Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

La vaste majorité de nos importations viennent de l'extérieur du pays.--- Georges W. Bush

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31 août, 2008

Coup de gueule (2)

Les groupes d’intérêt, syndicats et commissions des transports, ont encore une fois fait reculer les politiciens. Il n’y aura donc pas de compétition dans les services de transport en commun. Après tout, c’est une question de principe. Il faut à tout pris éviter qu’une brèche, aussi mince soit-elle, mette en péril les monopoles du transport en commun.

Il semble bien que le transport en commun est condamné à la médiocrité. Seule la menace de la compétition pourrait faire bouger ces monopoles obèses et désuets. Malheureusement, les politiciens ont préféré sacrifié les intérêts des usagers aux bénéfices des groupes d’intérêt.

Verrons-nous un jour un politicien prêt à défendre les intérêts des contribuables et consommateurs québécois?
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Le dimanche 31 août 2008

L’entrée en service de deux lignes d’autobus est suspendue
Bruno Bisson, La Presse

La ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, a décidé de suspendre l’entrée en service de deux nouvelles lignes d’autobus express mises sur pied par l’Agence métropolitaine de transport (AMT), en raison des plaintes du milieu municipal, qui les considère comme illégales.
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Coup de gueule

La gestion de nos finances personnelles exige un esprit critique. Le texte des investigateurs financiers nous en donnent un bon exemple.

L’abandon des régimes de retraite à prestations déterminées en faveur de régimes à cotisations déterminées obligera de plus en plus de Québécois à gérer leur régime de retraite. Mais voilà, c’est ce moment même que les « bozos » du ministère de l’éducation choisissent pour éliminer les cours d’économie et de finance.

Quel manque de vision!

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Les investigateurs financiers, LesAffaires.com
28 août 2008 à 11h18

Cours 101 sur la mise en marché de fonds mutuels

Vous connaissez sûrement déjà ce vieux truc, qui consiste à choisir 1000 clients, et leur envoyer une prédiction par la poste. À 500 d'entre eux, vous leur dîtes que le SP 500 va monter dans le prochain mois, alors que vous affirmez le contraire pour les autres 500 lettres. Après un mois, vous savez si le SP 500 a monté ou descendu. Vous recommencez le stratagème, en envoyant une nouvelle prédiction aux 500 prospects qui ont reçu la lettre qui vous donne raison. Au bout de trois fois, vous aurez 125 prospects qui auront reçu des lettres dont les prédictions se sont toujours avérées justes. Vous les contactez ensuite par téléphone, et leur broder une histoire expliquant vos savantes démarches pour prédire les marchés. Ces prospects, ayant été convaincus par vos prédictions, pourraient facilement devenir vos clients.

Lorsqu'une firme de fonds mutuel recherche des gestionnaires à succès, elle reste consciente des statistiques. Après plusieurs années de bonnes performances, beaucoup de gestionnaires connaissent de moins bonnes années. La firme de fonds doit utiliser l'arme ultime pour attirer ses clients : les rendements passés. À défaut de comprendre comment un gestionnaire obtient ses rendements, on regarde simplement ses rendements passés. S'il a fait de l'argent en 2002, on dira qu'il est capable de survivre aux baisses du marché. S'il a fait de l'argent dans les derniers six mois, on en viendra facilement à la même conclusion.

Une firme qui engage des dizaines de gestionnaires sait très bien que certains performeront bien, d'autres non. Si elle n'avait qu'un seul ou deux gestionnaires, elle risquerait de courir à la catastrophe. Que faut-il faire alors? Engager le plus de gestionnaires possible. Après quelque temps, ceux qui ont mal performé seront remplacés. Ayant d'autres gestionnaires dont les rendements ont été meilleurs, on suggère aux clients de transférer leurs avoirs (la course aux rendements, basées sur les rendements passés). Mais, il ne faut pas s'arrêter là. Les bons gestionnaires d'aujourd'hui pourraient vite devenir les mauvais gestionnaires de demain. Il faut alors renouveller sa flotte de portefeuillistes.

Une autre technique très utilisée : l'ajout de gestionnaires, en incluant les rendements passés. Lorsque la firme de fonds découvrent un bon gestionnaire dont les rendements des 10 dernières années sont excellents, on veut par-dessus tout les inclure dans sa brochure. Donc, on l'engage, mais pour donner une idée au client de combien il aurait fait s'il avait investi avec ce gestionnaire dans le passé, on inclut la performance du portefeuille en prenant soin de mettre des petites étoiles qui expliquent en des termes plus subtiles la raison de l'inclusion des rendements :

''Rendements que vous auriez obtenus si on avait choisi ce gestionnaire ''avant'' qu'il produise ces superbes rendements­''.

La firme de fonds procède à un assainissement de sa brochure : on élimine les mauvais gestionnaires pour ''effacer'' les mauvais rendements du passé. On garde ceux qui ont bien performé (même si trop souvent, ces performances sont influencées par la chance), et on inclut les résutats passés d'autres gestionnaires. Ainsi, on détient tout le temps de belles statistiques à présenter. C'est un peu comme au poker : on change les mauvaises cartes pour essayer d'obtenir une plus belle main.

Comment discerner la qualité de la médiocrité dans un tel contexte? Très difficile pour le néophyte du placement. Car la seule façon de qualifier un gestionnaire, c'est en étudiant ''comment'' il est arrivé à superformer. Nous avons vu un exemple récent d'un gestionnaire d'une firme très réputée (dont nous tairons le nom) dont les rendements sont à plus de 17% composés sur les 10 dernières années. Il doit attirer vraiment beaucoup de capital ces temps-ci! Mais le problème, c'est que nous avions rencontré le gestionnaire de portefeuille il y a quelques années. Sa méthode d'investissement? Elle est dictée par un ordinateur, et il recherche les performances à court terme, parfois d'heure en heure. Après qu'on lui ait posé quelques questions, nous nous sommes rendus compte qu'il ne connaissait pas les compagnies dans lesquelles il investissait.

Peut-on arriver à faire 10 ans de belles performances sans jamais savoir ce que l'on fait? Oui, c'est possible, tout comme il est possible de gagner avec Loto-Québec. En étudiant un grand nombre de portefeuilles, on finit toujours par découvrir des anomalies. La seule façon d'éviter de se faire prendre au piège consiste à comprendre comment le rendement a été produit. Si nous vous disons qu'un individu a remporté 10 000$ avec une mise de 100$ en une soirée, vous ne serez pas très impressionnés si nous vous mentionnons que ce gain a été fait au casino. Vous aurez vite conclu que la chance constituait un facteur important. C'est ce que nous devons différencier en tant qu'investisseur, si on veut investir dans les fonds mutuels et avoir du succès.

Chiffre du jour : 64 %

La troisième Enquête annuelle de Fidelity sur la retraite au Canada indique que 64 % des baby-boomers canadiens qui travaillent prévoient maintenir leur style de vie actuel quand ils seront retraités. De plus, 6 % des personnes de ce groupe croient qu'elles augmenteront leur train de vie alors que seulement 22 % d'entre elles prévoient vivre plus modestement. Parmi les retraités, 47 % affirment qu'ils ont continué à vivre comme ils le faisaient avant de quitter le marché du travail alors que 42 % disent avoir diminué leur niveau de vie depuis qu'ils ont pris leur retraite. (Source : Communiqué de presse de Fidelity Investments Canada, le 19 février 2008)

28 août, 2008

La priorité : les faux problèmes

Richard Martineau reproche aux Québécois de se concentrer sur de faux problèmes au détriment des vraies questions (Voir son texte ci-après).

Il a tout à fait raison.

Nous nous préoccupons de la couleur de la margarine, des relations amoureuses de Maxime Bernier et de Julie Couillard, des lettres ou des chiffres sur les bulletins, de l’effet des réclames publicitaires sur l’anorexie, de la « job » de l’ex-ministre Couillard, etc., pendant que le reste du monde se préoccupe de l’effet de la mondialisation sur leur économie.

Pourquoi?

C’est un vieux truc que les politiciens, les groupes d’intérêt et les médias connaissent bien et utilisent à profusion. Pour détourner l’attention de la population des vrais problèmes il suffit de lui présenter de faux problèmes et de les monter en épingle. Ainsi, ce n’est pas les relations de Maxime et Julie qui sont en cause, mais rien de moins que la sécurité d’état; ce n’est pas des réclames publicitaires douteuses ou de mauvais goûts, mais un problème de santé sociale; etc. D’ailleurs, les partis de l’opposition en voulant trop embarrasser le gouvernement lui rendent souvent un fier service en détournant l’attention du public. Les médias spectacles s’accommodent très bien de cette situation. Les scandales réels ou présumés sont beaucoup plus vendeurs qu’une analyse en profondeur des défis que nous devrons un jour ou l’autre affrontés.

Malheureusement, je crains que nous devions descendre beaucoup plus bas avant d’entendre la cloche d’alarme. Il a fallu que le taux de chômage atteigne 18 % avant que les Irlandais se relèvent les manches et secouent la léthargie qui les maintenaient dans un état d’assistés sociaux de l’Europe. Ils s’en sont sorti de brillante façon. Saurons-nous en faire autant?
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Réveillons-nous !
Richard Martineau06/08/2008 07h47

En 1973, Alain Peyrefitte a écrit un ouvrage intitulé Quand la Chine s'éveillera.
Le titre était emprunté à une prophétie qu'aurait faite Napoléon : «Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera...»

Le chum de Joséphine avait raison. Non seulement la Chine s'est réveillée, mais elle s'est levée, elle a pris sa douche et elle s'est habillée. Tout ça pendant que l'Occident dormait la bouche ouverte.

LE GRAND RIRE JAUNE

Dans sa chronique de dimanche, mon confrère Marco Fortier a écrit que la classe moyenne chinoise compte entre 100 et 200 millions de travailleurs. Cinq fois la population du Canada. Ça fait du monde au dimsum.

Et nous, qu'est-ce qu'on fait, pendant que la marée jaune monte ?

On gaspille notre énergie dans des chicanes inutiles. Québec contre Montréal, les citadins contre les banlieusards. Faut-il changer la couleur de la margarine, faut-il retirer le crucifix à l'Assemblée nationale, devrait-on permettre à un pompier français d'éteindre des feux au Québec alors qu'il a appris à manier un boyau d'arrosage dans un autre pays...

On se crêpe le chignon pour des niaiseries...

Si ça continue, vous savez ce qui va arriver ? Dans les Dollarama de Pékin, on va vendre des bébelles en plastique made in Québec.

Et les élèves chinois vont donner de l'argent à leur prof pour qu'il achète des p'tits Québécois...

LA ZIZANIE

Dieu que le Québec est décourageant, parfois... Le feu est pris dans la maison, et on est là à se demander si on devrait sortir les meubles par l'avant ou par l'arrière.

Au lieu d'unir nos forces, on se chicane, on se crie des noms, on se lance des roches...

On est tout énervé parce qu'un journal gratuit de la banlieue sud de Liverpool mentionne en page F9 que Paul McCartney a donné un show dans la Vieille Capitale.

Cibole !

SUPER CHILL

Dans quelques années, toutes les p'tites jobines vont déménager en Inde ou en Chine. Les gens qui n'auront pas d'éducation vont se retrouver le cul sur la paille. Il n'y aura pas d'usines pour les embaucher, pas de centres d'appels pour leur donner du travail, rien.

