Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Quelle est la longueur du nez d’un politicien ? Quatre ans.--- Michel Beaudry

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17 avril, 2007

Relâche

La prochaine mise à jour du magazine est prévue au cour de la première semaine de mai.

Liberté ou pensée magique ? À vous de choisir.

Ce dessin animé des années quarante explique pourquoi il faut se méfier des vendeurs de pensées magiques. Encore aujourd’hui et pour toujours, la liberté a beaucoup plus de valeur que tous les remèdes en « isme » que l’on peut nous proposer.

15 avril, 2007

Le signal des prix et les monopoles d’État

André Dorais

Plusieurs économistes suggèrent au gouvernement québécois de hausser ses tarifs d’électricité pour accroître sa richesse. Ils constatent que les albertains profitent de la hausse des prix du pétrole et ils en concluent que les québécois devraient également profiter d’une hausse des prix de l’électricité. Ce raisonnement est erroné à plus d’un point de vue, mais il l’est surtout parce qu’il fait fi de la différence entre un monopole et un marché concurrentiel pour ne comparer que les hausses respectives des prix de l’un et l’autre.

Ces économistes demandent une hausse des tarifs d’électricité pour les ramener à la moyenne de ceux qu’on retrouve en Amérique du Nord. Ils font miroiter à la population qu’elle y trouvera son compte, car le gouvernement aura pour elle plus d’argent à dépenser. Or, si le but est d’enrichir la population, pourquoi lui retirer son pouvoir décisionnel en cette matière? Est-elle incapable, seule, de déterminer ce qui l’enrichit? Serait-ce que ces experts économistes sont plus à même de déterminer ce qui est rentable pour tout le monde? Ce semble, en effet, leur prétention :

«On fait grand état des bénéfices des bas prix en termes de création d'emplois, mais on oublie les emplois tout aussi bons, sinon meilleurs qui auraient pu être créés si on avait favorisé la vérité des prix et laissé les investissements aller vers les projets socialement les plus rentables.» (Marcel Boyer, Jean-Thomas Bernard, Martin Boyer et Pierre Fortin, La Presse, 12 avril 2007. Une première version de ce texte avait été publiée par l’Institut C.D. Howe en mars 2005)

À l’instar de plusieurs politiciens endoctrinés à la pensée collectiviste, ces messieurs et d’autres économistes prétendent être en mesure de déterminer la «rentabilité sociale», soit une rentabilité unique et imposée à tous. Prétendre qu’une augmentation des tarifs d’électricité entraînera de plus grands revenus pour l’État est illusoire. Ce l’est d’autant plus que l’on croit également que l’État saura en faire bénéficier la population par des emplois «indirects» et autres retombées économiques.

Faut-il rappeler qu’une hausse des prix n’entraîne pas nécessairement des revenus plus élevés. Au contraire, cela peut les réduire. Plus on augmente le prix d’un bien économique, plus les consommateurs regardent ailleurs pour satisfaire leurs besoins. Il va sans dire qu’on ne remplace pas l’électricité aussi facilement qu’on change de marque de shampoing, mais il n’en demeure pas moins vrai que la hausse des prix entraîne son lot de concurrence au profit des consommateurs. Plus les changements de prix sont importants et durables, plus les changements envisageables peuvent être radicaux. L’homme est passé de la chandelle à l’électricité pour s’éclairer et il n’est pas dit qu’il en restera à cette technologie pour ce faire.

Toutefois, avant de concurrencer à grande échelle la société d'État, les consommateurs auront à réduire leurs projets et leurs investissements pour payer la hausse importante préconisée. On passe rapidement sur cette éventualité en suggérant au gouvernement d’utiliser les «mécanismes de redistribution appropriés» pour aider les consommateurs incapables d’assumer ladite augmentation. On prévoit donc des coûts supplémentaires aux coûts initiaux, mais on continue de croire à l’idée de rentabilité sociale. On attribue une valeur commune à la collectivité, alors que l’idée de valeur relève uniquement de l’individu. On tente ensuite de justifier les soi-disant choix de société, ou autre «pacte social», sous le prétexte qu'elle représente un individu et que celui-ci parle au nom de tous, alors que ces choix sont effectués au détriment de plusieurs, voire de la vaste majorité.

