Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Le poulet n'a pas encore traversé la route, mais le gouvernement y travaille --- Lionel Chopin

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31 mars, 2009

Répéter les mêmes erreurs est un signe de......

Le texte de Richard Rahn est un excellent résumé de ce que les présidents américains ont fait depuis 30 ans pour juguler les crises économiques. Le président Reagan est celui qui a hérité de la pire situation économique, incluant l’actuelle crise. Son plan pour relancer l'économie : une politique monétaire restrictive pour stopper l'inflation, d'importantes réductions des taux marginaux d'imposition pour réhabiliter les incitations à travailler, à épargner et à investir, ainsi qu’une réduction des dépenses publiques non militaires. Ce plan permît à Reagan de tenir ses promesses, entraînant une forte croissance (7,2% pour la seule année de 1984) et d'importantes réductions du chômage et de l'inflation.

Obama fait tout le contraire de Reagan : il augmente la masse monétaire, les taux d’imposition des contribuables les mieux payés et les dépenses publiques non militaires. Il est donc probable que le plan Obama entraînera une baisse de croissance par rapport à la moyenne historique et d’importantes augmentations du chômage et de l’inflation.
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Le plan de relance Obama réussira-t-il ?

Richard Rahn, le 19 mars 2009 - Obama va-t-il réussir son pari de relance ? Au cours des trois dernières décennies, les six présidents des États-Unis (y compris l'actuel), démocrates et républicains du Congrès, ainsi que la Réserve fédérale (sous quatre présidents) ont essayé différentes politiques économiques avec des résultats très variables. Le Président Obama et le Congrès démocrate sont maintenant engagés sur une nouvelle voie, et pour juger de leurs chances de réussite, il est utile d’interpeller l'histoire.

Le Président Jimmy Carter hérita d'une économie en croissance, mais avec une inflation et un chômage relativement élevés. Il quitta le pouvoir avec une économie en récession, un chômage élevé et une inflation et des taux d'intérêt à des niveaux records (le taux directeur avait attient un moment 21%). Les politiques de Carter, avaient pour objectif de maintenir à un niveau très élevé les taux marginaux d'impôt sur le revenu, et une légère expansion de la taille relative du secteur public. M. Carter avait nommé G. William Miller comme président de la Réserve fédérale, qui avait engagé une expansion monétaire très rapide provocant une inflation désastreuse, ce qui poussa Carter à le remplacer par Paul Volcker à la fin de son mandat.

Le Président Reagan hérita d'une situation économique encore pire que celle dont a hérité le Président Obama. Quand Reagan prît ses fonctions, l'économie était en récession depuis près d'un an, le taux de chômage était presque identique à celui d’aujourd'hui, mais le taux d’activité était plus faible, et l'inflation hors de contrôle. Les marchés du crédit étaient au plus mal, et les entreprises et les consommateurs n’empruntaient pas car ils ne pouvaient pas se le permettre aux taux d'intérêt de l’époque. Reagan, contrairement à ses détracteurs, avait un plan pour relancer l'économie qui comprenait : une politique monétaire restrictive pour stopper l'inflation, d'importantes réductions des taux marginaux d'imposition pour réhabiliter les incitations à travailler, à épargner et à investir, ainsi qu’une réduction de la part des dépenses publiques non militaires dans le produit intérieur brut (PIB). Ce plan permît à Reagan de tenir ses promesses, entraînant une forte croissance (7,2% pour la seule année de 1984) et d'importantes réductions du chômage et de l'inflation. Il resta fidèle à M. Volcker et sa politique monétaire restrictive, car il comprenait que l'inflation devait être maintenue sous contrôle, même s’il savait aussi que cela prolongerait la récession à court terme. Combien d'hommes politiques aujourd'hui seraient prêts à prendre ce risque pour le bien commun à long terme?

Le premier président Bush avait promis de ne pas augmenter les impôts et de maintenir la croissance des dépenses publiques inférieure à celle du PIB nominal. Il a presque immédiatement abandonné ses promesses sur les dépenses et, sur la fin, ses promesses fiscales. Le résultat a été un recul de la croissance par rapport aux années Reagan, y compris une brève récession en 1990, et une hausse du chômage.

Le Président Clinton fût élu en 1992 sur un programme qui ressemble aux promesses de Bush en 1988 : pas de nouveaux impôts ; restriction des dépenses. M. Clinton revint rapidement sur sa promesse concernant les impôts mais honora, finalement, son engagement de modération des dépenses (grâce à une forte impulsion du nouveau Congrès républicain après l'élection de 1994). Par ailleurs, la Fed réussit à maintenir un faible taux d'inflation pendant les années Clinton, jusqu'en 2000. Il en résulta une forte croissance économique jusqu'à la fin de l'administration Clinton lorsque les dépenses grimpèrent et l'économie entra en récession, juste au moment où son successeur prît ses fonctions.

Le deuxième Président Bush promît de freiner le rythme de croissance des dépenses publiques et de réduire les taux d'imposition. Il avait en partie appris de l'erreur de son père et a garda les taux d'imposition relativement faibles, mais (comme son père) il ne parvînt pas à limiter les dépenses, notamment les dépenses non militaires. Le Président de la Fed, Alan Greenspan, maintînt les taux d'intérêt trop bas après la récession de 2001, ce qui alimenta de manière prévisible la bulle immobilière. D’où la récession, avec un taux de chômage de plus de 7%, et d’où, en grande partie, le désordre financier actuel.

Le Président Obama avait promis de limiter la croissance des dépenses, mais a augmenté les impôts des groupes aux revenus les plus élevés. Déjà, l’adoption du projet de loi du plan de relance, à elle seule, représente la plus grande croissance dans les dépenses du gouvernement depuis la Grande Dépression. S’il augmente les impôts, y compris en laissant les réductions d’impôt de George W. Bush courir jusqu’à la fin de 2010, ses politiques économiques ressembleront à celles du premier Président Bush. (Rappelons que les présidents Herbert Hoover et Franklin D. Roosevelt ont tous deux augmenté les impôts et les dépenses publiques. Résultat : les années 30 ont été la seule décennie sans croissance économique dans l'histoire des États-Unis.)

Encore une fois, au cours des années Reagan, les taux d'imposition ont baissé substantiellement, la croissance des dépenses publiques a été modérée, et l'économie a crû rapidement. Durant les années Clinton, les taux d'imposition les plus élevés ont été augmentés, mais les dépenses du gouvernement ont été restreintes pendant la majorité de son mandat, et l'économie a crû rapidement jusqu'aux derniers mois de son mandat. Mais durant les années Carter et Bush père et fils, les dépenses publiques non militaires ont augmenté par rapport à l'économie, les taux de croissance ont baissé et le chômage a augmenté. Pourquoi devrions-nous nous attendre à un résultat différent cette fois-ci ?

Richard Rahn est analyste au Cato Institute et président de l'Institute for Global Economic Growth.

Chiffre du jour : 12 %

Alors que la crise continue de sévir, seuls 12 % des travailleurs québécois affirment que leur employeur prévoit effectuer des mises à pied au cours des six prochains mois. C'est ce que révèlent les résultats d'un sondage CROP rendu public aujourd'hui dans le cadre d'un colloque sur le recrutement organisé par l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Dans ce sondage, 38 % des travailleurs disent également que leur employeur prévoit embaucher du personnel, alors que 44 % estiment qu'il ne prévoirait ni embaucher, ni effectuer de mises à pied au cours des six prochains mois.

30 mars, 2009

Le gouvernement du Québec est-il un consommateur compulsif?

Le taux de participation du gouvernement dans l’économie québécoise dépasse 40 %. Si on inclut Hydro-Québec, la SAQ, etc., le taux augmente à plus de 50 %. C’est de loin le taux le plus élevé en Amérique du Nord. En particulier, le gouvernement du Québec est accroc aux subventions. Il distribue plus de subventions que toutes les autres entités économiques en Amérique du nord. Le nombre de programmes d’aide est ahurissant et il augmente tous les jours. Il faut plusieurs heures par jour, seulement pour lire les nombreux communiqués de presse du gouvernement vantant sa générosité.

Les Débiteurs Anonymes ont développé un questionnaire dans le but de déterminer si vous êtes un consommateur compulsif. J’ai adapté ce questionnaire pour évaluer le cas du gouvernement du Québec. Les résultats sont consternants :

1. La dette publique rend-elle la vie des politiciens malheureuse? Oui. Le fardeau de la dette réduit d’autant les subventions qu’ils distribuent avec tant de générosité;

2. Les pressions de la dette publique détournent-elle l’attention du gouvernement de ses responsabilités? Oui. Le pelletage de la dette par en avant est un exemple frappant d’irresponsabilité envers les générations futures;

3. Est-ce que la dette affecte la réputation du Québec? Oui. Tout le monde sait que le Québec est l’entité économique la plus endettée en Amérique du nord. Les entrepreneurs, les investisseurs et les immigrés tiennent tous comptent de ce fait avant d’investir ou d’immigrer au Québec;

4. Est-ce que la dette publique affecte négativement la fierté du Québec? Oui. Il suffit de lire les pages d’opinion publique et d’écouter les lignes ouvertes pour s’en convaincre;

5. Est-ce que le gouvernement a déjà donné de fausses informations de façon à obtenir une meilleure cote de crédit? Oui. Cela fait des décennies que le ministère des Finances manipule les règles comptables pour cacher l’état réel des finances publiques;

6. Est-ce que le gouvernement a déjà fait des promesses non réalistes à ses créanciers? Oui. La promesse de ramener la hausse annuelle des programmes de dépense à 3,2 % dans deux ans est un exemple de promesse non réaliste;

7. La pression de la dette publique rend-elle le gouvernement négligent par rapport au bien-être de la population? Oui. L’état lamentable des infrastructures, le décrochage scolaire et les longues listes d’attente en santé sont des exemples de la négligence du gouvernement;

8. Est-ce que le gouvernement craint que les électeurs apprennent le montant réel de la dette publique? Oui. Les montants de la dette diffèrent d’une source à l’autre. Ceux fournis par les politiciens sont invariablement moindre que ceux fournis par des sources indépendantes;

9. Lorsque le gouvernement fait face à une situation financière difficile, la perspective d’emprunter donne-t-elle aux politiciens un sentiment démesuré de soulagement? Oui. La rapidité à laquelle les déficits croissent et s’accumulent, sans qu’aucun d’entre eux ne s’y oppose, en est la preuve;

10. La pression de la dette empêche-t-elle les politiciens de dormir? Non. Malheureusement, ils sont convaincus que ce n’est pas leur problème;

11. La pression de la dette donne-t-elle envie aux politiciens de s’enivrer? Probablement. Selon La Presse les Québécois sont les plus grands consommateurs de boissons alcoolisées au Canada après Terre-Neuve. Il est donc probable que les politiciens québécois le soient aussi. Il est intéressant de noter que Terre-Neuve est la seule province où la dette par habitant excède celle du Québec;

12. Est-ce que le gouvernement emprunte de l’argent sans accorder une importance adéquate au taux d’intérêt exigé? Oui. La priorité est d’obtenir le plus d’argent possible maintenant. Le taux d’intérêt est une considération secondaire dont l’impact sera visible seulement dans le futur;

13. Le gouvernement s’attend-il à un refus lorsqu’il est soumis à une enquête de crédit? Oui. C’est pour cela que le premier ministre et le ministre des Finances paradent à New York lorsque les agences de notation réévaluent la cote de crédit du gouvernement;

14. Le gouvernement a-t-il déjà mis sur pied un plan strict pour régler la dette publique, pour y faire entorse sous la pression? Oui. Après avoir contourné la loi du déficit zéro pendant des années, le gouvernement propose maintenant de l’abroger;

15. Le gouvernement justifie-t-il la dette publique en se disant que le modèle québécois est supérieur aux “autres”, et que, lorsque ce sera le moment, nous sortirons de notre endettement en un tour de main? Oui. La pensée magique domine le débat sur la dette depuis des décennies.

