Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

La vaste majorité de nos importations viennent de l'extérieur du pays.--- Georges W. Bush

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29 avril, 2008

L’appétit insatiable des gouvernements

L’indice fiscal des Canadiens, publié par l’Institut Fraser, retrace le fardeau fiscal total (impôts et taxes) d’une famille canadienne moyenne entre 1961 et 2006. On y apprend que :

  • le fardeau fiscal d’une famille canadienne moyenne a cru de 1 590 % depuis 1961;
  • En 1961, une famille moyenne avait des revenus de 5 000$ et payait 1 675$ (33,5%) de taxes. En 2006, la famille moyenne gagnait 63 001$ et payait 28 311$ (44,9%) de taxes;
  • Le taux de fiscalisation a crû beaucoup plus rapidement que toutes les autres dépenses d’une famille moyenne. Comparé à l’augmentation du taux de fiscalisation, les dépenses de logement, de nourriture et d’habillement ont augmenté de 1 019 %, 487 % et 447 % respectivement;
  • La famille moyenne dédit une part plus grande de ses revenus pour payer les impôts et les taxes que pour se loger, se nourrir ou s’habiller. En 1961, la famille moyenne utilisait 56,5 % de ses revenus pour subvenir à ses besoins de base et 33,5% pour payer ses impôts et taxes. En 2006, la part des revenus pour payer les impôts et les taxes a augmenté à 44,9 %. Au cours de la même période la part des revenus nécessaire pour se procurer les biens essentiels de base a baissé à 35,6%.

Malheureusement, l’indice fiscal provincial n’est pas disponible. Toutefois, compte tenu que les Québécois subissent le taux de fiscalisation le plus élevé au Canada, nous pouvons conclure que la situation de la famille québécoise est certainement plus dramatique.

28 avril, 2008

Réduire la liberté d’expression via de multiples restrictions à la propriété

Il y a un peu plus d’un mois on apprenait que l’entreprise Remstar, de Montréal, achetait le réseau TQS. Celui-ci était sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers depuis décembre dernier. Plutôt que de s’en réjouir, les politiciens lui ont déclaré la guerre sous le prétexte qu’elle a annoncé ne plus vouloir effectuer de bulletins de nouvelles. Le message est on ne peut plus clair : au Québec, on veut l’argent des entrepreneurs, mais pas leur contrôle.

Lorsqu’une entreprise «étrangère» cherche à acquérir une entreprise locale, les politiciens montent aux barricades sous le prétexte de maintenir l’identité nationale. Et lorsque des gens d’ici se veulent acquéreurs, les politiciens montent aux barricades sous le prétexte de sauver des emplois. Des mises à pied sont effectivement prévues par Remstar et il est aussi possible que son plan de relance ne fonctionne pas, mais si l’on en juge d’après les difficultés financières à répétition de TQS, force est d’admettre que le statu quo ne fonctionne pas plus. Les politiciens n’ont pas de meilleures idées que les entrepreneurs pour relancer l’entreprise, ils croient plutôt qu’il est de leur devoir de sauver des emplois. Ce faisant, ils ne démontrent pas leur morale, mais leur ignorance.

L’entrepreneur n’effectue pas de mises à pied pour le plaisir, mais parce qu’il croit que cela est nécessaire à la viabilité à long terme de l’entreprise. Tout entrepreneur souhaite la rentabilité de son entreprise, mais cela exige souvent des choix difficiles à court terme. Ce n’est que lorsque le service rendu est en croissance qu’elle peut envisager l’ajout d’effectif. Le politicien ne se préoccupe pas de cette vision à long terme, il se contente d’intervenir dans les engagements privés des gens sous le prétexte de sa plus grande morale, voire de sa plus grande efficacité. Or, à trop jouer les sauveurs d’emploi, les politiciens finissent par le détruire. Ce n’est ni moral, ni efficace.

Il y a plusieurs façons d’obtenir de l’information du monde qui nous entoure et ce n’est certainement pas la disparition du bulletin de nouvelles du réseau TQS qui va changer la donne. De voir tous les partis politiques implorer le CRTC de les soutenir dans leurs convictions en dit long sur la soi-disant émancipation du Québec depuis la Révolution tranquille. Lorsqu’on dicte aux gens le type d’émission qu'un réseau doit présenter, c’est qu’on ne pense pas grand-chose de la liberté d’expression. Le politicien aime bien le petit écran, particulièrement les bulletins de nouvelles aux réseaux dociles, pour être sûr de poursuivre son endoctrinement.