Vous allez appeler la pizzeria du coin pour vous faire livrer une «extra-large all-dressed», et c'est un étudiant de Calcutta qui va vous répondre et qui va prendre votre commande. Vous ne le saurez pas, car il parlera un français impeccable.

Et quand votre pizza arrivera chez vous, vos enfants, qui porteront des vêtements made in China et joueront sur leur Nintendo made in Japan diront qu'elle est full hot, super chill et hyper cool. C'est ça qui nous attend.

Les jeunes Asiatiques et les jeunes Indiens sont prêts à tous les sacrifices pour avoir une éducation, et nous, qu'est-ce qu'on fait ?

On marche dans la rue parce qu'on ne veut pas que l'État augmente les frais de scolarité de CINQUANTE DOLLARS PAR SESSION.

L'ŒIL DU TIGRE

Vous souvenez-vous de Rocky III ? L'ex-champion est tellement sûr de sa supériorité qu'il est devenu gros et paresseux, alors que son jeune adversaire a «l'œil du tigre».

Eh bien, Rocky, c'est nous. Et le jeune de l'autre côté du ring, c'est l'Inde et la Chine.

Qui va manger la volée, selon vous?

Coup de gueule

Les écolos, pour qui le retour à l’âge de pierre est le seul scénario acceptable, vont se réjouir. Pour eux, la vie d’une chauve-souris est autrement plus importante que le confort des humains.

Voilà une autre cause qui ne demande qu’à être adoptée. Il ne manquera pas de politiciens pour l’endosser et débloquer de généreux programmes de subventions.

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René Vézina
28 août 2008 à 06h43
Des chauves-souris sacrifiées à l'autel des éoliennes

Au pied d'un parc d'éoliennes, en Alberta, on trouve plein de cadavres de chauves-souris. Un groupe de chercheurs de l'Université de Calgary a étudié la question et en arrive à des conclusions qui ne feront pas plaisir à ceux qui présentent l'énergie du vent comme une douce solution à nos besoins en énergie.

D'abord, pourquoi en Alberta ? Tout simplement parce que, contrairement à l'impression populaire, c'est là que se situent les plus importants parcs éolien au Canada. À cet égard, l'Alberta est largement en avance.

Qu'arrive-t-il aux chauves-souris ? Sont-elles déchiquetées, elles qui volent pourtant bien vite ? Non. Elles explosent, littéralement. Elles meurent d'hémorragie interne. Il semble que le brassage de l'air provoqué par le tournoiement des grandes pales fait baisser la pression aux abords des éoliennes. Les chauves-souris y sont très sensibles et quand elles circulent à proximité (les parcs éoliens sont parfois situés dans des corridors de migration), elles ressentent les effets de ce changement brutal de pression. Un peu comme les plongeurs en eau profonde qui doivent prendre des pauses, en remontant, pour ne pas faire d'embolie.Lors de ces relevés, on a ainsi recensé 188 chauves-souris mortes. Oh, je sais, ce ne sont pas les animaux les plus attirants sur terre, mais il est aussi entendu qu'elles jouent une rôle vital en dévorant des tonnes d'insectes, et participent ainsi au grand équilibre environnemental.Dommage pour les partisans à tout crin de l'énergie éolienne. Elle a ses avantages, indéniables, mais aussi des désavantages. Morale : en matière de production d'énergie, quelle que soit la méthode, il y a toujours des impacts. Rien n'est inoffensif.

Chiffre du jour : 3 heures de plus

Le nombre de travailleurs qui travaillent de 9 à 5 est très minime puisqu'au Canada, la population active est au bureau en moyenne près de trois heures de plus que ce que le patron demande chaque semaine, ce qui représente un total de 145 heures supplémentaires par année.C'est au Québec que l'on respecte le plus le fameux 37,5 heures semaine, bien que près du tiers des salariés québécois travaillent plus de 41 heures par semaine. (Source: Communiqué de presse de Workopolis, le 28 août 2008)

27 août, 2008

Coup de gueule (2)

Dans son texte Yves Boisvert fait un excellent résumé de la saga du CHUM.

Les études, les changements de plan, les délais, les commissions ont jusqu’à présent coûté des centaines de millions aux contribuables québécois.

Après plus de douze ans de tergiversation pourquoi n’arrive-t-on pas à exécuter ce projet?

C’est d’un ridicule inqualifiable. Après cela peut-on reprocher aux québécois d'être cynique?
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Le mercredi 27 août 2008
Y a-t-il une pelle dans la salle?
Yves Boisvert
La Presse

Veuillez m'excuser de revenir de vacances avec une si mauvaise nouvelle, mais il faut que j'en parle à quelqu'un: ça ne va pas bien du tout au CHUM.

Vous le saviez? Je vous l'accorde, ce n'est pas absolument nouveau. En effet, ne lisait-on pas dans La Presse, en 1999, cette phrase prophétique dans un texte de Jean-François Bégin: «Un nouveau chapitre de l'interminable saga du CHUM s'ouvre aujourd'hui» ?

C'était au temps où l'on commençait à peine à évoquer la possibilité d'un mégahôpital, comme celui qu'avait proposé McGill.

Cinq ans plus tard, en novembre 2004: «Une saga qui a trop duré», écrivait André Pratte.

Décembre 2004, un avocat perspicace écrit au Devoir: «Se pourrait-il que l'on soit dans l'erreur?»

Voilà, en trois temps, le cycle apparemment éternel du CHUM: 1. On palabre sur le pour et le contre (Méga ou pas? deux étages ou sept? Outremont? Petite-Patrie? Centre-ville? Un parking? Des chambres à deux?); 2. Quelqu'un s'écrie «Ça va faire!» et on tranche. 3. Un doute surgit On n'est plus tout à fait sûr Et on recommence! Re-palabres, re-études, re-ça va faire, re-décision, re-doute

Lundi, on a pu voir le Dr Gaétan Barrette, au nom des médecins spécialistes, tel un Brian Mulroney déchirant la Constitution, déchirer la photo du CHUM devant les médias. Impossible, infaisable, pas bon, les médecins n'y croient pas.

Remarquez bien, les médecins ont l'air aussi divisés que la photo déchirée, sauf quant à leur pessimisme. Même le directeur du CHUM est parti, au mois de juillet.

Pour le profane que je suis, le projet de la gare de triage était bien plus attrayant. Mais il a été mis de côté très officiellement et définitivement il y a trois ans et demi, faute d'avoir convaincu le gouvernement. On a dépensé des millions pour faire les plans du CHUM à Saint-Luc. L'appel d'offres du centre de recherche (première phase) est lancé.Combien de fois va-t-il falloir réexaminer la même question? Refaire le projet?

Combien de fois peut-on coudre et rouvrir et recoudre le patient, docteur?

Je rappelle en accéléré la séquence des événements. 1996: fusion des hôpitaux francophones du centre-ville pour former le Centre hospitalier universitaire de Montréal. Débuts difficiles dans un contexte de compressions budgétaires et de guerres de pouvoir. Deux ans plus tard, McGill présente son projet consistant à fermer trois hôpitaux anglophones pour en faire un nouveau, le CUSM. Magnifique projet qui inspire le gouvernement de Lucien Bouchard: il en faut un pour les francophones, c'est l'avenir de la médecine montréalaise qui en dépend.

En 2000, Pauline Marois décrète après «études exhaustives de cinq sites potentiels» que ce sera au 6000 Saint-Denis. On se met à l'ouvrage, mais au bout de trois ans, il ne s'est rien passé de concret. 2003: les libéraux arrivent au pouvoir et nomment Brian Mulroney et Daniel Johnson pour réévaluer tout ça.

Je suis peut-être fou, mais j'ai assisté à une rencontre de presse avec ces deux hommes qui concluaient, en 2004, qu'il fallait tout faire à Saint-Luc. Plus près des grands axes routiers, loin du chemin de fer, plus sécuritaire, pas de décontamination à faire, etc.

Bon, d'accord. Pourquoi pas Saint-Luc? Si les experts le disent

Puis, le recteur de l'UdeM, Robert Lacroix, arrive avec un projet beaucoup plus ambitieux, sur des terrains qui jusque-là n'avaient pas été examinés pour la bonne raison qu'ils étaient une gare de triage ferroviaire. Mais l'Université de Montréal les a acquis. On y aménagerait de nouvelles facultés de sciences et de médecine et tout à côté un hôpital entièrement neuf.

Projet plus cher (là, on ne sait plus remarquez bien) mais plus beau. On se souvient du débat furieux qui a suivi. Mais le fait est que Mulroney-Johnson venaient d'écarter un site jouxtant la gare de triage après consultation avec les experts

Tout ça s'est réglé en 2005, en commission parlementaire, où le gouvernement libéral a réaffirmé le choix de Saint-Luc. Motifs invoqués: les coûts, la sécurité, le centre-ville à régénérer, etc. On remet ça?

Les problèmes, depuis, se multiplient. Ils étaient tous prévisibles: quand on bâtit sur du vieux, sans terrain, en enjambant des rues, on rencontre des difficultés.

Enfin, pas tous: il était difficile de voir venir l'épisode sublime des héritiers de Louis-Joseph Papineau, qui ont exigé que l'on ne touche pas le square Viger, où trône le patriote Chénier, mort au combat en 1837, et médecin de son état. Le legs de Papineau à la Ville a forcé le CHUM à redessiner son centre de recherche.

Mais quoi qu'il en soit, le train est lancé. Faut-il l'arrêter une quatrième fois? Ça n'a plus de sens. Les motifs de la décision de 2005 n'étaient pas bons? Peut-être, mais cela s'appelle décider.

Si on veut que la construction «proprement dite» commence effectivement en 2010, comme le dit poétiquement le communiqué du CHUM, on ne peut pas tout reprendre sans arrêt.

Quelqu'un a-t-il une pelle?

Coup de gueule

Encore un nouveau programme.

Le système des quotas, résultat des politiques électoralistes des gouvernements passés, a expédié la valeur des fermes dans la stratosphère. Aujourd’hui, les jeunes qui désirent pratiquer le métier d’agriculteur n’en ont plus les moyens. Pour résoudre ce problème il faudrait corriger les erreurs du passé en éliminant le système des quotas. Malheureusement, cela ne serait pas très populaire. Alors, le ministre Lessard crée un nouveau programme.

Au Québec, l’art d’être politicien c’est l’art de créer un problème dans le but exprès de le résoudre au moyen d’un nouveau programme. Le nouveau programme créera de nouveaux problèmes que les politiciens prétendront résoudre au moyen d’un autre programme et ainsi de suite.
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LE MINISTRE LAURENT LESSARD ANNONCE DE NOUVEAUX PROGRAMMES POUR APPUYER LA RELEVE AGRICOLE

QUÉBEC, le 27 août /CNW Telbec/ - Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, ministre responsable des régions de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec et député de Frontenac, M. Laurent Lessard, annonce l'entrée en vigueur de nouveaux programmes pour encourager la relève agricole.
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Chiffre du jour : 163 869

Selon les données préliminaires recueillies par la Fédération des cégeps entre le 1er et le 22 août 2008, 163 869 étudiantes et étudiants sont inscrits cet automne dans l'un ou l'autre des 48 cégeps du Québec, au secteur de l'enseignement ordinaire. Cette prévision est de 4 % supérieure à celle enregistrée à la même date l'an dernier. De ces 163 869 étudiants, 78 242 sont de nouveaux inscrits au cégep.

