Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Repas typiquement québécois : sur une table d’impôt épaisse, assiette fiscale craquée, couteau à la gorge et coupe qui déborde.---- Michel Beaudry

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31 janvier, 2006

La compétition, un outil pour réduire le gaspillage.

Selon une étude de l’OCDE il est de plus en plus évident que la compétition est un outil efficace pour améliorer la productivité et stimuler l’innovation. Un environnement compétitif permet aussi d’améliorer la qualité des services, donne un meilleur choix aux clients et en prime stimule l’emploi. Alors, pour favoriser la croissance économique et la création d’emplois, deux domaines où le Québec traîne de la patte par rapport à ses principaux partenaires économiques, il est impératif que le gouvernement favorise la compétition dans tous les domaines. L’introduction de nouvelles lois et règlements doivent nécessairement favoriser la création ou le maintien d’un environnement compétitif. C’est une condition incontournable pour maintenir, sinon améliorer, la qualité et l’universalité des services publics à long terme.

Dans le futur, une part de plus en plus importante des budgets du Québec sera allouée aux services aux citoyens tels les services de santé, les services aux aînés, l’éducation, etc. Ces services seront fournis par la fonction publique ou seront impartis (outsourced) à des tiers mais financés en tout ou en partie par le gouvernement. Ce phénomène augmentera considérablement la proportion des emplois de la catégorie « services publics ». Cela réduira la croissance de l’économie québécoise pour deux raisons : premièrement, il est plus difficile d’améliorer la productivité dans les services où la main d’œuvre domine ; deuxièmement, au Québec, les services publics sont fournis principalement par des monopoles gouvernementaux n’ayant pas à affronter la compétition.

Le secteur public québécois, toute proportion gardée, est le plus important en Amérique du Nord. Ceci est un reflet du modèle québécois qui veut que les services publics soient du ressort exclusif du gouvernement pour en assurer l’universalité. Mais, dans la plupart des cas, un service public financé par l’État n’a pas à être fourni par l’État. Toutefois, les trop nombreux groupes de pression, les syndicats en tête de liste, maintiennent la société québécoise dans le modèle créé dans les décennies 1960 et 1970. Ce modèle a bien servi les Québécois mais il doit obligatoirement évoluer pour permettre une compétition garante de l’efficacité et de la qualité des services publics.

Les expériences des différents pays de l’OCDE démontrent que la plupart des services publics financés par l’État peuvent être avantageusement fournis par un marché compétitif. Les monopoles d’État sont beaucoup plus fonction de la tradition que des caractéristiques des services offerts. Bien entendu on ne peut utiliser le même modèle pour toutes les catégories de service. Certains services peuvent être entièrement impartis comme dans le cas des services de soutien des écoles et des hôpitaux. D’autres services, par exemple policiers et pompiers, ne se prêtent pas à l’impartition. Toutefois, même dans ces cas, il est utile d’appliquer des méthodes de gestion par objectif et de comparer les groupes moins performants aux plus performants.

Malheureusement, trop souvent, les politiciens et les fonctionnaires sont peu motiver à adopter des mesures qui favorisent l’efficacité car cela risque de remettre en question leur existence même. Par exemple, malgré les demandes répétées du Vérificateur Général du Canada depuis deux décennies, afin de mesurer le rendement des ministères et organismes du gouvernement fédéral, ceux-ci continuent à faire la sourde oreille.

Au début des années 1990, les pays scandinaves ont reconnu que le modèle existant à l’époque et qui exigeait que le gouvernement soit l’unique fournisseur des services publics, n’était plus viable. Depuis, ils se sont attaqués au problème en introduisant de plus en plus de mesures favorisant la compétition partout ou cela est possible. Le but n’est pas d’éliminer la fonction publique mais plutôt de la soumettre aux règles du marché. Si face à ce défi la fonction publique améliore suffisamment son efficacité pour survivre, tant mieux.

Le processus des soumissions publiques est le modèle préféré pour impartir les services publics. Au Danemark le gouvernement a introduit plusieurs mesures pour accélérer ce processus et en assurer son efficacité. Il a créé un « Outsourcing Board » responsable d’informer les ministères et organismes gouvernementaux sur les mesures à prendre pour améliorer leur efficacité. Le gouvernement encourage même les entreprises à faire des propositions non-sollicités si elles croient être en mesure de fournir un service plus efficacement.

Dans les cas ou le secteur privé fournit déjà des services publics en compétition avec le gouvernement (écoles, cliniques, hôpitaux, résidences pour personnes âgées, etc.) les pays scandinaves appliquent le principe « l’argent suis le client » (free-choice). La Suède, pays souvent cité en exemple par les tenants de la social-démocratie, est l’un des pays où ce principe est le plus utilisé.

Note : Ce graphique représente le degré relatif d’utilisation du principe « l’argent suit le client » pour les services de santé (hôpitaux, dentistes, médecins et résidences pour personnes âgées), les garderies et l’aide domestique, tel que rapporté par les autorités compétentes de chaque pays. Il est important de remarquer que l’échelle utilisée est relative, i.e. que les pays qui appliquent le plus ce principe sont arbitrairement classés à 100 ; ceci ne signifie pas que 100% des services publics de ces pays appliquent le principe « l’argent suit le client ».

