Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Les fonctionnaires s’opposent à la semaine de quatre jours. «Il est hors de question de nous faire travailler une journée de plus.»--- Michel Beaudry

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28 décembre, 2007

La religion écologique (5)

Voir d'autres textes sous le libellé « environnement ».

Apocalypse Now

Richard Martineau, Journal de Montréal, 27/12/2007 06h00

On parle beaucoup de religion, par les temps qui courent. L'islam, le catholicisme, le judaïsme, la religion sikh...

Mais il y a une autre religion dont on parle très peu. Une religion relativement nouvelle, qui connaît une croissance phénoménale aux quatre coins du monde et qu'on ne peut critiquer sans passer pour un hérétique: la religion écologique.

Un discours alarmiste

Je ne dis pas que le discours environnementaliste est de la foutaise. Je dis seulement qu'il ressemble parfois à un sermon que nous devons croire les yeux fermés, sous peine d'excommunication.

Je pense entre autres à toutes ces prophéties alarmistes qui prédisent l'Apocalypse dans 15 ou 20 ans.

L'écrivain américain John Bender (merci à monsieur Albert Chartier pour la référence) a compilé toutes les prédictions catastrophiques qui ont été faites au cours des dernières années par des sauveurs de l'environnement.

En voici quelques extraits. Vous allez voir, ça frise le délire.

L'ère de glace

Premièrement, saviez-vous qu'il y a vingt, trente ans, les écolos disaient que la Terre se REFROIDISSAIT? Pas de farce...

«Le refroidissement continuel et rapide de la Terre depuis la Seconde Guerre mondiale est causé par l'augmentation de la pollution de l'air associée à l'industrialisation, à l'urbanisation et à l'explosion de la population...» (Reid Bryson, fondateur du Département de météorologie de l'Université de Chicago, dans Global Ecology: Readings towards a Rational Strategy for Man, 1971)

«La tendance actuelle au refroidissement réduira la productivité de l'agriculture pour tout le restant de ce siècle...» (Peter Gwynne, Newsweek, 1976)

«Le refroidissement du climat a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S'il continue, il provoquera une famine mondiale, un chaos généralisé et même une nouvelle guerre mondiale. Tout cela pourrait survenir avant l'an 2000...» (Lowell Ponte, The Cooling, 1976)

«Si la tendance actuelle se maintient, le monde sera confronté en 1990 à un refroidissement moyen des températures d'environ quatre degrés, et même de onze degrés d'ici l'an 2000... C'est le double de ce qui serait nécessaire pour nous plonger dans un nouvel âge glaciaire...» (L'écologiste Kenneth E. F. Watt, en 1970)

Nostradamus

Le plus rigolo de la bande est sans aucun doute Paul Ehrlich. Cet entomologiste est aujourd'hui considéré comme un zozo. Mais dans les années 70, il était le pape de l'écologie.

Son sujet de prédilection? La surpopulation. Ehrlich a prédit l'Apocalypse de si nombreuses fois qu'il ferait passer Nostradamus pour Einstein. Voici quelques-unes de ses prophéties:

«La bataille pour nourrir l'humanité est perdue. Dans les années 70, le monde connaîtra de très grosses famines. Des centaines de millions de personnes mourront de faim, en dépit de tous les programmes d'urgence déjà entrepris. La seule solution est le contrôle démographique...» ( The Population Bomb, 1968)

«Je suis prêt à parier que l'Angleterre n'existera plus en l'an 2000...» (1969)

«Dans dix ans, toute vie animale aquatique importante aura disparu. Des zones côtières devront être évacuées en raison de la puanteur provenant des poissons morts...» ( Earth Day, 1970)

«D'ici 1985, l'humanité va entrer dans une époque de raréfaction des ressources. On va manquer de ressources minérales de base...» (1976)

À l'époque, tous les scientifiques citaient Paul Ehrlich. Aujourd'hui, il est tombé dans l'oubli. Mais l'Angleterre, elle, est toujours là. Les poissons itou.

24 décembre, 2007


Joyeux Noël



Joies, Paix et Liberté

Quel cauchemar!

J’ai fait un cauchemar la nuit dernière.

Québec solidaire avait pris le pouvoir. Les bien-pensants du parti avaient convaincu Françoise David et Amir Khadir que l’état devait nationaliser le Père Noël. Dans un Québec socialiste, solidaire et égalitaire on ne pouvait pas tolérer un Père Noël à plusieurs vitesses.

Ainsi, le gouvernement avait créé un monopole pour gérer les activités du Père Noël. Pour éviter les abus et les débordements, le ministère du Père Noël avait conçu un formulaire qui devait être dument rempli par tous les enfants du Québec. À cause d’un malentendu entre le ministère et les nombreux comités et sous-comités chargés de concevoir le formulaire, il avait été conçu en anglais. On était le 24 décembre, il était trop tard pour le traduire.

22 décembre, 2007

Québec B. S.

Le 21 décembre, Jim Flaherty, ministre des finances, a annoncé que les provinces riches (l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique) verseront 14,5 milliards aux provinces pauvres (Terre-Neuve & Labrador, Île du Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Québec et Manitoba).

Le Québec recevra la part du lion, un peu plus de 8 milliards (55 %). Cela représente 1 038 $ par habitant.

Personnellement, cela me gêne. Je trouve dégradant d’accepter que le gouvernement prenne de force l’argent des Ontariens, Albertains et Britanno-Colombiens pour la remettre aux Québécois.

Le Québec est une province apte au travail. Collectivement nous ne souffrons pas d’un handicap physique ou mental. Notre pauvreté relative découle des choix que nous avons faits : environnement économique contraignant, monopoles gouvernementaux peu efficace, fiscalité néfaste aux investissements et au travail, une dette devenue un boulet, etc. Au moins, nous devrions avoir la fierté d’en supporter les conséquences.

Nous sommes devenus des assistés sociaux qui n’hésitent pas à profiter du système.

21 décembre, 2007

Dommage, c'était une si belle ville!

Encore une fois la réalité démontre jusqu’à quel point la saga des fusions-défusions coûte cher aux Montréalais et aux Québécois. Cette saga dure depuis plus de dix ans. Elle a coûté des centaines de millions en frais directs et en perte d’efficacité. On ne voit toujours pas la lumière au bout du tunnel. Alors que toutes les énergies des politiciens et des bureaucrates sont concentrées à régler les problèmes journaliers de fonctionnement ou à échafauder des solutions électoralistes, Montréal périclite. Le classement du Conference Board sur la capacité des villes d'attirer des travailleurs hautement qualifiés classe Montréal au 14e rang des 27 villes canadiennes.

Ce fiasco est un problème créé à des fins électoralistes par le PQ. Il a été empiré, toujours à des fins électoralistes, par le PLQ. Au rythme où vont les choses, les effets négatifs de ce fiasco se feront encore sentir dans dix ans et aura coûté des milliards en perte de création de richesse. Faut-il encore se surprendre si l’économie du Québec traîne dans le peloton de queue en Amérique du Nord?

C’est vraiment désespérant!


Trop de patrons gâtent le déneigement
René Vézina, LesAffaires.com, 21 décembre 2007 à 07h26

Quand l'ennemi est à nos portes, il faut unir les forces pour bien riposter. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs au Québec, mais à Montréal, on fait exactement le contraire.Entendons-nous : la neige n'est pas notre « ennemie ». L'industrie des sports d'hiver ne serait pas d'accord... Mais sur nos rues et sur nos trottoirs, elle devient une calamité, surtout quand il s'écoule des jours -bientôt une semaine- avant qu'elle ne soit enlevée.

La raison de ce fouillis ? Un excès de démocratie.

À Montréal, la rue Saint-Denis traverse du nord au sud sept arrondissements... Or, le déneigement est l'affaire de ces fichus arrondissements. Montréal en compte 19 ! Et les plans ne sont pas coordonnés. Des portions de rue essentielle comme Saint-Denis sont déblayés, d'autres pas. Un peu comme du temps de l'ancienne petite politique, au Québec, quand le repavage d'une route se terminait précisément à la limite d'un comté qui n'avait pas « voté du bon bord ».

Au Québec, le déneigement n'est pas facultatif. C'est un service essentiel. Or, à Montréal en tous cas, on le fait tout croche. Les arrondissements prennent leurs propres décisions. C'est insensé. Et ça nous coûte une fortune.

On imaginerait plutôt une sorte de quartier-général, avec une grande carte de la ville, avec les abords des écoles, des hôpitaux, des sorties de métro, les axes importants, pour planifier systématiquement le travail. Mais non. C'est du ressort des arrondissements. Et tout monde glisse, gronde, puis écoute l'explication du jour pour justifier les retards. La dernière, c'est qu'il y a plus de voitures sur les routes. Mais je n'ai jamais vu le métro aussi bondé. Et la population de Montréal -travailleurs compris- n'augmente pas si vite que ça. On passe à un autre appel ?

Au moins, il y a matière à se réjouir : l'hiver commence officiellement aujourd'hui. Les choses sérieuses vont commencer. Et vivent les arrondissements et leurs lutins !


Le festival des congères

Marie-Claude Lortie, La Presse, Le vendredi 21 déc 2007

À 7h, hier matin, quand je me suis réveillée, je me suis empressée d'aller voir à l'extérieur si la déneigeuse était passée durant la nuit.

C'était en effet ce qu'assuraient toutes sortes de panneaux orange d'interdiction de stationnement installés la veille. Quand on a passé 15 minutes avec trois enfants affamés à chercher où garer la voiture, on reste marqué par ces promesses.

Or, rien n'avait bougé.

À 8h, deux enfants sur trois partent à toute vitesse à l'école avec leur papa. L'auto est à quatre rues de la maison. Les bancs de neige devant chez nous, qui se creusent comme les Rocheuses, en V bien pointus là où les piétons ont réussi à graver une sorte de sentier-sillon, sont deux fois hauts comme les petits.On sort le recyclage. Aujourd'hui, le camion est en retard. Normalement, à 7h30, les bacs vides ont déjà été lancés.À 8h, ma voisine Marie-Josée part pour un rendez-vous. À 9h, elle est rendue rue Isabella - ce qui prend normalement 10 minutes - quand la voiture qui la précède en heurte une autre venant à contresens en tentant de se frayer un chemin entre les montagnes de neige des deux côtés de la rue. Les deux chauffeurs sortent de leur véhicule, s'engueulent, en viennent aux poings. «Je pense que les gens ont atteint un certain niveau d'exaspération», me raconte-t-elle, après avoir verrouillé les portes de sa Subaru, fait demi-tour, annulé son rendez-vous et être rentrée à la maison.

À 9h30, je pars conduire la plus jeune à la garderie. Son CPE est caché derrière des murailles de neige. J'ai peine à les franchir. La petite pleure en perdant sa botte dans la neige.