26 août, 2008

L’arrogance de l’UPA

L’UPA cherche toujours à mettre des bois dans les roues de la margarine jaune. Elle prétend que l’étiquetage «Becel Or au goût de beurre», contrevient à la loi sur les produits agricoles du Québec. Le pire est qu’elle a probablement raison. Il existe des centaines de règlements régissant l’étiquetage des produits alimentaires. Il ne serait pas surprenant qu’il y ait une clause qui défend de comparer les goûts des produits.

Les lois et règlements sont nécessaires dans la mesure où ils servent à protéger les individus. En agriculture, comme dans les autres industries, les règlements servent trop souvent à protéger les groupes d’intérêt plutôt que les consommateurs. Au ministère de l’Agriculture (MAPAQ), l’UPA fait la pluie et le beau temps. Elle dicte aux fonctionnaires ce qui est bon et ce qui est mauvais. Lorsque des fonctionnaires lucides rouspètent, elle menace le ministre. Ainsi, les nombreux règlements émis au cours des années, ont été largement influencés par l’UPA dans le but ultime d’empêcher toutes compétitions.

L’arrogance de l’UPA est inversement proportionnelle à la faiblesse du MAPAQ et de ses ministres.
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René Vézina, lesaffaires.com
31 juillet 2008 à 06h48

Désolé, mais ce qui est bon pour l'UPA ne l'est pas forcément pour le Québec

Le mois de juillet a été pourri, mais nous aurons eu au moins une nouvelle réjouissante : la margarine peut enfin être jaune, chez nous !

Après 21 ans d'un ridicule combat rétrograde, l'Union des producteurs agricoles a enfin baissé les bras. Le lobby ne s'oppose plus à ce que la margarine soit jaune, mauve ou tachetée. Pendant toutes ces années, on a crié au danger public, tant pour les consommateurs que les producteurs laitiers. Et comme les gouvernements ont toujours craint l'UPA, ils ont maintenu ce règlement absurde, le seul du genre d'un bout à l'autre de la planète.

Voilà pourquoi je mets de gros bémols sur le ton alarmiste que l'UPA n'a cessé d'employer durant les récentes négociations tenues par l'OMC, qui visaient à libéraliser le commerce. À l'entendre, s'il avait fallu que l'on touche à la protection dont jouissent les producteurs d'ici (lait, oeufs, volaille), ç'aurait été la catastrophe. La fin de notre agriculture. Les régions se seraient vidées. Etc. etc.

Tout est tellement croche dans ce raisonnement de fin du monde qu'on ne sait plus par quel bout le prendre. Voici quelques faits.

1) Notre industrie laitière est de toutes façons en perte de vitesse. Il y a aujourd'hui 40 % moins de vaches dans nos champs qu'il y a 25 ans (d'après Statistique Canada).

2) Au Québec, le prix de l'électricité a grimpe de 13,5 % depuis 2004. Scandale. Un peu plus et les groupes de défense des consommateurs manifesteraient dans la rue. Pendant ce temps, le prix du lait - réglementé- a grimpé de 15 %. Pas de problème. Et j'entends une belle musique pastorale pour enrober tout ça... Le lait coûte plus cher, donc le beurre, le yougourt, le fromage et tous les produits laitiers. Les consommateurs se font plumer.

3) Les États-Unis ont érigé plein de barrières douanières pour bloquer notre bois d'oeuvre à la frontière. C'était une manoeuvre déloyale que nous avons collectivement dénoncé, avec raison, devant les instances internationales. Les régions en ont cruellement souffert, avec des fermetures de scieries en série. Mais comment diable pensez-vous que nous pouvons crier à l'injustice quand nous faisons exactement la même chose avec le lait ? (Tarif de 240 % à l'importation !)

4) La petite Nouvelle-Zélande, 5 M d'habitants, produit aujourd'hui deux fois plus de lait que le Canada : elle peut l'exporter, elle, puisqu'elle a ouvert son marché ; ici, c'est impossible, puisque nos exportations seraient frappées des mêmes droits que nous imposons à l'entrée.

5) Et de toutes façons, c'est quoi ce raisonnement comme quoi notre industrie s'écroulerait à cause du dumping international, qui nous anéantirait sans que nous puissions réagir ? Sommes-nous si faibles ? Si inefficaces ? Ne pourrions nous pas à notre tour faire de belles percées en vendant notre fromage et autres produits qui ont actuellement peu de chances de se faire valoir à l'étranger ?

En passant, les fabricants de margarine ont un accès ouvert au marqué québécois. Pourtant, au moins deux importants fabricants sont basés ici (Thibault et Lactantia, qui appartient aujourd'hui à Parmalat). Et leur produit est à base d'huile végétale, pour laquelle nous ne bénéficions d'aucun avantage face à la compétition. Ce qui ne les empêche pas de bien réussir, et sans, sans racket de protection.

Chiffre du jour : 7 394.43 $

Les Québécois sont ceux qui apprécient le plus faire l'épicerie au pays. Ils préfèrent faire une seule grosse épicerie plutôt que plusieurs petites courses au fil de la semaine. Les Québécois dépensent davantage par année et sont les seuls à préférer magasiner en milieu de semaine. En général les mercredis ou les jeudis, les Québécois se rendent, liste à la main, à leur épicerie favorite pour effectuer les emplettes pour toute une semaine. Ceci explique peut-être que nous soyons ceux qui dépensent le plus en épicerie au pays, soit 7 394,43 $ en moyenne par année pour la grosse épicerie de la semaine et 5 123,73 $ pour les achats de dernière minute. Les Québécois sont également les plus écolos au Canada puisque la moitié des répondants de la province indiquent qu'ils apportent leurs propres sacs à l'épicerie. (Source: Communiqué de presse de Masterindex)

25 août, 2008

Coup de gueule (2)

Je ne peux que me réjouir de la décision de REC Thorsen d’investir 1,2 milliards à Bécancourt. Toutefois, je me désole encore une fois de constater qu’il a fallu soudoyer les dirigeants de REC en leur offrant de l’électricité à rabais et en payant 25 % des coûts de formation du personnel.

Je rêve du jour où on nous annoncera un investissement privé d’envergure simplement parce que le Québec est le meilleur endroit pour investir.

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REC construira une usine de production de silicium polycristallin à Bécancour - SELON L'ENTENTE CONCLUE, BECANCOUR RECEVRA UN DES PLUS IMPORTANTS INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS ETRANGERS AU QUÉBEC : 1,2 MILLIARD $ ET PLUS DE 300 EMPLOIS CREES

BECANCOUR, QC, le 25 août /CNW Telbec/ - Le premier ministre du Québec,Jean Charest, accompagné du président et chef de la direction de REC ASA, ErikThorsen, du ministre du Développement économique, de l'Innovation et del'Exportation et ministre du Tourisme, Raymond Bachand, de la ministre desTransports, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministreresponsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet, et du vice-président àla direction de REC ASA et président et chef de la direction de REC Silicon,Goran Bye, annonce un des plus importants projets d'investissementsindustriels réalisé au Québec par une entreprise étrangère.
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Considérant l'ampleur des retombées économiques et les effets
structurants de ce projet, le gouvernement du Québec a convenu avec
l'entreprise de lui octroyer un bloc d'électricité maximal de 95 MW au tarif
général de grande entreprise (tarif L) réglementé par la Régie de l'énergie,
pour une période de 20 ans. Cette mesure a grandement favorisé la venue de REC
Silicon au Québec. Emploi-Québec soutient également cette entreprise en lui
fournissant pour une période de trois ans une contribution non remboursable de
4 M$, ce qui représente 25 % des coûts de formation, afin de l'aider dans ce
nouveau créneau d'activité au Québec.
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Chiffre du jour (2) : 58 %

Il est ahurissant de constater que nos imminents fonctionnaires et élus n’aient pas pensé à consulter les principaux intéressés, les médecins!!! On consulte pour tout et rien, mais quand cela serait utile, rien.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a dévoilé aujourd'hui les résultats du sondage qu'elle a mené auprès de ses membres qui travaillent au CHUM..............

Emplacement actuel du nouveau CHUM
  • 58 % des médecins pratiquant au CHUM sont d'avis que le 1000, rue Saint-Denis n'est pas le bon emplacement
  • 13 % ne le savent pas
  • 29 % approuvent le choix actuel du 1000, rue Saint-Denis

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Coup de gueule

Mme Jérôme-Forget s’inquiète des départs massifs à la retraite des fonctionnaires au cours des prochaines années.

Pourquoi ne pas en profiter pour dégraisser la fonction publique?
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POUR RENOUVELER AVEC SUCCES L'ADMINISTRATION PUBLIQUE QUÉBEC, le 25 août /CNW Telbec/ - La ministre des Finances, ministre desServices gouvernementaux, ministre responsable de l'Administrationgouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Mme Monique Jérôme-Forget,participe cette année, à titre de présidente d'honneur, au 60e Congrès del'Institut d'administration publique du Canada (IAPC) qui a lieu présentementà Québec du 24 au 27 août 2008.
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Lors de son allocution d'ouverture, la ministre a attiré l'attention surles grands défis qui attendent nos administrations publiques en matière degestion des ressources humaines. En effet, les départs à la retraite anticipésau cours des prochaines années atteindront des niveaux sans précédent. Leresserrement du marché de l'emploi qui en découle provoque déjà une rareté demain-d'oeuvre dans certains secteurs, et les administrations publiques devrontfaire preuve de beaucoup d'imagination, de créativité et de détermination pourattirer les meilleurs talents et assurer une relève de qualité.
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Chiffre du jour : 81 %

81 % des parents croient que les autres parents en font trop !!!

Maintenant que les vacances d'été tirent à leur fin, les parents se sentent probablement aussi tendus que leurs enfants à l'approche de la nouvelle année scolaire. En effet, comme le démontre le sondage "A votre santé" 2008 de Desjardins Sécurité financière, les pressions sociales qui poussent les parents à s'investir le plus possible auprès de leurs enfants n'ont rien pour favoriser la détente.
Parmi les répondants qui ont des enfants, la majorité a déclaré jouir généralement d'une bonne santé physique et mentale et d'une bonne sécurité financière. Leur niveau de stress est aussi moins élevé que l'an dernier. Mais malgré ces bonnes nouvelles, nombre d'entre eux conviennent que les pressions sociales les poussent à s'assurer que leurs enfants se démarquent (93,3 %). Cela signifie, pour certains, de tout mettre en oeuvre pour que leurs enfants soient parmi les meilleurs de leur âge (84,8 %). Ce n'est donc pas étonnant que la plupart de ces répondants considèrent que les parents en font trop (81 %).

24 août, 2008

Coup de gueule

M. Drainville semble incapable de comprendre que le problème c’est le système. Si on ne le change pas dans 10 ans il coûtera 50 milliards et les services se seront détériorés.
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Entente entre la clinique privée Rockland MD et l'Hôpital Sacré-Coeur - PHILIPPE COUILLARD AFFAIBLIT LE RESEAU PUBLIC DE SANTE

QUÉBEC, le 20 déc. /CNW Telbec/ - Le député de Marie-Victorin et
porte-parole du Parti Québécois en matière de santé, Bernard Drainville,
estime que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a tort de se féliciter
de l'entente survenue entre la clinique privée Rockland MD et l'Hôpital
Sacré-Coeur.