Il est urgent que le gouvernement du Québec reconnaisse que la fonction publique opère bien en-deçà du niveau minimum d’efficacité nécessaire pour assurer à long terme le bien-être de la population québécoise. Les secteurs de l’éducation et de la santé et services sociaux ont depuis longtemps atteint le niveau d’inefficacité décrit par la loi de Gammon.

27 janvier, 2006

La monopole de la SAQ (suite)

Voilà c'est confirmé, la SAQ a bel et bien tenté d'arnaquer les consommateurs québécois. Toutefois, ce qui est nouveau c'est que selon la Presse le Conseil d'Administration était au courant et approuvait cette pratique. Depuis combien de temps est-ce que cette pratique existe ? Est-ce que les pressions du gouvernement sont à l'origine de cette pratique illégale ?

Espérons que l'enquête de KPMG apportera des réponses à ces interrogetions.

25 janvier, 2006

La loi de Gammon.




Résumé

Pourquoi est-ce impossible pour une grande bureaucratie d’offrir des services de qualité au moindre coût, i.e. éliminer le gaspillage ?

Ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la « loi de Gammon », explique bien ce phénomène. Le Dr. Gammon a analysé le fonctionnement du National Health Service en Angleterre sur une longue période et a formulé la loi suivante: « In a bureaucratic system, increase in expenditure will be matched by fall in production » (Dans une bureaucratie, une augmentation des dépenses sera accompagnée d’une diminution de production).

À la lumière de l'expérience du NHS en Angleterre et tel que prédit par la loi de Gammon, il est inutile d'allouer plus de fonds publics aux grandes bureaucraties gouvernementales. Cela ne servira qu'à grossir la fonction publique et à la rendre encore moins efficace. Les Québécois doivent se rendre à l'évidence, le modèle actuel préconisant que les services publics soient fournis par l'état, est périmé. L'introduction d'un modèle basé sur les règles d'un marché compétitif est la seule façon d'éviter la faillite à plus ou moins brève échéance.


La loi de Gammon.

Au Québec les trois niveaux de gouvernement gaspillent littéralement des milliards annuellement. Pendant ce temps, les contribuables québécois subissent une fiscalité quasi usuraire et la qualité des services publics se détériore de jour en jour. Certains seront tentés d’argumenter que le gaspillage est la conséquence d’une mauvaise gestion de la part de tel ou tel gouvernement. Malheureusement, l’histoire nous enseigne que tous les gouvernements gaspillent allègrement l’argent que nous leur confions, quelque soit l’époque et quelque soit leur allégeance politique. Si certains gouvernements gaspillent moins que d’autres, ce n'est que dans la mesure où, faute de budget, ils sont forcés de réduire l’appareil gouvernemental. Après tout, ils ne peuvent pas gaspiller l’argent qu’ils n’ont pas.

Pourquoi est-ce impossible pour une grande bureaucratie d’offrir des services de qualité au moindre coût, i.e. éliminer le gaspillage ?

Ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la « loi de Gammon », explique bien ce phénomène. Le Dr. Max Gammon est un médecin britannique qui s’est donné pour objectif d’expliquer le dilemme suivant : Dans les années soixante, le gouvernement anglais a dépensé considérablement plus pour les services de santé que dans les périodes antérieures. Toutefois, les services de santé ne se sont pas améliorés pendant cette période. Alors basé sur une analyse détaillée des statistiques du « National Health Service », il a formulé la loi suivante : « In a bureaucratic system, increase in expenditure will be matched by fall in production » (Dans une bureaucratie, une augmentation des dépenses sera accompagnée d’une diminution de production).

Lors d’une conférence en janvier 2005, le Dr. Gammon explique la loi qui porte maintenant son nom, de la façon suivante [1] :