Lesdits économistes se réclament du marché, mais ne remettent pas en question le monopole d’État sur la production et la distribution de l’électricité. Pour eux, le prix du marché de l'électricité constitue le prix moyen pour un ménage en Amérique du Nord. Puisqu'il est plus élevé que celui qu’on retrouve au Québec, ils considèrent ce dernier trop bas, voire subventionné. Il n’est pas subventionné puisqu'on n’impose pas les contribuables pour en réduire le prix. On le décrète. Qu’on le décrète à un niveau trop bas à leur goût est une autre histoire. Enfin, parce que le gouvernement fixe le prix de l’électricité en excluant la concurrence, on ne peut pas parler de marché et de prix libres.

Ils semblent reconnaître en partie cette difficulté, car ils évoquent aussi le «coût d’opportunité» et la «valeur sociale» pour qualifier ce même pseudo prix du marché : [...] «la récente décision de la Régie de l'énergie de décréter une augmentation moyenne de 1,9% des tarifs d'électricité au 1er avril 2007… appauvrit le Québec en maintenant le prix de l'électricité bien au-dessous de sa valeur sociale… Cette valeur correspond au prix concurrentiel auquel elle peut être exportée. Elle est nettement plus élevée que son coût de production… Ce ne sont pas les bas prix qui sont facteurs de croissance et de richesse. Ce sont les bons prix, ceux qui envoient les bons signaux aux consommateurs et aux producteurs et les incitent à l'efficacité, à l'efficience, à l'innovation et à la créativité.» Ibid

Les «bons prix» sont effectivement les prix du marché, mais ceux-ci ne sont pas décrétés par les gouvernements, ni ne constituent des moyennes arbitraires. Ces prix donnent les bons signaux aux consommateurs -à savoir la cherté ou la modicité relatives des biens économiques et par suite leur rareté ou abondance relatives- uniquement s’ils relèvent d’un consentement mutuel entre les partenaires d’échange. Il est donc malavisé de parler de prix du marché dans un secteur monopolisé par l’État.

En somme, lesdits économistes ont une vision statique du monde. Les conséquences de leurs suggestions, si elles sont suivies, risquent d’appauvrir le Québec davantage qu'ils ne le croient. Ils se réclament de la logique du marché, alors qu’ils font constamment appel à l’intervention de l’État. Il est là le problème. L’Alberta est plus riche que le Québec non pas parce qu’elle possède du pétrole, mais parce qu’elle est moins interventionniste. Elle taxe moins, elle impose moins et elle tend à introduire de la concurrence dans les monopoles qui lui restent. L’économie est une science importante, mais elle a un urgent besoin d’être révisée pour préserver sa crédibilité, pour l’avenir du Québec et du monde en général.

13 avril, 2007

La vraie solidarité

Création de richesse: la convergence
Alain Dubuc

Collaboration spéciale, La Presse

Bien des gens de bonne volonté s'inquiètent de voir la logique de création de richesse s'imposer comme discours dominant et se retrouver par exemple dans les programmes des trois principaux partis politiques du Québec. Ils y voient le triomphe d'une pensée unique, la victoire de la pensée économique sur les préoccupations sociales.

C'est plutôt le contraire qui est en train de se produire. Si le thème de la création de richesse prend racine, c'est justement parce qu'il rassemble. Et s'il rassemble c'est parce qu'il est capable d'intégrer les objectifs de la croissance et les exigences de la solidarité.

Nous assistons à un phénomène important dans les sociétés avancées, celui de la convergence entre les intérêts économiques et les intérêts sociaux. La découverte, par ceux que l'idéologie séparait, que le succès économique sera impossible sans le succès social et, à l'inverse, que le progrès social est impossible sans progrès économiques.

Ce n'est pas là une règle absolue. Le capitalisme s'est bâti sur l'exploitation, et son succès, dans ses premières phases, se nourrissait de l'injustice. Un modèle brutal dont on voit encore les manifestations en Chine. Mais le capitalisme a évolué. Il a entre autres découvert, à l'époque d'Henry Ford, que son avenir reposerait sur la création d'une classe de consommateurs, impossible sans amélioration des conditions de travail. Il s'est par la suite adapté à des degrés divers à des modèles d'État-providence.

Nous sommes entrés dans une nouvelle époque, qui a été accélérée par la mondialisation et les formes nouvelles que prend la concurrence. L'arrivée de pays émergents, capables de produire à bas coût, a fait craindre que les pressions se multiplieraient pour que des pays comme les nôtres choisissent le nivellement par le bas pour rester concurrentiels, que l'on coupe les salaires et que l'on recule sur les acquis sociaux. On voit des manifestations de cette tendance dans le secteur manufacturier, par exemple à Olymel. Mais ce n'est pas généralisé. Dans l'ensemble, c'est plutôt le contraire qui se produit.