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«Les Québécois consacrent plus de 23 G$ de leurs taxes et impôts pour
financer notre système de santé. Or, plutôt que de rentabiliser et maximiser
cet investissement colossal, Philippe Couillard préfère sous-traiter au privé.
Ce n'est pas de cette façon qu'il démontrera sa confiance envers les artisans
de notre réseau public de santé qui le tiennent à bout de bras. Ils ne
méritent pas cette rebuffade que vient de leur servir leur patron : le
ministre de la Santé. Philippe Couillard doit réévaluer sa décision», a conclu
Bernard Drainville.

23 août, 2008

Souverainiste ou fédéraliste?

La question de la souveraineté a été ramenée à l’ordre du jour par François Legault. Il prétend que le cynisme des Québécois envers la classe politique empêche les politiciens d’agir. À mon avis c’est plutôt le contraire, l’immobilisme des politiciens alimente le cynisme des Québécois?

Je suis ni souverainiste, ni fédéraliste. Je vote simplement pour le parti qui promet un plus petit gouvernement. Je sais très bien que ces promesses sont, la plupart du temps, vides de sens. Suis-je cynique ou réaliste? Je réponds que je suis réaliste. Il suffit de comparer les promesses électorales du PLQ en 2003 à ce qui a été réalisé pour s’en convaincre. Quoi qu’il en soit, je préfère appuyer les politiciens qui promettent de dégrossir le gouvernement. Sait-on jamais, un jour Régis Labeaume sera peut-être premier ministre. Il n’a pas hésité à réduire de près du tiers le conseil municipal de Québec. C’est un évènement historique.

Dans un but purement altruiste et pour aider le PQ dans sa réflexion, je me permets d’identifier la condition essentielle pour gagner le prochain référendum sur la souveraineté. Selon moi, le Québec réalisera la souveraineté le jour où nous paierons plus que ce que nous recevons du fédéral. Présentement, nous recevons près de 6 milliards de plus que ce que nous payons (Voir plus bas l’excellent texte de Pierre Duhamel). Dans ce contexte, les Québécois refuseront la souveraineté de crainte de perdre ces milliards. Cet argent finance les programmes les plus généreux en Amérique du Nord. Il semble que nous préférions sacrifier notre liberté plutôt que de nous affranchir de notre dépendance envers l’État. C’est triste, mais c’est comme ça.

Pourtant, il y a deux façons relativement peu douloureuses d’éliminer la dépendance du Québec envers le gouvernement fédéral.

Le premier, le plus facile, serait de réduire le coût des programmes gouvernementaux. Malheureusement, si le passé est garant de l’avenir il est peu probable que cela se produise. Les priorités électoralistes de tous les partis confondus favorisent la création de nouveaux programmes tout en conservant les programmes existants. Ainsi, les budgets augmentent plus rapidement que la somme de la croissance de la population et de l’inflation. Dans ces conditions, il est probable que nous serons de plus en plus dépendants des transferts des provinces riches et non le contraire.

Le deuxième serait d’atteindre un niveau de croissance qui dépasse celui des autres provinces. Le Québec possède tous les atouts pour atteindre cet objectif. Toutefois, cela requiert l’abandon du modèle économique interventionniste au profit d’un environnement économique plus libre. Malheureusement, les partis qui se succèdent à Québec n’ont pas l’envergure requise pour affronter les groupes d’intérêt qui s’opposent à un tel revirement.

Le discours de l’ADQ était porteur d’un espoir raisonnable. Malheureusement, tout s’est effondré lorsque les Adéquistes ont crus que le pouvoir était à leur portée.
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Maudits chiffres!
Pierre Duhamel, L’Actualité.com, le 28 novembre 2007


L’option souverainiste est légitime en soi. De nombreux Québécois croient que le Québec doit être indépendant. Je comprends le besoin identitaire et la démarche politique. C’est une opinion toute personnelle, mais je ne crois pas que le débat se jouera sur le front économique. Un souverainiste ne se laissera pas toucher par un discours axé sur la peur et un fédéraliste ne fléchira pas grâce aux lendemains jovialistes promis par les promoteurs de l’indépendance. Je respecte trop les convictions des uns et des autres pour croire le contraire et je sais que l’émotion joue un rôle immense dans ce débat.


Quand je parle de l’économie du Québec ou de son retard face à ses voisins et concurrents, je veux surtout sensibiliser les gens aux grands chantiers qui nous attendent, qu’importe le régime politique.


Cette semaine, on apprend que le Québec était encore, en 2006, sous la moyenne canadienne au niveau de la croissance de la productivité et que nos entreprises investissaient moins que les autres en machinerie et en équipement. Toujours cette semaine, on dévoile que le taux de décrochage scolaire en 2005-06 est de 24,2 % au Québec, et qu’il dépasse les 30 % chez les jeunes hommes. Tout cela me désole car je mesure les implications pour notre compétitivité au cours des prochaines années. À tout prendre, je vous dirai même que le débat politique m’ennuie. Ce qui me préoccupe se résume ainsi : voulons-nous faire partie d’une société en déclin qui s’appauvrit ou d’une société vibrante qui s’enrichit?


Mais puisqu’il faut parler de chiffres…


On me cite constamment l’étude publiée en 2005 par François Legault. Ce dernier a écrit en 2005 que le Québec profitera d’un gain de 17 milliards de dollars sur cinq ans s’il réalise la souveraineté. Ces chiffres me semblent infirmés par les données plus récentes de Statistique Canada et de l’Institut de la statistique du Québec.


Je n’accorde pas beaucoup de crédibilité au rapport Legault. Du reste, le Parti Québécois semble lui aussi l’avoir enterré.


Ses hypothèses de base sont contestables. Il présume d’abord qu’il n’y aura aucun remous économique ni coûts de transition après une éventuelle souveraineté. Le dollar et les marchés financiers sont plus nerveux qu’un chevreuil, mais rien ne devrait bouger pendant les mois de négociations qui suivraient un référendum gagnant. Cela relève de la foi.


De plus, on part du principe que personne ne quittera le Québec, qui ne subira aucune perte fiscale. En 2006, une année où l’économie va bien et où le chômage est à un creux historique, près de 7 000 résidents ont quitté le Québec. Je ne brandis aucune menace. Je ne dis pas que des centaines de milliers de non francophones quitteront en masse comme à la fin des années 1970, je dis seulement que prétendre que personne ne partira m’apparaît hautement improbable.


Cela a pris des années pour rapatrier la seule formation de la main-d’œuvre, mais rapatrier toute la fonction publique fédérale se ferait en cliquant des doigts. Tous les gains seraient enregistrés au cours des cinq premières années.


Pour arriver à son surplus, le rapport Legault prétend éliminer 741 millions de dollars en chevauchements entre les gouvernements, mais garantie l’emploi à 74 000 fonctionnaires fédéraux. Il diminue férocement tous les coûts afférents aux Affaires étrangères et à la Défense et il est peu convainquant quand il présume qu’une administration québécoise sera de 25% plus efficiente que l’administration fédérale. Drôle d’argument quand on constate comment nos institutions sont gérées.


Je veux bien que le Québec n’hérite que de 16,5 % de la dette fédérale, chiffre retenu par la Commission Bélanger-Campeau. Mais ce n’est pas parce que les Québécois le demandent que les Canadiens acquiesceront sans broncher. Cela fera l’objet d’une négociation et la proportion pourrait être plus élevée.


L’autre élément qui me paraît très fragile dans l’argumentation de certains d’entre vous, c’est que le fédéral pillerait le Québec de 4 milliards par année.


Je reprends les chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec publiés la semaine dernière. Le gouvernement fédéral dépense 9 996 milliards de dollars au Québec en biens et services et 39 249 milliards en dépenses de programmes, moins les intérêts sur la dette publique. En retour de dépenses de 49 245 milliards, le fédéral perçoit 43 428 milliards en taxes et impôts. Je ne dis rien d’autre. Je vous trouve très créatif pour faire de ce surplus de plus de 5 milliards un déficit de 4 milliards.


Je trouve divertissante votre compréhension d’une dette. À défaut d’être remboursée, toute dette implique des paiements d’intérêts. Quand le fédéral paie les intérêts sur sa dette, il ne vole pas le Québec. Il n’agit qu’en emprunteur responsable. Le gouvernement du Québec ne nous vole pas de 7 milliards de dollars chaque année quand il paie les intérêts sur sa propre dette. Ce n’est pas une « taxe de bienvenue », c’est le prix de services et de biens que nous avons obtenus à crédit.


Du reste, faut-il rappeler que la dette fédérale a diminué de 85 milliards de dollars entre 1997 et 2007, alors que la dette du Québec pendant cette période augmentait de 43 milliards de dollars.
Du seul point de vue de la logique, j’ai peine à comprendre comment le Québec, dont la performance économique reste plutôt moyenne, pourrait être un riche pourvoyeur du régime fédéral. Si le Québec était si prospère et qu’il contribuerait à ce point au Trésor fédéral, il devrait normalement, comme l’Alberta, récolter suffisamment de revenus autonomes pour éponger sa dette, paver ses routes, réparer ses écoles et financer ses universités et hôpitaux. Cela n’est manifestement pas le cas.


Vous avez droit à vos opinions et les exprimer tant que vous voulez. Je n’ai pas le goût de faire de la censure sur ce blogue, à moins que les propos soient carrément racistes ou diffamatoires. Si vous voulez parler de souveraineté et d’immigration en lien avec n’importe quel sujet, allez-y. Mais j’en ai assez de voir tous ceux qui ne partagent pas vos opinions se faire traiter de « colonisés » ou d’« Elvis ». Cela vous amuse manifestement, mais je ne crois pas que cette attitude élargit le cercle de vos amis. Un peu de civisme, s’il vous plaît.

Chiffre du jour : 43 %

Selon un sondage, le recrutement de professionnels expérimentés demeure une préoccupation au sein de nombreuses entreprises. Quarante-trois pour cent des directeurs des finances interrogés récemment, soit près du double du résultat obtenu lors d'un sondage similaire en 2003, ont déclaré que trouver du personnel compétent représentera la plus grande difficulté qu'ils devront surmonter pendant les 12 prochains mois. La concurrence est arrivée au deuxième rang des préoccupations, citée par 18 % des répondants, et a été suivie par le fait de pouvoir répondre aux besoins de la clientèle, à 16 %. (Source : Communiqué de presse de Robert Half Management Resources, le 19 février 2008)

22 août, 2008

Coup de gueule

Deux ministres pour annoncer une subvention de 30 000 $ à la CULTURE. Évidemment, ce n’est pas suffisant pour la communauté culturelle. Pourtant, je connais plusieurs écoles primaires qui se contenteraient de 30 000 $ pour repeindre leurs locaux ou pour remplacer des casiers rouillés.
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Le gouvernement du Québec accorde 30 000 $ à l'édition 2008 des Escales improbables

MONTRÉAL, le 21 août /CNW Telbec/ - La vice-première ministre et ministredes Affaires municipales et des Régions, madame Nathalie Normandeau, ainsi quela ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine,madame Christine St-Pierre, annoncent l'attribution d'une aide gouvernementalede 30 000 $ pour l'édition 2008 des Escales improbables qui aura lieu du 11 au14 septembre prochain.

