Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Normal qu’il y ait des sommets politiques. Tous les dossiers ont l’air d’une montagne. --- Michel Beaudry

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30 novembre, 2007

L’interventionnisme

Les politiciens n’hésitent pas à intervenir dans la gestion journalière des sociétés d’état à des fins électoralistes. Ces interventions sont toujours justifiées par le besoin insatiable des politiciens de laisser croire au public qu’ils ont leurs intérêts à coeur. Il est vrai qu’ils veulent notre bien. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont toujours les mains dans nos poches.

Tous les politiciens salivent à la seule pensée d’utiliser l’immense cagnotte de la Caisse pour promouvoir leur carrière. Malheureusement, les interventions politiques dans la gestion des actifs de la Caisse ont toujours nuit à son rendement.

Lorsque les politiciens font des pressions pour influencer les investissements de la Caisse c’est comme s’ils se mêlaient de me dire quoi faire avec mes REER. Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’en ai rien à cirer de leurs conseils en investissement.

La mission de la Caisse
L’Actualité.com, November 30, 2007, 10:47:51 AM Pierre Duhamel

La comparution de Henri-Paul Rousseau en commission parlementaire nous aura rappelé comment le PDG de la Caisse de dépôt est intelligent, articulé et pédagogue. Cela ne l’a pas empêché de s’être gouré avec le papier commercial adossé à des actifs et que cela coûtera cher.

La Caisse a sous-estimé le risque de ces placements à court terme dans lesquels elle a investi 13,2 milliards de dollars. Pourquoi a-t-elle tant investi dans ces véhicules ? Parce qu’elle maintient des liquidités de 33,6 milliards pour pouvoir intervenir rapidement sur les marchés ou dans des transactions. Cela est énorme, même pour un portefeuille de 207 milliards de dollars. Pour arriver à des rendements supérieurs aux indices, elle doit obtenir le maximum de ses placements à court terme, d’où l’achat massif de PCAA.

Talonné par les partis d’opposition plus intéressés à ferrailler sur la fameuse mission de la caisse, Henri-Paul Rousseau a bien fait de nous rappeler que les pertes que pourraient encourir la caisse à cause des PCAA seront probablement moindres que ce qu’elle a perdu dans la transaction Quebecor-Vidéotron (2,9 milliards $).

François Legault a reproché à Henri-Paul Rousseau de ne pas s’être montré interessé par Alcan ou d’autres entreprises québécoise alors qu’elle s’engageait dans des « placements qui vont perdre de l’argent » comme celui de l’aéroport Heathrow, à Londres.

D’abord, bravo une fois de plus pour les dons de prescience de François Legault. Il devrait en faire un métier. Sur le fond de la question, la Caisse s’est fait plumer à plus d’une reprise en intervenant massivement et de façon inopportune dans de nombreux dossiers ( Asbestos, Brascade-Noranda, Provigo, Steinberg…). Je comprends mal l’acharnement à vouloir recommencer…

Je ne comprends pas non plus la confusion que l’on fait entre l’État québécois et la Caisse de dépôt. La Caisse doit payer des pensions de retraite à des millions de Québécois, il faut d’abord s’assurer qu’elle obtient un rendement suffisant pour répondre à ses obligations.

Le cas d’Alcan est intéressant. Aurait-il fallu que la Caisse engage le combat contre Rio Tinto et investisse au-delà de 38 milliards de dollars pour acquérir Alcan ? On reproche d’un côté à la Caisse de s’être trop investie pas le papier commercial, mais on ne voit pas de problème à un investissement trois fois plus considérable. Même pour la Caisse, un tel investissement aurait été à l’encontre de tous les principes de l’investissement, à commencer par une saine et juste répartition de l’actif.

29 novembre, 2007

Les résultats PISA 2006

En 2006, PISA a évalué les compétences et connaissances des étudiants de 15 ans de 57 pays. Le tableau ci-bas présente les résultats pour les sciences. Le Canada se classe troisième après la Finlande et Hong Kong, ce qui est remarquable.

La crise du papier commercial

John Fortune et John Bird explique la bourse et le fiasco du papier commercial.

Il ne faut pas manquer ça.

8 min. 49 sec.

28 novembre, 2007

Merci, je m’en occupe

Le témoignage de Serge Denault est un bel exemple de ce qui arrive tous les jours à des milliers de Québécois. Soumis à l’ineptie d’un système de santé en faillite il prend son sort en mains. Malheureusement, il doit payer deux fois pour les mêmes services. Il a été contraint, comme tous les Québécois, de payer ses services de santé à l’état par anticipation. Par négligence, l’état a gaspillé l’argent qui lui avait été confié de bonne foi et est aujourd’hui incapable de remplir sa partie du contrat. Donc, il doit payer à nouveau pour obtenir les services qu’il a déjà payé. C’est vraiment révoltant.



Pour le prix d'un billet de hockey...

Serge Denault
L'auteur habite à Pointe-Claire.

À la suite des usuelles complaintes concernant la médecine en pratique privée des gau-gauchistes Khadir et de la FTQ (on repassera pour l'originalité des idées), je désire vous faire part d'une situation réelle: la nôtre.

Ma conjointe est atteinte de sclérose en plaques. Un traitement de chimiothérapie, il y a maintenant deux ans, a affaibli son système immunitaire de manière appréciable. Ses déplacements (en fauteuil roulant, je le souligne) lui causent de fortes douleurs et une grande fatigue.

Elle a contracté une sévère bronchite la semaine dernière, qui a nécessité une consultation auprès d'un médecin.

Nous avons donc appelé à notre clinique médicale habituelle où un gentil répondeur nous a appris qu'il n'y avait aucun médecin en service, et ce pour toute la semaine. Efficacité quand tu nous tiens...

Irions-nous à l'hôpital? Certainement pas, elle en reviendrait abîmée et plus malade à cause de la fragilité de son système immunitaire. Six heures d'attente pour une ordonnance est de toute manière totalement ridicule. Sans parler de l'insalubrité qui est maintenant la norme dans ces endroits.

Une rapide recherche sur l'Internet m'a permis de trouver un médecin qui se déplace à domicile. Appel en après-midi. Un être humain comme vous et moi me répond, et me donne les détails pertinents. Le lendemain à 11h, un médecin de 30 ans d'expérience s'est présenté chez moi et a prodigué les soins nécessaires. Coût? Semblable au prix d'un billet pour une personne d'un match de hockey au Centre Bell, hot-dogs et bières flat inclus.

Nous ne sommes pas riches, loin de là. Mais il arrive un moment où il faut mettre les valeurs et le bon sens au bon endroit.

Alors, à vous, M. Khadir, qui n'avez sans doute jamais eu à vivre de telles angoissantes situations, à vous syndicalistes de mes deux qui vous gargarisez d'une navrante idéologie dépassée qui ferait se retourner dans sa tombe Karl Marx, et même à vous, M. le ministre Couillard, qui endormez le bon peuple avec vos soporifiques discours creux et démagogiques, je dis ceci: mêlez-vous de vos affaires et laissez-nous nous occuper de notre santé nous-mêmes, nous en sommes fort capables sans l'intervention de vos incompétences et votre manque d'humanité.

27 novembre, 2007

La « soviétisation » du système de santé

Le système de santé du Québec exhibe tous les symptômes des systèmes soviétiques de l’ère communiste : planification centralisée, gestion de l’offre, pénurie, mauvaise coordination, aucune relation entre coûts et résultats, nivellement par le bas, file d’attente, etc.

Les solutions sont connues depuis toujours : décentralisation, compétition et privatisation.

Le texte du Dre Sylvie Berthiaume est particulièrement édifiant : l’administration « soviétisée » du CHUM demande à ses médecins de refuser de traiter des femmes enceintes pour ne pas dépasser le quota établi par l’hôpital. Il faut le faire quand même!!

Cyberpresse, le mardi 27 nov 2007

Du pelletage chez le voisin

Sylvie Berthiaume

L'auteur est omnipraticienne, chef de service de périnatalité du CHUM et membre de l'exécutif de l'Association des omnipraticiens en périnatalité du Québec.

La situation au CHUM concernant les quotas d'accouchements, tel que nous l'avons lu dans La Presse de vendredi dernier, illustre bien à quel point les administrations hospitalières, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal et le ministère de la Santé tardent à s'ajuster à la hausse du taux de natalité de 10% observée dans l'île de Montréal depuis deux ans.

Les médecins accoucheurs du CHUM, gynécologues et omnipraticiens ont su s'adapter à ces nouveaux besoins et hausser leur offre de service pour faire 200 accouchements de plus par année, soit 2700 alors que l'hôpital reçoit un budget pour 2500. Notre administration refuse de réclamer à l'Agence une augmentation de fond qui correspond à la nouvelle réalité afin de soulager le personnel infirmier. Elle nous demande plutôt de refuser encore plus de patientes enceintes que nous le faisons déjà pour redescendre à 2500 accouchements. C'est ce qu'on appelle pelleter le problème chez le voisin.

Pourtant, les autres hôpitaux de la région sont déjà débordés alors que certains de ceux-ci n'ont pas la même marge de manoeuvre que le CHUM quant à leurs ressources médicales. Cela dit, la clientèle des couronnes sud et nord qui s'adresse au CHUM ne représente que 10% de nos patientes, qui pour la plupart travaillent à Montréal ou dont nous sommes déjà le médecin depuis des grossesses antérieures.

L'administration du CHUM s'inquiète avec raison de la pénurie d'infirmières. Pourtant, cette pénurie existe aussi dans les autres hôpitaux francophones de Montréal. Les patientes qui accouchent ne reçoivent pas toujours le support dont elles ont besoin et parfois des situations dangereuses pour la mère et l'enfant peuvent se développer. Le ministère, de concert avec les syndicats, doit trouver des solutions spécifiques adaptés aux grands centres urbains. En autre, le ministre Couillard devrait accorder aux infirmières des salles d'accouchements la prime déjà offerte aux infirmières de soins intensifs et de salles d'urgence. Quant à l'Agence de Montréal, elle devrait donner à chaque centre hospitalier, pour le budget 2008, les fonds correspondants aux nombres d'accouchements faits en 2007 et non selon ce qui était planifié. Cela permettrait à chaque centre de trouver des solutions originales pour soulager ses infirmières.

Certains hôpitaux comme Sacré-Coeur ont encore des installations désuètes pour accueillir les femmes qui accouchent et n'ont pas comme priorité de les mettre à niveau. Le ministère devrait les contraindre à le faire et débloquer les budgets en conséquence.

Manque de ressources

Dans la plupart des milieux hospitaliers, c'est aussi le manque de ressources médicales qui limite l'accessibilité au suivi de grossesse dans un délai raisonnable. Il faut donc augmenter le nombre d'infirmières en clinique externe et offrir aussi le support d'infirmières aux médecins dans leurs cliniques privées. Celles-ci pourraient remplacer le médecin pour certaines visites de routine. Des ententes entre le ministère, la FMSQ et la FMOQ viennent d'être faites à ce sujet. Il faudrait les concrétiser rapidement. Mais attention! Il ne faut pas dégarnir nos salles d'accouchements pour ces postes mais plutôt recruter auprès des infirmières en fin de carrière ou déjà retraitées.


Et les sages-femmes dans tout ça? Je crois qu'elles devraient augmenter leur nombre d'accouchements qui n'est que de 40 par an chacune, comparativement à 60 à 150 pour la plupart des médecins. L'ouverture de nouvelles maisons de naissance prévue par le ministère de la Santé aurait ainsi un peu plus d'impact sur la pénurie de professionnels en périnatalité que nous connaissons maintenant. Cependant, les sages-femmes sont trop peu nombreuses actuellement pour suffire à combler la hausse de la natalité.