À 10h, c'est le temps de faire mon jogging. J'attrape les derniers restants d'embouteillages matinaux sur mon chemin et je me retrouve finalement, derrière l'oratoire Saint-Joseph. Là, dans les hauteurs de Westmount, la souffleuse est passée. Aucun banc de neige ne m'empêche de me garer. Et je peux courir sur le pavé à nu par endroits.

À 11h30, je reviens chez moi pour constater que les bacs de recyclage sont encore là. En chemin, je sillonne un peu Westmount pour apercevoir une souffleuse dans la rue Clarke et des charrues dans les rues croisant Sunnyside.

À 12h30, je repars. Je veux aller voir comment ça se passe en banlieue. Devant l'embouteillage qui bloque l'accès à Décarie, je fais demi-tour et je décide plutôt de partir à la recherche des souffleuses dans la ville. Je prends les rues de Côte-des-Neiges et de Notre-Dame-de-Grâce pratiquement une à une. Rien en vue. Je continue à Outremont, toujours rien. Arrêt pour discussion au téléphone avec un journaliste qui habite la Petite Italie. «Va voir là-bas, c'est pire que pire. L'an dernier, ils ont laissé fondre les bancs de neige jusqu'en juillet!»

En ce moment, le sport national à Montréal, c'est le jeu du «mon arrondissement est pire que le tien». «Jeanne-Mance, Saint-Urbain, Saint-Hubert, pas déneigé», me dit l'un.

«Bourret, de la Peltrie, Jean-Brillant» lance un autre. Rue Hutchison, à Outremont, quatre jours après la tempête, les voitures sont encore garées en diagonale.

Je file vers la Petite Italie où il est vrai que les bancs de neige de la rue Henri-Julien entre lesquels les voitures se faufilent, juste au nord de Mozart, sont impressionnants.Toujours pas vu de souffleuse.

À 15h30, je décide de tout arrêter pour commencer à me diriger vers l'école où je dois prendre mon fils. À 16h, je me retrouve en arrêt complet angle Van Horne et Esplanade.

À 16h03, j'ai franchi un pâté de maisons. À ce rythme-là, j'aurai à peine atteint Bloomfield à 16h30. Mon petit va attendre tout seul...

À 16h08, l'embouteillage se décoince. On recommence à rouler.

J'arrive à l'école avec cinq minutes de retard. Suffit maintenant de filer vers le CPE de la plus petite. Après avoir invectivé mentalement quelques chauffeurs impolis dans la rue Ponsard où une seule voiture peut passer à la fois, on arrive à deux pas de la garderie où un contremaître de déneigement nous stoppe totalement. «Va falloir attendre. On déneige. On a eu une plainte.»

Je n'ai pas trouvé de souffleuse de la journée, mais j'ai finalement déniché un gigantesque camion avec une pelle frontale qui pousse la neige à qui mieux mieux.

Derrière moi, les klaxons se font aller à pleins poumons. Pourtant, il est évident qu'avec ce monstre du déneigement en pleine action, personne ne peut passer. Le contremaître reste calme. Je lis mes messages sur mon BlackBerry.

À 17h08, 22 minutes plus tard, on nous permet d'avancer.

À 17h46, je gare la voiture dans la rue collectrice pas loin de chez moi car dans ma rue, il est toujours impossible de se garer. Les affiches de déneigement sont toujours là. La petite pleure car elle est tombée dans la neige et en a jusqu'aux yeux. Elle ne rentre pas à la maison, elle. Quatre jours après la tempête, elle franchit encore l'Anapurna.

Devant la maison gisent les bacs à récupération dont le contenu commence à être éparpillé par le vent. Le camion de recyclage n'est toujours pas passé.L'ai-je déjà dit? Voilà quatre jours que la tempête est terminée.

Promenade à Longueuil

Claude Picher, La Presse, 15 décembre 2007 - 06h00

Mardi dernier, j'avais à faire à Longueuil. Comme j'avais beaucoup de temps libre devant moi, j'en ai profité pour faire une longue marche dans les rues du Vieux-Longueuil.

Ce jour-là, à Montréal, y compris dans le centre-ville, les opérations de déneigement étaient à peine entamées, et des milliers de pauvres piétons et d'automobilistes devaient se dépatouiller comme ils pouvaient dans cette merde. Mais dans le Vieux-Longueuil, et même bien au-delà, les rues et les trottoirs étaient parfaitement dégagés. Le contraste entre les deux villes était frappant.

Mais ce n'est tout.

En marchant, j'ai remarqué que tous les parcomètres du quartier étaient recouverts de capuchons verts portant l'inscription «Longueuil vous souhaite de Joyeuses Fêtes».

Ben non, ce n'était pas un rêve. Pendant la période des Fêtes, en fait pendant un mois, du 1er décembre au 2 janvier, la municipalité donne un répit aux automobilistes qui encouragent les commerçants et les nombreux restaurants de la rue Saint-Charles.

Pendant ce mois d'intense magasinage et de parties de bureau, le stationnement au coeur de la quatrième ville du Québec est gratuit, non seulement dans la rue, mais aussi dans les parkings municipaux. Vous n'avez rien à payer, pas un sou!

«Nous avons commencé cela il y a près de 10 ans», explique le porte-parole de la Ville, François Laramée. «C'est vraiment, dans l'esprit des Fêtes, un clin d'oeil que la municipalité veut adresser à ses commerçants et à ses citoyens.»

Le plus beau, c'est que cette initiative ne coûte à peu près rien. Le manque à gagner, pour le mois, est évalué entre 8500$ et 9500$.

Sur un budget de 226 M$, autant dire que ça ne paraît même pas. En fait, c'est ce que l'administration longueuilloise dépense en 21 minutes.

En revanche, quel résultat fantastique sur le plan, si on peut dire, du «service à la clientèle». Voilà une façon intelligente, civilisée et peu coûteuse de faire plaisir au monde.

Encore ici, le contraste avec Montréal saute aux yeux.

Non seulement n'a-t-il jamais été question d'implanter une mesure semblable à Montréal, mais les autorités montréalaises ne savent plus quoi faire pour écoeurer les automobilistes, à longueur d'année.

Même dans les quartiers éloignés du centre-ville, les parcomètres sont en fonction les fins de semaine et les soirs. Il est interdit de payer pour plus de deux heures à la fois.

C'est donc dire que vous devez interrompre votre petit souper romantique ou votre soirée entre amis pour aller engraisser les parcomètres du maire Tremblay.

Toutes ces tracasseries, paraît-il, ont pour but d'encourager les gens à utiliser les transports en commun. Niaiseries! Ça vous tente beaucoup, vous, de prendre l'autobus pour un souper romantique?

Faut-il s'étonner, dans ces conditions, que les Montréalais délaissent la ville centre pour s'établir en banlieue?

Je suis bien placé pour les comprendre. Pour ma conjointe et moi, Montréal, c'est fini.Pourtant, je suis un vrai Montréalais. Je suis né à Montréal, j'ai passé toute mon enfance et toute mon adolescence dans le quartier Hochelaga. Certes, je n'ai pas toujours résidé à Montréal.

Mon travail m'a amené à déménager dans plusieurs autres villes, dont Ottawa et Québec, et j'ai aussi habité quelques années en banlieue avec ma petite famille. Mais il y a plus de 20 ans que nous sommes revenus à Montréal, dans l'arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve.

Et même si Montréal présente des avantages certains, les inconvénients sont devenus trop gros. Là, nous ne sommes plus capables. Dans quelques semaines, nous quittons le 514 pour le 450.

Pas seulement à cause des parcomètres. Nous quittons Montréal et ses trottoirs mal dégagés en hiver, repoussants de saleté en été. Ses poubelles qui débordent.

Ses gros syndicats qui ne se sont jamais gênés pour prendre la population en otage.

Ses maires tous plus bizarres les uns que les autres. Ses chauffeurs d'autobus totalement dépourvus de sens civique, et qui roulent en fous dans de paisibles rues résidentielles.

Ses taxes. Ses gangs de rue. Ses fonctionnaires qu'il est impossible de joindre au téléphone.

J'arrête ici, sinon, je vais me fâcher...

20 décembre, 2007

L’état nous infantilise

Depuis la révolution tranquille l’état nounou nous infantilise chaque année un peu plus. Elle renforce nos comportements irresponsables en nous traitant comme des enfants gâtés incapables d’autodisciplines. Que ce soit la bouffe, le tabac, la boisson, le jeu, l’automobile, la publicité, l’environnement, etc., l’état nous dicte ce qui est bien et ce qui est mal.

C’est un cercle vicieux : plus on nous materne, moins on se responsabilise. Réfléchir, s’auto-discipliner, accepter les conséquences de notre comportement est devenu intolérable. Pourtant, ce sont là des caractéristiques d’une personne mature.

Sacrez-nous la paix!
Richard Martineau, Journal de Montréal, 20/12/2007 06h01

Il y a une toune que j'écoute souvent, ces temps-ci. C'est une vieille chanson de Jacques Dutronc, qui s'intitule Fais pas ci, fais pas ça.

Je trouve les paroles très actuelles: «Fais pas ci, fais pas ça/Viens ici, mets-toi là/Attention, prends pas froid/Ou sinon, gare à toi/Mets pas tes doigts dans le nez/Qu'est-ce que t'as renversé/Mange pas tes ongles, vilain/Va te laver les mains/Dis bonjour, dis bonsoir/ Ne cours pas dans le couloir...»


Les nouveaux curés

Cette toune, j'ai les orteils qui retroussent chaque fois que je l'entends.

Car comme Dutronc, j'en ai ras le bol des donneurs de leçons et des gens qui veulent notre bien. Ça me sort par les oreilles.

Tout au long de la commission Bouchard-Taylor, les gens ont dit qu'on vit dans une société laïque.

Foutaise!

Les curés n'ont jamais été aussi nombreux qu'aujourd'hui. La seule différence est qu'ils ne prononcent pas leurs discours du haut d'une chaire, mais à la télé et dans les journaux.
Plus moyen de faire un pas sans qu'un de ces «bergers» autoproclamés nous indique le bon chemin à prendre pour sauver notre âme.

Mange ceci et non cela, bois ceci et non cela, fais pas ci, fais pas ça...

Vous ne pouvez pas nous foutre la paix, deux secondes?

Si la société trouve que je suis assez intelligent pour voter, je devrais savoir comment me nourrir, non?

Et même si je mange de la pizza ou du fast-food de temps en temps avec mes enfants, so what?
Qu'est-ce que ça peut vous faire?

Et pensez-vous vraiment que je vais écraser des petites vieilles avec mon char juste parce que j'ai regardé Nitro?

L'état maman

L'État est incapable de régler les problèmes importants. Alors, qu'est-ce qu'il fait pour paraître occupé? Il se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Il fouine, il emmerde. Il envahit les moindres recoins de notre vie.

Il n'est pas capable de régler les problèmes du système de santé, mais il oblige les commerçants à cacher leurs paquets de cigarettes.