La vision économique dominante chez les penseurs, les économistes, les planificateurs gouvernementaux ou les leaders du monde des affaires consiste à croire que les sociétés avancées résisteront à cette concurrence en développant les créneaux où nous disposons d'avantages et en misant sur les attributs qui font que nos sociétés sont avancées. Une stratégie orientée vers l'innovation et le savoir, sur notre capacité d'attirer le talent et les capitaux. Et ces attributs reposent largement sur une organisation sociale qui assure la stabilité et la qualité de vie. S'attaquer à ces acquis, ce serait tuer la poule aux oeufs d'or.

C'est ce qui amène entre autres le monde des affaires à défendre des causes qui, auparavant, étaient une chasse gardée de la gauche sociale. Ce sont les entreprises, surtout les grandes, qui se sont les premières mobilisées sur le sous-financement universitaire, car elles savent plus que les autres que l'enseignement postsecondaire et la recherche sont la clé du succès dans l'économie du savoir. De la même façon, parce que nous vivons des pénuries de main-d’œuvre, le monde des affaires s'occupe maintenant de décrochage scolaire et d'intégration des immigrants.

La même logique amène à voir la qualité de vie comme un atout important, et donc à définir un bon système de santé ou une lutte efficace contre la pauvreté comme des ingrédients essentiels au succès économique. Ou encore, parce que le succès dépend des villes et leur créativité, à voir la culture comme une priorité.

Le même processus de convergence commence à s'amorcer pour les questions environnementales parce qu'il devient clair que notre avenir, y compris économique, dépendra de notre capacité à contrer des phénomène comme le réchauffement climatique. On voit déjà, au Canada et aux États-Unis, des dirigeants d'entreprises plus éclairés bousculer l'immobilisme de leurs gouvernements.

Le cheminement a jusqu'ici été plus lent chez les héritiers de la gauche traditionnelle que cette convergence effraie. Ils ont souvent du mal à pactiser avec les tenants d'une logique de marché, à accepter l'idée pourtant simple que le progrès social est impossible si on ne dispose pas des ressources pour l'assurer. Un refus du compromis qui en fait des ennemis objectifs du progrès.

Les pdg ne se sont pas pour autant transformés en militants socialistes. Il s'agit plutôt d'une rencontre où la logique économique et la défense des intérêts des entreprises vont souvent dans le sens du progrès social. C'est le principe même de la convergence. Et c'est ce qui rend les catégories de gauche et de droite, que l'on utilise encore trop, de plus en plus vides de sens.

Le virage économique

Convertir les atouts du Québec en une prospérité accrue

Si le Québec parvenait à combler l’écart de prospérité qui le sépare du reste du Canada, le ménage québécois moyen bénéficierait d’une augmentation de son revenu annuel disponible d’au moins 8 000 $ par année selon un rapport préparé par les Services économiques TD.

Pour ce faire, le Québec doit investir davantage de ses ressources dans les biens d’investissement, l’éducation et l’infrastructure, en plus de réduire le fardeau réglementaire, les impôts des particuliers et des entreprises et aider à l’intégration des immigrants sur le marché du travail; l’ensemble de ces facteurs contribuent au niveau de vie d’une province.

(19:58 minutes)



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12 avril, 2007

Le modèle Irlandais

Le modèle irlandais se situe aux antipodes du modèle interventionniste québécois. Le gouvernement français a envoyé en mission en Irlande quatre sénateurs pour évaluer les facteurs pouvant expliquer le miracle économique irlandais :

RAPPORT D’INFORMATION
FAIT
au nom de la commission des Affaires économiques (1) à la suite d’une
mission effectuée en Irlande du 5 au 8 juillet 2006,
Par MM. Gérard CORNU, Gérard BAILLY, Daniel REINER et Jean-Claude
MERCERON,
Sénateurs.

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La mise en place d’un environnement fiscal et administratif
favorable

L’une des particularités de l’Irlande depuis la fin des années 1980 a été d’offrir un niveau très bas de prélèvements obligatoires. L’impôt sur le revenu s’y établit à 12,5 %, contre une moyenne de 30 % pour l’Union européenne à vingt-cinq. Quant aux cotisations sociales, elles ne représentent que 17,25 % du salaire brut, contre plus de 32 % pour la moyenne communautaire.

De plus, les démarches administratives pour la création d’entreprises sont qualifiées par les investisseurs de très simples. L’Irlande évite toute « surréglementation» et réduit au maximum les coûts administratifs pour les entreprises. Au-delà de la simplicité des formalités, l’administration irlandaise adopte une attitude favorable et confiante vis-à-vis des entreprises.