Voilà un survol de solutions concrètes et rapidement réalisables que les gestionnaires et le ministre de la Santé devraient mettre en oeuvre afin d'offrir un service sécuritaire et de qualité pour toutes les femmes enceintes. Plusieurs de ces solutions s'appliquent aussi aux autres régions du Québec. Notre société a développé des programmes efficaces (garderie, congés parentaux) pour hausser le taux de natalité. Les femmes ont répondu à l'appel. Nous devons maintenant leur permettre de vivre leur grossesse et leur accouchement dans la sérénité et la sécurité en ajustant les ressources en conséquence.

26 novembre, 2007

Grève dans les monopoles publics

Le droit de grève dans un monopole public est absurde dans une société qui se prétend civilisée. Les Québécois acceptent de moins en moins que les droits d’une infime minorité briment ceux de la très grande majorité.

En fait, 74% des lecteurs de Cyberpresse ont répondu oui à la suggestion d’éliminer le droit de grève aux employés de la STM.

Québec devrait-il supprimer le droit de grève dans certains secteurs comme le transport en commun?

Cyberpresse, le 26 novembre à 17h00

Le gouvernement osera-t-il enfin s’élever au-dessus des intérêts des syndicats pour défendre les intérêts des employés, des usagers et des contribuables? Malheureusement, cela est peu probable. Le PLQ n’osera pas se mettre à dos les syndicats à la veille d’une élection. J’ai bien peur que ce ne soit qu’un ballon lancé en l’air.


Patrick Lagacé, Cyberpresse, le Lundi 26 Novembre 2007


La grève dans les transports en commun…

Québec jongle avec l’idée de supprimer le droit de grève dans le transport en commun. Avec les grèves à répétition à la STM, il était inévitable que quelqu’un, quelque part, étudie sérieusement cette avenue.


Je sais que je ne vais pas me faire d’amis chez les syndiqués mais c’est une excellente nouvelle. Désolé, le transport en commun est aussi vital que les flics et les pompiers, qui n’ont pas le droit de grève. Des milliers de personnes dépendent des bus, du métro pour fonctionner. Quand les mécaniciens, employés de soutien ou chauffeurs de la STM débraient, l’expression « prendre le public en otage » prend tout son sens. C’est facile de faire la grève quand tu sais que ton employeur ne va jamais fermer les portes. Ça doit en partie expliquer pourquoi il y en a tant à la STM.


Tu ne peux pas dire aux gens, d’un côté, qu’ils devraient larguer leurs autos pour prendre le métro et le bus. Puis, de l’autre côté, composer avec une société de transport qui débraie régulièrement.


Sur une note plus politique : jamais cette idée d’interdire le droit de grève aux syndiqués du transport en commun n’aurait levé sans l’ADQ. Le parti de Dumont, à bien des égards, force le gouvernement à – oserai-je le dire ? – mettre ses culottes, parfois. Je ne suis pas d’accord avec toutes les idées de l’ADQ. Mais j’aime bien voir son influence forcer le PLQ à donner un coup de pied dans le statu quo. C’est le cas, ici.

25 novembre, 2007

La privatisation de la SAQ

L’aile jeunesse du parti Libéral recommande la privatisation de la SAQ. Malheureusement, Jean Charest a immédiatement rejeté la proposition. Pourquoi? Au PLQ l’électoralisme prime sur le bon sens. Si ce n’est pas populaire on n’y touche pas.



Source: Cyberpresse

Moins c’est mieux

Devant l’envolée du dollar, les entreprises manufacturières demandent au gouvernement d’intervenir. Elles demandent :

  • d’éliminer la taxe sur le capital;
  • de réduire les impôts;
  • de simplifier la règlementation.

En réponse aux demandes du secteur manufacturier le gouvernement offre plus d’intervention (Voir ci-bas). Cela se traduira nécessairement par plus de règlementation, plus de « bourreaucrates » donc, plus de taxes. Pourquoi? Pour démontrer aux contribuables que le gouvernement fait quelque chose pour les aider (acheter des votes) et pour faire plaisir aux syndicats (acheter plus de votes).

Plan d’action gouvernemental pour sauver le secteur manufacturier.

Le plan d'action contient deux grands objectifs complémentaires. D'abord,
investir pour contrer les effets négatifs de la hausse du dollar et relancer
les exportations et ensuite, investir pour maîtriser l'avenir.

Investir pour contrer les effets négatifs de la hausse du dollar et
relancer les exportations

Afin de stimuler l'investissement privé, le gouvernement soutiendra les
projets d'investissement au moyen des actions suivantes :
- Bonification du crédit de taxe sur le capital (30 M$), accroissement
des liquidités des entreprises en 2008 (500 M$) et augmentation de la
capacité d'intervention des fonds fiscalisés (28 M$).

- Une aide supplémentaire accordée aux projets d'entreprises dans les
régions les plus touchées (15 M$, complétant le budget de 301 M$ dont
dispose le MDEIE).

Le gouvernement épaulera davantage les entreprises grâce à des experts et
à un réseau de leaders.
- Les entreprises auront accès aux conseils d'équipes d'experts en
productivité (51 M$), au réseau d'investisseurs Anges Québec ainsi
qu'à des mentors.

- Les réseaux manufacturiers, s'appuyant sur les leaders de
l'industrie, seront renforcés (3,5 M$) et les dirigeants des filiales
québécoises d'entreprises étrangères recevront un appui accru du
MDEIE.

Afin d'aider les entreprises à conquérir de plus grandes parts de marché
ici et partout dans le monde, le gouvernement utilisera toute la marge de
manoeuvre dont il dispose dans le cadre des accords intergouvernementaux
et des lois et règlements en vigueur pour faire profiter les entreprises
manufacturières québécoises du maximum de retombées des achats publics du
Québec.

Il intensifiera aussi ses efforts pour favoriser l'exportation.
- La vitrine technologique : 5,5 M$ seront ajoutés aux 16,5 M$ déjà
disponibles pour faciliter la mise en marché des innovations et
réaliser une première vente.

- Des crédits de 1,5 M$ s'ajouteront aux 1,5 M$ déjà disponibles pour
soutenir la validation technique des produits innovants.

- Les entreprises - principalement les PME - recevront une aide de
25 M $ pour entreprendre ou consolider leur développement à
l'extérieur du Québec.

Investir pour maîtriser l'avenir

Afin de mieux tirer profit de la recherche et de l'innovation :
- Cinq nouveaux centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT)
verront le jour (4 M$).

- Le mandat du CRIQ sera revu, ses actions seront dorénavant
concentrées dans les activités liées au secteur manufacturier.

Afin de pouvoir miser sur une main-d'oeuvre qualifiée :
- Mise en place d'un crédit d'impôt à la formation de la
main-d'oeuvre
(120 M$).

- Crédit additionnel de 8 M$ pour l'embauche de travailleurs affectés à
la recherche et à l'innovation.

Afin de prendre le virage du développement durable :
- 25 M$ dans un fonds de capital de risque pour les technologies
propres, qui permettra de lever une contribution supplémentaire de
75 M$ des partenaires privés.

- 15 M$ pour encourager le secteur manufacturier à utiliser des
énergies propres et efficaces.

«La mise en place de telles mesures pour le secteur manufacturier
témoigne des efforts du gouvernement pour arriver à un développement plus
harmonieux» a déclaré la ministre du Développement durable, de l'Environnement
et des Parcs, Mme Line Beauchamp.

(Source: Communiqué de presse du gouvernement)

24 novembre, 2007

La passion d'entreprendre (1)

Les Québécois ont l’entrepreneurship à cœur. Si seulement les politiciens avaient à coeur de leur faciliter la tâche plutôt que de leur mettre des bois dans les roues. Un régime fiscale usuraire, une règlementation lourde, abusive et inutile et un marché du travail qui favorise les syndicats, sont tous des éléments qui nuisent à l'entrepreneuriat.

Voici les commentaires de grands leaders : Robert Dutton, Jean Coutu, Alain Bouchard, Christiane Germain, Raymond Royer, Jacques Landreville, Andrea Martin, Alain Lemaire, Rémi Marcoux, Yvon Bolduc et André Chagnon.

23 novembre, 2007

Projet de loi numéro 41 (2)


Gracieuseté d’Hervé Philippe, La Tribune

Projet de loi numéro 41

Plus électoraliste, plus démagogique, plus imbécile, ....., que ça, tu meures!

Évidemment, le ministre Béchard mise sur la probabilité que le PQ et l’ADQ rejetteront son projet de loi. Il en profite pour se faire du capital politique. Il est toujours populaire de casser du sucre sur le dos des pétrolières.

Mais, qu’arriverait-il si par hasard le projet de loi était approuvé? Ce projet de loi pousse l’interventionnisme à un nouveau sommet. Celui-ci constitue la principale embûche aux investissements privés. Pourtant, le Québec traîne dans le peloton de queue dans ce domaine. Le seul fait de l’avoir proposé aura des effets négatifs sur le développement du Québec pour plusieurs années.

Décidément, l’opportunisme électoraliste ne connait pas de limite. Ce projet de loi démontre que les politiciens sont près à sacrifier l’avenir de toute une société pour obtenir quelques milliers de votes aux prochaines élections. Bravo!

Québec pourrait fixer le prix de l'essence
Presse Canadienne,
08:07, le 23 novembre 2007

Le ministre des Ressources naturelles du Québec, Claude Béchard, pourrait fixer le prix de l'essence en cas d'abus des pétrolières.

Il affirme qu'il utiliserait sans hésitation le pouvoir qu'il s'est donné dans la loi 41, à l'étude à l'Assemblée nationale, de déterminer lui-même pour une période donnée le prix maximum de l'essence ou du carburant diesel, dans certaines circonstances.

L'objectif du projet de loi parrainé par le ministre est de forcer les pétrolières à plus de transparence dans les composantes du prix de vente du carburant et à expliquer chaque modification du prix.

M. Béchard a toutefois introduit une nouvelle disposition qui permet à la Régie de l'énergie de fixer, à la demande du ministre et pour la période et de la manière déterminées par celui-ci, le prix maximum auquel une entreprise vend au détail de l'essence ou du carburant diesel.

Dans le passé, le gouvernement du Québec ne pouvait intervenir dans le marché du carburant que par l'adoption d'un décret du conseil des ministres, ce qui ne s'est fait qu'à une seule occasion, à l'initiative du ministre John Ciaccia, il y a près de 20 ans, pour une seule zone.

Le ministre Béchard voulait d'un pouvoir beaucoup plus souple lui permettant des interventions rapides et répétées si nécessaires.

Le projet de loi oblige les détaillants à afficher dans un endroit bien en vue le coût total du carburant à la livraison du produit chez-eux et le montant total des taxes, ainsi que le prix de vente estimé par la Régie.

Un avis doit être donné à la Régie de l'énergie de toute modification du prix de vente.

M. Béchard affirme qu'il ne comprend pas l'opposition de l'ADQ et du PQ. Il soutient qu'il a pris le parti des consommateurs alors que l'opposition prend le parti des pétrolières.

© 2007 LesAffaires.com

22 novembre, 2007

Le vrai test est à venir

Montréal va-t-il enfin retrouver son dynamisme d’antan.

Depuis le discours d’Alain Dubuc devant la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, Montréal a annoncé trois projets d’envergure : Le quartier des spectacles, 120 millions; le boulevard urbain de la rue Notre-Dame, 750 millions; et le projet de développement immobilier de Griffinton, 1,3 milliards. Ce dernier constitue le vrai test pour déterminer si Montréal tourne enfin le dos à l’immobilisme.

Le jeudi 11 octobre 2007
Le succès de Montréal dépend de nous

Alain Dubuc, La Presse, Collaboration spéciale

Alain Dubuc a présenté le 11 octobre une conférence devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Voici le texte de son allocution.