Les résultats : 13 oui, 1 non (question 10) et 1 probablement (question 11)

Selon les Débiteurs Anonymes si vous obtenez plus de huit « oui » vous êtes un consommateur compulsif. Donc, le gouvernement québécois en est clairement un et se dirige tout droit vers une retentissante faillite.
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Le Québec en faillite
Jean-Marc Léger, Le Journal de Montréal, 25/03/2009 08h19

Si vous n'arrivez plus à boucler votre budget, si vous empruntez pour payer l'épicerie et si en plus vous avez une dette que vous ne pouvez rembourser, vous allez tout droit à la faillite. Eh bien, c'est exactement le cas du Québec. Le Québec est en faillite.

La dette nette actuelle de 129 G$ de dollars, et qui grimpera à plus de 140 G$ à court terme, n'annonce rien de bon pour la prochaine génération.

Malgré le travail extraordinaire de Mme Jérôme-Forget au cours des dernières années, les finances du Québec sont dans un mauvais état.

Seulement 17% de la population croit que le budget améliorera la situation économique.
58% acceptent le retour au déficit, et ce, quel que soit le parti politique.

Mais le plus bizarre, c'est que les Québécois ne savent pas de quoi on parle. À peine le quart de la population est en mesure de situer la dette entre 100 et 150 G$. 75% n'en ont pas la moindre idée.

C'est vrai que les politiciens disent n'importe quoi sur la situation budgétaire du Québec. Ils sont bien meilleurs avec les mots qu'avec les chiffres.

Il y a à peine quatre mois, on nous affirmait qu'il n'y aurait pas déficit et pas d'augmentation de la TVQ, on sous-évaluait les pertes de péréquation, on nous cachait les pertes de la Caisse de dépôt et de placement et on jurait que le gouvernement avait fait les bons choix pour éviter l'impact de la crise économique. Aujourd'hui, dans le budget, on fait des prévisions jusqu'en 2014.

Faut-il vraiment y croire?

La vérité, c'est que depuis des années, on s'offre des services qu'on n'a pas les moyens de se payer.

Au fil des ans, le premier ministre du Québec a réussi à se défaire des ministres les plus populaires de son gouvernement: Yves Séguin aux Finances, Thomas Mulcair à l'environnement, Philippe Couillard à la Santé, et c'est maintenant au tour de sa compétente ministre des Finances, Mme Jerôme-Forget, d'être laissée seule à défendre l'indéfendable. Ne soyez pas surpris si elle quitte la politique à son tour.

Le système québécois ne fonctionne plus. L'humoriste Daniel Lemire avait trouvé la solution à nos problèmes. Il avait dit qu'il faudrait que l'État déclare faillite et qu'il reparte sous un autre nom.

29 mars, 2009

La crise profite aux magouilleurs

Dans son texte Yves Boisvert dit ne pas comprendre que les gouvernements soient aussi pressés de garrocher des milliards qu'ils n'ont pas sous prétexte de relancer l'économie.

C’est pourtant simple. Depuis plusieurs mois les chroniqueurs économiques réclament l’intervention des gouvernements et le retour aux déficits. Même si cela n’a jamais été démontré, ils font la profession de foi que c’est la seule façon de sauver l’économie. Les politiciens, tant à Québec qu’à Ottawa n’en demandaient pas tant. Dépenser sans compter, ni même se justifier auprès de la population puisque les chroniqueurs le font pour eux, c’est une situation de rêve pour tout politicien.

La phrase qui est répétée ad nauseam depuis trois mois : « Bien entendu, le brusque freinage de l'économie mondiale entraîne celle du Québec dans son sillage. Dans une telle situation, un déficit budgétaire est non seulement inévitable, mais il est souhaitable ».

Aucun magouilleur, qu’il soit en politique, en affaire ou syndicaliste, ne peut résister à une demande aussi pressante. Pour eux, une crise économique c’est l’occasion de profiter au maximum de l’argent des contribuables.
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Publié le 27 mars 2009 à 04h43
Comprenez-vous?
Yves Boisvert, La Presse

Au début de la crise financière, je faisais semblant de comprendre. Mais là, je suis bien obligé de l'avouer, je suis totalement dépassé par les événements.

Pas tant la crise, remarquez bien. La crise, c'est assez simple: pour faire trop d'argent, des banquiers américains véreux (pardonnez le pléonasme) ont trop prêté à trop de gens trop pauvres.

Les banquiers ont confortablement adossé ces gens-là par milliers à des actifs bien moelleux. Et puis un beau matin, comme ils n'étaient pas capables de rembourser, on leur a ôté leur actif. Et tous ces gens adossés sont tombés. Et plein de choses sont tombées ensuite, y compris les banquiers véreux pléonastiques - mais eux on les a aussitôt adossés à des subventions gouvernementales.

Ont suivi les autres chutes. Chute de l'emploi, chute des Bourses, chute du pétrole, chute de l'auto, chute de l'immobilier. On a même retrouvé un type nageant en bas des chutes du Niagara la semaine dernière.

Ça tombe de partout.

Ce bout-là, comme vous voyez, je le comprends très bien. C'est tout ce qu'on fait après, pour arrêter ces chutes en cascade... Ça, je n'y comprends rien.

J'observe tous les gouvernements qui empilent les plans de relance à coups de milliards. Tous! Et tous les économistes disent que c'est la chose à faire. Presque tous!

Eh bien moi, ça ne me rassure pas du tout. Une question métaphysique me hante: qui est-ce qui nous prête tous ces milliards quand plus personne n'en a?

Pas les banques américaines, il a fallu les renflouer. La caisse populaire de La Pocatière? Impossible, Desjardins coupe ses ristournes. Pas les citoyens non plus, ils sont déjà surendettés.
À la fin, il doit bien y avoir quelqu'un qui prête tous ces milliards... C'est qui, au juste, ce Chinois milliardaire? Et où met-il tout cet argent? Et quel est son numéro de téléphone?

Subventionner la pub?

J'en étais là de mes interrogations quand j'ai lu l'article de Maxime Bergeron, dans La Presse Affaires de lundi. Figurez-vous que les agences de publicité veulent profiter de l'occasion pour aller téter leurs millions aux mamelles de l'État.

Quelle occasion? Mais la crise, voyons. Jamais n'y a-t-il eu autant de gouvernements aussi pressés de garrocher des milliards qu'ils n'ont pas sous prétexte de relancer l'économie.

Alors les gens de la pub, ces grands arrangeurs de vérité, se sont commandé une belle petite étude de chez Secor pour montrer comment ils sont importants et formidables économiquement parlant.

Qu'importe: en se déguisant en industrie et en pompant de l'air dans leurs chiffres, ils veulent obtenir des subventions, des crédits d'impôt et toutes ces choses que les gouvernements donnent parfois pour créer des « grappes » industrielles, comme le multimédia.

C'est la meilleure. L'association des dépanneurs devrait aussi demander des subventions. En fait, toutes les entreprises devraient être subventionnées, puisqu'elles créent de l'emploi.

Si le gouvernement du Québec verse un sou à cette industrie, je me fais naturaliser Acadien et je m'en vais vivre à Caraquet.

Quoi? C'est déjà fait? Dites-moi que je rêve. Le ministère des Affaires municipales a déjà versé 200 000 $ à l'Association des agences de publicité du Québec pour faire un site internet. Il y a là-dedans des millionnaires de la pub, mais ils ne peuvent pas se payer un site internet!

Je signale que 200 000$, c'est plus qu'on a payé le Canadien pour ses dépliants scolaires. On en a fait un scandale, mais, au moins, ils ont servi à quelque chose!

C'est incroyable comme il reste toujours de l'argent pour des niaiseries dans ce pays où les plafonds coulent dans les écoles.

Allez voir où va votre argent, le site s'appelle montreal.ad et on vous explique à quoi il sert: c'est « un lieu de rencontre où l'on peut discuter des enjeux de l'industrie, comme l'impact de la technologie et la globalisation des médias, des questions récurrentes de normalisation vs la régionalisation (...) »

Enfin une place pour parler des questions récurrentes de normalisation vs la régionalisation, depuis le temps que le peuple en réclamait une!

Je ne sais pas s'il y a un seul autre regroupement humain qui fabrique plus de boulechite à l'heure que les gens de la pub.

Toute l'opération sent la fumisterie à plein nez. On est en train de faire croire à quelque sous-ministre qu'on peut attirer ici des grandes agences à coups de crédits d'impôt, et envoye donc.

Et quand on sait la proximité de certains publicitaires avec le milieu politique, on n'est pas rassuré. Cette boulechite-là traverse les lignes partisanes.

Eux autres ont compris, n'en doutez pas.

Et vous, vous comprenez?

28 mars, 2009

Le système de santé privilégie les « contacts »

Le Dr Robert Ouellet, président de l’Association médicale canadienne, dénonce le fait que les patients qui ont des « contacts » soient soignés plus rapidement. Il n’y a pas de quoi être surpris puisque c’est la norme dans un système « soviétisé » comme le système de santé.

Dans un système de marché ceux qui en ont les moyens sont souvent mieux servis. Dans un système « soviétisé » ceux qui ont les contacts sont toujours mieux servis. Toutefois, il y a une grande différence entre les deux systèmes. Dans un système de marché l’individu qui réclame un privilège doit payer pour le recevoir. Dans un système « soviétisé » les privilèges des apparatchiks sont payés par tout le monde.
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Publié le 27 mars 2009 à 23h08
«Il existe des systèmes de santé universels où il n'y a pas d'attente»

La Presse, (Pascale Breton)

Dans un système de santé universel, il n'est pas normal que les patients qui ont des «contacts» soient soignés plus vite. Il est temps que la population exige des changements, presse le président de l'Association médicale canadienne, le Dr Robert Ouellet.

«Il faut arrêter de jouer à l'autruche», déclare le Dr Ouellet, en rencontre éditoriale avec La Presse. «La personne qui n'a pas de contacts va attendre plus longtemps. Est-ce correct?»
Il n'est pas normal que des hôpitaux en soient rendus à établir des règlements internes pour la gestion des patients envoyés par des proches. Par exemple, un médecin va accepter de trouver un rendez-vous pour la famille immédiate de son patient, mais pas pour ses voisins, dénonce le Dr Ouellet.

D'autres pays ont pourtant réussi à réduire considérablement leur temps d'attente, voire à l'éliminer pour ainsi améliorer leur système de santé. C'est ce qu'a constaté le président de l'AMC, qui revient d'une tournée en Angleterre, en Belgique, en France, aux Pays-Bas et au Danemark.

Là-bas, les délais d'attente ont fondu. Les gens n'ont pas besoin de connaître quelqu'un pour être soignés, affirme le Dr Ouellet.

Le problème, c'est le manque de volonté politique. Elle ne viendra que si la population exige des changements et des temps d'attente moins longs, croit-il.

Personne n'accepterait de se faire dire par son garagiste qu'il ne pourra réparer sa voiture avant plusieurs mois. Pourquoi est-ce toléré lorsqu'il s'agit d'obtenir un rendez-vous avec un médecin ? demande le Dr Ouellet.

«S'il y a une chose que je souhaite au cours de mon mandat, c'est de sensibiliser la population au fait qu'il existe ailleurs des systèmes de santé universels où il n'y a pas de temps d'attente.»
En Angleterre, par exemple, le temps de séjour aux urgences a été réduit à quatre heures.

En France, des patients sont régulièrement soignés dans les cliniques privées sans payer un sou, ce qui libère les hôpitaux.

