Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Les fonctionnaires s’opposent à la semaine de quatre jours. «Il est hors de question de nous faire travailler une journée de plus.»--- Michel Beaudry

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29 février, 2008

Un compromis de trop!

Dans sa vidéo, Joanne Marcotte constate jusqu’à quel point l’état des finances publiques est désespéré. Elle conclue que la pérennité du système de santé passe par une réduction des services ou une augmentation des revenus. Le rapport Castonguay recommande de faire les deux.

Ce compromis en est un de trop. Augmenter les revenus du système de santé équivaut à augmenter le régime calorifique d’un obèse. Loin de contribuer à la solution, l’augmentation des revenus contribuera à empirer la situation.

Le ministre Couillard fait montre d’un courage politique peu commun en refusant d’allouer plus de fond au système tant que le défi de l’organisation du travail ne sera pas résout ou pour le moins reconnu.

28 février, 2008

Les compromis, source d’inefficacité

Dans sa vidéo, Joanne marcotte identifie tous les compromis qu’elle a faits lors de l’élaboration du rapport Castonguay.

En politique les compromis sont inévitables. Malheureusement, les compromis transforment graduellement une bonne idée en un projet boiteux et dispendieux.

Voilà pourquoi les gouvernements doivent laisser la tâche de fournisseur de service à des entreprises aussi indépendantes que possible des compromis politiques.


27 février, 2008

Il est où le problème!

Dans sa vidéo, Joanne Marcotte conclue que les problèmes associés à la pratique mixte – médecin oeuvrant à la fois dans le public et le privé – réside seulement dans l’esprit des groupes d’intérêt qui ont avantage à maintenir le statu quo.

La pénurie de professionnel dans le système de santé est principalement causée par une mauvaise organisation du travail. Une organisation optimale du travail exige un environnement dynamique absent de contraintes externes aux services offerts.

C’est tout le contraire que nous retrouvons dans le système de santé. Les bureaucrates, les syndicats et les ordres professionnels imposent sans cesse de nouvelles contraintes aux gestionnaires dans le but non-avoué de protéger où d’augmenter leur pouvoir relatif. Les professionnels de la santé et les patients sont les otages bien involontaires de la guerre incessante que se livrent les groupes d’intérêt.

26 février, 2008

Imputabilité et efficacité

Dans sa vidéo Joanne Marcotte identifie une série de mesures nécessaires pour assurer la pérennité du système de santé. Les mesures proposées peuvent être regroupées en deux catégories : imputabilité et efficacité.

Imputabilité et efficacité sont des concepts intimement reliés. Le second ne peut exister sans le premier. De plus, l’imputabilité exige qu’il y ait une adéquation entre autorité et responsabilité. Malheureusement, les gestionnaires du système de santé ont en fin de compte très peu d’autorité et donc, ne peuvent être tenus imputables.

Les budgets d’opération et de capitalisation sont gérés dans leurs moindres détails pardes bureaucrates dans leur tour d’ivoire; les syndicats et les ordres professionnels imposent une organisation du travail inefficace. Le rôle des gestionnaires se limite à préparer des rapports pour les bureaucrates et à gérer les griefs des employés syndiqués et des professionnels.

25 février, 2008

Le débat « public – privé »

Dans sa vidéo, Joanne Marcotte définit les termes « public », « privé », « mixte » et « privé-privé ».

Le débat « public-privé » est un faux débat. Le principal problème du système de santé réside dans l’organisation du travail qui est contrôlé par les bureaucrates, les syndicats et les ordres professionnels. Ces trois groupes, dans le but non-avoué de protéger leurs acquis, entretiennent le débat « public-privé » à des fins de diversion. Ainsi, ils évitent de s’attaquer aux vrais problèmes.

Le ministre Couillard fait montre d’un courage politique peu commun en refusant d’allouer plus de fond au système tant que le défi de l’organisation du travail ne sera pas résout ou pour le moins reconnu.

24 février, 2008

Le directeur d’hôpital, un missionnaire ou un naïf?

Dans sa vidéo, Joanne Marcotte décrit les contraintes imposées aux directeurs d’hôpitaux par le ministère, les syndicats et les ordres professionnels.

Dans un hôpital le ministère impose le budget et décide, dans les moindres détails, comment ce budget sera dépensé. De plus, les conventions collectives et les ententes négociées entre le ministère et les ordres professionnels déterminent toutes les facettes de l’organisation du travail. Dans ce contexte le directeur d’hôpital est tout au plus un pion pouvant servir de bouc émissaire aux bureaucrates.

Les directeurs les plus dynamiques cherchent par tous les moyens à contourner les contraintes qui leur sont imposées afin de fournir un service minimum aux patients. S’ils réussissent ils auront la satisfaction d’avoir aidé leurs concitoyens. S’ils se font prendre ils subiront le courroux des politiciens et des bureaucrates. Il faut être missionnaire ou naïf pour accepter de travailler dans de telles conditions.

Dans le vrai monde, le directeur général développe son plan d’affaire, le fait approuver par le C. A. et rapporte périodiquement les résultats obtenus par rapport au budget approuvé. Il a l’entière liberté d’organiser le travail en fonction des besoins.

23 février, 2008

Le malade agonise

Dans sa vidéo Joanne marcotte dénonce le conflit idéologique « public – privé » qui prévaut depuis 20 ans.

Le débat « public – privé » est un faux débat qui engendre un dialogue de sourd. Il est habillement entretenu par les tenants du statu quo, les bureaucrates et les syndicats, pour éviter de s’attaquer aux vrais problèmes. C’est une stratégie de diversion qui immobilise les politiciens.

Le système de santé est gravement malade. Le diagnostic est connu depuis longtemps, mais les spécialistes ne s’entendent pas sur le protocole d’intervention. Pourtant, plus on retarde à lui prodiguer les soins requis plus il sera difficile et coûteux de lui refaire une santé.

La palabre prime sur l’action avec comme résultat que le malade agonise.

22 février, 2008

Le « quoi » et le « comment »

Dans sa vidéo Joanne Marcotte mentionne que le rôle du ministère de la santé est celui du gestionnaire qui définie les besoins et les paramètres devant servir à mesurer les résultats obtenus.

Dans un travail du type « cols blancs » l’erreur la plus fréquente que font la plupart des gestionnaires est de confondre le « quoi » et le « comment ». Le rôle du gestionnaire est de déterminer ce qui doit être fait. Celui de l’exécutant consiste à trouver la manière la plus efficace de livrer la marchandise. Lorsque le gestionnaire s’immisce dans le rôle de l’exécutant en lui dictant comment faire son travail il y a généralement une perte considérable d’efficacité. L’exécutant se déresponsabilise et l’organisation ne bénéficie pas de l’expérience accumulée au cours des ans par l’exécutant.

Il est possible de faire un parallèle avec le système de santé. Le ministère est le gestionnaire du système. Son rôle devrait être limité à déterminer le « quoi ». Dans un monopole d’État les rôles de gestionnaire et d’exécutant sont intégrés. Le ministère dicte dans les moindre détails le « quoi » et le « comment » avec comme résultat la déresponsabilisation des exécutants.

L’amélioration de l’efficacité du système de santé passe inévitablement par la séparation des rôles du « quoi » et du « comment ».

20 février, 2008

La clef : l’organisation du travail

Dans sa vidéo, Joanne Marcotte décrit les principaux symptômes qu’elle a observé lors de la préparation du rapport Castonguay :
  • 50% des visites aux urgences auraient dues être traitées ailleurs;
  • Il y a 50% plus de visite aux urgences des hôpitaux des grandes villes qu’ailleurs;
  • Il n’est pas possible d’obtenir des statistiques récentes;
  • Les professionnels de la santé se pilent sur les pieds;
  • etc.

Tous ces symptômes pointent vers une mauvaise organisation du travail. Les politiciens, les bureaucrates, les syndicats, les ordres professionnels imposent des conditions qui empêchent les gestionnaires locaux d’organiser le travail de façon efficace. À moins d’éliminer ces conditions il ne sera pas possible d’améliorer l’efficacité du système.

Je souscris pleinement à ceux qui concluent qu’il faut changer le système avant de lui allouer plus d’argent. Cet argent serait simplement gaspillé. (Voir La loi de Gammon).