« Je suis certain que chacune des procédures de toutes les bureaucraties peuvent être justifiées comme « essentielles au bon fonctionnement du système ». De plus, l’expérience démontre que toutes tentatives pour modifier ou éliminer une procédure augmenteront le poids de l’ensemble de l’organisation bureaucratique. Comme pour Hydra, si vous coupez une tête, deux nouvelles têtes pousseront à sa place. »
« La théorie du chaos nous donne une idée du défaut majeur qui se trouve au cœur des bureaucraties centralisées. On sait maintenant qu’un changement minime dans les variables des systèmes physiques complexes peut donner des résultats étonnamment différents de ceux attendus, et par conséquent sont imprévisibles. Si on applique le même concept aux systèmes humains complexes, on est soumis à la même « loi des conséquences imprévisibles. »
« Dans les grandes bureaucraties où la gestion est centralisée, comme dans le cas du NHS (National Health Service), des conséquences inattendues découlant des directives émises par des gestionnaires déconnectés de la réalité, vont continuellement apparaître. Des ajustements sont alors prescrits par la même bureaucratie et ceux-ci généreront à leur tour, d’autres conséquences inattendues. Ceci nécessitera d’autres ajustements et ainsi de suite, ce qui peut être comparé au phénomène de la transmission radio où éventuellement « le bruit enterre entièrement le signal ». Dieu merci, aucune organisation n’est entièrement bureaucratique, mais la bureaucratie, augmente sans cesse, directement ou indirectement, s’infiltre, contamine et remplace les activités productives de tous les membres de l’organisation. Invisible et meurtrière, la bureaucratie tue lentement mais sûrement. »
« Les monstres bureaucratiques qui naissent dans les organisations dont la survie dépend de leur capacité à convaincre les clients à acheter leurs produits, sont, tôt ou tard, détruits par leurs compétiteurs. Cependant, dans un environnement protégé, sans compétition, une bureaucratie va croître indéfiniment. Elle s’approchera de plus en plus de l’état de « trou noir », dans lequel les ressources provenant de l’extérieur sont entièrement consommées par ses activités internes. Et c’est ce qui se passe au NHS. »
« Au contraire, dans les organisations non-bureaucratiques, les ajustements continus et ad hoc aux procédures, sont le fait d’initiatives personnelles plutôt qu’imposées par une directive. S’ils sont couronnés de succès, ces ajustements locaux ont de bonnes chances d’être adoptés dans l’ensemble de l’organisation. S’ils ne donnent pas les résultats escomptés, ils sont habituellement éliminés avant que leur adoption ne soit généralisée. L’organisation non-bureaucratique efficace est soumise à la loi interne darwinienne de la « survivance de la procédure la mieux adaptée ». De telles organisations peuvent être décrites comme sensibles ou réagissant spontanément aux stimuli internes et externes. La composante essentielle – le moteur – de tels systèmes, est que leur survie dépend de leur performance. »
« La sensibilité aux stimuli externes, plutôt que les règles et directives qui émanent d’une autorité centrale, est ce qui ultimement gouverne et stimule la performance individuelle dans les organisations non-bureaucratiques. Au contraire, le labyrinthe des systèmes de surveillance et de détermination des objectifs, incluant les pénalités et les récompenses, est ce qui caractérise les organisations bureaucratiques qui veulent améliorer leur performance. Comme il a été clairement démontré par le système soviétique et comme on le découvre maintenant dans le NHS, des objectifs imposés par une autorité centrale causent des distorsions systémiques et des rigidités qui nuisent à la performance. Aussi, inévitablement, celles-ci amènent l’organisation à générer des statistiques falsifiées et à la répression de ceux qui voudrait révéler la vérité. Le NHS est une expérience qui n’a pas fonctionnée. Les coûts de cette expérience manquée pour les patients, la profession médicale, la profession d’infirmier(e) et les administrateurs d’hôpitaux est inimaginable. Mais l’expérience n’aura pas été vaine dans la mesure où d’autres en tireront les leçons qui s’imposent et ainsi éviteront les mêmes erreurs. »

À la lumière de l'expérience du NHS en Angleterre et tel que prédit par la loi de Gammon, il est inutile d'allouer plus de fonds publics aux grandes bureaucraties gouvernementales. Cela ne servira qu'à grossir la fonction publique et à la rendre encore moins efficace. Les Québécois doivent se rendre à l'évidence, le modèle actuel préconisant que les services publics soient fournis par l'état, est périmé. L'introduction d'un modèle basé sur les règles d'un marché compétitif est la seule façon d'éviter la faillite à plus ou moins brève échéance.

21 janvier, 2006

Encore la SAQ !

La SAQ, fleuron de l’étatisme québécois, ne peut tolérer aucune compétition, si minime soit-elle. Faut-il s’en surprendre puisque c’est dans la nature même d’un monopole d’écraser les petits.

Le Village des Saveurs, détaillant certainement beaucoup plus efficace que la SAQ, remet aux producteurs 80% du prix de vente de leurs produits alors que la SAQ n’en remet que 30%. Cette différence procure aux producteurs un revenu suffisant pour leur permettre de vivre de la vente de leurs produits et de continuer à en créer de nouveaux pour le plus grand plaisir des consommateurs.

Les produits du terroir, une industrie naissante créatrice d’emplois, risque de disparaître pour satisfaire l’appétit sans fin de l’ogre.

19 janvier, 2006

Le monopole de la SAQ (suite)

La SAQ annonce la tenue d'une enquête interne sur le processus qui a conduit à l'ajustement des prix des produits achetés en euro. Gageons que l'enquête exonérera la SAQ de tout blâme. Le sujet est pourtant suffisamment important pour justifier la tenue d'une enquête publique pour faire toute la lumière sur les pratiques de fixation des prix de la SAQ.

18 janvier, 2006

Les droits de scolarité, une injustice sociale.





Résumé

La politique électoraliste des droits de scolarité ridiculement bas pratiquée au Québec est insoutenable à long terme. C’est une politique injuste envers les moins bien nantis de la société et envers les générations futures et passées.

Les fédérations étudiantes québécoises réclament le gel, quand ce n’est pas l’élimination, des droits de scolarités au nom de la solidarité sociale. Pour eux, la solidarité sociale signifie que tous les Québécois qui désirent fréquenter l’université doivent pouvoir le faire gratuitement ou presque. Il faut pourtant se rappeler que ce qui est gratuit pour les uns est nécessairement payé par les autres mais cela ne semble pas une considération valable à leurs yeux. Les étudiants qui prétendent défendre la solidarité sociale doivent d’abords exiger que leurs représentants arrêtent d’agir comme de simple groupe de pression.



