaucoup plus efficacement par le marché dans la mesure où l’environnement économique favorise sans compromis la concurrence.
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André Pratte, Cyberpresse, 17 septembre 2009

Le chef du bureau de La Presse à l’Assemblée nationale, Denis Lessard, révélait mercredi l’existence d’un régime en vertu duquel les cadres du réseau de la santé bénéficient d’une prime d’un an de salaire s’ils démissionnent avant l’âge auquel ils ont droit à leur pleine retraite. Cette prime résultera d’ententes négociées par le gouvernement avec les associations représentant les cadres.
On voit mal quelle est la logique sous-tendant ce régime, qui est coûteux et qui encourage les gens à quitter prématurément leur emploi. Cela m’amène à soulever la question des «coûts de système». Dans les grands réseaux comme ceux de la santé et de l’éducation, les dépenses augmentent chaque année d’un pourcentage substantiel - 5% dans le cas de la Santé - de façon quasi automatique. C’est le résultat des conventions collectives et autres coûts dits incompressibles (équité salariale, régimes de retraite, vieillissement de la population, dépenses de fonctionnement des nouveaux équipements). Pour la Santé, 5% par année, c’est plus d’un milliard. Seuls les montants au-delà de cette somme servent à une amélioration concrète des services offerts.
Ces coûts sont-ils aussi incompressibles qu’on le dit? Peut-être. Peut-être pas. Et si l’expression «coûts de système» servait à camoufler toutes sortes de dépenses qui, en réalité, devraient être régulièrement remises en question? Cette prime au départ prématuré des cadres, par exemple.
Dans une entreprise, les dépenses incompressibles, ça n’existe pas. Dès que la situation financière devient un peu plus serrée, on revoit tout de fond en comble pour s’assurer qu’il n’y a pas de coûts injustifiés. Si, au gouvernement, on allait voir de plus près ce que sont, vraiment, les coûts de système, on constaterait peut-être qu’une partie de cet argent pourrait être investi là où il profiterait davantage aux patients et aux élèves.

Les Fonctionnaires (31/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les relations de travail sont un autre domaine pour lequel on peut constater que le contexte politique fausse le fonctionnement d’institutions et de pratiques, telles que la syndicalisation, les négociations collectives et les grèves qui ont été emprunté au secteur privé. Dans les entreprises, les négociations collectives constituent un rapport de force de nature économique entre l’employeur et le syndicat. Ce dernier essaie d’obtenir le maximum d’avantages pour ses membres, compte tenu de la capacité de payer de l’entreprise. Si les exigences sont déraisonnables, l’entreprise risque de fermer ou de faire faillite.

Un gouvernement ne peut évidemment pas mettre la clé dans la porte, ni faire faillite. Les employés de la fonction publique ne risquent pas non plus de rester en grève bien longtemps lorsqu’ils décident d’accentuer les moyens de pression, car le gouvernement est un monopole dont personne ne peut prendre la relève. Les conflits de travail sont donc essentiellement politiques, chacune des parties tentant de convaincre l’opinion publique que sa position est la plus raisonnable. Lorsqu’il dispose de l’appui du public, le gouvernement peut mettre fin unilatéralement à une grève en déposant une loi au parlement. Comme des sanctions sévères sont généralement attachées au non-respect de la loi, le syndicat perd tout son pouvoir de négociation.
(p. 113-114)

17 septembre, 2009

Subventions et pouvoir

Dans le texte ci-après, David Descôteaux suggère que des baisses d’impôt contribueraient davantage à la croissance économique du Québec que les programmes de subvention.

À ma connaissance, il n’existe pas d’analyses rigoureuses qui démontrent que les programmes de subvention contribuent positivement au développement économique d’une société. Bien sûr, on argumentera que sans aide financière du gouvernement le Cirque du Soleil n’aurait pas vu le jour et Bombardier aurait déménagé hors du Québec.

Qu’en sait-on vraiment? Si au lieu de subventionner le Cirque du Soleil et Bombardier on avait réduit les impôts des entreprises que ce serait-il passé? Il y aurait probablement plusieurs « Cirque du Soleil » et plusieurs « Bombardiers » qui brandiraient fièrement leur origine québécoise.