Il n'est pas foutu d'instruire nos enfants comme il faut, mais il produit des pubs qui nous encouragent à «parler» à nos ados. C'est le rôle de l'État, ça?

Nous conseiller de parler à nos enfants? Nous interdire de fumer des cigarettes dans un salon de cigare? Nous mettre en garde contre les mauvaises pubs d'autos qui montrent des bolides filant à toute vitesse dans les courbes?

On est intelligents

Vous pensez que j'ai besoin de l'État pour savoir que la publicité «embellit» la réalité?
Que ce n'est pas vrai qu'on a l'air brillant et allumé après douze bières, que les femmes n'ont pas un sourire grand comme ça étampé dans la face quand elles passent leur Swiffer?

Je suis intelligent, je sais faire la différence entre une pub et la réalité!

Je n'ai pas besoin de l'État pour baisser mon zipper quand je vais aux toilettes, je suis capable de le faire tout seul!

Si ça continue, l'État va donner une contravention aux gens qui ne portent pas de tuque l'hiver...

19 décembre, 2007

L’interventionnisme au quotidien

André Dorais

Les dépenses gouvernementales, en démocratie, représentent 20% à 30% du PIB, mais les impôts et les taxes payés par les contribuables sont deux fois ce pourcentage. Et il n’est pas exagéré de dire que la «chose publique» occupe 80% des nouvelles. Est-ce parce qu’on aime à ce point la politique ou parce qu’on se fait subtilement endoctriner? Pas une semaine ne se passe sans l’annonce d’une nouvelle politique, d’un financement d’urgence, d’une taxe ou d’un règlement additionnel. Quatre exemples, récents et succincts, indiquent qu’il s’agit d’endoctrinement via l’attribution d’une légitimité et d’une efficacité à une pratique politique qui ne constitue ni l’une, ni l’autre.

Politique d’achat local

La semaine dernière le gouvernement québécois annonçait sa nouvelle politique d’«achat local» en matière d’aliments. Le gouvernement considère que les consommateurs n’ont pas de jugement, qu’ils mangent mal, qu’ils ne mangent pas assez «local» et pas assez «cher». Pour changer ces vilaines habitudes, le gouvernement juge bon de consacrer quelques millions de dollars, soutirés aux contribuables, pour bien identifier les produits d’ici. Il fait le pari que, ayant maintenant moins d’argent dans leurs poches, les consommateurs vont dépenser davantage en tourtières de grand-maman et en bleuets du Lac Saint-Jean…

Pour le gouvernement québécois, comme pour tous les gouvernements, dépenser plus en produits «locaux» équivaut à créer, ici, de l’emploi et de la richesse. Si ce n’était de son pouvoir coercitif d’imposition et de taxation, il y a longtemps qu’agissant ainsi le gouvernement serait en faillite. Le gouvernement n’éduque pas le peuple en l’incitant à acheter «national», au contraire, il étale au grand jour son ignorance économique. Son désir d’être vu et entendu l’emporte sur la cohérence de ses actions et puisque ni les médias, ni les partis d’opposition ne voient les conséquences de ce «nationalisme alimentaire», soit un appauvrissement des consommateurs, on ne présente que les bénéficiaires de sa discrimination. Or les québécois sont capables d’effectuer leurs propres choix et d’encourager les «leurs» sans cette aide à double tranchant. Ils s’aideront d’autant plus qu’ils seront moins détroussés par «leur» gouvernement.

Hausse du salaire minimum

Le gouvernement a pris l’habitude de faire coïncider la hausse du salaire minimum avec la «fête des travailleurs», le premier mai, tout en l’annonçant quelques jours avant Noël. Cela marque bien l’idée qu’il s’agit d’un cadeau du gouvernement et que, sans lui, les travailleurs n’en recevraient pas. Or, comme tous contrôles des prix (le salaire est d’abord un prix), il s’ensuit des effets indésirables pour tout le monde, y compris les bénéficiaires immédiats de cette politique.

Hausser un salaire par l’entremise de la loi ne constitue ni de la générosité, ni ne contribue à la création de richesse. Seuls certains individus en bénéficieront, et cela uniquement pour une période limitée. D’autres travailleurs visés par cette hausse risquent de perdre leur emploi, se retrouver au chômage ou à l’aide sociale et ainsi constituer un fardeau de plus à la charge des contribuables. Les entreprises qui maintiendront leur effectif tenteront, dans la mesure du possible, de refiler la facture aux consommateurs. Par conséquent, ceux-ci en auront moins pour leur argent et réduiront leurs achats, ce qui conduira certaines entreprises à réduire leur effectif et ainsi de suite dans un cercle vicieux qui finit par appauvrir un peu tout le monde. Ce cadeau s’avère donc empoisonné au sens où il n’atteint pas l’objectif fixé et aggrave la situation des consommateurs, y compris des travailleurs qu’il était censé aider.

Personne ne force les travailleurs à offrir leurs services et aucune entreprise ne les retient contre leur gré. L’entente est mutuelle et profitable aux deux partis et par conséquent à tout le monde. C’est le jugement moral de l’État, ou plus précisément celui des hommes et des femmes qui y travaillent, qui bouscule l’ordre établi et finit par amener le chaos. Dicter un prix aux gens qui s’étaient entendus préalablement sur un autre prix ne constitue pas un bien, mais sa dictature. Plus l’État brise les contrats établis au nom de son idée de la morale, plus sûrement il appauvrira le monde sous sa tutelle. Accuser les entreprises d’exploiter les travailleurs constitue ou bien de l’hypocrisie pour détourner l’attention, ou bien de l’ignorance. Peu importe l’excuse choisie, l’établissement de prix et de salaire minimum ne contribuent pas à la richesse, ni ne constituent de la morale.

Un autre règlement visant les automobilistes

La ministre du «Développement durable», madame Line Beauchamp, envisage un règlement qui obligerait les constructeurs automobiles à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Elle considère que les automobilistes en sont les premiers responsables, de sorte qu’elle cherche à les faire payer davantage. Doit-on lui rappeler que les québécois sont les plus taxés en Amérique et que, parmi eux, les automobilistes sont probablement les plus taxés de toutes les catégories de contribuables et qu’ils paient aussi une multitude de frais en tous genres : immatriculation, permis de conduire, recyclage, etc.?

La ministre devrait prendre du recul avant de passer à l’acte, car il est toujours permis de douter -Dieu merci!- que le réchauffement planétaire soit dû à l’action humaine. En effet, plusieurs études laissent entendre qu’il s’agit avant tout d’un phénomène naturel et passager, à l’échelle géologique (voir «Are Carbon Emissions the Cause of Global Warming?» de David Evans). Elle devrait prendre d’autant plus de recul qu’un nombre croissant de scientifiques remet en question la façon de procéder du «Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat». Ce désaveu constitue rien de moins qu’une façon polie de remettre en question les conclusions et la crédibilité des Nations unies (voir l’article «Don't fight, adapt», ses signataires et le fil de presse qui y est lié). Est-ce parce que ce désaveu dérange les croyances établies qu’on en entend peu parler, du moins à mon avis, dans les médias traditionnels?

Les tenants des coupures drastiques des émissions de gaz à effet de serre cherchent par tous les moyens à encourager les gouvernements à utiliser la force coercitive pour arriver à leurs fins. «La planète est en danger!», clament-ils, alors tous les moyens sont permis. La ministre se sent interpellée et puisqu’en politique on «compte les points» au nombre d’intervention, elle s’arrange pour être vue et entendue le plus souvent possible. Au diable la science et la vérité, il s’agit de répéter les mêmes choses ad nauseam. Voilà bien la «morale d’État» dans toute sa splendeur.

Le ministère du «Développement durable» ne devrait même pas exister, car il doit sa naissance à une incompréhension, voire une haine, de l’économie. On a tendance à attribuer à l’économie une vision à courte vue, «non durable», destructrice, égoïste, etc. Cette compréhension vient le plus souvent accompagnée de cette autre : le gouvernement est seul capable d’une vision d’avenir, de sorte qu’il doit montrer l’exemple du «bon» développement, c’est-à-dire de la croissance économique «durable»… Voir «Croissance et «développement durable»» de Jean-Louis Caccomo

L’aide gouvernementale aux secteurs en crise

Qu’on évoque l’aide gouvernementale au secteur forestier, manufacturier, aux producteurs de porcs ou à tout autre secteur en crise, elle se résume à une chose : un saupoudrage des fonds publics aux acteurs qui y sont liés de près ou de loin. Plus les politiciens prennent les décisions à la place des consommateurs, moins les besoins de ceux-ci seront satisfaits. C’est à eux, et non aux politiciens, de décider les services qui leur conviennent. Il en va de l’enrichissement, et pas seulement économique, de tous. Au contraire, l’aide gouvernementale appauvrit les consommateurs et crée une dépendance qui croît avec le temps, d’où la perte d’initiative, d’autonomie, de fierté, etc. Certes, des individus sont affectés par ces crises et il n’y a pas de quoi s'en réjouir. On peut sympathiser avec eux, voire les aider concrètement d’une manière ou d’une autre, mais ce n’est pas au gouvernement de le faire, car cette aide ne peut que nuire aux contribuables et indirectement à tous les consommateurs malgré toutes les bonnes intentions exprimées.

En somme, les politiciens aiment bien donner l’impression qu’ils ont du cœur et qu’ils sont solidaires, mais l’aide qu’ils apportent provient de l’argent soutiré aux contribuables. On ne devrait donc jamais en parler en termes moraux. S’ils insistent sur ce point, alors on peut les relancer en leur demandant d’étayer la légitimité de leurs actes. Ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît. On préfère généralement éviter la question de peur de bousculer ses croyances, car il s’agit bien de cela : des croyances. Elles ne sont peut-être pas religieuses, mais certainement d’ordre moral, ou éthique.

En ce qui a trait à l’efficacité de leurs décisions, il ne suffit pas de montrer ceux qu’on aide, on devrait aussi être en mesure de démontrer qu’il n’existe pas de meilleurs moyens. Or, il en existe, mais ils ne sont pas d’ordre politique. Là se situe un problème fondamental, car l’économie se suffit à elle-même dès qu’on respecte la propriété comme principe. Idéalement, on devrait mettre la politique au rancart, mais comme on n’est pas dans un monde idéal, on devrait, à tout le moins, travailler à réduire son champ d’activité. Or, où sont les politiciens qui voient la justice dans la réduction de l’État? Au Québec, les quatre partis poussent du même bord : ils sont tous d’accord pour l’augmentation du salaire minimum, tous d’accord pour «aider» les différents secteurs d’activités, ils voient d’un bon œil la politique d’achat local, la question environnementale, voire l’expropriation des terres et la taxation pour arriver à leurs fins. Devant ce constat, et à l’approche des fêtes, on doit donc leur souhaiter de longues vacances, car malgré que celles-ci coûtent cher aux contribuables, au moins, pendant ce temps, ils ne nuisent à personne.