Je suis plus que flatté d’avoir été invité à prononcer la conférence qui sera le coup d’envoi de cette nouvelle saison. J’en remercie votre présidente, Mme Isabelle Hudon.

Le thème que j’ai choisi d’aborder, c’est Montréal. Pas seulement parce qu’il s’agit, par définition, d’un thème de circonstance devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Mais parce que je suis inquiet pour Montréal.

Je le dis sans vouloir être alarmiste, sans vouloir céder au sens de l’exagération que l’on attribue souvent au monde des médias. Notre ville ne va pas mal, elle n’est pas en crise. Mais Montréal n’a certainement pas atteint son plein potentiel. Et son succès futur n’est pas garanti. Il y a des menaces à l’horizon qui pourraient pénaliser la métropole si nous ne faisons pas attention. L’avenir de Montréal est un enjeu qui devrait être au cœur de nos préoccupations, sur lequel nous devons nous mobiliser. Et quand je dis nous, je pense à tout le monde, aux gens d’affaires, aux médias, au monde de l’éducation, à celui de la culture, aux citoyens dans leur ensemble.

Un bilan impressionniste

Chacun d’entre nous a sans doute son opinion sur l’état de la ville, a sa propre façon de voir les choses qui a été définie par ses expériences et ses valeurs. Ce sont ces cheminements uniques à chacun qui expliquera l’optimisme des uns et le pessimisme des autres.


Ma propre vision de l’avenir de Montréal est le produit de ma profession, le journalisme, de ma formation d’économiste, mais aussi de ma vie de tous les jours et de mon passé, celui de quelqu’un qui a passé la majeure partie de sa vie à Montréal, qui est né à Montréal et qui y a grandi.

Je voudrais insister aujourd’hui sur cinq éléments, cinq événements déclencheurs qui ont frappé mon imagination et qui ont contribué à façonner ma vision de la métropole et qui m’ont aidé à évaluer son potentiel et qui m’ont amené au bilan que je vous propose.Le premier déclencheur est presque historique. Il plonge dans mes souvenirs d’il y a trente ans. Quand je suis devenu chroniqueur aux pages économiques de La Presse, en 1976, la ville de Montréal était toujours plus importante que Toronto. Montréal était la métropole du Canada, elle a été au centre du monde entre l’Expo de 1967 et les Jeux olympiques de 1976. Il y avait encore de la concurrence entre les deux centres urbains et même ce que l’on appelait alors la bataille des sièges sociaux. Trente ans plus tard, l’écart entre les deux villes s’est tellement creusé qu’il n’y a plus de bataille et plus de rivalité. L’histoire récente de Montréal, c’est donc celle d’un déclin. Même si ce déclin a été stoppé, le rattrapage n’a pas vraiment eu lieu. Cela nous a certainement marqués collectivement et ce déclin colore sans doute notre réflexion sur le potentiel de notre ville.

Le second déclencheur est de nature économique. Et c’est l’une des statistiques dont je me suis servi dans la préparation de mon livre, Éloge de la richesse. Selon des données comparatives de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE, Montréal se classe, pour son niveau de vie, au 49ème rang des 75 grandes villes du monde. En Amérique du Nord, Montréal est la 26ème ville sur 26.

Ce sera le seul chiffre de ma présentation. Mais il suffit amplement, tant il est stupéfiant. Nous sommes au dernier rang du continent. Pas les plus miséreux, pas les plus malheureux. Car notre niveau de vie moins élevé est en partie compensé par une qualité de vie enviable : moins de pauvreté, moins de violence, plus de culture, un environnement agréable. Mais ces chiffres nous disent quand même que Montréal est la ville qui produit le moins de richesse, celle qui est la moins productive, et celle qui, en bout de ligne, dispose du moins de ressources sur le continent. Il y a moins d’argent à Montréal, pour consommer, pour investir, pour garnir les coffres de l’État. Cette réalité mesurable, je ne l’évoque pas pour qu’on s’autoflagelle, mais au contraire, pour qu’on se réveille.

Le troisième déclencheur est de nature politique. Il est toujours frustrant, pour un Montréalais qui croit à Montréal, de voir l’inaction et l’indifférence à l’égard de la métropole des politiciens québécois, tous partis confondus. Mais mon seuil de tolérance a été dépassé au début de l’année quand le ministre des Finances d’alors, M. Michel Audet, a réussi à déposer un document de consultation pré-budgétaire, intitulé « Des régions plus prospères », où il a réussi à ne consacrer que trois pages sur 44 à Montréal et à Québec. Je ne veux pas accabler l’ancien ministre, mais plutôt noter que cette omission illustrait jusqu’à la caricature la coupure entre Montréal et le reste du Québec, le fait que, pour les politiciens, exprimer du souci pour Montréal est une sorte de maladie honteuse. Cet isolement politique est une contrainte dont il faut tenir compte dans la réflexion sur le développement de la métropole.

Le quatrième déclencheur est stratégique. Et c’est l’étude que le grand spécialiste du développement des villes, Richard Florida, a réalisé sur la métropole il y a un peu plus de deux ans. En appliquant au cas montréalais sa méthode qui consiste à mesurer les éléments qui font qu’une ville est créative, le spécialiste a déclaré que « Montréal est l’un des secrets les mieux gardés d’Amérique du Nord ». Cette conclusion, il y est arrivé en constatant que Montréal disposait d’atouts significatifs que vous connaissez autant que moi : des industries de pointe, un réseau universitaire de haut niveau, un bassin de main d’œuvre très qualifiée, une vie culturelle riche, une qualité de vie attirante. Ce déclencheur introduit un élément d’espoir, parce qu’il nous rappelle que Montréal dispose d’outils pour réussir.

Le cinquième déclencheur est de nature plus théorique. Il s’agit de la multiplication d’études montrant qu’il y a un consensus croissant chez les économistes pour dire que les grandes villes sont plus productives, qu’elles sont le moteur du développement, et que leur développement est crucial. C’est ce que dit une étude de l’OCDE, « Competitive cities in the global economy », c’est ce qu’affirme aussi une grande étude du Conference Board du Canada, pour qui « la prospérité du Canada dépend du succès de nos grandes villes ». La mondialisation a affaibli les États, accéléré les échanges et le déplacement des personnes, augmenté le niveau de concurrence, forcé les sociétés avancées à se redéployer vers le savoir. Dans ce monde nouveau, la création de richesse repose davantage sur les centres urbains, et c’est entre les villes, des cités- États, que s’exerce la concurrence.

Ce nouveau contexte place la barre plus haut, et montre que le redressement de Montréal n’est pas seulement souhaitable; il est vital. Il montre aussi que l’enjeu du développement de Montréal, ce n’est pas que le mieux-être des Montréalais, c’est aussi la capacité du Québec et du Canada d’atteindre leur plein potentiel. En ce sens, ce déclencheur introduit un autre élément d’optimisme, car il fournit un argument de poids pour désamorcer l’opposition, souvent artificielle, entre Montréal et les régions, en montrant que le succès de Montréal est pour le bien de tous.

Un sentiment d’urgence

Qu’est ce qu’on peut conclure de tout cela? Qu’est ce que ces cinq déclencheurs nous disent? Que Montréal ne va pas mal. Que c’est loin d’être la catastrophe. Mais que Montréal pourrait et devrait faire beaucoup mieux. À l’heure actuelle, ce qui caractérise Montréal, ce sont moins ses réalisations spectaculaires que son potentiel. La question centrale qu’il faut se poser, c’est si la métropole sera capable de réaliser ce potentiel. Cette piste de réflexion m’inspire quelques remarques.


Premièrement, on peut introduire un autre élément d’espoir, qui tient à la nature même d’un centre urbain. Une ville, ce n’est pas seulement des pierres, des maisons, des rues ou des usines. C’est d’abord ses gens, la façon dont ils vivent, travaillent et interagissent. Les villes sont organiques, elles se comportent un peu comme un être vivant, avec ses hauts et ses bas, ses états d’âme, ses crises. C’est ce qu’on décrit souvent comme le climat. Et ça peut jouer des deux côtés. Une ville peut connaître des périodes de morosité, c’est un peu le cas de Montréal en ce moment. Mais elle peut également connaître des revirements rapides et spectaculaires, accélérer son développement, ou se sortir avec brio d’un trou que l’on croyait sans fond. On l’a vu à Toronto, à New York ou à Barcelone. Tout est donc possible.

Deuxièmement, tout est peut-être possible, mais le succès ne tombera pas du ciel. La chance, il faut la fabriquer. C’est ce que nous dit en fait l’étude de Richard Florida, qui nous ramène au verre à moitié vide et au verre à moitié plein. On peut se bercer d’illusions en évoquant tous nos atouts; nous sommes très bons pour ça. Mais n’oublions pas que le fait que les avantages de Montréal soient un secret bien gardé est, en soi, un échec, celui d’une ville qui n’a pas réussi à se mettre en valeur. Cela met en relief la contradiction profonde que vit Montréal. Sur papier, elle a tout pour être dans le peloton de tête. Et pourtant, dans les faits, elle est au dernier rang. Il y a manifestement quelque chose qui ne fonctionne pas. Cela nous rappelle que Montréal a peut-être des avantages, mais qu’elle est incapable de les transformer en richesse. Et notre défi est là. Il y aura de l’espoir pour Montréal à la seule condition que la métropole soit capable d’exploiter ses atouts. En sommes-nous capables? C’est là notre grand défi.

Troisièmement, il faut introduire dans notre réflexion un élément d’urgence. Montréal est une ville fragile. Le fait que son niveau de vie soit bas nous dit qu’elle est moins compétitive, et donc plus vulnérable à la concurrence et aux chocs de l’extérieur. Et les études que j’évoquais plus tôt sur le rôle stratégique des villes doivent nous rappeler que Montréal n’est pas seule sur la ligne de départ. Il y a des dizaines et des dizaines de grandes villes en Amérique et ailleurs qui pensent à leur développement, qui mettent au point des stratégies pour être gagnantes dans ce grand combat. Bien des villes ont commencé avant nous et sont en meilleure position que nous. Nous n’avons pas le luxe du temps.

Quatrièmement, on peut même aller encore plus loin, et dire qu’il peut y avoir de réelles menaces à l’horizon. Montréal subit des pressions économiques, ne serait-ce que la fragilisation de son industrie manufacturière. Elle entre dans une crise démographique plus marquée qu’ailleurs en Amérique. Elle est le moteur d’une province qui souffre de sous-investissement et qui est menacée par une impasse financière. Montréal, plus encore que le Québec, peut donc frapper un mur. Et peut, si elle ne joue pas bien ses cartes, s’engager dans un cercle vicieux, une espèce de spirale descendante, où l’absence de ressources l’empêcherait d’investir dans ce qui la rendra attractive, ce qui ralentirait encore plus sa croissance, et compromettrait encore davantage sa capacité de se remettre sur pied. C’est ce qu’on appelle le déclin. Et c’est possible.

Et donc, la relance de Montréal n’est pas un luxe ou une lubie. C’est une nécessité, une obligation. Parce que le statu quo n’est pas une option.

Comptons sur nos propres moyens

Il est vrai que la situation de Montréal tient à des facteurs qui dépassent largement la ville. Le retard du niveau de vie de Montréal résulte en partie du fait que le Canada n’est pas particulièrement performant : par exemple, Montréal est peut-être 26ème sur 26 dans le classement de l’OCDE, mais Toronto, au 24ème rang, ne fait pas tellement mieux! Nos résultats s’expliquent aussi par les retards du Québec dans son ensemble par rapport à la moyenne canadienne.


Ces retards du niveau de vie s’expliquent largement par une plus faible productivité, d’abord au niveau canadien, et encore plus au niveau québécois. Le rattrapage dépendra donc beaucoup de grands virages que devront initier les gouvernements du Canada et du Québec, qui dépassent largement la capacité d’intervention d’une ville : des mesures pour favoriser l’investissement, notamment par la fiscalité, de grands projets d’infrastructure, des politiques d’innovation, des investissement dans l’éducation.