Sur ce point, les membres de la délégation ont été frappés de constater que les impressions des entrepreneurs français qu’ils ont rencontrés corroboraient très largement le discours tenu par les services irlandais chargés de la promotion du pays.

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Il est temps que Jean Charest, Mario Dumont et André Boisclair aillent en mission en Irlande. Au besoin, je m’engage à faire une levée de fonds pour défrayer le coût de leur voyage.

10 avril, 2007

Fiscalité et société

C’est déjà le temps de préparer son rapport d’impôt. Cette exercice annuelle a l’avantage de nous faire réaliser jusqu’à quel point le taux de fiscalité des Québécois frise l’indécence. En 2005, une famille québécoise payait en moyenne 5 732 $ d’impôts et de taxes de plus qu’une famille ontarienne. Chaque année, ce constat déplorable pousse plusieurs Québécois à réduire leurs heures de travail ou pire, à quitter le Québec. En effet, pourquoi travailler si nos revenus sont en grande partie gaspillés par les gouvernements pour subventionner des groupes d’intérêt.

Fiscalité et marché du travail

Plusieurs chercheurs à travers le monde ont démontré qu’un taux de fiscalité trop élevé réduit l’offre de travail et par voie de conséquence augmente le taux de chômage et réduit le PIB.

« Swenson (1988) a étudié les effets d’une variation du niveau de taxe sur l’offre du travail en isolant l’effet de substitution. Plus précisément, les sujets de l’expérience devaient décider combien de tâches ils souhaitaient effectuer selon le taux de prélèvement, déterminé de façon aléatoire parmi les taux suivants : 12, 28, 50, 73 et 87. Swenson a observé un effet de substitution négatif (les sujets diminuent leur effort lorsque le taux de taxe augmente) et constate que l’offre de travail diminue à partir du taux de 28%. Silamma (1999) a répliqué l’étude de Swenson et obtient des résultats similaires. »

Dans leur étude « Fiscalité et offre de travail : une étude expérimentale », datée d’avril 2005, les chercheurs, Louis Lévy-Garboua, David Masclet et Claude Montmarquette concluent :

« Toutes considérations et nuances retenues, nous croyons pouvoir tirer plusieurs enseignements de notre étude. D’abords, il n’y a aucun doute que la fiscalité joue un rôle dans l’offre de travail. Des taxes élevées réduisent l’offre de travail relativement à des taux moins élevés. Au plan de la dynamique, des variations positives (négatives) de taux diminuent (augmentent) l’offre de travail. Cette influence est particulièrement importante lorsque les taux de prélèvement (i.e. fiscalité) sont élevés et que le volume de travail est élevé. »

Les effets pervers d’une fiscalité abusive

Il n’y a pas de doute qu’un des effets pervers d’une fiscalité abusive, comme celle que nous subissons au Québec, réduit l’offre de travail des individus et par voie de conséquence, augmente le taux de chômage et de réduit le PIB.

Une réduction de 1% du taux de chômage au Québec, réduirait de 40,000 le nombre de travailleurs sans emploi et de $640 millions les paiements d’assurance emploi. De plus, cela permettrait d’augmenter de $760 millions le PIB et de $152 millions les revenus fiscaux des gouvernements. Depuis 1986 le taux de chômage au Québec est systématiquement environ 1,5% plus élevé que la moyenne canadienne. Il est raisonnable de croire qu’une politique fiscale responsable, permettrait d’éliminer cet écart. Ceci permettrait de réduire de près d’un milliard de dollars les paiements d’assurance emploi et générerait des revenus d’impôts et de taxes additionnels de plus de 200 millions de dollars. Donc, le gaspillage découlant d’une fiscalité abusive, pour ne pas dire usuraire, engendre un gaspillage de près de 1,2 milliards de dollars.

De plus, une fiscalité plus compétitive, aurait d’autres effets positifs sur la croissance du PIB. Cela encouragerait les travailleurs à chercher des moyens d’augmenter leur revenu, les entrepreneurs à investir au Québec et les professionnels à venir s’installer au Québec ou à y demeurer. Le Québec rejoindrait le cercle restreint des pays en tête de peloton où le dynamisme de l’économie permet d’augmenter le niveau de vie de ses citoyens, tel l’Irlande. Ainsi, on abandonnerait la position désavantageuse dans laquelle nous nous retrouvons par rapport à nos partenaires économiques : moins de croissance, plus de chômage, plus de pauvre et moins de service. De plus, une réduction du chômage et de la pauvreté, réduirait d’autant les drames humains associés.