Ce serait possible ici aussi, croit le Dr Ouellet, qui donne l'exemple de l'hôpital du Sacré-Coeur, où l'on a instauré un partenariat avec la clinique privée Rockland MD pour y faire opérer des patients. «Les gens crient contre ça, mais ce qui est important, c'est le nombre de patients de plus qui ont été opérés. On oublie ça.»

Les pays européens ont aussi revu le financement des hôpitaux. Au lieu d'un budget global, ils reçoivent un budget par activité. Les notions de reddition de comptes et de concurrence sont au coeur du système de santé. Des notions qui n'existent pas au Canada.

Par contre, les pays européens peuvent compter sur un plus grand nombre de médecins, reconnaît le président. Malgré tout, il se dit convaincu qu'il s'agit de changer les perceptions pour améliorer le système.

27 mars, 2009

La récession démystifiée

Cette vidéo humoristique explique les causes de la récession, le ridicule des plans de sauvetage et dénonce les charlatans qui profitent de la naïveté de la population. La solution est pourtant fort simple, vous verrez!

C’est 20 minutes bien investies.


Privatisons Radio-Canada

Les gouvernements sont incapables de gérer une entreprise. Soit ils s’en servent à des fins politiques, soit ils empêchent les gestionnaires de faire leur travail intelligemment.

Hubert T. Lacroix est reconnu pour ses compétences de gestionnaire. Les demandes qu’il a faites au gouvernement sont un minimum. Malheureusement, favoriser une gestion efficace ne fait pas parti de la description de tâche d’un politicien. Donc, la privatisation demeure le meilleur choix.
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Publié le 27 mars 2009 à 07h56
Une question de bonne gestion
Hubert T. Lacroix

Mercredi, nous avons annoncé les mesures prises pour équilibrer notre budget pour l'exercice 2009-2010 qui débute le 1er avril. Pour cet exercice, nous faisons face à un manque à gagner de près de 171 millions de dollars.

Afin de gérer les pressions financières, nous avions demandé au gouvernement de nous permettre d'avoir accès à une certaine flexibilité financière, comme celle dont jouissent les diffuseurs privés dans la gestion de leur bilan. En effet, CBC/Radio-Canada ne pouvant emprunter un seul dollar pour gérer ses liquidités, nous souhaitions simplement avoir accès à des lignes de crédit et les rembourser dans le cours normal de nos affaires.

Nous n'avons jamais demandé de subventions additionnelles. Nous n'avons pas «quémandé plus d'argent», comme l'ont récemment titré le Toronto Sun et le Ottawa Sun.

Vous savez maintenant que cette permission nous a été refusée. Pas de ligne de crédit, pas de financement temporaire, pas d'avance sur nos crédits parlementaires futurs pour nous permettre de mieux gérer nos opérations et nos effectifs, et ainsi protéger les investissements effectués dans CBC/Radio-Canada, année après année, par les divers gouvernements depuis près de 75 ans.

Étant donné le refus du gouvernement, j'ai alors évoqué la possibilité de vendre certains actifs pour bâtir nous-mêmes le financement temporaire dont nous avons besoin. Évidemment, ce n'est pas la situation idéale. Par exemple, si nous vendons certains de nos immeubles pour y devenir locataires, nous ajoutons des paiements fixes en loyer qui réduisent d'autant nos budgets des prochaines années. (...)

Le plan dont je vous donne aujourd'hui les grandes lignes présume que nous réussirons à vendre certains de nos actifs pour une somme d'au moins 125 millions de dollars, et que le gouvernement nous permettra: de procéder à ces transactions; d'en conserver le produit pour équilibrer notre budget.

Si ces conditions ne se réalisent pas, nous devrons retourner à la case départ car il sera alors impossible d'atteindre un équilibre budgétaire sans de nouvelles compressions, encore plus profondes. Il nous faudrait envisager des actions radicales qui auraient pour effet de compromettre la nature même des services que nous offrons aux Canadiens. (...)

J'ai rencontré et parlé plusieurs fois à M. James Moore, le ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles. C'est un homme avec qui je m'entends bien, que je respecte et avec qui je pourrais bâtir une relation d'affaires. Nous semblons partager plusieurs convictions sur ce que doit être le radiodiffuseur public au Canada y compris, si j'en crois la lecture de ses derniers propos, la nécessité de revoir le modèle du radiodiffuseur public pour éliminer sa dépendance envers les revenus publicitaires pour financer une partie de ses activités.

Donc, il ne faut pas accorder d'importance à tout ce que vous avez lu au sujet des désaccords entre nous.

Est-ce que cela veut dire pour autant que j'aime lire les rumeurs selon lesquelles l'actuel gouvernement envisage d'aider CTV, Canwest et Quebecor après avoir rejeté notre demande de financement temporaire? Pensez-vous que je suis enchanté, à cinq jours de la fin de notre exercice, de toujours attendre la confirmation par écrit de l'enveloppe spéciale de 60 millions de dollars pour la programmation que nous recevons chaque année depuis 2001, et que j'entends le gouvernement dire qu'il nous a accordé un financement record en dollars absolus, incluant cette somme? Pensez-vous que je jubile lorsque, à cinq jours de la fin de notre exercice, notre budget d'immobilisations se trouve bloqué dans un processus gouvernemental quelque part à Ottawa?

Sûrement pas.

Peut-être que vous comprendrez mieux maintenant la première demande publique que j'ai faite, dès mon arrivée dans ce poste, en faveur d'un financement stable, pluriannuel, pour CBC/Radio-Canada. Comment pouvez-vous planifier vos affaires, qui sont de l'ordre de 1,7 milliard de dollars, dans un tel contexte? Il ne s'agit pas d'avoir plus d'argent. C'est une question de bonne gouvernance. Une question de bonne gestion.

L'auteur est président-directeur général de CBC/Radio-Canada. Ce texte est extrait du discours qu'il a prononcé hier à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le chiffre du jour (2) : 19,5 %

Un résident sur cinq (19,5 %) des RMR de Montréal et de Québec âgé de 18 ans et plus a récemment pensé s'installer dans une municipalité rurale du Québec. Ceci représente environ 700 000 adultes. Interrogés sur le moment où leurs intentions se concrétiseraient, 8,9 % ont affirmé vouloir migrer dans les cinq prochaines années tandis que 10,6 % ne pensent pas le faire dans les cinq prochaines années. Signalons que 12,9 % des adultes des RMR de Montréal et de Québec, ont déjà réfléchi à la possibilité de migrer en ruralité, mais ne le feront finalement pas.

Le chiffre du jour : 82 %

Une majorité écrasante (82 p. 100) de Canadiens titulaires de cartes de crédit est favorable à ce que des règlements plus rigoureux régissent l'industrie des cartes de crédit. C'est ce qui ressort d'un sondage national réalisé ce mois-ci par Environics Research Group auprès de 1 524 porteurs de cartes de crédit sur la commande de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

26 mars, 2009

Voilà c'est dit et bien dit!

Dans la vidéo qui suit, Daniel Hannan, membre du parlement européen, dénonce sans détour les conneries du gouvernement britannique face à la crise économique. Les accusations portées par M. Hannan sont tout aussi valables pour les premiers ministres Charest et Harper.

Espérons qu’ils visionneront la vidéo de M. Hannan.

Une heure plus tard dans les maritimes

Les commentateurs et chroniqueurs ont pavé le chemin aux politiciens pour favoriser le retour des déficits. Aujourd’hui, certains d’entre eux réalisent l’ampleur de leur bêtise et dénoncent l’état lamentable des finances publiques québécoises.

Vaut mieux tard que jamais, mais il aurait été plus utile de le faire avant le dépôt du budget.
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Publié le 26 mars 2009 à 08h20 Mis à jour à 08h21

Plus grave qu'on pense
André Pratte, La Presse

Le retour des déficits annoncé par le dernier budget du gouvernement du Québec a été accueilli avec philosophie par les Québécois. L'État n'a-t-il pas l'obligation, en période de récession, de relâcher la discipline budgétaire afin de stimuler l'économie?

Le problème, dans le cas du gouvernement québécois, c'est que les déficits prévus pour les quatre prochaines années ne sont pas causés par le plan de relance, mais par la croissance continue des dépenses ordinaires de l'État.

En effet, le trois quarts des sommes additionnelles prévues pour 2009-2010, 1,9 milliard, vont aux ministères de la Santé et de l'Éducation. Contrairement à la croissance limitée à 3% qu'on avait prévue l'an dernier, le gouvernement Charest laisse ses dépenses augmenter de 4,5%. Les documents budgétaires parlent d'un «relèvement des dépenses de programmes pour atténuer les effets du ralentissement économique» de 800 millions; dans les faits, le gouvernement se sert de la récession pour camoufler son incapacité à freiner l'augmentation de ses débours. Les montants du plan de relance s'ajoutent et ne représentent que 400 millions.

Au cours des dernières années, le gouvernement du Québec a considérablement accru ses dépenses, non seulement pour renflouer les réseaux de la santé et de l'éducation mais aussi pour financer d'autres programmes populaires, tels les congés parentaux et les garderies à 7$. Il est parvenu à le faire grâce à une forte augmentation de ses revenus, fruit de la croissance économique, et à une hausse importante des transferts fédéraux. De plus, malgré un endettement toujours plus lourd, le service de la dette ne lui coûte pas plus cher - remercions la baisse des taux d'intérêt!

Voici qu'arrive la récession; les revenus stagnent, Québec est coincé.

Le gouvernement Charest prévoit reprendre le contrôle de la situation à compter de l'an prochain. Il annonce que l'augmentation de ses dépenses de programme sera plafonnée à 3,2% en 2010-2011. Si les libéraux veulent continuer à pomper de l'argent en santé et en éducation, les sommes consacrées à tous les autres ministères, y compris le ministère de la Famille (les garderies) devront être gelées, voire comprimées.

Pire encore: selon les projections des Finances, même une fois ce tour de force accompli et malgré l'augmentation annoncée de la TVQ, il manquera 1 milliard pour atteindre l'équilibre budgétaire.

Si, en plus, les revenus du gouvernement augmentent moins vite que prévu, ou si les taux d'intérêt grimpent davantage qu'espéré, il faudra remplacer le bistouri par la hache.

On peut compter sur l'Assemblée nationale pour nous inventer un nouveau déséquilibre fiscal qui permettra de blâmer Ottawa. Or, la réalité est tout autre: le véritable déséquilibre, c'est celui qui existe entre les programmes publics que s'offrent les Québécois et leur capacité (ou leur volonté) de les payer.

25 mars, 2009

Les 10 lois de l’opinion publique

Jean-Marc Léger a publié récemment les 10 lois de l’opinion publique. Ces lois sont habillement utilisées par les politiciens et les groupes d’intérêt dans le but de manipuler l’opinion publique à leur avantage.

1. Une fausseté maintes fois répétée devient vérité. Exemple : un déficit en temps de crise ce n’est pas seulement inévitable, mais c’est souhaitable. On nous répète cette fausseté depuis des mois et maintenant la plupart des gens adhérent à cet énoncé;

2. La plupart des gens n'ont pas d'opinion, ils ont des émotions. Exemple : aux élections fédérales, les Québécois votent systématiquement pour le Bloc. Notre raison nous dit qu’un vote pour le Bloc est un vote perdu, mais ce sont nos émotions qui guident notre choix;

3. On recherche les sensations fortes pour sortir du quotidien. Exemple : pour satisfaire ce besoin les médias font la nouvelle avec les malheurs des gens riches et célèbres (la blonde de Maxime, le divorce d’un milliardaire, les saute d’humeur de René, etc.). Ceux qui ignorent « l’information-spectacle » le font au détriment de leur cote d’écoute et de leurs revenus publicitaires.;

4. On aime ou on hait, point final. Exemple : quoi que dise ou fasse Obama, c’est génial. Quoi que dise ou fasse Harper, c’est dégueulasse;

5. Une seule nouvelle retient l'attention chaque jour. Exemple : pour faire oublier le témoignage de Monique Jérôme-Forget sur le fiasco de la CDP, le gouvernement annonce la nomination controversé de Michael Sabia à la présidence. Les nouvelles de 18h00 ne parlaient que de Michael Sabia;

6. Le messager est plus important que le message lui-même. Exemple : quoi que dise Obama, les Québécois croient qu’il est sincère. Même quand Charest dit la vérité ils croient qu’il ment;

7. La rumeur est redoutable et se transmet en moins de 24 heures. Exemple : le gouvernement songe à rembourser la dette. (Je peux bien rêver, non!)