18 décembre, 2007

Les Québécois sont-ils moins généreux?

Une étude publiée par l’Institut Fraser conclu que les Québécois sont peu généreux. En utilisant le pourcentage des revenus alloué aux dons de charité comme critère de comparaison, on se classe 62 sur 64 en Amérique du Nord et 11 sur 13 au Canada.

Toutefois, cette étude néglige de mentionner que nous sommes obligés de contribuer beaucoup plus généreusement au financement de notre beau gros gouvernement. Notre taux de pression fiscal est le plus élevé en Amérique du Nord. Il est de 38,3 % alors que celui du Vermont est de 29 % et celui de l’Alberta est de 24,6 %.

On ne peut pas donner l’argent que le gouvernement nous a déjà confisqué. Il est malheureux que les politiciens aient gaspillé cet argent à des fins électorales plutôt que d’en faire bénéficier les Québécois. Mais, c’est la conséquence prévisible d’un « gouvernement-fait-tout ». Les pauvres sont laissés pour compte et on passe pour des pingres.

17 décembre, 2007

L’art de berner les contribuables

Le 12 décembre dernier, la ministre des finances, Mme Monique Jérôme-Forget, a annoncé que le régime d'imposition des particuliers sera indexé au taux de 1,21 % à compter du 1er janvier 2008. L'indexation s'appliquera à la table d'imposition et à la plupart des crédits d'impôt.

Selon la ministre, l'indexation du régime d'imposition protège le pouvoir d'achat des contribuables face à l'augmentation des prix de l'ensemble des biens et services. Concrètement, l'indexation du régime fiscal augmente le niveau de plusieurs déductions et crédits d'impôt d'un taux équivalant à l'augmentation des prix à la consommation observée au Québec en 2007. Elle prétend qu’il en résultera une baisse de 215 millions de dollars de l'impôt sur le revenu des contribuables québécois en 2008.

Premièrement, le taux d’indexation utilisé est le taux d’inflation de 2006 et non celui de 2007 tel que mentionné. Selon l’ISQ le taux d’inflation à la fin octobre 2007 était 1,9 %. Est-ce une simple erreur? Est-ce une tentative délibérée de berner les contribuables? Je laisse à chacun le soin d’en juger. Quoi qu’il en soit, si les contribuables sont désavantagés cette année ils ont été avantagés l’année dernière. À long terme les plus et les moins s’annulent.

Par contre, lorsque la ministre affirme que l’indexation résultera en une baisse de 215 millions de l’impôt sur le revenu, c’est dans le but évident de berner les contribuables. L’indexation du régime d’imposition a pour seul objectif de maintenir le rapport entre les revenus et les déductions constant. En d’autres mots, cela permet d’éviter que l’inflation appauvrisse les Québécois.

Il est vrai que nous aurions payé 215 millions de plus en impôt si le régime n’était pas indexé. Mais cela aurait constitué une augmentation de l’impôt. Il est aberrant de prétendre que l’absence d’augmentation équivaut à une réduction de l’impôt. Mais, en politique on n’en est pas à une aberrance près quand on veut berner les contribuables.

16 décembre, 2007

L’appétit insatiable de l’UPA

L’appétit d’un groupe d’intérêt est directement proportionnel à son poids politique. À Québec les politiciens font des courbettes devant l’UPA et l’agriculture est certainement l’industrie la plus protégée du Québec. Les tarifs à l’importation empêchent toute compétition et la gestion de l’offre subventionne l’agriculture à coût de milliards. Mais, pour l’UPA ce n’est pas suffisant il faut en plus que le gouvernement impose un pourcentage de produits québécois sur les tablettes des supermarchés.


Vers un CRTC des fruits et légumes du Québec ?
6 septembre 2007 - 12h52
Presse Canadienne


Après un CRTC qui surveille les quotas de chansons en français à la radio, aurons-nous un CRTC pour surveiller le contenu en produits agricoles québécois dans les supermarchés ?

C'est la suggestion qu'a faite l'Union des producteurs agricoles (UPA), jeudi, devant la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois, qui tient ses audiences à Montréal.

Le président de l'UPA, Laurent Pellerin, a lui-même utilisé l'expression de CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) pour décrire l'organisme de surveillance qu'il aimerait voir naître.

Il s'agirait d'un organisme de régulation et de surveillance qui serait chargé de garantir un pourcentage minimal de produits québécois sur les tablettes des supermarchés.

Devant la commission, M. Pellerin a également plaidé pour une meilleure identification des produits québécois, une meilleure promotion et plus de recherche. Il réclame également un grand ménage dans le système d'étiquetage des produits alimentaires.

14 décembre, 2007

Les monopoles publics se foutent de notre gueule

Les monopoles publics n’ont pas à satisfaire leur client pour assurer leur pérennité. De plus, les haut-fonctionnaires hyper-politisés et les employés hyper-syndiqués sont convaincus que les clients sont à leur service et non l’inverse.

Méchante stratégie
Michèle Ouimet, La Presse, Le samedi 29 sept 2007

Vendredi, 18h, Olivier entre dans la station de métro Laurier avec sa blonde.

Il n'y a aucun employé dans l'entrée nord, rue Laurier.

Les clients doivent glisser une carte ou un ticket dans une machine pour actionner les portes. Mais Olivier n'a ni carte ni ticket.

Il ne veut pas marcher un coin de rue pour se rendre à l'autre entrée, sur le boulevard Saint-Joseph. Il décide donc de passer avec sa blonde, qui, elle, a une carte. Les portes s'ouvrent et Olivier se faufile.

Il dévale les marches, mais il se fait arrêter par quatre gaillards avant d'atteindre le quai. «Un des gars a mis sa main sur mon épaule, raconte Olivier. Il m'a dit: Je te demanderais de me suivre, tu as passé sans payer.»

Olivier (nom fictif) a 15 ans. Même si les agents le tutoient, ils restent polis. Ils le font poireauter une bonne trentaine de minutes avant de lui coller une contravention de 118$.

Deux autres personnes se font arrêter en même temps que lui: une dame d'une soixantaine d'années et un jeune dans la vingtaine. La dame ne parle qu'anglais et l'agent qui s'occupe d'elle, uniquement français. S'ensuit un dialogue surréaliste où l'agent essaie d'expliquer à la pauvre dame qu'elle va hériter d'une contravention de 210$. Cent dix-huit dollars, c'est pour les mineurs.

Efficaces en diable, les agents. On ne peut en dire autant du service à la clientèle.

L'histoire est banale, direz-vous. Olivier n'avait qu'à payer. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat. C'est vrai, mais j'aurais fait la même chose que lui. Rien, dans la station, n'indique qu'il y a une autre entrée. Les gens qui ne connaissent pas le quartier se retrouvent devant deux machines munies de portes coulissantes. Point. Personne pour les informer. Pour l'approche client, on peut repasser.

Et le système fonctionne mal. Cette semaine, j'ai passé une petite demi-heure dans la station Laurier, le matin à l'heure de pointe. Très instructif. J'ai regardé les gens glisser leur ticket et s'engouffrer dans le métro en quatrième vitesse. À force d'ouvrir et de fermer, une des portes s'est déréglée, puis elle a bloqué. La file s'est allongée.

Une femme pressée a lancé un «câlisse!» sonore quand elle s'est rendu compte que sa carte était démagnétisée. Elle a dû se farcir un coin de rue sous la pluie. Un autre avait les bras surchargés. Il se débattait avec sa carte, son parapluie et son sac dans un courant d'air d'enfer.

Au mois cinq personnes ont imité Olivier. Pas question de virer de bord.

La Société de transport de Montréal (STM) veut économiser. En 1996, elle a décidé d'éliminer les employés dans quatre entrées, aux stations Laurier, Jean-Talon, Fabre et d'Iberville. Total des économies: 1,2 million par année.

La STM est chroniquement dans le rouge. Le service se détériore, l'attente pour les autobus s'allonge, la dette enfle et les tarifs grimpent. Depuis que Gérald Tremblay a été élu maire de Montréal, le prix des billets a explosé. De 2002 à 2007, la carte mensuelle est passée de 50$ à 65$. Le billet, lui, a grimpé de 2,25$ à 2,75$.

Montréal a les tarifs les plus élevés au Canada après Toronto, si on les compare au revenu moyen. Ces chiffres ont été compilés par Appleton Foundation (www.appletonfoundation.org), un organisme qui a étudié 27 villes canadiennes. Par contre, Montréal a le plus grand nombre de gens qui marchent, prennent le vélo ou utilisent les transports en commun pour se rendre au travail, soit 27% de la population.

L'équation est simple: hausse des tarifs + détérioration des services = baisse de fréquentation. C'est ce qu'on appelle se tirer dans le pied. La finesse de la stratégie m'échappe. La STM pourrait jeter un oeil sur la convention collective blindée de ses employés au lieu de s'acharner sur ses clients.

Environ la moitié des revenus de la STM provient des usagers, soit 416 millions. Ils ont droit à plus d'égards que de bêtes portes coulissantes et des amendes élevées.

13 décembre, 2007

Avons-nous les bonnes priorités?

Au palmarès PISA de l’OCDE, le Québec se classe dans le peloton de tête. Il faut s’en féliciter. Ce n’est pas tous les jours que le Québec se classe dans un peloton de tête. Malheureusement, c’est après le secondaire que les choses se gâtent. Le taux de diplomation universitaire des Québécois (10,9 %) est anémique par rapport à celui des autres provinces canadiennes.

Dans une économie du savoir mondialisée, ce défi me semble plus urgent que les bulletins scolaires, les « nous » et les « eux », le Mont Orford, le parc des Îles de Boucherville, etc. Pourtant, personne à Québec semble au courant!!


(Source : Antagoniste.net)


Le lundi 05 nov 2007
Préférer l'ignorance
Philippe Faucher

L'auteur est directeur du département de science politique et chercheur associé au Centre d'études et recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM.ca).

L'humeur est maussade chez les professeurs d'universités. Heureusement, le dégel des droits de scolarité, ne sera pas l'étincelle qui déclenchera la Révolution. La tranquillité de l'automne ne sera pas perturbée, on pourra en ramassant les feuilles continuer à déblatérer sur ce qui pousse sous le turban du voisin. Le problème est ailleurs, les déficits des universités s'accumulent, les professeurs s'expatrient, la qualité des formations périclite et tout le monde s'en fiche. Pourquoi forcer par négligence une population à l'ignorance?

Pourquoi étudier?

L'évidence hurle: l'éducation est la clé de notre prospérité. Il faut s'indigner devant le million d'analphabètes, et tous les décrocheurs promis à la précarité. Pour les autres qui persévèrent, et poursuivent leurs études jusqu'à l'université, en majorité des femmes, il faut le meilleur. Leur réussite et notre prospérité en dépendent.