Conclusion

En conclusion, il faut donner aux individus des incitations au travail et aux entreprises la volonté et le pouvoir de créer des emplois, en augmentant la rentabilité personnelle et entrepreneuriale de ces emplois. Le but est d’éviter les pertes de croissance et de richesse qu’entraîne inévitablement un taux de chômage trop élevé dû au fait qu’il est financièrement préférable de ne pas travailler.

09 avril, 2007

L’environnement, science ou religion ?

Propos hérétiques
Le Journal de Montréal, p. 26 / Nathalie Elgrably, 05 avril 2007

Le débat sur les changements climatiques serait clos: la terre se réchauffe en raison du comportement irresponsable de l'homme, et il faut agir maintenant avant que la vie n'y soit plus possible. Du moins c'est ce que tentent de nous faire avaler les gourous en la matière comme Al Gore et Nicholas Stern.

Pour donner de la substance à leurs propos, ces gourous et leurs apôtres environnementalistes insistent sur l'existence d'un consensus chez les scientifiques quant aux causes du réchauffement climatique. Rien n'est plus faux! Mais ce mensonge se propage grâce à la complicité d'artistes en quête de popularité et de médias partisans et paresseux qui rapportent tout ce qui supporte la thèse environnementaliste, mais occultent tout ce qui pourrait la contredire.

Le film Une vérité qui dérange et le rapport du GIEC des Nations unies ont bénéficié d'une formidable couverture médiatique. Par contre, personne ne parle du documentaire britannique intitulé The Great Global Warming Swindle. Pourtant, on peut y voir des scientifiques de renom présenter des arguments et des preuves convaincantes. Ces scientifiques contestent, entre autres, le principal argument invoqué dans le film d'Al Gore, soit le lien de causalité entre le CO2 et la température. Ils affirment également que les changements climatiques s'inscrivent dans un cycle naturel de refroidissement et de réchauffement qui aurait débuté il y a un million d'années et qui dépend surtout de l'activité solaire, facteur hors de la juridiction du Protocole de Kyoto.

Le débat n'est donc pas clos. Il est même très orageux et passionné. Le consensus est un mythe, mais affirmer qu'il existe est une manière simple et rapide pour les environnementalistes d'éviter d'avoir à prouver leurs allégations. Qui oserait mettre en doute un consensus? Mais on ne fait pas la science par consensus, on la fait par des preuves empiriques irréfutables! Il fut un temps où tout le monde était convaincu que la terre était plate. On sait maintenant que le consensus qui régnait n'avait rien de scientifique. La science n'est pas consensuelle!

Pourquoi les médias nous tiennent-ils donc dans l'ignorance de ce qui se produit réellement? En tant que contribuables, on nous demande de financer toutes sortes de programmes environnementaux. Ne serait-il pas, par conséquent, tout à fait légitime que nous soyons correctement informés de l'avancement des connaissances? Tout le monde s'inquiète de la concentration des médias, alors que c'est la concentration des idées qu'il faut craindre le plus!

Ne pas questionner les dogmes

Reconnaissons-le, l'environnementalisme est devenu la religion du XXIe siècle! Comme il est impossible de faire des prédictions scientifiques, il faut avoir la foi et ne jamais questionner les dogmes. Quant aux non-croyants, ceux qui tiennent des propos hérétiques, ils s'exposent à des sanctions. C'est notamment le cas des nombreux chercheurs qui ont perdu leurs subventions de recherche, car leurs résultats contredisaient le catéchisme climatique. Et que dire du cas extrême de Timothy Ball, ancien professeur de climatologie à l'Université de Winnipeg, qui a reçu plusieurs menaces de mort pour les mêmes raisons?

Il est évident que nous devons nous soucier de l'environnement et le respecter. Il est tout aussi évident que la planète se réchauffe et que le CO2 augmente. Toutefois, la responsabilité entière de l'homme est loin d'être démontrée et les prédictions reposent sur des modèles pour lesquels les données sont absentes.

Personne ne se fie aux prévisions météorologiques pour la semaine prochaine. Or, non seulement accordons-nous foi aux prédictions sur ce qui se produira dans 50 ans, mais encore nous prenons des décisions importantes sur la base de ces croyances.

Aurions-nous perdu la tête?

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

06 avril, 2007

Le dynamisme économique de l'Ouest

Le TILMA, nouvelle puissance économique
3 avril 2007 - 06h26
La Presse
Claude Picher


Aucun média québécois n'en a parlé, et pourtant, il se passe actuellement, à l'autre extrémité du pays, des événements d'une portée considérable.

