Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Si tous nos médecins travaillaient aussi fort que le docteur Yves Bolduc, ils pourraient soigner 28 millions de patients… tout en étant députés!--- Guy Fournier

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31 octobre, 2007

Régime fiscal 101

Un système progressif d’imposition doit demeurer à l’intérieur de limites « acceptables » aux contribuables qui paient le plus d’impôt. Si ces limites sont dépassées le régime fiscal perd plus qu’il ne gagne.

Voici comment un professeur (1) explique ce phénomène à ses étudiants :

Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l'addition se monte à 50$... (Normalement 5$. chacun). S'ils payaient la note de la même façon que l'on paye les impôts, selon les revenus de chacun, on aurait ce qui suit:

Les 4 premiers (les plus pauvres), ne paieraient rien. 0$
Le cinquième payerait 0,50$
Le sixième payerait 1,50$
Le septième payerait 3,50$
Le huitième payerait 6$
Le neuvième payerait 9$
Le dixième (le plus riche) devrait payer 29,50 $ à lui tout seul...

On arrive donc bien à 50$. Ils décidèrent alors de procéder comme décrit. Les dix hommes se retrouvèrent donc ensemble chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez contents de leur arrangement. Jusqu'au jour ou le tenancier du bar les plaça devant un dilemme: "Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j'ai décidé de vous faire une remise de 10$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 40 $. "

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu'ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient-ils diviser les 10 $ de remise de façon équitable?

Ils réalisèrent que 10$ divisé par 6 faisaient 1,66 $. Mais s'ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ième homme allaient être payés pour boire leur bière (1,16$. et 0,16$.) Le tenancier du bar suggéra qu'il serait plus judicieux de réduire l'addition de chacun selon le même barème que leur taux de taxation et il fit ses calculs.

Alors, le 5ième homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (Un pauvre de plus?)
Le 6ième paya 1$. au lieu de 1,50$ (33% de réduction).
Le 7ième paya 2,50$. au lieu de 3,50$ (28% de réduction)
Le 8ième paya 4,50$. au lieu de 6,00$ (25% de réduction)
Le 9ième paya 7,50$ au lieu de 9,00$ (17% de réduction)
Le 10ième paya 24,50$. au lieu de 29,50$ (16% de réduction).

On arrive bien à un total de 40 $. Chacun des six " payants " paya moins qu'avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :

" J'ai seulement eu 50 sous sur les 10 piastres de remise ", dit le 6ième et il ajouta, montrant du doigt le 10ième: " Lui il a eu 5$!!!".

" ouais ! "dit le 5ième, j'ai seulement eu 50 sous moi aussi, même si je ne paye plus!"

" C'est vrai ! " s'exclama le 7ième, " pourquoi il aurait eu 5$ de rabais alors que moi je n'en ai eu que 1$? Le plus riche a eu la plus grosse réduction!"

" Attendez une minute " cria le 1ier homme. Nous quatre n'avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres!!!"

Les 9 hommes se mirent alors à insulter le dixième en le traitant de profiteur de système. Le jour suivant le 10ième homme (le plus riche) ne vint pas au bar. Les neuf autres s'assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer la note ils découvrirent quelque chose d'important: ils n'avaient pas assez d'argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l'addition. (Il manquait 20,50 $)

Voilà qui décrit bien l'effet pervers d'un régime d'imposition qui dépasse les limites "acceptables" par les contribuables les plus taxés. Les gens qui payent le plus d'impôts tirent le plus de bénéfice d'une réduction de taxe et, c'est vrai, ils resteront plus riches! Mais si vous les taxez encore plus fort et les ostracisez à cause de leur richesse, ils risquent de ne plus se montrer la face au partage communautaire. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l'étranger où l'atmosphère est, comment dire, plus amicale!

Pour ceux qui ont compris, aucune explication n'est nécessaire.

Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

(1) Auteur inconnu

30 octobre, 2007

Pour le choix en éducation

Le Bulletin des écoles secondaires du Québec, publié conjointement par l’IEDM et l’Institut Fraser, est immanquablement dénoncé par les bureaucrates et les syndicats. Pourtant, c’est le seul outil qui permet aux contribuables, parents, gestionnaires, enseignants et élèves de comparer le rendement de chaque école. La compétition demeure la meilleure façon d’améliorer le rendement et la qualité d’un produit ou service. Le Bulletin des écoles est un substitut bien timide à un système d’éducation compétitif. Mais, c’est un pas dans la bonne direction. Il permet au moins à ceux qui le désirent de comparer leur école aux autres et de poser les bonnes questions - ce qui avouons-le menace le petit «train-train» confortable des bureaucrates et des syndicats.

L’école publique, un monopole d’État, n’a pas à satisfaire sa clientèle pour assurer sa pérennité. Dans ce sens, le Bulletin est perçu comme une menace. À preuve, de plus en plus de commissions scolaires le boycottent - voilà une bonne raison de boycotter les élections scolaires. Il est urgent d'éliminer ces commissions scolaires. Elles sont aussi inutiles qu’ineptes. Ainsi, on économisera des fonds publics tout en améliorant l’efficacité du système.

Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), attribue au Bulletin notamment le taux de décrochage de 30% des élèves du secondaire. Il ajoute: «Mal­gré tou­tes les éner­gies qu’on met, le ­taux de di­plo­ma­tion sta­gne et le nom­bre d’en­fants en dif­fi­cul­té d’ap­pren­tis­sa­ge ou de com­por­te­ment a aug­men­té de 20 000 en qua­tre ans. Il est ­temps de re­ve­nir à une édu­ca­tion éga­li­tai­re! On a le de­voir d’in­strui­re ­tous les en­fants.» Justement, le sacro-saint dogme égalitaire syndical est une cause importante de la faillite du système.

Le système d’éducation s’effondre sous le poids de la bureaucratie et des syndicats. L’un et l’autre se foutent des élèves, des parents et des gestionnaires. Si on ne fait rien bientôt, l’éducation «égalitaire» réclamée par Réjean Parent sera une réalité. Le taux de décrochage atteindra 100%. Il est urgent d’éliminer les contraintes artificielles imposées par les bureaucrates et les conventions collectives au détriment des élèves. Donnons aux parents le choix de l’école qu’ils désirent pour leurs enfants, donnons le pouvoir d’agir aux intervenants locaux et la qualité de l’éducation s’améliorera rapidement.

29 octobre, 2007

Le "privé" fait plus et mieux

Même dans le domaine de l’aide internationale le « privé » fait plus et mieux que le « public ». Mo Ibrahim, un entrepreneur devenu riche, fait plus pour sortir l’Afrique de la misère que la plupart des programmes d’aide de l’ONU.

Le lundi 29 oct 2007, LE SOLEIL - ANALYSE
«5 millions $? Je vivrais mieux, bien sûr!»
Gwynne Dyer, Journaliste indépendant*

Il y a quelque chose de très désarmant dans la franchise de l'ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano. Quand un journaliste de la radio BBC lui a récemment appris qu'il était en lice pour le prix Mo Ibrahim, qui récompense la bonne gouvernance en Afrique, celui-ci a simplement répondu : «C'est un prix de combien? Cinq millions de dollars? Vous en êtes sûr?»

«Absolument, a repris le journaliste. Que feriez-vous avec une telle somme?» «Je vivrais mieux, bien sûr», a répondu Chissano. «Sans complexe.» Pas de baratin sur sa volonté d'en faire don aux enfants qui meurent de faim ou à des organisations caritatives.

Chissano continue pourtant à ce jour d'oeuvrer pour le bien-être des Africains. D'ailleurs, quand il a été désigné comme le gagnant du prix cette semaine, on ne l'a pas trouvé immédiatement : il était quelque part dans le nord de l'Ouganda en train de négocier la paix, entre le gouvernement et un mouvement rebelle très menaçant, pour le compte des Nations unies. Le fait est qu'il mérite de pouvoir vivre mieux.

Il y a bien eu le lot habituel de critiques dès l'annonce. Certains reprochent à Mo Ibrahim d'accorder cet argent à un individu plutôt que de l'affecter à la construction d'hôpitaux en Afrique. D'autres sont scandalisés à l'idée «raciste» de devoir attribuer un prix spécial aux dirigeants africains pour les récompenser d'avoir agi comme ils sont déjà censés le faire. Les médias affectionnent particulièrement la controverse, et tout le monde cherche à avoir son quart d'heure de gloire. Il n'en reste pas moins qu'Ibrahim a raison d'offrir ce prix, qui pourrait s'avérer très bénéfique.

J'ai rencontré Mo Ibrahim il y a environ un an et demi. Il venait de vendre sa société de télécommunications Celtel, basée en Afrique, au koweitien MTC, et était ainsi devenu milliardaire. Ce britannique né au Soudan, qui se demandait comment employer utilement son temps et la fortune considérable qu'il avait amassée, avait eu l'idée de créer ce nouveau prix, le plus richement doté au monde : le lauréat recevrait un demi-million de dollars par an pendant 10 ans et 200 000 $ chaque année par la suite pour le restant de ses jours. En comparaison, le prix Nobel de la paix s'élève à seulement 1,5 million $.

Pourquoi donner tant d'argent à des présidents africains? Ils en ont certainement déjà assez, me direz-vous. Eh bien non, en tout cas pas ceux qui sont honnêtes. Et c'est l'une des causes profondes qui expliquent que si peu d'entre eux le sont.

Dans la grande majorité des pays africains, il est politiquement impossible de proposer au président un salaire et une retraite qui lui permettent de vivre confortablement, une fois sa fonction quittée, et encore moins de continuer de jouer un rôle utile dans la vie publique. Quand le revenu moyen monte à quelques centaines de dollars par an, ou tout au plus 1000 ou 2000, vous ne pouvez pas accorder au président plusieurs centaines de fois cette somme. Du moins, pas dans un système démocratique : toute opposition un minimum compétente s'empresserait de traiter le président de profiteur cynique, totalement déconnecté des préoccupations de son peuple. Et celui-ci ne parviendrait pas à se débarrasser de cette image.

Le problème n'est pas tant quand le président est en poste. Il dispose alors de la résidence présidentielle, des limousines officielles avec chauffeurs. En outre, ses frais de représentation et ses billets d'avion sont pris en charge. De même que les gardes du corps. Mais dès qu'un président se retire ou perd une élection libre qu'il a organisée, tout cela disparaît, et rien ne vient s'y substituer.

Comme Mo Ibrahim l'a dit, un dirigeant africain qui arrive à la fin de son mandat a trois solutions : soit il vole suffisamment d'argent pour financer sa retraite, soit il manipule les lois pour rester en fonction indéfiniment, soit il vit dans une relative pauvreté.

Ibrahim a donc décidé de leur offrir une quatrième option : un prix annuel ouvert à tous les dirigeants africains qui ont été élus démocratiquement, ont effectué leur(s) mandat(s) conformément aux dispositions de la constitution et se sont retirés au cours des trois dernières années. Cette dotation ne suffit pas à dissuader les crapules de piller les caisses de leur État — les sommes volées par les leaders africains corrompus sont en général bien plus élevées que les cinq millions de dollars offerts —, mais elle a le mérite de récompenser ceux qui ont servi les intérêts de leur pays en toute honnêteté en leur offrant une retraite décente.

À l'origine, Joaquim Chissano n'avait pas du tout été élu : il a pris la présidence de l'État marxiste au parti unique en 1988, à la suite du décès du précédent président dans un accident d'avion. À l'époque, le Mozambique était embourbé depuis longtemps dans une guerre civile et les opposants au régime pouvaient s'estimer heureux s'ils faisaient seulement de la prison.