Dans les classements internationaux, les universités du Canada se trouvent loin de la tête. Dans le groupe des 200 meilleures universités du monde, classement publié par le Times Higher Education Supplement de Londres, on trouve sept universités canadiennes, 11 des Pays-Bas, 12 d'Australie et 53 américaines. Ce n'est pas une question de richesse, mais de priorités. Il n'y a pas de raison pour que le Canada, avec son niveau de vie, se contente d'universités médiocres. Il y a négligence. Pire; la population ne croit pas à l'importance de l'éducation supérieure et les politiciens suivent.

Les sondages sont clairs, la santé l'emporte à 10 contre 1 sur l'éducation. On trouve moins important de fréquenter l'université que d'obtenir un emploi. On redoute le chômeur instruit, alors que c'est le travailleur incompétent qui fait le plus de gâchis. Au Canada, par tranche de revenus, ce sont les parents du Québec qui sont les moins scolarisés et qui épargnent le moins pour payer les études de leurs enfants (Rapport sur l'accès à l'éducation, ministère de l'Éducation du Loisir et du sport, Québec 2005).

Choyer les étudiants

Comme les écoles et maintenant les hôpitaux, les universités, du Canada et du reste du monde, sont évaluées. Un type de classement, souvent décrié, range les universités à partir de la satisfaction de leur «clientèles» que sont les étudiants. Des ratios servent à apprécier la qualité des formations. D'autres apprécient l'université en tant que milieu de vie. L'accès aux technologies avancées, les installations sportives, la bibliothèque, la cafétéria, les résidences sont inclus dans l'évaluation.

La qualité de vie étudiante se mesure au nombre de championnats remportés, à une vie nocturne étourdissante, le tout dans un environnement plus protégé qu'un condo de retraités. C'est ce genre de classement pour le Canada que publiera le magazine Maclean's cette semaine. Il y a des répercussions sur les demandes d'admissions, mais la mobilité plus restreinte des francophones protège nos universités.

La recherche délaissée

On oublie facilement que la mission des universités est double: transmettre le savoir et produire de nouvelles connaissances. L'un ne va pas sans l'autre. Les gouvernements le reconnaissent, l'innovation, le fruit de la recherche est essentiel à la prospérité. Il est vrai que les universités n'ont pas le monopole, les entreprises et les laboratoires publics y participent. Mais la recherche est une discipline qui se transmet par l'exemple et la pratique. Former de très bons chercheurs demande d'excellentes universités.

C'est pourquoi un classement qui compare la performance en recherche des universités dans le monde est une information précieuse. C'est ce que propose l'Université de Shanghai. C'est du sérieux. Leurs critères considèrent le nombre de prix Nobel obtenus par les professeurs et les diplômés de l'institution, et surtout les articles parus et cités dans les principales revues scientifiques.

En tête de liste se trouvent 17 institutions américaines. Harvard, la très prestigieuse, obtient 100 points. La première université canadienne, 24e au classement, est l'Université de Toronto (43 points), suivie au 36e rang de l'Université de la Colombie-Britannique. McGill, la seule université du Québec à figurer sur la liste des 100 meilleures se trouve au 62e rang.

L'ignorance partagée est rassurante. Innover relève de l'art et demande de l'audace et des moyens. La compétence profite à tous, même à ceux qui ne mettront jamais les pieds dans une université.

12 décembre, 2007

Politique ne rime pas avec « bon père de famille »

Nous payons des impôts et des taxes, nous en payons vraiment beaucoup, pour que le gouvernement gère les actifs de l’état en « bon père de famille ». Cette notion exige que chaque dollar dépensé le soit en fonction des raisons pour lesquelles il a été collecté. Par exemple, puisque nous payons des impôts et des taxes pour entretenir les ponts et viaducs, cela doit être la priorité du gouvernement.

Malheureusement, la notion de comptabilité politique exige que le même dollar soit dépensé en fonction des bénéfices électoraux qu’il générera. Par exemple, le gouvernement a choisi d’investir 300 millions dans Papiers Gaspésia plutôt qu’entretenir les ponts et viaducs. Nous connaissons tous les résultats : les 300 millions de Papiers Gaspésia sont perdus et les ponts et viaducs en décrépitudes sont des dangers publics.

Le retour du béton
Alain Dubuc, Collaboration spéciale, La Presse, Le vendredi 19 oct 2007

Il y a des sujets qui sont plus «plates» que d'autres. Comme les infrastructures. Les conduites d'eau, les toits d'école qui coulent, les égouts, ce n'est pas sexy, ça n'intéresse pas grand monde. On l'a encore vu la semaine dernière à l'indifférence réservée au vaste projet de travaux d'infrastructures annoncé par le gouvernement Charest. Même si les sommes en jeu étaient colossales, 30 milliards, deux fois la Baie-James.

Ce n'est pas parce que c'est plate que ce n'est pas important. Quand on ne s'occupe pas de nos infrastructures, des gens peuvent mourir. Le rapport qu'a remis hier Pierre Marc Johnson, au terme de son enquête sur la catastrophe du viaduc de la Concorde, est là pour nous le rappeler. Il décrit une culture de négligence et d'indifférence qu'on retrouve aussi dans les pouvoirs publics et la société dans son ensemble.

Le message de M. Johnson, qui souhaite des investissements massifs pour restaurer les ponts et les viaducs, nous force à prendre ces enjeux au sérieux. Et cela signifie aussi qu'il faut regarder avec l'attention qu'il mérite le projet de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

L'accélération des investissements en infrastructure sera assez substantielle pour avoir une influence mesurable sur la croissance économique. Cela contribuera à créer de la richesse, parce qu'une nation qui exporte a besoin de bonnes routes, de ponts, de ports et d'aéroports. Et surtout, réparer nos ponts, rénover nos écoles et moderniser nos hôpitaux, c'est une façon d'améliorer la qualité de vie et, dans certains cas, de sauver des vies.

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Pourquoi alors l'indifférence? Il y a sans doute un peu de mépris pour ce qui relève de la conciergerie collective. Mais aussi du cynisme envers le monde politique, surtout quand il y a du béton ou de l'asphalte pas loin, le symbole même, depuis des générations, de la politique partisane.

Un cynisme renforcé par l'espèce de cercle vicieux dans lequel se retrouve le gouvernement Charest, impopulaire et minoritaire, dont on interprétera chaque geste comme un effort pour marquer des points. Il est évident que le gouvernement libéral veut se servir de ce projet pour remonter la pente. Je suis sans doute naïf, mais je crois encore que la meilleure façon de marquer des points, au bout du compte, c'est de bien gouverner. Et que ce plan québécois d'infrastructure est une initiative qui s'inscrit dans une logique de bonne gouvernance.

L'idée d'injecter 30 milliards en cinq ans, c'est à dire doubler le rythme des investissements en infrastructures, avait été annoncée dans le budget du printemps. Ce qu'ajoute la présentation de la semaine dernière, c'est une démarche qui, en quelque sorte, réinvente le genre. Les projets d'infrastructure classiques, par exemple le grand programme du gouvernement Chrétien, reposent en général sur la logique économique du bulldozer et la logique politique de la visibilité. Une espèce de bar ouvert pour les provinces qui n'a pas mené aux meilleurs choix. Cette fois-ci, le gouvernement propose une approche raisonnée.

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D'abord un cadre conceptuel, où le gros des fonds sera consacré à la remise à niveau d'équipements collectifs qui avaient dépéri. Un choix qui prête d'ailleurs moins aux abus politiques, parce qu'on fait moins de millage avec des réfections d'égouts et des rénovations d'école qu'avec des bouts d'autoroute.

Ensuite, une méthode pour éviter les débordements de coûts qui caractérisent les grands travaux publics, avec des contrôles, parfois des PPP. Mme Jérôme-Forget, l'artisan du projet, aimerait un peu plus de neurones et moins de testostérone et se méfie des projets où les pépites s'emballent avant que les plans ne soient prêts. Une logique de contrôle, typique du Conseil du Trésor, plutôt que le laxisme maintenant documenté du ministère des Transports.

Enfin, un grand principe, le devoir pour le gouvernement de maintenir les équipements collectifs en bon état, au nom de l'équité intergénérationnelle, mais aussi parce qu'une société dont les actifs dépérissent est une société qui s'endette. Depuis 30 ans, les gouvernements ont sous-investi, parce que cela permettait d'économiser sans que ça paraisse. L'idée d'inscrire dans une loi l'obligation d'injecter à chaque année assez d'argent pour éviter la dégradation des actifs n'est pas redondante. Car même si cela relève du bon sens le plus élémentaire, personne ne l'a jamais fait.

Il est clair que ce projet libéral répondait, à l'avance, au rapport Johnson. Les intentions et les grands principes sont là. Reste maintenant à voir comment le gouvernement Charest les mettra en pratique. S'il résistera à la tentation partisane, si réussira à contrôler les coûts en assurant la qualité, et si ce grand chantier pourra se faire dans le respect des équilibres budgétaires.

11 décembre, 2007

La règlementite

Richard Martineau dénonce, avec raison, l’absurdité de règlementer les présentoirs à cigarettes. Malheureusement, le Québec est le paradis de la règlementite : besoin maladif de tout règlementer. (Voir ici, ici, ici et ici)

Méchant tabac
Richard MartineauJournal de Montréal11/12/2007 11h01

Comme vous le savez, à partir du 31 mai 2008, les présentoirs à cigarettes seront interdits dans tous les commerces du Québec (à l'exception des marchands de tabac).

Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement? Ça veut dire que si vous êtes propriétaire d'un dépanneur ou d'une épicerie, vous pourrez installer des peperoni dégueulasses à côté de votre caisse-enregistreuse, des pizzaspochettes radioactives, des bonbons sucrés, des biscuits bourrés de gras trans, de la gomme, des caisses de bière, du vin qui goûte l'eau de Javel, des revues de vedettes avec une photo de Britney Spears complètement stoned sur la couverture, des magazines pour ados avec des fillettes de 12 ans habillées comme des putes, des livres d'horoscopes et des journaux de faits divers avec un Courrier érotique et un spécial de douze pages sur le 30e anniversaire des Hell's, mais PAS DE CIGARETTES!

Vous pourrez demander à vos clients s'ils veulent acheter un Jour de paye, un 6/49, un Super 7, un Banco, une Quotidienne, une Mini, une Mise au jeu, une Célébration, un Astro, un Extra, une Poule aux oeufs d'or ou un Loto-Clic, mais vous ne pourrez pas leur montrer un paquet de CIGARETTES!

Sexe! Sexe! Sexe!

Je comprends que la cigarette est dangereuse pour la santé... Mais vous ne trouvez pas ça un peu absurde, vous?

Pensez-y deux minutes.