Les programmes de subvention visent d’abord des objectifs politiques. C’est la principale source de pouvoir des politiciens. Si par hasard cela favorisent aussi le développement économique, tant mieux, mais c’est un objectif secondaire.

Wikipédia définit le pouvoir comme étant la capacité d’influencer le comportement des individus et des entreprises :
Le pouvoir est souvent considéré comme une relation entre des acteurs sociaux (des individus, des groupes sociaux ou classes sociales). Comme le disait Max Weber, la relation de pouvoir s'observe quand un individu accomplit (ou s'abstient d'accomplir)conformément à la volonté d'un autre individu, une action qu'il n'aurait pas accomplie (ou aurait accomplie) spontanément. ....
C'est pourquoi l'on distingue deux sortes de pouvoir :
1. Le pouvoir d'injonction reposant sur la coercition, c'est à dire la contrainte. L'injonction suppose l'emploi possible de la force. (NDLR : lois et règlements)
2. Le pouvoir d'influence reposant sur le consentement du gouverné. C'est la capacité d'offrir à un individu des gratifications matérielles (salaire, récompense…) ou symboliques (au niveau de l'estime de soi) en contrepartie du comportement suggéré. (NDLR : les programmes de subvention)
(Source : Wikipédia)
Le pouvoir d’influence est le principal objectif visé par les programmes de subvention. Évidemment, cela est politiquement inadmissible. Alors, les politiciens utilisent toutes sortes de prétextes pour justifier les nombreux programmes qu’ils défendent : développement régional, projets porteurs, retombés économiques, création d’emploi, etc.

Il ne faut donc pas s’inquiéter. Tant que nos poches ne seront pas complètement vides, le nombre et l’ampleur des programmes de subventions croîtront.
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Les États-Unis s’endettent, profitons-en!

www.journalmetro.com, p. Web / David Descôteaux, 03 septembre 2009

Chaque matin au coin de ma rue, je croise Stéphane. Un sympathique colosse couvert de tatous. Il cogne du marteau et casse des briques, de 7 h du matin au coucher du soleil. C’est lui qui a bâti ma maison.
Stéphane possède son entreprise. Il est entrepreneur général. Des subventions, il n'en reçoit jamais. Pourtant, Stéphane crée des emplois, tout comme les Bombardier et GM de ce monde. Si le gouvernement lui donne 500 000 $, il va en engager des plombiers et des électriciens. Il va s’acheter de nouveaux outils, et faire «rouler» l’économie.
Mais Stéphane peut oublier ça. Les subventions, c'est comme les bonnes jobs; ça prend des contacts. Le politicien, en choisissant l’entreprise à subventionner, calcule combien ça lui rapporte politiquement.
Et Stéphane rapporte très peu politiquement...
Je propose une alternative à ce système inéquitable : si le gouvernement veut aider les entreprises – toutes les entreprises –, qu’il élimine ses programmes de subventions. Et avec l’argent économisé, qu’il réduise les impôts de TOUTES les entreprises.
Vous êtes étudiant et démarrez votre entreprise de jardinage cet été? Vous méritez de l’aide autant que Bombardier. Vous bûchez fort pour maintenir à flot votre firme de comptabilité? Ce qui est bon pour GM est bon pour vous!
Et diminuer les impôts des entreprises comporte un avantage majeur. Cet été, la chaîne de beignes et cafés Tim Hortons a déménagé – sur papier – son siège social au Canada. Pourquoi? Les impôts des entreprises sont bas ici. Une récente étude de la Banque de Montréal le confirme : en gardant les impôts bas, nous allons attirer plusieurs entreprises – surtout américaines.
Pourquoi américaines? Parce qu’Obama creuse des déficits monstrueux avec ses plans de relance - près d'un billion (1 000 G$) de dettes qui s'ajouteront chaque an pour les 10 prochaines années. Et la facture s’en vient. Washington devra augmenter les impôts pour la payer. Les entreprises voient venir le coup. Tim Hortons n’est qu’un début.
La bonne nouvelle: le taux d’imposition des entreprises au Canada est déjà faible, et va continuer de diminuer. Il est à 19 % aujourd’hui. Et Ottawa prévoit le baisser à 15 % d’ici 2012.
Ces baisses d’impôts vont-elles amputer les programmes sociaux? Non. L’arrivée de nouvelles entreprises va augmenter les recettes fiscales. Et en éliminant les subventions, l’État sauverait des sous - seulement au Québec, nous donnons plus de 5 G$ chaque année aux entreprises sous forme de subventions directes et indirectes. C'est le tiers du budget de l'Éducation!
Éliminons les subventions, et baissons les impôts. Voilà un plan de relance efficace... Et équitable.