Mais Chissano a conclu la paix avec les rebelles en 1992 et les a laissé participer à une élection présidentielle libre en 1995, élection qu'il a remportée selon les règles de la démocratie. Il a démantelé l'appareil de répression, a été élu pour un second mandat en 2000, et s'est retiré en 2005. La constitution l'autorisait pourtant à se porter candidat pour un troisième mandat. De surcroît, il a mis son pays sur les rails de la croissance économique, bien que celui-ci demeure désespérément pauvre.

«L'Afrique est riche, vraiment riche«, a déclaré Mo Ibrahim dans un entretien accordé au New York Times. «C'est vraiment un continent magnifique. Ce qu'il faut maintenant, c'est appliquer la bonne gouvernance. C'est ce qui est en train de se produire, même si cela ne va pas aussi vite que je le souhaiterais. Il suffit d'encourager cette dynamique.»

Amen.

27 octobre, 2007

Le problème c’est la bureaucratie (2)

Le gouvernement propose une loi et une agence indépendante pour obliger les gouvernements futurs à entretenir les ponts et viaducs. En approuvant cette loi, l’assemblée nationale reconnaîtra que les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis trente ans ont mal géré les milliards destinés au ministère des transports. C’est un geste dans la bonne direction mais, est-ce suffisant? Ce sont les mêmes politiciens incompétents qui nommeront les gestionnaires de l’agnece et qui établiront son budget. Ne vaudrait-il pas mieux confier la voirie à l’entreprise privée?

Le mercredi 24 oct 2007
LE SOLEIL - POINT DE VUE
Infrastructures routières : ne plus rater la cible!
Paul A. Pelletier, Président-directeur général de CAA-Québec

(À Jean Charest) Monsieur le Premier ministre, lorsque vous avez annoncé des investissements de 30 milliards sur cinq ans pour doter le Québec de Fondations pour réussir, je me suis surpris à penser : «Aurait-on enfin entendu ce que réclame CAA-Québec depuis plus de 20 ans?» Au même moment, la commission Johnson venait faire la preuve de la nécessité de ce grand projet en établissant de façon probante toutes les lacunes d'un système routier à rebâtir. La ministre des Transports n'a pas tardé à y réagir en annonçant des mesures d'une ampleur sans précédent.

Ce qui m'a frappé dans tout cela, c'est que, pour la première fois, un gouvernement fait un réel mea culpa et reconnaît la «grande négligence accumulée» par tous les gouvernements antérieurs, tous partis politiques confondus. Ensuite, il faut aussi saluer votre décision de confier à une entité autonome le soin d'administrer le dossier des ponts et viaducs. Cela est en droite ligne avec ce que réclamait CAA-Québec. On pourrait peut-être s'interroger sur la pertinence d'y intégrer plus tard tout le dossier des chaussées, mais CAA-Québec reconnaît qu'il faut pour le moment aller aux urgences. Enfin, il y a également cette loi que vous souhaitez voter pour interdire désormais la négligence. Malheureusement nécessaire, elle constitue cependant une autre preuve de l'incongruité de la situation.

Cela dit, le gouvernement avait dès maintenant une belle occasion de faire l'annonce d'un fonds dédié pour rendre encore plus crédible toute sa démarche visant à assurer la pérennité de nos infrastructures. Dommage…

Même si la ministre des Finances a prévenu que tout cela ne serait pas gratuit, il reste à espérer qu'on inclura l'équité dans les points de vue. Le mot «péage» revient en force depuis quelque temps. Attention! Quand on dit que les gens sont prêts à accepter le péage, il faut y voir d'abord et avant tout un signe clair d'exaspération devant l'état des routes. Avant d'accepter une telle mesure, les citoyens sont en droit d'avoir la preuve que les milliards déjà versés annuellement depuis des décennies en tant que véritables utilisateurs-payeurs sont investis sur les routes.

Si CAA-Québec se réjouit des intentions que sous-tend le vaste chantier annoncé aux Québécois, ce n'est pas encore aujourd'hui qu'il fermera définitivement son grand dossier des infrastructures. Ces Fondations pour réussir doivent réussir. Le Québec n'a plus les moyens de rater la cible. Cela, tous les élus doivent en prendre acte.

26 octobre, 2007

Le problème c’est la bureaucratie (1)

Le gouvernement propose une loi et une agence indépendante pour obliger les gouvernements futurs à entretenir les ponts et viaducs. En approuvant cette loi, l’assemblée nationale reconnaîtra que les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis trente ans ont mal géré les milliards destinés au ministère des transports. C’est un geste dans la bonne direction mais, est-ce suffisant? Ce sont les mêmes politiciens incompétents qui nommeront les gestionnaires de l’agence et qui établiront son budget. Ne vaudrait-il pas mieux confier la voirie à l’entreprise privée?

Quel boulet, cette ministre!
Michel Vastel, L’Actualité.com, le 19 octobre 2007

Ouf, je change de clou. Je cède à vos pressions et je m’intéresse à cette Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde, présidée par Pierre-Marc Johnson, et pour laquelle le premier ministre devrait être félicité puisque cela nous a permis de constater la profondeur de l’abîme dans laquelle la ‘nomenclatura’ du gouvernement du Québec nous a entraîné.

Mais je n’ai pas d’autres fleurs à distribuer.

La semaine dernière, saluant la création d’un programme de 30 milliards pour la rénovation et l’entretien des infrastructures, je demandais qu’on ne confie surtout pas tout cet argent aux fonctionnaires. Cela fait des années que ça dure, disait le premier ministre, évaluant le déficit accumulé au titre de l’entretien des infrastructures publiques à 27 milliards $. Et c’est à ce monde-là de fonctionnaires incompétents qu’on voudrait confier un autre 30 milliards $ pour réparer les pots cassés par leur négligence chronique ? On veut rire de nous ou quoi ?

Eh bien, voilà que la ministre des Transports, Julie Boulet, fait encore pire. Elle confie la responsabilité de toutes les infrastructures - même les municipales! - à une Agence de fonctionnaires qui ne rendront même pas de comptes à l’Assemblée nationale ni au pouvoir politique. Julie Boulet, qui ne connaît rien à l’ingénierie bien sûr - elle est pharmacienne - s’est laissée mener par les fonctionnaires encore une fois.

Qui plus est, ce plan ne répond même pas aux demandes de la Commission Johnson. Par exemple, au lieu de réparer les infrastructures en cinq ans, elle se donne jusqu’en 2022! Et de surcroît, ce ne sont que 80 % de ces infrastructures qui seront garanties sécuritaires. Et le 20 % qui reste? Combien y aura-t-il de ponts de la Concorde dans ce 20 %? La ministre est désolante de simplicité d’esprit: elle se fait avoir par ses propres fonctionnaires et nous allons payer bien entendu.

Vous comprendrez que je n’ai pas envie - mais pas du tout!- de féliciter Jean Charest. Il avait une belle occasion de confier tout cela à une Agence privée - va-t-il enfin prendre au sérieux sa promesse de se lancer dans les ententes de partenariat public-privé (PPP) -, Agence libre de financer ses investissements comme elle le voulait, probablement par le péage en grande partie. Au lieu de cela, nous allons continuer d’avoir des ingénieurs et des contremaîtres qui vont ordonner à des cols bleus de boucher des trous, de colmater des fissures et de poser des panneaux de signalisation pour détourner la circulation lorsque cela va trop mal.

C’est enrageant à la fin cette manie de vouloir tout faire faire par l’État, même lorsqu’il a, deux fois plutôt qu’une, démontré son incompétence…

25 octobre, 2007

Parité et prix

Il y a quelques semaines le huard atteignait la parité avec le « green back ». Malgré cela, le prix de la plupart des produits de consommation demeure plus élevé au Canada. Le texte de Jayson Myers, président des Manufacturiers et exportateurs du Canada, offre une explication qui m’apparait raisonnable. Toutefois, c’est en magasinant au sud de la frontière que les consommateurs s’assureront que les prix vont baisser au Canada.

Le jeudi 25 oct 2007
Arnaqueurs, vraiment? Non!
Jayson Myers
L'auteur est président des Manufacturiers et exportateurs du Canada.

Lorsque les consommateurs vont magasiner aujourd'hui, ils remarquent que la plupart des biens qu'ils achètent ici ont un prix plus élevé que les mêmes produits en vente aux États-Unis.

En moyenne la différence de prix est d'environ 20%. Dans la plupart des cas, cette différence peut être aussi élevée que 40%. Les consommateurs se demandent pourquoi. De plus, ils exigent que les prix reflètent le fait que le dollar canadien vaut désormais davantage que le dollar américain.

Nous pouvons nous attendre à ce que les prix descendent, et ils descendront. Mais nous devrons attendre un certain temps avant que les prix de vente au détail diminuent. Voici pourquoi.

Les produits vendus par des détaillants canadiens viennent d'inventaires qu'ils ont acquis plus tôt cette année, c'est-à-dire lorsque le coût des marchandises importées des États-Unis était beaucoup plus élevé qu'il ne l'est aujourd'hui. Après tout, en février dernier le dollar canadien valait 84 cents US. La plupart des biens que les détaillants ont acheté à ce moment-là ont été en réalité fabriqués l'an dernier, alors que le dollar canadien se transigeait toujours sous la barre des 90 cents.

Il existe donc une bonne raison expliquant pourquoi le coût des marchandises vendues ici peut être significativement plus élevé qu'il ne l'est aux États-Unis. Le dollar canadien s'est apprécié de 23% en six mois et de 67% depuis 2002. On ne peut s'attendre à ce que les prix et les coûts s'ajustent si rapidement - les manufacturiers ne peuvent miraculeusement fabriquer et vendre leurs produits simultanément.

Chaque entreprise a besoin de certitude et de stabilité quant à ses prix et ses coûts. Plusieurs manufacturiers fixent leurs prix de vente sur une base annuelle pour offrir plus de certitude à leurs clients industriels, leurs distributeurs, leurs grossistes et détaillants. Sans stabilité, il est impossible de planifier ses activités commerciales en on perd le contrôle de ses horaires de production et ses inventaires. Aucune entreprise ne peut opérer de cette manière.

Industrie manufacturière

Prenez l'exemple de ce qui se passe dans l'industrie manufacturière partout au pays. Pour les manufacturiers qui exportent 60% de ce qu'ils produisent aux États-Unis et à l'étranger, l'appréciation du dollar canadien se traduit par une baisse immédiate de leurs revenus à l'exportation. Les coûts des matières premières, marchandises, composantes, technologies et services importés ont aussi diminué, mais cette baisse de coûts n'a pas été aussi rapide que l'appréciation du dollar. Par conséquent, les profits de l'industrie sont actuellement sous forte pression. La plupart des entreprises manufacturières et exportatrices enregistrent des pertes. Les 300 000 emplois perdus dans ce secteur au Canada au cours des trois dernières années reflètent l'importance de ce phénomène.


Cet enjeu mérite d'être analysé plus attentivement. Nous devons comprendre que la plupart des produits achetés ici ne sont pas fabriqués au Canada. Nous devons aussi réaliser que les prix dépendent de plusieurs facteurs comme les salaires, les impôts, le coût des matières premières, de l'énergie et de la réglementation et non pas seulement de la valeur du dollar canadien.

Je peux garantir que les prix diminueront au Canada lorsque les coûts de production diminueront. Les prix de vente au détail diminueront à mesure que les inventaires seront remplacés par de nouvelles marchandises. Il peut prendre de six à 10 mois avant que les baisses de prix compensent la hausse du dollar, mais nous voyons déjà les prix des produits diminuer. Les entreprises se concurrencent pour retenir et attirer de nouveaux clients en offrant des rabais et en adoptant d'autres stratégies de prix préférentiels. La solution s'appelle la concurrence. C'est comme cela que fonctionne le marché et c'est pourquoi il fonctionne bien.