Seront présentés sur les quais du Vieux-Port de Montréal cette année :musique, danse, textes et performances, installations sonores, chants,marionnettes, arts visuels et vidéographie. Dans des espaces ouverts oufermés, le public pourra assister et même participer à des créationsartistiques de tous genres. Le but : rassembler les citoyens pour leur fairevivre l'art de façon pluridisciplinaire, intergénérationnelle, créative et sociale.
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Chiffre du jours: 6 236 voyageurs

Le Fonds d'indemnisation a été institué par le Règlement sur les agents
de voyages en vertu de la Loi sur les agents de voyages. Administré par le
président de l'Office de la protection du consommateur, ce fonds permet aux
voyageurs qui traitent avec des agences ayant un permis délivré par l'Office,
d'obtenir le remboursement des services touristiques payés, mais non reçus.
Entre la date de sa création, le 11 novembre 2004, et le 30 novembre
2007, le fonds a versé à 6 236 voyageurs des indemnités de l'ordre de
2,3 millions $. (Source : Communiqué de presse de l’OPC, le 18 février 2008)

21 août, 2008

Une société déresponsabilisée

Dans son texte (voir plus bas) Richard Martineau semble surpris du degré de déresponsabilisation des Québécois. Moi, ce qui me surprend c’est que l’on soit encore surpris de ce fait.

Cela fait plus de deux générations que des gouvernements « maternants » se succèdent à Québec. Tout est légiféré et règlementé dans les moindres détails. Des ombudsmans veillent sur nous comme des anges gardiens. Des centaines d’organismes subventionnés défendent les intérêts des locataires, des consommateurs etc. comme s’ils étaient nos grands frères. Des centaines d’autres nous fournissent de l’aide pour ceci ou cela comme le ferait notre grande sœur. Les lois du travail obligent les syndicats à nous défendre que nous le voulions ou non. Des milliers de règlements nous disent ce que l’on a le droit de penser, de dire ou de faire comme si nous étions des enfants qui manquent de discernement. Des milliers de programmes de subvention suggèrent que le gouvernement est là pour nous fournir notre argent de poche comme nos parents le faisaient quand nous étions enfants. Etc.

Les discours des politiciens, des groupes d’intérêt et des intellectuels tournent invariablement autour de la notion de « collectif » : c’est un projet collectif, un objectif collectif, une responsabilité collective, etc. Partout et toujours le « collectif » prime sur l’ « individuel ». Ce discours donne au terme « collectif » une notion positive et au terme « individuel » une notion négative.

Une recherche dans Cyberpresse a identifié 8 180 textes contenant le terme collectif et seulement 2 770 textes contenant le terme individuel. Tel que montré par les graphiques qui suivent, le contraste entre le Québec et les États-Unis est frappant.




(Note : L’augmentation soudaine de l’utilisation du terme « individuel » en août 2008 est due uniquement aux jeux olympiques qui valorisent surtout les efforts individuels.)

Dans le contexte québécois, le plus surprenant c’est qu’il existe encore des individus qui assument leurs responsabilités.
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C'est pas moi, c'est eux


Richard Martineau13/08/2008 09h11

Êtes-vous tanné d'entendre des gens blâmer la société pour leurs problèmes ?

Si oui, bouchez-vous les oreilles avec de la ouate car au cours des prochains jours, le Québec sera submergé par une vague de victimologie sans précédent.

Il y a de la criminalité à Montréal-Nord? C'est à cause du racisme de la société québécoise. Il y a eu une émeute? C'est à cause des policiers.

Des jeunes ont pillé des commerces ? C'est à cause de la société de consommation, qui les pousse à acquérir toujours plus de biens.

Le quartier de Montréal-Nord a mauvaise réputation et certaines personnes n'osent pas s'y aventurer ? C'est à cause des médias.

Toujours une excuse, toujours un coupable.

NOIR DE MONDE

Oui, effectivement, le taux de chômage est élevé dans la communauté noire (comme ce fut longtemps le cas chez les Canadiens français). Mais ça ne veut pas dire que l'horizon est complètement bouché. Chaque jour, je croise des médecins noirs, des avocats noirs, des artistes noirs, des policiers noirs...

Luke Mervil, Maka Kotto, Michaëlle Jean, Normand Brathwaite, Anthony Kavanagh, Gregory Charles, Bruny Surin, Mélanie Renaud, Michel Mpambara, Boucar Diouf, Didier Lucien, Joachim Alcine, Stanley Péan, Dany Laferrière, Boule Noire, Émile Ollivier, Philippe Fehmiu, le clan Biddle, la journaliste Azeb Wolde-Ghiorgis, le journaliste François Bugingo, la juge Guylène Beaugé, le docteur Jean-Claude Fouron (l'une des plus grandes sommités en pédiatrie au monde)... Comment ces gens se sont-ils rendus là ? Ils sont surdoués ? Non : ils se sont relevé les manches et ils ont bossé.

Ils n'ont pas passé leur temps à blâmer tout le monde pour leurs problèmes. Un jour, ils se sont levés et ils se sont dit : «Je ne laisserai pas la couleur de ma peau me définir ni me freiner.»

UN MODÈLE

Connaissez-vous Elrie C. Tucker ? Ce Montréalais originaire de Trinidad a immigré au Québec au début des années 1950. Sa mère a élevé seule ses quatre enfants, après que leur père les eut abandonnés. Elle avait une obsession : que ses enfants soient instruits. Elle a travaillé fort et elle les a bien encadrés.

Résultat : Elrie C. Tucker est devenu un gynécologue respecté qui gagne très bien sa vie et en 1991, il a fondé l'Association médicale des personnes de race noire du Québec, afin d'aider les jeunes de sa communauté.

S'est-il assis en disant «Je suis Noir, je n'arriverai jamais à rien» ? S'est-il complu dans une position de victime ? A-t-il joint les rangs d'un gang pour être «respecté» ?
Non. Il a travaillé.

DES TÊTES BRÛLÉES

Je suis sûr que les jeunes qui ont mis Montréal-Nord à feu et à sang dimanche soir se perçoivent comme des victimes de la société, des militants, des contestataires. Ils ne sont rien de tout ça. Ce sont des criminels, des délinquants.

Des têtes brûlées qui profitent d'une tragédie pour démolir encore plus leur quartier.

Vous voulez dénoncer le harcèlement policier ? Formez une association, composez une toune rap, filmez ce qui se passe dans votre quartier et montrez vos images aux médias - bref, faites quelque chose de constructif au lieu de tout détruire. Et si vous avez des enfants, prenez-en soin.
Comme dit l'adage : «Aide-toi et le ciel t'aidera...»

Coup de gueule

Quatre ministres pour annoncer en grande pompe un cadeau de 13 millions à Volvo, propriétaire de Prévost Car. Dans les faits Prévost Car détient le monopole des autobus achetés par les organismes de transport public du Québec. Ce n’est pas suffisant, il faut en plus les subventionner. Si l’environnement économique du Québec était favorable à l’investissement comme le prétend le ministre Bachand, il me semble qu’il ne serait pas nécessaire de soudoyer les entreprises pour qu’elles investissent au Québec!
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150 millions d'investissement pour Prévost Car inc.: Québec accorde une aide financière de 13 M$

QUÉBEC, le 18 déc. /CNW Telbec/ - Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de Montréal, M. Raymond Bachand, en compagnie du ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, M. Sam Hamad, du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et ministre responsable des régions de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec, M. Laurent Lessard, et du ministre du Travail et ministre responsable des régions des Laurentides, de Lanaudière et de l'Abitibi-Témiscamingue, M. David Whissell, a annoncé aujourd'hui l'attribution d'une aide financière de 13 M$ à l'entreprise Prévost Car inc., par l'intermédiaire d'Investissement Québec.

«Le gouvernement du Québec crée un environnement favorable à
l'investissement. Nous posons des gestes concrets pour appuyer les différents
secteurs clés de notre économie. Voilà pourquoi nous suscitons des
investissements nouveaux au Québec qui encouragent la productivité et
l'innovation, le secret des grands succès» a indiqué le ministre Bachand.
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Chiffre du Jour : 53 %

Selon ce sondage annuel sur la retraite, la proportion des travailleurs de 40 ans ou plus qui disposent d'un plan d'épargne en vue de cette période de leur vie est d'aussi peu que 53 %, alors qu'elle était de 62 % en 2006. Ce pourcentage est encore plus faible chez les travailleurs de 40 ans ou plus qui n'ont terminé que des études secondaires (42 %), ceux dont le revenu familial est de 50 000 $ ou moins et l'épargne personnelle, de 25 000 $ ou moins (27 %) et ceux qui considèrent leur état physique comme étant médiocre ou passable (21 %). (Source : Sondage SOM - Desjardins Sécurité financière, le 14 février 2008)

19 août, 2008

Ça prend des « couilles »

L’industrie qui regroupe le plus grand nombre de dépendant de l’état-maman est sans contredit celle de la culture. À écouter les groupes d’intérêt qui les représentent, l’UDA en tête, ils sont éternellement sur le point de disparaître. Malgré les centaines de millions qu’ils reçoivent annuellement, ce n’est jamais suffisant.

De juin à décembre 2007, près du tiers (172/564) des communiqués de presse du gouvernement du Québec annonçaient des subventions à la culture et aux sports.

Pour 2008-2009, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) a accordé une aide financière de 55,4 M$ à 413 organismes artistiques et littéraires pour soutenir leurs activités régulières de fonctionnement. Il a répondu positivement à 84 % des 493 organismes demandeurs et à 71 % de leur demande d'aide financière. Le nombre de demandes d'organismes a augmenté de plus de 24 % par rapport à l'évaluation globale 2004-2005. Sur le total des 413 organismes soutenus au fonctionnement, 378 bénéficient d'un soutien pluriannuel et 35 sont soutenus pour une année.

En 2008, le gouvernement fédéral a investi 30 millions dans les festivals.

Aucune autre industrie ou groupe bénéficie d’autant d’attention et d’argent de la part des politiciens.

Malgré cela, la communauté artistique interdit toutes remises en question des programmes dont elle bénéficie. Le cas échéant, l’ensemble de la communauté artistique monte aux barricades et les scènes de « déchirage de chemise » se multiplient sur la place publique. Ils monopolisent les médias écrits, radiophoniques et télévisuels. Ils condamnent les opposants au bûcher. Ils véhiculent des demi-vérités quand ce n’est pas simplement des faussetés.

Leur pouvoir médiatique est tel que tous les groupes en mal d’attention : partis d’opposition, syndicats, industries partenaires, etc., joignent rapidement leurs voix à celle de la communauté artistique. Tous en coeur dénoncent les hypothétiques abus du gouvernement qui a osé remettre en question le bien fondé de tel ou tel programme.

Moi je dis bravo! Ça prend des « couilles » pour oser suggérer des modifications, même mineures, aux chèques de BS de l’industrie de la culture.
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Le jeudi 14 août 2008
Coupes à Ottawa : sept programmes tombent, la colère monte
Nathaëlle Morissette
La Presse

La liste des programmes en culture abolis par le gouvernement Harper continue de s'allonger: au total sept d'entre eux disparaîtront sous peu. Ces coupes soulèvent l'ire du milieu culturel et des partis d'opposition qui demandent des comptes à la ministre du Patrimoine, Josée Verner.

Ceux-ci préparent déjà leur offensive afin d'obliger Mme Verner à revenir sur ses décisions. Cette dernière demeure toutefois introuvable.

