Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
_______________________________________________________________________

Vaut mieux en rire!

Le poulet n'a pas encore traversé la route, mais le gouvernement y travaille --- Lionel Chopin

________________________________________________________________________

29 juin, 2007

Relâche

Je serai de retour mardi le 10 juillet 2007.

« Créer de la richesse » une expression à la mode

Il est bien connu que les politiciens sont les premiers à adapter leurs discours aux tendances à la mode. Il suffit de rechercher les expressions « solidarité sociale », « création d’emploi », « développement durable », « réchauffement de la planète », etc. dans les discours politiques pour s’en convaincre. Il faut maintenant ajouter l’expression « créer de la richesse ». La profession de foi de Mme Marois, dans son message aux troupes péquistes, confirme que cette expression fait maintenant partie du discours politique québécois.

Il faut s’en réjouir. Cela confirme que l’opinion publique a fait un immense pas depuis la publication du manifeste des « lucides » à l’automne 2005. Toutefois, ce n’est qu’un premier pas. Le deuxième sera beaucoup plus difficile.

S’il est maintenant de plus en plus admis qu’une société ne peut partager la richesse qu’elle n’a pas encore créée que faut-il faire pour stimuler la création de la richesse? Essentiellement le gouvernement doit mettre en place un environnement favorable à la libre entreprise. Le chemin à parcourir est énorme. Le palmarès « Economic Freedom North America» de l’Institut Fraser classe l’environnement économique du Québec 59e sur 60.

Nous devons reconnaître que les croyances profondes des politiciens contemporains sont dictées par les sondages. Donc, aussi longtemps que cette situation prévaudra, le leadership politique sera à la remorque de l’opinion publique. Les discours se transformeront en actions au fur et à mesure que les sondages indiqueront aux politiciens le chemin à suivre.

Pour favoriser la création de la richesse, l’abandon des monopoles d’état comme outil privilégié pour desservir la population est un impératif incontournable. La tâche est gargantuesque. Malgré la réalité de tous les jours qui démontre le contraire, une majorité de Québécois croient encore fermement que l’état est altruiste et généreux. Tant que cette perception irréaliste prévaudra l’objectif de « créer de la richesse » demeurera un vœu pieux.

Alain Dubuc, La Presse

Pauline Marois, en déposant sa candidature à la direction du Parti québécois, a rendu public un document d'orientation où elle exprime son désir de renouveler le parti, et de repenser la façon dont il aborde les deux grands thèmes qui le définissent: la social-démocratie et la souveraineté.

L'élément le plus marquant de ce texte, c'est certainement son parti pris en faveur de la création de la richesse, un virage important pour le parti, mais aussi pour cette femme politique qui, au cours de sa carrière, a davantage été préoccupée par la redistribution de la richesse que par sa production.

« Il faut mettre résolument le cap sur la création de richesse, écrit-elle, dans une perspective de développement durable. Non parce que la richesse est une fin en soi, mais parce qu'elle est LA condition essentielle pour faire avancer l'égalité des chances, financer les services publics et les programmes sociaux et bâtir la vraie solidarité. On ne peut répartir de l'argent que l'on n'a pas. Il faut, une fois pour toutes, en finir avec cette peur de la richesse comme s'il s'agissait de quelque chose qui nous détournerait du bien commun et de la solidarité. Au contraire, c'est grâce à la richesse que nous serons solidaires.»

Cet engagement, je le vois d'un bon oeil. Et vous pouvez deviner pourquoi. Il pourra avoir une influence importante, parce qu'il contribuera à affranchir les Québécois de leurs peurs, et parce qu'il modifie l'échiquier politique. Les trois partis s'entendent maintenant pour faire de la création de la richesse une priorité collective. Cela changera la nature des débats, et la nature des choix.

Au plan économique, Pauline Marois est donc à la page. Cela ne veut pas dire pour autant que nous nous dirigeons vers la pensée unique. Il y a de multiples façons de favoriser la création de la richesse, et la future dirigeante du PQ inscrit sa démarche dans un cadre résolument social-démocrate. En effet, les objectifs de solidarité et de prospérité sont parfaitement conciliables.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. D'abord, parce que Mme Marois devra convaincre son parti. On sait ce qui est arrivé à André Boisclair avec des idées semblables. Ensuite, parce que, pour l'instant, elle s'en tient prudemment aux généralités. Or, c'est dans les détails que ça se complique.

Pour donner une idée de l'ampleur des enjeux, je me suis amusé à faire une liste de débats tout à fait déchirants que pourrait provoquer une stratégie de création de richesse. J'en ai facilement identifié quatorze.

1 > Pour améliorer la productivité, il faut augmenter l'investissement privé, notamment en réduisant le fardeau fiscal des entreprises, comme la taxe sur le capital.

2 > La productivité passe aussi par un investissement substantiel en éducation. Avec quel argent? En sacrifiant quelles missions?

3 > Et sommes-nous tous d'accord pour libérer les droits de scolarité?

4 > Le niveau de vie plus bas des Québécois s'explique aussi parce qu'ils travaillent moins. Est-ce une porte qu'on voudra ouvrir?

5 > Pour la même raison, il faut éliminer les facteurs qui n'incitent pas au travail. Comme le poids de l'impôt sur le revenu au Québec. On a vu la crise que cela a déclenché.

6 > Dans la même veine, on peut se demander si notre marché du travail est trop rigide. Faudra-t-il, par exemple, faciliter davantage la sous-traitance?

7 > Créer de la richesse, c'est une autre vision du développement économique, qui force à s'affranchir de l'obsession de la création d'emplois. Une révolution politique.

8 > Il faudra aussi reconnaître le rôle fondamental d'une métropole, dans une culture politique dominée par le discours régionaliste.

9 > Et repenser l'aide aux régions. On ne crée pas de richesse quand l'aide est une forme de BS?

10 > Il faudra aussi redéployer les ressources de l'État. Peut-être revoir le dogme de l'universalité, dans les garderies, ou à l'université.

11 > Et accepter le principe de l'utilisateur-payeur, pour des services de type commercial, comme l'électricité.

12 > Et gérer autrement la santé. Peut-on y arriver avec nos tabous sur le privé et les frais modérateurs?

13 > La création de richesse dépendra aussi d'un ambitieux programme d'infrastructures publiques, pour rattraper le temps perdu. L'État n'y arrivera pas seul. D'où les PPP.

14 > Pour créer de la richesse, il faut aussi miser sur nos atouts, comme l'hydroélectricité, la produire, l'exporter.

Créer de la richesse, dans une société qui n'en crée pas assez, cela implique par définition des changements, des virages et des choix difficiles. Le véritable test, pour Mme Marois, tout comme pour Jean Charest ou Mario Dumont, c'est la détermination et l'audace qu'ils mettront dans leurs efforts.

28 juin, 2007

Perdant mais heureux!

Tant et aussi longtemps que les « interventionnistes bien-pensants » contrôleront l’Assemblée Nationale nous sommes condamnés à végéter et à dépendre de la péréquation pour maintenir un niveau de vie respectable. Ce n’est certainement pas un Secrétariat d’agglomération qui propulsera Montréal de ville immobile à ville allumée. Par contre, si on encourageait le moindrement nos meilleurs entrepreneurs au lieu de leur mettre les bois dans les roues, on ferait de Montréal la ville la plus dynamique de la côte est N. A. en moins d’une génération.