8. Quatre-vingts pour cent des nouvelles ne durent justement que 24 heures. Exemple : qui se souvient du montant de l’énorme déficit annoncé dans le budget du 19 mars?

9. L'écart entre perception et réalité tend à s'estomper avec le temps. Exemple : après les élections de 2003, les Québécois percevaient que tout avait changé. En réalité, rien n’avait changé. En 2009, 6 ans plus tard, les Québécois perçoivent que rien ne changent et c’est la réalité.

10. Bâtir une crédibilité prend des années, la perdre ne prend que quelques minutes. Exemple : demandez à Henri-Paul Rousseau ce qu’il en pense.

Chiffre du jour (2) : 46 %

Selon une nouvelle étude du Groupe Investors, l'impôt sur le revenu et l'impôt foncier sont toujours vus par les Canadiens comme les principales menaces à leur sécurité financière à la retraite. L'impôt élevé suscite la plus grande crainte (46 %), devant l'inflation, les fluctuations des devises, le faible rendement des marchés boursiers (39 %) et la perte d'emploi (33 %).

Le chiffre du jour : 16,9 %

Le bureau du Surintendant des faillites vient de rendre public son plus récent rapport, et de décembre en janvier, le Québec a fait pire que toutes les autres provinces (excepté Terre-Neuve), tant pour les faillites personnelles que pour les faillites d'entreprises. Le chiffre est important : 2561 personnes ont déclaré faillite en janvier 2009, 16,9 % de plus qu'en décembre. La hausse moyenne, pour l'ensemble du pays, n'est que de 1,6 %. La tendance est identique pour les entreprises : 183 ont baissée les bras en janvier, une hausse de 5,2 %. Au Canada, on a plutôt noté une baisse de 6,3 %.

24 mars, 2009

Le temps de la gueule de bois est révolu!

Bravo! Qu’un ex-politicien parle avec autant de clarté, cela m’impressionne. Il est temps que Joseph Facal revienne à la politique.
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Le temps de la lucidité
Joseph Facal, Le Journal de Montréal, 23/03/2009 09h17


Il n'y a rien de plus fatigant que ces importuns qui, après la débâcle, viennent vous susurrer à l'oreille : je vous l'avais bien dit. Alors, permettez-moi de vous fatiguer un peu.


En octobre 2005, bien avant la crise actuelle, nous fûmes une douzaine à publier le Manifeste pour un Québec lucide. Que disions-nous?


Essentiellement, que les revenus du gouvernement ne couvraient pas les dépenses. Que l'endettement du Québec était déjà préoccupant. Que les services publics ne sont jamais gratuits. Que le vieillissement allait aggraver tout cela. Qu'il fallait réagir pendant qu'il en était encore temps.


Non, on n'y trouvait pas une apologie inconditionnelle du capitalisme. Pour s'en rendre compte, il fallait cependant le lire. On y parlait plutôt d'éducation, de cesser de vivre à crédit, de penser à long terme, de revoir la fiscalité, d'accepter au moins d'en discuter. Nous proposions même le revenu minimum garanti.


DE VIVES RÉACTIONS


On se souviendra des réactions hystériques de notre gogauche médiatique: les salauds, la «Droite», les porteurs de valises du grand capital, disaient-ils, venaient de parler. Eux, bien sûr, étaient les Justes. Des pays aussi furieusement néolibéraux que la Suède et la Finlande avaient pourtant fait ce que nous proposions.


Puis vint le rapport Castonguay sur la santé, qui proposait, lui aussi, de hausser la TVQ et d'ajuster nos dépenses à la richesse disponible. Tabletté instantanément par le gouvernement. Le clergé pseudo-progressiste, lui, y décela une autre opération téléguidée par les forces occultes de l'argent.


Puis vint le rapport Fortin, qui proposait la même chose. Tabletté lui aussi. Un autre complot de salauds, expliqua la gogauche.


Puis vint le rapport Montmarquette sur la tarification, que j'ai aussi signé.Même message que les autres : rien n'est gratuit et, quand vous êtes dans un trou, cesser de creuser est habituellement une bonne idée. Tabletté également.


NOUS Y SOMMES


Le budget Jérôme-Forget confirme que la réalité nous a finalement rattrapés: nous allons vivre le retour des déficits chroniques, des coupures de services et de l'endettement astronomique légué à nos enfants. Ce n'était pas un complot.


La crise actuelle a en effet le dos large. Le problème structurel des finances publiques du Québec était là depuis longtemps: la crise le rend simplement impossible à cacher. Mais si nous avions agi avant, les prochaines années auraient été moins pénibles.


Agir comment? Toutes les réponses étaient là, noir sur blanc, depuis longtemps. Leur heure est finalement arrivée. Dans la vie, on a souvent tort d'avoir raison trop tôt.


Mais vous allez voir, les mêmes que d'habitude vont nous ressortir leurs conneries : taxer les riches, taxer les entreprises, convertir toute une société à la simplicité volontaire. Comme ils disent, profiter de la crise pour «sortir du cadre de pensée dominant». Allez Amir, lance-moi un soulier.


Je vais vous le dire brutalement : le vrai cadre de pensée dominant, c'était notre persistance à croire les politiciens qui nous disaient qu'on pouvait continuer à vivre à crédit sans jamais recevoir la facture.


C'était aussi de refuser de croire ceux qui, depuis des années, vous disaient de vous méfier de ce qui était trop beau pour être vrai.

L’industrie agricole du Québec s’enfonce

Le 23 mars dernier, l’Institut de la statistique du Québec émettait un communiqué de presse intitulé : Progression appréciable des recettes agricoles du Québec en 2008. Ce titre, techniquement exact, est trompeur. Il aurait été plus honnête d’intituler ce communiqué : L’industrie agricole du Québec s’enfonce.

En fait, elle se dirige à vitesse grand « V » dans un mur.

Entre 2002 et 2008, les paiements de programme (subventions gouvernementales) ont progressé de 133,3 %. La proportion des paiements de programme dans les recettes totales agricoles a progressé de 8,5 % à 14,6 % au cours de cette période. Depuis 2004, la croissance annuelle moyenne des dépenses totales après remise (+ 5,3 %) ont progressé à un rythme plus élevé que celle des recettes monétaires (+ 4,8 %).

En plus des subventions directes du gouvernement, les consommateurs subventionnent indirectement l’industrie. Les prix des productions sous gestion de l'offre (produits laitiers, volaille et oeufs), sont maintenus artificiellement au-dessus des prix du marché. Cela représente plusieurs centaines de millions de subventions annuelles payées par les consommateurs. Donc, malgré que l’industrie bénéficie de prix gonflés, les dépenses excèdent les recettes. Aucune industrie ne peut survivre dans ces conditions.

L’agriculture compte parmi les vaches sacrées québécoises au même titre que la santé et l’éducation. Aucun politicien n’osera s’attaquer à un groupe de pression aussi influent que l’UPA. Malheureusement, comme cela est devenu une habitude au Québec, il faudra attendre que le système soit littéralement en faillite avant d’agir.

23 mars, 2009

Le Politicien et le Contribuable

La fable de Jean de la Fontaine, La Cigale et la Fourmi, revu et adapté au contexte politique et économique du Québec.

Le Politicien et le Contribuable

Le Politicien, ayant dépensé
Toute l’année,
Se trouva fort dépourvue
Quand les budgets furent connus :
Pas un seul petit surplus
L’argent, il n’y en a plus.
Il alla crier pénurie
Chez le Contribuable appauvri,
Le priant de lui avancer
Des impôts pour subsister
Jusqu’à la prochaine élection.
« Je vous promet des corrections
Bientôt, foi de politicien,
Moins d’impôt, plus de biens. »
Le Contribuable n’est pas naïf :
C’est là sa grande vertu.
Que faisiez-vous avec les surplus?
Dit-il à ce quémandeur.
- Nuit et jour à tout venant
Je dépensais, ne vous en déplaise.
- Vous dépensiez? J’en suis fort aise.
Eh bien! Économisez maintenant.

22 mars, 2009

Le nez collé au mur!

Le dernier budget est une preuve de plus que la pensée magique domine toujours la société québécoise.

Depuis 30 ans, nous vivons au-dessus de nos moyens dans l’espoir qu’un jour tous nos problèmes disparaîtront comme par magie. Lorsque l’économie carbure à plein régime on emprunte en se disant que nous aurons les moyens de rembourser plus tard. Lorsque l’économie va mal on emprunte sous prétexte qu’il faut faire quelque chose. C’est une recette éprouvée pour faire faillite.

C’est pourtant simple. Si les dépenses croissent plus rapidement que les revenus, alors il faut trouver de nouvelles sources de revenus ou réduire nos dépenses ou faire les deux.

Depuis plus de 10 ans, les dépenses de programmes croissent en moyenne près de 5 % par année. Par contre, le PIB croit en moyenne autour de 2 %. Selon les projections du ministère des Finances, les dépenses du gouvernement (sans compter le service de la dette) auront crû de 10,9 milliards de 2006-2007 à 2010-2011. Pendant la même période, ses revenus autonomes auront augmenté de seulement 807 millions. Où Québec trouvera-t-il les 10 milliards qui lui manquent? Dans l'augmentation des transferts fédéraux: + 4,1 milliards. Le reste sera emprunté.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat en économie pour comprendre que cela ne peut pas durer.

En 2011, la ministre des finances prétend plafonner la croissance des programmes à 3,2 % par année. C’est nous prendre pour des valises. Les coûts du régime de santé croîtront de plus de 5 % par année dus au vieillissement de la population. Compte tenu des nouveaux emprunts prévus, le service de la dette croîtra de plus de 10% par année. Ces deux postes de dépense représentent plus de 60 % du budget total. La pensée magique ne suffira pas à renverser la vapeur.

La catastrophe nous pend au bout du nez. Il faut augmenter les tarifs incluant les tarifs des garderies. Il faut aussi réduire drastiquement les dépenses de programmes.

Contrairement aux faussetés véhiculées par les groupes d’intérêt la réduction des dépenses n’implique pas une réduction des services. Il suffirait d’éliminer les programmes de subventions inutiles; de se débarrasser des structures redondantes qui coûtent chères et nuisent à l’efficacité; et surtout d’abandonner le modèle des monopoles d’État en santé et en éducation.

De plus, faute de vendre Hydro-Québec pour rembourser la dette, il faut utiliser toutes les redevances qu’elle verse au gouvernement pour la réduire graduellement.

Il serait aussi sage d’abandonner le concept du fond des générations et de verser ses actifs au remboursement de la dette. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’un premier ministre utilise l’argent de ce fond pour payer l’épicerie.

Si nous ne changeons pas nos façons de faire les services continueront à se détériorer et les déficits à augmenter. Dans 10 ans, 15 ans tout au plus, nous nous retrouverons le nez collé au mur comme ce fut le cas en Russie en 1989. Nous devons choisir ou nous, et surtout nos enfants, en paieront le prix.
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L'État, c'est nous
Benoît Aubin, Journal de Montréal, 20/03/2009 06h55

Je ne suis pas un économiste et je ne parle pas la langue de bois. Alors, tout ce que je comprends du budget d'hier, c'est que le gouvernement va dépenser de l'argent qu'il n'a pas et qu'il viendra le chercher dans mes poches de contribuable.