19 février, 2008

Il faut ce qu’il faut!

Johanne Marcotte, vice-présidente du Groupe de travail sur le financement de la santé, rend hommage aux travailleurs qui, prient en otage entre les bureaucrates et les syndicalistes, maintiennent le système de santé à bout de bras.

Dans un contexte de gouvernement minoritaire et compte tenu des réactions des bureaucrates, de la CSN et du PQ, le rapport Castonguay ira directement sur une tablette. Malheureusement, il semble qu’à moins d’une révolution populaire les politiciens ne prendront pas leur responsabilité. Dans les circonstances, je recommande aux travailleurs de la santé de laisser sombrer le système. La médiatisation des désastres qui s’accumuleront permettra de discréditer les opposants et galvanisera l’opinion publique. Il est préférable, même si cela reste inacceptable, de sacrifier quelques individus aujourd’hui pour en sauver des milliers dans le futur.

18 février, 2008

Le système a perdu la raison

Dans son texte Yves Boisvert dénonce le système de gestion de l’industrie laitière. Ce système, dépassé depuis belle lurette, est aussi dénoncé par le rapport Pronovost.

Comment en est-on arrivé à créer un système ingérable qui nuit à ses membres en gonflant artificiellement le prix des fermes et aux consommateurs en gonflant artificiellement le prix des produits agricoles? Simplement parce que l’industrie agricole est un monopole. La priorité numéro un d’un monopole est d’assurer sa pérennité quel qu’en soit le prix.

Combien de nouveaux produits n’ont jamais vu le jour parce que des règlements qui visent à protéger le monopole empêche les agriculteurs d’innover? Combien de jeunes abandonnent leur rêve de pratiquer le métier d’agriculteurs parce que le prix des fermes est hors d’atteinte? Combien d’enfants ne consomment pas les quantités de lait dont ils ont besoin parce que son prix est artificiellement gonflé?

Mettre fin au monopole de l’UPA comme le recommande le rapport Pronovost est nécessaire mais, insuffisant. Il faut aussi mettre fin au système de gestion de l’offre.

Le lundi 18 fév 2008
Un « criminel du lait » à Bordeaux
Yves Boisvert
La Presse

Depuis 10 jours, le fermier Yves Desrosiers est enfermé à la prison de Bordeaux. Son crime ? Ne pas avoir suivi scrupuleusement les règlements de fabrication du lait, avoir été mis à l’amende et ne pas avoir payé ses amendes.

Avec son frère André, M. Desrosiers faisait un produit acclamé partout, le lait d’Antan. Quiconque a goûté la crème naturelle épaisse des Desrosiers ne peut que retourner en braillant aux crèmes 35 épaissies artificiellement qui ne goûtent rien. Leur lait biologique non homogénéisé était issu de vaches nourries au soya.

Le lait d’Antan porte mieux son nom que jamais. Il n’existe plus. L’an dernier, les Desrosiers ont été acculés à la faillite. Avant d’être arrêté, Yves était concierge dans une usine. André, contre qui pèse également un mandat, travaille dans une cour à bois en attendant que la faillite se règle.

« C’est épouvantable, c’est tellement injuste », dit Daniel Dubuc, d’Horizon Nature, qui distribuait le lait d’Antan. M. Dubuc organise une collecte pour sortir Yves Desrosiers de prison.

« Vous ne pouvez pas rencontrer des gens plus travaillants et honnêtes que les Desrosiers, dit-il. Pour moi, ce qui arrive est la preuve vivante de ce qui ne va pas dans l’agriculture au Québec. Ces gens-là faisaient un produit exceptionnel, santé, que les gens avec une intolérance au lait pouvaient consommer. »

Amendes vitaminées

Évidemment, M. Desrosiers n’est pas en prison pour avoir produit du lait. Il est en prison parce qu’il s’est fait imposer des amendes et qu’il ne les a pas payées.


En tout, six infractions ont été retenues par les inspecteurs du ministère de l’Agriculture (MAPAQ). En avril 2003, par deux fois, les inspecteurs ont détecté un trop grand nombre de bactéries dans le lait pasteurisé à basse température des frères Desrosiers. Le procédé conserve le goût nature et plusieurs caractéristiques du lait. Personne n’a jamais rapporté le moindre problème. Mais ces deux fois-là, apparemment, les normes réglementaires n’étaient pas respectées : deux amendes de 900 $.

La troisième infraction : on a trouvé des excréments de rongeurs en mai 2003. Amende de 250 $.

Puis, trois autres infractions : en mars, mai et décembre 2004, leur lait n’avait pas tout à fait assez de vitamine D : 750 $ d’amende chaque fois.

Il faut savoir que la loi oblige les producteurs de lait à ajouter de la vitamine D dans leur produit. Il faut qu’il y en ait assez, mais pas trop. Au MAPAQ, impossible de savoir quel était l’écart coupable dans ce cas-ci. Mais André Desrosiers nous dit qu’il était forcément infime. « Je produisais 3000 à 4000 litres de lait par semaine et je mettais 3 ml de vitamine en tout ; ma bouteille de 500 ml (de vitamine) n’était pas finie au bout de six mois. C’est des toutes petites quantités, mais ils voulaient m’attraper. »

Huissier désolé

Les Desrosiers ont reçu des avis, mais ils ne s’en sont pas occupés. Menacé de prison l’an dernier, André affirme avoir payé certaines amendes. Mais il ignorait que son frère devait les payer aussi, et qu’il pendait une peine de prison contre lui aussi.


Ils l’ont appris le vendredi 8 février, quand Yves Desrosiers a reçu la visite d’un huissier qui lui a réclamé le paiement des amendes. Il n’a plus un sou et a donc été obligé de le suivre à son bureau, puis à la prison de Sorel, qui déborde de prisonniers. Il a été transféré à Bordeaux, tout aussi pleine.

« Ç’a pas de bon sens… notre seul but, c’était de nourrir les gens, m’a-t-il dit depuis Bordeaux, hier. Depuis 1994, si j’ai pris 10 jours de congé, c’est beau, et pas des journées complètes. C’est comme si j’avais fait un crime », dit-il, manifestement sonné. Ses codétenus ont peine à croire son histoire.

L’huissier confiait jeudi qu’il était un peu désolé d’embarquer cet homme de 48 ans, qu’il sait vaillant et honnête, pour l’envoyer avec des criminels. Mais il n’est pas payé pour avoir des états d’âme.

Dura lex

Il y a deux manières de voir cette histoire. Du point de vue du ministère de l’Agriculture, c’est simplement l’histoire de gens têtus qui se sont fait avertir, qui n’ont pas écouté, qui ont été mis à l’amende (4150 $ en tout), qui n’ont pas payé et qui, comme n’importe qui ne payant pas une amende, ont pris le risque d’aller la payer en séjournant en prison.


Que voulez-vous, c’est la loi. À la Fédération des producteurs laitiers, plusieurs pensent que les Desrosiers ont voulu contourner les règles et qu’ils ont couru après.

L’autre façon de voir cette affaire, c’est que des fermiers dissidents, inspectés et surinspectés, se sont fait prendre en défaut pour des infractions mineures. Et pendant ce temps, croulant sous une réglementation qui écrase les innovateurs, incapables d’avoir un statut particulier pour s’en tirer financièrement, ils ont fini par déposer leur bilan.

Sans le sou, il n’y avait évidemment pas moyen pour eux de payer ces amendes. Et voilà comment, au bout du compte, on en arrive à cette absurdité : la prison.

Il n’est donc pas totalement exagéré de prétendre qu’on a emprisonné Yves Desrosiers parce qu’il a commis le péché ne pas faire son lait comme tout le monde.

Un modèle désuet

Il faudrait trois autres chroniques pour expliquer le système des « quotas » de lait et montrer ses effets pervers. En ce moment, les gros producteurs de lait détenant des quotas sont assis sur une mine d’or. Les industriels de la transformation, qui achètent ce lait, sont bien servis par le système. Mais ceux qui veulent faire du lait et le transformer, et qui donc doivent investir dans l’achat de droits de produire (l’équivalent d’environ 30 000 $ par vache) en plus de l’équipement de transformation, ceux-là ont toutes les misères à survivre, sans parler de croissance. L’opération devient vite prohibitive.