Certes, ce serait un peu fort d’évoquer une dictature, mais il est tout aussi inapproprié de parler d’un peuple émancipé lorsque la politique l’envahit davantage que l’Église autrefois. Toutefois, on ne peut se contenter d’accuser uniquement les politiciens pour cet état de dépendance. La démocratie dépourvue du principe de propriété en est pratiquement une invitation. Le prix à payer pour cela n’est pas uniquement moral, mais aussi économique. Plus on exigera de conditions à l’investissement, moins il y en aura. C’est la meilleure recette pour appauvrir tout le monde. À trop vouloir passer pour un individu qui a aidé les autres au bulletin de nouvelles, on risque de passer à l’histoire pour quelqu’un qui leur a nuit.

27 avril, 2008

Le traitement réservé aux contribuables

Je viens de transmettre mes rapports d’impôt à Québec et à Ottawa. J’ai un intense sentiment de me faire royalement .......

25 avril, 2008

Montrer ses crocs contre le «capitalisme sauvage»

par André Dorais

Crocs Inc. a fermé son usine du quartier Saint-Malo à Québec pour transférer sa production là où la main-d’oeuvre est moins dispendieuse. Il n’en fallait pas plus pour que le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand, montre ses propres crocs. Non pas les sandales, mais les dents! Du «capitalisme sauvage» a-t-il lancé la semaine dernière en conférence de presse. Pouvait-on s’attendre à une autre réaction du ministre, docteur en administration, plutôt moralisateur, et ex-dirigeant du Fonds de solidarité FTQ? Disons que ce n’est guère surprenant.

Si les travailleurs licenciés sont présentement en difficulté, on doit faire attention à la façon de leur venir en aide. En effet, les gouvernements ont cette fâcheuse habitude de promettre mer et monde aux victimes avec l’argent des contribuables. On ne qualifie pas cette façon d’agir de sauvage, on préfère réserver cette épithète au capitalisme. Pourtant, entre ces deux façons de faire, seule la démocratie, et l’imposition qui la sous-tend, utilise la force pour arriver à ses fins.

Les politiciens se prennent un peu pour des prêcheurs et des vedettes. Ils prétendent savoir différencier entre le bien du mal et ne manquent pas une occasion de rappeler à leurs ouailles les préceptes socialistes: le capitalisme est sauvage, tandis que le gouvernement est humain, ou civilisé; aidez les uns en détroussant les autres; la force du nombre représente la légitimité; etc. La morale démocratique est douteuse, inefficace, mais ô combien! envahissante.

Crocs compte poursuivre sa production de sandales, mais ailleurs qu’au Québec. Les consommateurs auront donc encore le choix de les acheter ou non en maintenant leur pouvoir d’achat. L’entreprise aurait pu s’y prendre autrement, seul le temps permettra de juger si la décision était bonne. Pour l’heure, à l’instar du ministre, les boursicoteurs n’ont pas apprécié le geste, le titre ayant perdu 40% de sa valeur suivant l’annonce. Qui a dit que le marché répondait toujours favorablement aux licenciements?

Le capitalisme concentre le «mal» sur quelques travailleurs qui ont choisi de travailler pour une entreprise plutôt que pour l’autre. De son côté, la social-démocratie prétend être plus civilisée en sauvant les travailleurs d’un licenciement, voire en leur donnant de généreuses subventions. Ces pratiques ne font que redistribuer le «mal» à l’ensemble des contribuables. Tout le monde s’en trouve plus pauvre, mais soi-disant plus solidaire. Faut-il rappeler que la solidarité, la vraie, ne peut être que volontaire? C’est le propre du politique de faire passer une chose pour son contraire, de dire que le blanc est noir, le haut est le bas, le vrai est le faux, le bien est le mal, etc. Or, ce n’est pas parce qu’on traite les autres de sauvages qu’on est soi-même civilisé. Au contraire, c’est assouvir ses bas instincts, justifier sans les légitimer ses croyances et ses pratiques.