Et cela nous pose le dilemme de la poule et de l’œuf. Le succès de Montréal dépend en bonne partie de décisions qui se prendront ailleurs et sur lesquelle la ville n’a aucun contrôle. À supposer bien sur qu’Ottawa et Québec amorcent les virages qui s’imposent. Jusqu’où peut-on compter sur les autres? Et pouvons-nous nous payer le luxe d’attendre?

Il y a deux réponses à ces questions. Pour commencer, le grand Montréal, c’est en gros, au plan économique, presque la moitié du Québec. C’est à Montréal que se trouvent les décideurs, les sièges sociaux. Si le Québec a enregistré d’importants retards, c’est certainement aussi parce Montréal a une bonne part de responsabilités, qu’elle n’a pas assumé son leadership. Il faut se méfier de la tendance à croire que c’est la faute aux autres.

Par ailleurs, nous savons que les gouvernements fédéral et provincial ont moins de ressources et de pouvoir qu’avant. Ils ont des obligations multiples et des arbitrages à faire qui les empêchent entre autres de miser sur une ville ou sur une région au détriment des autres. La conclusion, en clair, c’est que personne, ni à Ottawa, ni à Québec, ne se battra pour Montréal. Le seuls qui se battront pour Montréal, ce sont les Montréalais eux-mêmes. Et donc, si nous voulons faire mieux, il faudra compter sur nos propres forces.

Bien sûr, les grandes stratégies globales canadiennes et québécoises seront essentielles. Mais en attendant, il faut se demander ce que les Montréalais peuvent faire concrètement, pour accélérer le mouvement, pour contribuer, à la mesure de leurs moyens, à la création de richesse, à l’augmentation de la compétitivé et la productivité, pour influencer, par leurs gestes, un débat qui ne décolle pas assez vite.

Les dix travaux de Montréal

Et c’est dans cette perspective que je soumets très modestement à votre réflexion dix pistes d’action pour aider Montréal à trouver le chemin du succès. Certaines sont institutionnelles, d’autres portent sur le climat, et d’autres sont des mesures plus concrètes. Cette réflexion a été nourrie par ma participation aux travaux du Comité d’orientation économique de cette chambre au printemps dernier. Ce n’est pas à proprement parler une stratégie, mais plutôt une liste de choses sur lesquelles la communauté montréalaise devrait travailler. Appelons cela les dix travaux de Montréal.


1-La reconnaissance

La première de ces actions porte sur les rapports difficiles entre Montréal et le reste du Québec : la méfiance des régions, la concurrence entre la métropole et la capitale, la faiblesse du rapport de forces politiques d’une ville-région où ne se gagnent pas les élections. Tout cela a pour conséquence qu’il est difficile pour les politiciens d’intervenir en faveur de la grande ville. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a voulu dénouer cette impasse en réclamant des outils fiscaux particuliers à travers le pouvoir habilitant. Ce n’était probablement pas la bonne bataille, d’abord parce qu’il est difficile de mobiliser sur un enjeu fiscal, et ensuite parce qu’elle ne va pas au fond des choses. S’il y a une bataille que Montréal doit mener, c’est celle de la reconnaissance, pour faire accepter par les partis politiques, par l’Assemblée nationale, par l’appareil d’État et par les régions, le fait que la métropole joue un rôle unique, que c’est un moteur économique, qu’elle a des responsabilités et des besoins particuliers.

Mais aussi que le succès de Montréal est crucial pour l’ensemble du Québec. Le développement de Montréal est une proposition gagnant-gagnant, qui n’a pas à se faire au détriment du reste du Québec. C’est un argumentaire que la métropole pourrait développer avec succès, si elle s’y prend bien, en insistant sur la complémentarité entre Montréal et les régions.

Je dois vous dire que j’ai vécu quatre ans à Québec. J’ai même prononcé une conférence et que j’ai déjà prononcé une conférence à la Chambre de commerce de Québec, sur l’avenir de la capitale. Et je ne vois absolument pas de contradiction entre les deux interventions. Il y a amplement de place au Québec pour une métropole et une ville de taille moyenne qui constitue un deuxième pôle urbain.

Même si cet enjeu est majeur, je préfère ne pas trop insister sur la question de la reconnaissance, parce que ce débat mène à des effets pervers, encourage la tendance si facile à croire que c’est la faute aux autres et que la solution est ailleurs.

2- Le leadership

C’est ce qui m’amène à ma seconde préoccupation, le leadership. Le débat avec le reste du Québec serait plus facile si Montréal pouvait compter sur un leadership fort. Ce terme, je tiens à l’employer autrement qu’on le fait d’habitude dans le débat politique. À l’heure actuelle, on reproche beaucoup au maire Gérald Tremblay son absence de leadership, cela fait partie de la vie démocratique. Mais on oublie qu’on a fait le même reproche à tous ses prédécesseurs, d’une façon qui trahit une nostalgie pour celui dont le leadership ne connaissait aucun fléchissement, Jean Drapeau. Cette croyance voulant que l’essor de Montréal doit reposer sur les épaules d’un seul homme me paraît naive. On oublie commodément le fait que M. Drapeau, avec son leadership sans faille, a présidé avec brio au déclin de Montréal.

C’est une mauvaise façon de poser le problème. Le leadership d’un maire est certainement essentiel. Mais le véritable succès ne reposera pas sur un seul homme qui tient sa ville à bout de bras. Le succès provient du dynamisme de la ville et donc de sa capacité de produire des leaders dans l’ensemble des sphères d’activité. C’est cette définition plus large du leadership qui me semble essentielle, dans le monde des affaires, dans celui de l’éducation, en culture. L’existence d’un groupe de leaders capables de parler au nom de la métropole, de défendre ses intérêts.

C’est ce leadership qui permettrait, comme je l’ai suggéré au comité d’orientation économique, à Montréal de mener une bataille joyeuse, qui mise sur son succès potentiel, et qui évite comme la peste la revendication misérabiliste et les listes d’épicerie.

C’est ce leadership qui donnerait aussi à Montréal le rapport de forces dont elle a besoin. Car le pouvoir politique soutiendra Montréal quand il n’aura pas le choix, quand il ne voudra pas être exclu de la parade. Mais pour cela, il faut d’abord une parade.

3- La cohésion

Le leadership contribuera aussi à remplir une autre condition essentielle pour le succès de la métropole, la cohésion. Et je prends le terme dans son sens le plus large, de la cohésion des institutions de la région à celle de ses citoyens. D’abord, sur le plan politique et administratif, Montréal est balkanisée, un monde ingérable, écartelé entre ses arrondissements, ses villes de banlieue, sa ville centre, sa communauté métropolitaine, divisée entre l’île, Laval, la rive-sud, la couronne-nord. Pour créer la cohésion nécessaire, il faut simplifier les structures, mais il faut aussi des projets communs capables de rallier la grande région. Car la métropole, ce n’est pas la ville, ni l’île, mais le vaste pôle urbain qu’est la région métropolitaine. Et c’est à cette échelle qu’il faut développer une culture commune. La cohésion, il faut aussi la susciter chez les citoyens, pour qu’ils aient un sentiment d’appartenance, une fierté de leur ville. J’ai été frappé, dans un voyage récent à New-York, par la façon dont les New-yorkais, de toutes origines, de tous milieux, ont une façon unique de dire « our city ». C’est cette fierté qu’il faut susciter ici.

4- La culture du succès

Cette cohésion ne donnera pas grand chose si elle n’est pas canalisée vers un objectif. Que Montréal soit une ville plus prospère, plus dynamique, plus attrayante, qui n’est pas le peloton de queue. Bref, une ville qui réussit, qui se distingue, qui fait mieux que les autres. Cela peut sembler étrange d’avoir à répéter des choses aussi évidentes. Mais au Québec, ce n’est pas une évidence pour tout le monde. La culture québécoise n’est pas une culture de concurrence, et cela a des effets sur la façon de fonctionner de Montréal, son manque d’ambition, sa complaisance. Les Québécois, y compris les Montréalais, ne sont pas encore parfaitement à l’aise avec la concurrence, le dépassement, ou l’excellence. Et pourtant, nous auront besoin de ces traits de caractère collectif, il faudra retrouver l’audace et l’énergie que les Québécois ont exprimé au moment de la révolution tranquille, si nous voulons que Montréal soit une ville vibrante, prospère, qui inspire l’admiration et l’envie.

5-La place du privé

Cette recherche du succès ne peut pas se faire sans le secteur privé, car c’est surtout l’entreprise privée qui investit et crée la richesse. Et pour que le privé puisse pendre la place qui lui revient, il faut surmonter la méfiance viscérale d’un grand nombre de Québécois face au monde de l’entreprise, on l’a vu dans plusieurs dossiers associés à ce que l’on a appelé l’immobilisme. Il faut rappeler à quel point les problèmes de Montréal sont liés au sous-investissement, à quel point la richesse, le dynamisme des villes dépendent du succès de leurs entreprises. Il faut donc soutenir sans honte nos entreprises. Mais la confiance, ça se gagne et ça se mérite, et cela exige que les leaders du monde des affaires soient sur la place publique, qu’ils composent avec les nouvelles problématiques, notamment celles de l’urbanisme et de l’environnement, mais qu’ils aillent au front pour exprimer leurs idées et défendre leurs projets.

6- La convergence

Mais le succès de Montréal ne pourra pas reposer seulement sur une logique d’entreprise. Les parcs industriels, c’est bien. Mais il faut aussi des parcs! Les atouts de Montréal sont largement liés à ses ressources humaines, ainsi qu’aux divers éléments qui font que la qualité de vie y est grande : son système d’éducation, son urbanisme, ses restaurants, sa vie culturelle, sa relative harmonie sociale. Ces facteurs contribuent au développement économique en faisant de Montréal une ville attirante. Et cela nous rappelle qu’il y a une convergence entre l’économique, le social et le culturel, et maintenant l’environnement. Cette chambre le montre par son implication dans le développement culturel. Le succès économique permet le développement social, en nous donnant les moyens de nos ambitions, mais l’inverse est vrai, les investissements en culture, les programmes sociaux bien faits ne sont pas que des contraintes et des coûts, ils sont des atouts. Une logique d’affaires qui fait abstraction de ces autres réalités ne nous mènera pas loin.

7-La diversité

Montréal doit par ailleurs mener une autre bataille, celle de son identité. On décrit souvent Montréal comme une ville multiculturelle. Ce n’est pas faux. Mais ça ne veut pas dire grand chose. Le taux d’immigration de Montréal n’est pas très élevé, et la présence de communautés issues de l’immigration ne la distingue absolument pas des autres grandes villes nord-américaines. Non. Ce qui est unique à Montréal, et ce qui lui donne sa spécificité et sa force, c’est qu’elle est le lieu de rencontre de deux cultures, l’anglaise et la française, qu’elle est, dans les faits, une des rares villes vraiment bilingues en Occident. C’est cette rencontre de deux langues et de deux cultures qui lui donne sa spécificité, qui en fait un point de rencontre entre deux continents, qui contribue à sa créativité et au succès de sa nouvelle économie. Votre chambre, par son histoire, reflète cette réalité. Mais, on le sait, le mot bilingue est encore tabou. Il est temps de corriger le tir, sachant que nous avons fait de grands pas pour la sécurité linguistique des francophones, et sachant aussi que c’est Montréal qui a payé le gros du prix du débat constitutionnel et du débat linguistique. Nous sommes sans doute prêts pour un retour du balancier, pour reconnaître cette réalité sociologique du bilinguisme à Montréal, pour s’en servir comme d’un atout, et pour favoriser une connaissance de l’anglais qui n’a plus à nous menacer.