24 octobre, 2007

Bureaucratie et immobilisme

Les défis qui confrontent les entrepreneurs sont nombreux et difficiles à surmonter. Le rôle des bureaucrates est de leur faciliter la tâche. Malheureusement, trop souvent ils sont une embûche de plus que l’entrepreneur doit surmonter.

Le mercredi 10 oct 2007
LE SOLEIL - POINT DE VUE
«Les gens de Québec dorment en attendant un sauveur»
Karl A. Talbot
Président, directeur généralNemex Network Corporation / Corporation Réseau Nemex

Après les événements des derniers mois, je crois qu'il est temps pour moi de prendre l'occasion de «mettre les pendules à l'heure» comme homme d'affaires.

Pour obtenir, préparer et réaliser la venue de Bill Clinton à Québec ou développer des relations d'affaires avec des équipes d'une telle envergure, il nous a fallu travailler d'arrache-pied et passer par une enquête complète menée par l'équipe Clinton et les services secrets américains, tant sur la compagnie que sur tous nos employés, de même que sur nos administrateurs. Lorsque nous avons eu la confirmation de sa venue, il nous a fallu nous battre pour obtenir les collaborations souhaitées à Québec. Nous dérangions sans doute l'establishment... La seule ville qui demande : «Combien il coûte??? »

Pour ce qui est de notre dossier Red Bull Air Race, croyez-vous vraiment qu'une multinationale du calibre de Red Bull n'a pas, elle aussi, fait enquête pour savoir si nous étions une entreprise sérieuse et déterminée; si nous avions les compétences requises pour traiter un tel dossier? Croyez-vous vraiment qu'ils laissent à n'importe qui le mandat de les représenter alors qu'ils génèrent plus de 2 milliards $ de ventes par année à travers la planète? «Wake up» les grands penseurs de Québec...

Ça fait plus d'un an que nous travaillons le dossier avec Red Bull. J'ai hélas eu la naïveté de penser que d'obtenir des événements d'envergure internationale à Québec pouvait se faire dans un climat de bâtisseurs à l'aube d'une fête qui devrait être historique. La ville de Québec a bâti l'Amérique que nous connaissons; pas les voisins, nous, notre ville. Et l'on dirait que tout le monde dort et attend un sauveur.

Pas le droit de rêver ici...

À Québec, quand tu commences, t'es un rien. Tu n'as pas le droit de rêver de devenir gros et encore moins d'aspirer à la réussite internationale. Aux États-Unis, avec ce genre de rêve, tu es vu comme un bâtisseur. Le village préfère partir des rumeurs et essayer de miner la crédibilité des bâtisseurs qui travaillent jour et nuit pour développer et créer la richesse dans la ville. Ce week-end, un partenaire d'affaires américain me demandait pourquoi je m'acharnais à vouloir garder mon siège social à Québec malgré tout, plutôt que d'aller à Los Angeles où tout le monde m'aiderait à bâtir. Simplement parce que je crois naïvement que l'on peut changer les choses. Et j'y crois encore, et je me battrai jusqu'au bout pour collaborer à la vie économique de Québec.

Pour en revenir au dossier Red Bull Air Race, la première de toutes les exigences de la multinationale pour la tenue d'une étape de la course était très simple, c'est d'être la bienvenue dans la ville où pourrait se tenir un tel événement. Sur 44 villes, une seule a su les insulter de façon publique et médiatique, en tenant de faux propos à l'égard d'un dossier qui était soi-disant mal monté. Ce dossier était monté de toutes pièces par les experts de Red Bull, avec la collaboration de Nemex. Il est déposé et accepté dans toutes les villes du monde, sauf...

Pendant plus de 3 mois, l'élément principal que l'équipe du Air Race voulait, c'était une lettre officielle de la Ville, signée par le maire de la ville, qui les invite et démontre qu'ils auront une collaboration de toutes les parties de la ville, incluant les services requis fournis. Mais tel que me l'a poliment expliqué le directeur général du Air Race à San Diego, lors de la dernière course, «la façon dont nous sommes accueillis dans une ville est toujours un indicateurs du genre de collaboration que nous aurons de cette ville pour l'événement». Et vlan !

Combien ça rapporte!

Et ils ont raison. Il aura fallu plus de trois mois afin d'arriver à presque qu'obtenir une simple lettre (que nous avons eu en moins de 48 heures de Lévis, signée par la mairesse de Lévis), pour apprendre qu'elle dormait tranquillement sur un coin de bureau, et le fax lui? Un document PDF peut-être? Un courriel? Comment expliquer que 43 villes à l'échelle de la planète arrivent à préparer et déposer des candidatures préliminaires complètes en moins de 3 semaines, sans avoir besoin de cahier de charge, et pas nous? Et nous avons la prétention de nous dire meilleur? Nous accusons un retard économique de 20 ans sur le reste du monde. À Québec, on regarde combien ça coûte... Ailleurs dans le monde, on regarde combien ça rapporte.

Parlons maintenant du 3 millions de dollars de frais d'inscriptions pour un événement diffusé dans plus de 100 pays (pour une fois, autre que le nôtre) à l'aube d'une fête qui est censée être historique? Nous avions couvert cet aspect afin de ne pas demander à la ville un tel montant, sachant le genre d'accueil que nous aurions eu, mais nous l'avons eu de toute façon. Toutes les villes le payent, c'est un investissement pour eux, non pas une dépense.

À peine deux semaines après la tenue du Air Race à Londres, le maire de la ville annonçait avec grande joie qu'il désirait obtenir l'événement dès l'an prochain et déposait lui-même la nouvelle candidature. Le message fut tellement bien accueilli, qu'il ait fort à parier que Londres sera désormais une ville permanente d'un circuit de Formule Un du ciel. Londres, qui n'a définitivement pas besoin de publicité pour attirer du tourisme, reprend l'événement dès l'an prochain. Espérons qu'en 2009, des multinationales et partenaires naturels de Nemex, tels Everlast, AEG Worldwide et bien d'autres auront un intérêt pour un tel événement, car je pense qu'il appartient à la ville et aux différents paliers gouvernementaux d'assumer cette dépense, surtout avec les taxes et impôts qui prennent 50% de nos salaires toutes les semaines.

Montréal a investi plus de 6 millions pour ne pas perdre un acquis, la Formule 1, mais surtout, ne pas perdre des dizaines de millions de retombées en économie locale pour des propriétaires de commerces qui payent des milliers de dollars en taxes municipales.

Des insultes en remerciement

Contrairement à ce que certaines personnes ont pu laisser croire, lorsque nous nous sommes présentés à la Ville de Québec, ce n'était pas un simple «flash». Non seulement notre dossier était conforme aux exigences de Red Bull, il a été classé parmi les meilleurs par la haute direction de cette compagnie d'envergure. C'est la raison pour laquelle ils ont décidé de lui donner suite. Nous avons rencontré les fonctionnaires de la ville. Je me suis fait traiter de menteur en pleine assemblée municipale, prétendant que nous n'avions jamais rencontré ces gens, jusqu'à ce que les preuves démontrent le contraire. Qui des deux devait fournir des excuses à qui? J'ai encaissé le coup. Je me suis fait traité de «coucou», de «cowboy» (pris comme un compliment dans ce cas-ci), «de joueur de trains électriques», «de quidam» et de quoi d'autres encore, sans broncher, par les plus hautes instances de la ville. J'ai pilé sur mon orgueil... pour leur donner une porte de sortie honorable, car l'enjeu était grand.

L'événement était plus important que la cause. C'est la seule ville au monde qui ait dit que les dossiers préparés par Red Bull étaient pourris, et exigé que tous les documents soient traduits en français pour y donner suite.

Des semaines d'efforts pour obtenir les résultats souhaités, car Red Bull est aussi un partenaire avec qui nous échangeons régulièrement, et tenir le Air Race durant le 400e les intéressait au plus haut point. Tellement, qu'une semaine après la visite en hélicoptère, ils sont revenus une seconde fois avec un expert pour débuter le plan de l'emplacement du site pour les 350 tonnes de matériels nécessaires à tenir une telle course. C'est là qu'ils étaient rendus. La démarche était donc des plus sérieuses.

Combien de villes peuvent dirent qu'elles ont eu 90 millions pour une fête? Sur les derniers milles, les jours, voire les heures comptaient. Or, la lettre promise n'entre pas. Que s'est-t-il passé ? Comment voulez-vous qu'on puisse se positionner à l'échelle mondiale avec des inconséquences de ce genre ?

Il faut se poser de sérieuses questions sur la gestion de la ville et le prochain maire a tout un défi à relever. Comment un fonctionnaire, payé à même nos taxes pour nous venir en aide, avec un filet de sécurité à vie, ose-t-il travailler contre nous en minant nos efforts et mettant en péril nos investissements ; nous qui travaillons sans filet à la sueur de notre front ?

Un leader, pas un suiveux...

Quand on pense qu'une ville de 15 000 habitants comme Interlaken, en Suisse, a réussi à accueillir le Red Bull Air Races à l'été 2007 en sachant que les retombées seraient de plusieurs millions à court terme, sans parler de la visibilité qu'elle s'est donnée à plus long terme. Québec était la seule ville à exiger que Red Bull défraie les coûts supplémentaires liés à la sécurité policière et à la ville. Pourquoi a-t-elle soudainement décidé d'appliquer une telle politique à Nemex et Red Bull alors qu'elle ne le fait pas pour d'autres événements qui ont beaucoup moins de visibilité que le Red Bull Air Race? Quel signe d'accueil donne-t-on par un tel comportement, surtout à l'occasion d'un événement comme celui du 400ie ? Et quand recevra-t-on la copie de la dite lettre? Où est passée cette lettre? Quel en était le contenu réel ?

Alors quand j'entends les aspirants à la mairie prôner la continuité dans la gestion de notre ville, je frémis. Vous voulez un maire de «continuité»? C'est un ou une leader dont la ville a besoin. Un leader fort, de calibre international tant en gestion qu'en développement économique et en protocole qui saura faire rayonner le 400e et la ville par la suite à travers l'Amérique et le monde. Les Américains, voisins naturels à quelques heures de voiture de nos frontières, ont des fortunes à venir dépenser ici. Plutôt, on se retourne vers la France. Quels efforts ont été mis pour aller les chercher ces voisins... ???

Générer plutôt que couper

Pour atteindre un équilibre budgétaire, il y a plusieurs moyens dont un qui est de toujours restreindre sans évoluer, et l'autre qui consiste à développer en allant chercher de l'argent neuf en revenus qui entre dans les coffres de la ville générés par des projets d'envergures. C'est ce genre de projets que Nemex veut développer pour sa ville.

Une nouvelle génération de développeurs se pointe. Il est temps que les choses changent car la planète, elle, a changé, et son économie aussi. Il faut des jeunes dynamiques qui vont secouer cette ville. Des gens qui n'ont pas froid aux yeux, pas peur de parler un anglais presque parfait et s'ouvrir au monde. Il faut des projets mobilisateurs et créateurs d'emplois et de richesses. Il faut que chaque Québécois se donne le droit de devenir riche. Et pour cela, il nous faut un leader, pas un «suiveux».

Nous avons réveillé bien d'autres villes avec notre style controversé. Nous avons réveillé nos propres concurrents. Nous ne serons pas les seuls à demander le Red Bull Air Races pour 2009. Consolation, nous étions les premiers au Canada à faire une demande, et notre dossier est déjà monté pour 2009. Nous avons donc une longueur d'avance sur la future compétition. Si nous le voulons, nous devrons nous repositionner avec force mais pas juste pour le Air Race, pour tout nouveau projet qui arrive dans notre ville. C'est maintenant que ça se prépare. Il appartient maintenant à la ville de démontrer sa volonté de les accueillir et de faire ses preuves car Nemex, elle, n'a plus à faire ces preuves auprès de ces partenaires...