René Vézina, LesAffaires.com

Guy Laliberté, Yoko Ono, Paul McCartney
L'image était puissante et révélatrice.Mardi soir, au réseau CNN, on a pu voir Guy Laliberté parler avec Yoko Ono, la veuve de John Lennon, et Olivia Harrison, celle de George, pendant l'émission la populaire émission « Larry King Live ». En retrait, Paul McCartney et Ringo Starr attendaient leur tour. Tout ce beau monde était réuni à Las Vegas pour le premier anniversaire du spectacle « Love », du Cirque du Soleil, basé sur la musique des Beatles.
Olivia Harrison a même confié que l'idée du spectacle était même venue de George lui-même, qui en avait discuté avec son ami Guy Laliberté dès 2001, peu de temps avant sa mort.
Il fallait voir la scène : Guy Laliberté avec son éternel t-shirt noir aux côtés de Yoko Ono et ses verres fumées, se faisant dire à quel point le Cirque est bon. La veuve de John Lennon racontait qu'elle s'était d'abord posé des questions, mais qu'elle avait vite applaudi. En passant, c'était là une des très rares fois où tous les Beatles (ou leurs conjointes survivantes) se retrouvaient ensemble, Un genre de réconciliation, avec le Cirque du Soleil comme médiateur...
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai fait Wow ! Les géants de la musique populaire du XXe siècle écoutant attentivement un artiste/entrepreneur du Québec, lui répétant que la formule du Cirque est unique au monde...
Pendant ce temps, ici, nous avons droit de temps à autre à un spectacle itinérant parce que l'idée d'une base permanente a été écartée du revers de la main. Trop dangereuse, cette association avec le casino... Le Cirque, lui, n'y a rien perdu. Nous, oui.
Je ne me rappelle pas quel inconscient a prétendu, à l'époque, qu'une ville ne peut pas axer son développement sur le divertissement. Et vous l'avez cru ! Mais c'est exactement ce que Toronto est en train de faire, avec ses festivals Luminato, Just for laughs (qui s'en vient chez eux), etc. Et ils y vont avec enthousiasme. Le seul festival en croissance, ici, c'est celui des tables de concertation. Et je m'examine, et tu te questionnes, et nous créons des sous comités de réflexion, et nous célébrons le nivellement par le bas...
Montréal piétine ? Toronto fonce ? Pas grave. Quand ça ira mal, nous pourrons toujours aller nous consoler à Las Vegas.
Posté le 28 juin 2007 à 07:20 AM

27 juin, 2007

Un systéme de santé en faillite: Solution

État d’urgence: deuxième partie
Le Journal de Montréal, p. 26 / Nathalie Elgrably, 21 juin 2007

Il n'y a pas si longtemps, il était tabou de critiquer la performance du système de santé québécois, et ceux qui osaient le remettre en question étaient presque brûlés sur le bûcher. Aujourd'hui, tous sont unanimes à dénoncer les ratés du réseau et à insister sur l'urgence de le rendre plus efficace. On progresse!
En dépit de cela, les gardiens du statu quo jugent blasphématoire toute révision en profondeur du système. Ils ne jurent que par des injections de fonds et ne tolèrent que des ajustements mineurs pour préserver l'intégrité du système qui, selon eux, symbolise la justice sociale et la solidarité.

Personne ne possède le monopole de la bonté et de l'altruisme et, que nous soyons «lucides» ou «solidaires», nous souhaitons tous que les Québécois puissent avoir accès à des soins, indépendamment de leurs moyens financiers. Cet objectif est tout à fait louable, et il est hors de question d'y renoncer.

Mais, pour garantir l'accès universel aux soins de santé faut-il nécessairement que l'État détienne le monopole de la fourniture des soins?

Préserver l'esprit du système

Actuellement, tous les hôpitaux appartiennent exclusivement à l'État. Alors qu'il serait inconcevable de concéder le monopole de l'essence à Esso ou celui de l'alimentation à IGA, certains vénèrent le monopole de la santé.

Or, tous les monopoles, qu'ils soient privés ou publics, portent en eux les conditions nécessaires à la dégénérescence du système. Et, à en juger par l'état de notre réseau de la santé, le monopole québécois ne fait pas exception.

On peut remettre en question le monopole de la santé tout en préservant l'esprit du système actuel. Il suffit de séparer l'objectif du moyen employé pour y parvenir. L'universalité est l'objectif visé, tandis que le monopole d'État ne constitue qu'un moyen.

Malheureusement, les inconditionnels du statu quo font un amalgame entre les deux, ce qui explique l'immobilisme qu'ils nous imposent alors qu'il est pourtant possible de conserver l'universalité tout en se libérant des problèmes inhérents au monopole d'État.

Les bénéfices de la concurrence

Faisons un parallèle. En cas d'incendie, notre compagnie d'assurance assume le coût de reconstruction de notre maison, mais n'effectue pas elle-même les travaux. Elle les confie plutôt à des entrepreneurs privés qui se font concurrence pour décrocher le contrat. La concurrence est bénéfique aux consommateurs, car chaque vendeur doit se surpasser de crainte de perdre des clients.

Avec un monopole d'État, les hôpitaux n'ont aucune incitation à exceller, et certains patients le paient de leur vie. Pour préserver l'universalité, l'État pourrait continuer à jouer son rôle d'assureur, mais abdiquer celui de fournisseur de soins.

À l'instar de toutes les compagnies d'assurance, l'État paierait la facture, mais ferait exécuter le travail par des établissements privés que la concurrence forcerait à offrir des soins toujours meilleurs.

Il est possible de bénéficier des vertus de la concurrence tout en s'assurant qu'aucun Québécois ne soit privé de soins de santé faute de moyens. Mais pour y parvenir, il faut se libérer de la mentalité de défaitiste qui fait dire à certains qu'il n'existe pas de solution. Il faut surtout se libérer des militants pour une médecine soviétisée qui commettent la grossière erreur de confondre le moyen et l'objectif.

Leur aveuglement les conduit à défendre un système médiocre au lieu de chercher un moyen d'offrir à tous une médecine avant-gardiste.

Pourtant, être solidaire et être efficace ne sont pas des concepts mutuellement exclusifs. Il suffit d'un peu d'ouverture d'esprit!

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques

26 juin, 2007

Un système de santé en faillite

État d'urgence - première partie
Le Journal de Montréal, p. 27 / Nathalie Elgrably, 14 juin 2007

Après la publication du deuxième palmarès des urgences, nos politiciens feignent d'être accablés par la nouvelle. Pourtant, l'engorgement des urgences n'est pas un phénomène récent.

Déjà en 1985, les médias rapportaient qu'un patient pouvait attendre plus de vingt heures dans une salle d'urgence. Depuis, les gouvernements qui se sont succédé ont pris une série d'engagements pour résoudre le problème. Plus de 20 ans plus tard, et malgré les sommes colossales allouées à la santé, rien n'a changé. Les délais observés dans certains hôpitaux ont même augmenté.

Il est donc temps d'affronter la réalité et d'accepter une fois pour toutes que l'injection de fonds supplémentaires dans le réseau de la santé n'accroît pas son efficacité. Continuer à prétendre que tout n'est qu'une question d'argent, c'est faire l'autruche et retarder dangereusement toute réforme efficace qui pourrait sauver des vies. Avec un budget de près de 24 milliards, soit 44 % des dépenses totales du gouvernement québécois, peut-on vraiment prétendre que le réseau manque d'argent? Et combien faudrait-il pour que notre médecine soviétisée fonctionne correctement?

Inefficacité

Si le réseau de la santé est inefficace, c'est essentiellement parce que les hôpitaux opèrent sur la base de budgets qui leur sont octroyés par l'État en fonction des besoins identifiés. Si un hôpital réussit à gérer ses ressources de manière efficace, nos bureaucrates jugeront bon de limiter les budgets qui lui sont alloués. En revanche, celui qui est totalement inefficace, qui laisse des patients souffrir sur des civières dans des corridors bondés et qui ferme son urgence aux ambulances, est certain d'obtenir davantage de fonds des «tsars» de la santé. Le système actuel punit donc les établissements performants et récompense les autres. On pourrait difficilement imaginer un système qui encouragerait davantage à l'inefficacité!