8- L’éducation

Montréal est fière de ses institutions d’enseignement. Nous savons que c’est un des grands atouts de la métropole. Son réseau universitaire fournit une main d’œuvre de haut niveau, favorise la recherche, enrichit la culture urbaine. Mais encore là, nous avons tendance à nous leurrer. La principale de l’Université McGill, Mme Heather Monroe-Blum, dans une conférence devant cette chambre l’automne dernier, a révélé des statistiques alarmantes, que le taux de réussite post-secondaire est en baisse, qu’il y a un déclin de la recherche. Nous sommes fiers de nos universités, mais qu’est ce que nous faisons pour les aider? Nous avons, à Montréal plus qu’ailleurs, une responsabilité collective pour amener les jeunes à aller à l’université et à y rester, pour soutenir les universités dans le débat sur le financement, pour aider financièrement les universités comme la communauté anglophone le fait depuis longtemps, pour multiplier les ponts entre le monde universitaire et les pôles de la vie civile. Et nous avons tous un devoir pour lutter contre le fléau du décrochage, pour valoriser la formation.

9- Le talent

Montréal ne fera pas mieux que les hommes et les femmes qui l’animent. Et une de ses grandes batailles dans les années à venir sera celle de la recherche du talent. La métropole doit lutter contre le déclin démographique, qui pose un problème de nature quantitative. Elle est aussi en compétition avec les autres centres urbains pour un enjeu plus qualitatif, attirer et retenir le talent, les professionnels, les spécialistes, des gestionnaires, les techniciens, les étudiants prometteurs. C’est une préoccupation que nous devons sans cesse avoir à l’esprit, dans le débat sur l’immigration, dans les efforts pour intégrer les immigrants et utiliser leur plein potentiel, dans nos efforts pour améliorer la qualité de vie, un élément important du pouvoir d’attraction de Montréal.

10- Des projets mobilisateurs

Pour terminer, le dixième de mes travaux, c’est la recherche de grands projets mobilisateurs. C’est souvent autour de grands projets que le revirement des villes a eu lieu, des projets qui frappent l’imagination, mobilisent et définissent, comme l’Expo 67, ou le Big Dig de Boston. Ces projets n’ont pas toujours à être colossaux pour donner des fruits, pensons au renouveau du quartier St-Roch à Québec ou au réseau de tramway à Bordeaux. L’important est moins la taille du projet que son sens, sa capacité d’incarner la ville et de réunir ses citoyens. Montréal devrait chercher dans cette direction, pour identifier des actions qui exprimeraient la personnalité de la métropole, et qui recréeraient la cohésion, notamment entre les habitants de l’île et ceux des couronnes.

Je n’ai hélas pas un projet dans ma poche que je pourrais proposer. Mais ce qui m’apparaît clair, c’est que pour que Montréal réussisse, il faut que les citoyens aient le sentiment qu’il y a une direction, qui doit s’incarner dans des gestes concrets. Et pour que ça soit clair, il faut du focus, il faut éviter de se disperser dans une multitude d’interventions. Montréal n’a pas besoin de 130 projets. Mais plutôt de un, deux ou trois. À conditions que ce soient les bons.

Éloge du volontarisme

Pendant qu’on pense tous à cette idée de grands projets, je voudrais, en guise de conclusion, terminer en répondant à une question que j’ai souvent entendu poser sur l’avenir de Montréal : « Êtes-vous optimiste ou pessimiste ?».


En fait, je suis ni l’un ni l’autre. Je ne suis pas optimiste, je ne suis pas pessimiste. Je suis volontariste! Ça va marcher si on fait ce qu’il faut pour que ça marche. Il ne faut pas se demander si Montréal peut, oui ou non, réussir. Il faut se demander si on veut que Montréal réussisse. Et si l’on répond oui, le reste viendra!

21 novembre, 2007

Pauvreté et développement

Nathalie Collard semble surprise de constater que les Québécois sont moins branchés que les autres Canadiens. C’est pourtant évident, une société pauvre a plus de gens pauvres qui n’ont pas accès aux ressources et outils nécessaires à leur plein développement. Le plus frustrant est que le Québec a les ressources requises pour rivaliser avec les sociétés les plus riches d’occident. Sa pauvreté relative provient de la dépendance des Québécois envers l’état providence.

Le mardi 02 oct 2007
Débranchés
Nathalie Collard, La Presse

Le Québec traîne encore la patte en matière d'utilisation d'Internet. Il figure au même rang que les provinces maritimes, dans un pays, le Canada, qui se trouve au 9e rang des pays de l'OCDE en ce qui a trait à la connexion haute vitesse.

On se serait attendu à plus. Selon une enquête de l'Institut de la statistique du Québec, un peu moins des deux tiers des Québécois âgés de 18 ans et plus utilisent Internet à des fins personnelles, la moitié à la maison, le quart au travail.

Parmi ceux qui disent avoir boudé Internet durant une période de 12 mois, il y a ceux qui trouvent le service Internet trop cher et ceux qui n'ont pas accès à un ordinateur.

Ces deux derniers motifs sont les plus inquiétants car ils révèlent une véritable fracture numérique entre les infopauvres, d'un côté, et les inforiches, de l'autre. Même si l'avenir est encourageant (plus de 98% des étudiants ont répondu avoir utilisé Internet au cours de l'année 2005), la situation actuelle n'a rien de réjouissant.

L'enjeu ici n'est pas l'accès aux conditions de la météo ou au dernier album de Radiohead. Il s'agit de questions beaucoup plus fondamentales comme l'accès à une éducation de qualité, par exemple. L'expérience menée par le CEFRIO (Centre francophone d'informatisation des organisations) dans les écoles de régions éloignées en est un bel exemple. Ce projet-pilote permet de partager ressources et connaissances tout en maintenant la vie des communautés éloignées des grands centres. Or sans ordinateurs et sans branchement Internet à haute vitesse, ce type de projet est impossible.

Au-delà d'Internet, il faut s'assurer que toutes les familles québécoises soient équipées d'au moins un ordinateur à la maison. Pourquoi? Parce qu'il existe de plus en plus d'initiatives annonciatrices d'une société où il faudra nécessairement être branchés pour se sentir inclus.

Un exemple: depuis quelques années, l'arrondissement du Plateau- Mont-Royal (où 75% de la population serait branchée) mène des expériences de démocratie participative en ligne: questions aux élus envoyées par courriel, forums de discussion, consultations publiques en ligne, budget participatif D'ici quelques années, on peut s'attendre à voir ce genre d'approches se répandre dans différents secteurs de la vie démocratique. Que feront alors ceux qui n'ont pas accès à Internet?

Non seulement faut-il équiper les Québécois d'ordinateurs mais en outre, il faut rendre accessible le branchement haute-vitesse aux quatre coins de la province afin que tous les citoyens bénéficient des mêmes services.

Un exemple de ce qui nous attend: un CLSC de la région de Québec a mené un projet-pilote qui a permis à ses infirmières d'expérimenter la consultation de dossiers médicaux en ligne, la surveillance à distance des signes vitaux des patients équipés d'appareils de télésurveillance ainsi que la réception de résultats de tests de laboratoire...

Sans ordinateur et sans branchement haute-vitesse, rien de tout cela n'est possible.

20 novembre, 2007

Cynisme, scepticisme et autres ....ismes

Les Québécois ne font plus confiance aux politiciens. Le palmarès des professions, publié par Léger Marketing, mesure le degré de confiance des Québécois envers diverses professions. Depuis 2002, les politiciens se classent bons derniers. Faut-il reprocher aux Québécois d’être sceptique, cynique? Pas du tout, les Québécois sont prêts à leur faire confiance. Encore, faut-il qu’ils soient dignes de cette confiance. Le scandale des commandites, l’affaire Mulroney-Shreiber, les excès de vitesse de la ministre Boulet, la période de question à l’Assemblée Nationale, sont des exemples de comportement qui justifient pleinement le scepticisme des Québécois.

Le Québec a connu des politiciens d’envergure dans la période 1960-1980. Les Québécois leur faisaient confiance et le Québec a fait un bon immense en avant. Depuis, plus rien!




Le dimanche 28 oct 2007
Entre le rêve et le scepticisme
Pierre-Paul Gagné , La Presse


Bien des gens se souviennent encore du climat frénétique qui régnait dans la grande région de Montréal, au début des années 60, alors que les chantiers se multipliaient en préparation d'Expo 67.

Chantier de l'Exposition universelle elle-même, chantier du métro de Montréal, chantier de la Place-des-Arts, chantier de l'autoroute 132, sur la Rive- Sud de Montréal, etc.

À Montréal même, sous l'impulsion du maire Jean Drapeau, rien ne semblait impossible. Et la métropole se prenait de plus en plus pour une vraie ville de stature internationale.

Sera-t-il possible, un jour, de connaître à nouveau un tel climat?

Le projet dévoilé par La Presse, le week-end dernier, de déménager à Montréal le siège-social des Nations Unies, un projet qui prendrait des proportions gigantesques s'il se réalisait, aura surtout suscité une forte dose de scepticisme chez nos lecteurs. Si l'ensemble de ceux-ci estiment qu'il pourrait s'agir d'un projet souhaitable pour Montréal, peu y croient vraiment, surtout à la lumière de quelques exemples récents de projets avortés:

- «Quel beau projet à développer. Mais attention, nous sommes loin de la coupe aux lèvres! Rappelez-vous du projet de Loto-Québec et du Cirque du Soleil. À Montréal, rien n'est jamais simple. Même si le projet semble assez exceptionnel, attendez que les organismes et groupes de pression du secteur réagissent. Espérons que nos vrais leaders politiques se lèveront!» (Serge Adam)

- «Wow! Vous avez vraiment mis vos lunettes roses ce matin. Le maire Tremblay et ses petits copains devraient peut-être s'occuper de gérer cette ville plutôt que de plancher sur des projets bidons qui frisent l'utopie et nous ridiculisent.» (Serge McQuade)

- «Pensez-vous sérieusement que NYC laisserait filer le siège de l'ONU? Au fond, c'est comme ce monstre du Loch-Ness de TGV, une vieille joke de bonhomme sept-heures qu'on raconte aux enfants pour les endormir: on joue à Sim-City, on s'amuse à imaginer des tas de trucs qui ne se feront jamais dans un pays qui ne peut pas exister, on vit dans le rêve pendant que la réalité s'effondre autour de nous.» (Pierre-Yves Pau)

- «Pourquoi le maire Tremblay ne s'en tiendrait-il pas à de vrais' projets, des choses réalisables comme la construction d'un circuit de tramway dans le Vieux-Port et la démolition de l'autoroute Bonaventure?» (Josée Lalonde)

- «Enfin un projet d'envergure pour Montréal. Vous imaginez un peu la visibilité internationale, les retombées, les emplois créés. Mais mon petit doigt me dit que si la plupart de nos dirigeants restent aussi silencieux, c'est qu'il y a sûrement une raison...» (Jonathan Thibodeau)

Propos démobilisateurs qui auraient sans doute détonné, il y a 40 ans, quand tout le monde s'enthousiasmait devant les maquettes du maire Drapeau, illustrant comment, quelques milliers de voyages de terre plus tard, une nouvelle île allait surgir sur le fleuve Saint-Laurent.