Si vous parlez aux gens de la Fédération des producteurs de lait, on vous dira que tout va pour le mieux et que le Québec regorge de transformateurs heureux et prospères. Interrogez les petits, ceux qui veulent démarrer dans le lait bio, par exemple, et vous aurez un autre portrait. Celui d’un système hostile au changement, incapable de travailler à plusieurs vitesses. Tout le monde dans le même moule.

C’est, comme par hasard, le constat de la commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture : « Le secteur agricole et agroalimentaire est en train de se refermer sur lui-même. Les systèmes qu’il a mis en place créent des obstacles à l’émergence de nouveaux types d’agriculture, au développement de produits originaux et à l’exploration de nouvelles possibilités commerciales. »

Gâchis complet

Pourquoi ces amendes ne sont pas simplement des dettes, portées au passif de deux fermiers ? Comment il se fait qu’on emprisonne encore des gens dont, à la limite, on aurait pu saisir des biens ? Au moment où les prisons débordent, que fait un fermier honnête à Bordeaux ?


Une amende est une amende, vous dira-t-on, et quand elle n’est pas payée, elle est envoyée aux gens de la Justice, qui font suivre avec les moyens usuels de recouvrement. Quelle que soit la raison de l’amende, infraction agricole ou criminelle.

Et voilà comment Yves Desrosiers s’est retrouvé dans un corridor de l’aile G de la prison de Bordeaux, à payer « sa dette à la société ».

« Je repense à ce qu’on a fait depuis 1980, avec mon père, et je trouve qu’on ne méritait pas ça ; j’ai une grosse rage en dedans, m’a dit André Desrosiers hier après-midi, en sortant de la prison où il a rendu visite à son frère. On ne voulait pas s’enrichir, on est juste des gens qui voulaient humaniser l’agriculture. »

Ils avaient réalisé leur rêve, leur production était unique, mais apparemment, elle ne pouvait pas survivre dans le carcan du lait québécois. La ferme est en faillite, le produit n’existe plus, M. Desrosiers est en prison. Le gâchis est complet.

Il y en a qui diront que les Desrosiers, des gens pas toujours raisonnables, sont les seuls responsables. Je réponds que c’est ce système qui a perdu la raison.

17 février, 2008

La « gogauche » noyaute l’enseignement

Le texte de Jonathan Hamel exprime clairement pourquoi le Québec reste enliser dans le système « l’État-fait-tout », alors que nos partenaires économiques ont abandonné ce concept il y a plus de vingt ans et foncent en avant à toute vapeur.

Les étudiants, du primaire à l’université, sont endoctrinés par des professeurs d’allégeance « gogauche ». Ce processus est activement appuyé par les syndicats et les bureaucrates du ministère.

La plupart de ces étudiants reconnaîtront les faussetés qu’on leur a enseignées lorsqu’ils accéderont au marché du travail. Toutefois, ils auront perdu beaucoup de temps inutilement. Malheureusement, les plus fragiles seront irrécupérables. Ils deviendront des bureaucrates, des professeurs et des syndicalistes qui contribueront à maintenir le Québec dans l’immobilisme.

Il est temps de lancer un site internet (note2be) pour évaluer les profs comme le font les étudiants français


Jonathan Hamel, le 15 février 2008

La dictature universitaire

Ce qu’il y a de bien à l’université, c’est que c’est un espace de discussion d’idées.

Le problème, c’est lorsque le professeur impose ses vues et décide de dénigrer celles des autres.

Eh bien, mon professeur en politiques de la santé est à ce niveau. Il s’est aujourd’hui livré à une critique du rapport Castonguay, de la décision Chaouilli et tout ce qui se rapportent comme décisions en faveur du privé. Le pire, c’est que tous les étudiants acquiesçaient et en rajoutaient. “L’hôpital privé lucratif veut faire des profits avant tout et se fout des gens”, “les compagnies d’assurance vont se lécher les babines”, “on va américaniser notre système de santé”. Tout le monde contre toute forme d’intervention du privé. “Mais dans quel monde suis-je tomber ? pensais-je” Les réflexes étatiques pour aider chaque petit problème sont légions.
De plus, le professeur veut nous montrer le film de Michael Moore pour nous faire voir “les travers du système américain”.

On a un rapport de 30 pages à faire sur un enjeu en santé. J’avais décidé de le faire sur l’accessibilité en comparant le Canada et les États-Unis en lui spécifiant que je trouvais ça intéressant le fait que les établissement de santé américain ne pouvaient pas laisser mourir quelqu’un, il y avait obligation de le soigner. Il a pas trop aimé mon allusion et m’a répondu que oui le médecin va sauver la vie du patient mais celui-ci va se retrouver avec un méchant bill.

Il n’y a rien à faire. Il va m’attendre avec une brique et un fanal et la moindre nuance de ma part du système américain va être démolie. Comment peut-on rester dans un cours comme cela ?

Certains professeurs laissent la place à un certain débat. Ce professeur non. Mais bon, il n’y en a pas de débat tout le monde est d’accord pour dire que le système doit rester socialisé.

Je disais dans mes billets précédents que l’individualisme méthodologique pris intégralement me créait un malaise, mais les réflexes étatiques égalitaristes et socialistes, encore plus. Les gens ne sont pas égaux, il faut gérer cette différence et permettre des milieux de solidarité plus spontanée et proche des gens afin de gérer celle-ci. Les grands intellectuels élitistes qui veulent du haut de leur tour créer des grands programmes pour régler chaque problème et déresponsabiliser ainsi le citoyen de ses propres comportements me dérangent véritablement.

Pour l’instant je vais mettre mes énergies ailleurs. Je n’ai pas d’énergies à perdre dans un cours où le sort est joué d’avance. J’ai déjà eu plusieurs cours en science politique où j’étais confronté à des idées contraires, toutefois il y restait un respect pour la rigueur de l’argumentation. Ici, on a affaire à un jeune professeur venu d’une grande école qui a décidé d’imposer ses vues, nous faire lire des articles de journaux et démolir les arguments de ceux qui pensent que notre système doit faire place au privé. Désolé, mais le socialisme ou l’étatisme, ça, je ne peux pas accepter ça!

15 février, 2008

Qu'est-ce que avez fait depuis vingt ans?

Dans son texte, Alain Dubuc fustigent les directeurs de la Santé publique du Québec. Il leur reproche d’avoir soumis au groupe de Claude Castonguay un mémoire biaisé et militant.

Faut-il se surprendre que leur mémoire soit clairement biaisé en faveur du maintien d’un système public? Ces directeurs sont des fonctionnaires à la solde du système. Pour eux, la venue du privé est l’équivalent d’introduire le loup dans la bergerie.

Comme dans tout autre domaine le monopole profite à ceux qui le contrôlent. Les directeurs de la Santé publique ont tout à perdre et rien à gagner à mettre fin à un monopole où les plus médiocres ne sont jamais remis en question. Le mémoire conclue, le plus sérieusement du monde, que la clé, c'est une meilleure gestion du réseau public.

Une question : Qu’est-ce que vous avez fait depuis vingt ans? Vingt ans pour rôder un système cela me semble suffisant!

Pourquoi est-il si difficile de comprendre que la compétition est le seul moyen d’assurer l’amélioration constante des processus de gestion?


Le vendredi 15 fév 2008
Les croisés de la santé publique

Alain Dubuc
Collaboration spéciale, La Presse

Les directeurs de la Santé publique du Québec ont rendu public mercredi un document qu'ils avaient remis au groupe de travail dirigé par Claude Castonguay, où ils «font le point» sur le rôle de secteur privé en santé, pour en fait s'opposer à une plus grande place du privé.

Ce document renforce ma conviction que, dans les débats politiques et sociaux, les directions de santé publique ont cessé d'être un lieu de rigueur scientifique pour devenir des officines militantes. Ce document est indigne de spécialistes qui ont aussi pour rôle d'éclairer.

Je peux parfaitement comprendre qu'ils s'inquiètent d'une pénétration accrue du privé, notamment parce qu'il y a un risque d'affaiblir le réseau public et de pénaliser les clientèles les plus vulnérables. C'est une question très sérieuse. Et c'est pour cela qu'il y a débat.