Depuis minuit dimanche soir, la Colombie-Britannique et l'Alberta peuvent être considérées comme une seule entité sur le plan économique, avec l'entrée en vigueur du TILMA (Trade, Investment and Labour Mobility Agreement), que l'on pourrait traduire par Accord sur le commerce, l'investissement et la mobilité de la main-d'oeuvre.

Le protectionnisme interprovincial est très développé au Canada. Évidemment, il ne peut y avoir de barrières tarifaires à l'intérieur d'un même pays.

En revanche, les provinces disposent de tout un arsenal d'instruments pour mener la vie dure aux entreprises de l'extérieur : normes et réglementation, lois du travail, politiques d'achat des administrations publiques et des sociétés d'État, subventions, mesures vexatoires s'appuyant sur des prétextes aussi variés que l'hygiène publique ou la protection du consommateur.

En réalité, toutes ces entraves au commerce visent à protéger les secteurs les moins compétitifs de l'économie. Au bout du compte, c'est le consommateur qui en fait les frais et toute la société qui s'appauvrit.

Une première tentative pour débroussailler tout ça a été faite en 1994, lors d'un sommet des premiers ministres provinciaux. À part les déclarations de bonnes intentions, il n'est pas sorti grand-chose de concret de la rencontre. Depuis ce temps, certaines provinces ont signé des accords bilatéraux dans des domaines spécifiques; ainsi, l'Ontario et le Québec se sont entendus, quoique très partiellement, sur la mobilité de la main-d'oeuvre dans le secteur de la construction.

Mais pour le reste, comme le soulignait encore le Conference Board la semaine dernière, l'économie canadienne reste sérieusement handicapée par les entraves interprovinciales au commerce.

Ironiquement, note l'auteur de l'étude, le Canada multiplie les missions économiques à l'étranger et se montre même intéressé à signer d'autres accords de libre-échange (notamment avec l'Amérique centrale, la Corée du Sud et l'Inde); mais pendant qu'il déploie autant d'activité à l'extérieur, il est incapable de faire le ménage dans sa propre cabane. Ce qui fait dire au Conference Board qu'en matière de commerce, les Canadiens mettent la charrue devant les boeufs!

Avec le TILMA, l'Alberta et la Colombie-Britannique font un effort sans précédent pour faire sauter les entraves entre les deux provinces. Voyons plutôt :

- Chaque province reconnaît les compétences des travailleurs qualifiés de l'autre province. Autrement dit, dans tous les secteurs de l'économie y compris la construction, les travailleurs albertains pourront travailler sans aucune contrainte partout en Colombie-Britannique, et vice-versa. Pour une soixantaine de professions où l'ajustement des normes est plus complexe, comme les avocats, les médecins ou les enseignants, on a prévu une période de transition de deux ans. Mais en 2009, les avocats des deux provinces pourront pratiquer et plaider n'importe où, sans restriction. Ce sera une totale mobilité de la main-d'oeuvre.

- Les deux provinces harmoniseront complètement leurs règlements, lois et procédures, en ce qui concerne l'investissement. Les entreprises n'auront besoin que d'une seule autorisation pour faire affaires partout dans les deux provinces. Une entreprise enregistrée en Colombie-Britannique est automatiquement reconnue en Alberta, et vice-versa. Il va de soi que toutes les entraves au commerce entre les deux provinces disparaîtront.

Chaque province conserve évidemment son autonomie dans des secteurs comme les richesses naturelles, l'eau, les politiques sociales, la santé. Il est même prévu que les deux partenaires peuvent continuer de subventionner à leur guise le livre, la musique, le cinéma et autres industries culturelles même si, en principe, les subventions constituent une entrave au commerce.

Malgré ces exceptions, il est clair que les deux provinces se dirigent vers une intégration économique d'une intensité jamais vue au Canada. Elles formeront un bloc redoutable.

Sur le plan démographique, leur population atteint 7,7 millions, la même que celle du Québec (de façon plus précise, le Québec compte 72 000 habitants de moins, mais sa croissance démographique est beaucoup plus faible, de sorte que l'écart est appelé à se creuser davantage avec le temps).

L'Ontario compte 12,7 millions de personnes. Sur le plan économique, le produit intérieur brut (PIB) de deux provinces du TILMA de situe à 384 milliards, par rapport à 537 milliards pour l'Ontario et seulement 275 milliards pour le Québec.

Deux autres provinces, la Saskatchewan et l'Ontario, ont déjà manifesté de l'intérêt pour le TILMA. Si jamais l'Ontario y adhère, le paysage économique canadien sera bouleversé de fond en comble.