23 octobre, 2007

Les effets pervers de la redistribution

La redistribution forcée, voler les uns pour donner aux autres, a pour effet d’humilier celui reçoit. En revanche, ce dernier dénonce celui qui donne. Ainsi, le Québec dénonce le Canada, les régions dénoncent Montréal et les assistés sociaux dénoncent les riches. Ce phénomène est la source de tensions sociales nuisibles au développement d’une vraie solidarité sociale. L’entraide volontaire est la seule façon de bâtir une société vraiment solidaire.

Montréal: le cadeau fait aux régions
16 octobre 2007 - 09h48
La Presse
Claude Picher

Il est de bon ton, dès que l'on s'éloigne de quelques kilomètres de Montréal, de dénigrer à tour de bras les «travers et les péchés» de la métropole.

J'utilise ici l'expression parue lundi à la une de La Presse, pour annoncer le vaste reportage de ma collègue Caroline Touzin sur la perception des régions à l'égard de Montréal.

Le verdict des régions est impitoyable, écrit-elle: «Montréal et ses habitants sont coupables d'arrogance, d'aveuglement, d'égoïsme et d'ignorance», rien de moins!

Pourtant, la réalité est la suivante: les régions pourront brailler tant qu'elles veulent, une chance qu'elles ont Montréal... et l'argent de Montréal.

En moyenne, les Montréalais sont plus riches que les autres Québécois. À cause de la progressivité du régime fiscal, ils paient donc plus d'impôts.

De Gaspé à Rouyn-Noranda, de Baie-Comeau à Huntingdon, l'argent des Montréalais sert à financer la construction de routes, d'écoles, d'hôpitaux; il contribue à financer les prestations d'aide sociale et d'assurance emploi, les pensions de vieillesse et autres programmes sociaux.

Sans cet argent, la capacité fiscale des régions ne serait tout simplement pas assez importante pour financer des infrastructures et des services équivalents.

De façon très prudente, on peut affirmer que chaque année, au moins 4 milliards de dollars sont puisés dans les poches des Montréalais pour être redistribués dans les régions.

Oublions d'abord les querelles entre plateaucentriques et banlieusards. D'un point de vue économique, Montréal et sa banlieue se complètent entièrement.

La région métropolitaine de Montréal, c'est-à-dire l'île de Montréal et tout ce qui l'entoure immédiatement, c'est-à-dire Laval, la Rive-Sud de Châteauguay à Boucherville, la couronne nord de Deux-Montagnes à Repentigny, cette région, donc, compte 3,2 millions d'habitants, ou 42% de la population québécoise.

En 2004, dernière année d'imposition pour laquelle on dispose de statistiques fiscales complètes, le gouvernement québécois a recueilli, sur l'ensemble du territoire, 19,6 milliards en impôts sur le revenu des particuliers. À elle seule, la région de Montréal a fourni 9,4 milliards, soit 48% de cette somme.

Si les Montréalais devaient supporter un fardeau fiscal correspondant à leurs poids démographique, ils paieraient donc 1,2 milliard de moins. Mais comme on vient de voir, ils sont plus riches, c'est donc normal qu'ils contribuent davantage aux recettes fiscales.

Ces chiffres ont été établis à l'aide des statistiques de Revenu Québec, qui chiffrent les impôts payés par région administrative, par municipalité régionale de comté (MRC), et pour chaque municipalité de 20 000 habitants ou plus.

Ils ne concernent que les impôts provinciaux. Le fédéral ne publie pas de statistiques géographiques aussi détaillées, mais à cause de la similitude entre les deux régimes fiscaux, on peut raisonnablement déduire que les Montréalais envoient également à Ottawa 1,2 milliard de trop par rapport à leur poids démographique.

Nous voici donc rendus à 2,4 milliards.

Les trois principales dépenses de programmes du fédéral sont les pensions de vieillesse, les transferts aux provinces et les prestations d'assurance emploi. À cause de l'exode des jeunes, la plupart des régions vieillissent plus rapidement que Montréal.

Le chômage frappe davantage en région qu'à Montréal. Sur une base par habitant, les dépenses du gouvernement provincial sont plus élevées en région. Compte tenu de tout cela, on n'a pas besoin d'un cours classique pour comprendre où va le 1,2 milliard fédéral.

Ce n'est pas tout.

Jusqu'ici, nous n'avons parlé que de l'impôt des particuliers. Cette année, les entreprises québécoises enverront près de 10 milliards en impôts à Québec et à Ottawa.

Compte tenu de la concentration des entreprises dans la région de Montréal, on peut certainement calculer, encore ici de façon fort prudente, que 55% de ce montant sera fourni par des entreprises montréalaises.

Compte tenu du poids démographique de la région, c'est 1,3 milliard de trop.

Nous voici rendus à 3,7 milliards.

Comme les Montréalais, en moyenne, ont des revenus plus élevés qu'en région, ils dépensent plus, et ils paient donc plus de TPS et de TVQ. Il n'existe pas de statistiques régionales à ce sujet, mais il est certain que les consommateurs montréalais, toujours par rapport à leur poids démographique, envoient facilement 500 millions de trop aux deux ordres de gouvernement.

Au net, le transfert de Montréal vers les régions dépasse donc les 4 milliards, année après année.

Cela, insistons là-dessus, est tout à fait correct: par définition, une région riche a une capacité fiscale plus élevée qu'une région pauvre, et le système est précisément conçu pour assurer la redistribution de la richesse.

N'empêche: avant de considérer les Montréalais comme une bande d'égoïstes, les chialeux des régions pourraient au moins se rappeler que Montréal demeure le véritable moteur économique du Québec, et que sans l'argent des Montréalais, beaucoup d'entre eux auraient l'air pas mal moins frais.

22 octobre, 2007

La religion écologique (3)

Il est inutile de raisonner avec les adeptes d’une religion. La foi ça ne se discute pas. Les fondamentalistes écologiques visent rien de moins que le retour à l’âge de pierre ou de préférence l’élimination de la race humaine.

Le test de la nécessité
Pierre Duhamel, L’Actualité.com, 1 octobre 2007

On pourrait connaître cette semaine la décision du gouvernement Charest au sujet du dossier Rabaska, le projet d’un port méthanier de près de 1 milliard de dollars en face de Québec. Les militants écolos mènent une lutte de tous les instants contre ce projet. Ils le trouvent laid et dangereux, mais, ultime argument, ils ne le trouvent pas nécessaire.

J’ai beaucoup de misère avec ce principe. Qu’est-ce qui est vraiment nécessaire? Votre lave-vaisselle est-il nécessaire? Votre automobile l’est-elle? Avez-vous vraiment besoin de deux téléviseurs ? Ne pourrait-on pas chauffer nos résidences à 19 degrés et porter un gros chandail, plutôt que de mettre le thermostat à 21 degrés? Bref, je trouve qu’il y a beaucoup de jello dans l’argument de ce qui est ou de ce qui n’est pas nécessaire.

Mais il y a surtout l’illusion qu’il ne faut produire que ce que nous consommons. Dans le cas de Rabaska, nous n’avons pas besoin de plus de gaz naturel (ce qui est du reste faux), donc ce projet est inutile. Dans le cas des projets de barrages, l’électricité qu’ils produiraient serait destinée à l’exportation, ils ne seraient donc pas nécessaires. CQFD. Fin de la démonstration.

Cela est un concept stupide et dangereux. Le Québec exporte 60 % de sa production. Si je suis ce raisonnement, il faudrait diminuer notre production de biens de 60 % ? En prime, et je fais là de l’ironie, on pourrait fermer tant qu’à y être 60 % de nos usines et économiser autant en énergie non nécessaire!

Cet argument, servi trop souvent par les militants environnementalistes, est une supercherie. Nous vivons de notre commerce, soit de notre capacité à vendre ce que nous produisons de plus que ce qui nous est nécessaire. La mentalité du «pas nécessaire» est une aberration anti-économique. En plus, elle pourrait tuer dans l’œuf tous les projets susceptibles d’enrichir la communauté. La défense de l’environnement mérite mieux.

18 octobre, 2007

Libérez-nous des bureaucrates

L’économie du Québec croule sous le poids d’une bureaucratie souvent inutile et parfois nuisible. Cette bureaucratie freine l’entrepreneuriat, augmente les coûts d’opération des entreprises et gaspille des ressources importantes à des fins électoralistes. Au lieu de stimuler le développement économique elle le freine.

Je persiste à croire que la plupart des fonctionnaires sont des employés consciencieux et efficaces. Bien sur, certain d’entre eux, comme dans toutes les grandes organisations, sont incompétents. Toutefois, ce n’est pas là l’origine de l’inefficacité de la fonction publique. C’est plutôt le résultat de l’interférence des politiciens, d’encadrement déficient et des conflits de pouvoir entre les leaders syndicaux et politiques. De plus, la fonction publique gaspille l’argent des contribuables par le fait que les fonctionnaires effectuent des tâches inutiles et inutilement complexes. Il faut avoir l’esprit « missionnaire » pour demeurer motivé dans un tel environnement. La plupart des humains normalement constitués feraient une dépression en moins de six mois.

Il est aussi nécessaire de spécifier que la présente analyse s’adresse au secteur de la fonction publique proprement dit. Cela exclue les travailleurs qui fournissent des services directement à la population tel que les professeurs, les infirmières, les médecins, les policiers, etc. Ils sont victimes involontaires de la bureaucratie tout comme l’ensemble des Québécois.

Une fonction publique obèse

Selon les chiffres de l’ENAP, en 2005, le Québec comptait 11,4 fonctionnaires par 1 000 habitants, soit 44 % de plus que l’Ontario, 41 % de plus que la Colombie-Britannique et 23 % de plus que l’Alberta.

Il est vrai que le Québec assume certaines fonctions qui relèvent du Fédéral dans les autres provinces : la collecte de la TPS et de la TVQ : 3 050 emplois; l’immigration : 690 emplois; l’entente Québec-Canada sur l’emploi : 1 084 emplois. Même en soustrayant ces emplois de l’effectif de la fonction publique le nombre de fonctionnaire par 1 000 habitants demeure 37% plus élevé qu’en Ontario et 33% plus élevé qu’en Colombie-Britannique.



Comment peut-on expliquer une telle différence. Elle découle principalement du fait que le gouvernement québécois est de loin le plus interventionniste en Amérique du Nord. Plusieurs études démontrent que dans les économies les plus performantes, la participation du gouvernement se situe autour de 15 à 25% du PIB. Au Québec, le gouvernement contrôle plus de 40% du PIB.

Un plan d’action qui manque d’audace

En réduisant le nombre de fonctionnaire par 1000 habitants au niveau de celui de l’Ontario le gouvernement du Québec économiserait plus de 2 milliards par année. De quoi donner au gouvernement la marge de manœuvre nécessaire pour améliorer les services et réduire la dette et les impôts.

Le plan de modernisation de l’état québécois parrainé par le Conseil du Trésor, propose de réduire de 20% le nombre de fonctionnaire sur une période de 10 ans. En 2013-2014, le nombre de fonctionnaires par 1 000 habitants aura rejoint celui de 2005 en Ontario et en Colombie-Britannique. C’est beaucoup trop timide.