S'il y a débat, c'est aussi parce qu'une place du privé peut comporter des avantages. Et comme dans toutes ces grandes réflexions, il faut confronter les plus et les moins, évaluer la portée des avantages, voir s'il y a des façons de réduire les risques. Mais ce n'est pas ce que font les directeurs de santé publique, dont le document est un plaidoyer à sens unique, où l'on a ramassé tout ce qui existait comme arguments contre le privé, et où l'on conclut que l'introduction du privé ne comporte que des désavantages. C'est, à sa face même, une injure à l'intelligence.

Les directeurs de santé publique ont donc choisi le mode militant, avec les raccourcis propres au genre. Leur charge à l'emporte-pièce comporte quatre éléments qui me paraissent inacceptables.

Premièrement, la négation. Pour clore le débat avant qu'il ne commence, il suffit de dire qu'il n'y a pas de crise: il n'y a pas de choc démographique lié au vieillissement, pas de pressions indues des dépenses de santé sur les finances publiques. Pour y arriver, on joue sur les mots, on joue aussi avec les chiffres. Voici les miens, qui sont ceux de l'Institut canadien d'information sur la santé. Les dépenses de santé par rapport au PIB sont passées de 8,9%, en 1996, à 10,3% en 2006, ce qui n'est pas rien. En termes réels, les dépenses par personne ont grimpé de 44% sur la même période, plus de 4% par année, au-dessus de l'inflation par année. Au Québec, les dépenses de santé du gouvernement ont crû de 6% par an, une augmentation qui semble insuffisante pour satisfaire les besoins d'un système débordé. Peut-on sérieusement nier l'existence de ces pressions?

Deuxièmement, pour répondre à l'argument que le Canada est une exception et que les ouvertures au privé envisagées se font partout ailleurs, les directeurs répondent en disant que le Canada est un pays où le privé joue déjà un rôle important. C'est une pirouette simplette. Il est vrai que 29% des dépenses de santé sont privées au Canada, ce qui nous place en milieu de peloton. Parce que le système canadien ne couvre pas les lunettes, les dentistes, les médicaments. Mais le privé est beaucoup moins présent qu'ailleurs dans les activités qui font l'objet du débat, la pratique médicale et les hôpitaux.

Troisièmement, encore l'épouvantail américain. «Nos voisins du Sud ont fait un choix différent», note le document. Mais justement, c'est un choix que personne ne propose. «Un financement public (ou quasi public) est plus efficace qu'un financement privé pour gérer les coûts de santé d'une population.» Personne ne veut de financement privé. Cette façon d'être à côté de la plaque est une forme de malhonnêteté intellectuelle.

Quatrièmement, les DSP évitent soigneusement de répondre aux questions qui font l'objet du débat. On ne discute pas d'un système à l'américaine, mais d'une ouverture très limitée à des activités privées, par exemple confier certaines tâches à des cliniques privées, le cloisonnement entre la pratique publique et privée pour les médecins, la portée des assurances privées, la place du privé dans la gestion. La santé publique aurait pu évaluer si de telles pratiques affectent la justice et l'accessibilité là où ça se fait, c'est-à-dire partout, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Danemark, en Suède, en Autriche, en Australie, etc. Et si ces pays ont trouvé des façons de baliser le privé et de gérer les risques qu'on lui associe.

C'est très dommage. Parce que je suis d'accord avec leur vraie conclusion, que la clé, c'est une meilleure gestion du réseau public. Le recours au privé ne peut être qu'une solution d'appoint. Mais peut-on en discuter sans sombrer dans le militantisme primaire? Et les directeurs de santé publique pourraient-ils se calmer un peu, retrouver le sens de l'équilibre et la rigueur qu'on associe encore à leur fonction?

13 février, 2008

La gestion de l’offre, un concept périmé

Les commentateurs et analystes qualifient le rapport déposé hier par la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire de rien de moins que « révolutionnaire ». Pourtant, le rapport contient une seule recommandation, mettre fin au monopole de l’UPA, que l’on peut à la limite qualifiée de « timidement osée ».

Ce rapport aurait mérité le qualificatif de « révolutionnaire » s’il s’était attaqué au système de gestion de l’offre. Comme l’explique Pierre Duhamel dans son texte, ce concept est dépassé. Il appauvrit l’ensemble des Québécois en gonflant artificiellement le prix des denrées alimentaires de première nécessité.

À l’origine ce concept a été justifié par l’argument qu’il fallait permettre aux agriculteurs de gagner un revenu décent. Les résultats démontrent encore une fois que les bonnes intentions ne suffisent pas.

Les forces du marché ont habilement déjoué les bonnes intentions. Par exemple, le système de quota* utilisé pour contrôler l’offre de l’industrie laitière a créé une rareté et la valeur des quotas s’est emballées. Au départ, des quotas qui valaient 0$ atteignent maintenant 30 000$. Bien sûr, les agriculteurs qui ont reçu les premiers quotas se sont enrichis. Mais, ce système, en multipliant par deux et même trois le prix d’une ferme, a créé plus de problèmes qu’il n’en a résout.

Ainsi, un système qui devait assurer un revenu décent aux agriculteurs a aujourd’hui pour effet d’appauvrir les agriculteurs et les consommateurs.

Le sujet est tellement tabou que même une commission indépendante n’ose pas l’aborder. Pourtant, il faudra bien un jour faire face à la musique et corriger les erreurs de nos politiciens bien intentionnés mais, qui souffrent de myopie mentale.

* Dans le cas des fermes laitières, un quota représente la production annuelle d’une bonne vache à lait.

C’est lait
L'Actualité.com, February 13, 2008, 10:28:46 AM

Pierre Duhamel

Imaginez qu’un gouvernement nul en économie décide d’octroyer des « droits de production » aux entreprises du secteur aéronautique. Pour avoir le droit de produire un moteur d’avion ou n’importe quel autre pièce, il faudrait acheter la permission de le faire.

Aux yeux de ce gouvernement, cela aurait bien des avantages. Les concurrents étrangers n’auraient pas accès au marché local car ils ne pourraient pas acheter ces droits de production. Nos entreprises seraient donc protégées, surtout si on ajoute un tarif douanier de 240 % à ceux qui seraient tentés de nous vendre une aile… d’avion.

Évidemment, les coûts de production seraient plus élevés, mais on assurerait en retour un revenu garanti aux entreprises.

Cela n’aurait évidemment aucun sens. Les prix des fournisseurs locaux seraient prohibitifs et vos propres prix ne seraient pas concurrentiels dans d’autres marchés. Au lien de vous moderniser et de former vos employés, vous seriez pris à acheter ces foutus « droits de production » qui coûtent une fortune. Impossible aussi de vendre votre entreprise, rendue prohibitive par ces maudits droits.

Résultat : on se retrouverait avec un secteur aéronautique où on investit peu, où nos coûts de production seraient trop élevés et où il serait quasiment impossible d’exporter. Il y en a certains qui répèteraient à l’infini que ce système est épatant puisque les subventions seraient moins élevées que dans d’autres pays et que le marché local permettrait à quelques entreprises de rester en affaires. Wow !

C’est exactement le genre de raisonnement que l’on nous sert quand on parle de la gestion de l’offre dans l’agriculture. Le prix du lait augmente deux fois plus vite que l’inflation, il est quasiment impossible d’exporter, il y a de moins en moins de vaches et de fermes au Québec, les agriculteurs sont endettés jusqu’à l’os et les jeunes n’ont pas les moyens d’entrer dans le marché.

Malgré le triste bilan que la Commission Pronovost fait de l’agriculture québécoise (appauvrissement, prix élevés, manque de relève), elle appuie le maintien de la gestion de l’offre et les organismes de mise en marché.

Je ne suis pas un expert, mais il me semble qu’elle passe ici à côté de l’essentiel. Dénoncer le monopole de l’UPA c’est bien, mais remettre en question le piège économique qui tue à petit feu notre agriculture aurait été mieux.

12 février, 2008

La torture est permise au Québec

Dans son texte, Christian Rochefort décrit l’enfer vécu par sa fille et les autres patients présents à l’urgence du CHRTR le 6 février dernier.