Les droits de scolarité, une injustice sociale.

Les partis courtisent les étudiants dans le but évident d’obtenir leurs votes le 23 janvier. Le parti libéral promet de hausser de 2,2 milliards $ l’aide financière pour les études postsecondaires et d’investir 10 milliards $ pour aider tous les citoyens à réaliser leur potentiel. De son côté, le parti conservateur promet des crédits d’impôt de 500 $ pour l’achat des manuels scolaires, l’exemption d’impôt pour la première tranche de 10 000 $ des bourses d’études et de ne plus tenir compte du revenu parental lors des demandes de prêts étudiants. Selon CBC le coût des promesses du parti conservateur se chiffre à 500 millions $ par année.

Pour plusieurs raisons, ces promesses électoralistes sont inacceptables :

  • L’éducation est une responsabilité provinciale;
  • Le niveau actuel de financement des études postsecondaires par les gouvernements est une injustice sociale flagrante;
  • Les droits de scolarité ridiculement bas au Québec est injuste pour les générations futures et passées.

Lorsque les deux niveaux de gouvernement s’attaquent au même domaine, il en résulte invariablement une duplication d’effort qui se traduit par un gaspillage important des fonds publics. Il n’est pas exagéré de croire que 10% à 20% des fonds alloués à l’éducation postsecondaire sont gaspillés à cause des dédoublements d’effort et des chicanes fédérales – provinciales.

Encore beaucoup plus dramatique est le fait que le niveau actuel de financement des études postsecondaires par les gouvernements représente une injustice envers les moins nantis de la société. En effet, l’ensemble des contribuables doivent payer plus d’impôt pour financer les études postsecondaires d’une minorité alors que les bénéfices qui en découlent favorisent principalement cette même minorité. Cette injustice est particulièrement évidente au Québec où la part des études postsecondaires financées par les gouvernements est la plus élevée.

Les statistiques démontrent qu’au Québec en 2001 un gradué universitaire gagnait un revenu annuel moyen de 21 763 $ de plus qu’un gradué du secondaire. En tenant compte que leur vie active sera d’environ 35 ans, alors le gradué universitaire engrangera 761 705 $ de plus que le gradué du secondaire. Même en tenant compte que 50% des gains additionnels du gradué universitaire seront remis au gouvernement en impôts et en taxes, il n’en demeure pas moins qu’ils bénéficieront de revenus nets additionnels de 380 853 $. En supposant que les droits de scolarité augmenteraient à 10 000 $ par année (40 000 $ sur quatre ans) ceci représente un rendement de 950%[1]. Il est, il me semble difficile de faire un meilleur investissement. Un tel avantage justifie amplement d’augmenter les droits de scolarité pour réduire le fardeau fiscal de l’ensemble des contribuables. Il est clairement injuste qu’un ouvrier qui gagne 20 $ de l’heure paie des impôts pour financer les études d’un futur professionnel qui gagnera 100 $ ou plus de l’heure.

Le taux ridiculement bas des droits de scolarité au Québec représente aussi une injustice intergénérationnelle flagrante. C’est injuste envers les générations futures qui devront financer une part beaucoup plus importante de leurs études. Le niveau actuel de financement par les gouvernements est insoutenable. C’est aussi injuste envers les générations passées qui ont dû payer de leur poche une part beaucoup plus importante de leurs études.

Cette situation est d’autant plus injuste qu’elle ne semble pas favoriser l’accès des Québécois aux études supérieures. En conséquence le « surfinancement » des études postsecondaires par les gouvernements représente un important gaspillage de ressources qui seraient plus utiles ailleurs. Le mémoire de l’IÉDM soumis à la Commission de l’éducation de l’Assemblée nationale dans le cadre de la consultation générale sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités au Québec intitulé « La hausse des droits de scolarité réduirait-elle l’accessibilité aux études universitaires », publié en février 2004, est très révélateur :

« La fréquentation des universités (calculée comme la proportion de jeunes de 20 et 21 ans inscrits à plein temps dans une université) au Québec est parmi les plus faibles au Canada.3 Ce taux de participation se situe à 20% pour l’année 2000-2001, dernière année pour laquelle nous disposons de données détaillées. Parallèlement, la Nouvelle-Écosse, qui a les droits de scolarité les plus élevés (5557 $ par année), a également le taux de fréquentation le plus élevé à 33%.

Par ailleurs, les données disponibles pour les provinces canadiennes n’indiquent aucune relation directe entre le niveau des droits de scolarité et l’accessibilité aux études universitaires. En d’autres mots, des droits de scolarité peu élevés ne sont pas associés avec des taux de fréquentation élevés. C’est même l’inverse qui est vrai. Malgré les faibles droits de scolarité au Québec (1862 $ par an, niveau le plus faible au Canada), la fréquentation des universités y est parmi les plus faibles au Canada. Ce taux de participation se situe à 20% pour l’année 2000-2001, comme on l’a mentionné plus haut.