Il va de soi que l'Accord a des opposants. Pour l'essentiel, il s'agit des mêmes lobbies (syndicats, groupes auto-proclamés «populaires», lobbies de gauche) qui ont brandi les pires épouvantails lors des négociations de libre-échange avec les États-Unis, il y presque 20 ans. Avec le recul du temps, on réalise à quel point leurs arguments manquaient de substance.

Pour le Québec, le nouvel accord risque de forcer des choix difficiles, surtout s'il s'étend à d'autres provinces.

Pour créer le TILMA, la Colombie-Britannique et l'Alberta ont du renoncer chacune à une partie de leurs pouvoirs, pour le bénéfice des deux. Les provinces qui voudront y adhérer devront faire la même chose. D'où le dilemme en perspective : ou bien adhérer à un riche marché d'où sont bannis les obstacles à la circulation des marchandises, des investissements et des travailleurs, ou bien conserver ses entraves et laisser passer le train encore une fois...

05 avril, 2007

La pensée magique et ses conséquences

Les Francs-Tireurs interrogent Alain Dubuc sur la médiocrité de l’économie et Joseph Facal sur la gauche conservatrice et sclérosante du Québec. (11 minutes)


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03 avril, 2007

L’urgence de mourir

M. Gordon Ranger s’est rendu à l’urgence de l’hôpital de St-Eustache parce qu’il souffrait de problèmes respiratoires. Il a attendu 8 heures pour voir un médecin. Malheureusement, cette attente indue a possiblement contribué à son décès deux semaines plus tard. (Reportage de Radio-Canada).

Le but premier du système de santé est de sauver des vies. Toutefois, dans un système étatisé et bureaucratisé à l’extrême, c’est trop souvent le contraire qui se produit. Si vous avez la chance qu’un médecin puisse se libérer pour évaluer votre situation vous n’êtes pas sauvé pour autant. En fréquentant un hôpital vous vous exposez à attraper le C-Difficile ou une autre infection nosocomiale. La malpropreté est la principale cause de ces infections, parfois fatales pour les patients les plus vulnérables.

Malgré les milliards de dollars additionnels investis depuis trois ans, le système ne s’est pas amélioré. C’est la démonstration qu’il est impossible de l’améliorer sans repenser son mode de fonctionnement. Le personnel hospitalier et les patients sont les otages du système. La rigidité des conventions collectives empêche une organisation du travail flexible et dynamique. Les bureaucrates du ministère de la santé imposent des priorités et des contraintes souvent inappropriées. Les gestionnaires, le personnel médical et les patients sont sacrifiés au profit des priorités politiques du ministère et des centrales syndicales.

Il faut mettre fin aux monopoles gouvernemental et syndical dans le système de santé et donner à chaque hôpital sa pleine autonomie. Ce sont des conditions incontournables pour responsabiliser le personnel et pour assurer que le système soit au service du patient et non le contraire.

01 avril, 2007

Souverainiste ne rime pas avec étatiste

Marc Dean, ex-président de la Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale (SNQC) disait :

L’indépendance, la souveraineté, la séparation, la sécession ou exercer en toute liberté le pouvoir de faire ses lois, de percevoir tous ses impôts et d’établir des relations internationales avec qui l’on veut. Construire un pays à son image. Se donner la chance de vivre l’expérience républicaine de la liberté, de l’égalité et de la fraternité en lui donnant une saveur de chez nous, une saveur québécoise.

Le projet de la souveraineté du Québec réclame, à juste titre, la liberté, l’autonomie et la responsabilisation du Québec. Malheureusement, les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis quarante ans favorisent tous un régime d’état providence. L’étatisme, en brimant les libertés de choix, favorise la dépendance et la déresponsabilisation des Québécois. Les valeurs imposées aux Québécois par leurs gouvernements sont à contraires aux valeurs nécessaires au succès du projet de souveraineté.

Qu’est-ce que la culture ?

D’après Laurent Mucchielli, la "culture" est un ensemble d'acquis partagés par les membres d'un groupe. Ces acquis sont les représentations, les croyances, les normes de jugement ou d'actions, les attitudes, les valeurs et les conduites généralement jugées comme acceptables. Ils servent de références et facilitent l’analyse, l’évaluation et les décisions journalières des individus. Donc, le terme « culture » représente un ensemble de savoirs et de pratiques déterminés par des valeurs et des normes partagées par un groupe.

Une valeur est intimement liée à l’individu et à sa conduite. Elle traduit souvent ce qu’il y a de plus profond en lui. Mais elle n’est pas statique, elle se consolide ou se transforme au fur et à mesure de nos expériences. Les valeurs sont des points de repère qui nous guident dans la vie.