Listes d'attente

L'octroi de budgets de fonctionnement est également responsable des listes d'attente toujours plus longues. En effet, si le budget mensuel alloué aux salles d'opération est épuisé le 20 du mois, l'hôpital est contraint de fermer tout simplement ses salles jusqu'au mois suivant. Ainsi, pendant que certains voient leur santé se détériorer au fil des jours au point de risquer de perdre la vie, de précieuses ressources restent sous-utilisées. Il ne s'agit pas ici de prôner l'augmentation des budgets, mais plutôt de remettre en question le fait qu'ils constituent la principale source de financement des hôpitaux.

Finalement, la pénurie de médecins n'a rien d'étonnant. Les bureaucrates de la santé ont cru bon de soumettre la rémunération des médecins à des plafonds semestriels ou trimestriels. Les médecins peuvent évidemment travailler davantage s'ils le souhaitent, mais ils perdent 75 % de leurs honoraires pour des consultations supplémentaires. Résultat? Certains refusent de nouveaux patients ou ferment carrément leur clinique une semaine sur huit, ce qui contribue à engorger les urgences.

Problèmes de fond

Clairement, le système actuel n'offre pas les incitations nécessaires pour favoriser l'efficacité. Il est donc urgent d'identifier les problèmes de fonds et d'avoir l'humilité de reconnaître que les bonnes intentions qui ont inspiré notre modèle se traduisent en pratique par des résultats médiocres. Apporter de petits changements au système actuel serait peine perdue. Il faut des solutions radicales. Mais surtout il faut ignorer les objections des adeptes du statu quo, car leurs arguments relèvent de l'idéologie aveugle pour un système utopique et non du souci d'améliorer les soins offerts. Notre santé est trop précieuse pour les laisser nous imposer leur idéologie!

La suite, la semaine prochaine!

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

25 juin, 2007

L’interventionnisme coûte cher

Ce court reportage tente d’expliquer pourquoi les consommateurs canadiens ne bénéficient pas pleinement de la remontée du dollar. Il insinue que les prix des biens de consommation demeurent plus élevés au Canada qu’aux États-Unis parce que les manufacturiers et les intermédiaires (grossistes et détaillants) profitent de la situation pour engranger des profits indus. Malheureusement, le reportage néglige d’aborder une composante essentielle du prix des biens de consommations canadiens : l’interventionnisme des gouvernements, en particulier au Québec. Selon la publication, Economic Freedom of North America , à l’exception de l’Alberta, les provinces canadiennes sont les champions de l’interventionnisme en Amérique du Nord.

L’interventionnisme prend la forme de lois et règlements souvent inutiles et toujours coûteux : des lois du travail rigides et inadaptées, des règlements d’étiquetage tatillons, de multiples embûches à la libre circulation des biens et services, etc. Toutes les interventions gouvernementales comportent des coûts que doivent supporter les entreprises canadiennes. Ces coûts se répercutent inévitablement sur les prix aux consommateurs.

Les interventionnistes exigent toujours plus de lois et de règlements sans jamais se soucier de leurs effets sur les prix. Ensuite, ils sont les premiers à blâmer le libre marché pour expliquer les conséquences perverses de leurs politiques.



Augmentation du dollar Canadien
envoyé par mediawatchqc

21 juin, 2007

La stupidité syndicalo-bureaucratique

Une femme est battue dans le métro. Quatre agents de sécurité sont témoins de la scène et ils ne font rien. Selon Mme Masicotte, présidente du syndicat, la procédure requière d’appeler la police.

La police est arrivée 17 minutes plus tard.

Comment en sommes-nous arrivé là? Simplement parce que les fonctionnaires sont des travailleurs déresponsabilisés et démotivés. Pourquoi? Parce qu’ils sont pris en otage entre leur syndicat et la bureaucratie gouvernementale. Dans un tel environnement l’initiative est suspecte et le fonctionnaire a tout à perdre et rien à gagner.

Croire que les monopoles d’état sont les organisations les plus aptes à nous fournir les services pour lesquels nous payons des impôts et des taxes, c’est croire au père Noël.

Il faut absolument écouter l’entrevue que Paul Arcand a donnée à Josée Masicotte, présidente des agents de sécurité du métro.

19 juin, 2007

Enfin, le jour de libération fiscale approche

La «libération fiscale» arrive le jour à compter duquel les gens ont gagné suffisamment d'argent pour payer toutes les charges fiscales de l’année en cours. À partir de ce jour, ce qu’ils gagnent leur appartient.

En 2007, les Québécois devront travailler pour les gouvernements jusqu’au 26 juin. C'est le calcul auquel arrive l'Institut Fraser. L'organisme de recherche indépendant fournit ainsi un indicateur des impôts totaux payés par la famille québécoise moyenne aux trois ordres du gouvernement. Comparativement aux autres provinces canadiennes, le Québec demeure dans le peloton de queue. Cette année, la date d'affranchissement fiscal est le 1er juin pour l'Alberta, le 16 juin pour la Colombie-Britannique et le 19 juin pour l'Ontario. En 2006, le jour de libération fiscale est arrivé le 27 juin au Québec, le 10 mai en Irlande et le 3 juin au Royaume-Uni.En 2007, la famille québécoise moyenne gagnera 72 214 $ et payera 34 688 $ en impôts, soit 48 pour cent de son revenu total.

Les interventionnistes prétendent que nous payons plus d’impôts et de taxes parce que nous nous offrons plus de services. Malheureusement, seulement une fraction des impôts payés nous revient en service de mauvaise qualité. Cela fait plus de 40 ans que les interventionnistes abusent les contribuables. Peut-on essayer autre chose pour les prochains 40 ans?

17 juin, 2007

Les pétrolières, ces mal-aimées

André Dorais

On les traite de tous les noms, mais on ne saurait s’en passer. Il existe pourtant des alternatives, mais ou bien elles font peur, ou bien elles sont dispendieuses. Les pétrolières n’obligent personne à utiliser leurs services, mais à entendre chialer les uns et les autres on jurerait que l’on en est esclave. Or, elles ne sont pas tant indispensables qu’irrésistibles.

Accusations gratuites

Les politiciens de tous les partis ne cessent de commander, aux frais des contribuables, des études pour savoir s’il y a collusion entre les pétrolières pour fixer les prix. Chacune de ces études démontre qu’il n’y a pas de collusion. Incapables de se faire à l’idée qu’ils ont tort et indifférents quant aux dépenses effectuées avec l’argent d’autrui, ils les rejettent toutes du revers de la main sous le prétexte qu’il y a toujours matière à douter de la bonne foi des pétrolières. Ne se plaignent-ils pas qu’elles engrangent des profits excessifs?

La contrepartie du profit monétaire est un bénéfice sous forme de service. Puisque celui-ci est désiré et accepté par le consommateur, on ne peut pas plus parler de profit excessif que de service excessif. Les médias qui cassent du sucre sur le dos des pétrolières s’attirent peut-être une clientèle, mais en s’éloignant de la rigueur intellectuelle nécessaire à toute explication. De leur côté, lorsque les gouvernements utilisent la même stratégie, on peut conclure qu’ils se cherchent une raison d’être ou qu’ils ont besoin de sous, voire les deux. C’est pratique de détourner l’attention lorsqu’on cherche à taxer et à imposer davantage.

En l’espace de quelques jours le gouvernement québécois a annoncé la hausse des impôts des pétrolières et la hausse des taxes sur le carburant, tout en exprimant le souhait, plutôt hypocrite, qu’elles encaissent ces coûts sans les refiler aux consommateurs. Or les entreprises n’offrent pas de services par charité : ou bien elles en tirent profit, ou bien elles ferment. Avec ce nouvel argent, le gouvernement financera ses monopoles à la dérive de la santé et de l’éducation d’une part et d’autre part, la concurrence aux pétrolières.