Le fait de devoir attendre plus de quelques minutes ou au pire quelques heures dans une urgence d’hôpital équivaut à torturer les gens qui s’y présentent.

On appelle torture l'activité consistant à produire une souffrance intense ou longue, psychologique ou physique, en évitant ou du moins en retardant la mort. Elle peut produire des séquelles et des mutilations, mais c'est un effet secondaire, ou éventuellement un moyen de faire souffrir, et non un but en soi.


Le tortionnaire tient sa victime à sa merci, elle ne peut pas s'échapper. Les objectifs et les motivations du tortionnaire peuvent être divers :



  • .......

  • suivisme ordinaire du tortionnaire* qui ne fait (selon lui) que suivre les ordres ou les procédures ;

La torture est interdite par la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Convention de Genève) (adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1984 et entrée en vigueur le 26 juin 1987) et la troisième Convention de Genève. Toutefois, la torture est encore pratiquée de par le monde, souvent sous couvert soit d'une définition imprécise dans la loi, soit de législations locales floues. (Source : Wikipédia)


* (Politiciens, bureaucrates, syndicalistes, membre du C.A. qui, par incompétence ou négligence, permettent que de telle situation se produisent)


Le cas d’Alyane devrait être rapporté aux Nations-Unis.


Le mardi 12 fév 2008
Bouillie pour les chats
Christian Rochefort, Le Nouvelliste, Trois-Rivières


Mercredi 6 février, 21 h 40. Ma fille, Alyane, basketteuse aux couleurs du STR, dispute les cinq dernières minutes d'une partie à Keranna. Dans le feu de l'action, en s'arrêtant trop brusquement, elle se déchire le ligament croisé du genou gauche. Tous les joueurs de basket savent à quel point cette blessure engendre une souffrance aiguë.


Nous fonçons rapido à l'urgence du CHRTR. Le sang s'est répandu à l'intérieur de son articulation. Au triage, un peu comme les vaches Holstein, la voilà sous le «code 4», à 22 h 40, soit près d'une heure après sa blessure.Les heures passent, passent, et passent encore...

Au cours de la nuit, tout ce qu'on a donné à ma fille pour calmer la douleur se résume à deux comprimés d'un anti-inflammatoire. J'ai dû discuter ferme pour obtenir des sacs de glace afin de les appliquer sur son genou. Des trois médecins travaillant ce soir-là, nous a-t-on dit, il n'y en avait plus qu'un à minuit.

Au p'tit matin du jour suivant (!), un jeune père qui était là depuis la veille avec un bébé d'un an et demi dormant sur son ventre avec une énorme bosse au front, s'est informé de la possibilité de voir un médecin avant le début de son quart de travail. Il semble que non puisque l'homme a rhabillé le bébé et l'a conduit à la maison après une nuit blanche.

Plus loin, une ado au poignet peut-être brisé est là depuis ...24 heures ! Non loin d'elle, une dame âgée, visiblement très fatiguée, arrivée, elle aussi, le jour précédent.

Pendant toute la nuit, alors que la salle était bondée, je n'ai pas beaucoup vu le personnel médical, ni entendu les appels pour rencontrer les patients. Par contre, j'ai vu beaucoup d'agents de sécurité. J'ai vu beaucoup de gens affaiblis quitter sans être appelés après de nombreuses heures d'attente.

Quelques chiffres pris dans un dépliant de la Fondation du CHRTR intitulé «Aidez-nous à faire la différence». On quantifie les ressources: 225 médecins, 2500 employés,140 000 visites à l'urgence. À l'urgence, on a effectivement le sentiment d'être en visite et l'impression, assez désagréable, que nous ne sommes pas nécessairement là pour être traités rapidement, même avec un ligament déchiré et un genou injecté de sang. Vous avez dit urgence ?

Serment d'Hippocrate

Quelques extraits parus dans le magazine Philosophie, octobre 2007, page 28.


- «Mon premier souci est de rétablir, de préserver la santé dans tous ses éléments...»


- «Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté...»


- «Je ferai tout pour soulager les souffrances...»


- «...Que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque.»

Il ne semble pas question des délais dans le serment d'Hippocrate...


En fin de compte, ma fille a été traitée, et bien traitée par le médecin ...12 heures après son arrivée ! Mais votre structure d'intervention à l'urgence, pour ce qu'il est convenu d'appeler les codes 3 et 4, c'est de la bouillie pour les chats.

11 février, 2008

La différence c’est le « système »

Anne Marcotte décrit dans son texte comment elle en est arrivée à s’associer à Renée Rivest pour créer le Groupe ReGain Inc., un succès entrepreneurial.

À la lumière du texte d’Anne on comprend mieux pourquoi ce sont les entrepreneurs qui font avancer le Québec. Pouvez-vous imaginer ce qui se serait passé si Anne et Renée avaient été fonctionnaires dans un monopole d’État? L’éclair de génie de Renée n’aurait jamais germé et Anne n’aurait rien pu faire pour l’aider.

Pourtant, si Renée et Anne avaient été des fonctionnaires elles auraient eu les mêmes compétences d’entrepreneur. La différence c’est le « système ». Un système bureaucratisé et hiérarchisé comme celui d’un monopole d’État gobe toutes les énergies des fonctionnaires en activités inutiles et souvent dégradantes. Les initiatives sont au mieux mal perçues, ou pire, condamnées. Dans un tel contexte, les fonctionnaires apprennent qu’il est préférable de canaliser leurs énergies créatives à l’extérieur du bureau.


Femmes d'affaires, affaires de femmes
L'effet papillon
Anne Marcotte*, Argent Canoë.ca, le 11 février 2008

Un jour, je me suis retrouvée dans un bistro en Belgique. Et j'ai pris place sur une célèbre banquette. Une petite plaque vissée sur le dossier indiquait qu'il s'agissait de la banquette préférée de l'auteur, compositeur et interprète français Jean-Jacques Goldman. Mais qu'est-ce qui avait bien pu m'amener à un tel endroit ? Réponse : « L' effet papillon ». Vous connaissez le concept ?

Dans la théorie du chaos, la métaphore est utilisée pour aborder le phénomène fondamental de sensibilité aux conditions initiales. En langage plus clair : « Un papillon battant des ailes en Australie peut très bien engendrer un raz-demarée au Canada. » C'est donc dire qu'une situation en apparence sans grande importance peut avoir une évolution imprévisible et conduire à des résultats considérables. N'est-ce pas fascinant d'un point de vue affaires ?

Tout ça à cause de...

Flash-back sur le battement d'ailes du papillon ou, si vous préférez, le début de l'histoire. J'assistais à une séance de formation donnée par Renée Rivest, une jeune consultante de Québec. Cette dernière avait eu l'idée d'associer les personnages de Tintin à des principes de management. C'est plutôt original comme méthodologie pour démystifier la communication interpersonnelle, n'est-ce pas ?

Pourquoi présenter alors un concept aussi riche en couleurs à l'aide d'un support aussi ennuyeux ? lui demandaije en faisant allusion à ses acétates en noir et blanc. Il m'apparaissait évident qu'une présentation multimédia serait bien plus à propos. Renée me répondit : « Je n'ai pas les droits pour projeter les images mais je rêve de les obtenir car je crois avoir un succès entre les mains. »

Après mon entretien avec elle, je compris qu'elle aurait plus de chances de convaincre Moulinsart (l'entreprise belge qui gère les produits dérivés de l'oeuvre de Hergé) si elle présentait une production démo pour appuyer sa demande.

Problème : elle n'avait pas les budgets pour une telle production.

Solution : je lui offris de produire le tout gratuitement, à titre de partenaire d'affaires. Je venais de me connecter au rêve de Renée. Rêve qui pouvait aussi générer d'éventuelles retombées pour ma propre entreprise.

Deux mois plus tard, Renée et moi prenons place dans un bistro en Belgique (moi sur la banquette de Goldman !) en compagnie des représentants de la veuve de Hergé. Ils ont adoré le concept et ont accepté d'octroyer une licence exclusive de droits d'auteur. Quelle aventure ! Mille millions de mille sabords, aurait sûrement dit le Capitaine Haddock.

Vous croyez que l'« effet papillon » s'est arrêté ici ? Pas vraiment.