07 avril, 2008

Réflexions sur le taux d’intérêt

André Dorais

On croit généralement que le taux d’intérêt est dicté par la banque centrale, mais ce n’est vrai qu’en partie seulement puisque les institutions financières, du moins certaines d’entre elles, l’influencent également. Elles influencent davantage les taux à long terme, alors que la banque centrale exerce plutôt son influence sur les taux à court terme. Malheureusement, dans ce secteur comme dans les autres, la tendance est à un plus grand contrôle du gouvernement. L’objectif de ce texte n’est pas d’exposer les conséquences de cet interventionnisme, mais d’expliquer le taux d’intérêt, son rapport au profit et son origine.

Du pouvoir de quelques-uns au pouvoir de tous

À l’instar des fournisseurs d’équipement qui offrent leurs produits à certains prix, les banques offrent de l’argent à certains taux d’intérêt. Les consommateurs influencent généralement davantage les prix que les taux d’intérêt à cause de la mainmise du gouvernement sur les banques. Malgré le manque de choix qui découle de ce contrôle, il ne demeure pas moins vrai que les consommateurs, de par leurs actions, influencent les taux d’intérêt. Pour que les consommateurs en aient un plus grand contrôle, les gouvernements doivent réduire le leur sur les banques.

On rétorquera que plusieurs banquiers quémandent la protection gouvernementale et qu’ils sont donc aussi à blâmer pour le manque de pouvoir des consommateurs. C’est vrai, mais les quémandeurs ne se limitent pas aux banquiers. Ce sont les politiciens qui décident de rendre irresponsables certains individus, de les protéger au détriment du reste de la population. Cette façon de procéder est à l’opposé du capitalisme, par conséquent ce n’est pas lui qu’on doit blâmer pour le manque de choix, de richesse et de justice, mais le gouvernement qui prétend le corriger et l’améliorer.

Il y a fort à parier que dans un monde sans intervention gouvernementale on aurait une gamme plus grande de taux d’intérêt, car celui-ci prend sa source dans les multiples échanges de biens et de services et plus précisément ceux qui se concluent après un laps de temps. Il s’ensuit que l’intérêt personnel de chaque individu influence marginalement le taux d’intérêt en vigueur en un lieu donné, d'autant plus lorsqu’il n’y a pas d’intervention gouvernementale.

Les fondements du taux d’intérêt

Les tenants de l’École autrichienne d’économie ont longtemps pensé que la préférence pour la consommation immédiate d’un bien économique constituait le fondement du taux d’intérêt. Toutefois, comme le précise Jörg Guido Hülsmann, dans «A Theory of Interest», le taux d’intérêt se fonde sur deux actions, alors que la consommation d’un bien ne relève que d’une seule action. Cela ne signifie pas que l’élément temporel n’ait aucun rôle à jouer dans la détermination du taux d’intérêt, mais plutôt qu’il n’est pas exclusivement associé à la consommation.

Pour comprendre le taux d’intérêt on doit aller au-delà du simple calcul économique afin de scruter le domaine, plus large, de l’action humaine. À chaque action qui vise un but on attribue une plus grande valeur à l’objectif qu’aux moyens de l’atteindre. C’est cette différence, qualifiée d’intérêt originaire, qui est à la base du taux d’intérêt. Toutefois, ce ne sont pas toutes les différences de ce type qui se traduisent en taux d’intérêt. Seules celles qui se traduisent en termes monétaires peuvent, à leur tour, se traduire en taux d’intérêt [1].

Toute action cherche à atteindre un but. Cependant, les moyens utilisés et les fins obtenues ne sont pas nécessairement d’ordre économique, ni n’impliquent une période différente. C’est-à-dire que les moyens et les fins de certaines actions peuvent être simultanés. Chuchoter des mots d’amour à sa bien-aimée constitue un objectif qui peut être atteint au moment de les dire. C’est économique uniquement au sens où cela peut se faire rapidement…

Profit vs taux d’intérêt

Les actions qui composent le taux d’intérêt sont généralement associées au secteur financier. Le cas type est l’emprunt et le remboursement. Lorsqu’on présente cette différence sous forme de ratio, alors on évoque un taux d’intérêt. Les actions auxquelles le taux d’intérêt renvoie sont exécutées en des périodes différentes. C’est là la principale, voire l’unique caractéristique qui le distingue du profit. Cette distinction est plutôt mince, de sorte qu’il n’est pas erroné de traiter l’un et l’autre comme synonymes.