Infantilisation : sport préféré des bureaucrates

16 septembre, 2009

Éducation : il ne faut pas chercher « midi à quatorze heures »

Comme le démontre le cas de l’Allemagne (voir le texte ci-après), s’il y avait une véritable volonté politique, il serait relativement facile d’améliorer l’efficacité du système d’éducation.

Premièrement, on se débarrasse des Commissions scolaires. Ce sont des bureaucraties inutiles qui consomment une part non négligeable des ressources financières du ministère de l’Éducation.

Deuxièmement, on coupe de moitié les bureaucrates du ministère en limitant leur rôle à définir les normes et à veiller à leur application.

Troisièmement, on réécrit les conventions collectives. Le rôle des syndicats n’est pas de gérer le système d’éducation. Leur rôle est de protéger leurs membres des abus.

Finalement, on responsabilise les directeurs d’école et on remplace les incompétents.
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Moins de bureaucratie, plus de créativité
Sébastien Ménard, Le Journal de Montréal, 16/09/2009

AIX-LA-CHAPELLE Sans commission scolaire à qui rendre des comptes, les directeurs d'école sont très autonomes et créatifs en Allemagne. Chacun décide comment lutter contre le décrochage, que ce soit en envoyant des profs cueillir les «élèves à risque» directement à la porte de leur maison ou en leur fournissant un téléphone cellulaire.
«Toutes les écoles sont différentes et elles tentent toutes, chacune à leur manière, d'avoir le moins de décrocheurs possible. Les méthodes varient beaucoup d'un endroit à l'autre», dit Manfred Paul, directeur de l'école Aretzstraße, à Aix-la-Chapelle, une ville de 260000 habitants.
Cette grande autonomie suscite l'envie chez les directeurs d'écoles du Québec.

Contrairement à ce qu'on observe chez nous, les commissions scolaires n'existent pas en Allemagne. Ce sont les municipalités qui s'occupent de l'entretien des édifices et de la gestion du personnel de soutien, alors que les directeurs décident seuls de la conduite de leur école.
Signer un contrat
Manfred Paul ne manque d'ailleurs pas d'imagination pour garder ses 400 élèves en classe. Il leur offre du travail rémunéré, à l'intérieur même de l'école, et se sert des profits pour embaucher un employé professionnel qui s'occupe justement des décrocheurs potentiels.
Depuis peu, l'institution fournit également un téléphone cellulaire aux élèves qui s'absentent trop souvent et qui sont les plus susceptibles de décrocher. En contrepartie, les jeunes doivent signer un contrat dans lequel ils s'engagent à être présents en classe. «On a constaté qu'on avait beaucoup de difficulté à joindre certains élèves, explique M. Paul. Avec le cellulaire, on peut les appeler en tout temps, s'ils ne sont pas à l'école.»
Mais il faut parfois en faire plus, reconnaît le directeur. Il peut arriver, par exemple, qu'un prof soit envoyé «en mission» faire le pied de grue devant la maison d'un élève pour l'escorter à l'école, a-t-on raconté au Journal.
Clientèle difficile
La stratégie déployée par Manfred Paul donne de bons résultats. L'an dernier, 96 % des jeunes qui ont quitté son établissement avaient obtenu un diplôme.
L'école Aretzstraße accueille pourtant une clientèle démunie, faible académiquement et majoritairement composée d'immigrants. «On tente de faire de notre école un véritable milieu de vie, pas seulement un lieu d'enseignement», dit le directeur.