Les propriétaires de bar topless peuvent installer des affiches de poupounes en G-String sur la devanture de leur commerce, sortir des haut-parleurs dans la rue et diffuser à plein volume les présentations de leur annonceur («La jeune et jolie Chantal dans la deuxième partie de son spectacle»), déguiser leur portier en Père Noël et lui demander d'inviter les passants à venir essayer leurs nouveaux isoloirs.

Ils peuvent même inscrire le nom de leur bar en néons géants au-dessus de leur porte (La Calèche du sexe, La Source du sexe, Le Sexe d'or, le Super sexe, le Hyper Sex, le Zipper ou le Cabaret Sexe Mania), pas de problème...

Mais si un propriétaire de dépanneur installe un présentoir de cigarettes dans son commerce, la police va débarquer et le gars va payer une amende!

C'est un petit peu hypocrite, non?

L'ami des hamburgers

Si le tabac est si nocif pour la santé, si la simple vue d'une cigarette Popeye donne le goût aux enfants de s'acheter une cartouche de Gitanes sans filtre, voulez-vous me dire pourquoi ce produit est encore légal?

Qu'on l'interdise une bonne fois pour toutes, et qu'on passe à autre chose!

On distribue du Ritalin aux écoliers comme si c'était des Smarties, on permet aux géants du fast-food d'installer des parcs d'attraction dans leurs restaurants pour vendre du gras et du sucre aux enfants, mais un épicier n'a pas le droit d'installer des paquets de cigarettes à la vue des mineurs, sous prétexte que ça donne le mauvais exemple!!!

Hello????

Un sac brun

Bientôt, si ça continue, les dépanneurs vont ressembler aux vieux magasins Distribution aux consommateurs.

Il n'y aura plus aucun produit sur les étagères. On va écrire notre commande sur un bout de papier («Une bière, du café et un sac de réglisses»), et le commis va nous remettre un sac brun. Un sac biodégradable, bien sûr...

10 décembre, 2007

L’art de créer des catastrophes

Les grands prêtres de l’écologie ont popularisé l’utilisation des énergies propres. Les politiciens n’ont pu résister à l’envie de récupérer la mode des énergies propres à des fins politiques. Dans un but purement électoraliste, ils ont imposé l’ajout d’éthanol dans l’essence. Les conséquences de cette politique mal avisée sont dramatiques pour l’environnement et les consommateurs.

(Pour plus d’information voir ici)


L'économie popcorn
Ariane Krol, La Presse, Le mercredi 24 oct 2007

On savait déjà que l'éthanol fabriqué à partir de maïs grain ne contribuait pas beaucoup à réduire les émissions de gaz à effets de serre. On s'aperçoit maintenant qu'en subventionner la production n'a pas plus de sens au point de vue économique.

Ce ne sont pas des environnementalistes qui le disent, mais le stratège en chef de Marchés mondiaux CIBC, l'une des plus grandes banques d'investissement canadiennes. Jeff Rubin s'est attardé au marché américain, mais ses constats ont des répercussions ailleurs.

Désireuse de réduire sa dépendance au pétrole importé, l'administration Bush s'est mise à subventionner massivement l'éthanol de maïs. Ça lui a coûté près de 8 milliards de dollars l'an dernier, et ce n'est qu'un début. L'objectif de produire 132 milliards de litres en 2017 - six fois le volume actuel - devrait nécessiter plus de 25 milliards de fonds publics.

Pour les agriculteurs et les marchands de semences et d'engrais, c'est le pactole. Mais les simples citoyens, eux, paient deux fois, car la ruée vers l'éthanol propulse le prix du panier d'épicerie à des niveaux record. L'inflation alimentaire devrait dépasser les 4% cette année aux États-Unis, du jamais vu depuis 15 ans. En 2009, elle pourrait friser les 7%.

L'éthanol n'est pas seul en cause, mais il a une grande part de responsabilité. Pendant que les fermiers alimentent les raffineries, ils ne produisent pas de moulée pour le bétail, ni d'autres cultures. Les cours des céréales atteignent des niveaux record, ce qui fait monter les prix d'une foule d'aliments.

En voulant solutionner un problème, Washington en a créé un autre qui risque de lui donner de sérieux maux de tête. Ce n'est pas tant de l'inflation qu'il faut s'inquiéter - la bouffe ne représente que 15% de l'indice des prix à la consommation américain - mais de la grogne des consommateurs les moins nantis, qui y consacrent près de 40% de leur budget.

L'inflation alimentaire est beaucoup plus modérée au Canada, mais tous les pays ne s'en tirent pas aussi bien. La flambée du prix de la tortilla a poussé les Mexicains à descendre dans la rue et le pire est à craindre dans les nations en développement, où la population n'a tout simplement pas plus d'argent à dépenser pour se nourrir.

Tout ça pour un substitut qui, comme le souligne Jeff Rubin, ne serait pas concurrentiel sans subvention, même avec un baril de pétrole à 100$.

Il faut lire le dossier que le National Geographic consacre, ce mois-ci, aux biocarburants. Faire pousser son combustible est peut-être la voie de l'avenir, mais ce n'est pas une solution immédiate. L'éthanol de canne à sucre produit au Brésil est plus cohérent d'un point de vue énergétique, mais sa culture impose un lourd tribut à l'environnement.

L'idéal serait d'employer des déchets, comme les copeaux de bois ou la bouse de vache. On pourrait même utiliser le maïs plus intelligemment, en réservant les épis à l'alimentation animale et en récupérant les tiges et les feuilles pour en faire du carburant. Mais la technologie est loin d'être au point. Le gouvernement Harper, qui mousse l'éthanol lui aussi, devrait concentrer ses investissements dans ce genre de recherches plutôt que de calquer bêtement le modèle américain.

09 décembre, 2007

La responsabilité de ses choix

La responsabilisation des individus implique qu’il doit y avoir un lien direct entre leurs choix et les conséquences qui en découlent. L’état providence brise ce lien en acceptant de prendre à sa charge les conséquences des choix fait librement par les individus. Ce faisant, l’état providence crée un cercle vicieux qui entraîne invariablement sa faillite.

Le culte de la victime
Le Journal de Québec, p. 16 / Nathalie Elgrably, 20 septembre 2007

À compter du 1er janvier prochain, les aliments à faible valeur nutritive comme les frites et les boisons gazeuses seront supprimés des écoles du Québec.

Vouloir promouvoir de saines habitudes alimentaires est louable, mais le discours tenu est infantilisant et mensonger, tandis que les mesures déployées sont hypocrites et perverses.

Le discours est infantilisant, car il sous-entend que les jeunes sont trop ignorants pour distinguer la nourriture saine de la malbouffe. Pourtant, nous vivons dans une société qui croule sous l’information et il faudrait faire de gros efforts pour ignorer la promotion d’aliments santé, qu’il s’agisse de yogourts sans gras, de céréales sans sucre ou de pain de blé entier.

Le discours est mensonger dans la mesure où il est axé sur l’environnement. L’enfant serait «victime» des mauvais choix alimentaires qui s’offrent à lui. Or, il est faux d’affirmer que seule la malbouffe est disponible. Même McDonald’s offre des salades!

Quant aux mesures employées, elles sont hypocrites, puisqu’on oublie d’incriminer les principaux responsables de l’obésité des jeunes: leurs parents! On entend parler de ce que l’État doit faire pour inculquer de saines habitudes alimentaires aux jeunes, mais il existe une omerta sur le rôle des parents. Évidemment, accuser un électeur de négliger l’alimentation de sa progéniture n’est pas politiquement rentable!

Pourtant, la responsabilité des parents est évidente. D’une part, ce sont eux qui financent la consommation de frites de leurs enfants. D’autre part, le petit-déjeuner et le souper sont pris à la maison, ce qui représente 2/3 des repas de la journée, sans oublier les collations prises au retour de l’école et en soirée et les week-ends, car ils représentent 28% de la semaine. Si les cafétérias et les fast-foods sont actuellement dans la ligne de mire, ce n’est pas tant en raison du rôle qu’ils jouent dans l’obésité des jeunes, mais parce que personne n’a le courage de reprocher aux parents de garnir leur réfrigérateur de malbouffe.

Enfin, les mesures adoptées occasionnent des effets pervers, car elles ouvrent la porte à une intrusion tentaculaire de l’État dans notre quotidien. Aujourd’hui, on vise les cafétérias, mais que fera-t-on si les enfants apportent à l’école des chips et des beignes? Vérifiera-t-on les boites à lunch? Inspectera-t-on le réfrigérateur des parents? Et que faire contre les habitudes sédentaires des jeunes qui passent des heures devant la télé ou l’ordinateur? Va-t-on permettre à des fonctionnaires ou à des bien-pensants d’imposer leurs standards?

Obésité

Et puis, l’obésité frappe également les adultes. Si on permet aux fonctionnaires de faire la guerre aux jeunes, ils ne tarderont pas à la déclarer également aux adultes, si bien qu’il sera rapidement impossible de manger des frites sans craindre de voir débarquer l’escouade anti-malbouffe. Mais qui donc est propriétaire de notre corps, nous ou l’État?

Si tout le monde s’entend pour affirmer que les compagnies sont responsables de ce qu’elles vendent, pourquoi les individus ne le seraient-ils pas de ce qu’ils mangent? Le libre-arbitre est-il donc à ce point évacué de notre société? Le premier pas dans la lutte contre l’obésité est de briser le culte de la victime et de responsabiliser les individus, jeunes et moins jeunes. Malheureusement, le concept de responsabilité individuelle est totalement étranger à tous les partisans de la nationalisation des corps!

Certains diront que l’intervention de l’État est nécessaire, car l’obésité impose des coûts importants aux contribuables via le système de santé public. Je répondrai à cet argument la semaine prochaine.

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Montréal.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

Le culte de la victime : suite et fin
Le Journal de Montréal, p. 27 / Nathalie Elgrably, 27 septembre 2007

Mon texte de la semaine dernière a été consacré au fait que la nouvelle politique québécoise en matière de malbouffe réduit les libertés individuelles et ouvre la voie à la «nationalisation» des corps, car elle octroie à l’État le droit de décider de ce qui entre dans notre estomac.

Évidemment, la milice antimalbouffe prétend qu’une telle politique est nécessaire, car ce sont les contribuables qui financent le système de santé et qui, par conséquent, paient pour soigner les obèses. Leur logique est donc simple: je paie, donc je décide de ton alimentation.

Cet argument est réducteur. L’obésité occasionne des coûts, certes, mais il faut également tenir compte du fait que, malheureusement, les obèses meurent prématurément. Ils allègent donc les coûts liés aux soins de santé destinés aux aînés puisqu’ils réclament moins de pensions de vieillesse. Le fardeau qu’un obèse impose aux contribuables n’est donc pas celui qu’on nous présente, peut-être même est-il équivalent à celui d’une personne svelte qui vit jusqu’à 80 ans, mais il ne faut pas demander aux fondamentalistes antimalbouffe d’effectuer ce genre de précisions!