Un raz-de-marée entrepreneurialRenée a connu un bouleversement. Une sorte de raz-demarée entrepreneurial. En fait, plusieurs autres battements d'ailes générés par l'« effet papillon » se sont enchaînés pour son entreprise et la nôtre. Groupe ReGain inc. est devenu la seule et unique firme du monde à avoir les droits sur l'imagerie pour une méthodologie en management. Cette histoire a fait la une des journaux.

Depuis, les clients ne cessent de se multiplier et ses conférences rayonnent sur les marchés internationaux. Son livre, Êtes-vous Tintin, Milou, Haddock... l'aventure humaine au travail, est maintenant répertorié cinq fois « best-seller ».

Vous voulez prendre place sur la banquette ?Dans cette histoire, j'aurais pu demeurer un témoin, et « l'effet papillon » aurait pu ne pas déployer ses ailes. J'aurais pu me retirer au moment où les conditions initiales du projet présentaient un problème. Si tel avait été mon choix et que je n'avais pas proposé une solution, jamais je n'aurais pu prendre place sur la célèbre banquette. Et vous, quelle place voulez-vous dans les projets qui cherchent à prendre leur envol autour de vous ?

*Anne Marcotte est présidente de Vivemtia et peut être jointe à anne.marcotte@vivemtia.ca

08 février, 2008

Le Québec peut-il rattraper l’Irlande?

De 1960 à 1980 l’économie du Québec a fait un bon en avant formidable. Ce miracle a convaincu tout le monde qu’il y avait un modèle québécois de développement. De 1980 jusqu’à tout récemment, il était interdit de remettre en question le modèle de l’État-fait-tout sous peine d’excommunication par tous les grands prêtres de la gogauche.

Au contraire, au milieu des années 1980, les Irlandais en ont eu assez de l’immobilisme engendré par l’État-fait-tout. L’Irlande libéralisa son économie. Les entrepreneurs et investisseurs irlandais, européens et même nord-américains affluèrent. L’Irlande se développa à la vitesse grand V.

Le résultat : de 1982 à 2006 le niveau de vie des Québécois est passé de la 12ième place à la 17ième place des pays de l’OCDE; au cours de la même période, celui des Irlandais est passé de la 24ième à la 4ième place.

Donc, je propose d’envoyer le gouvernement du Québec en Irlande et d’amener celui de l’Irlande au Québec. Ainsi, dans vingt ans nous aurons peut-être rattrapés l’Irlande.


Le mercredi 30 janv 2008
BRIGITTE BRETON : Cap sur la richesse
Le Soleil

Alors que les mots ralentissement économique et récession reviennent continuellement dans l’actualité, les politiciens québécois tenteront plutôt au cours des prochaines semaines d’utiliser les termes prospérité économique, création de richesse, productivité et modernité. Un lexique que les Québécois ont avantage à partager avec eux afin de hausser leur niveau et leur qualité de vie.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, vient de soumettre son document de consultation en prévision du budget. Pauline Marois, chef du Parti québécois, a exposé la semaine dernière sa vision économique devant des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Les deux femmes n’appartiennent pas à la même formation politique, mais le regard qu’elles faire sur l’état de l’économie et sur son avenir se ressemble sur certains points.

Dans les deux présentations, il ne fait aucun doute que le Québec doit poser des gestes pour accroître sa productivité et sa richesse collective. Les deux femmes préviennent de ne pas se laisser berner, de ne pas s’assoupir devant une économie qui semble se tirer bien d’affaire. Le faible taux de chômage et la création d’emplois ne font pas foi de tout et ne garantissent pas que l’avenir sera rose. D’autres éléments sont inquiétants et méritent qu’on s’y attaque.

Les deux politiciennes rappellent que l’objectif visé est juste. Si le Québec veut financer ses programmes sociaux, maintenir et améliorer ses infrastructures publiques, lutter contre la pauvreté, protéger l’environnement et assurer une meilleure qualité de vie à tous, la richesse collective doit forcément croître.

Or, la province affiche un retard. Depuis cinq ans, souligne Mme Marois, la richesse a augmenté en moyenne de 2 % par année au Québec, comparativement à 2,7 % au Canada et à 2,9 % aux États-Unis. En 2006, le niveau de vie se chiffrait à 33 966 $ au Québec. Il s’élevait à 41 117 $ en Ontario et à 45 247 $ aux États-Unis. Entre 1982 et 2006, le niveau de vie des Québécois, comparé à celui des principaux pays de l’OCDE, est passé du 12e au 17e rang, indique le document prébudgétaire de Mme Jérôme-Forget.

Ainsi revient sur la table la question de la productivité. Si Lucien Bouchard s’est fait rabrouer parce qu’il a dit maladroitement que les Québécois ne travaillaient pas assez, Pauline Marois insiste sur l’importance d’accroître la productivité des entreprises afin d’augmenter leur niveau de compétitivité. Cela est d’autant plus nécessaire devant la forte concurrence des économies émergentes.

La ministre signale de son côté que les gains de productivité deviendront la principale source d’accroissement de la richesse puisque la population en âge de travailler est en baisse. Comment augmenter cette productivité et stimuler la prospérité? Mme Jérôme-Forget demande si le gouvernement doit favoriser la croissance des investissements privés et si oui, par quels moyens.

Le prochain budget devra fournir des pistes claires et trouver le dosage adéquat d’interventionnisme étatique qui permettra de propulser l’économie québécoise.

Les libéraux ont décidé de mettre l’accent sur l’économie en 2008. Avec le ralentissement qui sévit chez le voisin américain, avec la compétition des pays émergents, avec le déclin démographique, l’opposition sera bien forcée de s’y intéresser aussi.

Si la chef péquiste a dévoilé les grandes lignes de sa pensée économique, l’Action démocratique du Québec de Mario Dumont mettra à jour ses positions économiques au congrès de la mi-mars, «Façonner la modernité».

Les trois partis s’entendent pour dire que le statu quo ne sert plus les intérêts des Québécois. Pour un Québec accusé maintes fois de se complaire dans l’immobilisme, c’est déjà un début.

07 février, 2008

La solution : les entrepreneurs

Dans le texte qui suit, Anne marcotte décrit le dynamisme qui anime un entrepreneur. Cette anecdote permet de comprendre pourquoi l’efficacité d’un organisme étatisée sera toujours à des années lumières de celle d’une entreprise privée.

Il est possible d’imaginer un système d’éducation (ou de santé) où les écoles seraient gérées par des entrepreneurs qui seraient en compétition pour attirer les élèves. Dans un tel système des directeurs d’école dynamiques travailleraient en équipe avec les profs pour concocter des solutions adaptées aux besoins spécifiques de leur clientèle. Le décrochage serait une chose du passé, les élèves québécois rivaliseraient avec les meilleurs au monde et les coûts diminueraient.

Une utopie! On pourrait au moins essayer plutôt que de s’acharner à raccommoder un système en faillite.

48 heures
Anne Marcotte, Mise à jour: 04/02/2008 07:30

C'était un soir qui s'annonçait comme les autres. Et il aurait pu rester comme les autres. Mais en zappant à la télé, je me suis arrêtée sur une émission. Un concept de téléréalité. Puis, il y a eu cette séquence de 60 secondes. Cette toute petite minute allait soudainement chambouler l'horaire de mes 48 prochaines heures.

En fait, je venais de repérer une affaire en or. Je ne tenais plus en place, tellement j'avais hâte de passer l'action. Et il n'était pas question de laisser une autre entreprise s'emparer de cette occasion.

Une question de " timing "

J'ai eu de la difficulté à bien dormir cette nuit-là. Tout se bousculait dans ma tête. Je savais que le succès éventuel de cette affaire serait une question de " timing ".

Sitôt arrivée au bureau, je rassemble rapidement les membres de mon équipe.

-- Avez-vous regardé Star Académie hier soir ? Et est-ce que quelqu'un a vu ce que j'ai vu ? leur demandai-je avec empressement.

-- Tu dois sûrement parler de cette fille qui a surpris tout le Québec en imitant le son de son fromage préféré, celui qui fait skouik, skouik..., me répondit-on.