La volatilité des prix

Il n’y a pas que la hausse du prix du carburant qui dérange, mais également sa volatilité. De sorte qu’en plus d’avoir un prix minimum et de jongler avec l’idée d’établir un prix maximum, le gouvernement demande à la Régie de l’énergie une surveillance accrue des prix de l’essence. C’est-à-dire :

1. Déterminer quotidiennement le coût «normal» d'acquisition du carburant par les détaillants. Or, il n’existe pas de prix normal justement parce qu’il est sujet à de nombreuses variables et pas seulement naturelles. Les intentions de l’OPEP, les inventaires, les conflits armés, les nationalisations, les politiques et les réglementations qui changent tout le temps sont des facteurs au moins aussi importants de fluctuation de prix que les causes naturelles.

2. Demander aux pétrolières d’afficher ce prix soi-disant normal et de justifier par écrit toute hausse des prix. Voilà deux exemples concrets de réglementation qui ne peuvent faire autrement que de pousser à la hausse les prix du carburant. Si les pétrolières doivent engager des commis pour répondre à cette bureaucratie, pense-t-on vraiment qu’elles vont absorber les coûts sans les refiler aux consommateurs? Le gouvernement lui-même va-t-il engager d’autres fonctionnaires pour compiler les données et calculer lesdits estimés?

3. Demander aux détaillants de carburant d'afficher les composantes des prix moyens à la pompe pour le mois passé. Cette directive n’est pas claire. Sachant que les composantes matérielles de l’essence sont toujours les mêmes et que le gouvernement demande par ailleurs la justification de la hausse des prix, cette directive semble uniquement demander que les prix moyens du mois passé soient affichés. Or, une moyenne peut varier énormément selon la façon dont elle est calculée. Même une prise aléatoire des données n’offre pas de garantie quant au prix futur, de sorte que l’utilité d’une telle directive est pour le moins douteuse.

4. Demander à l’Agence d'efficacité énergétique qu'elle prépare un plan d'action dans le domaine des produits pétroliers pour diminuer la dépendance au pétrole. Comme si les fonctionnaires savaient mieux que les entrepreneurs et les capitalistes où investir! On peut se faire une idée de ce qu’ils ont à l’esprit en examinant ce qu’ils font déjà. Ils viennent en aide aux producteurs d’amidon (blé, maïs, orge) pour que ceux-ci en extraient de l’éthanol pouvant servir de carburant. Cette aide, qui se présente surtout sous forme réglementaire, entraîne la hausse des prix de certains aliments (poulet, porc, bœuf et par suite, viande, œuf, produits laitiers, etc.) dont le maïs est à la base.

Il s’ensuit des accusations envers les «gros producteurs» d’éthanol, ou plus précisément ceux qui font pression sur les gouvernements pour obtenir leur aide. Ces accusations sont justes, mais on oublie de mentionner que les environnementalistes plaident la même cause. Que ce soit les entreprises, les environnementalistes ou d’autres groupes de pression qui obtiennent les faveurs du gouvernement, en dernier lieu ce sont les consommateurs qui payent. Puisque c’est le gouvernement qui dévalue la monnaie, soutire l’argent des contribuables et l’investit comme bon lui semble, il est le plus grand responsable de la hausse des prix desdits aliments, de l’éthanol et du carburant.

Beaucoup de gens constatent les nombreux facteurs affectant le prix de l’essence, mais considèrent, avec raison, qu’il y a un décalage entre certains évènements et la fluctuation des prix. Il faut réaliser que de nombreux investisseurs tentent d’anticiper les prix futurs selon les évènements. Par exemple, lors de la première guerre en Irak, en 1990, le prix du brut avait monté en flèche plusieurs semaines auparavant, soit au moment d’apprendre que l’Irak avait placé ses troupes aux frontières du Koweït. Il en va de même pour les évènements de moindre importance. Lorsque l’OPEP annonce ses intentions de modifier sa production, l’impact est rapide sur les bourses du monde, mais prend plus de temps pour affecter les prix au détail. Le détaillant ne peut pas se permettre d’offrir un prix à la pompe qui ne reflète pas le prix du marché, car il doit lui-même constamment renflouer ses stocks à ce prix. Étant donné les nombreux autres facteurs affectant le prix à la pompe, il est normal que son prix varie. Au contraire, on devrait se poser des questions lorsque le prix est stable trop longtemps, car cela laisse entendre qu’il peut être contrôlé.

Le contrôle des prix est peut-être sécurisant pour certains individus, mais sa pratique entraîne invariablement des conséquences beaucoup plus graves à moyen et à long terme. En effet, il ne suffit pas d’établir une loi politique pour enrayer une loi économique. La première est trop souvent basée sur des sentiments. Ses effets sont visibles à court terme, mais destructeurs à plus longue échéance. La seconde est difficilement perceptible puisqu’elle exige une bonne capacité de raisonnement et d’abstraction. Les lois économiques tiennent compte de la rareté des ressources, des processus de production, du signal des prix, des préférences temporelles, etc. Au contraire, en bafouant quotidiennement la propriété, la législation a tendance à ignorer ces réalités.

En imposant un prix minimum de l’essence, il s’ensuit des économies perdues pour le consommateur, car le gouvernement protège les détaillants les moins efficaces. Le gouvernement voit la concurrence dans le nombre de producteurs dans les secteurs qu’il ne contrôle pas, mais la juge inappropriée dans les secteurs qu’il monopolise… Cette façon de procéder réduit deux fois plutôt qu’une la capacité d’innover. Or, l’innovation est justement ce que l’on cherche pour réduire les gaz à effet de serre! La véritable concurrence économique se charge d’elle-même. Là où il y a concurrence les monopoles ne durent pas et le protectionnisme est inexistant.

De même façon, en imposant un prix maximum, il s’ensuit d’abord une pénurie de détaillants, car vient un seuil où il n’est plus rentable d’offrir ses services. Lorsque ce prix «plafond» est maintenu trop longtemps, c’est l’offre globale d’essence qui est réduite. Comme on ne remplace pas le véhicule moteur par le cheval sans perdre en productivité, cela a un effet domino sur plusieurs autres secteurs d’activités. Certains projets sont réduits, d’autres abandonnés. Ces politiques, qui visaient uniquement les pétrolières, conduisent lentement mais sûrement à un appauvrissement généralisé.

Plutôt que de s’en faire avec la volatilité des prix de l’essence, on devrait se soucier davantage de la hausse continue des taxes et des impôts et cela autant des entreprises que des individus. Ce ne sont pas les revenus de l’État que l’on doit augmenter, mais ceux des individus. Tous les services possibles et imaginables peuvent être offerts sans l’entremise de la taxation et de l’imposition. Incapables de reconnaître cette réalité, les groupes de pression et les médias populaires encouragent les politiciens à utiliser la loi pour corriger les situations qui leur paraissent injustes. Les politiciens ne demandent pas mieux. Ils recherchent les médias et les médias, les politiciens. Un esprit de clan se développe. On cherche en vain les consensus collectifs via la législation, réglementation, taxation et imposition. Le résultat ne peut être autre qu’une plus grande pauvreté.

14 juin, 2007

Les politiciens ont-ils les bonnes priorités?

Je suis tout à fait d’accord qu’il faut dénoncer les agissements de Mme Thibault. Je déteste certainement autant que quiconque tous ceux qui gaspillent l’argent durement gagné par les contribuables. Ce gaspillage est d’autant plus méprisable s’il est fait à des fins personnelles.

Toutefois, croyez-vous réellement qu’il est justifié d’en faire le spectacle no. 1 des médias et de l’Assemblée Nationale. Au cours de la matinée du 13 juin 2007, nos représentants à l’Assemblée Nationale ont passé plus de seize minutes sur ce dossier. Certainement par manque de temps, ils ont dédié un gros 3 m. 19 sec. au projet de Loi sur la prestation des services de santé pour les médecins spécialistes et consacré 3 m. 48 sec. au dossier des mégas hôpitaux de Montréal.