On parle plus volontiers de profit lorsqu’on renvoie à une différence autre que financière. La différence entre la vente et les coûts de production de biens tangibles en est un exemple, les conseils d’un expert pour un prix en sont un autre. Cependant, dans un cas comme dans l’autre, on peut exprimer ce profit sous forme de ratio et conséquemment de taux d’intérêt.

En traitant le profit et le taux d’intérêt comme synonymes on ne peut plus dire, comme le suggère Hülsmann et la plupart des partisans de l’École autrichienne, que le taux d’intérêt «naturel» (pur, voire originaire) constitue la composante indélogeable du taux d’intérêt. En d’autres mots, on ne peut plus dire que le taux d’intérêt naturel soit une composante impossible à supprimer, à la différence du profit, par la compétition. Dans cette optique, si les revenus d’un investissement sont à ce point faibles pour constituer une perte, alors il n’y a pas de raison d’exclure la possibilité d’évoquer un taux d’intérêt naturel négatif.

Toutefois, en appliquant rigoureusement l’idée maîtresse de Hülsmann dans le texte cité, on peut maintenir l’idée que l’intérêt originaire, première version, soit impossible à supprimer. C’est-à-dire que la plus grande valeur attribuée aux fins plutôt qu’aux moyens demeure valide, seule l’idée d’un taux d’intérêt naturel, nécessairement monétaire et positif, est mise de côté.

L’intérêt originaire relève d’une différence de valeur, alors que le taux d’intérêt représente une différence de prix. Dans ces circonstances, comment passe-t-on d’une à l’autre? Il suffit de réaliser qu’on attribue une valeur à toutes sortes de choses, y compris à celles qu’on peut marchander via des prix. L’inverse est faux, c’est-à-dire qu’on ne monnaye pas toutes les actions. La difficulté est de réaliser que la valeur et le prix ne sont pas synonymes. Ils peuvent parfois correspondre pour un individu, c’est justement le rôle du prix d’en arriver là, mais jamais la valeur et le prix ne signifient la même chose.

L’économie n’est pas qu’une question de chiffre, elle fait appel à la comparaison et conséquemment à des valeurs, mais celles-ci débordent le champ de l’économie telle qu’on l’entend généralement. La valeur est ordinale et non cardinale, c’est-à-dire que chaque individu lui attribue un ordre de priorité. Il s’ensuit qu’on ne devrait jamais évoquer la justice d’un prix, mais plutôt respecter les valeurs de chacun dans la mesure où il y a respect de la propriété et qu’il n’y a pas d’agression.

En résumé, bien qu’il y ait démonstration d’une préférence temporelle dans l’exécution d’une action à un moment plutôt qu’un autre, il ne s’ensuit pas qu’elle soit vouée exclusivement à la consommation. On évoque une préférence dès lors qu’on choisit des moyens pour arriver à ses fins. La différence entre les deux est qualifiée d’intérêt originaire. Celui-ci se traduit en taux d’intérêt lorsque les moyens et les fins sont monnayables.


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[1] Après avoir défini l’intérêt originaire comme étant l’écart entre les moyens utilisés et les fins visées, Hülsmann erre en introduisant une deuxième version du concept (voir pp. 87-93). En effet, à la fin de la page 93, il écrit que «la présence des moyens et des fins», par conséquent de l’intérêt originaire première version, n’implique pas «la présence de l’intérêt originaire». Il aurait fallu écrire : «n’implique pas le taux d’intérêt». Suivant cette erreur, il réduit la portée du concept aux questions relatives au travail. De là, il passe d’un contexte de travail à un autre qui se traduit en termes de prix. Or, un contexte de travail peut très bien se traduire en termes monétaires (de prix). Il s’ensuit que l’intérêt originaire applicable uniquement au travail est synonyme du taux d’intérêt. Encore une fois, il suffit de préciser que le taux d’intérêt ne découle pas nécessairement de l’intérêt originaire.

05 avril, 2008

La vie sans impôt

Pouvez-vous imaginer ce que serait votre vie sans impôt?




How Could I Live Without Filing Taxes?
Copyright © 2001 by Carla Howell
All rights reserved.