Au même moment, je fais apparaître sur mon écran le site Internet de la compagnie qui produit le fameux fromage. Complètement enthousiasmée, j'enchaîne en leur disant : " On était des centaines de milliers de téléspectateurs à regarder cette émission hier soir. Je ne dois sûrement pas être la seule à avoir eu envie d'aller visiter son site, qu'en pensez-vous ? "

Après que je lui eus expliqué les grandes lignes de mon idée encore embryonnaire, mon équipe a vite saisi où je voulais en venir. On s'affaire alors rapidement à faire marcher nos réseaux de contacts.

Quelques minutes plus tard, nous sommes en ligne avec les propriétaires de la fromagerie. On leur explique qu'on a une bonne idée pour eux. Un concept de concours Internet qui va leur permettre de maximiser encore plus l'impact de cet événement télé qui doit générer actuellement bien du trafic sur leur site.

En nous appuyant sur notre expertise et notre expérience, nous leur spécifions qu'il faut faire vite pour profiter du momentum. Il n'y a pas une minute à perdre. Ils acceptent de venir nous rencontrer. Génial.

Quand ? Problème : impossible pour eux d'être là avant 48 heures.

Attendre 48 heures avant de rencontrer le client, c'était trop long. Ça diminuait l'impact de notre concept qui devait prendre forme le plus rapidement possible afin de saisir pleinement le momentum. Par ailleurs, produire le concept en 48 heures, sans avoir au préalable rencontré le client et reçu son approbation, impliquait un sérieux risque. On pouvait investir des efforts et des sommes dans un projet qui ne serait peut-être même pas retenu par le client.

Les doigts croisés, on remania complètement le plan de production de la semaine. Oh ! oh ! heures supplémentaires obligées (ça coûte cher, les heures supplémentaires !). Tant pis, il faut ce qu'il faut. On a travaillé très fort sans jamais revenir sur notre décision. On avait simplement confiance en notre idée. Et on avait 48 heures pour y arriver.

L'heure du rendez-vous a fini par sonner. Eh oui, on l'a eu, le mandat !

Ce qu'on peut retenir

C'est certain qu'il aurait été plus facile et moins risqué de fermer l'oeil sur cette occasion. Il aurait été plus facile de ne pas faire marcher nos méninges. De ne rien chambouler. Mais un entrepreneur n'est pas là pour emprunter le chemin de la facilité. Un entrepreneur est là pour détecter et saisir pleinement les occasions. Son rôle est de maximiser les chances de faire vivre toutes les idées que son équipe et lui jugent potentiellement intéressantes et prometteuses. Et ce rôle, il doit l'assumer, heure après heure.

05 février, 2008

Comment combattre la pauvreté?

Le taux de pauvreté au Canada est inversement proportionnel au taux d’emploi.


(Source : C. D. Howe Commentary)

Donc, pour réduire la pauvreté il faut créer plus d’emplois. Comment?

Ce sont les entrepreneurs et les investisseurs qui créent des emplois. Donc, il faut les encourager à en créer davantage. Comment?

Les entrepreneurs et les investisseurs vont là où ils se sentent bienvenu. Donc, il faut créer un environnement attrayant. Comment?

Simplement en réduisant l’interventionnisme de l’État.

Le Québec est la province la plus interventionniste et comme par hasard c’est aussi celle qui compte le plus d’assistés sociaux, donc, de pauvres.

(Source : C. D. Howe Commentary)


03 février, 2008

Le secret du succès des Patriots : l’organisation du travail

Stéphane Laporte dans le texte qui suit oppose l’efficacité des Patriots à l’ineptie des cols bleus. Le « canyon » qui sépare l’organisation du travail des deux équipes explique leur performance respective.

Si le football était un monopole d’État et que les joueurs étaient syndiqués, quelle serait la fiche de Bill Belichick? Probablement 0 – 19. Les Patriots serait la risée du monde entier.

L’efficacité d’une équipe résulte de l’utilisation optimale de chacun des joueurs. Si les joueurs de Bill Belichik choisissaient leur position selon l’ancienneté qu’arriverait-il? Si les politiciens dictaient au club les heures de pratiques, le menu des joueurs, les conditions d’emplois, etc. croyez-vous vraiment que Bill aurait une fiche de 19-0?


Le dimanche 03 fév 2008
Si les Patriots étaient les cols bleus
Stéphane Laporte
La Presse

Dix-huit victoires, aucune défaite. C’est la fiche des Patriots de la Nouvelle-Angleterre en ce moment. S’ils gagnent le Super Bowl, ils auront une fiche parfaite. 19-0. Qui a dit que la perfection n’était pas de ce monde ? Un paresseux.

Imaginez, si les Patriots étaient les cols bleus de Montréal, il n’y aurait plus un seul nid-de-poule dans toute la ville de Montréal. La neige qui tombe aujourd’hui serait déjà ramassée. La ville serait nickel. On pourrait manger sur les trottoirs.

Bien sûr, la perfection en groupe n’est pas facile à atteindre. Des petits parfaits isolés, c’est plus courant : Nadia Comaneci, Tiger Woods, Mario Dumont. C’est rare, mais ça se peut. Un ensemble parfait, c’est un miracle.

Supposons que Tom Brady est un col bleu. Son quart de travail débute à 9 h. Il est là à 8 h. Il a posé tous les cônes orange autour du trou. Il a nettoyé le trou, commencé à briser la chaussée abîmée. Il attend les gars pour couler le nouveau revêtement. Les gars arrivent à 10 h. 9 h, c’était l’heure pour aller chercher le camion. Ils sont arrêtés au Tim Horton pour la pause de 9 h 30. Ils ont mangé leurs Timbits. Ils sont prêts à bosser. Ils aperçoivent Brady qui a presque terminé l’ouvrage. Il est allé chez Rona acheter du ciment et une chaudière et il est en train de le poser à la spatule. Tout est égal. Tout est lisse. La rue a l’air d’une fresque de Michel-Ange. Les boys ne sont pas contents :

— Qu’est-ce que tu fais là ?

— Ben je répare le nid-de-poule...

— Ça presse pas...

— Celui-là est presque terminé, on va pouvoir aller faire ceux sur Papineau.

— Wô le casque ! On avait calculé trois jours pour faire ce nid-de-poule-là. La rue Papineau, on n’est pas censé être là avant la semaine prochaine.

— Voyons les gars ! Vous ne voulez pas être les meilleurs cols bleus au monde ? ! Que votre ville soit la plus belle ville au monde ? ! Être fiers de votre travail ? ! Être des exemples pour la société ? ! Que les parents disent à leurs enfants : « Un jour, si tu travailles fort, tu deviendras un col bleu de Montréal » ? ! Et les enfants s’endormiront en serrant leur figurine de col bleu ! Allez les amis, donnez-moi un C ! Donnez-moi un O !

— Donnez-moi un N... Comme dans con ! Les nerfs, le jeune ! Tu vas apprendre à travailler en équipe. Et l’équipe a prend un break.

— Et la rue Papineau ?

Dans six mois, Tom Brady sera semblable aux autres. Ça lui prendra deux jours pour placer les cônes. Un groupe, ç’a toujours tendance à pousser vers le bas. La chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible. C’est pour ça qu’il y a tant de chaînes à réparer.

Pour élever un groupe vers le haut, ça ne prend pas un leader. Il faut que chaque membre du groupe soit un leader. Il faut que chaque membre du groupe veuille se dépasser. Tom Brady a beau être un génial quart-arrière, si sa ligne offensive ne le protège pas, il sera transformé en pouding par la ligne défensive des Giants.

Pour réveiller le meilleur en chaque individu, ça prend un grand coach. Si Bill Belichick était le président du syndicat des cols bleus, tout serait différent. Il aurait fait réaliser à sa gang que la meilleure façon d’être augmentés, d’être estimés, d’être heureux au travail, c’est en travaillant. Donner moins et vouloir plus, c’est fatigant. C’est déprimant.

Les joueurs qui jouent pour toutes les équipes éliminées de la NFL font autant d’argent que les joueurs de la Nouvelle-Angleterre. Ils ont les mêmes Ferrari, les mêmes grosses maisons, les mêmes jets privés. Et aujourd’hui, au lieu de se faire casser en deux en Arizona, ils sont en vacances aux Bermudes. Qu’ont-ils à envier aux Patriots ?