Question piège : Croyez-vous que nos représentants à l’Assemblée Nationale ont les bonnes priorités?

13 juin, 2007

Les bougons bourgeois

Lise Thibault se défend en disant qu'elle n'a jamais rien fait de mal. Le pire, c'est qu'il est bien possible qu'elle le croie. Enfin, qu'elle se croie. Le mal est hautement répandu dans le service public, où beaucoup ne prennent pas au sérieux le fait que cet argent vient de la poche de gens, ou de celle d'entreprises, qui ont trimé dur et qui versent une partie de leurs revenus pour la cause du bien collectif.--- René Vézina, Les Affaires.



Gracieuseté d'ygreck

12 juin, 2007

Le système de santé, un grand trou noir

Pour savoir où va l’argent englouti par le système de santé il faudra décentraliser la gestion, désyndicaliser le système et responsabiliser les gestionnaires.

Marie-Claude Lortie
Le Mardi 12 Juin 2007, CyberPresse

Milliards en santé: là où ils ne sont pas

Quand j’ai écrit ma première série d’articles sur mon expérience incognito dans un grand hôpital montréalais, un de mes collègues m’a dit: “Couillard vient d’investir 4,5 milliards de plus en santé. Cet argent-là va quand même quelque part.”

Il a sûrement raison. Cet argent là doit bien aller quelque part.

Mais pas dans les deux départements où je suis allée. Parce que si les milliards s’y rendaient, on n’annulerait pas les chirurgies pour les cancers du sein à tous les jours et on ne laisserait pas des vieilles dames attendre aux urgences pendant des nuits entières, dans les salles d’attente, sous les néons, toutes nues sous leur jaquette d’hôpital à trois pas de la porte.

Dans les cas des urgences où j’ai fait mon reportage tout comme dans le département de chirurgie générale où j’ai passé quelques jours, il y a deux mois, le manque de personnel infirmier est au coeur du problème. Le noeud de la crise n’est donc pas uniquement lié à un problème d’argent, il y a aussi une question de temps, puisqu’il faut beaucoup de temps pour former du nouveau personnel.

Mais l’argent fait quand même une différence car on demande aux infirmiers et aux infirmières de travailler dans des conditions hallucinantes pour des salaires qui ne justifient leur sacrifice.

Est-ce que l’injection des fonds nouveaux du ministre Couillard a aidé ces professionnels à surnager ? Pas là où j’ai fait mes reportages en tout cas.

Il y a en ce moment en santé un flou qui nuit foncièrement au lien de confiance entre le public et les professionnels d’une part et les administrateurs et les politiciens d’autre part. D’un côté, on a l’impression que rien ne s’améliore et de l’autre, on a l’impression de jeter les millions à la pelle dans le vide, sans reconnaissance.

Je veux bien croire mon collègue quand il me dit que 4,5 milliards ce n’est pas rien.

Mais où sont allés ces milliards ? Est-ce que quelqu’un pourrait nous le dire, concrètement, humainement ?

Après ces deux reportages, tout ce que je sais, c’est où ils ne sont pas allés.

Les parasites institutionels

Les politiciens et les fonctionnaires ont souvent la mauvaise habitude de croire que l'argent des contribuables leur appartient.



QUÉBEC, le 12 juin /CNW Telbec/ - Le vérificateur général du Québec, M. Renaud Lachance, a rendu public aujourd'hui son Rapport à l'Assemblée nationale concernant l'utilisation de fonds publics par l'ancien lieutenant-gouverneur du Québec.

Dans ce rapport, le vérificateur général du Québec, M. Renaud Lachance, met en doute l'utilisation d'environ 700 000 $ d'un montant total de 1, 7 million de dollars versé entre 1997 et 2007 par le gouvernement fédéral à l'ancien lieutenant-gouverneur du Québec, l'honorable Lise Thibault. Il n'a pas été possible de lier l'utilisation de ce montant à des activités officielles de la fonction de lieutenant-gouverneur.

D'abord, la vérification a montré que des dépenses de 239 000 $ pouvaient ne pas être liées à des activités officielles ou avaient servi à des fins personnelles. En plus, un montant de 129 000 $ pour de l'hébergement et des repas a été réclamé au gouvernement fédéral alors que ce type de dépenses était déjà couvert par le gouvernement du Québec. Finalement, un montant de 343 200 $ destiné à couvrir les dépenses engagées dans la capitale provincialea plutôt été considéré par l'ancien lieutenant-gouverneur comme étant un supplément de rémunération.

11 juin, 2007

Plus d’argent égale moins de services

Le système de santé du Québec démontre que la loi de Gammon est bel et bien à l’oeuvre. Plus le gouvernement injecte d’argent dans le système plus les services se détériorent.

GASPÉ, QC, le 11 juin /CNW Telbec/ - Les dernières données du ministère de la Santé et des Services sociaux, obtenues par le Parti Québécois grâce à une demande d'accès à l'information, nous apprennent que la population de la Gaspésie attend près de 3 heures de plus sur une civière à l'urgence depuis l'élection des libéraux de Jean Charest en 2003. Le délai moyen de séjour est passé de 9,8 heures à 12,5 heures.

Aussi, le nombre de patients de la Gaspésie ayant attendu plus de 24 heures à l'urgence est passé de 1084 personnes à 2535 personnes soit une augmentation de près de 150 % depuis l'élection des libéraux de Jean Charest en 2003. Dans le cas des séjours de 48 heures ou plus, le nombre de personnes en attente a augmenté de plus de 1000 % passant de 65 patients en 2002-2003 à 798 en 2007.

«Les urgences de la région se détériorent et les personnes attendent de plus en plus», a déclaré d'entrée de jeu le député de Marie-Victorin et porte-parole du Parti Québécois en matière de santé, Bernard Drainville. «Ces données sont inacceptables. Le ministre Couillard doit rendre des comptes sur sa gestion des urgences de la Gaspésie. Depuis 2003, c'est lui qui est le
ministre de la Santé. Qu'il cesse de nous répéter que tout va bien et qu'il agisse», s'est indigné Bernard Drainville.

Situation intolérable à Chandler

Pour sa part, le député de Gaspé, Guy Lelièvre, s'inquiète sérieusement de la situation qui prévaut au Centre hospitalier de Chandler. La durée moyenne de séjour a en effet augmenté de plus de 5 heures passant de 10,8 heures à 16 heures. Aussi, les personnes de plus de 75 ans ont vu leur séjour moyen sur civière augmenter de 10 heures passant de 12,1 heures en 2002-03 à 22,3 heures aujourd'hui.

Toujours selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux, on apprend que les personnes ayant attendu plus de 24 heures sur civière au Centre hospitalier de Chandler sous le règne des libéraux ont vu leur séjour moyen passer de 32,2 heures en 2002 à 46,2 heures en 2007. Pour les séjours de 48 heures ou plus, la durée moyenne a grimpé de manière vertigineuse de 55,5 à 74 heures de 2002-03 à 2006-07.

«Il est inconcevable que cette situation perdure. Les usagers des centres hospitaliers de la région doivent obtenir de meilleurs services. Je demande au premier ministre Charest et à son ministre de la Santé d'intervenir pour que cesse cette situation aberrante», a conclu le député de Gaspé, Guy Lelièvre.

LAURENTIDES, le 11 juin /CNW Telbec/ - Les dernières données du ministère de la Santé et des Services sociaux, obtenues par le Parti Québécois grâce à une demande d'accès à l'information, nous apprennent que le nombre de patients des Laurentides ayant attendu plusde 24 heures à l'urgence est passé de 7041 personnes à 12 584 personnes depuis l'élection de Jean Charest et de Philippe Couillard en 2003. On apprend également que la durée moyenne de séjour des patients sur une civière a augmenté de 4 heures, passant de 11 à 15 heures d'attente.