Le graphique 1 illustre bien cette situation paradoxale : la courbe ascendante, qui représente la tendance générale, montre que plus les droits sont élevés dans une province, plus le taux de participation a tendance à l’être aussi.
»

Ce même mémoire conclue :

« Un plus grand accès aux études supérieures est incontestablement un objectif noble et justifié puisqu’il affecte non seulement le sort de la personne qui s’instruit mais aussi celui de la société dans son ensemble. Les solutions les plus efficaces pour faciliter cet accès ne sont pas pour autant évidentes. La vraie question devrait porter sur les moyens de bâtir et consolider un réseau universitaire répondant aux besoins de diverses clientèles, certaines universités répondant à des besoins spécifiques et régionalement localisés, d’autres mettant l’accent sur un enseignement et une recherche de calibre national ou international.

Les gouvernements font face à diverses pressions dans l’allocation de leurs ressources limitées et il semble évident qu’ils ne pourront continuer de financer de façon adéquate les universités si le gel des droits de scolarité est maintenu. Ne pas permettre l’augmentation des droits universitaires pour répondre aux besoins risque de compromettre de façon importante la qualité de l’éducation supérieure au Québec sans pour autant profiter aux étudiants les moins bien nantis. En bout de ligne, qu’importe si tout le monde peut fréquenter l’université pour obtenir un diplôme qui n’a pas de valeur ?
»

Les fédérations étudiantes québécoises réclament le gel, quand ce n’est pas l’élimination, des droits de scolarités au nom de la solidarité sociale. Pour eux, la solidarité sociale signifie que tous les Québécois qui désirent fréquenter l’université doivent pouvoir le faire gratuitement ou presque. Il faut pourtant se rappeler que ce qui est gratuit pour les uns est nécessairement payé par les autres mais cela ne semble pas une considération valable à leurs yeux. Les étudiants qui prétendent défendre la solidarité sociale doivent d’abords exiger que leurs représentants arrêtent d’agir comme de simple groupe de pression.


[1] Ce calcul n’a pas la prétention d’être une évaluation économique rigoureuse. Il vise plutôt à fournir au lecteur un ordre de grandeur de l’avantage économique pour l’étudiant d’un investissement dans ses études postsecondaires.

12 janvier, 2006

Le monopole de la SAQ (suite)

Suite à la dénonciation de la tentative d'arnaque de la SAQ dans la Presse, celle-ci nous annonce maintenant des réduction de prix de 8% des vins européens. Pourtant la valeur de l'euro a baissé de 17% en 2005 alors pourquoi les prix baissent-ils de seulement 8% ? Finalement, c'est l'arrogance du monopole qui prime. La privatisation de la SAQ est le seul moyen pour mettre fin aux abus.

11 janvier, 2006

L’étatisme, une maladie qui peut être traitée.

L’étatisme[1] fut introduit au Québec au cours de la décennie 1960-1970. Au début, la consommation des services offerts par l’État créait chez l'utilisateur une légère euphorie. Les services étaient de bonne qualités et gratuits. Malheureusement, avec le temps, la qualité est devenue médiocre et une consommation abusive a créé chez de nombreux Québécois une dépendance. Ils doivent consommer de plus en plus et de plus en plus fréquemment pour ressentir les mêmes effets euphoriques du début.

Aujourd’hui, force est de constater que l’étatisme est devenu une maladie dont souffre beaucoup de Québécois. Malgré les conséquences désastreuses de cette maladie : pauvreté, chômage, aide sociale, etc., les Québécois en redemandent. Certains groupes, particulièrement touchés par cette terrible maladie, exigent même l'étatisation de l'eau et du vent.

Au fait, que savons-nous de cette maladie et est-il possible de la guérir ?

On sait que la maladie a des conséquences physiques, familiales et sociales importantes. C’est pourquoi la compréhension de ses mécanismes continue de faire l'objet de recherches dans la plupart des pays industrialisés afin d'en améliorer le traitement.

Définition.
Les économistes en donnent habituellement cette définition : « l'étatisme est une maladie primaire et chronique dont les composantes génétiques, psychosociales et environnementales déterminent le développement et les manifestations. La maladie est souvent progressive et fatale. Elle est caractérisée par la perte de contrôle sur la consommation des services de l'État, une préoccupation constante pour tout ce qui touche l'État, un usage immodéré des services de l’État malgré les conséquences néfastes de leur utilisation et une distorsion de la pensée, qui porte habituellement l’étatique[2] à nier son problème. » Cette définition touche la plupart des aspects de l'étatisme et renforce le concept de « maladie ». L'étatisme présente en effet certaines caractéristiques que l'on retrouve dans d'autres maladies chroniques : on peut en décrire clairement les symptômes, sa progression est prévisible même à un stade peu avancé, la perte de contrôle face aux services de l'État n’est pas le symptôme d'une autre maladie, l'étatisme peut être traité mais ne se guérit pas. En l'absence de traitement, la maladie est habituellement fatale, les services de l’État étant la cause directe ou indirecte de mortalité chez la plupart des étatiques.