L’argument du financement public des soins de santé est également pernicieux, car il pourrait être invoqué pour réglementer n’importe quel comportement puisque toutes les activités humaines présentent des risques plus ou moins graves. On peut se blesser en déplaçant des meubles, en soulevant des sacs d’épicerie, en ratant une marche d’escalier, en rénovant sa maison, en pratiquant son sport préféré… Combien de gens terminent leur journée de ski dans une salle d’urgence, et combien finissent leurs jours dans un fauteuil roulant suite à un mauvais plongeon! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la médecine sportive occupe une place majeure dans le monde médical.

Si on interdit la malbouffe, pourquoi ne pas également réglementer toutes les activités qui imposent des coûts au système de santé? On pourrait bannir les autos pour réduire le nombre d’accidents de la route, empêcher le jogging pour limiter le nombre de chirurgies du genou, interdire les perçages pour éviter les infections, et limiter les déménagements à un par décennie afin de diminuer le nombre de blessures au dos.

Et sachant qu’une femme sur neuf développera un cancer du sein, pourquoi ne pas rendre obligatoire pour toutes les femmes une double mastectomie et ainsi économiser sur les traitements anticancer très coûteux?! Si l’on permet à des fonctionnaires de décider de notre alimentation pour le «bien de la société», pourquoi ne nous dicteraient-ils pas nos comportements pour la même raison?

Le véritable problème, qui gêne réellement la brigade antimalbouffe, ce n’est pas tant l’embonpoint d’autrui, mais plutôt le fait que chacun de nous doit payer pour les soins de santé consommés par le voisin. D’ailleurs, n’a-t-on jamais entendu les ténors de la santé publique faire la promotion d’une bonne hygiène buccale? Certainement pas, puisque les soins dentaires sont la responsabilité de l’individu et non celle de l’État!

Le débat sur la malbouffe est donc intimement lié à celui sur le financement des soins de santé. Évidemment, un système d’assurances privées où chaque individu paierait une prime en fonction du risque qu’il présente semble inconcevable pour beaucoup de Québécois. Pourtant, cette approche garantirait à l’individu la propriété de son corps et la liberté de choisir son style de vie. Mais encore faut-il accepter d’être responsable de son corps!

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

08 décembre, 2007

La religion écologique (4)

Comme dans le « bon vieux temps » de l’hégémonie religieuse, il ne se passe pas une journée sans qu’un grand prêtre de l’écologie nous prédise la fin du monde.

Il y a plusieurs parallèles à faire entre la religion catholique des années 50 et la religion écologique des années 2000 :
  • Leurs grands prêtres font peur aux gens pour mieux les contrôler. L’église menaçaient les non-croyant de l’enfer. L’écologie menace les non-croyants d’extermination due au réchauffement de la planète;
  • La religion catholique prétendait que le bonheur n’existait qu’au ciel. La religion écologique prétend que le bonheur n’existe que dans la nature;
  • Les curés prêchaient « hors de l’église point de salue ». Les écologistes prêchent « hors de Kyoto point de salut »;
  • Les catholiques achetaient des indulgences pour se faire pardonner leurs péchés. Les écologistes achètent des crédits de gaz à effet de serre pour compenser leurs excès de consommation;
  • Les paroissiens se ruinaient à construire des Églises dignes de Dieu. Les écologistes rêvent d’en faire autant. La première église écologiste sera construite bientôt. La ministre Line Beauchamp, a octroyé une aide financière de 7 M$ au projet «La maison du développement durable» élaboré par Equiterre. Un bâtiment écologique modèle qui sera érigé à Montréal;
  • Hier comme aujourd’hui, les élites politiques et religieuses s’entendent comme larrons en foire;
  • Etc.

Au moins je ne suis plus seul à dénoncer cette nouvelle religion. Pierre Foglia, dans son texte « Trois minutes d’écologie » la dénonce aussi.

Le samedi 08 déc 2007
Trois minutes d’écologie

Pierre Foglia , La Presse

Avertissement: vous avez trois minutes pour lire cette chronique. Trois minutes comme dans le règlement pour les moteurs de madame la ministre de l’Environnement. Au-delà de trois minutes, cette chronique produit des gaz à effet de serre, il s’ensuit un réchauffement de la planète et peuvent en résulter des inondations, des famines, et même la disparition de certaines espèces.

Trois minutes donc, pendant lesquelles nous allons parler d’écologie. Quelle était votre question déjà? Ah oui, vous vous demandiez si l’avenir de la planète me préoccupe?

Pas une crisse de seconde. Je n’y pense jamais. Je pense souvent à l’avenir de la planète mais à peu près jamais en termes écologiques, jamais pour me demander comment l’Homme et sa fiancée s’adapteront aux dramatiques changements climatiques annoncés. Cela ne me préoccupe ni ne m’interpelle. Quand je pense à l’avenir de la planète, c’est pour me demander quelle en sera la culture dans sept ou huit siècles (le livre-papier aura-t-il complètement disparu?), qu’en sera-t-il du langage, de l’art en général, de Dieu (de l’idée de), de l’état de la pensée, de la beauté, du Tour de France, et de comment on assurera le service après-vente de la démocratie, mais me demander quel temps il fera? Jamais.

Franchement? L’écologie me déconcerte.

Par exemple, madame la ministre et son règlement de trois minutes dont on nous rabat les oreilles ces jours-ci. Je ne comprends pas. Le discours écologique tourne toujours autour de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, autour de l’idée que si l’on ne fait rien la planète pourrait se réchauffer de quatre degrés d’ici 100 ans et alors bonjour les inondations...

Sauf que dans 100 ans je serai mort. Mes enfants seront morts. Mes petits-enfants seront morts. Et dans 100 ans l’Homme et sa fiancée auront sans doute trouvé une solution. Laquelle? Eh bien par exemple, quand l’eau va monter: ils vont reculer plus loin sur la rive. Pas fous. Ou alors ils resteront là, mais ils rouleront les bas de leurs pantalons pour ne pas les mouiller.

Anyway c’est dans 100 ans. Il y a beaucoup plus urgent. Je ne comprends pas pourquoi le discours écologique, toujours gonflé aux gaz à effet de serre, ne dit presque rien du cancer. Ne dit presque rien de la chimie. Ne dit presque rien de l’usage intensif des pesticides en agriculture. Le Canada par exemple, si prompt à s’inquiéter de la nocivité du lait cru, si prompt à mesurer notre cholestérol, le Canada homologue plus de 300 produits qui sont soit des insecticides, soit des herbicides, soit des fongicides et qui nous font crever, et qui nous donnent la peste et des boutons, et des bubons polychlorés.

Je veux bien ne pas laisser tourner mon moteur plus de trois minutes si cela peut faire plaisir à madame la ministre de l’écologie, mais la même ministre pourrait-elle me rassurer sur l’effarante augmentation depuis 30 ans des mélanomes (cancers de la peau), des myélomes (cancers de la moelle osseuse), de cas de leucémie, de cancers de la vessie, de cancers chez les animaux même? La ministre peut-elle me confirmer que cela n’a rien à voir avec l’industrie chimique? Si elle ne peut pas me le confirmer, pourrait-elle me dire ce qu’elle fait, et ce que ses prédécesseurs et homologues au fédéral ont fait pour réguler l’industrie chimique qui est au cœur de cette chierie délétère dont mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants risquent de crever cent mille fois plus que d’un tsunami causé par l’éventuel réchauffement de la planète?

Pourrait-elle me confirmer que les hormones et antibiotiques administrés au bétail ne favorisent pas le développement, chez l’humain, de bactéries résistantes aux antibiotiques (ce qu’on appelle l’antibiorésistance)? Me confirmer aussi que ces hormones et antibiotiques sont sans aucun effet cancérigène. Si elle ne peut pas me le confirmer, qu’attend-elle pour interdire les antibiotiques dans la production animale?

C’est là mon sentiment: on se trompe de discours écologique. On ne se trompe pas vraiment, on va au plus facile. C’est plus facile de pomper l’air des citoyens avec «sacs de plastique ou sacs de papier?», c’est plus facile de nous infantiliser, «les os de poulet dans le bac bleu, les petits pots de yogourt dans le bac vert», c’est sûr, c’est plus facile de nous dire ne pas laisser tourner notre moteur plus de trois minutes que d’aller causer cinq minutes avec le PDG de Monsanto ou celui de Dupont.

* * *

Autre source importante de pollution dont on ne parle jamais, le discours écologique lui-même qui produit en masse de l’extrême correctness, de la bonne opinion, de l’amour de soi-même, de l’avenir pour nos petits-enfants, et du sirop.

J’entends les écolos aujourd’hui, j’entends les bons prêtres d’autrefois, j’entends les vieux hippies, j’entends les féministes d’il y a 35 ans. Le mouvement féministe défendait la cause fondamentale de l’égalité entre l’homme et sa fiancée, les écolos mènent peut-être un combat qui sauvera la planète, alors pourquoi ses mouvements dits «d’ouverture» finissent-ils par devenir oppressants? À cause de leurs certitudes même?

Pourquoi dénoncer Harper et Bush mais se laisser flatter dans le sens du poil par Charest qui sait nous amuser, il est vrai, avec des règlements tout à fait rigolos, alors voilà ça prend un Hummer et ça prend un chrono, vous êtes prêts? Partez! Vous avez trois minutes.

Au moins Harper et Bush ont le courage de poser brutalement une vraie question: le capitalisme est-il soluble dans l’écologie?

Soyez gentils de ne pas me répondre une connerie, genre: le développement durable. De toute façon vos trois minutes sont terminées.

07 décembre, 2007

Le taux de pression fiscale

Selon une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’université de Sherbrooke, les auteurs Luc Godbout et Pierre Beltrame conclut que le taux de pression fiscale des Québécois est le plus élevé des dix provinces canadiennes et des 50 états américains.

Le taux de fiscalité est le rapport de l’ensemble des contributions obligatoires divisé par le produit intérieur brut. Les contributions obligatoires incluent toutes les sommes remises au gouvernement par les individus et les entreprises : les impôts, les taxes et les cotisations sociales (l’assurance emploi, le RPQ, le RAM, etc.).

Un surplus de fonctionnaires

Au Québec, les organismes gouvernementaux se pilent sur les pieds. Leur priorité consiste à protéger leur chasse gardée. Ainsi, des milliers de fonctionnaires s’agitent pour contrecarrer le travail de leurs confrères. Pendant ce temps les vrais problèmes n’ont qu’à attendre.

Le merveilleux monde de la bureaucratie sera toujours inefficace et garant de l’immobilisme.


Le vendredi 07 déc 2007
Des autobus privés sur Pie-IX
Bruno Bisson, La Presse

L’Agence métropolitaine de transport (AMT) veut confier à un partenaire privé la réalisation et l’exploitation d’une voie réservée aux autobus sur le boulevard Pie-IX, dans l’est de Montréal, l’un des corridors de transport collectif les plus achalandés de la métropole.