«Les urgences de la région se détériorent et les personnes attendent de plus en plus», a déclaré d'entrée de jeu le député de Labelle, Sylvain Pagé. «Ces données sont inacceptables. Le ministre Couillard doit rendre des comptes sur sa gestion des urgences des Laurentides. Depuis 2003, c'est lui qui est le ministre de la Santé. Qu'il cesse de nous répéter que tout va bien et qu'il
agisse», s'est indigné Sylvain Pagé.

Situation intolérable au Centre hospitalier Laurentien

En analysant de façon plus précise les données du ministère pour le Centre hospitalier Laurentien, trois constats s'imposent : depuis 2002-2003, les patients sur civière y attendent 4 heures de plus (11,9 à 16,2 heures); et les personnes âgées de 75 ans et plus doivent attendre 7 heures de plus (14,7 à 21,9 heures) sur civière à cette urgence. Le nombre de patients en
attente plus de 24 heures a connu une augmentation de plus de 189 % (1077 à 2040 patients) par rapport à 2002-2003.

Situation intolérable à Saint-Eustache

Pour le Centre hospitalier Saint-Eustache, l'attente sur civière a augmenté de plus de 4 heures (10,1 à 14,4 heures). De façon particulière, les patients souffrant de problèmes de santé mentale y attendent sur civière 11 heures de plus (8 à 19,2 heures) et les personnes âgées de 75 ans et plus attendent sur civière maintenant près de 8 heures de plus (11,9 à 19,5 heures) à l'urgence depuis l'élection des libéraux en 2003. Finalement, le nombre de personnes ayant attendu plus de 24 heures sur civière a connu une augmentation de plus de 243 % (1486 à 3612 patients) depuis l'élection de Jean Charest.

Situation intolérable à Saint-Jérôme

Enfin, les patients à l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme attendent sur une civière à l'urgence près de 6 heures de plus (10,6 à 16,4 heures) depuis l'élection du gouvernement libéral en 2003. Le nombre de patients en attente plus de 24 heures a connu une augmentation de plus de 216 % (2317 à 5023 patients) par rapport à 2002-2003.

«Il est inconcevable que cette situation perdure. Les usagers des centres hospitaliers de la région doivent obtenir de meilleurs services. Je demande au premier ministre Charest et à son ministre de la Santé d'intervenir pour que cesse cette situation aberrante», a conclu le député de Bertrand, Claude Cousineau.

10 juin, 2007

Les fameuses retombées économiques

Lorsqu’un politicien veut faire passer son projet il nous parle des retombées économiques. Immanquablement, chaque dollar dépensé générera un multiple de retombées économiques de dix. Il essaie de nous faire croire que les dépenses gouvernementales enrichissent la société plus rapidement que les dépenses d’un citoyen. Pourtant, la réalité est tout autre. Tel que démontré par le graphique ici-bas, au-delà d’un certain pourcentage, entre 15% et 25%, la participation du gouvernement dans l’économie est nuisible. La part du gouvernement québécois dans l’économie (plus de 40%) a depuis longtemps dépassée cette limite.


Une fraude intellectuelle

Le Journal de Montréal, p. 26 / Nathalie Elgrably, 07 juin 2007

Quand Bev Oda a annoncé qu'il lui est impossible de distribuer avant l'automne les 30 millions que Ottawa a promis pour venir en aide aux festivals, les appuis à la Coalition des festivals n'ont pas tardé à se manifester.

Le Bloc Québécois, le NPD, la Fédération canadienne des municipalités, la Ville de Montréal et le ministre provincial du Développement économique et du Tourisme, Raymond Bachand, ont tous signalé à Ottawa la nécessité de débloquer rapidement les fonds promis en raison de l'importance des retombées économiques que génèrent les festivals.

Le calcul des retombées économiques est souvent présenté comme étant la preuve «scientifique» irréfutable de la légitimité d'une action. Le responsable de la culture à la Ville de Montréal et maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, déclarait d'ailleurs que les festivals génèrent 200 millions en retombées économiques et créent 12 000 emplois. Mieux encore, il affirmait que chaque dollar «investit» par Ottawa rapporte neuf dollars en recettes fiscales. C'est à se demander pourquoi la Coalition des festivals a besoin d'un lobbyiste pour faire avancer sa cause auprès d'Ottawa.

Si ces calculs reflètent la réalité, pourquoi nous limiter à une centaine de festivals par année? Imaginez donc l'ampleur des retombées économiques si nous en organisions davantage! Et si les recettes fiscales sont effectivement neuf fois plus importantes que la dépense initiale, ne venons-nous pas de découvrir la méthode miracle pour ne plus jamais encourir de déficit budgétaire? Avec un rendement de neuf pour un, les ministres des Finances aux niveaux provincial et fédéral devraient se bousculer pour financer les festivals!

Un mode de divertissement parmi d'autres

Malheureusement, l'argument des retombées économiques est une fraude intellectuelle. Il laisse sous-entendre que l'activité économique prévue dépend exclusivement de la tenue des festivals, car ils font travailler des gens, attirent des spectateurs et profitent ainsi à une multitude de commerces, du fournisseur de «hot-dogs» au fabricant de casquettes, en passant par le producteur de crème solaire. Cette argumentation suggère implicitement que l'absence de festivals privera l'économie locale d'un spectaculaire feu d'artifice économique et que nous serons responsables de notre misère.

Or, un festival n'est qu'un mode de divertissement parmi d'autres. En l'absence de ce genre d'événement, les gens se divertiraient autrement. Ils iraient peut-être davantage au cinéma ou au restaurant. Ainsi, une dépense de 20 $ génère autant de retombées économiques, qu'elle permette de participer à un festival, de voir un film ou de s'offrir un repas. La nature de la dépense détermine quelles industries sont avantagées, mais elle n'affecte en rien l'ampleur de l'activité économique générée.

Déplacement de retombées

Un bémol peut être approprié dans le cas d'événements qui attirent des touristes, car il y a effectivement injection de nouveaux fonds et certaines retombées sont à considérer. Mais sur la centaine de festivals qui animent le Québec, il n'y en a que trois ou quatre qui peuvent réellement prétendre attirer des visiteurs étrangers. Les autres ne font que déplacer des retombées qu'on aurait observées dans un autre secteur.

Quand l'État subventionne les festivals, il prend l'argent des contribuables et permet à une poignée de fonctionnaires de décider à notre place du genre de loisir à encourager. Et comme si tout ceci était insuffisant, nos élus défendent leurs choix en élevant les retombées économiques au rang de faits incontestables alors que ce sont des calculs absurdes fondés sur un concept canularesque. Quelle tristesse!

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

07 juin, 2007

Vaut mieux être en santé!

Le texte suivant en dit long sur l’impossibilité de gérer le système de santé du Québec. Les gestionnaires et le personnel du système de santé, pris en étau entre les priorités des fonctionnaires et la rigidité des conventions collectives, ont peu de temps pour s’occuper des malades.

Le jeudi 07 juin 2007
Une situation intolérable!

Le texte suivant est cosigné par les docteurs Dominique Cousineau, pédiatre, Centre de développement CHU Ste-Justine; Pierre Marois, physiatre, CHU Ste-Justine, Centre Montérégien de réadaptation, C.R. La Maison et C.R. Le Bouclier; Marie Laberge, pédiatre et physiatre, CHU Ste-Justine et C.R Le Bouclier; Annie Veilleux, pédiatre, Centre de développement CHU Ste-Justine; Gloria Jeliu, pédiatre, Centre de développement CHU Ste-Justine; Judith Meloche, pédiatre, Centre de développement CHU Ste-Justine; Céline Belhumeur, pédiatre, Centre de développement CHU Ste-Justine; Claude Roberge, pédiatre C.R. Marie-Enfant et CHU Ste-Justine; Michel Vanasse, neurologue, CHU Ste-Justine; Julie Dubé, physiatre, CHU Ste-Justine et C.R Le Bouclier; Thierry Gillain, physiatre, CHU Ste-Justine.