Causes.
On sait maintenant que l'étatisme est relié à plusieurs facteurs. Certaines études ont démontré que l'incidence de la maladie est plus grande lorsque l'un des parents souffre d'étatisme. C’est pourquoi on croit que la maladie pourrait être d'ordre génétique et impliquer des désordres biochimiques. Des facteurs psychologiques et sociaux jouent un rôle, comme l'anxiété, des difficultés relationnelles, une pauvre estime de soi, l'accessibilité et la tolérance sociale envers les services fournis par l’État, la pression de l'entourage et un mode de vie particulièrement stressant.

Symptômes.
Les symptômes de l'étatisme sont le besoin compulsif de faire appel aux services de l’État, l'incapacité à limiter sa consommation, la dépendance physique (symptômes de manque en l'absence de consommation) et la tolérance, c’est-à-dire le besoin constant d'augmenter les doses pour atteindre l'effet recherché. Ces symptômes sont souvent accompagnés de troubles physiques et psychologiques.

Effets de l'étatisme.
L'abus des services de l’État affecte tous les systèmes de l'organisme. Ses effets sur la santé sont donc multiples. La malnutrition, la perte d'équilibre, la pression artérielle élevée, l'arythmie cardiaque, l'anémie, le manque de résistance du système immunitaire, les troubles du système gastro-intestinal, l'hypoglycémie, la pancréatite et l'infertilité n’en sont que quelques-uns. L’abus des services de l’État n’entraîne pas que des troubles physiques. L'étatisme est souvent responsable de problèmes matrimoniaux, de violence familiale, de difficultés relationnelles et de chômage, sans compter son implication dans les accidents routiers, les blessures, les crimes violents et le suicide.

Système nerveux.
La perte de mémoire est un des premiers effets de l'utilisation des services de l’État sur le système nerveux. Le « black-out » survient souvent après une grande consommation et la personne ne peut se souvenir des circonstances entourant la période de consommation. Les services de l’État sont aussi reconnus pour causer des troubles du sommeil et peuvent provoquer des engourdissements et des tremblements des mains ou des jambes. Le faible taux de thiamine que l'on retrouve parfois chez les étatiques peut causer deux syndromes, le syndrome de Wernicke et le syndrome de Korsakoff, qui se manifestent parfois en même temps et qui entraînent des mouvements des yeux incontrôlables, une perte d'équilibre, de la difficulté à marcher et des troubles sévères de la mémoire.

Système digestif.
Les services de l’État affectent le système digestif de plusieurs façons. Ils rendent l’étatique incapable de faire appel à son jugement, ce qui crée un état chronique de malnutrition. Ils affaiblissent le sphincter œsophagien et favorisent le reflux des aliments dans l'œsophage. Ils augmentent la quantité des sucs gastriques et rendent le contenu de l'estomac plus acide. Ils irritent l'œsophage et l'estomac et peuvent causer des sensations de brûlures et des douleurs intenses. Dans certains cas, l’abus des services de l’État peut entraîner des saignements importants et provoquer des hémorragies. Les effets de l'abus des services de l’État sur le pancréas provoquent souvent de la diarrhée et la pancréatite n’est pas rare chez les étatiques. Le foie n’est pas en reste. À la longue, il présente une surcharge graisseuse et une stéatose étatique qui peut évoluer vers l'hépatite étatique et la cirrhose, deux maladies potentiellement mortelles.

Système cardio-vasculaire.
Si une consommation modérée des services de l’État tend à faire baisser la tension artérielle, c’est tout le contraire en cas d'abus. Les services de l’État viennent au troisième rang des causes de l'hypertension artérielle, après l'âge et le poids corporel. À cette tension artérielle élevée s’ajoute un affaiblissement du muscle cardiaque, ce qui peut provoquer des troubles cardiaques chez les consommateurs chroniques.

Grossesse.
Le syndrome d'étatisme fœtal est reconnu comme une des premières causes évitables de malformations congénitales et de retard de développement infantile au Québec. Les conséquences de ce syndrome sont un retard de croissance prénatal ou postnatal, des atteintes du système nerveux central, des retards de développement, des troubles de comportement et d'apprentissage, des déficits intellectuels et des malformations cérébrales.

Diagnostic.
Pour diagnostiquer l'étatisme, il est moins important de connaître les quantités de service qu'une personne consomme que de savoir comment cette consommation affecte les différents aspects de sa vie. Il existe de nombreux questionnaires pouvant aider au diagnostic. Un des plus simples se résume à quatre questions :- Avez-vous déjà pensé à diminuer ou à arrêter votre consommation de service ?- Recevez-vous des commentaires négatifs de la part de votre entourage concernant votre consommation de service ?- Vous sentez-vous coupable lorsque vous utilisez ou lorsque vous avez utilisez les services de l’État ?- Ressentez-vous le besoin de consommer des services de l’État pour vous remettre le lendemain d'un abus ? Des examens physiques et des tests de laboratoire peuvent être effectués pour diagnostiquer toute maladie ou condition reliée à la surconsommation des services de l’État.