Ce projet, encore à l’étape préliminaire, est au cœur d’une nouvelle guerre de tranchées entre l’agence gouvernementale et la Société de transport de Montréal (STM) qui exploite les réseaux d’autobus et du métro de Montréal, et qui ne veut rien entendre du projet de l’AMT.

......

06 décembre, 2007

La dinde de Noël

Aujourd’hui, la grande guignolée des médias, a été l’occasion d’un défoulement collectif sur le dos de la pauvreté. C’était édifiant d’entendre les animateurs de Radio-Canada et les spécialistes soigneusement choisis pour répondre à leurs questions. Tous, sans exception, réclamaient plus d’intervention gouvernementale.

Le Québec est la province la plus pauvre qui compte le plus de pauvres. La trop grande présence du gouvernement dans l’économie et une règlementation capable d’effrayer le plus intrépide des entrepreneurs en sont les principales causes. Mais, pour les bien-pensants de la gogauche ce n’est pas assez. Il faut que le gouvernement intervienne davantage. C’est à croire qu’ils veulent appauvrir le Québec. Il est vrai que si les pauvres sont majoritaires, la gogauche aura la chance de prendre le pouvoir.

Surtout, il faut donner généreusement pour aider ceux qui n’ont pas eu de veine ou qui passent un mauvais moment. Il ne faut pas compter sur le gouvernement pour le faire.

Les discours bien tournés ne remplaceront jamais la dinde de Noël.


La pensée magique

Le Journal de Montréal, p. 24 / Nathalie Elgrably, 04 octobre 2007

Le Front de défense des non-syndiqués (FDNS) réclame une hausse du salaire minimum de 8,00 à 10,16$ l'heure pour combattre la pauvreté.

Mais pourquoi nous contenter d'une augmentation mesquine de 2,16$ l'heure si la hausse du salaire minimum suffit à améliorer le sort des travailleurs au bas de l'échelle? Ne devrions-nous pas manifester davantage de générosité et de solidarité, et réclamer une hausse de 10$ ou 15$ l'heure? Ne devrions-nous pas également partager cette fabuleuse découverte avec les dirigeants des pays en développement et ainsi économiser des milliards en aide internationale en plus de supprimer la pauvreté dans le monde?

Vouloir éradiquer la pauvreté est un objectif tout à fait louable qui fait assurément l'unanimité. Mais croire que la hausse du salaire minimum suffit à l'atteindre relève de la pensée magique.

Une hausse de 2,16$ l'heure peut paraître modeste. Après tout, c'est à peine le prix d'un pain ou d'un ticket d'autobus. Pourtant, il s'agit là d'une augmentation de plus de 25% du salaire minimum. Il faut donc être bien naïf pour penser que les employeurs resteront passifs face à un bond aussi vertigineux de leurs coûts. Et il faut être bien mal informé pour ignorer que les travailleurs au salaire minimum œuvrent surtout dans des PME, voire dans de très petites entreprises comptant moins de cinq employés.

Si on juge que McDonald peut aisément offrir de meilleurs salaires, on ne peut malheureusement pas en dire autant de la très grande majorité des petites entreprises qui embauchent la main-d'œuvre peu qualifiée et peu expérimentée. Il faut donc s'attendre à ce que ces PME cherchent des moyens de mitiger la hausse de leur masse salariale.

L'option qu'elles retiendront dépendra évidemment du secteur d'activité dans lequel elles évoluent. Les boutiques, les dépanneurs et les supermarchés choisiront certainement d'embaucher moins d'emballeurs et de commis, et remplaceront les caissières par ces nouvelles caisses automatiques. Certains clubs vidéo préfèrent déjà les distributeurs automatiques de films aux traditionnels commis. Comment se fait-il donc que les bien-pensants du FDNS ne réalisent pas qu'une hausse aussi radicale du salaire minimum précipitera, entre autres, la disparition de certains emplois pour lesquels les nouvelles technologies proposent des solutions de rechange bon marché?

Quant aux entreprises du secteur de la production, certaines pourraient être tentées de délocaliser leurs activités vers des pays où la main-d'oeuvre est meilleur marché.

Dans tous les cas, une hausse de 25% du salaire minimum risque d'être contreproductive. Il est difficile de survivre avec un salaire de 8$ l'heure. Mais il est encore plus dramatique de perdre son emploi, car en plus de perdre un revenu, le travailleur est privé d'une expérience de travail et de la possibilité de gravir les échelons.

La hausse du salaire minimum n'est pas un remède à la pauvreté. Dans les faits, ce n'est pas parce que les salaires sont faibles que les gens sont pauvres, c'est parce qu'ils sont peu qualifiés. La seule véritable solution à l'amélioration du niveau de vie passe par l'expérience et l'instruction.

Plutôt que d'investir des efforts dans un événement stérile comme la «Semaine nationale pour l'augmentation du salaire minimum», le FDNS devrait plutôt trouver des moyens d'aider les travailleurs à parfaire leur formation, car c'est la méthode la plus sûre pour s'enrichir. Légiférer pour enrayer la pauvreté est absurde: on peut forcer un employeur à verser de meilleurs salaires, mais on ne pourra jamais l'obliger à embaucher!

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

05 décembre, 2007

Pathétique!!

Quand un gouvernement se glorifie d’être classé premier par des fondamentalistes écologiques il y a lieu de s’inquiéter.

La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Mme Line Beauchamp, est fière d'annoncer que le Québec s'est classé premier, dans l'est du continent, pour la réduction des gaz à effet de serre (GES). Les notes sont accordées chaque année par une coalition de groupes environnementaux en lien avec le plan d'action sur les changements climatiques des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada. (Source : Communiqué de presse du gouvernement, le 5 décembre 2007)

Les conséquence de l'incurie des politiciens

Grâce au fiasco des fusions-défusions concocté, dans un cas comme dans l’autre, à des fins électoralistes, Montréal est devenue une ville ingérable qui coûte de plus en plus chère. À moins d’un mouvement de masse, où par exemple les montréalais refuseront de payer leur compte de taxe, le problème de l’organisation de Montréal demeurera entier.


La honte

Claude Picher, La Presse, 4 décembre 2007 - 06h34


J'ai encore en mémoire chaque détail de cette journée du dimanche 9 avril 2000.

Ma conjointe et moi devions participer à une fête de famille à Châteauguay. Il était prévu que nous quitterions Montréal assez tôt pour prendre des passagers à Verchères.

Le matin, il s'est mis à neiger. C'était prévu: MétéoMédia avait lancé un «avertissement de neige abondante». Mais, bon, les semaines précédentes avaient été exceptionnellement clémentes, le fond de l'air était doux, il n'y avait pas de raison pour ne pas prendre la route: il y avait des chances, même la madame de la météo l'avait dit, que tout cela se transforme en neige fondante.

Neige fondante mon oeil! Il a neigé, neigé et encore neigé: plus de 40 centimètres sont tombés sur Montréal cette journée-là! Le retour, de Châteauguay à Verchères, puis de Verchères à Montréal, a été particulièrement éprouvant.

Mais en arrivant à Montréal, le bonheur! Certes, la tempête avait laissé des tonnes de neige partout, mais, au moins, les déneigeuses avaient fait leur travail, on avait épandu du sel, ça circulait.

En soirée, j'ai dû faire une course et j'ai décidé d'y aller à pied: même les trottoirs de mon quartier étaient correctement déblayés. La civilisation! Et pourtant, nous habitons dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, donc pas précisément au centre-ville.

Je me souviens aussi du vendredi 16 décembre 2005, cela fait presque deux ans jour pour jour. Une autre épouvantable tempête de neige: plus de 40 centimètres là aussi.

Dans ces cas-là, je laisse la voiture à la maison et je prends le métro. Ce jour-là, j'avais un lunch d'affaires, à environ 10 minutes du bureau. Je m'y suis rendu à pied, et j'ai pu le faire parce que tous les trottoirs au centre-ville étaient déblayés.

Lundi, je suis allé dîner en compagnie d'une collègue, dans un restaurant pas loin du bureau. Tous les deux, nous travaillons depuis près de 30 ans au centre-ville. Nous en avons vu, des tempêtes.

Et nous savons, d'expérience, que le centre-ville est bien équipé pour faire face aux tempêtes.

C'est normal: dans le quadrilatère situé entre le fleuve et les rues Saint-Denis, Sherbrooke et Guy est concentré le coeur de l'activité économique montréalaise.

On y trouve tous les grands édifices de bureaux, les grands hôtels, trois universités, la gare centrale, le terminus d'autobus, le Palais des congrès, l'hôtel de ville, le palais de justice, plusieurs hôpitaux dont le futur CHUM, et j'en passe.

C'est le centre névralgique de Montréal, et c'est pour cela qu'il est impérieux de le nettoyer avant les autres arrondissements.

Toutes administrations municipales confondues, depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir, ont accordé la priorité au déneigement du centre-ville.

Apparemment, c'est fini.

Ma collègue et moi sommes rapidement tombés d'accord: jamais, en 30 ans, n'avons-nous vu le centre-ville aussi négligé lors d'une tempête.

Sur l'heure du midi, une bonne moitié des trottoirs n'avait pas encore été déblayés, et les gens devaient marcher dans les rues, elles-mêmes laissées à l'abandon. Pas un grattoir, pas une souffleuse, pas une charrue, pas une déneigeuse, pas de sel, rien.

En après-midi, je suis retourné faire un tour dehors, C'était toujours pareil. En plein coeur d'une ville qui veut se donner des airs de grande métropole. Ma collègue était indignée, avec raison: «c'est inadmissible, c'est une honte!»

Évidemment, ce n'est pas le bordel partout. Dans certains coins du centre-ville, selon les chroniqueurs de circulation, les déneigeurs avaient fait leur travail à peu près correctement.

Mais ces mêmes chroniqueurs, à l'heure de pointe, mettaient les automobilistes en garde: soyez prudents, les rues sont pleines de piétons parce que les trottoirs sont inutilisables!

Inadmissible, en effet.

Probablement, au cours des prochains jours, aurons-nous droit à des explications des autorités municipales. On essaiera peut-être de nous faire accroire que tout se passe bien, que c'est l'hiver et qu'on n'y peut rien, que c'est comme ça au Québec.

Possiblement, les politiciens vont se chamailler, les syndicats vont dire qu'on manque de budgets, tout le monde va se renvoyer la balle.

Taratata!

Moi, ce que je sais, c'est que je n'ai jamais vu le centre-ville en pareil état en 30 ans. J'ai déjà vu des tempêtes bien pires que celle de lundi, et cela n'a pas empêché la Ville de déblayer plus rapidement.

Tout cela veut dire que quelqu'un, quelque part, ne fait pas son job.