À ce rythme le Québec est assuré de continuer de prendre du retard par rapport à ses partenaires économiques en Amérique du Nord. À moins de donner un sérieux coup de barre et réduire les coûts de fonctionnement du gouvernement rapidement, le Québec sera dans quelques années une région considérée « défavorisée ». Au fil des années il y aura de moins en moins de service et de plus en plus de pauvres.

Il n’y a pas de recettes miracles pour réduire la taille de l’état. Il faut simplement revenir à l’essentiel. Le rôle premier de l’état est de protéger la propriété privée et les libertés individuelles. À priori, toutes les autres fonctions sont inutiles ou pire, nuisibles. Par exemple, des milliers de bureaucrates gèrent des centaines de programmes d’aide aux entreprises qui coûtent des milliards annuellement. La rentabilité de ces programmes est une grande inconnue que personne n’ose aborder. L’abandon graduel de ces programmes permettrait d’économiser des milliards, de réduire la taille de l’état et de libéraliser l’environnement économique. Ce dernier point ferait plus pour le développement économique du Québec que tous les programmes d’aide.

Conclusion

Le caractère des Québécois a été façonné par quatre siècles d’histoire et par un environnement qui leur a appris à chérir la liberté. Ceux qui les ont rejoints depuis ont tout laissé derrière eux en échange de la liberté qui leur avait été jusque là refusée. Ce besoin de liberté a fait de nous un des peuples le plus créatif de la terre. Malheureusement, l’omniprésence gouvernementale dans toutes les sphères de la vie quotidienne agit comme un éteignoir. Si cette situation persiste, de plus en plus de Québécois braderont la liberté conquise par leurs ancêtres au prix de sacrifices énormes, au profit d’une sécurité bien illusoire. C’est vendre son droit d’aînesse pour un plat de lentilles.

Il est urgent de reconnaître que l’ère du « gouvernement-fait-tout » est révolue. Il faut sabrer dans les programmes qui maintiennent les individus et les entreprises dans un état de dépendance chronique. Il faut abandonner les règlements infantilisants et redonner aux Québécois le goût du risque et de l’aventure qui sommeille en eux. Le Québec possède tous les atouts pour se maintenir parmi les chefs de file en Amérique du Nord. Il suffit de créer un environnement politique, social et économique dans lequel le gouvernement intervient le moins possible.

16 octobre, 2007

Le double langage des bien-pensants

Le Québec est en panne depuis plus de vingt ans. Le discours machiavélique de la gogauche doit être débusqué et dénoncé. La majorité des Québécois doivent rejeter le double langage des bien-pensants. Cela est un préalable incontournable si nous voulons sortir le Québec de son immobilisme.

Le diktat de la «gauche caviar»
Le Journal de Montréal, p. 27 / Nathalie Elgrably, 11 octobre 2007

Décidément, octobre est le mois de la remise en question du modèle québécois! Il y a deux ans, le manifeste Pour un Québec lucide faisait l’effet d’une bombe. Puis, l’an dernier, le film L’illusion tranquille troublait notre quiétude et Lucien Bouchard nous piquait au vif avec sa célèbre déclaration sur la productivité.

Aujourd’hui, c’est au tour de Daniel Audet, premier vice-président du Conseil du patronat du Québec, de revenir à la charge avec son essai intitulé «15 idées pour un Québec fort», publié dans la revue L’actualité du 15 octobre.

Ses propositions concernent toutes les sphères de notre société, de la légalisation de l’assurance maladie privée à la privatisation de la SAQ, en passant par la réforme de l’aide sociale.

Évidemment, Daniel Audet a eu droit à un accueil mitigé. Pourtant, tout comme Lucien Bouchard, les signataires du Manifeste et les réalisateurs de L’illusion tranquille, il n’a fait que souligner les problèmes auxquels le Québec est confronté et les défis qu’il doit relever. Affronter la réalité, énoncer les failles de notre système sans être politiquement correct, réfléchir à des solutions pour faire prospérer le Québec sont autant de gestes qu’on peut qualifier de patriotiques.

Toutefois, de telles initiatives ne génèrent habituellement qu’un intérêt éphémère. Au lieu de déclencher un débat constructif, elles sont étouffées et méprisées, et leurs auteurs sont subtilement qualifiés de traîtres à la nation. On croupit dans un modèle qui a fait banqueroute, non pas faute d’idées nouvelles, mais en raison de la «gauche caviar» qui nous impose son diktat depuis 40 ans. À ses yeux, l’État-nounou est le seul modèle valable, et quiconque oserait prétendre le contraire ne peut qu’être l’incarnation du diable.

Hypocrite

La «gauche caviar» tient un discours moralisateur et culpabilisant, mais elle est hypocrite. Elle défend l’universalité des soins de santé, mais se fait soigner aux États-Unis. Elle encense l’école publique, mais envoie ses enfants dans les établissements privés. Elle nous sermonne de prendre les transports en commun, mais ne se déplace qu’en auto. Elle milite pour une hausse des impôts, mais place son argent aux îles Caïman. Bref, elle dit ce qu’il faut faire, mais ne fait pas ce quelle dit!

Certaines idées proposées par Daniel Audet, comme l’allégement de la fiscalité, permettraient indubitablement d’enrichir le Québec. D’autres, comme la privatisation de la SAQ, auraient des effets moins visibles sur notre niveau de vie bien qu’elles soient tout à fait légitimes. Enfin, quelques idées sont à ignorer, comme la constitution d’une caisse pour financer le système de santé public. Presque 40% des impôts perçus, soit 22 milliards de dollars, sont déjà alloués à la santé. On ne peut en exiger davantage des contribuables. Il faut plutôt trouver les moyens d’améliorer l’efficacité du réseau avant de songer à y engouffrer plus d’argent.

Mais qu’elles plaisent ou non, les propositions de Daniel Audet ont le mérite de sortir des sentiers battus. Après 40 ans d’interventionnisme, le Québec est l’une des régions les plus pauvres d’Amérique du Nord, malgré tout son potentiel. Il faut donc penser autrement, car ce ne sont pas les variations sur le thème de l’État-nounou que nous sert inlassablement la «gauche caviar» qui permettront au Québec de s’épanouir.

L’article de Daniel Audet est une autre belle occasion d’ouvrir un débat enrichissant sur la direction à donner à notre société. Évidemment, la «gauche caviar» est invitée à présenter ses arguments… si elle en a.

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

15 octobre, 2007

Dans la jupe de l'état nounou!

L'état nounou nous a appris à brailler plutôt qu'à se battre.

Le PDG masqué, le 15 octobre 2007 à 10h08

Môman, Toronto est pas fine...

Quand j'entends les commentaires autour de la fusion ratée entre les Bourses de Toronto et Montréal ma pression monte. Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'injustice et de racime??? Attribuer cet échec au fait que TSX ne veut pas d'un dirigeant Québécois, voyons donc!

L'argument du racisme est servi à toutes les sauces. Il devient le refuge des plus faibles qui, au lieu de se défendre, crient à l'injustice. Et c'est exactement ce qui arrive dans le cas de la Bourse de Montréal.

Pire encore, non content de se draper dans le concept de l'injustice, Montréal tente de se consoler en se disant qu'au moins l'économie de l'Ontario se porte plus mal que celle du Québec. C'est vrai que notre croissance est plus élevée, mais s'est-on demandé pourquoi? Parce que tout ce que nous avions à perdre nous l'avons déjà perdu. Depuis trois décennies, notre industrie manufacturiére s'est déplacée, entre autres en Ontario. Et là, elle quitte l'Ontario pour les pays émergents. Ce n'est que la suite logique des choses, la monidalisation qui suit son cours.

Je ne peux pas supporter cette attitude de perdant qui consiste à se comparer à pire que soi.

13 octobre, 2007

C’est le système qu’il faut changer

Je l’ai souvent répété dans ce blogue : les fonctionnaires et les usagers sont les otages de deux pouvoirs : la bureaucratie et les syndicats. L’un et l’autre se foutent éperdument de nous. Ces deux groupes s’affrontent pour accroître ou préserver leur pouvoir respectif. Dans ces affrontements les petites misères des fonctionnaires et des usagers ont peu de poids. La seule porte de sortie consiste à abandonner les monopoles d’état en faveur d’institutions qui dépendront de la satisfaction de leurs employés et de leurs clients pour survivre.

Cyberpresse, le mardi 02 oct 2007

Rien n'a changé
Odette Marot

L'auteure est une ancienne directrice des soins infirmiers au CHUM. Elle a également travaillé au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Tout a déjà été réfléchi. Tout a déjà été écrit. Des milliers d'heures de travail. Des piles de cahiers. Quelques actions furent prises. Et ce fut l'accalmie. On n'en parle plus. On oublie. Hélas ça recommence. Et le ministre Couillard, rempli de bonnes intentions, retourne à la même table, avec les mêmes personnes, autour des mêmes questions, pour trouver les mêmes réponses. Et c'est une nouvelle médiatisée. C'est grave ce que nous perdons la mémoire.

Un jour les infirmières sont le centre de tout, à n'importe quel prix. Les primes sortent, les mesures incitatives déboulent, les dépenses pour les petits équipements dont elles ont besoin se décident. On sort les sous. On se concerte, on s'entend. Ça va mieux, juste un peu. Et c'est bien là le drame: les technocrates ne le supportent pas. Ils en ont assez d'entendre parler des infirmières.

On se met alors à mesurer leur productivité, on sort les unités de mesures: les heures travaillées par jour de présence, et on compare ce qui ne se compare pas (à moins d'y introduire tant de variables). Ce jour-là, les infirmières coûtent trop cher, ce jour-là on questionne, on blâme, on coupe, on change les structures.

Hop! La priorité vient de changer. Tout le monde s'acharne à trouver des mesures de coupes budgétaires. Pourquoi est-ce ainsi depuis 30 ans?

Les infirmières dérangent lorsqu'elles ont trop de pouvoir. Les infirmières sont des femmes, et le pouvoir à l'hôpital est détenu par des hommes, encore très majoritairement. Au moment où la pénurie d'infirmières s'annonçait déjà très grave, il y a cinq ans, les conseils d'administration des hôpitaux ont aboli dans les faits les directions de soins infirmiers. Je dis dans les faits parce que, force de loi le poste existe toujours, mais il est vide de tout pouvoir. La directrice de soins infirmiers ne gère que quelques personnes, des directrices sans autorité.

Le leadership infirmier à l'hôpital est disparu et avec lui le contenu idéologique et le symbole. Le seul poste prestigieux qu'une infirmière pouvait détenir dans un hôpital en tant qu'infirmière est vidé de son sens. Revendiquer serait d'être taxé de corporatisme et se voir privé de promotion dans ces structures folles de gestion par programme, une mode, une tendance lourde. On se tait, on suit la mode. Bien sûr, ce n'est pas la seule raison. En voulez-vous des raisons?

Noircir un journal

On pourrait noircir tout un journal. Commençons par la nuit. La nuit, l'hôpital appartient aux infirmières, elles sont seules. Même les médecins résidents, sauf ceux des soins intensifs, font leur garde à domicile. Ils en ont le droit. Et la nuit, ce sont les plus jeunes infirmières qui travaillent. Il en faut du courage.


La rotation serait la solution? Partiellement. Avec une ouverture d'esprit de tous les partenaires, une structure peut proposer toute une gamme de postes.

Ce fut le cas à Saint-Luc, jadis toutes sortes de postes. Non, Dr Couillard, il n'y a pas de formule magique, le problème est profond, très profond, c'est un problème de mépris. Je ne dérape pas. Vingt ans, ce n'est pas qu'un petit incident, mais une carrière entière de constats lourds. ()

Il y a tellement de raisons au malaise grandissant concernant les infirmières que personne n'ose vraiment l'aborder, de peur de s'embourber. Les personnes de l'intérieur ne parlent pas, on comprend pourquoi.