Traitement.
L'étatisme est une maladie chronique dont la rémission dépend seule de l'abstinence. Le traitement de l'étatisme comprend donc habituellement deux phases : la désintoxication et la réhabilitation. La phase de désintoxication est différente d'une personne à l'autre et dépend de la sévérité de l'étatisme, de sa durée et de la quantité de service consommé. Certaines personnes ne ressentiront que des symptômes légers comme des nausées, des maux de tête, des tremblements et de l'anxiété. Dans les cas les plus sévères, il peut y avoir des hallucinations, de la confusion et une agitation pouvant aller jusqu'au delirium tremens. Certains médicaments, dont les benzodiazépines, sont utiles dans le sevrage étatique médicalement supervisé. Ils servent à réduire les symptômes du sevrage sévère. La phase de réhabilitation consiste à demeurer abstinent. Les thérapies individuelles ou familiales et les groupes d'entraide sont souvent utiles. Le premier pas vers la réhabilitation est de reconnaître qu'on a un problème de consommation des services de l’État. Même si les rechutes sont fréquentes, de nombreux étatiques réussissent à vaincre leur maladie et peuvent mener une vie normale en demeurant sobres.

Conseils nutritionnels.
Lorsque la personne étatique est en période de rémission et ne consomme donc plus de service, il serait bénéfique pour elle de faire faire une évaluation nutritionnelle (par un(e) diététiste/nutritionniste) permettant d’évaluer son état nutritionnel et ses besoins en suppléments alimentaires. Privilégier une alimentation équilibrée basée sur le Guide alimentaire canadien avec suppléments de vitamines et minéraux visant à corriger les carences causées par un excès chronique de consommation. Éviter l’excès de caféine.

Liens utile : Les Étatiques Anonymes, Le magazine nagg™

(Texte inspiré d’un article sur l’alcoolisme écrit par Alain Chamoun, MD, Urgentologue et Joanne Martin, Nutritionniste-Diététiste.)

[1] Étatisme : Système politique dans lequel l’État intervient directement dans le domaine économique et offre des services, gratuits ou à des prix bien en deçà des coûts réels, à ses citoyens.
[2] Étatique : Individu adonné à une consommation excessive et non contrôlée des services de l’État qui aboutit à une disparition de l'appétit, à une carence en vitamines B, à des névrites périphériques avec troubles oculaires, cirrhose et détérioration finale de la personnalité.

04 janvier, 2006

L’environnement et les promesses électorales.


Résumé

Les Canadiens, les Québécois en particulier, adhèrent largement aux objectifs du protocole de Kyoto. Les politiciens en profitent pour mousser leur popularité auprès de l’électorat en promettant de mandater l’utilisation de l’éthanol dans l’essence. Sont-ils motivés par un réel souci d’améliorer l’environnement ou par des considérations électoralistes ?

Les experts de Santé Canada émettent de sérieux doutes tant qu’aux effets positifs de l’éthanol sur l’environnement et sur la santé des gens. De plus, l’expérience en cours en Ontario démontre que l’éthanol n’est pas un substitut économique à l’essence. Mais en campagne électorale, ces considérations sont bien secondaires. L’important est d’influencer le vote des gens avec une promesse populaire. Il est probable que cette promesse, si elle est tenue, génèrera des centaines de millions de gaspillage.



L’environnement et les promesses électorales.

L’environnement est devenu le sujet à la mode suite au succès de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques tenue à Montréal en novembre dernier. Les politiciens ont rapidement récupéré l’événement en promettant de mandater l’utilisation de l’éthanol dans l’essence. Sont-ils motivés par un réel souci d’améliorer de l’environnement ou par des considérations électoralistes ?

Dans le but de répondre à cette question en évitant, autant que possible, un procès d’intention, voyons ou en sont les recherches les plus récentes.

Le groupe d’experts sur l’éthanol de Santé Canada jette un sérieux doute sur la pertinence d’utiliser ce carburant comme moyen de combattre la pollution générée par les véhicules automobiles.

Les chercheurs Tom Durbin et Deniz Karman concluent :

« À la lumière d'une évaluation d'études sur les effets positifs des composés oxygénés sur les émissions, et sur les résultats et la réactivité des émissions pour les contaminants atmosphériques toxiques (acétaldéhyde, formaldéhyde, benzène, p. ex.), on peut conclure que l'utilisation de l'éthanol dans l'essence peut entraîner une réduction de CO et d'hydrocarbures dans les émissions des véhicules, et une certaine réduction des émissions de benzène. Par ailleurs, l'éthanol peut également entraîner une augmentation des émissions d'oxydes d'azote (NOX) et a tendance à augmenter les émissions d'acétaldéhyde. Un certain nombre d'études ont donné des résultats partagés, mais ces tendances sont plus uniformes dans les programmes de recherche plus vastes. »

Le chercheur Mike Lepage ajoute :