M. Philippe Couillard, ministre de la Santé et des Services sociaux
Nous voudrions profiter de l'occasion de cette semaine québécoise des personnes handicapées pour ajouter nos voix à celles de milliers d'enfants et de familles qui depuis plusieurs années réclament votre intervention car ils sont systématiquement abandonnés par le système de santé dont vous avez la responsabilité.

En effet, si nous gardions plus longtemps le silence, nous nous rendrions complices d'une situation qui, sur les plans humain, moral, éthique et social, est devenue intolérable.
Comme vous le savez, nous enseignons dans toutes les universités du monde qu'au cours des premiers mois et premières années de la vie, le cerveau humain a une capacité de remodelage. C'est ce qu'on appelle la plasticité cérébrale. La reconnaissance précoce des désordres neurodéveloppementaux, jumelée à une intervention diligente et intensive, permet non seulement de profiter de cet avantage qu'ont les jeunes enfants, mais aussi d'exploiter de façon maximale tout leur potentiel moteur et fonctionnel.
Par ailleurs, si ceci n'est pas fait, un retard significatif associé à des séquelles irrécupérables se manifestera régulièrement. Ainsi, un enfant qui a le potentiel de marcher pourrait être privé de l'usage de ses jambes, et celui qui a le potentiel de communiquer pourrait en être empêché. C'est en brandissant cet argument que, dans plusieurs pays du monde et dans certains États américains, des lois ont été adoptées pour exiger une prise en charge précoce et intensive des jeunes enfants.
C'est aussi en tenant compte des formidables coûts sociaux engendrés par un long délai de prise en charge que notre propre Société de l'assurance automobile du Québec impose aux équipes de réadaptation d'intervenir dans un délai inférieur à quelques semaines auprès d'un enfant ayant un problème neurodéveloppemental secondaire à un traumatisme subi lors d'un accident de la route.
Cependant, qu'en est-il de tous les autres, ceux qui naissent avec une paralysie cérébrale, un syndrome autistique ou un autre trouble grave du développement? La grande majorité doit attendre interminablement sur des listes d'attente démesurées qui font fi de tout ce qui est connu, enseigné et généralement accepté en sciences. Ces enfants font la file, parfois pendant plus de trois ans après le diagnostic, pour avoir accès aux soins de physiothérapie, d'ergothérapie, d'orthophonie, d'éducation spécialisée, etc., auxquels ils ont droit et dont ils ont besoin de façon urgente! Au Québec, au seul chapitre de la déficience physique, plus de 8500 personnes, dont 3200 enfants, sont en attente d'un premier service spécialisé de réadaptation. Des dizaines de milliers présentant d'autres types de déficiences subissent le même sort.

Moins de droits?

Considérons-nous, monsieur le ministre, que les personnes handicapées et leur famille sont des citoyens qui ont moins le droit que les autres à des services de première qualité, donnés dans des délais raisonnables? Il n'est pas rare, après avoir posé un diagnostic de paralysie cérébrale par exemple, et après avoir recommandé une intervention rapide en réadaptation, de revoir à de très nombreuses reprises, pendant quelques années, un enfant et sa famille, sans que jamais notre recommandation de traitement n'ait été respectée.
Par ailleurs, même si ces listes d'attente sont démesurément longues, nous savons qu'elles ne reflètent même pas la réalité, étant artificiellement raccourcies par le fait que, pour laisser la place à d'autres, les enfants ne reçoivent bien souvent ni la fréquence ni la durée requises des interventions. Certains seront pris en charge à l'âge 4 ans et recevront leur congé un an plus tard, alors qu'ils ont encore d'énormes besoins, car plusieurs centres de réadaptation, faute de moyens, sont forcés systématiquement d'abandonner le suivi des enfants et de leur famille à l'âge scolaire.
Ces délais d'intervention ne sont pourtant que la pointe d'un gigantesque iceberg, car les familles d'enfants présentant un handicap sont confrontées à bien d'autres difficultés, incluant le manque flagrant de support pour l'ensemble des soins, de soutien financier et de possibilités de répit. Il est inacceptable d'observer que des parents doivent se lever à 5 heures du matin tous les jours de la semaine pour donner un interminable déjeuner à un enfant de 12 ans qui ne mastique pas ou qui doit être gavé par un tube, puis qui doit être changé de couche, habillé, placé dans un fauteuil adapté pour enfin prendre l'autobus scolaire à 6h 15, car, faute de ressources de transport, il doit faire au total plus de quatre heures de trajet par jour pour pouvoir fréquenter une école spécialisée.
Et même lorsqu'il a accès à cette école pour recevoir les soins de réadaptation dont il a besoin, il arrive fréquemment, en l'absence de personnel suffisant, qu'il soit de nouveau placé sur une liste d'attente. Conséquemment, il ne recevra aucun service spécialisé pendant toute une année, perdant alors de précieux acquis physiques et fonctionnels.
Imaginons aussi les absences du travail, tout le temps consacré aux rendez-vous médicaux, aux rencontres en physiothérapie, ergothérapie, orthophonie, etc., les heures nécessaires à tous les soirs pour l'aide aux devoirs auprès de cet enfant qui a des troubles graves d'apprentissage, le stress vécu et les longs moments passés au chevet de leur enfant lors des hospitalisations pour chirurgie, puisque, faute d'intervention, la hanche est luxée, que les tendons sont trop courts ou que la colonne est déviée. Combien de temps reste-il pour que le couple survive, ou pour que les autres enfants de la famille sentent qu'ils ont encore une place? Qu'y a-t-il comme ressources de gardiennage ou de répit pour appuyer ces héros?
Monsieur le ministre, vous pourrez nous répondre que notre système de santé est au bout de ses ressources, qu'il n'a pas la capacité de combler tous les besoins, mais c'est justement en intervenant de façon appropriée et soutenue que vous permettrez à tous les contribuables d'épargner des coûts importants. Toutefois, bien au-delà de ces considérations, c'est d'abord pour des raisons humaines et pour le respect des droits de tous les citoyens que nous demandons votre intervention.
Nous réclamons, monsieur le ministre, que vous agissiez de façon urgente et concrète pour que tout soit mis en oeuvre afin que les personnes handicapées du Québec et leur famille puissent avoir accès rapidement à des services soutenus et de qualité, mais aussi au support dont ils ont besoin à tous les niveaux. Nous demandons que nos recommandations médicales de soins de réadaptation soient respectées sans délai, comme toute autre prescription. Si cela exige, comme dans d'autres endroits du monde, qu'une loi soit adoptée pour imposer une prise en charge précoce, nous supporterons cette démarche. Nous voulons que vous mettiez à votre ordre du jour une commission parlementaire pour évaluer la situation actuelle et pour proposer les solutions nécessaires. Une orientation ministérielle sur la problématique des personnes handicapées, en particulier chez les enfants, nous apparaît maintenant comme une nécessité.Il y eu trop de temps perdu en paroles et en promesses, nous espérons maintenant une écoute attentive et une réponse qui seront suivies de gestes concrets de votre part.

Privatisation d’Hydro-Québec

Tous s’accordent pour accuser les baby boomers d’être responsables de la croissance faramineuse de la dette du Québec. Il est vrai, qu’entre 1980 et 2000 les politiciens n’ont pas hésité à emprunter pour payer l’épicerie et acheter des votes. Toutefois, pour être juste, il faut aussi convenir que ces mêmes baby boomers ont financé l’achat et l’expansion d’Hydro-Québec. L’excellent texte de Claude Garcia suggère que la valeur d’Hydro est plus élevée que le total de la dette québécoise et propose donc de la vendre pour rembourser la dette. Pourquoi pas?