Depuis quelques jours, Patrimoine Canada, sans faire de bruit, a décidé de mettre la hache dans plusieurs programmes. Le Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants, le Programme de souvenirs de musique et le Programme du long métrage volets éducation et accès se sont ajoutés hier à la liste des victimes de cette vague de compressions. La plupart des organismes culturels concernés ont appris la nouvelle vendredi lors d'un bref coup de fil du Ministère. L'Observatoire culturel canadien a également été aboli l'hiver dernier, une décision qui est presque passée inaperçue.

Plus tôt cette semaine, on a appris la mort de PromArt, du Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo (PNFSFV), du Fonds des réseaux de recherche sur les nouveaux médias (FRRNM) et de Routes commerciales.

Pendant ce temps, la loi du silence règne à Patrimoine Canada. Le service des communications du Ministère apprend vraisemblablement les décisions au compte-gouttes. «Je n'ai aucune information à donner aujourd'hui», a répondu le porte-parole, Charles Drouin, en fin de journée hier. De plus, il est impossible de s'entretenir avec Josée Verner. À son cabinet, les employés se contentent de répondre aux journalistes «que la ministre a un horaire chargé».

Concert de protestations

La fin annoncée de ces programmes et le silence de Mme Verner provoquent la colère des différents organismes culturels. L'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) et l'Association canadienne de production de films et de télévision (ACPFT) ont fait parvenir hier une lettre à la ministre afin de solliciter une rencontre avec elle et «discuter de l'avenir de l'industrie», a confirmé hier Claire Pelletier, directrice des communications de l'APFTQ.


«Nous craignons que ces réductions des fonds culturels canadiens ne portent atteinte à l'industrie du film et de la télévision, alors même que beaucoup de producteurs s'interrogent sur les répercussions que l'internet et les autres politiques fédérales de financement auront sur eux (...)», a déclaré par voie de communiqué, Guy Mayson, président-directeur général de l'ACPFT.

Plusieurs maisons de production, comme Vidéo Femmes, souffriront également de ces coupes. La compagnie, qui est notamment derrière le documentaire Déroute et parcours, portant sur le cancer du sein, a produit depuis 2000 une douzaine d'oeuvres grâce au Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants. Celui-ci disparaîtra le 31 mars 2009.

Pour sa part, Culture Montréal encourage ses membres à se prononcer haut et fort en faisant part de leur mécontentement au Ministère et en demandant au gouvernement fédéral de revenir sur ses décisions, «qui minent l'avenir de la métropole».Même son de cloche du côté du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) qui juge cette façon de faire «consternante, déplorable et arbitraire». «Les artistes et les travailleurs culturels sauront occuper l'espace public pour dénoncer les manoeuvres conservatrices et en expliquer les conséquences aux Québécois et aux Canadiens», a affirmé l'écrivain Stanley Péan.

Pour leur part, les diplômés de l'Institut national de l'image et du son (INIS), organisme touché par la décision de sabrer dans le Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo (PNFSFV), ont lancé un groupe sur le site Facebook pour inciter les gens à faire connaître leur mécontentement et pour les tenir informés des derniers développements (www.facebook.com/group.php?gid=24692169952).

Coderre promet la «guerre»

Se disant préoccupée, la ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre a même demandé à rencontrer son homologue fédérale afin de comprendre les motifs de ses décisions. Au moment de mettre sous presse, elle n'avait toutefois pas reçu de confirmation concernant un possible entretien. «Je voudrais qu'on revoie ces décisions ou que l'on trouve des mesures compensatoires, a mentionné Mme St-Pierre au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse. On ne devrait pas couper, mais augmenter ces budgets-là.»


Furieux, le porte-parole libéral en matière de patrimoine, Denis Coderre, promet que ce sera la «guerre» avec ce gouvernement-là, sans préciser davantage ce qu'il entend faire. «Avec la ministre du Patrimoine, c'est: il n'y a pas de service au numéro que vous avez composé», lance-t-il.

Et si les libéraux prenaient le pouvoir, remettraient-ils sur les rails les programmes abolis par les conservateurs? «C'est la première chose que je ferais comme ministre de la Culture», assure M. Coderre.

Au Bloc québécois, la députée Claude DeBellefeuille, critique en matière de patrimoine, a comparé les événements des derniers jours à un raz-de-marée. «On fait ça en catimini pendant les Olympiques, reproche-t-elle. C'est comme un bulldozer qui détruit tout ce qu'il n'aime pas.»

Les programmes abolis
  • PromArt: 4,7 millions
  • Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo (PNFSFV): 2,5 millions
  • Fonds des réseaux de recherche sur les nouveaux médias (FRRNM): 4,7 millions (2006-2007)
  • Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants: 1,5 million
  • Routes commerciales: 9 millions
  • Programme du long métrage (volets éducation et accès): 300 000 $
  • Programme de souvenirs de musique: 300 000 $
  • Total *: 23 millions

* Ces chiffres ont été obtenus selon les données fournies sur les différents sites internet des programmes.

Coup de gueule

Les membres du MQRP prétendent qu’il est possible d’améliorer le système public de santé sans la participation du privé. Alors, pourquoi le système ne s’est-il pas amélioré depuis 10 ans? Parce qu’il est impossible d’améliorer un monopole gouvernemental géré par des bureaucrates et de surcroît sous l’emprise d’un monopole syndical.

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi des êtres normalement intelligents n’arrivent pas à assimiler les leçons du passé.

C’est la compétition entre les institutions qui va obliger celles-ci à s’améliorer. Sans institutions privées il n’y aura jamais de compétition.
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Le Lundi 18 Août 2008, 14h41
Le privé en santé: l’enfer?
André Pratte

Dimanche, une coalition de médecins dénonçait la place accrue que prend le secteur privé dans le domaine des soins de santé. Ces médecins, membres de Médecins québécois pour le régime public , estiment que le «glissement» actuel vers le privé risque de créer une médecine à deux vitesses, plus coûteuse et encore moins efficace.

Les membres du MQRP reconnaissent qu’il y a actuellement des problèmes d’accessibilité aux soins, mais sont convaincus qu’«il existe des solutions publiques efficaces, novatrices et viables.»

On apprenait lundi que l’ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, travaillera à compter de l’automne pour un fonds d’investissement spécialisé dans les initiatives privées en santé. Certains y verront une sorte de trahison. M. Couillard, lui, continue de dire ce qu’il a toujours dit: le privé a un rôle complémentaire, mais un rôle complémentaire essentiel, au secteur public.
Personnellement, il me semble que les positions tranchées n’ont pas leur place dans ce débat. On a beau dire, comme certains médecins du groupe, que le privé risque de négliger la santé des patients pour accroître ses profits, on oublie que la grande majorité des médecins sont eux-mêmes des entrepeneurs privés. Négligent-ils pour autant la santé de leurs patients?

À l’inverse, le privé n’est certainement pas une solution magique, on le voit aux États-Unis. Il me semble que l’approche adoptée par le gouvernement Charest, sous M. Couillard justement, soit une ouverture étroitement balisée au privé, permettra de faire des expériences, de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Le système actuel souffrant de quelques lacunes importantes, ce serait de l’aveuglement que de dire non à toutes formes de changement. Non?

Chiffre du jour : 2 sur 5

Au Québec, 2 employés sur 5 évaluent la plupart de leurs journées de travail comme «assez» ou «extrêmement stressantes». Et le quart d’entre eux prennent des médicaments psychotropes pour en atténuer les effets.

Les raisons du stress vécu au travail sont multiples, selon l’étude de l’Institut de la statistique du Québec. Pour la moitié des employés (46%), une faible utilisation de leurs compétences en est la principale cause. À cela s’ajoutent une faible autorité décisionnelle (41%) ainsi qu’une forte pression psychologique (40%). (Source : lesaffaires.com)

18 août, 2008

Coup de gueule

Je suis prêt à gager que les frais de courtage immobilier vont augmenter sans que le public soit mieux protégé pour autant.
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Le gouvernement propose de moderniser l'encadrement du courtage immobilier

QUÉBEC, le 18 déc. /CNW Telbec/ - La ministre des Finances, ministre des Services gouvernementaux, ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Mme Monique Jérôme-Forget, a déposé aujourd'hui à l'Assemblée nationale le projet de loi no 73, Loi sur le courtage immobilier. Ce projet de loi vise à remplacer l'actuelle législation en vigueur en modernisant l'encadrement du courtage immobilier.

Le projet de loi présenté confirme la mission de protection du public de
l'Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ) et propose
d'en remplacer le nom par l'Organisme d'autoréglementation du courtage
immobilier du Québec (OACIQ) afin de mieux refléter son mandat.
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Chiffre du jour : Mardi 53 %

On a posé la question suivante aux cadres : "A votre avis, pendant
laquelle des journées de la semaine les employés sont-ils généralement les
plus productifs?" Voici leurs réponses :

  • .................................................2007.....2001
  • Lundi.......................................18 %......21 %
  • Mardi.......................................53 %.....54 %
  • Mercredi..................................19 %.....15 %
  • Jeudi.........................................3 %........2 %
  • Vendredi..................................2 %........2 %
  • Ne sait pas/sans réponse.......5 %.......6 %
  • Total.......................................100 %....100 %


(Source : Accountemps, le 12 février 2008)

17 août, 2008

Un moyen facile de créer de la richesse

Vingt-deux des cinquante États américains ont promulgué des lois pour défendre le « droit au travail » (Right to work laws). Les législations de « droit au travail » protègent les employés qui refusent de joindre les rangs du syndicat de leur entreprise. Le but de ces lois est de protéger les libertés individuelles. Elles garantissent aux individus le droit de ne pas s’associer. C’est exactement l’envers de la fameuse formule Rand qui oblige les travailleurs à payer des cotisations syndicales qu’ils soient membre du syndicat ou non.


Une étude de la Tax Foundation conclut que dans les 22 États où les lois du « droit au travail » s’applique, les revenus des familles sont plus élevés et les taxes sont moindres. De plus, dans ces états, le coût de la vie est moindre. L’économiste Barry Poulson de l’université du Colorado estime que le coût de la vie est 18% plus élevé dans les états sans législation de « droit au travail ».

Selon The National Right to Work Committee, la formule Rand donne un pouvoir indu aux syndicats. Elle les encourage à utiliser ce pouvoir à des fins autres que la promotion du bien-être de leurs membres. Ainsi, les grandes centrales syndicales s’engagent régulièrement dans des batailles politiques pour des questions de principe. Ces conflits se terminent trop souvent au détriment des travailleurs et des contribuables.

En conclusion, un régime syndical plus respectueux des libertés individuelles permet d’augmenter les revenus et de réduire les taxes des travailleurs tout en réduisant le coût de la vie. Voilà une formule gagnante pour créer de la richesse et réduire la pauvreté.

Il faut féliciter l’aile jeunesse du PLQ pour avoir osé aborder ce sujet peu populaire. Malheureusement, il est peu probable que les politiciens de tous les partis confondus osent remettre en question le régime syndical existant. Il est plus rentable pour eux d’annoncer de nouveaux programmes d’intervention réclamés à grands cris par les groupes d’intérêt.

Chiffre du jour : 55 %

De 1996 à 2006, au Québec la quantité de déchets produits a bondi de 55%, passant de 8,3 millions à 12,9 millions de tonnes; la quantité de déchets enfouis a augmenté de 26%, passant de 5,3 millions à 6,7 millions de tonnes, malgré la collecte sélective. (Source : Recyc-Québec)

16 août, 2008

Coup de gueule

Ça sert à quoi de payer ces foutus fonctionnaires du MELS? Ils ne sont pas seulement inutiles ils sont nuisibles.