« En se fondant sur les connaissances actuelles dans ce domaine, il est raisonnable de conclure que l'utilisation du E10 (un mélange de 90 % d'essence et de 10 % d'éthanol) entraînerait une réduction de CO de l'ordre de 5 à 15 %, un effet presque nul sur les émissions de NO2, un effet moyennement nul sur l'ozone lors des phénomènes de smog, de légères augmentations d'aldéhydes lors des phénomènes de smog, des augmentations importantes possibles des niveaux moyens d'aldéhyde à plus long terme (l'acétaldéhyde, p. ex.), de légères augmentations, à plus long terme, des niveaux moyens de nitrate de peroxyacétyle, et un léger effet sur le niveau des émissions de benzène, selon la formulation du carburant. »

Les chercheurs Jeanette Southwood et Lynn McCarty constatent :

« En ce qui concerne la surveillance de la santé et de l'exposition, il est prématuré de faire des commentaires sur ces questions car de nombreux facteurs dépendent des objectifs stratégiques. Il est important de souligner que les données disponibles indiquent des différences très modestes entre différents types d'essence (et elles ne sont pas toutes positives). »

Finalement, les chercheurs Michel Charbonneau et Robert Tardif écrivent :

« L'analyse des données recueillies sur l'exposition par voie respiratoire a permis de dériver des valeurs de la concentration admissible d'exposition continue pour les trois produits chimiques évalués, à savoir : de 270 à 540 g/m3 pour l'acétaldéhyde, 7 g/m3 pour le formaldéhyde, et de 4,95 à 9,9 g/m3 pour le nitrate de peroxyacétyle. Il existe peu de données sur la toxicité de l'éthanol inhalé, et elles ne permettent pas de déterminer un niveau d'exposition sûr chez les humains. Il existe certaines preuves que des concentrations élevées de vapeurs d'éthanol peuvent entraîner une hyper-réactivité bronchique chez les humains. »

Donc, selon les experts de Santé Canada l’utilisation de l’éthanol dans l’essence ne réduit pas ou peu la pollution et les vapeurs d’éthanol sont possiblement dangereuses pour la santé. Par conséquent, il est pour le moins prématuré de conclure que l’éthanol est la solution miracle pour réduire le niveau de pollution des véhicules automobiles.

L’éthanol serait-il un substitut économique à l’essence nous permettant de réduire notre dépendance envers les combustibles fossiles ?

David Pimentel, professeur à l’Université Cornell, conclut dans un article publié dans « Encyclopedia of Physical Science and Technology » que ça prend plus d’énergie pour produire l’éthanol de maïs que l’énergie qui serait générée par ce même éthanol. De plus, pour produire suffisamment d’éthanol pour remplacer l’essence utilisée par les véhicules aux États-Unis il faudrait que 97% des terres productives soient dédiées à la production de maïs.

Plus près de nous, le gouvernement de l’Ontario requiert que l’essence vendue dans cette province contienne 5% d’éthanol en 2007 et 10% en 2010. Pour rencontrer cet objectif, le gouvernement fédéral a déjà alloué 118 millions $ et le gouvernement ontarien a créé un fond de 512 millions $ pour développer et construire des usines de production d’éthanol. De plus, les deux niveaux de gouvernement ont exempté l’éthanol de taxes. Ces exemptions représenteront des subventions annuelles de 387 millions $ en 2010.

Ainsi, basé sur l’expérience ontarienne il semble bien que l’éthanol n’est pas un substitut économique à l’essence conventionnelle. D’ailleurs si c’était le cas, il ne serait pas nécessaire d’en mandater la consommation ni d’en subventionner la fabrication.

Alors, si l’utilisation de l’éthanol dans l’essence n’est pas justifiable économiquement et est possiblement dangereuse pour la santé, pourquoi les politiciens s’engagent-ils à en mandater la consommation ?

Il est malheureusement fort probable que ce soit uniquement dans un but électoraliste. Depuis le sommet de Montréal, les promesses visant à réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère sont populaires auprès des environnementalistes et de la population en général. De plus, les fermiers et autres groupes de pression qui bénéficieront de cette politique favoriseront le parti dont les promesses seront les plus généreuses. Malheureusement, les contribuables paieront la note et elle risque d'être très élevée.

La réduction des gaz à effet de serre est probablement un objectif louable, quoique certains scientifiques, tel que Ian Clark, professeur des sciences de la terre à l’Université d’Ottawa, en doute. Mais, puisque la majorité des scientifiques supportent le protocole de Kyoto je prends pour acquis qu’il est nécessaire de trouver des moyens de réduire les émissions de gaz CO2. Donc, cette question est un enjeu électoral valable et les partis doivent faire connaître leur position aux électeurs. Ceci dit, comment le gouvernement devrait-il s’y prendre pour atteindre les objectifs de Kyoto tout en minimisant les risques de gaspillage ?

Le rôle des politiciens consiste à énoncer la politique du gouvernement en environnement et de fixer les objectifs et les pénalités qui permettront aux Canadiens d’atteindre les objectifs de Kyoto. Les divers intervenants impliqués, dans ce cas-ci, les industries automobile et pétrolière sauront trouver les solutions les plus appropriées et les plus efficaces. Lorsque les gouvernements mandatent « la solution » ils se retrouvent invariablement face à la logique des subventions, le cas de l’Ontario en est un bel exemple, lesquelles sont la source des pires gaspillages de fonds publics.