Si le budget et le débat qu'il suscite étaient formulés en langue française, les citoyens comprendraient facilement et en auraient été reconnaissants.

Le gouvernement aurait dit : écoutez, nous venons de traverser cinq années de vaches grasses depuis notre élection en 2003. Mais, malgré la relative abondance, il nous fut impossible de réduire nos dépenses et la taille de l'État. Nous n'y sommes pas parvenus -malgré notre engagement à le faire -parce que les citoyens n'ont pas voulu faire le sacrifice. Alors, maintenant que l'économie va mal, nous sommes mal pris, et il nous faudra faire de plus grands sacrifices encore.

Je ne suis pas, personnellement, de ceux qui prennent les citoyens pour des caves, et je suis sûr qu'une majorité d'entre nous aurait compris la gravité de la situation et la nécessité de faire des choix difficiles.

LA LANGUE DE BOIS

Mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne en politique québécoise, un petit jeu parfois surréaliste où les acteurs parlent un dialecte qui leur est propre, la langue de bois, mâtinée de boulechite politique.

Alors, à l'entendre, hier, la ministre des Finances du gouvernement d'une province qui n'a pas encore trop souffert, a pris sur elle de relancer l'économie nationale - une affirmation que l'opposition dément d'ailleurs avec véhémence.

Pour le citoyen, l'ambitieux budget en trois volets d'hier -qui entend affronter la récession, préserver le développement social, et sauvegarder la santé des finances publiques -se résume en une seule vérité claire et simple à comprendre: le gouvernement veut acheter mon vote avec de l'argent qu'il n'a même pas encore en poche.

Un déficit, c'est un emprunt dont on ne peut dire comment on s'y prendra pour le rembourser dans l'état actuel de nos finances. C'est exactement ce qu'a annoncé la ministre des Finances, hier. La hausse des taxes et des tarifs annoncée pour les années à venir ne couvrira qu'une fraction du déficit prévu.

Le reste viendra, tenez-vous bien : des économies qu'on pourra réussir en révisant le fonctionnement de l'État. La ministre responsable du Trésor promet une rationalisation des dépenses, une amélioration de la gouvernance, et une simplification des programmes gouvernementaux.

LUTTE AU DÉFICIT

Bref, nous allons lutter contre le déficit autorisé hier, en faisant exactement ce que le gouvernement n'a pas su faire ces cinq dernières années.

L'économie du Québec devrait se contracter de 1,2% en 2009. Les dépenses du gouvernement, elles, augmentent de 4,9% cette année.

S'il ne nous prenait pas pour des zouaves, le gouvernement nous dirait: l'État, c'est vous. Pour réduire les dépenses, il va falloir prendre le taureau par les cornes, réduire vos attentes, revoir les conventions collectives, trouver des façons. Mais, non.

Défendant son budget, hier, M. Charest énumérait plutôt tous ces secteurs dans lesquels le gouvernement dépenserait plus d'argent pour les citoyens.

Il y a une nouvelle tendance maintenant établie chez les leaders politiques des grands pays: Barack Obama, Nicolas Sarkozy sont francs, ils parlent clairement, et donnent l'heure juste.
Nous n'en sommes pas là.

21 mars, 2009

Ce qui devait arriver, est arrivé!

Depuis plusieurs mois les chroniqueurs économiques réclamaient l’intervention des gouvernements et le retour aux déficits. Même si cela n’a jamais été démontré, ils font la profession de foi que c’est la seule façon de sauver l’économie. Les politiciens, tant à Québec qu’à Ottawa n’en demandaient pas tant. Dépenser sans compter, ni même se justifier auprès de la population puisque les chroniqueurs le font pour eux, c’est une situation de rêve pour tout politicien.

La phrase qui est répétée ad nauseam depuis trois mois : « Bien entendu, le brusque freinage de l'économie mondiale entraîne celle du Québec dans son sillage. Dans une telle situation, un déficit budgétaire est non seulement inévitable, mais il est souhaitable. Autrement, comme c'est le cas dans plusieurs États américains, l'effondrement des recettes fiscales se serait automatiquement accompagné de profondes coupures dans les dépenses. » Il est pourtant normal de couper dans les dépenses lorsque l’on vit au-dessus de ses moyens depuis trente ans!!

Le gouvernement du Québec a décidé d’ignorer sa propre loi sur l’équilibre budgétaire et planifie des déficits de plus de 11 G$ au cours des 4 prochaines années. À quoi sert de faire des lois si à la première occasion on les ignore? La dette brute passera de 151 G$ en 2009, à 160 G$ en 2010 et à 170 G$ en 2011. À cette date, le service de la dette sera près de 10 G$, près de trois fois le déficit de 2009-2010. Si les taux d’intérêt augmentent de 1 % le service de la dette augmentera de 1,7 G$.

À compter de 2011 la dette du Québec par contribuables qui paient des impôts (60 % des contribuables) sera de 68 000 $. Si j’avais moins de vingt ans, je n’hésiterais pas à quitter le Québec pour une province ou un pays qui gère de manière responsable les finances publiques. Si le pouvoir demeure entre les mains des interventionnistes, le Québec est voué à la faillite en moins de vingt ans. La génération montante a deux choix : quitter ou prendre le pouvoir.

Certains chroniqueurs ont semblé regretter le trop d’enthousiasme qu’ils ont mis à réclamer le retour des déficits. Ils se sont empressés d’ajouter qu’il fallait prévoir le retour à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible

Malheureusement, c’est de la pure pensée magique comme celle qui prévaut dans l’ensemble de la société québécoise depuis 30 ans. L’histoire démontre que la majorité des politiciens dépensent tous les revenus que l’État réussit à soutirer à sa population. La seule chose qui varie dans le temps est qu’ils empruntent plus dans les périodes creuses que dans les périodes fastes. (À ce sujet le texte de Claude Piché ci-après est édifiant).
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Sombre feuille de route
Claude Picher
La Presse, Publié le 19 mars 2009 à 00h00

Tous les experts s'entendent: dans le budget qu'elle déposera demain à l'Assemblée nationale, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, ne pourra guère faire autrement que de déclarer un déficit pour l'exercice 2009-2010.

La récession a frappé avec beaucoup plus de sévérité que prévu. En temps de crise, il est normal que les administrations publiques augmentent leurs dépenses. Dans les conditions actuelles, un déficit est non seulement «inévitable, mais acceptable et même souhaitable» écrivait mon collègue Alain Dubuc dans La Presse d'hier.

Il y a cependant un problème.

Les finances publiques québécoises sont dans un état lamentable. Toutes proportions gardées, le Québec est la province canadienne qui traîne la plus lourde dette. Déclarer un déficit aura pour effet d'alourdir ce fardeau.

Normalement, si on accepte que le gouvernement augmente ses dépenses en temps de crise, quitte à créer un déficit, on doit aussi accepter le contraire: lorsque la prospérité est revenue, le gouvernement doit en profiter pour effacer le déficit, quitte à restreindre ses dépenses. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait les autres provinces.

Si le Québec est mal pris aujourd'hui, c'est parce qu'il a traîné les pieds pendant trop longtemps, et cela vise autant les gouvernements péquistes que libéraux.

La petite histoire des finances publiques nous montre que les gouvernements sont toujours prêts à augmenter leurs dépenses en temps de crise, mais qu'ils continuent aussi de dépenser lorsque la croissance est revenue. Cela vaut pour Ottawa, cela vaut pour toutes les provinces.

Le cas du Québec est particulièrement éloquent.

En 1981-1982, le Québec, comme l'ensemble de l'Amérique du Nord, est victime de la pire récession depuis les années 30. En 1981, la contraction de l'économie québécoise atteint 3,6% en termes réels, c'est-à-dire en tenant compte de l'inflation. Les faillites et les mises à pied se multiplient, et le taux de chômage dépasse les 14% en 1982. C'est énorme.

Le ministre des Finances de l'époque, Jacques Parizeau, applique la recette classique. Il augmente ses dépenses à un point tel que le déficit atteindra 3,5 milliards en 1981. Du jamais vu, et de loin.

Voici ensuite ce qui s'est passé.

En 1983, la croissance revient, et l'économie québécoise connaîtra huit bonnes années, jusqu'à la
récession de 1990-1991. Pendant cette période de prospérité, le Produit intérieur brut (PIB) nominal passe de 92 à 155 milliards, un bond de 68%. En ajustant les chiffres pour tenir compte de l'inflation, la progression demeure élevée, à 21%.

Or, pendant cette même période, tous les budgets déposés par les ministres des Finances, libéraux et péquistes confondus, tous, sans exception, seront lourdement déficitaires.

Entre 1983 et 1991, huit déficits successifs totaliseront 19 milliards. Le service de la dette, c'est-à-dire le paiement des intérêts, passe de 2,3 à 4,7 milliards. La dette nette du gouvernement québécois, qui se situait à 8,5 milliards avant la récession de 1981-1982, bondit à 15 milliards à l'issue de la récession. Et en continuant à accumuler les déficits en période de croissance, le Québec s'est retrouvé avec une dette de 46 milliards à l'aube de la récession de 1990-1991.

Selon la bonne vieille recette, le ministre Gérard D. Levesque ouvre les vannes, et déclare un déficit de 3 milliards en 1990 et un autre de 4,3 milliards (un nouveau record) l'année suivante.

On assiste alors à quelque chose de surréel. Une fois la croissance revenue, le gouvernement ne se préoccupe aucunement de revenir à l'équilibre, et les déficits deviennent de plus en plus monstrueux?: 5 milliards en 1992, 4,9 milliards l'année suivante, 5,8 milliards (un autre record, enregistré par le ministre libéral André Bourbeau) en 1994.

En 1995, année référendaire, le ministre péquiste Jean Campeau déclare un autre énorme déficit de 3,9 milliards. La dette nette, à ce stade, dépasse les 60 milliards.

Or, en aucun temps, la conjoncture économique ne justifie une telle orgie de dépenses. Au contraire?: en termes réels, le PIB québécois augmente de 6,5% entre 1993 et 1995. Ce n'est pas le Pérou, certes (encore que le Pérou...), mais c'est très loin de la récession.

Il a fallu 14 ans, entre la récession de 1981 et le budget Campeau de 1995, pour plonger les finances publiques québécoises dans un état de profond délabrement.

On connaît la suite?: il faudra l'intervention du gouvernement Bouchard et de son énergique ministre des Finances Bernard Landry pour enfin atteindre l'équilibre, en 1998-1999.

Mais tous les Québécois se souviennent encore des sacrifices énormes qu'il a fallu consentir pour en arriver au déficit zéro.

Lorsqu'elle déposera son budget cet après-midi, la ministre Jérôme-Forget annoncera un déficit «inévitable, mais acceptable et même souhaitable». Compte tenu de la sombre expérience des récentes années, elle devra aussi se faire rassurante, nous dire quand et comment ce déficit temporaire sera éliminé.

20 mars, 2009

Nous fonçons tête baissée dans le mur!

Les investigateurs financiers ont raison de s'indigner devant autant d'irresponsabilité de la part de nos politiciens. Le ton peut paraître humoristique, mais c'est malheureusement le triste sort qui nous attend.
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Finances publiques 101 : comment réduire sa marge de manoeuvre
Les investigateurs financiers, Les Affaires.com, 20 mars 2009 à 09h57

Voici ce qui a été fait pour s'assurer que la marge de manoeuvre du Québec soit réduite au minimum.