La TVQ à 9,5 %?


15 septembre, 2009

La bureaucratie, un monstre inepte

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Le chiffre du jour : 70 %

Tandis que l'économie canadienne affiche des signes de reprise, les effets de la crise financière sur les régimes d'épargne-retraite des travailleurs âgés, et sur les inquiétudes des jeunes, persistent. Un nouveau sondage, réalisé auprès de Canadiens et Canadiennes âgés de 18 à 25 ans, révèle que 70 pour cent des répondants s'inquiètent de perdre des occasions d'obtenir des postes de responsabilité compte tenu du fait que leurs collègues plus âgés retardent leur départ à la retraite.

Éducation : Québec 0, Allemagne 10

Quel contraste!

La ministre Courchesne vise un taux de 80 % de réussite au secondaire en 2020. En Allemagne ce taux atteint 94 %.

Quand on se contente de peu, on obtient peu!


14 septembre, 2009

Il n’y a pas de fumée sans feu

Le ministre Dupuis a déclaré à la presse :

«Nous ne pouvons pas accepter comme société que des gens s'enrichissent illégalement, que ce soit par la corruption, la malversation ou les fraudes fiscales, a dit M. Dupuis. Le message que nous tenons aujourd'hui à la population du Québec est celui-ci : nous sommes là pour protéger l'intégrité de la société. Notre message aux bandits est celui-ci : on est sur votre dos. Nous intensifions ces luttes-là.»

Alors, pourquoi avoir attendu si longtemps pour agir? Vous ne saviez pas que le pavage des routes coûte deux fois plus cher que partout ailleurs en Amérique du Nord? Vous ne saviez pas que les entrepreneurs, les ingénieurs conseils et les syndicats travaillent mains dans la mains? Vous ne saviez pas .....

Ou est-ce que vous ne vouliez pas savoir?

Pourtant, une simple recherche Google vous aurait convaincu qu’il n’y a pas de fumé sans feu.

Le chiffre du jour : 59 %

Le sondage de l'Association canadienne de la paie (ACP) permet de constater que les Canadiens vivent pour la plupart d'une paie à l'autre, mais aussi qu'ils peinent à épargner en prévision de leur retraite. Selon ce sondage, dont les résultats doivent être rendus publics lundi, 59 pour cent des Canadiens en arracheraient s'il leur manquait un chèque de paie.

13 septembre, 2009

Les Fonctionnaires (30/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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La culture organisationnelle de la fonction publique complique singulièrement la tâche des gestionnaires lorsqu’il s’agit de se défaire d’employés incompétents. Étant donné que le système est axé sur la protection des fonctionnaires contre le favoritisme et les interventions politiques, il est extrêmement difficile de renvoyer un employé dont la performance est insatisfaisante une fois qu’il a terminé sa période de stage et acquis sa permanence. Il est, dans ce cas, assez facile pour un individu d’utiliser la réglementation et les conventions collectives pour y trouver les trucs et astuces permettant de faire échec aux intentions de son supérieur. Les employés, en effet, disposent de bien plus de privilèges que de devoir. Ils n’ont pas à s’efforcer de maintenir leurs compétences ou à prendre les mesures nécessaires pour conserver leur emploi au cas où leur poste viendrait à disparaître. L’employeur a toutes les obligations : former l’employé durant ses heures de travail et en lui payant des heures supplémentaires si cette formation l’exige, lui trouver un autre travail de même niveau lorsque son poste est aboli par manque de travail ou à la suite de changements technologiques, continuer à lui payer un salaire à ne rien faire s’il ne peut être déménagé, etc.

En fait, il est si difficile de se défaire d’un employé jugé insatisfaisant que les gestionnaires préfèrent les mettre sur une voie d’évitement, en faire un « tabletté » comme on dit communément. Tous les tablettés ne sont pas des incompétents, loin de là. Plusieurs sont simplement tombés en disgrâce parce qu’ils n’ont pas respecté les critères de loyauté et d’appui inconditionnel à leur supérieur. Dans ces cas, il arrive souvent que l’employé ignore ce qui a conduit à sa déchéance, car il s’agit de règles non écrites dont personne ne parle ouvertement.