Le samedi 16 août 2008
Un manuel d'histoire truffé d'erreurs
Clément Sabourin
La Presse

Le Royaume-Uni, les États-Unis et la France ont encore des colonies. Un antisémite est quelqu'un qui déteste les Juifs «de manière irrationnelle». Copernic a élaboré son fameux système 117 ans après sa mort. Voilà un petit florilège des aberrations que renferme un manuel d'histoire de deuxième secondaire autorisé par le ministère de l'Éducation.

Dates erronées, explications dénuées de sens, noms de villes et de pays écrits en anglais: le manuel L'Occident en 12 événements, publié aux Éditions Grand Duc, est un modèle de travail de cancre.

Pourtant, il fait bien partie des neuf manuels d'histoire approuvés par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Un certificat a été délivré en janvier 2008. Début mai, le site Internet kiosquemedias.com montrait déjà du doigt un autre manuel d'histoire approuvé par le MELS même s'il était truffé d'erreurs.
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LES PIRES BÉVUES-

«Adolf Eichmann convoque la conférence de Wannsee. Adolf Hitler, Reinhard Heydrich et Heinrich Himmler y mettront au point les procédures d'extermination de toute la population juive d'Europe.»

En réalité: Ni Hitler ni Himmler n'étaient à cette réunion, et c'est Heydrich qui l'a convoquée.

«D'autres peuples vivent encore aujourd'hui sous la domination d'un pays étranger. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, entre autres, possèdent encore quelques colonies. Les Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), par exemple, appartiennent encore à la France.»

En réalité: La Martinique et la Guadeloupe sont des départements qui élisent démocratiquement leurs représentants. De telles affirmations pourraient causer un imbroglio diplomatique.

«Antisémite: personne qui déteste les Juifs et les Juives de manière irrationnelle.»

En réalité: Le Petit Robert parle de «racisme dirigé contre les Juifs».

Chiffre du jour : 82 % sont célibataires

Effectué par Ipsos-Reid au cours des deux premières semaines de la présente année, ce sondage s'adressait à des femmes de 20 à 45 ans ayant acheté un domicile seules plutôt qu'en copropriété avec un conjoint légal ou un conjoint de fait. Dans le groupe sondé, la moyenne d'âge au moment de l'achat du premier domicile était de 29 ans; 82 % de ces femmes sont célibataires, 80 % n'ont pas d'enfant et 49 % détiennent un diplôme universitaire. La grande majorité d'entre elles (86 %) vivent encore dans le dernier domicile qu'elles ont acheté et n'ont fait l'achat que d'une résidence à titre individuel (81 %).

15 août, 2008

Coup de gueule

Saviez-vous que de traverser un ruisseau avec votre VTT sur votre propriété fait de vous un criminel sujet à une amende de 500 $ à 20 000 $?

Voilà le genre de règlement inapplicable que les « zozos » fonctionnaires pondent parce qu’ils n’ont rien d’utile à faire.

Si cela ne suffit pas à vous convaincre que le Québec souffre de « règlementite aigüe » c’est que vous avez une foi inébranlable en l’infaillibilité du gouvernement.
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INTERDICTION DE TRAVERSER LES COURS D'EAU

CAPLAN, QC, le 15 août /CNW Telbec/ - Que ce soit pour des randonnées en véhicule tout terrain (VTT) ou en véhicule utilitaire sport (VUS), la période estivale est propice aux activités récréatives en forêt. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) rappelle aux amateurs de plein air qu'il est strictement interdit de traverser un cours d'eau ou d'y circuler à bord d'un véhicule motorisé.
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En raison des dommages importants qu'elle cause au milieu aquatique de même qu'à la faune et à la flore qui s'y trouvent, la traversée d'un ruisseau ou d'une rivière directement sur le lit avec un véhicule est une activité interdite. Des amendes pouvant varier de 500 $ à 20 000 $ pourront être imposées aux contrevenants.
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14 août, 2008

Syndicats : Changer ou disparaître

L’aile jeunesse du parti libéral du Québec propose de moderniser les institutions syndicales. Plus spécifiquement, elle recommande au gouvernement de redonner le pouvoir aux membres (votes secrets) et d’exiger plus de transparence.

Dans son éditoriale du 4 août 2008 intitulé « L’obsession syndicale », André Pratte, accuse les jeunes libéraux et les milieux patronaux d’obsession. Il prétend qu’ils perçoivent les syndicats comme des empêcheurs de tourner en rond qui manipulent les travailleurs à des fins idéologiques.

Je suis le premier à admettre que les syndicats ont un rôle important à jouer. Les qualités et les défauts des gestionnaires d’entreprise sont les mêmes que celle de la société en général. Il y a des « petits boss » imbus de leur personne, des chefs d’entreprise mégalomane et des entrepreneurs peu scrupuleux. Les syndicats assurent un meilleur équilibre entre les droits des travailleurs et ceux des gestionnaires et actionnaires. Malheureusement, la règlementation du travail n’est plus adaptée aux conditions actuelles. Les propositions de l’aile jeunesse du PLQ, visent simplement à imposer des limites aux abus de certains syndicats.

Le gros du mouvement syndical québécois se retrouve dans la fonction publique. Les syndicats qui représentent les fonctionnaires négocient avec un gouvernement qui a pour mandat de sauvegarder les intérêts de la population. Dans ce contexte, le pouvoir de négociation est largement biaisé en faveur de l’employeur. Pour compenser les syndicats doivent affronter le gouvernement dans l’arène politique. Cette situation a créé une culture syndicale où les principes et les idéologies priment sur la protection des intérêts économiques des syndiqués. Cette culture déborde dans le secteur privé. C’est dans ce contexte qu’il faut voir la proposition de l’aile jeunesse du PLQ.

Prenons l’exemple de la présidente de l’OIIQ commentant l’engagement des premiers ministres pour favoriser la libre circulation de la main-d’œuvre entre les provinces canadiennes. Elle prétend que les infirmières quitteront le Québec pour travailler dans une province où les conditions seront meilleures. Pourtant, si le rôle d’un syndicat est de veiller à obtenir les meilleures conditions possibles pour ses membres, elle devrait applaudir. La libre circulation des professionnels de la santé devient un argument efficace pour obtenir de meilleures conditions pour ses membres. J’en déduis que pour la présidente de l’OIIQ la défense du modèle québécois prime sur les intérêts des infirmières. (Voir aussi l’excellent texte de Claude Piché).

Il est prioritaire de repenser le rôle du syndicalisme au Québec, en particulier dans la fonction publique. Il n’est plus acceptable qu’une portion non négligeable des cotisations syndicales serve à promouvoir des idéologies politiques et à appuyer les partis politiques qui en font la promotion. Il est encore moins acceptable que les grandes centrales syndicales imposent à la fonction publique une organisation du travail emprunté à l’industrie et aux chaînes de montage : séniorité, emplois à vie, tâche définie dans ces moindres détails, régime de grief qui vise à enrayer le fonctionnement de l’organisation, etc.
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À force de crier au loup...
19 juillet 2008 - 11h36
La Presse
Claude Picher

Les chefs syndicaux ne cachent pas leur indignation devant les négociations visant à faciliter les échanges entre les provinces canadiennes. Pour le président de la FTQ, Michel Arsenault, le «modèle québécois» est en péril, rien de moins: finis les garderies subventionnées, les bas tarifs d'électricité, l'assurance automobile!

Mais qu'est-ce qui peut susciter autant de méfiance? Voyons d'abord ce dont il s'agit.


Réunis à Québec cette semaine, les premiers ministres provinciaux se sont entendus pour dénouer deux entraves à la libre-circulation des personnes et des marchandises au Canada. Leur projet prévoit deux choses. Un nouveau mécanisme d'arbitrage servira à régler les conflits commerciaux entre les provinces. Et à compter du 1er avril 2009, un diplôme ou un permis de travail délivré dans une province sera automatiquement reconnu dans toutes les autres provinces.

Ces mesures constituent un déblocage majeur dans un dossier qui pourrit depuis trop longtemps.

Les provinces canadiennes jouissent d'une large autonomie et elles en ont profité pour ériger des barrières protectionnistes. Il est évidemment impossible d'imposer des barrières tarifaires interprovinciales, mais les provinces disposent d'un arsenal fort étendu de moyens pour nuire à la concurrence des autres provinces: lois et règlements, prétextes variés (hygiène publique et environnement sont fréquemment utilisés), mesures vexatoires, politique d'achat des ministères et agences gouvernementales, entre autres.

Lorsque le traité de libre-échange avec les États-Unis est entré en vigueur, en 1988, on s'est aperçu qu'il était plus facile, pour beaucoup d'entreprises canadiennes, de faire des affaires au sud de la frontière plutôt qu'entre les provinces.

Tout le monde était bien conscient que la situation frisait le ridicule. En 1995, les gouvernements fédéral et provinciaux concluent un «Accord sur le commerce intérieur», mais celui-ci ne sera jamais pris au sérieux par les provinces, et donnera peu de résultats (il permettra, entre autres, la libéralisation partielle du commerce de la bière).

Les provinces préfèrent conclure des ententes séparées et souvent sans impact majeur. Le Québec et l'Ontario, par exemple, ont conclu un accord de portée limitée sur la mobilité de la main-d'oeuvre dans le secteur de la construction.

En 2007 survient un déblocage majeur: deux importantes provinces, l'Alberta et la Colombie-Britannique, signent un accord historique sur le commerce, l'investissement et la mobilité de la main-d'oeuvre, mieux connu sous son acronyme anglais de TILMÀ (Trade, Investment and Labor Mobiliby Agreement). Cela signifie qu'à compter de 2009, les deux provinces ne constitueront qu'une seule entité sur le plan économique. La mobilité de la main-d'oeuvre y sera totale. Un avocat albertain pourra pratiquer et plaider partout en Colombie-Britannique, et vice-versa. Les entreprises n'auront besoin que d'un seul permis d'affaires, valide partout et sans restriction dans les deux provinces. L'investissement sera soumis à une réglementation commune aux deux provinces.

Le TILMÀ est observé avec beaucoup d'attention dans les autres provinces; au moins deux d'entre elles, la Saskatchewan et l'Ontario, envisagent d'y adhérer.

Si cela se produit, il y aura de facto libre-circulation de la main-d'oeuvre, des investissements et des marchandises sur un territoire comptant pour 66% de la population canadienne et 74% de son Produit intérieur brut.

Personne ne peut plus ignorer le mouvement.

C'est une très bonne chose. Les entraves au commerce servent à protéger des entreprises inefficaces et contribuent à maintenir les prix élevés; c'est le consommateur qui paie la note. Les entraves à la mobilité de la main-d'oeuvre limitent les perspectives d'emploi et pénalisent les travailleurs. Les entraves à l'investissement freinent la création de richesse, et c'est la qualité de vie de l'ensemble des citoyens qui en pâtit.

Le monde syndical croit voir, surtout dans la mise sur pied d'un mécanisme de résolution des conflits, une sorte de complot pour dépouiller les provinces de leurs pouvoirs, au profit des entreprises privées. C'est loin d'être évident, notamment parce que le mécanisme sera à l'usage exclusif des gouvernements provinciaux. Une entreprise n'aura pas le droit d'y recourir si elle estime être victime de concurrence déloyale; l'affaire se réglera entre gouvernements.

Mais surtout, le lobby syndical nous a habitués depuis longtemps aux campagnes de peur.