Tout d'abord, une augmentation de la TVQ devrait aider à encourager le travail au noir. Vous vous en doutez bien : plus la taxe est élevée, plus il est tentant pour le consommateur de payer en argent comptant (sans facture) tout travail qu'il fait exécuter chez lui. Les deux parties y gagnent. Le contracteur ou le travailleur ne paie pas d'impôts, et le client ne paie pas de taxes.

Cependant, peut-être qu'augmenter la charge fiscale de la classe moyenne aurait eu un meilleur impact, afin de décourager le travail (les heures supplémentaires, tout particulièrement). Ainsi, on s'assurerait que le nombre de cotisants au RRQ diminue, et on contribuerait ainsi à l'épuisement des quelques réserves qui nous restent pour assurer le paiement des bénéfices aux retraités.

Les coûts de santé ont agmenté à 27G $, ce qui représente 44% de notre budget. Nous sommes sur la bonne voie pour dépasser les 50%. Quant à l'éducation, les dépenses sont fixées à 14.4G, soit une augmentation de 3.5%. Une augmentation de 20% aurait été plus percutante. On devrait idéalement rendre totalement gratuit l'accès à l'éducation, et pourquoi pas, payer les étudiants pour aller à l'école. Ainsi, on encouragerait plus de gens à étudier ici, pour qu'ensuite ils déménagent ailleurs (extérieur du Québec) afin de payer moins d'impôts lorsque leurs revenus sont élevés.

Quant à la dette, on doit tenter de battre des records. Il est commun pour nos gouvernements ou certains partis de comparer notre dette à d'autres pays qui ont fait pire (il serait stupide de se comparer à mieux lorsque l'on peut se comparer à pire). Alors, pourquoi ne pas tester jusqu'où nous pouvons aller sans faire faillite? Qui sait, peut-être que nous éviterons la faillite et que nous serons cités en exemple plus tard? D'autres pays s'endetteront davantage et l'on dira ''consolons-nous, au Québec, c'était pire''.

L'Irlande a déjà laissé monter sa dette à plus de 100% de son PIB dans le passé, avant de procéder à des changements drastiques. Comme nous en sommes à peine à 50% du PIB, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir! Mais ne nous inquiétons-pas. M. Charest et sa ministre des finances ont prévu un mécanisme qui nous aidera à atteindre notre objectif. Ils ont éliminé une loi qui avait été mise en place par M. Lucien Bouchard à la fin des années 90, qui prévoyait que tout déficit devait être remboursé éventuellement. Ainsi, les déficits que nous absorberons jusqu'en 2013 ne seront pas remboursés, ce qui nous permettra de laisser monter la dette. Sans l'élimination de cette loi, il nous aurait été impossible de songer à battre un record de dette d'ici 10 ou 15 ans.

Un facteur rassurant pourrait nous permettre de réduire considérablement notre marge de manoeuvre dans le futur. Il s'agit des taux d'intérêt. Malheureusement, il n'est pas cher actuellement d'emprunter. Le service de la dette (coût des intérêts) est d'environ 7G$ par année. Si notre dette s'élève à 170G et que les taux d'intérêt montent à 9%, nous auront un coût total de 15G. Nous aurons donc un déficit supplémentaire de 8G par année sur lequel on peut compter pour augmenter davantage la dette. Ainsi, chaque année, les coûts augmenteront, et une spirale d'endettement sera enclenchée. Si l'agence de crédit Moody's abaisse notre cote, il sera encore plus facile de hausser ces coûts, et de voir jusqu'où nous pouvons aller avant de faire défaut.

Actuellement, des cotisations de plus en plus importantes sont prévues pour le fonds des Générations. Il s'agit de l'argent que nous remettons à la Caisse de Dépôts au lieu de rembourser la dette. Nos actifs à la Caisse ayant beaucoup fondu, il faut bien donner quelque chose à investir pour M. Michael Sabia.

Avec de telles mesures, nous avons pleinement confiance que la marge de manoeuvre du Québec sera réduite au minimum. Si vous avez d'autres idées pour accélérer le processus, partagez-les avec nous!

19 mars, 2009

Les effets pervers d’un monopole d’État en santé

La science économique nous apprend que la gratuité fait exploser la demande. C’est le principal défaut d’un régime de santé entièrement financé par les revenus fiscaux. Du point de vue du patient les services sont gratuits. Il n’a donc aucune motivation à restreindre sa demande.

Pour éviter la faillite d’un régime de santé en apparence gratuit il est nécessaire de contrôler l’offre. En principe, la gestion de l’offre impose des barrières pour endiguer les abus et contenir la croissance des coûts. Malheureusement, en pratique elle n’évolue pas au même rythme que la science et des besoins de la population. Inévitablement, la qualité et l’accessibilité des soins se détériorent. Les longues listes d’attente se multiplient; l’approbation des derniers médicaments/traitements est indûment retardée; les salles d’urgence sont congestionnées; les équipements désuets ne sont pas remplacés; etc.

Dans son texte, Pascale Breton décrit le cas du médicament Lucentis servant à contrôler la dégénérescence maculaire. Si cette maladie n’est pas soignée la personne atteinte perd progressivement la vue. Le Lucentis est très dispendieux. Aussi, la régie de l’assurance-maladie a jugé bon d’en retarder l’utilisation. Elle l’a inclus sur la liste des médicaments remboursés seulement en décembre 2007. De plus, parce qu'il n'existe pas d'entente entre Québec et les médecins pour le traitement de la dégénérescence maculaire avec le Lucentis, les frais de bureau liés à l'administration du traitement doivent être payés par les patients. Finalement, le Lucentis n'est pas accessible à tous. Il est inscrit sur la liste des médicaments d'exception afin de réduire le plus possible le nombre de patients éligibles.

Peut-on concevoir un système plus inhumain?

Le cas du Lucentis n’est qu’un exemple pour démontrer jusqu’où un monopole d’État peut aller pour contrôler les coûts. Il existe des douzaines de médicaments/traitements auxquels les Québécois n’ont pas accès, faute d’être autorisés par la régie.

Il est pertinent de vouloir contrôler la croissance des coûts de santé d’une population. Toutefois, le monopole d’État est la manière la plus inhumaine d’y arriver. La bureaucratie du régime de santé absorbe une partie toujours plus importante des ressources disponibles au détriment des patients. Il serait grandement préférable de favoriser la concurrence entre les institutions privées et publiques et d’appliquer le principe de « l’argent suit le patient ».

Dans un tel système les patients fréquenteraient les institutions qui leur offrent le meilleur traitement et les autres seraient appelées à disparaître. Le contrôle des coûts serait tributaire de l’amélioration de la productivité plutôt que de la qualité et l’accessibilité des soins.
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Publié le 13 mars 2009 à 05h00
Trop cher pour l'hôpital, des patients envoyés au privé

Pascale Breton, La Presse

Menacés de perdre la vue, des milliers de patients sont soignés au privé parce que le traitement n'est pas disponible à l'hôpital. Sauf qu'ils doivent payer de leur poche pour certains frais et tous n'y ont pas accès.

Une situation qui n'est pas claire pour la Régie de l'assurance-maladie du Québec qui s'interroge à savoir si la situation ne contrevient pas à la loi.De 4000 à 6000 Québécois sont traités chaque année pour la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) sous la forme humide. C'est la forme la plus grave de la maladie. Du sang et du liquide s'accumulent dans la rétine et la personne atteinte perd progressivement toute vision centrale de l'oeil si la maladie n'est pas traitée.

Le Lucentis, un médicament révolutionnaire, permet de stopper la progression de la maladie. Mais il est coûteux, environ 1700 dollars la dose et le traitement nécessite plusieurs injections.

Le médicament est si coûteux qu'il ferait exploser le budget des hôpitaux. Pour cette raison, et aussi parce que la procédure ne nécessite pas toute l'infrastructure hospitalière, le traitement ne se donne pas à l'hôpital. Les ophtalmologistes l'offrent en cabinet privé.

«À ma connaissance, aucun hôpital n'offre le Lucentis», confirme le président de l'Association des médecins ophtalmologistes du Québec, le Dr Jean-Daniel Arbour.

Depuis décembre 2007, le Lucentis est inscrit sur la liste des médicaments remboursés par la Régie de l'assurance-maladie du Québec.

Sauf que les patients doivent tout de même payer des frais d'environ 125 $ chaque fois qu'ils reçoivent le traitement en clinique. Comme le Lucentis est administré aux quatre semaines pendant plusieurs mois, la facture dépasse rapidement le millier de dollars.

Les médecins qui travaillent en clinique privée ont le droit de facturer aux patients certains frais accessoires liés au traitement, notamment des gouttes et des analgésiques.

Mais souvent, la somme facturée sert aussi à payer les frais de fonctionnement du bureau, ce qui est contraire à la loi. Les cliniques privées font face à des dépenses élevées puisqu'elles doivent employer du personnel et acheter de l'équipement coûteux, comme un scan, pour traiter adéquatement les patients.

«C'est certain qu'une partie de ça (des frais de bureau) est payée par le patient. Mais en échange, il a accès à un service excellent et rapide», souligne le Dr Arbour.

Il arrive aussi que le patient n'ait pas un reçu détaillé de sa facture. Depuis juin 2007, la loi oblige pourtant les médecins à le faire.

«La facture doit indiquer dans le détail les tarifs réclamés pour chacun des services, les fournitures, les frais accessoires et les frais médicaux non assurés», explique le porte-parole de la Régie de l'assurance-maladie du Québec, Marc Lortie.

La situation a cours parce qu'il n'existe pas d'entente entre Québec et les médecins au sujet «d'honoraires techniques» pour le traitement de la DMLÀ avec le Lucentis, ce qui couvrirait les frais de bureau liés à l'administration du traitement.

«Les médecins n'ont pas le droit de le facturer, mais ils le facturent quand même parce qu'ils doivent bien payer la machine et le technologue. Le gouvernement les met volontairement en péril», lance le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette qui souhaite que le gouvernement remédie au problème.

Autre problème, le Lucentis n'est pas accessible à tous. Comme il est inscrit sur la liste des médicaments d'exception, les patients doivent répondre à des critères très précis pour que le médicament leur soit remboursé.

Plus du tiers des patients n'ont donc pas accès au Lucentis, estime le Dr Arbour.

Les patients qui ne sont pas admissibles à recevoir gratuitement le Lucentis n'ont accès à aucun médicament remboursé et reconnu qui pourrait stopper leur perte de vision, reconnaît la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Dominique Breton.

«C'est d'un point de vue pharmaco-économique que le ministère a évalué que ce n'était pas une option coût-efficace pour le traitement des lésions de type occulte, indique Mme Breton. Le fabricant doit faire de nouvelles preuves de l'efficacité de son médicament pour les autres conditions et soumettre de nouvelles études au Conseil du médicament.»

17 mars, 2009

Démission ou suicide!

Je dénonce sans hésiter le sans-gêne avec lequel les gestionnaires des institutions financières se payent des primes indécentes à même les fonds fournis par le gouvernement. Mais la cause première de ces abus ne réside-t-elle pas dans le fait que les politiciens leur ont remis l’argent des contribuables?

Aujourd’hui, les politiciens déchirent leur chemise sur la place publique pour dénoncer les abus des banques. Est-ce par conviction, pour se faire du capital politique, ou simplement pour faire oublier qu’ils ont participé à ce fiasco?

Le chef de la majorité démocrate de la Chambre des représentants, Steny Hoyer a suggéré aux cadres d'AIG d'imiter leurs collègues japonais et de choisir entre la démission et le suicide.

C’est une excellente suggestion. Est-ce que les politiciens et les hauts dirigeants des organismes de règlementation sont prêts à en faire autant?
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AIG : 42 M$ en primes et 11 démissions
09.03.17 - 14:42 - Léonie Laflamme Savoie

L’assureur américain AIG aurait perdu 11 de ces hauts cadres malgré de généreuses primes totalisant près de 42 millions de dollars (M$), selon ce que rapporte l’Agence France Presse (AFP).