Cela n'a cependant pas empêché quelques optimistes, dont un lecteur indépendantiste, de voir dans ce projet une autre façon de promouvoir son option:

- «Le Québec est mûr pour un projet d'envergure comme celui-ci. Avec ses nombreuses universités, Montréal, dans un Québec souverain, pourrait être la Genève de l'Amérique du Nord. Le site proposé est d'ailleurs beaucoup plus enchanteur que celui de New York. Carte postale assurée du Québec vers le monde entier.» (Marc Paquin)

Évidemment, on ne peut empêcher personne de rêver ni d'être sceptique. Et la palme du scepticisme, dans tous les courriels reçus, revient sans doute à Richard Bergeron, chef du parti Projet Montréal qui, sous le titre «Faut-il en rire ou en pleurer?», nous a envoyé ces quelques mots:

- «La Presse nous apprend que Gérald Tremblay voudrait déménager l'ONU de New York à Montréal. Le maire trouve exceptionnelle et emballante cette idée, précise-t-on. Venant de celui qui a fait porter en entier sa dernière campagne électorale sur les nids-de-poule et la propreté, ou encore qui prévoit prendre 10 années pour démolir 500 mètres de l'horrible autoroute Bonaventure, un projet de 90 millions de dollars à peine, ce soudain changement de registre, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, ne laisse pas d'inquiéter: le maire Tremblay a-t-il encore toute sa tête?»

19 novembre, 2007

Du mont Orford à l’île Charron

André Dorais

En février dernier, Desjardins Sécurité financière vendait, pour 6 millions de dollars, un terrain de 2 millions de pieds carrés à Investissement Luc Poirier. Non seulement l’entente était satisfaisante pour les partis concernés, mais elle répondait aux normes gouvernementales. Le nouveau propriétaire avait l’intention d’utiliser le terrain pour un projet immobilier. Il n’en fallait pas plus aux écologistes, aucunement propriétaires des lieux, pour monter aux barricades. Comme à leurs habitudes, ils ont demandé au gouvernement d’empêcher le projet et ainsi sauvegarder leur idée du bien, à savoir qu’il n’y ait pas de construction là où il y a du gazon. De plus en plus, lorsque les écologistes crient, le gouvernement obtempère.

Une fois de plus, le gouvernement change les règles rétroactivement pour empêcher un propriétaire d’agir à ce titre. Celui-ci sera obligé d’accepter un montant d’argent, soutiré aux contribuables, afin que le gouvernement en soit l’unique propriétaire. Nul n’est censé accepter l’argent volé, sauf lorsque l’État commet le vol. C’est qu’à l’instar des mouvements écologistes, ses actions sont toujours justifiées par un «grand bien», défini par lui. La ministre du «Développement durable, de l’Environnement et des Parcs», et au nom prédestiné, Line Beauchamp, se défend qu’il s’agisse là d’un geste répréhensible, car elle a l’appui des partis d’opposition et de 20 000 signataires d’une pétition à cet effet. La démocratie dépourvue du principe de propriété constitue la loi du nombre, et plus précisément, du nombre appuyé de la force coercitive. C’est tout à fait immoral, mais légal.

Ledit promoteur n’a pas l’intention de vendre, mais il n’aura pas le choix. Le gouvernement tentera de le faire taire en lui offrant une grosse somme. C’est facile d’être généreux avec l’argent du contribuable, car lui non plus n’a pas le choix. C’est le dindon de la farce. Les écologistes et certains médias populaires auront beau s’en prendre au promoteur de faire monter les enchères en le traitant de tous les noms, c’est à cause d’eux, des partis d’opposition et du gouvernement que les contribuables s’en trouveront appauvris. Au cas où la soupe devenait trop chaude, le gouvernement n’exclut pas l’expropriation. On peut ne pas aimer le projet du promoteur, mais ce n’est pas une raison suffisante pour imposer et exproprier autrui.

Faute de suivre des principes, le gouvernement suit une mode. Il y a quelque mois à peine il défendait l’idée de vendre une partie du mont Orford, mais devant le tollé des partis d’opposition, il s’est ravisé. Aujourd’hui, alors qu’il est question de l’île Charron, le gouvernement prend les devants avec l’appui de l’opposition. Dans une démocratie qui ne respecte pas la propriété, le politicien suit les humeurs de la population qui se fait entendre. C’est à qui crie le plus fort. Pour l’heure, les écologistes remportent la palme haut la main. Cependant, que ce soit eux ou d’autres groupes qui aient l’attention immédiate de l’État, cette façon de procéder est non seulement inefficace, mais elle engendre la division plutôt que la coopération.

17 novembre, 2007

La privatisation du transport en commun

Pendant que la gogauche et les syndicats du Québec font des crises d’urticaire à la seule mention du mot « privé », à Toronto on confie l’exploitation des trains de banlieue à Bombardier (1), une entreprise québécoise. Savent-ils quelque chose que nous ne savons pas?

De la concurrence S.V.P.! La menace de grève des employés d'entretien de la STM nous rappelle les inconvénients d'un monopole syndical dans un service public
La Presse, p. A-23 / Marcel Boyer, 17 mai 2007

La menace de grève des employés d’entretien de la Société de transport de Montréal nous rappelle les inconvénients d’un monopole syndical dans un service public propice à la surchauffe et au blocage. Pourquoi ne pas sortir des sentiers battus? Une ouverture du transport en commun urbain à des opérateurs privés mis en concurrence mettrait fin au monopole syndical actuel. Une telle réforme amènerait aussi en prime une diminution des coûts d’entretien.

En effet, le modèle de gestion entièrement publique qui est en vigueur dans la plupart des centres urbains au Canada est de plus en plus abandonné dans les grandes villes partout dans le monde à cause de ses inefficacités et des coûts en croissance constante. Dans ces pays, les autorités publiques ont penché vers le modèle de gestion déléguée par appels d’offres et vers davantage de partenariats avec le secteur privé pour fournir des services de transport à leurs citoyens.

Le principe d’un tel modèle est plutôt simple. Il est fondé sur une distinction entre l’organisation et le financement des réseaux de transport en commun, d’une part, et leur exploitation, d’autre part. Ainsi, bien que les autorités publiques continuent d’être responsables de la détermination des trajets, des horaires, de la fréquence des passages, des tarifs exigibles aux utilisateurs et des indices de qualité et de satisfaction de la clientèle, la prestation des services de transport a été confiée à des opérateurs (privés ou publics) en concurrence. Ces opérateurs doivent se concurrencer pour obtenir des contrats à durée déterminée et renouvelables en tentant d’offrir le meilleur rapport qualité/prix.

Des avantages

La gestion déléguée peut nécessiter des contrats de transport très détaillés et parfois coûteux, mais elle présente plusieurs avantages. Tout comme une personne bénéficie de la concurrence entre différents fournisseurs lorsqu’elle magasine la meilleure offre, les autorités publiques bénéficient de la concurrence dans le processus d’enchères. Elles peuvent profiter de l’expertise des opérateurs privés – en termes de gestion des risques d’exploitation – et se concentrer sur des améliorations de service comme des passages plus fréquents, de nouveaux trajets, etc.

Financièrement, les autorités publiques (et éventuellement les contribuables) en profitent aussi puisque la concurrence lors de l’obtention et du renouvellement de contrats de transport dans une région géographique donnée incite les opérateurs à contrôler leurs coûts tout en offrant un service plus fiable et ponctuel. Des coûts d’exploitation réduits permettent d’en obtenir plus avec le même montant d’argent investi. Davantage de fonds sont disponibles pour financer les services, une flotte plus récente ou d’autres besoins d’infrastructures sans presser le citron des contribuables.

Des exemples ailleurs

De nombreuses expériences de telles réformes ont déjà été mises en place. En Europe, la gestion déléguée devient la norme et est favorisée par la Commission européenne. La France a appliqué ce modèle au transport en commun depuis de nombreuses années. Des pays sociaux-démocrates comme le Danemark et la Suède ont aussi réussi à réformer leur système de transport en commun grâce à des réductions substantielles dans les coûts d’exploitation.

À Copenhague, les coûts par véhicule-heure d’autobus ont baissé de 24% entre 1990 (l’année de la réforme) et 1998. En 2004, ils sont demeurés à 12% sous le niveau initial. À Stockholm, depuis 1993, l’exploitation du métro, des autobus et des trains de banlieue a été mise en concurrence. La gestion déléguée a fait descendre les coûts de manière semblable, économisant 110 millions d’euros par année à SL, la société de transport en commun locale. De telles économies ont permis de compenser les coûts d’investissements massifs pendant plusieurs années. Parallèlement, la part de marché du transport en commun a augmenté et le taux d’utilisation, mesuré en déplacements complets, a augmenté de 13,8% entre 1993 et 2005.

Il y a aussi l’exemple britannique. À Londres, le transport par autobus a été progressivement converti à la gestion déléguée entre 1985 et 1994. Les coûts d’exploitation par véhicule-kilomètre, en tenant compte de l’inflation, ont diminué de 42% entre 1986 et 1998. Ils ont augmenté après 2000, mais sont encore 20% plus bas qu’au début. Ces réductions de coûts ont permis d’accroître le service de près de 70% comparativement aux niveaux de 1986-1987. Les résultats sont semblables sur d’autres continents.

Même si la gestion déléguée est déjà présente dans certaines banlieues canadiennes, notamment dans les régions métropolitaines de Toronto ou de Montréal, elle est encore très limitée dans le secteur du transport en commun comparativement à d’autres pays développés. Il n’y aucune raison de ne pas bénéficier dans ce secteur des avantages de la gestion déléguée autant qu’on le fait dans d’autres pays.

Marcel Boyer est vice-président et économiste en chef de l'Institut économique de Montréal.

(1)En vertu du contrat, Bombardier Transport sera responsable de l'exploitation des trains ainsi que de la gestion des équipages pour six des sept lignes de trains de banlieue de GO Transit. (Source : Jean-François Cloutier, LaPresseAffaire.com, le 9 novembre 2007.)

15 novembre, 2007

Imputabilité ne rime pas avec imbécilité!

Les étudiants de l’UQUAM font la grève pour protester contre le plan de redressement de l’université. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes puisqu’en 2005 deux étudiants étaient membre du C.A. Ont-ils sonné l’alarme? Siégeaient-ils au C.A. pour la gloire?

En mars 2005, l'UQAM dévoilait le projet de l'îlot Voyageur. Les coûts projetés étaient de 322 millions. Deux ans plus tard, les coûts atteignent 406 millions, une augmentation de plus de 26%. Que s'est-il passé ?

Le gouvernement s’en lave les mains sous prétexte que le Conseil d’Administration est imputable. Pourtant, le gouvernement a souscrit le total des obligations pour financer le projet ! De plus, il finance la majorité des besoins de l’UQUAM à même les fonds publics. Finalement, il établit les règles de gouvernance de l’université. Dans de telles conditions comment peut-il prétendre s’en laver les mains.

En 2005, le C. A. étaient composé de :

Un homme d’affaire, M. Richard Guay, président du Groupe Mélior, Président du C. A.

Les autres membres étaient :

Deux professeures : Diane Berthelette et Lucie Robert.
Deux étudiants : Jean-Philippe Gingras et Kim Lewsi. Siegfried Mathelat, un autre étudiant, a aussi siégé au C. A. au cours de l’année.
Quatre gestionnaires de l’université : Roch Denis, recteur, Jacques Desmarais, vice-recteur, Richard Desrosiers, directeur de département, Danielle Laberge, vice-rectrice. Johanne Fortin, directrice a aussi agit comme secrétaire du C. A. au cours de l’année.
Un chargé de cours : Henri Lelion
Les cinq autres membres étaient : Martin Cauchon, avocat; Jacques Girard, consultant, Corporation Sun Media; Alain L'Allier, ex-DG, cégep du Vieux-Montréal; Pierre Lampron, président, Films TVA; René Roy, secrétaire général, FTQ. De plus, Dominique Vachon, ex-vice-présidente, Financière du Québec et Benoît Labonté, président de la chambre de commerce du Montréal métropolitain ont aussi siégé au C. A. au cours de l’année.

Un C.A. composé à 60% d’étudiants, de professeurs et de gestionnaires de l’université peut-il gérer avec parcimonie les fonds publics ? Croyez-vous vraiment qu’ils sauront poser les questions difficiles ou s’objecter aux volontés du recteur ?