La pratique du « tablettage » n’est pas inconnue dans les entreprises, mais, comme elle coûte cher, elle est réservée aux gestionnaires supérieurs alors que, dans la fonction publique, on retrouve des tablettés à tous les niveaux. Personne ne sait combien d’employés improductifs la bureaucratie gouvernementale peut ainsi camoufler dans ses rangs. Un jour, dans un contexte très informel, une question à cet effet a été posée à un haut fonctionnaire d’un organisme central dédié à la gestion du personnel. Sa réponse, en toute franchise a été : « Les tablettés, ce sont comme les rats; quand tu en vois un, ça veut dire qu’il y en a dix! »
(p. 112-113)

Déficit : c’est loin d’être fini


12 septembre, 2009

Dette : on vit au-dessus de nos moyens


Le chiffre du jour : 71 %

L'édition 2009 du sondage A votre santé indique que 71 % des employeurs estiment que leurs employés ne connaissent pas autant qu'ils le devraient leur régime de retraite ou d'épargne collective.

11 septembre, 2009

Les Fonctionnaires (29/55)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les entreprises n’ayant pas le choix étant donné qu’elles fonctionnent dans un contexte de concurrence, sont forcées d’être performantes et doivent axer leurs pratiques de gestion du personnel sur l’efficacité. Elles consacrent donc beaucoup d’efforts à créer un environnement de travail positif, à motiver les employés à améliorer leur rendement, à se donner des pratiques de reconnaissance, à améliorer le climat de travail et le moral des employés, à promouvoir les valeurs organisationnelles et à fidéliser les employés pour minimiser le roulement.

Par contre, l’objectif principal de la fonction publique en matière de gestion du personnel est de mettre les employés à l’abri des interventions politiques et du favoritisme. Le système fait des fonctionnaires des individus particulièrement choyés par leur employeur. Ils comptent aussi parmi les travailleurs ayant les meilleures conditions de travail, n’étant dépassés à ce chapitre que par les employés des grandes villes et de certaines sociétés d’État.

Les gains les plus importants ont été acquis dans les années 1970, il y a donc plus de trente ans. Ces conditions ne correspondent plus à la situation qui prévaut maintenant dans les entreprises privées soumises à la concurrence internationale. Dans certaines entreprises manufacturières, les employés sont maintenant appelés à renoncer à des avantages acquis afin d’éviter des fermetures d’usines. On peut croire que le fossé qui sépare les conditions de travail accordées dans le secteur privé de celles qui sont consenties dans la fonction publique ira en s’élargissant. Le salaire et les conditions de travail exercent une forte attraction sur les chercheurs d’emplois. Le nombre de candidats aux concours est d’ailleurs le meilleur indicateur de la compétitivité de la fonction publique sur le marché de l’emploi. Si celle-ci en venait à éprouver des problèmes de recrutement, on saurait que ses conditions de travail sont redevenues adéquates et convenables. (p. 106 & 107)

10 septembre, 2009

Le chiffre du jour : 80 %

Plus de sept Québécois sur dix estiment que le gouvernement devrait modifier la loi actuelle pour rendre obligatoire la tenue d'un vote au scrutin secret auprès des employés visés par une demande d'accréditation syndicale. L'appui à une telle modification est encore plus fort chez les travailleurs syndiqués, à 80 %.

Éducation : un autre plan parachuté d’en haut



Où est le progrès?
Michelle Ouimet, Cyberpresse, 10 septembre 2009

Il y avait du monde, beaucoup de monde, hier, à la conférence de presse-fleuve de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui dévoilait son plan de lutte contre le décrochage.

Son fameux plan. Depuis le temps qu'elle nous le promet.

Elle a pris son ton exalté pour expliquer les 13 «voies de réussite» qui forment le coeur de son plan.

«Je suis très, très touchée d'être ici ce matin», a-t-elle lancé devant une centaine de personnes réunies dans la bibliothèque de l'école secondaire Honoré-Mercier, située dans l'ouest de Montréal.

Pourquoi touchée? Allez savoir.