J'ai géré les soins infirmiers durant 20 ans. Mes batailles furent multiples, mais la plus féroce fut celle contre l'embauche d'infirmières d'agences et, dès 1985, nous avons réussi.

Je crois à la continuité des soins, au travail d'équipe, à la stabilité des équipes de soins. J'ai toujours cru que l'appartenance à une équipe, le plaisir de se retrouver, d'avoir des défis pour sa pratique et ses patients valaient son pesant d'or. C'est si simple.

Ce serait si simple, sauf qu'on a tout compliqué. En tandem, la loi de l'ancienneté et celle de la performance financière ont démoli toute forme de vie professionnelle pour les infirmières dans les hôpitaux. Ceux qui dirigent, le plus souvent ne pensent qu'à leur carrière et à leur image face au sous-ministre. Alors, les infirmières et leur plaisir au travail, on s'en fout. ()

Une chose et son contraire, c'est véritablement, le discours le plus cohérent qui fut tenu, ces dernières années, dans le réseau de la santé.

Alors j'abdique et j'invite les infirmières à faire leur carrière autrement, en professionnelles autonomes, au sein d'agences où elles géreront leurs horaires sans règles syndicales et bureaucratiques, sans heures supplémentaires obligatoires. Alors peut-être seront-elles respectées. Je crois que l'hôpital perdra de son âme, c'est triste, mais sincèrement, ne l'a-t-il pas déjà perdu?

11 octobre, 2007

De la compétition et ça presse!

L’histoire relatée par Marie Caouette est un bel exemple de l’incurie du système de santé. Est-il possible de tomber plus bas? Refuser à un malade le droit à l’hygiène! Pour un cas « d’imbécilité » rapporté il y en a des milliers tenus sous silence. Tous ceux qui croient encore que la bureaucratie des monopoles gouvernementaux peut résoudre les problèmes du système de santé rêvent en couleur. Gageons que si les institutions hospitalières devaient se concurrencer pour attirer la clientèle, M. Bertrand n’aurait pas eu à se battre pour ses droits fondamentaux et on lui aurait offert le lit près de la fenêtre sans qu’il ait à le demander.

Le mercredi 10 oct 2007

LES BAS ET LES HAUTS DU SYSTÈME DE SANTÉ
La machine administrative ne sait pas changer un patient de lit

Marie Caouette, Le Soleil, Québec

Au Jeffery Hale, où Elzéar Bertrand reçoit des traitements de réadaptation pour une double fracture au bassin, il est impossible de changer de lit et il a fallu insister longuement pour avoir plus d’un bain par semaine, même si c’est le patient qui offre de payer!

L’ancien policier goûte donc à la rigidité administrative du système de santé québécois, quelques jours après avoir connu une sortie expéditive à l’Hôtel-Dieu.

M. Bertrand ne peut pas occuper le lit vide, près de la fenêtre, dans la chambre double où il a été admis, même si ce lit s’est libéré le lendemain de son arrivée. Le vieil homme et sa fille ont demandé qu’il soit déplacé au 617-B, pour voir dehors. « Impossible », s’est fait répondre Nicole Bertrand, qui cherche à adoucir la vie de son père pour les trois à quatre semaines de son séjour hospitalier. M. Bertrand demeurera donc au 617-A, près de la porte, le lit qui lui a été attribué à son arrivée.

Il faut une raison médicale majeure et l’intervention du médecin pour déplacer un patient, a-t-elle obtenu comme réponse de Johanne Demers, responsable de l’hébergement et des programmes gériatriques. Mme Demers n’était pas autorisée à s’adresser au Soleil.

Un changement de lit constitue aujourd’hui une manœuvre administrative complexe qui implique la fermeture d’un dossier et la réouverture d’un autre, ainsi que des modifications dans le système de gestion des médicaments. « Moi, s’insurge sa fille, pendant mes 34 ans comme infirmière, j’en ai transféré des patients, dans des situations similaires. »

Nicole Bertrand a toutefois pu gagner, après négociations, qu’une agence privée vienne donner, aux frais de la famille, un bain quotidien à son père. Une représentante de la direction avait d’abord opposé un refus catégorique à cette demande.

10 octobre, 2007

Éducation et aide internationale

Louise Labrecque


Les critères et valeurs qu’appelle la mondialisation doivent être engagés dans un processus concret et équitable, pour promouvoir l’éducation dans le monde. La banque mondiale, depuis 1983, travaille à cet aspect important de l’équitabilité, en octroyant par exemple des prêts (ou microcrédits) aux initiatives locales. Quelque 25 pays sont maintenant partenaires et sont impliqués activement dans l’initiative individuelle et collective d’une nouvelle vision équitable. En effet, aider les pays à développer des compétences permettent de construire un monde où le savoir est démocratique, accessible et innovant. L’objectif du ministère de l’Éducation est d’atteindre 2015 avec 88 pays ayant reçu l’éducation primaire à tous, voir plus. En effet, la formation supérieure étant le moteur du développement économique, l’UNESCO s’implique aussi largement dans cette démarche.


Plus près de nous, l’approche réflexive en éducation et dans la formation des maîtres est importante et on doit pouvoir mettre davantage de l’avant les initiatives des gens sur le terrain, pour intégrer concrètement les réflexions dans des projets éducatifs. Les nouveaux programmes et référentiels, avec la mise en applications de douze compétences biaisent la notion même de la réflexion, au cœur des apprentissages et surtout, mis à part la résistance évidente des structures, cela n’apporte rien de constructif, concrètement, pour les luttes à la pauvreté et aux inégalités. Lorsque l’on songe à l’approche réflexive, il devrait également être possible d’y inclure des options, pour abattre les clivages et clichés.


En Afrique, l’enfant d’âge préscolaire, n’a pas, face aux adultes, le droit de parole. Il ne pose donc pas beaucoup de question, mais l’ambiance est conviviale. En ce sens, la nécessité de comprendre la culture sociale propre à chaque pays est importante, car les préjugés doivent être combattus, et ce, à long terme. Dans certains pays, la majorité de la population est en état de survie. Il y a une course perpétuelle dans ce but. Les traditions du cercle familial y sont donc larges, et tout le monde s’entraide et s’occupent des enfants. Toutefois, dans certaines familles, il y a beaucoup d’enfants (peu ou pas de planifications des naissances, polygamie), les bambins vont donc travailler à la ville et les trafiquants en profitent pour exploiter les enfants. Par exemple, au Gabon, pays un peu plus riche, quelques petites filles seront domestiques dans les familles, et victimes de mauvais traitements. Une voie de trafic d’enfants vers le Gabon, en pirogue, crée beaucoup de décès. Les petits garçons quant à eux, iront sur les plantations, dans des conditions épouvantables. De plus, l’esclavage d’enfants, notamment 400 000 au Togo, 500 000 au Bénin, selon des sources d’ONG, doit soulever notre attention pour l’établissement de luttes concrètes sur le terrain. Il est en effet facile d’imaginer l’ampleur du problème, qui dépasse l’entendement. L’éducation est aussi à faire dans les familles, pour convaincre les parents « de reprendre » les enfants, de les envoyer à l’école. L’État congolais a voté une loi en août 2005, et des conventions universelles avec L’UNICEF, pour le droit des enfants. Par contre, ces lois ne sont pas appliquées, c’est la langue de bois dans ces pays, car la survie, la pauvreté est telle qu’il n’y a pas d’autres solutions. Il est donc impératif de s’occuper à résoudre le problème de la misère en Afrique. Le jour où la logique sera de répartir les richesses et donner de l’argent à ces pays, nous pourrons voir naître un monde nouveau. L’effort d’y croire et de travailler pour ce changement d’optique, travailler pour encadrer des projets en ce sens et faire le nécessaire pour combattre l’esclavage des enfants, voilà un grand pas. Les rapports accablants, notamment dans les engagements internationaux, doivent être sévèrement jugés, car sans ce partenariat, il est impossible de voir des résultats concrets sur le terrain.


Dans certains pays, notamment en Afrique de l’Ouest, il y a beaucoup d’enfants séropositifs. Cette réalité doit également être prise en compte dans les programmes éducatifs.


Éducation ! Éducation ! Éducation !


Le renouveau pédagogique à travers le monde éprouve de sérieux problèmes dont il faut en prendre bonne note, car outre la pénurie d’enseignants, les implications réelles font cruellement défaut. Le nombre d’élèves par classe représente, bien souvent, un casse-tête pour les enseignants et la détresse de ceux-ci se révèle exponentielle. Même au Québec, on se retrouve avec des classes surchargées et le nombre de jours d’absences des enseignants pour cause de maladie et autres, est un problème majeur. Comment peut-on passer sous silence les débats houleux de ces dernières années ? La rénovation devrait, en principe, appeler une nouvelle pédagogie. Or, dans les faits, ce n’est pas le cas. Les nouvelles formes d’apprentissages appellent de toute urgence l’implantation des TICS à l’éducation, notamment au secondaire et la mise en place d’un réel réseau d’aide à distance.


L’utilité du savoir comme condition sine qua none de la connaissance est-elle une partie du problème, notamment au collégial et à l’université ? Évidemment, dans les pays en développement, l’analyse se positionne sous un autre angle, tant l’actualisation de soi n’est pas la priorité face aux enjeux de survie. Comment créer l’équilibre au travers une vision équitable de l’éducation dans le monde ? Les systèmes scolaires doivent s’ajuster aux réalités et aux propositions pédagogiques. Évidemment, revoir les méthodes d’enseignement prend du temps, c’est pourquoi il faut plus que jamais s’activer de façon à ne plus perdre une minute.


Une question d’éducation : lutte à la pauvreté


En effet, comment peut-on fermer les yeux sur les enfants pauvres du Mali, qui doivent parcourir en moyenne huit kilomètres pour se rendre à l’école ? Et toutes ces femmes et ces enfants, qui n’arriveront à atteindre une clinique médicale qu’au bout de 23 kilomètres ? Et pire encore, pour retrouver, la plupart du temps, la clinique vide, faute de médecins ! Même chose pour les enseignants, par exemple en Inde et en Éthiopie, 45 % des enseignants sont absents au moins un jour par semaine, et 10 % d’entre eux trois jours et plus. Cette situation ne fait qu’envenimer une situation difficile, comme l’affirme monsieur Jean-Louis Sarbib, nouveau président de la banque mondiale et ancien vice-président de la Banque pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord : « Il est indispensables d’offrir aux pauvres dans le monde des services vitaux comme la santé et l’éducation, si on veut faire des progrès rapides en matière de développement humain ». Malgré qu’il semble y avoir des améliorations notables particulièrement en Indonésie et en Ouganda, ou la population pauvre s’est vue offrir des écoles, grâce à de l’argent accumulé dans les réserves pétrolières ; dans les faits, ces pays affichent un taux énorme d’analphabétisme et il est stupéfiant de constater le nombre d’enfants errants dans les rues. Comment cela se fait-il? Où est le problème ? En réalité, ces programmes maintiennent l’étau serré sur les pauvres, les laissant sans voix et sans pouvoir. Les endroits ou la population s’organise, parle, lutte et s’investit dans les programmes d’aides donnent de bons résultats, encore faut-il un travail d’éducation populaire, « sur le terrain », en amplifiant la voix des citoyens par un plus grand accès à l’information, une libéralisation de la presse et une véritable démocratie. Je rêve ou bien des millions de personnes dans le monde sont elles à ce point nié dans leurs fondements humains qu’elles ne puissent plus avoir un espace de débat démocratique ? L’assujettissement humain n’est pas une logique sociétale acceptable et je dis non, je redis non, encore et toujours non à cette perversion qui se donne des airs de sainteté. La nouvelle latitude qu’appelle la globalisation mérite la défense de l’individu, toutes formes d’exceptions incluses et cela doit interroger incessamment les objectifs et contenus affichés en lutte pour la démocratie mondiale.