I love doing my taxes
when each spring time comes, don't you?
Instead of garden walks and ball games,
I get to work my weekends too.

How could I live without filing taxes?
What would I do with my free time?
Where would I go on a beautiful Sunday?
Good thing there's someone to make up my mind.

Subtract line 6 from line 5, and if that's more than zero.
Then enter the amount from Schedule A line 21.
Multiply line 7 by .03 and if that is smaller than .8 of line 4.
Then deduct that from your deduction. Isn't this fun?

How could I live without filing taxes?
What would I do with my free time?
Where would I go on a beautiful Sunday?
Good thing I won't have to make up my mind.

My favorite part of filling out my tax forms
is when I get to write a check for whatever is due.
'Cuz the government can get such incredible bargains with my money
like a billion-dollar bridge or a forty-dollar metal screw.

How could I live without filing taxes?
What would I do with my free time?
How could I spend all of my money?
Good thing there's someone who can spend it just fine - for me.
Lucky, lucky, lucky, lucky me!

04 avril, 2008

La tarte aux fraises

Dans son texte Nathalie Elgrably dénonce le caractère propagandiste et fallacieux de la fable « La tarte aux merveilles ». Cette fable vise à enseigner aux enfants de 10 à 12 ans les principes guidant la fiscalité. En fait, cette fable est un exercice de propagande trompeuse :

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Les jumeaux salivent.
– Chaque citoyen apporte son panier de fraises. Certains paniers sont plus remplis que d'autres. Il n'y a pas de jaloux, car chacun contribue à la mesure de ses moyens. Le gouvernement recueille tous les paniers pour en faire une gigantesque tarte aux fraises.
– Qui va la manger ?
– Chacune des pointes sert au bien-être de la société. Une pointe pour les écoles, une pour l'entretien du parc national, une autre pour la bibliothèque et vos beaux livres. Tout le monde en profite.

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Pourquoi ne mentionne-t-on pas qu’une grosse pointe de tarte sera remise sous forme de subventions à des milliers d’organismes et d’entreprises parasitaires? Qu’une autre grosse pointe servira à renflouer des monopoles gouvernementaux inefficaces? Qu’enfin, une pointe sera réservée pour les consultants, commissaires et autres amis du parti au pouvoir? Contrairement à ce qui est affirmé dans la fable, il ne reste que des miettes pour les écoles et les parcs. Pour vous en convaincre il suffit de visiter une école, n’importe laquelle.

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Mise à jour: 03/04/2008 09:39
Nathalie Elgrably
La tarte aux merveilles

Nathalie Elgrably-Levy, Collaboration spéciale

Les consommateurs canadiens sont bien protégés contre la publicité trompeuse.

La Loi sur la concurrence et la Loi sur l'emballage et l'étiquetage sont formelles : iI est illégal de fournir des indications trompeuses, et l'étiquette d'un produit doit indiquer des renseignements exacts et suffisamment explicites pour permettre aux consommateurs de prendre des décisions éclairées. Très bien !

Mais que faire lorsque nos entités gouvernementales omettent des informations importantes ? C'est pourtant ce que fait Revenu Québec avec La tarte aux merveilles ,un conte destiné aux jeunes de 10 à 12 ans.

Sous prétexte d'initier les jeunes au paiement des taxes et impôts, le conte présente la fiscalité comme une intervention non seulement bénéfique, mais pratiquement divine. Sur un ton enthousiaste et paternaliste, le texte compare les impôts à un panier de fraises que chaque citoyen apporte à l'État et qui sert à produire une énorme tarte dont tout le monde profitera.
Évidemment, le conte reste muet sur le fait que les fraises ne finissent pas toujours dans la merveilleuse tarte, que certaines sont outrageusement gaspillées, que la tarte n'est pas toujours fraîche, que même ceux qui n'aiment pas les fraises doivent en manger, et que ceux chargés de préparer la tarte sont parfois de bien mauvais pâtissiers.

Il faut plus qu'un conte puéril pour éduquer des jeunes. Il faut des faits ! Pourquoi donc ne pas informer les jeunes que leur famille a payé en 2005 en moyenne 5 732 $ d'impôts et de taxes de plus qu'une famille ontarienne, ce qui explique pourquoi leurs parents n'ont pas les moyens de leur offrir le voyage à Disneyland dont ils rêvent.