Treize voies de réussite pour contrer le décrochage, donc. Treize idées, petites et grandes.
Mais parlons d'abord de chiffres. La ministre était fière d'annoncer que le taux d'obtention de diplôme chez les moins de 20 ans avait grimpé de 69% en 2006 à 72% en 2007.

Un bond de trois points en un an. Prodigieux? Pas vraiment. En 1992, le ministre de l'Éducation, Michel Pagé, avait lancé un plan de lutte contre le décrochage: classes plus petites, titulariat, meilleur encadrement.

À l'époque, le taux d'obtention de diplôme était de... 72%. Il voulait le hisser de quinze points en cinq ans. En 2000, huit ans et une quarantaine de millions plus tard, le taux stagnait toujours à... 72%.

La ministre aurait dû le préciser, hier. Un peu de perspective historique n'aurait pas fait de tort. En 2002, le taux d'obtention de diplôme a dégringolé à 67%. Le retour aux 72% en 2007 est donc une victoire.

Mais la réalité, la vraie, c'est que depuis 15 ans, les écoles subissent un grand et désespérant piétinement: 72% en 1992, 72% en 2007. Où est le progrès?

Je ne veux pas vous assommer avec les statistiques, mais rappelons que ce 72% englobe l'ensemble des jeunes de moins de 20 ans. Il inclut donc tous ceux qui ont abandonné leur secondaire et terminé leurs études à l'éducation aux adultes où les exigences sont moins fortes.

Des diplômes au rabais.

Prenons les vrais chiffres, soit le nombre de jeunes qui sortent avec un diplôme après avoir passé cinq ans au secondaire. En 2005, seulement 55,8% des élèves de la province avaient obtenu leur diplôme; 54,4% en 2008. À peine un sur deux. La ministre s'est bien gardée d'en souffler mot.

Hier, Mme Courchesne a annoncé que le «taux de diplomation» des moins de 20 ans grimpera à 80% en 2020 grâce à ses 13 voies de réussite. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir une pensée pieuse pour tous les ministres de l'Éducation qui l'ont précédée et qui ont fixé avec enthousiasme des cibles qui n'ont jamais été atteintes.

* * *

Parlons un peu du plan de Mme Courchesne. Rien d'original, mais des mesures incontournables et nécessaires: baisser les ratios dans les classes au primaire en commençant par les milieux défavorisés. Coût: une centaine de millions par année.

Ajout de 200 «enseignants-ressources» au secondaire. Coût: 11 millions par année.
Création d'un fonds pour le développement des jeunes. But: aider les enfants d'âge préscolaire qui viennent de milieux défavorisés. Coût: 400 millions sur 10 ans. Quelles mesures seront adoptées avec tous ces millions? Impossible d'obtenir des réponses claires. Le fonds est entouré d'un flou artistique.

La ministre a aussi annoncé la création d'un comité de vigie qui sera formé de tout le monde et son père, y compris des élus municipaux. Un comité de gérants d'estrade, comme s'il n'y avait pas déjà assez de monde dans la grande galère de l'école. Leur mandat: suivre l'évolution des taux de réussite, analyser des moyens d'intervention et proposer des ajustements. Misère.
Mme Courchesne a parlé de contrôles fréquents. Elle veut s'assurer que l'argent sera bien dépensé. Un but honorable. Le problème, c'est que les directeurs d'école vont être englués dans une bureaucratie tatillonne.

Hier, la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, était dans tous ses états. Elle en avait quasiment les larmes aux yeux. Les directeurs d'école sont débordés, ils doivent rendre des comptes pour chaque sou dépensé. «À chaque nouveau programme, on est enterrés sous la paperasse, a-t-elle dit. Et là, on nous en rajoute.»

Au total, le gouvernement injectera une centaine de millions en 2010 et en 2011, puis 160 millions par année à partir de 2012. Cap sur 2020 et la cible de 80%.

En 2020, Mme Courchesne ne sera plus là. Ce sera à son tour d'avoir une pensée pieuse pour le ministre de l'Éducation qui annoncera de nouvelles cibles.