Les valeurs déterminent les préférences personnelles que nous adoptons en fonction de notre éducation, notre milieu de vie, nos coutumes, etc. Sécurité, liberté, responsabilité, autonomie, indépendance, solidarité, égalité, conformisme, compétition, altruisme, justice, excellence, individualisme, tolérance, etc. sont des exemples de valeur.

La culture québécoise

La révolution tranquille a permis aux Québécois de s’affranchir du clergé et de s’approprier certains des leviers essentiels au développement de l’économie. Toutefois, comme la vie a horreur du vide, les syndicats, les artistes et les intellectuels de gauche ont rapidement remplacé le clergé. La gauche joue le rôle de gardiens de la « bonne morale » et de la conscience de la société. C’est à elle qu’on doit rendre des comptes. Quiconque désire agir doit au préalable obtenir la bénédiction de ses porte-paroles. Dans le cas contraire, il trouvera sur son chemin tous les groupes d’intérêts. Les partisans de l’immobilisme, qui désirent avant tout préserver leurs acquis, entreront rapidement dans la parade. Les politiciens sans vision, impressionnés par les médias spectacles, s’empresseront d’intervenir à des fins électoralistes.

Ces groupes, tous dépendants des largesses de l’état, ont compris que leurs succès étaient intimement liés à la prépondérance de l’état dans l’économie québécoise. Fort des succès bien relatifs d’Hydro-Québec et de la Caisse de Dépôt et de Placement, ils prétendent que l’état est la seule institution capable de servir les Québécois en respectant les valeurs morales qui leur sont si chères.

Les grandes centrales syndicales ont rapidement pris le contrôle des monopoles d’état. Bénéficiant du pouvoir politique et économique que leur confère un membership captif, elles sont devenues des pouvoirs politiques parallèles. Elles exigent et obtiennent des lois qui, au fil des ans, ont transformé le code du travail en code de la syndicalisation, comme le dit si bien Réjean Breton. Elles utilisent leurs monopoles syndicaux pour véhiculer des valeurs qui assurent leur pérennité : solidarité, égalité, conformisme, tolérance, etc. Pour elles, l’individu doit être au service de l’institution, en l’occurrence le syndicat, et non pas le contraire.

Les artistes, parfois naïvement, souvent par opportunisme, dénoncent les abus du libre marché. Ils ne semblent pas réaliser que la plupart des problèmes qu’ils dénoncent découlent de l’interventionnisme de l’état. Ils préconisent un monde idéal à leurs yeux où la culture est le seul produit de consommation acceptable. Ils s’allient aux syndicats pour promouvoir des valeurs de solidarité, égalité et tolérance. Pour eux, l’individu ne peut se réaliser qu’à travers la consommation des produits culturels et des valeurs véhiculées par les artistes.

Certes, les valeurs de solidarité, égalité, conformisme et tolérance sont des valeurs importantes qu’il faut encourager. Toutefois, lorsque ces valeurs sont érigées en dogme et promues en opposition aux valeurs de liberté, individualisme, excellence, compétition, etc., elles ont des effets négatifs. Elles créent des individus dépendants qui craignent le risque et fuient les responsabilités.

Conclusion

Les frustrations des échecs référendaires de 1982 et 1995 aurait dû favoriser la remise en question des valeurs sociales prédominantes des Québécois. Mais, au contraire, pour protéger les acquis d’une minorité bruyante, les leaders politiques ont préféré promouvoir des valeurs qui maintiennent les Québécois dans la dépendance des institutions. La responsabilisation et l’autonomie des individus sont sacrifiées au profit de l’égalitarisme et du nivellement par le bas de l’ensemble de la société.

La société québécoise est nécessairement le reflet des individus qui la composent. Le Québec d’aujourd’hui est à l’image des Québécois comme le réclame Marc Dean. Le Québec blâme le fédéralisme et la mondialisation pour expliquer sa piètre performance. Les Québécois blâment l’état et ses institutions pour expliquer leur immobilisme. Dans ce contexte, prôner la souveraineté du Québec équivaut à « mettre la charrette devant les bœufs ». Le Québec ne pourra accéder à la souveraineté qu’en affranchissant les Québécois de leur dépendance envers l’état. C’est un pré-requis incontournable à la souveraineté.

Malheureusement, ce n’est pas pour demain. Changer une culture est un défi de taille qui requiert une vision politique que les politiciens carriéristes d’aujourd’hui ne semblent pas avoir.