Une seule chose. Qui n’est même pas une chose. Qui ne se touche pas. Qui ne flashe pas. Un sentiment qui vaut plus que toutes les bébelles. Le sentiment du devoir accompli. Le sentiment d’avoir réussi quelque chose en gang. D’avoir réussi à faire fonctionner un groupe d’hommes ensemble. Depuis Adam, c’est la plus périlleuse des tâches. Aussitôt qu’ils ont été deux au paradis, le paradis n’en était plus un. Et le monde depuis, ce n’est que ça, des gens qui n’arrivent pas à faire de quoi ensemble. Ils se jalousent, s’envient, se déchirent, se blessent, se tuent.

C’est pour ça que je prends pour les Patriots aujourd’hui. Les underdogs sont toujours bien séduisants. Mais aujourd’hui les superdogs sont à trois heures de réussir un exploit trop monumental, trop rare, trop contre toute attente, pour ne pas être de leur côté.

Les Giants sont les underdogs face aux Patriots. Mais les Patriots sont les underdogs face au destin. On n’est pas censé se rendre là où ils sont presque arrivés. Il y a toujours une malchance, un ballon qui glisse, un botté raté qui fait que l’on perd dans la vie. Tout est une question de moyenne. Tout s’égalise. Sauf la saison 2007-2008 des Patriots. Elle peut faire partie des exceptions dont on parlera encore dans 30 ans.

Dans ce monde imparfait, ce serait bien, ce soir, d’avoir une vision de perfection. Mais si ce n’est qu’une illusion. Mais si ce n’est que du football. Avoir un exemple que lorsque des hommes travaillent ensemble, même l’impossible est atteignable.

Go Pats go ! Et go cols bleus go !

02 février, 2008

On ne rit pas avec l’impôt!

Dans un petit restaurant de quartier, un homme s'écrie: "Mon fils vient d'avaler un 25 sous et est en train d'étouffer; est-ce que quelqu'un peu m'aider?"

Un client se lève tranquillement et se dirige vers l'enfant; il lui prend les couilles et sert très fort. Effectivement, l'enfant crache la pièce de monnaie.

Le père soulagé lui confie: "Merci beaucoup monsieur, vous avez sauvé mon enfant. Vous avez fait çà de façon très professionnelle, êtes-vous infirmier ou ambulancier?"

"Non, de répondre l'inconnu, mais j'ai de l'expérience dans ce genre de chose: je travaille pour Revenu Québec."

(Merci à Rémy Brodeur)

01 février, 2008

Tous les espoirs sont permis

Depuis la publication du manifeste des lucides en octobre 2005, la question de l'économie préoccupe de plus en plus les Québécois. J'en veux pour preuve le fait que les trois partis d'importance au Québec reprennent à leur compte l'urgence de sortir l'économie québécoise de sa léthargie.

Le danger qu'il faut éviter à tout pris est celui de se laisser convaincre qu'il faut plus d'interventionnisme pour stimuler l'économie. C'est tout le contraire. Il faut créer un environnement invitant pour les entrepreneurs et les investisseurs : moins d'impôts et de taxes, moins de règlementation, une législation du travail modernisée, etc. Si l'environnement économique est suffisamment invitant il ne sera pas nécessaire d'acheter les investisseurs avec des programmes de subventions lourds et coûteux.

Il est plus que jamais important de défendre le droit des Québécois à une économie forte et dynamique. Pourquoi se contenter de végéter dans le peloton de queue alors que nous possédons tout ce qu'il faut pour pavaner dans le peloton de tête.

Le vendredi 01 fév 2008
Bienvenue au club!
Alain Dubuc
La Presse, Collaboration Spéciale

Pauline Marois, chef du PQ, a l'intention d'orienter résolument la politique économique de son parti autour de la création de la richesse. C'est l'intention qu'elle a exprimée, la semaine dernière, lors d'une rencontre privée avec des leaders de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Toutefois, malgré sa transformation en profondeur, l'état de notre économie est aujourd'hui très préoccupant. Si nous voulons faire face aux problèmes, il faut d'abord accepter de les voir. Les Québécois sont moins riches que les Canadiens et beaucoup moins riches que les Américains.»J'ai évidemment des raisons personnelles de me réjouir de la démarche de Mme Marois, après avoir écrit un livre qui s'intitule Éloge de la richesse.

Je n'ai évidemment pas inventé le concept, mais j'ai sans doute contribué à diffuser et à populariser des idées qui n'étaient pas bien vues. Et il est évident que plus le projet de création de richesse fait consensus, plus il fait partie de nos préoccupations, plus il a de chances de se concrétiser. Bref, plus on est de fous, mieux ça ira. Voilà donc une excellente nouvelle.

On peut noter aussi que les propos de Mme Marois retrouvent certains échos de ce que disaient les lucides. «Pendant que le monde avance, nous faisons du surplace. Si nous ne ressaisissons pas, la côte sera encore plus difficile à remonter.»

Le fait que Mme Marois fasse du développement économique un élément central de sa démarche et qu'elle le fasse de cette façon modifie le paysage politique. Le virage important qu'elle entend imposer à son parti la place en fait sur le terrain qu'occupent seuls les libéraux de Jean Charest. Et cela n'est peut-être pas étranger aux sondages, notamment notre CROP des derniers jours. Le PQ est maintenant en tête, avec 35% des intentions de vote, tandis que l'ADQ tend à se marginaliser, ce qui fait que le parti que dirige Mme Marois est redevenu un parti de gouvernement.

Cette convergence entre le PQ et le PLQ sur le terrain économique peut être fructueuse, en ce sens que les deux grands partis, au lieu de se paralyser mutuellement dans des débats de doctrine, devront plutôt se lancer dans une émulation créatrice, où triomphera celui ou celle qui, pour un même objectif de création de richesse, aura les meilleures idées et les meilleures solutions.

Encore faut-il que Mme Marois soit sincère dans sa démarche et que son intérêt pour la création de richesse ne soit pas simplement une concession à l'air du temps. Je n'ai pas de doutes à ce sujet. Mme Marois, dès la remise de son bulletin de candidature à la direction de son parti, en juin dernier, avait déposé un document d'orientation qui disait déjà: «Il faut mettre résolument le cap sur la création de richesse.»

Sa présentation à la Chambre de commerce est par ailleurs d'une clarté qui laisse peu de doutes sur ses intentions. Elle définit précisément ses défis, la productivité, la croissance des exportations, ainsi que la nécessité de tirer profit des grandes tendances mondiales. Et clairement, ses solutions: «Comment relever ces défis? En consacrant nos efforts dans trois champs d'action prioritaires: l'éducation, un environnement d'affaires propice à l'investissement, et la promotion de l'excellence en matière d'innovation, de R&D et de transferts technologiques.»

La vraie question, c'est de savoir si Mme Marois sera capable de faire accepter ce virage à son parti sans avoir à l'édulcorer. On se souvient comment son prédécesseur, André Boisclair, qui professait des idées similaires, a brutalement été rappelé à l'ordre. C'est un défi colossal, parce que Mme Marois doit surveiller en même temps sa gauche, les intraitables radicaux du PQ, en même temps que ses arrières, alors que ses prédécesseurs à la direction du PQ défendent toujours leurs recettes du passé.

Cette semaine, par exemple, dans une rare sortie publique, Jacques Parizeau s'est inquiété du contrôle de la Bourse de Montréal et de l'inaction de la Caisse de dépôt, qui ne détient pas d'actions de la Banque Nationale. Le contraste était fascinant, car il ne s'agit pas d'un débat entre la gauche et la droite, mais d'un conflit entre hier et demain. Le vieux chef parlait de ses vieilles obsessions, tandis que Mme Marois aborde des questions cruciales pour l'avenir du Québec.

Une autre difficulté, c'est qu'un tel virage implique des choix. Il sera difficile, par exemple, d'accélérer la création de richesse en encourageant en même temps une frilosité linguistique qui peut être un frein pour le développement de la métropole. On verra comment Mme Marois entend articuler ses intentions dans un programme précis. Mais en attendant, ceux qui sont préoccupés par les retards du Québec ne peuvent que se réjouir de ce virage annoncé.