Au nom du peuple toutes les ignomies sont permises, au nom de la liberté que fait-on ? Ce n’est plus la volonté imposée par l’État qui doit préfigurer le décloisonnement de la pauvreté, mais l’individu au cœur de l’enjeu, dans une dynamique de démocratie culturelle. Les hommes ont, de tout temps, selon leurs capacités et compétences, trouver des solutions propres à leurs cultures, pourquoi irions-nous jusqu’à nous mêler des façons de faire des ces gens ? Au nom de quoi assujettir l’esprit décisionnel d’un pays pauvre, qui lutte pour trouver des solutions respectant ses valeurs et sa culture ? Les collectivités sont conscientes et responsables de leurs conditions. L’aide internationale est un outil indispensable et en ce sens, nous devons défendre un droit de coconstruction des politiques culturelles. La pauvreté dans le monde doit rompre avec ses choix antérieurs effectués en un temps ou l’idée nouvelle « croissance propauvre » était un véritable paradoxe vivant : croissance et pauvreté ! Deux mots tellement opposés aux besoins criants de la population, sur le terrain, que je dis : assez de la langue de bois ! Vraiment, j’en ai assez, on tourne en rond avec toujours les mêmes problèmes récurrents, les mêmes idéologies fallacieuses, le même disque rayé, à l’infini. L’implacable sur l’horreur, c’est cela : l’insulte suprême faite aux pauvres du monde entier. La majorité de la population mondiale, humanistes crétinisés qui pensent que les pauvres, dans la rue, vivent ainsi parce qu’ils aiment cela ! Cette femme assise par terre avec une tirelire à la main, tu passes sans même la regarder, pire, en détournant la tête. C’est ça le fondement du problème, il ne faut pas le moraliser, mais le prendre de face, sans le rendre caricatural, mais bien incarner dans le réel : cela existe vraiment ! Une partie du monde entier crève de faim, de soif, et d’insalubrité, alors qu’on ne me parle pas de croissance propauvre dans un congrès d’intellectuels qui, sous des airs de fausse humilité indigeste, ne pensent qu’à se branler intellectuellement à qui mieux mieux.


Solutions


Au cœur des grands enjeux de développement, une prise de conscience culturelle par rapport à l’ éducation est plus que nécessaire, non seulement pour une réflexion active de lutte à la pauvreté dans le monde, mais aussi, et surtout, pour l’investissement massif de contributions que ce développement suppose pour l’élaboration d’une société civile en pays sous-développés. La nécessité d’alimenter le débat international sur les différentes dimensions du développement durable est une responsabilité individuelle. Chacun de nous doit éveiller sa propre conscience pour un éveil collectif, dans le respect des libertés individuelles. Comme le diction chinois «ne donne pas un poisson à celui qui a faim, apprends-lui à pêcher » par extension, les outils de production ne manquent pas, mais la volonté d’y arriver est d’abord individuelle. C’est au cœur de l’homme que se trouve la solution. L’implantation des TICS en pays pauvres est un bel exemple du type d’action et stratégie à mettre en place, à grande échelle, pour réduire la pauvreté. Dans cet esprit, créer un pacte social mondial n’est pas une bonne idée. Je dénonce ce cynisme désabusé qui inonde la tribune de nos culpabilités. L’aide humanitaire est un mouvement individuel, et ne devient collective que dans une logique sociale oubliée : L’homme au cœur de l’homme. Pourtant, la loi du plus fort, la sélection naturelle, toutes idéologies moralisatrices face au flux financier, oublient la quête des bons outils permettant à l’homme d’être libre dans une vision de développement durable, une logique d’exploration. Le désespoir ne doit plus être une option et l’on doit promouvoir des partenariats publics/privés qui seront autant de modes, normes, valeurs, modèles, qu’il y a d’individus. L’eau gratuite et accessible à tous, une justice sociale globale, un enjeu mondial : l’éducation pour tous. Nous pouvons concentrer l’aide pour recréer une vision qui tient compte de l’individu et son pouvoir individuel en tant que tel, dans un respect de son unicité. Parce qu’une société forte est d’abord le résultat d’individus forts. Culturellement, la mutation de l’aide humanitaire doit maintenant créer un état de lieux propice à cette émergence de l’homme libre. L’aide internationale, financière de ce développement, gagne en crédibilité face aux désespoirs grandissants des bilans antérieurs. La justesse d’analyse que l’on confond sans cesse avec l’objectivité a le don de me donner des boutons. La misère est un enjeu politique, alors qu’on arrête de nous raconter n’importe quoi. L’abus de pouvoir qui est fait à ces gens-là, sous prétexte qu’on les aide financièrement, est insupportable, pire que la mort. Alors, on s’étonne des résultats peu significatifs des campagnes mondiales antipauvreté ? Je pourrais en rire si c’était drôle, c’est l’extrême limite de toutes les limites, un scandale démocratique qui perdure et perdura tant que l’individu n’aura pas retrouvé sa valeur. La confiance aveugle en des dogmes, religions, incluant le christianisme, crée une société nihiliste et nous avons raison d’être en colère. Les faits, je vous en prie, n’oublions pas les faits ! La pauvreté dans le monde existe encore, et elle tourbillonne dans la rue, dans le froid, dans la faim et la misère perpétuelle. Du haut des tours, les grands spécialistes de l’état du monde parlent de « La Crise ». Comment pourrait-il en être autrement ? Avec d’éternelles mesures pour aider le collectif, on se donne bonne conscience, on met un baume –« oui oui c’est de l’aide » -, mais l’individu, privé de tout pouvoir décisionnel, passe de l’espoir au désespoir, de l’impuissance au désabusement ; il s’avoue vaincu et le reste du monde ferme les yeux. Nous sommes des complices si on ne crie pas notre indignation.


Bref, « La nature de l’homme est mauvaise -dixit Spinoza - et il est illusoire de changer la nature de l’homme afin de leur donner leur vraie humanité ». Qui êtes-vous bandes de philosophes pour décider de la nature du cœur de l’homme ? L’organisation hypocrite de la souffrance des pauvres est une mise en scène parfaite des idéologies. Si l’ordre social est à ce prix, je salue bien bas l’ironie et la naïveté politique du commun des mortels. En effet, comme il est puéril de se gargariser de bonne conscience par des gloussements de satisfaction parce qu’on aide, -« oui oui on aide » - les pauvres, mais on ne s’indigne pas, non, on ne s’indigne pas plus que cela finalement et on s’habitue à voir la misère partout, comme si c’était naturel. On réduit son cri à l’analyse pragmatique des faits et à manger des sushis sur canapés comme si le bonheur communisme n’existait pas. Et on fait de l’ironie en dénonçant des ravages foutus d’avance. Rien ne sert de chercher des coupables, écrire sur la misère du monde, s’indigner, mais vous n’avez pas compris que c’est foutu d'avance ? L’ambiguïté des « hommes politiques à conscience sociale » est insultante pour la majorité des personnes intelligentes de ce monde. Le fatalisme qui en résulte sera un boulet énorme, qui n’a pas fini de peser lourd sur la liberté et le pouvoir de celle-ci, concrètement, dans les faits. Les riches et les pauvres ne sont pas une classe homogène, l’écart se creuse, et l’ampleur de ce phénomène éclaire, à sa juste mesure, sans faux-fuyants, une simple réalité : bienvenue en enfer !


Le véritable humanisme, loin du pathos, n’en est pas devenu pour autant un monstre de pragmatisme et de rhétorique creuse. Politiquement, il suit une logique des discours, mais sans marginalisation d’individus dits « hors normes ». Notre mort sociale ce serait cela : un miroir sur notre morbide politique culturelle faisant de l’individu pauvre un être sans objectivité, un pauvre de plus, une masse politique à manipuler pour un conformisme du « politicly correct » ou « rhétoriquement correct »comme fondement facile de notre altérité, de nos prêts-à-penser raisonnables, et par-dessus tout de notre illusion béate de ne pas être manipulés, ce qui relève autant de la bêtise que de l’ignorance crasse des principes humains à la base même de l’humain.

09 octobre, 2007

Politique et vérité

André Dorais

Bien que les politiciens et les employés de l’État ne soient pas plus malhonnêtes que les autres individus, on n’écrit pas sur leur chèque de paie l’impôt qu’ils reçoivent. Est-ce parce qu’on ne réalise pas qu’il s’agit d’impôt ou parce qu’on tente de cacher la vérité? Toujours est-il que cela laisse entendre qu’ils sont des contribuables comme les autres, alors que c’est faux. Ils sont des récepteurs nets d’impôt et puisque celui-ci est obligatoire, on peut dire qu’ils vivent de la coercition. On tente évidemment de la justifier, mais les justifications légitimes sont rares, pour ne pas dire inexistantes.

Ignorance ou mensonge?

Il y a 10 contribuables dans la société A, 8 travaillent pour le «privé», 2 pour le «public». Tous ont à payer un montant égal d’impôt, qui constitue tout l’argent de l’État. Une troisième personne joint les rangs du gouvernement (de l’État ou du «secteur public»), constituant ainsi un onzième contribuable. Avec quel argent l’État paye-t-il ce troisième «fonctionnaire»? Avec l’argent tiré des contribuables, c’est-à-dire l’impôt. Donc le fonctionnaire (entendu au sens large : tout employé de l’État) reçoit de l’impôt.

Malheureusement, on n’écrit ni sur le chèque de paie du fonctionnaire, ni sur celui du politicien, l’impôt qu’ils reçoivent. Tout ce qu’ils voient est l’impôt qu’ils paient. Toutefois, puisque l’impôt qu’ils reçoivent est plus important que l’impôt qu’ils paient, on ne devrait pas les qualifier de contribuables au même titre que les autres étant donné qu’ils en sont des récepteurs nets. Lorsqu’on induit les gens en erreur il faut se demander pourquoi. Si l’on plaide l’ignorance, alors on n’a qu’à corriger la situation. Sinon, on doit expliquer pourquoi les employés de l’État doivent être qualifiés de contribuables au même titre que les autres qui ne travaillent pas pour lui. Serait-ce que l’État a intérêt à cacher la vérité pour promouvoir sa façon d’agir?

Politique ou économique?

Aider autrui est bien, mais si l’on vole un individu pour en aider un autre, ce l’est beaucoup moins. Si l’État agit de même façon, le geste est-il plus légitime? Non, et cela malgré qu’il ait la sanction légale. La légalité et la légitimité sont deux choses différentes. La légalité peut être légitime, mais plus souvent qu’autrement elle ne s’en soucie guère, car elle se contente d’elle-même. Dans ce cas, elle n’est que force brute. C’est le mode politique d’agir. Il enrichit certains individus, mais au détriment des autres.

De son côté, le mode économique d’enrichir les gens est fondé sur l’entente. Celle-ci peut être verbale ou signée et pourvue de sanction pour bris de contrat. Si ce mode ne préconise pas la force pour arriver à ses fins, il se fonde néanmoins sur la politique, qui, bien que toujours légale, n’est que trop souvent illégitime. De sorte que si l’on rejette la légitimité du politique, il y a fort à parier que l’on rejette également plusieurs ententes fondées sur elle. Tout n’est pas perdu, car le mode économique tend à agir de manière autonome.