Et quand l'enfant demande pourquoi papa a renoncé à créer sa petite entreprise, on pourrait citer l'écrivain français George Duhamel qui expliquait qu'«une fiscalité oppressive freine pêle-mêle toutes les ambitions individuelles».

EXTRAVAGANCES

On pourrait aussi raconter aux jeunes comment les gouvernements ont dilapidé des dizaines de millions de dollars en 2007 en commandant des rapports et des commissions d'enquête qui, au mieux, seront lus en diagonale.

Ils seront également curieux de savoir pourquoi les Montréalais endommagent leur voiture en roulant sur d'énormes nidsde- poule pendant que l'administration Tremblay prévoit dépenser deux millions de dollars pour restaurer et éclairer la croix du mont Royal.

Ou encore pourquoi le gouvernement fédéral va dépenser 240 000 $ pour étudier la possibilité de se lancer dans l'exploitation minière... de la lune ! Et pourquoi pas un conte sur les extravagantes dépenses de Lise Thibault, ancienne lieutenant-gouverneur du Québec, ou sur le fiasco de l'usine Gaspésia ? On trouve les mots pour parler aux jeunes de la mort ou des MTS. On peut donc certainement aborder la question des impôts de manière honnête !

Or, le conte que propose Revenu Québec n'est ni instructif ni divertissant. Il cherche plutôt à endoctriner les jeunes pour en faire des contribuables dociles qui paieront leurs impôts sans jamais chercher à comprendre ni la manière dont l'État en dispose ni les effets pervers qu'occasionne une fiscalité étouffante.

Au lieu de renseigner correctement les jeunes, de développer leur esprit critique et de les pousser à poser les questions pertinentes, on en fait de gentils moutons qui suivront aveuglément leur berger.

Nous demandons aux entreprises de ne rien nous cacher. Peut-être devrions-nous en exiger autant de ceux qui nous gouvernent, surtout quand ils s'adressent à nos enfants !

01 avril, 2008

L’idéologie socioconstructiviste

Les critiques visant le système d’éducation québécois sont de plus en plus acerbes et fréquentes. Dans son texte, Marc Simard, professeur d'histoire au collège François-Xavier-Garneau, dénonce l’idéologie socioconstructiviste qui prime chez les fonctionnaires du ministère et des nombreux organismes qui gravitent autour. Il les compare à une secte qui a graduellement transformé les cours en leçon de morale où l’objectif n'est pas de former les jeunes, mais de les formater, de leur inculquer la bonne pensée.

Cette situation alarmante explique pourquoi le ministère propose d'annuler les cours de sexologie et de finance. Ces cours pourraient faire germer chez nos enfants un goût pour les libertés individuelles. Cela menace la création d’une société socialiste et solidaire dont rêve bon nombre de fonctionnaires du ministère.
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Le dimanche 30 mars 2008
Histoire: un enseignement biaisé

Marc Simard, La Presse

Marc Simard est historien, auteur de manuels scolaires et professeur d'histoire au collège François-Xavier-Garneau.

Dans La Presse du samedi 22 mars («L'histoire par les nuls»), Lysiane Gagnon reprend les arguments lancés par Christian Rioux et Magali Favre dans L'actualité du 1er avril 2008 («Les manuels de l'insignifiance»), où ceux-ci critiquent six des nouveaux manuels d'histoire destinés aux élèves du premier cycle du secondaire en vertu du nouveau programme. Ces deux textes soulèvent des questions fondamentales.

Mais avant d'approfondir l'analyse de ce détournement de l'enseignement de l'histoire, il convient de rappeler le changement de clientèle qui s'est opéré dans les écoles secondaires depuis une quarantaine d'années: on n'enseigne plus de nos jours aux rejetons d'une élite qui se reproduit entre autres par le système d'éducation comme on le faisait au cours classique, mais à une majorité de jeunes qu'il faut former pour le marché du travail et aider à comprendre le monde pour mieux s'y développer. (...)