14 novembre, 2007

Gérer en « bon père de famille »

Chaque fois que le gouvernement se substitue au marché il gaspille l’argent des contribuables et nuit au développement de l’économie. Croyez-vous que des entreprises privées se seraient lancées dans la production d’éthanol de maïs sans les généreuses subventions des gouvernements? Bien sur que non.
(Voir le texte « Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas »)

Le PDG masqué, lesaffaires.com, 9 novembre 2007 à 16h53

Monsieur Charest faites votre job!

Le Québec largue l'éthanol et Charest réclame l'aide d'Ottawa dans le dossier du dollar. Deux nouvelles qui, en apparence, n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Pourtant, elles prouvent, encore une fois, que notre gouvernement ne fait pas son travail.

Je m'attends, nous nous attendons tous, à ce que mon gouvernement se conduise en bon père de famille. Celui qui s'assure que nous avons des mitaines lorsqu'il fait froid dehors et qui met des économies de côté en prévision des études de ses enfants. Et ce n'est pas du tout le comportement du gouvernement Charest.

Où était-il dans le dossier de l'éthanol-maïs? Je ne peux pas croire qu'il a fallu un reportage-télé négatif sur cette forme de carburant pour que Québec l'abandonne. Ne s'est-il donc pas renseigné avant sur les effets environnementaux nocifs? Mais comment diable la décision de miser sur ce carburant a-t-elle été prise? A-t-on négligé de s'informer? A-t-on pensé aux intérêts de la population? Où était le bon père de famille?

Et le dollar... Québec n'était-il pas au courant des prévisions des économistes depuis trois ans? N'a-t-il pas senti le vent tourner? Aujourd'hui, il réclame l'intervention d'Ottawa. Mais qu'est-ce que Charest attend de Steven Harper? C'est un peu comme si votre maison était en feu et que vous courriez au dépanneur pour de l'aide!

13 novembre, 2007

Emploi et immigration au Québec

André Dorais

Québec compte accueillir 55 000 nouveaux arrivants (immigrants et réfugiés) par année à compter de 2010, soit 10 000 de plus qu’à l’heure actuelle et 2 fois plus qu'il y a 10 ans. Bien qu’il s’agisse d’un taux (arrivants/population) plus faible que la moyenne canadienne, il n’en constitue pas moins un des plus élevés au monde. Toute proportion égale, c’est quelque 2,3 fois plus de nouveaux arrivants qu'en France et quelque 2 fois plus qu'aux États-Unis en excluant les «illégaux».

On évoque le besoin de travailleurs, le déclin démographique et le poids relatif du Québec au sein du Canada pour justifier cet objectif. Dans le but de l’atteindre, on consacrera plus d’argent aux services d’accueil et à la promotion du Québec à l’étranger. N’est-il paradoxal de promouvoir un «pays» à la manière d’une marque de savon? Les États-Unis, par exemple, ont-ils besoin de dépenser autant, toute proportion égale, en publicité et en services d’accueil pour ses nouveaux arrivants? Ne pourrait-on pas laisser aux forces du marché le soin de les servir?

Une perspective erronée

On dit que le Québec a besoin de travailleurs, mais depuis des décennies on enregistre presque toujours le pire taux de chômage au Canada, à l’exception des provinces maritimes, et le nombre de prestataires d'aide sociale est toujours plus important au Québec qu'en Ontario, où la population est pourtant 65% plus élevée (12.7M vs 7.7M). On peut toujours dire qu’on a besoin de travailleurs, mais ce n’est pas par manque d’individus aptes à l’emploi. C’est qu’il coûte cher de payer des gens à ne rien faire et plus cher encore à payer ceux qui travaillent à alourdir la législation et la réglementation, accroître les «programmes sociaux», les impôts et les taxes. L’omniprésence de l’État, des syndicats et des corporations professionnelles constitue un coût énorme à l’emploi et à la création de richesse.

L'immigrant au Québec se retrouve davantage au chômage et à l'aide sociale qu’ailleurs au Canada non pas parce que le québécois est raciste ou xénophobe, mais parce que l’État l’étouffe. L’État a non seulement une mainmise sur plusieurs secteurs d’activités, mais il octroie aux syndicats, aux corporations professionnelles et aux organismes sans but lucratif un pouvoir qui ne se retrouve pas ailleurs en Amérique du Nord. Ce pouvoir provient de subventions et de réglementations qui excluent la concurrence. Il est difficile de réaliser que ces organisations et ces pratiques nuisent davantage aux travailleurs qu’elles ne leur aident, car à l’instar du gouvernement, elles ne cherchent pas à nuire délibérément. Leur nuisance est intrinsèque au pouvoir et aux privilèges qui leur sont octroyés sur la base erronée qu’elles sont ou bien nécessaires ou bien améliorent les mécanismes de marché.

En protégeant les syndicats et les corporations professionnelles de la concurrence, ces organisations nuisent aux consommateurs, aux travailleurs et, à terme, à elles-mêmes. Si les nouveaux arrivants possèdent une expertise, ils ne pourront pas la mettre en pratique rapidement, soit parce que les techniques et les normes d’ici sont différentes, soit parce qu’ils n’ont pas leur permis, leur licence, ou ne sont pas membres de l’Ordre de leur profession. Un retour aux études est alors envisagé et puisque plusieurs ne maîtrisent pas les deux langues d’usage, cela implique une francisation ou une anglicisation préalable. En effet, les immigrants au Québec s’établissent majoritairement à Montréal où la réalité de l’emploi, pour plusieurs secteurs d’activités, exige le bilinguisme, français et anglais.

Plusieurs immigrants sont bernés par les fonctionnaires canadiens et québécois qui leur laissent entendre que ce sera facile pour eux ici étant donné qu’ils parlent français et possèdent de «gros» diplômes. La réalité est tout autre. L’employeur nord-américain ne veut pas savoir si l’individu a de gros diplômes, mais s’il connaît son entreprise, ses machines, ses instruments, sa clientèle, etc. Si un individu présente son «gros» diplôme à un employeur d’un secteur d’activité peu rémunéré, dans l’idée que ce sera plus facile ainsi d’obtenir un emploi, il risque de déchanter rapidement car l’employeur présumera, avec raison, qu’un individu aussi bien diplômé ne pourra se satisfaire longtemps de ce qu’il a à offrir. L’immigrant, comme tout chercheur d’emploi, doit adapter son curriculum vitae au poste convoité.

Savoir «se vendre» est un aspect important de la recherche d’emploi. On ne vend pas ce qu’on a fait de mieux dans la vie, on vend ce qu’on a fait de mieux pour l’employeur convoité. C’est très différent. On doit aussi être conscient que, dans le secteur privé, la vaste majorité des emplois disponibles ne sont jamais affichés nulle part. Par conséquent, on doit être un peu détective pour les trouver. On s’informe et on tente sa chance. Dans ce secteur, les diplômes ont généralement moins d’importance que dans le secteur public, à moins d’être très réglementé par le gouvernement via les encouragements des corporations professionnelles. Malheureusement, il s’agit d’une réalité de plus en plus présente.

Dans le secteur public, on ne peut pas «aller à la pêche», car l’emploi disponible doit être affiché. Dans ce secteur, et particulièrement au sein des systèmes judiciaire, d’éducation et de santé, pratiquement les seuls diplômes qui aient une valeur d’échange sont ceux complétés au Canada. Pour compenser cette rigidité, le secteur public favorise l’embauche d’immigrants et de «minorités visibles». Évidemment, lorsque le gouvernement pratique de la discrimination, il la qualifie de positive. Il attribue les préjugés, ou la «sale» discrimination, au secteur privé. C’est non seulement erroné, mais blâmable, car cela conduit à la division sociale.

Face à tous ces obstacles, plusieurs immigrants se réorientent dans un domaine qu’ils n’avaient pas envisagé, ou ils végètent à l’aide sociale. Ce n’est pas parce que le gouvernement ne leur vient pas en aide, car ils en reçoivent beaucoup, pour ne pas dire trop : aide sociale, allocation familiale, francisation, formations d’appoint, générale et professionnelle, allocation d’étude, frais de garderie, service d’orientation, club de recherche d’emploi, subvention salariale, supplément de retour au travail, etc. De plus, toute cette aide leur est offerte gratuitement, mais elle ne diffère guère de celle offerte aux autres québécois, si ce n’est pour la francisation, et encore!

Sous le prétexte de mieux intégrer les immigrants et les diverses communautés «culturelles», le gouvernement subventionne également une multitude d’organismes soi-disant représentatifs des Noirs, Haïtiens, Chinois, Vietnamiens, Latino-américains, etc. Étant donné que le gouvernement adore la discrimination, il subventionne également une panoplie de centres de recherche d’emploi pour immigrants, minorités visibles, femmes, femmes de 45 ans et plus, mères monoparentales, etc. Il ne s’agit donc pas tant d’«accommodements raisonnables» pour immigrants et groupes minoritaires que d’accommodements déraisonnables pour organismes sans but lucratif qui prétendent mieux servir les consommateurs avec l’argent d’autrui. De manière générale, toute subvention gouvernementale est déraisonnable puisque le contribuable n’a pas le choix de la payer, n’en a aucun contrôle et n’en est pas nécessairement bénéficiaire. On ne doit donc pas se surprendre qu’un État qui subventionne tout ce qui bouge, qui demande licence et permis pour n’importe quoi et qui a le nez partout fasse appel à du renfort.

L’idée sous-jacente au «besoin» d’immigrants est le déclin démographique. Or, pourquoi avoir peur d’un tel déclin? D’abord, on ne peut présumer que ce déclin soit permanent, ensuite, et plus important, la richesse d’une population ne dépend pas uniquement de sa quantité. Beaucoup de pays sont pauvres et populeux et, à l’inverse, d’autres sont riches et peu nombreux. Invoquer l’immigration pour maintenir un «niveau de vie» ne tient pas la route. La quantité d’individus peut jouer un rôle dans le degré de richesse d’une population, mais elle n’est pas déterminante. C’est le respect ou non du principe de propriété qui est déterminant. Plus celui-ci sera respecté, plus le nombre d’individus à l’intérieur d’un pays ou d’un territoire tendra à augmenter la richesse des individus qui s'y trouvent. Dans le cas contraire, un nombre plus grand d’individus non seulement n’augmente pas la richesse, mais a de fortes chances de la réduire.

Dès lors qu’on aide un individu en soutirant l’argent d’autrui, légalement ou non, on réduit nécessairement l’aide que ces derniers avaient peut-être envisagée. Tous les gouvernants du monde agissent ainsi sous le prétexte qu’ils sont plus aptes que les autres à déterminer le bien de tous au prix d’un «petit mal» pour quelques-uns. On utilise le même processus en démocratie, à cette exception près qu’on invite les individus à s’affronter entre eux pour leur faire croire que la légitimité réside dans la participation. «Je veux tel service de la part du gouvernement», ce qui sous-entend : «je veux qu’on taxe et impose tel et tel groupes afin d’être servi». La démocratie est la loi de la majorité, c’est-à-dire du nombre et par conséquent de la force. Les freins aux excès démocratiques, soit les droits individuels, sont mis de côté, car le droit le plus important, celui qui leur a donné naissance et leur permet d’exister, le droit et principe de propriété, est de plus en plus bafoué.

Le gouvernement québécois n’aurait nullement besoin de recruter, voire racoler, les étrangers et de subvenir aux services d’accueil s’il respectait davantage la propriété de chacun, car tout le monde en bénéficierait, y compris les nouveaux arrivants. Les gens immigrent pour améliorer leur sort et s’adaptent à la majorité par leurs propres moyens, car c’est dans leur intérêt. À force d’offrir aux uns et aux autres des services «gratuits», une population se dégrade si ce n’est en nombre, au moins en qualité, car tout le monde finit par vouloir vivre aux dépens de tout le monde. L’immigrant, comme tout individu, doit apprendre à se méfier des gouvernements, tous les gouvernements, particulièrement lorsque leur aide se veut abondante.