Privatiser Hydro éliminerait la dette du Québec
Claude Garcia
Administrateur de sociétés, l’auteur a été président de la Standard Life de 1993 à 2004.

Certains Québécois envient les Albertains qui se sont complètement débarrassés de leur dette et qui jouissent à la fois des taux d’impôt sur le revenu les plus bas au Canada et de l’absence de taxe de vente provinciale. L’Alberta dispose de ressources pétrolières importantes qui sont en forte demande aujourd’hui dans le monde. Le Québec, de son côté, dispose de ressources hydrauliques accessibles et renouvelables qui, elles aussi, sont très en demande.

Les Albertains ont laissé l’exploitation de leurs richesses naturelles au secteur privé et paient leur pétrole au prix du marché. Si le prix du pétrole augmente rapidement, les Albertains, comme tous les autres Canadiens, doivent accepter de débourser davantage pour leur essence. L’Alberta reçoit des redevances des entreprises privées qui assurent l’exploitation de ses ressources énergétiques. Le gouvernement de l’Alberta ne cherche pas toutefois à fixer le prix de l’essence.

Le Québec a choisi une stratégie différente : sauf quelques exceptions, c’est l’État, par l’entremise d’Hydro-Québec, qui assure l’exploitation de nos ressources hydro-électriques. Hydro-Québec paie, depuis peu, une redevance pour l’utilisation de l’eau, redevance qui est loin d’atteindre le niveau payé en Alberta sur les ressources pétrolières. Hydro-Québec détient le monopole de la distribution de l’électricité au Québec. Au cours des dernières années, la hausse des tarifs d’électricité a été beaucoup moins rapide que la hausse des prix des produits pétroliers ; c’est pourquoi les citoyens québécois paient leur électricité bien en deçà de sa valeur marchande : les tarifs résidentiels d’électricité à Toronto sont supérieurs de 75% aux tarifs québécois. La différence avec nos voisins américains est encore plus considérable.

La valeur d’Hydro-Québec

On sait que la dette du Québec s’élève à 122,6 milliards$. Le Québec a la possibilité de se débarrasser rapidement de sa dette en faisant une meilleure exploitation de ses richesses hydrauliques. Voici un scénario raisonnable.
En excluant les éléments extraordinaires, les bénéfices d’Hydro-Québec en 2006 ont été de 2,8 milliards$. Si on augmentait les tarifs d’électricité de quatre cents le kWh, on aurait le même tarif moyen que les citoyens de Toronto. Une telle hausse augmenterait les bénéfices d’Hydro-Québec d’environ 7 milliards$. Nous faisons l’hypothèse que les milliards de kWh que ne consommeraient pas les Québécois, à la suite d’une hausse de tarif, trouveraient facilement preneur sur les marchés d’exportation.

Quelle serait la capitalisation boursière d’Hydro-Québec si on l’inscrivait à la cote de la Bourse de Toronto après avoir augmenté les tarifs de quatre cents le kWh ? C’est une question fondamentale que notre société se doit d’analyser et de débattre. Le monde a changé énormément dans les 20 dernières années. La déréglementation du marché nord-américain de l’énergie a augmenté considérablement la valeur intrinsèque d’Hydro-Québec.

Hydro-Québec deviendrait assujettie à l’impôt sur ses bénéfices si elle devenait une société à capital ouvert. En supposant qu’elle devrait remettre environ le tiers de ses bénéfices aux gouvernements fédéral et québécois, son bénéfice net, à titre de société privée, serait de 6,5 milliards$. À la lumière de la valorisation des sociétés productrices d’énergie inscrites à la cote de la Bourse de Toronto, on peut conclure que la capitalisation boursière d’Hydro-Québec excéderait probablement 130 milliards$ dans un tel scénario.

Au 31 mars 2006, la dette du Québec s’élevait à 122,6 milliards$. La valeur intrinsèque d’Hydro-Québec est donc supérieure à la dette actuelle du Québec. Un Québec sans dette économiserait 7,6 milliards$ par année au titre du service de la dette. Cette économie sera réduite à environ 5,5 milliards$ par année une fois prise en compte la réduction de la contribution d’Hydro-Québec aux revenus du Québec. Une telle somme permettrait au gouvernement de baisser l’impôt sur le revenu de 33%. Une baisse aussi marquée de l’impôt sur le revenu stimulerait énormément la croissance économique du Québec puisque nous disposerions alors d’un environnement fiscal très compétitif.

Le Québec est une société qui connaît un vieillissement rapide. Plusieurs commentateurs se sont inquiétés de l’impact de ce vieillissement sur notre capacité à assurer le maintien de notre système universel de soins de santé puisque les citoyens du Québec se classent déjà parmi les plus taxés et les plus endettés en Amérique du Nord. L’analyse qui précède démontre qu’il n’en tient qu’à nous de faire les ajustements nécessaires pour changer cette situation. En contrepartie d’une hausse, somme toute minime, des tarifs d’électricité, nous pourrions jouir d’un environnement fiscal très compétitif sans sacrifier nos programmes sociaux qui comptent parmi les plus généreux en Amérique du Nord.

06 juin, 2007

Les cols bleus se tirent dans le pieds

Les cols bleus de Montréal vont-ils trop loin en votant tout de suite en faveur du déclenchement possible d'une grève?

Source : Cyberpresse

05 juin, 2007

Faire plus avec moins de cols bleus

Dans la longue tradition du syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal son représentant, Michel Parent, menace la population d’une grève générale illimitée avant même que les négociations débutent. Michel Parent se justifie en argumentant que les cols bleus ne sont pas les seuls à gaspiller l’argent des Montréalais. Le nombre d’élus, deux fois plus qu’à Toronto, coûtent aussi très cher aux Montréalais. C’est vrai, et pas seulement en salaire et en frais afférents, ils contribuent largement à l’inefficacité de la gestion de la ville. Toutefois, ce n’est que dans la fonction publique que le gaspillage des uns justifie celui des autres.

Ce syndicat a l’habitude de prendre la population et une bonne partie de ses membres en otage pour arriver à ses fins. Michel Parent déclare que le syndicat a le mandat de déclencher une grève générale illimitée au moment jugé opportun (traduction : pour coïncider avec la première tempête de neige). Mais pourquoi la ville devrait-elle attendre le moment jugé opportun par le syndicat pour agir ? Il est évident que le syndicat n’a pas l’intention d’accepter une convention collective dont les conditions s’inscrivent dans le contexte de relative pauvreté des Montréalais. Dans ces conditions, la ville devrait déclarer un « lock out » au moment jugé opportun. Je propose le 1 septembre 2007 pour coïncider avec la fin de la convention collective. Cela laissera trois mois avant l’arrivée des premières neiges. Trois mois sans salaire à la veille des fêtes de Noël sera peut-être suffisant pour faire entendre raison aux cols bleus. Si non, la ville aura fait d’importantes économies et découvert qu’il est facile de faire plus avec moins de cols bleus.

2 min

04 juin, 2007

Est-ce un début ?

Est-il possible qu’enfin les médias commencent à poser les vraies questions ? Suite aux résultats des élections du 26 mars, les médias, au même titre que les partis politiques, doivent se questionner sur le rôle qu’ils jouent dans la société.

01 juin, 2007

Le libre marché au secours de l’environnement



Une étude des indicateurs énergétiques entre 1980 et 2000 suggère que le prix du pétrole est un régulateur très efficace d'émissions de GES. Il faut en conclure que la meilleure politique gouvernementale de réduction des émissions de GES est de laisser agir le libre marché.

Voilà qui est bien embêtant pour le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, qui propose de plafonner le prix du pétrole. C’est d’autant plus embêtant que le ministre Béchard était encore récemment ministre de l’environnement. Enfin, ce n’est pas la première fois qu’un politicien dit le contraire de ce qu’il pense.








Source :