« Onze des personnes qui ont reçu des primes visant à les retenir, d'un million de dollars ou plus, ne travaillent plus pour AIG, l'un d'entre eux a perçu 4,6 M$ », a déclaré Andrew Cuomo, procureur général de l'État de New York, dans une lettre au président de la commission des finances de la Chambre des représentants américaine.

Selon lui, les primes de dix de ces onze cadres totaliseraient près de 42 M$ ce qui constituerait une bonne partie du milliard de dollars en primes qu'AIG soutient avoir consacrés à la « rétention d'employés ».

L'assureur soutient qu'il doit conserver ses meilleurs éléments qui pourraient être tentés de quitter le navire durant cette période d'incertitude. En effet, AIG a déclaré publiquement avoir l'intention de faire des coupures de postes durant les prochains mois, ce qui pourrait pousser certains de ses employés à aller chercher du travail ailleurs.

« Dans le cadre de notre plan de restructuration, dans l'avenir nous allons ultimement éliminer des emplois qui sont présentement essentiels afin de maintenir les opérations », a soutenu dans la presse américaine Christina Pretto, porte-parole d'AIG.

« Un employé qui occupe un de ces postes est nécessairement dans une position incertaine face à son futur et peut avoir envie de quitter l'entreprise, ajoute-t-elle. Pour garder ces employés nécessaires dans l'immédiat, nous leur donnons des primes de rétention. »

Hier Barack Obama a d'ailleurs certifié qu'il allait utiliser « tous les moyens légaux » afin d'empêcher AIG de verser ces 165 M$ en primes à ses employés. Il a qualifié cette pratique « d'outrage aux contribuables américains ».

Le chef de la majorité démocrate de la Chambre des représentants, Steny Hoyer, est quant à lui allé encore plus loin et a suggéré aux cadres d'AIG d'imiter leurs collègues japonais et de choisir entre la démission et le suicide.

« Ce qui pourrait me permettre de me sentir mieux vis-à-vis d'eux, c'est s'ils suivaient l'exemple japonais et venaient devant le peuple américain et s'inclinaient en disant: je suis désolé, puis faisaient l'une de ces deux choses: démissionner ou se suicider », a soutenu Steny Hoyer à l'AFP.

Avec l'AFP et Bloomberg

Chiffre du jour : - 14 000 $

La valeur nette des ménages canadiens a chuté de 4,4% durant le dernier trimestre de 2008 et se situe maintenant à 252 milliards de dollars (G$) principalement en raison des chutes boursières enregistrées durant la période.
Sur une base per capita, les ménages ont perdu près de 14 000$ et ont maintenant une valeur moyenne de 165 300$. Toutefois, cette baisse est inférieure à celle enregistrée aux États-Unis pour la même période puisque les ménages américains ont perdu près de 9% de leur valeur durant le quatrième trimestre 2008.

Chiffre du jour : 69 %

Par les temps qui courent, les investisseurs ont tout intérêt à être à l'affût des fraudeurs. Mais comment les reconnaître? Quel est le portrait type du fraudeur? Au Canada, près des trois quarts des fraudes ont été commises par des hommes qui, le plus souvent, travaillaient pour leur employeur depuis 3 à 5 ans. Dans 69 % des cas, ils avaient entre 30 et 49 ans. C'est ce que révèle le Portrait du fraudeur canadien, la plus récente étude du groupe Juricomptabilité KPMG.

16 mars, 2009

Courir deux lièvres à la fois

Un récent sondage du Journal de Montréal confirme que les Québécois n’aiment pas choisir. Soixante-deux pour cent d’entre eux croient que la CDP devrait « Miser d’abord sur le rendement » et aussi « Miser d’abord sur le développement économique ».

A-t-on oublié la sagesse de l’expression populaire « À courir deux lièvres à la fois on risque de n’en attraper aucun »?


Chiffre du jour : 56 %

Selon un sondage Angus Reid commandé par l'Institut économique de Montréal (IEDM), 56 % des Québécois veulent que, dans un contexte de crise économique et de diminution de ses revenus, le gouvernement équilibre ses finances en réduisant le nombre de fonctionnaires. Seulement 7 % souhaitent une augmentation des tarifs des services publics.

15 mars, 2009

Le copinage coûte cher

Entre 1996 et 1998 Nova Bus a fourni 410 citrons à la STM. Leur remplacement avant la fin de leur vie utile coûtera 210 millions. La ministre des Transports, Julie Boulet affirme : «L'initiative va permettre à la STM de renouveler son parc d'autobus, d'augmenter l'offre de service à la population, d'augmenter la qualité de son parc, d'augmenter la fiabilité de ses autobus et, assurément, de diminuer ses coûts d'exploitation et ses coûts d'entretien».

Selon M. Gilles Dion, président et directeur général de Nova Bus, cette dernière entente est le fruit d’un partenariat de longue date, dont l’objectif demeure de proposer des produits qui rencontrent les exigences et attentes de la STM. « Nous demeurons à l’écoute de nos partenaires clés, telle la STM, afin d’être en mesure de contribuer à leur succès; nous partageons nos objectifs et conjuguons nos efforts pour créer une situation gagnante pour toutes les parties, y compris les usagers. »

Ça prend du culot pour dire des choses pareilles! Nova Bus nous passe des citrons qui coûtent une fortune à entretenir et M. Dion nous parle de « situation gagnante pour toutes les parties ». Il serait plus judicieux de dire que Nova Bus utilise les politiciens pour obtenir des contrats qui sont clairement désavantageux pour les usagers et les contribuables.

C’est un bel exemple pour démontrer que le copinage engendre le gaspillage de fonds publics. Les 410 citrons ont été commandés sans appels d’offre, acceptés sans contrôle de qualité, maintenus aux frais des usagers et finalement remplacés aux frais des usagers et des contribuables. On n’a même pas jugé utile de poursuivre Nova Bus pour récupérer une partie des coûts.

Malheureusement, c’est trop souvent ce qui arrive lorsque les décisions sont basées sur des critères politiques plutôt qu’économiques.

Il est plus que jamais nécessaire de permettre à l’entreprise privée de concurrencer la STM. Ainsi, nous aurons au moins une base de comparaison.
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Publié le 14 mars 2009 à 05h00
410 «citrons» retirés du parc d'autobus
Martin CroteauLa Presse

Qualifiés de «citrons» par des dirigeants de la Société de transport de Montréal, 410 autobus à plancher surbaissé fabriqués par le constructeur québécois Nova Bus seront remplacés avant la fin de leur vie utile prévue, a confirmé le gouvernement du Québec, hier.

Québec et la STM allongeront chacun 102,5 millions pour acheter de nouveaux véhicules à Nova Bus, a annoncé le premier ministre Jean Charest. Il a du coup confirmé la participation du gouvernement au projet, trois mois après que la firme de Saint-Eustache eut présenté la meilleure offre au transporteur.

Les nouveaux véhicules seront livrés à partir de l'automne prochain, et entreront progressivement en service d'ici à 2011.

«L'initiative va permettre à la STM de renouveler son parc d'autobus, d'augmenter l'offre de service à la population, d'augmenter la qualité de son parc, d'augmenter la fiabilité de ses autobus et, assurément, de diminuer ses coûts d'exploitation et ses coûts d'entretien», a dit la ministre des Transports, Julie Boulet.

Mis en service entre 1996 et 1998, les 456 véhicules APS-1 de première génération ont maintes fois donné des maux de tête à la STM. L'organisme estime que ces véhicules devaient passer au garage deux fois et demie plus souvent que ses autres bus.

Le directeur général, Yves Devin, et le directeur de l'exploitation des réseaux, Carl Desrosiers, avaient carrément qualifié ces autobus de «citrons» en décembre 2007.

Nova Bus, qui a reconnu les problèmes de son modèle APS-1, rachètera les anciens autobus au coût de 30 000$ l'unité.

En temps normal, Québec verse des subventions aux sociétés de transports qui souhaitent remplacer leurs autobus, mais seulement lorsqu'ils sont âgés de 16 ans ou plus. Le gouvernement a accepté de faire exception à la règle dans ce cas-ci: la première génération de véhicules à plancher surbaissé est en service depuis un peu plus d'une décennie.

Avec cette nouvelle commande, la STM prendra donc livraison d'un total de 879 autobus Nova Bus d'ici trois ans, dont 202 autobus articulés.

Financement

Toutefois, les problèmes d'argent de la STM ne sont pas réglés pour autant, a souligné le président du conseil d'administration de la STM, Michel Labrecque. Si celui-ci salue le coup de pouce gouvernemental, il demande toujours à Québec de bonifier le financement des transports collectifs.

Après avoir annoncé d'importantes compressions budgétaires la semaine dernière, l'administration du maire Gérald Tremblay a annoncé des coupes de 40 millions dans le budget de la STM.

La ministre Boulet affirme qu'un comité d'élus se penche sur la gouvernance et le financement de la Société. Elle entend faire connaître ses intentions lorsque l'équipe produira son rapport, en juin.

14 mars, 2009

Restera-t-il des fourmis?

Depuis le début des années quatre-vingt, le Québec vit au-dessus de ses moyens. J’en veux pour preuve l’immense dette de plus de 125 milliards accumulée au cours de cette période.

La crise économique fera bondir cette dette. La perte de valeur des actifs de la Caisse augmentera d’autant le passif des régimes de pension des employés de l’État. Le prochain budget, sous prétexte d’amenuiser les effets de la crise, annoncera le retour des déficits budgétaires multimilliardaires. Dans cinq ans la dette dépassera facilement 150 milliards.

Une gestion dite de « bon père de famille » veut que l’on fasse des économies dans les périodes de vaches grasses en prévision du manque à gagner dans les périodes de vaches maigres. Malheureusement, les politiciens sont comme des joueurs compulsifs. Ils ne peuvent résister à l’envie de jouer l’argent des contribuables dans l’espoir de gagner à la roulette de la popularité électorale. Ainsi, dans les périodes de vaches grasses ils jouent les surplus et dans les périodes de vaches maigres ils empruntent pour continuer à jouer.

Ce n’est qu’une question de temps. Il faudra bien un jour augmenter le fardeau fiscal des Québécois pour rembourser la dette. Les Québécois qui auront trimé dur pour économiser seront pénalisés au profit de ceux qui auront vécu au-dessus de leur moyen. Trois cent cinquante ans plus tard la fable de Lafontaine « La cigale et la fourmi » est toujours d’actualité.

Le grand risque c’est que les fourmis aient disparu et qu’il ne reste que des cigales.
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Le rôle de l'État?
Benoît Aubin

Journal de Montréal, 12/03/2009 10h42

Les partis d'opposition sont déçus du discours inaugural prononcé par le premier ministre Jean Charest parce qu'il ne propose pas d'idées novatrices pour lutter contre la crise économique?Trop drôle !

Souvenez-vous du Jean Charest qui a pris le pouvoir en 2003. Il était encore plus bleuconservateur que rouge-libéral à l'époque. Le Jean Charest d'alors était très préoccupé par la capacité de l'État québécois de remplir toutes les missions auxquelles il avait habitué les citoyens.

Son message, en 2003, était à peu près celui de son prédécesseur - et ex-collègue conservateur - Lucien Bouchard: les livres ne balancent pas. Les Québécois doivent hausser leur productivité, et revoir leurs attentes à la baisse. Le Québec doit trouver des façons plus efficaces de gérer les grands services publics, comme la santé et l'éducation.

«Que doit faire Jean Charest? Dépenser, ou mettre les freins?»

LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

Jean Charest a dit une phrase qu'il a tout de suite regrettée, mais qu'on n'a pas oubliée. Il a dit que le temps était venu de tourner la page sur la Révolution tranquille, et de revoir nos façons de faire en fonction de l'avenir.