Le problème du Québec au sein du Canada n’en est pas un de poids démographique ou de langue d’usage, mais d’interventionnisme gouvernemental. Que Québec cesse de contrôler tous les secteurs d’activités, de donner du pouvoir aux syndicats et aux corporations professionnelles, de créer des programmes sociaux, de légiférer, réglementer, imposer et taxer, alors les immigrants s’établiront ici sans qu’on ait besoin de les racoler. Ils viendront pour s’enrichir et par la force des choses apprendront le français, l’anglais et tout ce qui leur est utile à cette fin, et cela, à leur frais. Au contraire, plus l’État intervient dans les secteurs d’activités, plus il sera appelé à recruter des immigrants à fort prix étant donné les faibles perspectives économiques que son interventionnisme engendre.

Dans une économie qui stagne, voire s’appauvrit, la venue de nouveaux arrivants risque de créer plus de maux qu’elle n’en résolve. La Commission Bouchard-Taylor, sur les accommodements raisonnables, en donne un avant-goût. Par exemple, un intervenant demandait à certains immigrants de cesser leur «aplaventrisme» face à leur religion. Plutôt que de le rabrouer il eut peut-être été plus utile de le relancer en l’invitant, lui et le monde en général, à cesser leur aplaventrisme face à l’État.

Québec, comme plusieurs «pays d’accueil», voit en l’immigrant une vache à lait pour maintenir ses programmes sociaux. Or, celui-ci risque de n’être d’aucune aide à cet égard, car ce sont justement ces services contrôlés par l’État, ou plus généralement son interventionnisme, qui constituent la source de stagnation économique. En d’autres mots, il n’y a pas de problème de main-d’œuvre au Québec, mais de gestion bureaucratique. Tous les services pourraient et devraient être assumés par une gestion privée axée sur le profit, car elle seule respecte la propriété d’autrui et est conséquemment créatrice de richesse. Nul besoin de racoler l’immigrant et de dépenser une fortune pour l’accueillir, il va là où est la richesse et la sécurité et apprend la langue d’usage sans-façon.

11 novembre, 2007

Une grève irresponsable

Faut-il se surprendre de l’irresponsabilité des étudiants de l’UQUAM? Des politiciens irresponsables ont gelé les frais de scolarité pendant plus de dix ans. Des gestionnaires irresponsables ont dilapidé les fonds de l’université dans des projets immobiliers mal gérés. Des leaders syndicaux irresponsables ont encouragé les étudiants à protester pour tout et rien. Quelques centaines d’étudiants irresponsables mettent en péril l’avenir de millier d’entre eux.

Les étudiants ne font qu’imiter les leaders de la société. L’irresponsabilité, résultat de trente ans d’état providence, est devenue une valeur bien québécoise.

Le dimanche 11 nov 2007
Droits de scolarité: les ravages du gel
Ariane Krol
La Presse

Plus de 18 000 étudiants de l'UQAM feront grève cette semaine. Ils protestent contre l'augmentation générale des frais de scolarité, et, surtout, contre le plan de redressement de leur université.

Leurs inquiétudes au sujet de l'avenir de l'institution sont légitimes, mais leur message risque de mal passer. Il est temps que les étudiants réalisent qu'en s'opposant systématiquement à toute hausse de leur contribution, ils participent à ce sous-financement qu'ils dénoncent à grands cris.

On a tendance à l'oublier, mais les droits de scolarité et les frais afférents ne représentent qu'une fraction de ce qu'il en coûte pour aller à l'université. C'est un choix qui entraîne beaucoup d'autres dépenses (livres, matériel scolaire, logement dans bien des cas) et d'importantes conséquences financières - perte de revenus pour ceux qui ne travaillent pas à temps plein durant leurs études, endettement, etc. Ce sont tous ces facteurs, et non les seuls frais exigés par l'institution, que les gens prennent en considération avant de décider, ou non, d'entreprendre ce genre d'études.

Tous ces facteurs sont influencés par le coût de la vie. Pourquoi les frais universitaires ne devraient-ils pas refléter cette réalité? Parce que c'est le seul poste de dépense sur lequel la clientèle peut faire pression? Le calcul est aussi absurde qu'irresponsable. Les dépenses des universités augmentent comme celles de n'importe quel organisme. En refusant que leur facture soit ajustée en conséquence, les étudiants ont le même réflexe puéril que l'État lorsqu'il ne finance pas suffisamment l'enseignement: ils nient la réalité. Mais la réalité, comme on le voit à l'UQAM, finit toujours par nous rattraper.

Il n'est pas étonnant que les étudiants de cet établissement soient davantage mobilisés. En plus d'augmenter les droits de scolarité comme les autres universités, l'UQAM majore ses frais afférents de 160$ cette année. Ils seront donc presque deux fois plus élevés que l'an dernier. Mais si la marche est aujourd'hui aussi haute, c'est encore une fois à cause de cette exécrable culture du gel.

Depuis 1994, ces frais qui aident à financer une panoplie de services ont plus que doublé dans les universités québécoises. L'UQAM est l'une des seules à ne pas y avoir touché, préférant se serrer la ceinture plutôt que d'alourdir le fardeau financier de sa clientèle. Aujourd'hui, elle ne peut plus se le permettre. Et le résultat, au bout du compte, n'est pas très équitable puisqu'une seule cohorte se voit assener une hausse qui aurait dû être étalée sur les promotions précédentes.

Depuis les années 90, la plupart des leaders étudiants se sont systématiquement opposés à toute hausse des frais de scolarité. Cela a-t-il incité Québec à financer davantage les universités? Non. Le seul message qu'ils ont réussi à faire passer, et qui a trop longtemps été écouté, c'est qu'il ne fallait pas toucher à leur portefeuille.

Si les grévistes de l'UQAM se préoccupent sincèrement de l'avenir de leur institution, ils doivent trouver un autre cheval de bataille.

09 novembre, 2007

Si c’est populaire c’est bon!

Savez-vous pourquoi le gouvernement du Québec à approuver la construction d’une usine de production d’éthanol en 1985? Parce que c’était populaire.

Savez-vous pourquoi le gouvernement du Québec largue la production d’éthanol de maïs moins de trois ans plus tard? Parce que c’est populaire.

Appuyez-vous la décision de Québec d'empêcher le développement de l'industrie de l'éthanol?

Source: sondage Cyberpresse, le 9 novembre 2007 à 14h45

08 novembre, 2007

Ce n'est pourtant pas sorcier!

Le Québec croule sous le poids des politiciens et des bureaucrates. L’état providence favorise la multiplication des instances décisionnelles et des bureaucrates. Le système d’éducation n’est pas en reste: Directeurs d’école, Conseils d’établissement, Commissions scolaires (72), Conseil supérieure de l’éducation, Commission consultative de l’enseignement privé, Comité-conseil sur les programmes d’étude, Comité-conseil de la fromation générale, Comité-conseils du programme d’étude préuniversitaire (un comité par matière!!), etc. Les milliers de bureaucrates du ministère encadrent et coordonnent les nombreuses activités de tout ce « beau monde ». L’élimination de la plupart de ces organismes aussi ineptes qu’inutiles réduirait d’autant le travail et le nombre de bureaucrate. Les économies obtenues permettraient d’augmenter les professeurs, psycho-éducateurs, intervenants, etc. qui offrent des services directs aux étudiants.

Le mardi 06 nov 2007
LE SOLEIL - POINT DE VUE

Élections scolaires : si ça ne marche pas...

Marcel Boyer, Vice-président et économiste en chef de l'Institut économique de Montréal*

Avec 7,9 % de participation aux élections scolaires et 17 000 électeurs de moins qu'en 2003, la légitimité des commissions scolaires a encore diminué. Réfléchir à des moyens pour augmenter la ferveur électorale ne mènera nulle part. Lorsque les gens ne se reconnaissent pas dans une structure, c'est qu'elle ne rend pas des services qui sont appréciés. Pourquoi en sommes-nous arrivés là?

La raison est simple: les 69 commissions scolaires sont désuètes, comme la taxe scolaire qui les finance. Les commissions scolaires sont apparues au milieu du XIXe siècle, à une époque où elles avaient une plus grande part de responsabilité, comme celle de la construction des écoles et de la supervision des programmes scolaires. L'essentiel de ces attributs est aujourd'hui la prérogative du ministère de l'Éducation. On maintient actuellement un niveau de décision supplémentaire entre les écoles et le gouvernement du Québec qui n'est pas essentiel. Les écoles privées, les cégeps et les universités s'en passent, et un bon nombre de pays aussi.

Les commissions scolaires entraînent des dépenses administratives générées par leur existence. Elles justifient leur travail par des économies d'échelle et un souci de démocratie, mais la preuve reste à faire qu'elles sont les seules à pouvoir organiser la mise en commun des services. Comment se fait-il que les écoles privées, bien qu'elles soient complètement autonomes, offrent autant de services, et même davantage, que les écoles publiques, tout en supportant des dépenses par élève similaires?

Il est temps d'abolir ce palier intermédiaire et d'envisager une plus grande autonomie de gestion des écoles. Avoir l'audace de le faire permettrait de retourner le pouvoir aux parents. Cela créerait aussi un meilleur arrimage entre les besoins des différents milieux et les services offerts par les écoles publiques. Il faut éliminer les coûts de la bureaucratie en éducation et rapprocher les décideurs de la clientèle.

Advenant la disparition des commissions scolaires, certaines responsabilités pourraient être transférées vers le ministère de l'Éducation et d'autres vers les écoles. En cas d'insatisfaction, les parents devraient pouvoir «voter avec leurs pieds» et inscrire leurs enfants dans une autre école. Des parents le font déjà en acceptant de payer des frais de scolarité dans les écoles privées, dépassant généralement ceux des universités québécoises, pour obtenir de meilleurs services.

Une taxe scolaire à repenser

En 2004-2005, les commissions scolaires ont perçu 1,2 milliard $ pour la taxe scolaire, soit près de 15% de leurs revenus. Les propriétaires d'immeubles paient cette taxe même s'ils n'ont pas un intérêt spécifique envers l'éducation, contrairement aux parents ou à la population en général. Cela contribue à la participation déficiente aux élections scolaires. Il serait plus efficace que le système d'éducation soit financé par l'ensemble des contribuables québécois à même les impôts généraux plutôt que par une taxe scolaire spécifique.

La décentralisation du système scolaire n'est pas une nouveauté. Ailleurs dans le monde, entre autres aux États-Unis, les écoles à charte représentent un des sous-secteurs de l'éducation en croissance très rapide, avec 4000 établissements regroupant plus d'un million d'élèves. Ces écoles à charte sont des écoles publiques laïques qui ne sont pas assujetties aux conventions collectives des enseignants ni à des limites géographiques pour les inscriptions.

Elles sont administrées par un groupe communautaire ou par un gestionnaire privé avec ou sans but lucratif. Leur charte se fonde sur un contrat de performance avec des objectifs mesurables, fixés et contrôlés par l'État. Ces écoles embauchent — et peuvent congédier — leurs enseignants, établissent leur budget et contrôlent la discipline et l'évaluation. L'Alberta reste la seule province canadienne à permettre l'existence d'écoles à charte, ce qui lui permet d'apporter un point de comparaison supplémentaire à l'intérieur du système public.

Plusieurs études internationales concluent que cette autonomie des écoles pourrait favoriser de meilleurs résultats scolaires, la réduction de la bureaucratie, ainsi que l'innovation et l'imputabilité accrue dans les services éducatifs.

*Titulaire de la Chaire Bell Canada en économie industrielle de l'Université de Montréal