La force du mode économique est de se propager par l’exemple de l’entente plutôt que par la force de la loi. Ainsi, il en vient à former sa propre loi, qui va au-delà du politique pour respecter chaque individu et ce qui lui appartient, car c’est dans son intérêt. Ce faisant, l’économique devient éthique. Celle-ci est à la fois simple et exigeante. Exigeante, car elle ne tolère aucune forme de taxation et d’imposition. Elle se veut un substitut au mode politique.

Quelques justifications du politique

Les justifications du politique sont nombreuses, mais aucune ne convainc. Par exemple, à l’individu qui offre ses services pour une bouchée de pain, le politique intervient pour l’en empêcher au nom du bien de l’individu. C’est que le politicien prétend savoir mieux que quiconque, ce qui est bon pour chacun. Il se considère moralement supérieur et par conséquent impose sa loi. Pour s’assurer d’avoir l’appui de la population, il dénigrera l’employeur et compensera l’individu déchu de son emploi par de l’argent soutiré aux contribuables. Et pour se conforter à l’idée qu’il a bien agi, il qualifie son geste indistinctement de solidarité, justice sociale, générosité et compassion.

On avance souvent l’argument à savoir que l’État offre des services nécessaires. Or, ce n’est pas parce que des services sont nécessaires qu’il faille se les procurer via les pouvoirs fiscaux. À cet égard, le mode économique de servir les gens est non seulement plus légitime, mais également plus efficace. Plus légitime puisqu’il n’utilise pas la force et plus efficace, car celle-ci ne permet pas de déterminer les préférences réelles des consommateurs. Ce qui, à son tour, conduit à une perte de ressources et par conséquent de richesse.

On dit que l’État offre des «services publics» que le marché ne saurait offrir. Or, ce n’est pas parce que le marché ne saurait les offrir, mais plutôt parce que l’État les monopolise. Encore une fois, ce qui caractérise le mode politique est l’usage de la force pour arriver à ses fins. Faut-il préciser que cette façon de procéder va à l’encontre de toute morale digne de ce nom? Plusieurs fonctionnaires et politiciens se disent fiers de travailler pour le «public». Par là, ils sous-entendent que les restaurateurs, plombiers, maçons et autres travailleurs du secteur privé ne travaillent pas pour le public, ou à tout le moins, n’ont pas un travail aussi important. Ils monopolisent par la force des services et ensuite ils se disent fiers d’y travailler…

La justification du politique est fondée sur la contrainte arbitraire, l’imposition, la taxation et la démagogie. Malgré cela, on continue à se courber devant lui comme s’il n’existait pas d’autre mode pour servir les gens. Le mode politique enrichit les uns au détriment des autres, alors que le mode économique enrichit tout le monde à divers degré. Le premier utilise la force, le second, l’entente. L’un entraîne la division, l’autre la coopération.

On entend quotidiennement des gens demander à l’État d’aller taxer et imposer tel ou tel groupe, soit d’utiliser la force coercitive. Est-ce là un comportement moral ou parasitaire? Entraîne-t-il la division ou la coopération? Préfère-t-on vivre sur le dos des autres ou de manière autonome? Si l’on choisit l’autonomie, alors on doit procéder par le mode économique et lui seul. Cela ne se fait pas d’une claque, mais la direction est claire : moins de taxation, moins d’imposition, moins de lois, moins d’inflation, bref, moins d’État et moins de politique.

On pourrait commencer par défier le politicien et le fonctionnaire de dire la vérité sur la nature de l’argent qu’ils reçoivent. S’ils admettent qu’ils vivent de l’impôt, on peut aussi leur rappeler que celui-ci est coercitif. Et s’ils admettent l’un et l’autre, on pourrait leur demander pourquoi ils en sont fiers. À n’en pas douter, certains seront choqués des questions, mais alors il ne faut pas blâmer le messager, c’est l’adage bien connu qui fait son œuvre.

08 octobre, 2007

Le "gros bon sens" ça sert à quoi, bordel!

Voilà où on en est rendu. Au Québec il y a un règlement pour tout que vous le sachiez ou non. La plupart de ces règlements servent à éviter aux fonctionnaires la tâche ingrate de faire appel à leur « gros bon sens ».

Stéphane Laporte, Cyberpresse, le lundi 08 oct 2007

Ma sœur arrêtée par la police !

Il est autour de 13 heures, ma sœur a une entrevue pour le travail. Elle vient de sortir du métro. Elle traverse la rue Pierre-de-Coubertin au coin de Pie IX. La lumière est verte. Elle atteint le terre-plein, la lumière est toujours verte.

Elle traverse la dernière moitié de la rue, rendue au trois quart, la lumière vire au rouge, elle se met à courir et rejoint le trottoir.


Elle poursuit sa marche. Soudain, elle entend une voix : « Arrêtez-vous, madame ! ». Elle s’arrête. Deux policières s’approchent d’elle :

« - Vous avez traversé dans l’illégalité…
- La lumière était verte…
- Oui mais elle est tombée rouge.
- J’étais déjà en plein milieu de la rue, fallait que je continue…
- Vous auriez dû revenir sur le terre-plein.- Quoi ? »

Saviez-vous ça, si vous traversez la rue sur un feu vert et qu’au milieu de votre course, le feu devient rouge, vous devez revenir où vous étiez ?! Vous avez pourtant autant de chances de vous faire écraser en revenant sur vos pas qu’en allant où vous voulez aller.


Vaut mieux mourir en reculant qu'en avançant. Et après, on se plaint que notre peuple manque d'ambition...

Un travailleur de la construction, témoin de la très grave infraction de ma sœur (!) est venu plaider sa cause auprès des deux polices : « La petite madame a traversé la rue sur la verte, quand la lumière est devenue rouge, elle était rendue presque l’autre bord. » Pas grave. Le règlement, c’est le règlement.

Ma sœur a reçu un billet. 47 piastres ! 47 piastres pour ne pas avoir traverser la rue selon des normes que personne ne connaît.


Et pendant ce temps, les gangs de rues…

07 octobre, 2007

Les sceptiques seront confondus

Dans toutes les sociétés, les groupes d’intérêts qui profitent du « système » se transforment en prophètes de malheur pour dénoncer les projets d’ouverture sur le monde. Les opposants au libre-échange et à la mondialisation ne font pas exception. Pourtant, l’histoire démontre clairement que les sociétés ouvertes progressent plus rapidement que les autres.

Les 20 ans du libre-échange
6 octobre 2007 - 08h41
La Presse
Claude Picher


Cette semaine avait lieu le 20e anniversaire de la signature du traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

À l'époque, le débat avait soulevé les passions partout au Canada; les élections générales de 1988 se sont même transformées en véritable campagne référendaire sur le libre-échange.

Au fil d'arrivée, le gouvernement de Brian Mulroney, architecte du projet, a été massivement reporté au pouvoir, avec 169 sièges sur 295 à la Chambre des communes. Le triomphe des conservateurs était particulièrement fort au Québec, avec 53% du vote populaire et 63 des 75 sièges.

Cette semaine, à Montréal, M. Mulroney a prononcé une conférence pour célébrer ce 20e anniversaire.

Il y a de quoi célébrer, en effet. En 1987, le surplus commercial du Canada à l'égard des États-Unis atteignait 17 milliards; l'an dernier, il dépassait les 96 milliards.

Même en tenant compte de l'inflation, la progression est spectaculaire. Pendant ces 20 années, l'économie canadienne a créé cinq millions d'emplois, dont une majorité à plein temps. Le taux de chômage, à 5,9%, est à son plus bas niveau depuis 1974.

Certes, cette remarquable amélioration du marché du travail n'est pas uniquement attribuable au libre-échange, mais on peut certainement avancer que le libre-échange a contribué à maintenir et à créer des millions d'emplois de ce côté-ci de la frontière.

Ceux qui ont vécu ce débat, à l'époque, se souviennent du catalogue d'horreurs véhiculé par les adversaires du libre-échange.

En feuilletant les journaux de l'époque, je suis tombé sur quelques perles qui, avec le recul du temps, apparaissent singulièrement idiotes aujourd'hui.

Voici donc, selon les prophètes de malheur de 1987, quelques-unes des calamités qui attendaient le Canada avec la signature de l'accord de libre-échange:

> Les armes à feu seront en vente libre partout au Canada. La criminalité atteindra des niveaux inégalés dans les villes canadiennes. La violence envers les femmes augmentera.

> Les Américains achèteront les hôpitaux canadiens et les exploiteront comme des entreprises privées. Les pauvres n'auront plus les moyens de se faire soigner. Les listes d'attente s'allongeront (cette dernière prévision s'est réalisée, mais on a été capables de faire cela tout seuls).

> Le Canada va être obligé de démanteler ses programmes sociaux et ses institutions publiques. Pour le Québec, notamment, cela signifie la désintégration de la Caisse de dépôt et du Fonds de la FTQ.

> Les entreprises canadiennes fermeront par centaines. Des millions d'emplois seront perdus. On assistera à un déplacement massif des sièges sociaux vers les États-Unis.

> Les droits de scolarité atteindront 20 000$ par année, comme dans les universités américaines. L'éducation supérieure sera réservée aux riches.

> C'est Washington qui décidera de la politique monétaire du Canada.

Qui disait cela, en 1987? Des lobbies de toutes sortes, bien sûr, mais aussi des politiciens, les néo-démocrates en premier lieu, sans oublier les libéraux, qui promettaient de «jeter le traité à la poubelle», rien de moins.

Quatre ans plus tard, lorsqu'ils sont revenus au pouvoir, les libéraux se sont bien gardés de toucher au traité; pour une fois, on peut féliciter des politiciens d'avoir renié une promesse électorale!

Et puis des dirigeants syndicaux, des évêques, même des professeurs d'université, de qui on aurait pu espérer un peu plus de clairvoyance.

Dans sa conférence, M. Mulroney, qui a fait l'objet de nombreuses attaques personnelles à l'époque, n'a pas raté l'occasion de rappeler à quel point tout ce beau monde s'est trompé.

Mais l'ancien premier ministre a aussi mis le doigt sur un autre problème: les entraves au commerce interprovincial.

Assez curieusement, le Canada, bien qu'il ait signé un accord de libre-échange avec son voisin du Sud, conserve à l'intérieur de ses propres frontières des entraves protectionnistes.

Évidemment, à l'intérieur du pays, aucune province ne peut ériger de barrières tarifaires.

En revanche, les provinces peuvent mettre en place une foule d'entraves, et elles ne s'en privent pas: réglementation, notamment dans le secteur des transports, de l'hygiène publique, de la protection du consommateur; mesures vexatoires (formulaires, bureaucratie, permis, délais); politiques d'embauche dans certains secteurs comme la construction ou les soins de santé, politiques d'achat des ministères, agences et sociétés d'État.

Certes, en 1994, les 10 provinces ont signé un accord sur le commerce intérieur, mais celui-ci n'a jamais été mis en application.

Encore aujourd'hui, en 2007, il est plus facile pour certaines entreprises québécoises d'exporter aux États-Unis plutôt qu'en Ontario, et le contraire est aussi vrai.

En avril 2007, deux provinces canadiennes, l'Alberta et la Colombie-Britannique, se sont entendues pour créer leur propre marché commun, le TILMA (Trade, Investment and Labor Mobility Agreement); les deux provinces aboliront toutes leurs entraves et harmoniseront leurs lois et règlements d'ici deux ans.

Un enseignant ou une infirmière de Colombie-Britannique pourra librement travailler en Alberta et vice-versa.

Les entreprises et les investisseurs seront régis par une réglementation unique, et auront un libre accès aux deux marchés; une entreprise enregistrée en Alberta sera automatiquement considérée comme étant aussi enregistrée en Colombie-Britannique, et vice-versa. C'est clairement la voie de l'avenir.