Rappelons-nous, il y a 20 ans, les arguments invoqués contre le libre-échange, et qui apparaissent comme singulièrement stupides avec le recul du temps: les armes à feu allaient être mises en vente libre au Canada; le régime public d'assurance-maladie disparaîtra; vous aurez besoin de votre carte Visa pour être admis à l'hôpital; le Québec sera obligé de démanteler la Caisse de dépôt; les droits de scolarité grimperont à 20 000$. J'en passe...

Lorsque le Mexique a adhéré au traité, en 1994, on a ressorti un autre catalogue d'épouvantails: les usines canadiennes déménageront au Mexique, des milliers d'emplois seront perdus, le chômage grimpera en flèche, les salariés qui veulent garder leurs emplois devront accepter des conditions de travail misérables. Certes, le secteur manufacturier a été passablement malmené, mais cela n'a rien à voir avec l'ALENA, et beaucoup avec la Chine et la force du huard. Et le taux de chômage n'a jamais été aussi bas en 30 ans!

Lors de la signature du TILMA, il y a un peu plus d'un an, le même lobby a resservi son même cocktail d'épouvante.

Assez, assez, assez! Une plus grande mobilité de la main-d'oeuvre et la mise sur pied d'un mécanisme de résolution des conflits interprovinciaux sont deux améliorations qui profiteront à tout le monde. Le lobby syndical peut bien hurler tant qu'il veut. À force de crier au loup pour rien, personne ne le croit plus.

12 août, 2008

Taxis : Une surcharge de 25 %!

La Commission des transports du Québec a décrété une hausse moyenne de 9,6 % des tarifs de transport par taxi à compter du 9 août dernier.

Il est évident que le prix élevé de l’essence a un impact négatif important sur la rentabilité de l’industrie du transport par taxi. L’essence représente une partie importante des coûts d’exploitation d’un taxi et son prix a augmenté de près de 27% depuis novembre 2005, date du dernier ajustement des tarifs.

Toutefois, dans sa décision, la Commission des transport évite d’aborder le problème du coût des permis qui sont artificiellement gonflés par un système de gestion de l’offre archaïque et inutile. Le coût élevé des permis impose des tarifs beaucoup plus élevés qu’ils devraient être en réalité.

Selon Yvon Laprade du Journal de Montréal, un permis de taxi coûte en 2008 plus de 200 000 $. Une hypothèque de 200 000 $ amorti sur une période de dix ans coûte environ 40 000 $ par année. Donc, basé sur un kilométrage de 100 000 km, le coût du permis représente 0,40 $ par km. C’est 25 % du nouveau tarif de 1,60 $ par km en vigueur depuis le 9 août dernier.

Comment peut-on expliquer que la valeur d’un permis de taxi soit passé de 7 500 $ en 1996 à 200 000 $ en 2008? Un permis ce n’est qu’un bout de papier qui n’a aucune valeur intrinsèque.

Le gouvernement limite l’offre des permis de taxi en-deçà de la demande. Le cours d’économie 101 prédit que lorsque la demande pour un produit ou un service excède l’offre, alors le prix va augmenter jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre soit trouvé. C’est exactement ce qui se produit dans l’industrie du taxi.

Le gouvernement fausse les règles du marché en créant une rareté artificielle. La valeur des permis augmente. Les propriétaires de taxis demandent des augmentations de tarifs pour financer les coûts élevés du permis et ainsi de suite. Lorsque ce cercle vicieux est installé il n’y a pas un politicien qui aura le courage d’y mettre fin. Ainsi les Québécois paient 25 % de plus que ce qu’ils devraient pour se déplacer en taxi. Dans dix ans combien vaudra un permis, 500 000 $, 1 000 000 $ ? Pour compenser les tarifs seront majorés au détriment des consommateurs.

Encore une fois, les bonnes intentions des politiciens sont financées par les consommateurs.

10 août, 2008

Éducation économique et financière

L’environnement économique et financier d’une société moderne comme celle du Québec est de plus en plus compliqué. De bonnes bases en économie et en finances sont nécessaires pour prendre des décisions éclairées tant sur le plan personnel que sociétal. Ces connaissances permettent aux individus de mieux gérer leurs affaires. L’éducation économique et financière crée des citoyens plus aptes à participer et à contribuer positivement à l’évolution de la société. Ils peuvent porter un meilleur jugement sur les nombreuses questions confrontant une société moderne.

Les gourous du ministère de l’éducation, dans leur infinie sagesse, ont jugé que les cours d’économie n’avaient pas leur place dans nos écoles publiques. Les grands penseurs du ministère croient que des notions aussi « terre à terre » ne méritent pas une attention particulière. Elles peuvent très bien être transmises aux enfants à travers l’enseignement des autres matières.

Malheureusement, il existe très peu de matériel pour faciliter la tâche des parents et des enseignants qui désirent transmettre des notions de base en économie et en finance à leurs enfants. De plus, les meilleures sources sont souvent publiées en anglais.


Le bouquin Whatever Happened to Penny Candy? publié par l’Institut Ludwig von Mises est une excellente introduction aux notions d’inflation, de commerce, de prix, etc. Ce livre s’adresse aux étudiants du premier cycle du secondaire, mais sera utile à tous ceux qui désirent une référence de base dans le domaine. De plus, le livre inclut un guide pour faciliter la tâche des parents et professeurs.

Je cherche toujours une traduction française de ce livre. Je vous en communiquerai les détails le cas échéant.

07 août, 2008

Productivité : le Québec est dans le peloton de queue

Dans son texte, Claude Piché déplore le fait que la productivité des travailleurs canadiens, définie comme la valeur de la production par heure travaillée, traîne dans le peloton de queue (22e/30) des principaux pays industrialisés. Pire, la productivité des travailleurs québécois est bien en-deçà de celle des Canadiens. Hors, si les Québécois désirent rattraper le niveau de vie des sociétés modernes les gouvernements devront mettre en place un environnement économique favorable aux investissements, c’est-à-dire, un environnement économique plus libre. Seuls des investissements privés massifs en technologie et en formation des travailleurs permettront au Québec de rattraper ses principaux partenaires économiques.

Année après année l’Institut Fraser démontre que le niveau de pauvreté relative d’une population est directement proportionnel au manque de liberté économique. En Amérique du Nord, l’indice de liberté économique du Québec se retrouve systématiquement dans le peloton de queue depuis le début des années quatre-vingt. Malgré tout, les gouvernements québécois de tous les partis persistent à promouvoir des politiques qui restreignent la liberté économique des individus et des entreprises.

Il est urgent de reconnaître que l’ère du « gouvernement-fait-tout » est révolue. Il faut sabrer dans les programmes qui maintiennent les individus et les entreprises dans un état de dépendance chronique. Il faut abandonner les règlements infantilisants et redonner aux Québécois le goût du risque et de l’aventure qui sommeille en eux. Le Québec possède tous les atouts pour se maintenir parmi les chefs de file en Amérique du Nord. Il suffit de créer un environnement politique, social et économique dans lequel le gouvernement intervient le moins possible.
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Le Canada à la traîne
15 avril 2008 - 06h24
La Presse
Claude Picher


Le Canada est chroniquement incapable de rattraper le retard de productivité qui le sépare des autres pays industrialisés.

Pire: entre 2001 et 2006, dernière année pour laquelle on dispose de données complètes, l'écart s'est encore creusé en défaveur du Canada, qui fait maintenant partie du peloton de queue dans ce dossier stratégique.


C'est ce que montre la plus récente compilation de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), publiée la semaine dernière à Paris.

L'OCDE regroupe plus de 30 pays, surtout des pays riches.

Sur les 29 pays visés par l'enquête, le Canada se classe au 22e rang pour ce qui est des gains de productivité entre 2001 et 2006. Parmi les pays du G7, le Canada est battu par les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France. Seule l'Italie réussit à faire pire.

L'OCDE ne publie pas de données sur les administrations subalternes, mais on sait que le Québec accuse un retard de productivité, évalué à entre 5 et 10% selon les sources, sur le reste du Canada.

Voilà de très mauvaises nouvelles.

Certes, le dossier de la productivité n'est pas particulièrement excitant. Pourtant, il est crucial. Il existe un lien direct entre le niveau de prospérité d'une société et son niveau de productivité.

Une société incapable de maintenir sa productivité au niveau de celle de ses concurrents est inévitablement condamnée à l'appauvrissement.

La notion de productivité prête fréquemment à confusion. Selon une opinion assez largement répandue, les Québécois ne travaillent pas assez; il suffirait donc d'augmenter la semaine de travail pour augmenter la productivité, et s'enrichir collectivement en conséquence.

La réalité est plus compliquée. En fait, les gains de productivité n'ont aucun rapport avec le nombre d'heures travaillées.

Selon la définition généralement admise, on mesure la productivité en divisant la valeur de la production par le nombre d'heures travaillées.

Prenons un exemple. Deux travailleurs sont employés dans deux usines différentes. Lucien met trois heures à produire des biens d'une valeur de 450$. La production de Mario, en deux heures, est de 400$.

Même si Lucien a travaillé une heure de plus, et que sa production vaut 50$ de plus, il est nettement moins productif que Mario. Sur une base horaire, Lucien produit 150$, contre 200$ pour Mario.

Il ne faut pas nécessairement blâmer Lucien. L'employeur de Mario a probablement une meilleure organisation d'entreprise, un meilleur climat de travail, et il a doté son entreprise d'outillage et d'équipement plus performants.

À terme, l'employeur de Mario, parce qu'il a réalisé des gains de productivité, pourra offrir de meilleurs produits à meilleurs prix, mieux soutenir la concurrence, augmenter ses parts de marché, embaucher, créer de l'emploi et de la prospérité. Le même raisonnement s'applique à l'échelle du pays.

On voit ainsi à quel point l'économie canadienne a souffert de la faiblesse du huard pendant la période étudiée.

C'était une ère d'abondance et de facilité pour les exportateurs, qui n'avaient qu'à surfer sur le taux de change pour voir leurs ventes grimper en flèche aux États-Unis.

Or, le Canada n'est pas un gros producteur d'outillage, de machinerie et d'équipement. Il doit importer, principalement des États-Unis. Avec un dollar faible, ces importations étaient évidemment hors de prix.

C'est ainsi que les entreprises canadiennes, dans un monde où la technologie évolue à une vitesse folle, ont raté l'occasion de se moderniser et de réaliser des gains de productivité.

Entre 2001 et 2006, ces gains se chiffrent à 6%, ce qui est très en retard sur la moyenne de l'OCDE.

Autrement dit, si la valeur de la production horaire était de 100$ en 2000, elle atteignait 106$ en 2006 (ces montants tiennent compte de l'inflation).

Aux États-Unis, le chiffre correspondant est de 113$. Cette donnée est très inquiétante.

Les entreprises américaines sont, de loin, les principales concurrentes des entreprises canadiennes.

Or, en cinq ans seulement, ces dangereux rivaux ont augmenté leur productivité deux fois plus rapidement que le Canada ne l'a fait.

L'enquête fait enfin ressortir à quel point certains pays issus de l'ex-empire soviétique sont en passe de devenir des acteurs redoutables d'ici quelques années.

Le champion toutes catégories est la Slovaquie, avec des gains prodigieux de 31% en cinq ans. La Corée-du-Sud suit avec 27%, et elle est talonnée de près par trois autres pays d'Europe de l'Est, la Hongrie, la République tchèque et la Pologne.