M. Charest n'a pratiquement rien fait de ce qui était dans son programme initial, mais il paie encore le prix pour y avoir seulement songé. Souvenez-vous de la stridente riposte du monde syndical et du communautaire, sur laquelle le Parti Québécois surfait allègrement. Patapouf,
«John» Charest, le Gros frisé fédéraliste, n'aimait pas le Québec; il le méprisait; il voulait détruire notre héritage.

Ce n'est pas à l'honneur de M. Charest d'avoir capitulé comme il l'a fait. S'il croyait vraiment à ce qu'il disait à l'époque - il en coûte moins cher de confier la lessive des hôpitaux à des sous-traitants qu'à des permanents syndiqués - il aurait dû tenir son bout.

Cependant, qu'il ait rajusté le tir démontre un bon sens de la politique - et de la démocratie. Il a vite compris que le Québec ne suit son chef que lorsque le chef mène le Québec là où il veut bien aller.

L'ironie, aujourd'hui, c'est d'entendre l'opposition critiquer le gouvernement parce qu'il manque d'idées et n'a pas de vision.

DE BONNE GUERRE

C'est de bonne guerre pour l'opposition de critiquer le gouvernement, et Mme Pauline Marois a raison de souligner le fait qu'annoncer le même projet à cinq reprises ne multiplie pas les projets - seulement les annonces.

Mais il reste à savoir ce que nous voulons du gouvernement, en ce début de crise économique dont personne ne voit venir la fin. Qu'il s'excite, se tire dans toutes les directions, dépense de l'argent qu'il n'a pas? Ou, au contraire, qu'il en profite pour donner un coup de frein, privatiser, libéraliser, amaigrir le gouvernement?

Dans une entrevue à l'époque, Jean Charest a dit: «l'activiste qui provoque du changement, c'est moi; les conservateurs, qui résistent au changement, c'est eux» en parlant des syndicats et de l'opposition.

À part l'approche politique de Jean Charest - qui se cantonne maintenant à l'extrême centre -pas grand-chose n'a changé au Québec depuis ce temps.

C'est que le Québec est une société coincée. C'est à cela que Jean Charest voulait s'attaquer en 2003. Il n'y est pas parvenu. Aujourd'hui, on lui reproche de ne rien faire? Trop drôle!

13 mars, 2009

Peut-on descendre plus bas?

La politique est un jeu que les politiciens jouent au frais des contribuables.
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Le Vendredi 13 Mars 2009

Les enfants jouent avec la Caisse
André Pratte

Après des jours de querelle, les partis d’opposition à Québec ont finalement réussi à faire témoigner la ministre des Finances sur l’année difficile de la Caisse de dépôt. Et, comme on pouvait s’y attendre de nos chers politiciens, l’affaire a tourné à la partisanerie. À l’issue de la matinée, on n’en sait pas plus long sur ce qui s’est passé à la Caisse.

Mme Jérôme-Forget a rejeté tout le blâme sur les dirigeants de la Caisse et répété que c’est à eux que l’opposition devrait poser ses questions. Comme si le gouvernement ne devait pas s’interroger sur le libellé de la loi, sur la gouvernance de la CDPQ et sur sa propre politique de placement pour ce qui est du Fonds des générations et du fonds d’amortissement des régimes de retraite! Et comme si elle-même, alors qu’elle était dans l’opposition, n’avait pas fait ses choux gras des difficultés de la Caisse sous Jean-Claude Scraire!

Le péquiste François Legault a cherché à rendre le gouvernement responsable des pertes, en particulier parce que le mandat de la Caisse a été modifié en 2004. Comme si des investissements supplémentaires de la Caisse dans l’économie québécoise avait permis d’éviter la crise mondiale!

Et Amir Khadir, de Québéc-Solidaire, a voulu faire le «procès du libre-marché», alors que ce dont on parle ici, c’est des décisions prises par une société d’État…

Tout cela vient confirmer - pour ceux qui ont encore des doutes à ce sujet - que les politiciens devraient se tenir loin, très loin de la Caisse de dépôt.

«On n’est pas des enfants ici», a lancé la ministre en réponse au député adéquiste François Bonnardel, qui lui demandait de s’excuser pour les pertes de 40 milliards subies par la Caisse. Pourtant, tout ce qu’on a vu et entendu à l’Assemblée nationale dans ce débat tend à démontrer le contraire.

12 mars, 2009

Les avantages de la crise économique

La crise économique aura des conséquences dramatiques pour beaucoup de gens. Plusieurs perdront leur emploi, d’autres leur maison, certains devront déménager pour trouver un autre emploi, etc. Malgré tout, la crise a quelque chose de bon. Elle nous apprend que les lois du marché sont aussi implacables que la loi de la gravité. Les entreprises maintenues artificiellement en orbite devront revenir sur terre un jour ou l’autre. Les plans de relance ne font que retarder l’échéancier et appauvrir la population au profit des magouilleurs.

Un autre aspect positif de la crise est celui de remettre en question la pensée unique en matière d’environnement. Jusqu’à présent, quiconque osait questionner les prédictions de fin du monde des écologistes était automatiquement condamné et ostracisé. Les dissidents n’offraient aucun intérêt médiatique. Aujourd’hui, la crise économique aidant, les fonds que les politiciens convoitaient pour financer leur « pet project » environnementaux, se sont évaporé. Il devient donc possible de dénoncer les faussetés véhiculées par certains écologistes et politiciens sans être accusé de vouloir détruire le monde. Cela permettra de compenser, du moins en partie, le gaspillage des plans de relance.
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CO2, un mythe planétaire ?

Une revue de livre par Félicien Sainpierre, le 11 mars 2009 - « Économiser pour réduire nos dépenses et ne pas gaspiller les ressources du globe oui, bien sûr ; préparer par ailleurs l'après-pétrole, évidemment. Mais s'imaginer que le CO2 éventuellement épargné à cette occasion puisse contribuer à ‘sauver la planète’ relève de la science-fiction puisqu'il sera émis par quelqu'un d'autre, en Chine ou ailleurs. Dilapider l'argent du contribuable ou du consommateur dans cette illusion est alors coupable ». Ces lignes résument fidèlement la thèse principale du dernier ouvrage de C. Gerondeau (1), désormais connu pour ses positions critiques sur la politique de l'environnement.

Pourtant, l'auteur ne se borne pas à démontrer sa thèse principale, mais ose aussi s'attaquer, au risque d'apparaître comme un opposant systématique, aux idées les mieux partagées dans le monde médiatique et politique.

Les émissions humaines de CO2 : mythe ou réalité ?

A l'heure où la manipulation savante des émotions détermine trop souvent la politique, Gerondeau, en bon cartésien, ne croit pas que la vérité scientifique se mesure à l'aune de l'opinion publique ou de l'unanimité médiatique. Il va ainsi jusqu'à contester la conclusion selon laquelle les activités humaines seraient très probablement, en tant que principales émettrices de CO2 et d'autres gaz à effet de serre, la cause principale d'un réchauffement climatique.

La multiplication des propos contestataires de l'auteur apparaîtra excessive à certains. Il reste que Gerondeau relève plusieurs phénomènes qui ne manquent pas de poser question. A titre d'exemple, on a observé un phénomène inexpliqué de refroidissement sur la période 1945-1975 alors que les émissions industrielles de gaz carbonique étaient en forte croissance. On sait aussi aujourd'hui que certaines époques ancienne ont été caractérisées par des réchauffements brutaux sans que l'on puisse incriminer les industries polluantes et autres activités humaines émettrices de gaz à effet de serre : ainsi, il y a 14700 ans, un réchauffement de la température de l'air d'environ 10°C a effectivement eu lieu. A minima, il faut donc reconnaître que les choses ne sont pas aussi simples qu'on le prétend communément.

Cependant, malgré de légitimes interrogations sur la réalité et les causes du réchauffement, l'auteur dénonce d'abord le mythe selon lequel il serait vital de lutter contre le changement climatique par la réduction des émissions de CO2.

Le paradoxe Gerondeau : moins d'émissions de CO2 = des émissions de CO2 constantes
L'équation semblera absurde à tout un chacun. En fait, le paradoxe n'est qu'apparent. Réduire les émissions de CO2 est un programme partiellement envisageable pour les pays développés, même si, chiffres à l'appui, l'application de l'ensemble des mesures préconisées aura un effet catastrophique sur leurs finances publiques et le pouvoir d'achat des citoyens. Mais, en ce qui concerne les économies émergentes, la restriction des émissions ne peut être nullement dans l'intention de leurs responsables politiques, d'où la constance des émissions globales de CO2.

En effet, qui croira que les pays en plein développement se priveront d'exploiter les gisements de pétrole, de charbon et de gaz naturel, alors que la compétitivité réelle de ces sources d'énergie constitue un facteur incontournable de croissance économique ? Les pays développés iront-ils jusqu'à dénier la légitimité d'exploiter ces ressources parce qu'il faut « sauver la planète », alors qu'ils ont fondé eux-mêmes leur développement sur ces sources d'énergie ? Les chiffres actuels montrent en fait que personne ne pourra s'opposer la croissance mondiale des émissions : celles de gaz carbonique d'origine énergétique sont passées en effet de 21 à 30 milliards de tonnes entre 1990 et 2008, soit une hausse de 43 %. De son côté, la Chine a décidé d'augmenter sa production de charbon de 30 % d'ici à 2015, soit une croissance de 1,6 milliards de tonnes de CO2 par an. Cette augmentation correspond à deux fois l'ensemble des réductions d'émission de l'Union Européenne programmées jusqu'en 2020. Il ressort de ces chiffres que la lutte contre le réchauffement climatique, à défaut d'être efficace, ne sera que ruineuse pour les pays qui l'entreprendront effectivement.

La principale conclusion de l'ouvrage se veut donc sans appel : tout effort individuel, national ou supranational de réduction des émissions de CO2 n'aura aucun effet sur le niveau global de ces émissions, car les sources d'énergie que certains se refuseront d'utiliser, seront irrémédiablement exploitées par les pays qui ne pourront s'abstenir de consommer des ressources nécessaires à leur développement. C'est ainsi que des réductions ambitieuses des émissions de gaz carbonique iraient de pair avec une croissance puis une stabilisation des émissions au niveau mondial.

Conclusion : vers un cataclysme climatique inéluctable ?

On aura compris que l'auteur ne partage pas cette conclusion. N'en déplaise à tous les convaincus du réchauffement, les relations entre climat et activités humaines sont extrêmement complexes et encore très insuffisamment connues. La logique du développement économique, interdisant de laisser inexploitées les ressources en pétrole, gaz et charbon, implique de toutes façons leur quasi-épuisement. Il en résultera une baisse des émissions et à terme une réduction de la concentration du CO2 dans l'atmosphère.

Gerondeau pense qu'il faut rester raisonnablement optimiste : il apparaîtra des sources d'énergie compétitives qui permettront de poursuivre le processus de développement économique, à condition de ne pas laisser le jeu des groupes de pression laisser déterminer ce qu'elles seront. Au nom de la lutte contre le CO2, l'époque actuelle est celle d’une collectivisation dangereuse des choix énergétiques, provoquée par une coalition d'intérêts hétérogènes mais convergents (grandes entreprises de travaux publics, industriels des éoliennes, lobbies écologistes...). Ce n'est d'ailleurs pas le moindre apport de l'ouvrage de Gerondeau que de l'avoir aussi démontré. À l'issue de la lecture de cet essai, peut-être pensera-t-on que traiter tant de sujets en moins de 270 pages est pour le moins téméraire ? Que le lecteur se fasse donc lui-même une idée.

Félicien Sainpierre est économiste.

(1) GERONDEAU Christian (2009), CO2, un mythe planétaire, Editions du Toucan.