09 septembre, 2009

« Prime à la casse » : un programme nuisible

Tous les programmes de subvention à la consommation sont au mieux inutiles, au pire, nuisibles.

Il y a plus de 150 ans, Frédéric Bastiat, dénonçait avec éloquence les effets néfastes de l’interventionnisme. Depuis, de nombreux individus et groupes de réflexion ont repris le bâton du pèlerin pour dénoncer les abus de l’État dans tous les domaines de l’économie.

Dans le texte ci-après, Adrien Pouliot, explique pourquoi le programme américain de « prime à la casse » est inutile et même nuisible.

Ce programme pige dans les poches des contribuables pour favoriser certains consommateurs, ceux qui désirent remplacer leur vieille bagnole. En fait, ce n’est qu’un moyen de favoriser l’industrie automobile au détriment de toutes les autres. En effet, l’argent utilisé pour acheter un véhicule neuf n’est plus disponible pour l’achat d’un autre produit ou service.

C’est l’exemple type d’un programme qui, sous le couvert d’un discours vertueux (relance de l’économie et protection environnementale), vise d’abord à laisser croire à la population que le gouvernement agit.
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Une «bulle» inutile
Adrien Pouliot, La Presse, le 31 août 2009

L'auteur est président de Draco Capital Inc., société d'investissement privée.

L'économiste Frédéric Bastiat nous aurait sans doute rappelé sa parabole du sophisme de la vitre cassée en entendant le président des États-Unis déclarer que son programme de «prime à la casse» s'est révélé être un succès au-delà de toute attente.
La vitre cassée est le titre du chapitre I de son ouvrage Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Bastiat part d'une histoire, celle du fils de «Jacques Bonhomme», qui casse un carreau de vitre, et de la réaction des badauds: «À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l'industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l'on ne cassait jamais de vitre?»
Bastiat reconnaît que le coût de réparation de la vitre (six francs de l'époque) bénéficie bien directement à l'industrie vitrière («ce qui se voit»), mais il s'oppose à la conclusion qu'il en résulte un bénéfice pour l'industrie tout entière, car cela néglige les autres usages qui auraient pu être faits de ces six francs («ce qui ne se voit pas»).
Par exemple, si la vitre n'avait pas été brisée, Jacques Bonhomme aurait pu consacrer le même argent à l'achat d'une paire de chaussures et «aurait eu tout à la fois la jouissance d'une paire de souliers et celle d'une vitre». Il en conclut que «la société perd la valeur des objets inutilement détruits».
Tentons de voir «ce qui ne se voit pas» dans le programme de M. Obama.
D'abord, on ne voit pas que l'argent de la prime à la casse a été pris dans la poche des contribuables. On leur aura enlevé 3 milliards avec lesquels ils auraient acheté lave-vaisselle, tondeuse ou je ne sais quoi d'autre à la place, pour détruire des bagnoles usagées.
Achat devancé
De plus, les voitures neuves acquises sous le programme auraient probablement été achetées de toute façon, mais plus tard puisque ce sont des bagnoles assez vieilles que leur propriétaire aurait dû vendre ou passer à la casse un jour. Le programme n'aura fait que créer une «bulle» d'achat à court terme et on peut donc s'attendre à un ralentissement des ventes de voitures neuves au cours des prochains mois.
Troisièmement, le commerce de réparation de voitures usagées sera touché négativement à la suite de la diminution prématurée du parc de voitures usagées et le marché des pièces recyclées va subir une pénurie artificielle et une pression à la hausse sur les prix créée par la disparition prématurée de toutes ces vieilles voitures, sources de pièces usagées.
Enfin, les acheteurs de voitures de la catégorie visée par le programme (des voitures dans une fourchette de prix allant de 3000 à 4000$), comme les étudiants et autres consommateurs avec des moyens modestes qui achètent leur première voiture usagée, devront payer plus cher leur première voiture usagée à cause de la rareté artificielle créée par le programme.
Au lieu de casser des voitures, M. Obama aurait mieux fait de lire Bastiat et de s'en remettre à la sagesse des consommateurs de voitures pour décider quand et quelle voiture ceux-ci devraient acheter.