L'enseignement de l'histoire ne se fait pas en vase clos, à l'écart des changements sociaux: il évolue, et ses perspectives avec lui, avec les transformations sociales, démographiques, économiques et idéologiques que nous connaissons. La sélection et l'organisation des faits par l'historien et par l'enseignant en sont tributaires. Les cours d'histoire au niveau secondaire, aussi bien qu'au niveau collégial, n'ont pas pour objet de former des historiens, mais de fournir aux jeunes des outils intellectuels et des références leur permettant d'intervenir dans le présent de manière réflexive et critique (éduquer à la citoyenneté) et de développer leurs habiletés intellectuelles. Mais ces objectifs ne peuvent être atteints sans alphabétisation historique. Celle-ci doit être faite par les enseignants avec l'aide des manuels et des autres outils pédagogiques dont ils disposent. Or, comme le déplorent justement M. Rioux et Mmes Favre et Gagnon, le programme concocté par le ministère et les manuels élaborés pour s'y conformer ne permettent pas de faire cette indispensable alphabétisation.

Lacune inexcusable

Cette lacune inexcusable repose sur deux biais qui ont présidé à sa mise en place et à leur réalisation: la conception socioconstructiviste de l'éducation et l'instrumentalisation de l'histoire.

L'approche socioconstructiviste, qu'on implante actuellement dans les écoles secondaires, présume que l'élève peut construire des savoirs et développer des compétences dites transversales à partir d'un bagage cognitif qui, le plus souvent, confine au néant. Quoiqu'en disent hypocritement les adorateurs de la compétence, c'est l'enseignement sans contenu. C'est, comme l'écrivait la jeune Jeanne Pilote, l'interrogation qui tourne à vide. Mais les enseignants et les intellectuels qui voudraient contrer cette éviscération ont du pain sur la planche: en effet, la secte qui contrôle les facultés d'éducation des universités québécoises et le ministère de l'Éducation se voit en effet comme une avant-garde persécutée et diffamée, et elle estime que ses contempteurs sont des obscurantistes. Chaque nouvelle attaque dont elle est l'objet la renforce dans sa conviction de détenir la vérité et d'avoir raison contre les réactionnaires, les enseignants aux habitus sclérosés et les mécréants.

Par ailleurs, Christian Rioux et Magali Favre dénoncent une «vision nombriliste du monde inféodée à l'éducation civique». Mais le problème qu'ils ont débusqué ne réside pas dans le fait que l'on veuille éduquer les jeunes à la citoyenneté, ni même qu'on cherche à les aider «... à comprendre les réalités sociales du présent à la lumière du passé». Il provient de ce que les éditeurs et les auteurs de ces manuels, qui sont moins pédagogues qu'idéologues, ont instrumentalisé l'histoire au nom de leur vision du monde et de ce que doit être le bon citoyen au XXIe siècle: pacifiste, féministe, progressiste, ouvert à l'interculturalité, favorable aux minorités, etc. En fait, ils ont oublié ce que signifie «éduquer» (educare en latin, c'est-à-dire élever, instruire, tirer à soi) et ont transformé les cours d'histoire en sentences de morale où l'objectif n'est pas de former les jeunes, mais de les formater, de leur inculquer la bonne pensée par les exemples tirés du passé.

On n'enseigne donc plus l'histoire pour faire connaître aux jeunes d'où ils viennent, pour les forcer à mettre leurs valeurs à l'épreuve de celles des anciennes civilisations, pour les amener à comprendre le présent à la lumière des faits d'hier: on utilise les «bons» et les «mauvais» exemples du matériau historique pour donner des leçons de morale. L'histoire n'est plus un processus, c'est un catalogue. Elle n'est plus une source de sens, mais une cafétéria. Un événement ne correspond pas à la capucinade voulue? On l'ignore. Des faits contredisent l'image d'Épinal ou l'histoire sordide que l'on veut graver dans l'esprit des élèves? On les triture ou on les dénature. Des personnages historiques ne se sont pas comportés comme on estime qu'ils auraient dû le faire? On les relègue aux oubliettes de l'histoire ou on écrème leur biographie.

D'où les «erreurs et omissions grossières», le simplisme, les anachronismes, les comparaisons boiteuses, les parallèles ahurissants qu'ont relevés Christian Rioux et Magali Favre. Les socratiques et les humanistes de la Renaissance, qui ont beaucoup réfléchi à la citoyenneté et aux vertus civiques, se retourneraient dans leurs tombes. (...)